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Full text of "Glossaire anjou 2"

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Glossaire £tymologlque et Historique 

DES PATOIS ET DES PARLERS 

DE L'ANJOU 



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// a iti tiri dix exemplaires de cet outrage sur papier de HoUande 
numirotis d la main et signis par les auteurs 



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GLOSSAIRE 



£tymologique et Historique 




PI ET 




P 



II 



DE L'ANJOU 

Comprenant Ie GLOSSAIRE proprement dit 

des DIALOGUES, CONTES, R&CETS et NOUVELLES en patois 

le FOLK-LORE de la province 



PAR 



A.-J. VERRIER.O. 1. Q 

'Professeur hoooraire 

Membre de la Soctet* d'Agriculture, Sciences et Arts 

d'Angers 



R. ONILLON 

Inslltuteur au Longeron 



TOME SECOND 



— jflors qui qu'tu illi as ripond ? 

— Jf ben fctillu que j'dise oui f 

— Vas yu tort, faut jamais dire ni out ni non / 

fauiUait dire : 

Vanquiers, parte que, sais-tu ben, Vanquiers oppose de menqui. 



ANGERS 

GERMAIN * G. GRASSIN, IMPRIMEURS-^DITEURS 
4o, rue da Cornet et rue Saint-Laud 

1908 



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v. % 



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M — MACHINER 



TJL 



OBSERVATIONS 

A citer ct curieux passage de Manage : 
« M et N se prononcent, k Angers, comme Ame et 
Ane. Un Angevin, e*tant oblig6 de lire une formule 
commencant par Ego, N, et dont la lettre N 6tait 
rouge, lut : Ego, ane rouge. » {Menagiana, p. 210.) 
M£n. II M est parfois remplace par N : Pantamine 
= Pantomime. 

Ma (G., Lg., Cnd.), pr. pers. — Moi. Forme 
disparue. V. S6. Cf. aussi : Td, Sd. — Pat. 
norm. Mae\ || Po., id. || By., Mj. — Moe, toe\ 

Maboule (Mj., Sp., By.), s. m. — Mastoc, 
individu tres gros. Syn.'de Pouf. || Mj., Lg., 
adj. q. — Braque, timbre\ Syn. de Toc-ioc, 
CribiolL Cf. Mobule. Serait-ce pour Male- 
boule? V. Boule. 

Macabule, bute, adj. q. — Coffi, abim£, — un 
fruit, par suite d'une chute. || Verbes. — Ma- 
cab uter, maculer, massacrer un fruit, une 
fleur. (M*n.). 

Macassard (Lg.), s. m. — Begue. Syn. de 
Begueur, Begassard, Magassard. Der. de 
Macasser. 

Macasser (Sp., Lg.), v. n. — Begayer. Syn. 
de Jaquetonner, Btgasser, Cacosser, Beguer, 
Magasser. 

Et. — De>. du fr. M&cher, au moyen du suff. 
pejor. asser ; parce que les bdgues ont une parole 
hachde et comme mach^e. V. Mdcouiner. 

Macaud, s. m. (Mj.). — Personne malpropre, 
souillon. Syn. de Marganeau. \\ Personne de 
mauvaise humeur. V. Boucaud. || En macaud, 
loc. adv. — En bouchon. Ex. : II a jet6 toutes 
ses affaires des dimanches en mdcaud. 

Et. — II est probable que Macaud et Boucaud 
sont le m§me mot. Cf. Mistaud et Boustaud, M&- 
tigoine et Badigoince, Maragouiner et Baragouiner. 

— Chat male, matou. (Jatjb.) — Magaud. (Jaub.) 

— Fr. Magot. 

Maehant, e (Mj.), adj. q. — Accommodant, 
d'un abord engageant. Ne s'emploie qu'avec 
la negation ou l'adverbe guere. II n'est point, 
guere mdchant, — il est difficile a vivre, bourru, 
reveche, peu sociable ; il n'est pas de bonne 
composition. || Difficile, peu engageant, en 
parlant d'un travail. || Syn. de Agrdlant, 
Mangeant. 

Hist. — « La quarte branche de gloutonnie si est 
quand une personne mengue si glouionnement 
d'une viande qu'elle ne la mache pas, ains l'englou- 
tit. » (L. C.) 

Mache (Mj., By.), s. f. — Corps et bon gout, 
en parlant du vin. Ex. : Vela du vin qui a de 
la mdche, c'est pas du sigournet. |j Etre en 
bonne mache, — e'tre juste au point. Ex. : Le 
guiret est juste en bonne mache pour faire les 
seraeries. 



Et. — De>. du v. Macher. On sait que les connais- 
seurs, pour appr£cier le gout du vin, le promenent 
entre leurs dents, en le maehant, pour ainsi dire. 

Mache, a bref (Tlm.) ? s. f. — Bouchon, 
meche, au jeu de bouchon. — P.-e. parce 
qu'elle est machee par les palets. Syn. de 
M&che, Mere, Minche. 

Machepain (Mj., By.), s. m. — Massepain. 
— Les Angl. disent : Marchpane. 

Macher, a bref (Mj., By.), v. a. — Froisser, 
meurtrir, contusionner. — V. Macque. Au sens 
franc, pron. Macher ; donne Machicoter 
(macher lentement et avec peine ou dugout 
(By.). Macher une pomme, — fouler, ^eraser 
a moitie' (Sal.). 

Et. — C'est le fr. Macher, avec un sens tres voi- 
sin et une prononciat. un peu altered. — « Macquer, 
rompre le chanvre et le lin (avec la macque) pour 
les rendre propres a etre teilles. Dans plusieurs dia- 
lectes : macher. II y a done un radic. mac inexpli- 
que. (Litt.) — Maque, maquer, forme normanno- 
picarde pour mache, correspondant a un type : 
mace, d'orig. incert. — Cf. l'ital. : maccare ; l'esp. 
et le provenc. : macar, broyer, meurtrir. — Masse 
a briser le chanvre et le lin. (Darm.) — Meurtrir. 
« L'un est las, l'autre son harnois le mache », en 
pari, des chevaux. (L. C.) — N'est p.-e. qu'une 
autre forme de Macquer, briser avec la Macque. 
(Jaub.) — Machier, Maquier, Maquer. — Broyer, 
^eraser ; meurtrir, assommer ; 6gorger. — Et. 
Mache. V. Machure. Macher, pour meurtrir, se dit 
encore en province et est rest6 sous la forme : 
macquer, rompre le chanvre. Souvent confondu 
avec Maschier, macher, masticare. (D r A. Bos.) — 
Hist. « Entr'autres, Ton y trouve l'os barre* qu'on 
appelle, si sec et si d^charne", qu'il foule et masche 
plus tout nud que le bast d'un mulet qu'il auroit sur 
luy. » (Brant., D. G., ii, 158, 28.) — Breton : 
Mahein, fouler. 

Machicatoire (Mj.), s. f. — Machine, m6- 
canisme, appareil complique\ agencement 
inexplicable. Ne s'emploie cru'en mauvaise 
part, au sens plaisant ou d^daigneux. Syn. de 
Enquibrage, Enchetribi. 

Machin (Partout), s. m. — Chose ; objet ou 
personne qu'on ne saurait designer plus clai- 
rement. Terme vague, par lequel on supptee 
au mot propre. 

Hist. — « Em. Augier ; Gabrielle : 
« Ma sceur, faites-nous done ce machin au fromage. » 

Machin-chouette (Mj., By.), s. m. — Appel- 
lation dedaigneuse que Ton applique a qqn 
3ue Ton ne veut pas, ou que Ton ne pent pas 
^signer plus express£ment. Syn. de Chou- 
sinet, Chouselrac. 

Machinee (Mj.), s. f. — Le contenu d'un 
objet que Ton ne peut ou ne veut designer 
exactement. 

Machiner (Mj., By.), v. a. — Faire une 
action, ind6termin6e, ou plutdt pour laquelle 

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MACHOUX — MAGASSE 



on no saurait trouver d'exprsesion propre. — 
De Machin. Syn. de Chouser, Chousiner. 

M&choux, ouse (Mj.), adj. q. — Qui croque, 
qui n'est pas parfaitement mur, en parlant 
d'un fruit. || Corse\ en pari, d'un via. V. 
Mdche. 

Maehure (Mj., Smv., By.), s. f. — Froissure, 
contusion, meurtrissure, ecchymose. V. Ma- 
cher. I/a est bref. 

Et. — « Macheure, — meurtrissure. De : machier. 
Confondu avec : mascheure, maehure, de maschier, 
macher, — masticare. G'est de ce : mascheure que 
vient le v. machurer, serrer, comprimer fortement, 
meurtrir, contusionner ; tandis que : mascherer, 
mascere, maschurer, machurer, barbouiller de noir, 
noircir, tacher, vient du germ., a. flam, maescheren, 
tacher, de : mascher, tache. » (D r A. Bos.) 

Hist. — « II n'y eut point de sang espandu, 
mais seulement macheure. » (1472.) — « Pour 
injure r^elle, ou il y a grande effusion de sang, ou 
enorme maehure. » (L. C.) — La femme A. . . porte 
de chaque cote du ventre des machures semblant 
provenir de la pression des ongles. — A. de P., 
24 juil. 1907, 3, 5. 



Maconne (Mj., Lg., By.), s. f. 
nerie. 



Macon - 



Hist. — « . . . Et basti la tour du clocher ; la 
massonne etoit marchandee 4 livres la toise. » 
(1774. — Inv. Arch., E, n, 354, col. 1.) — « Le 
12 f^vrier, dimanche de la Septuag6sime, le ton- 
nerre a tomb<§ sur le clocher (de Montj.). . . II n'a 
point fait de tort a la voute, sinon le trou par 
lequel il a entre dans l'e'glise et une partie de la 
maconne de l'arcade au-dessous. L'autel de Saint- 
S^bastien en a tres peu souffert. » (1775. — Id., 
S, E 1 m, 451, 2, b.) 

Macouiner (Mj., Lg.), v. n. et a. — Macher. 
Dimin. et frequent, du fr. Macher. — Syn. de 
Mdtroyer. — Contract, de Maticoiner, v. inu- 
site\ qui correspond au subst. Mdtigoine et 
derive comme lui du lat. Masticare. || Sal. 
Sucer un objet tout entier dans la boucbe, en 
remuaht les maehoires. 

Mficouinette (Mj.), s. f. — Macboire. Man- 
dibule. Syn. de Mdtigoine, Margouletle. 

Maeque (Z. 142), s. f. — V. Braye, Macher. 

Et. et Hist. — « Un baston appele macque, ou 
planchon de Flandres. » (1415. — L. C.) — 
Maque, macque, make, mace. Instrument a broyer, 
^eraser, piler. Se rattache probablement a un radic. 
Mac, assez r£pandu ; mactare, 6gorger ; mac- 
ellum, boucherie ; mac-ula, tache, meurtrissure, etc. 
Maque est reste avec le sens restreint de Masse 
pour broyer, maquer ou macquer le chanvre. » 
(D r A. Bos.) — Malvezin donne le rad. celtiq. Mac, 
fouler, meurtrir. D'ou : maquer, specialement, 
broyer le chanvre avec la maque (ou broie). 

Mficrc (Mj.), s. f. — Macre, made, cM- 
taigne d'eau. Ou Made. On dit de l'enfante- 
ment : C'est du sucre a prendre, e'est des 
mdcres a rendre. |] By. — L'a est bref. Vers 
le mois de novembre, on entend crier dans les 
rues d' Angers : Aux macr\ aux macr, qui 
veut des macres? \\ Source dans un pre, fon- 
driere. Syn. de Sourdilie. Flaque d'eau de 
pluie qui tient le terrain deHrempe' dans un 
champ. — De la meme rac. que le Mj. Md- 



queux. Syn. de Mollin, MoUiere, Rcmous, 
Mollet. || By. Macriere. 

Hist. — « Les tyrans en troupe grande 
« De Sace" feront leur tour 
« Qui donneront tous de bande 
« De leurs macres a leur tour. » 

(Noel du Cti de Laval. — DoTT.) 
Bat. Trapa natans. 

Macreux (Lg.), adj. q. — V. Mdcroux. \\ By. 

— On dit : sourceux, un terrain sourceux. 

Maerier, s. m. — Renoncule des cbamps 
(M£n.). 

Nacri^re (Mj., By.), s. f. — Etang a macres. 

M&croux (Mj., Lg.), adj. q. — Plein de 
sources et de fondridres, en parlant d'un ter- 
rain. Syn. et d. de Macreux, Mdqueux, 
Sourceux. V. Mdcre. 

Madaime„et meme souvent Med6me. Corr. 
de Madame. 

Madame (Mj., By.), s. f. — Dame. Ex. : II 
a pass6 eine belle madame. 

Madeleine (Mj., By.), s. f. — La Madeleine, 

— la fete de Sainte-Madeleine. — Poires, 
peches de madeleine, qui murissent a cette 
£poque. 

Madeleineau (Mj., By.), s. m. — Jeune 
saumon. Se peche vers la fete de la Made- 
leine, 22 juillet. 

Madelon (Mj., By.), — Nom hypocoris- 
tique de Madeleine/ 

Madol (Ag., By.), adj. q. — Maladroit. 

Madou (Lg.), s. m. — Amadou. 

Mag. — Prononciat. du pron. pers. Moi. — 
(Lpz., Z. 146), Gf. Md. 

Mallard, e (Mj.), adj. q. — Maftle\ gros, 
mastoc, rebondi. Se dit de tout le corps. 

Et. — Ce mot a la meme rac. que le fr. Maffte ou 
Mafflu, pat. Maffu. 

Ma filer (Mj.), s. m. — Bourbier. Syn. de 
Mollin. Cf. Jajjier. 

Maffu, ue (Mj.), adj. q. — Rebondi, tres 
poreux, bien leve\ Ne se dit que du pain. — 
fr. Mafflu, Maflle\ 

Magassard (Lg.), adj. q. et s. m. — Begue. 
Syn. et d. de Macassard. 

Magasse, s. f. — Semble etre le f£m. de : 
magot. Une magasse d'argent (M6n.). Syn. et 
d. de Magossc, Magousse. 

Et. — « Magot, alterat. de : mugot (liou ou Ton 
garde les fruits jusqu'a maturity), sous Tinfluence 
de l'af. Magaut, plus anciennement : macaut, poche, 
bourse, d'orig. incert. » (Darm.) — Magalt, s. m. 
poche, sacoche, bourse, magot. Et. ? * Magaldum, 
sacoche, du germ., aha. : mago ; mod. magen..., 
panse, estomac ; en pat. modennais : magone, 
jabot. Mago, panse, puis poche, plus la termin! 
germ, aldum. — Magot, argent, bourse pleine 
d'argent, serait-il le mSme que magalt, magaut, 
magot? Cf. : mague, g6sier, jabot, panse, estomac. 
(D r A. Bos.) 



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MAGASSER — MAIGRET 



Magasser (Lg.), v. n. — Begayer. Syn. et d. 
de Macasser. 

Magie (Sp., Mj., By.), s. m. — Sortilege. Ex : 
C'est un sourcier, i fait du magie. 

Et. — Tire du persan. — Hist. Desp., Elteie, n, 
5. — L. C. 

« Me>is, le vieux sorcier. . . . 
« M'apprist une magie aux nochers peu connue. » 

Magnan (Lg.), s. m. — Le gros bout d'une 
rorte ou rote, celui que Ton engage dans la 
boucle. — Syn. de Pouzier. On dit aussi : 
Mdillan, Mdillon. 

Et. — P.-e. doubl. du fr. Moignon, pat. Moxnon, 
parce que c'est le bout coupe. P.-o. derive^ du fr. 
Manier. — Peu satisfaisant. V. Mdillon. 

Magnes (Lg.), s. f. pi. — Se dit dans : Faire 
des magnes, — f. des manieres (magnieres). 
V. Genre. 

Mag ni- mag nog (Mj., By.), s. m. — Gros 
bonnet, personnage important. On dit aussi : 
Magni-magnan, magnas. S'emploie surtout 
au plur. — Syn. de Grous-cul. — C'est le lat. 
Magnus (grand )r6pete\ 

Hagosse (Mj.), s. f. — Magot, tremor. Syn. 
de Guernouille, Magasse, Magousse, Crapaud. 

Et. — « Celtiq. Mag, Her, Magot, chose liee, sac 
d'argent. » (Malv.) 

Magousse (Mj., By.), s. f. — V. Magossc. 

Mahaud (Lg.), adj. q. — Niais, nigaud, 
beta. Syn. de Begaud, Niguedouille, Colas, 
Moreau, Zozo, etc. Cf. Mahou, Mogon. 

N. — Ce mot est peu usit6 au Lg., bien qu'on l'y 
emploie a l'occasion. II appartient plutot a la 
region de Saint- Aubin-des-Ormeaux et de La Gau- 
bretiere (Vendue), c.-a-d. a l'autre rive de la Sevre ; 
la, par derision, on donne aux Bretons le nom de 
Mahauds. 

Hist. Je ne vois pas quelle peut ctre I'^tymol. 
de ce mot, mais je suis ports a croire cju'autrefois, 
vers le xv* s., il a du signifler : une oie. En effet, 
dans son livre : L Anjou et ses monuments, M. Go- 
dard-Faultrier rapporte qu'au chateau du Ples- 
sis-Bourre, on peut voir" une vieille peinture repre- 
sentant un homme assis qui tient une oie sur ses 
genoux. L'occupation a laquelle se livre le person- 
nage est suftlsamment commented par la grivoise 
inscription en caracteres gothiques qui se lit au- 
dessous du groupe : 

« Je cous le cul a Mahault 
« Pour ce quesle a parte trop hault. 
« Vos aultres qui cy regardez, 
« Gardez-vous bien de trop parler, 
« Car Ton dist que trop parler nuipt, 
« Et a la fois trop gratter cuyst. » 
(Jean Boure (chateau du Plesseys-Bourre), mi- 
nistre de Louis XI. Les grands murs ecoutaient 
jadis, et il fallait, devant le ministre du monarque, 
peser ses paroles. — Godard-Faultrier, 2« vol., 
p. 358.) 

Mahou (Sal.). — Lourd, d&agreable et 
bete. V. Mahaud. 

Mahoain (Mj.), s. m. — Fluxion, abces, 
furoncle, clou, bobo quelconque de nature 
inflamraatoire. 

Et. — C'est le vx fr. Meshaing. De la vient 
Tangl. Maim, mutilation, blessure, par une 



contraction analogue a celle qui du fr. Moyen a 
form6 l'angl. Mean. Quant a I'm final, sa presence 
ne doit pas surprendre. C'est ainsi que Ransom est 
le fr. Rancon. (R. O.) 

Male, s. f. — Aire fixe et solide sur laquelle 
on pose le pressoir ; en avant se trouve la 
maie, sur laquelle on place la vendange ; on 
la presse, le vin tombe dans Yenchere ou 
citerne en maconnerie. II y avait autrefois, 
pour augmenter la pression, trois belineaux, 
places entre des madriers et le belin. V. fr. 
Mait. Du lat. Mactra, huche a p6trir. 

N. — « Mai de pressoir, la huche large et a bas 
bord, recevant la grape et le marc de vendange 
sous l'arbre du pressoir. — En Bourg., la huche 
au pain. (L. C.) 

Et. — Meme radic. que le grec : mattelin, petrir. 
Lat. : mactra. (Litt.) — Darm. renvoie a Mait. 
Lat. : magidem. — « Farinosium, sive alveolus, 
locus ubi farina cadit a molendino, gallice mais. 
(I j. C.) — De : macta. La meilleure ortnogr. seraitj 
maie. (Jaub.) — t)e : magidem (maige, mege), 
petrin, huche a pain, — huche du pressoir. (D r A. 
Bos.) — Du celtiq. Me\ (Vannes. — Favre). — 
Mag, fouler, pdtrir (rac. celtiq.) Transmis par le 
B. L. magidem ; d'ou Maie, pour -. maguide, 
coffre dans lequel on petrit la farine ; p. ext. 
huche, ou Ton serre le pain. (Malvezin.) 

Maigre (Mj.), s. m. — D^faut d'epaisseur, 
de matiere dans la coupe d'une pierre, d'un 
morceau de bois, d'un assemblage. Cf. Gras. || 
Seuil ou haut fond entre deux mouilles, dans 
les chenaux de la Loire. N. Je ne connais pas 
ce mot, inusit£ a Mj., mais qui doit avoir cours 
dans certaines regions, puisque les ing^nieurs 
de service de la Loire Font adopts. 

Hist. — De la Maine a Nantes, sur une longueur 
de 84 kilom., on compte ainsi 128 mouilles ou biefs 
de 650 m. de longueur moyenne, s^pards par autant 
de seuils, ou maigres, sur lesquels la hauteur d'eau 
moyenne est de 0,10 a l'6tiage. {A. de P., 27 oct 
1907, 1, 4.) 

|| Lg. — Maigre de lait, — petit lait. 

I! Adj. q. — Tres froid, en pari, du vent. 
Ex. : Le vent est maigre a matin. || Desa- 
greable, en pari, du temps. Ex. : C'est ein 
maigre temps. || Mj. — C'est maigre, les bees 
de canes, — sentence proverbiale qui se 
repete souvent a propos de qq. affaire peu 
avantageuse, ou il n'y a pas gras. 

Maigrelin (Mj., By.), adj. q. — Maigriot, 
malingre. N. Prononc. Maiguerlin. 

Hist. — « Chastelard. . . avoit (la taille) moyenne 
et tres belle, et maigreline. » (Brant., D. G., in, 
169.) 

Maigre- mine (Mj.), s. m. ou f. — Individu 
de mine ch£tive. N. On pron. Maiguer-mine. 

Maigret (Mj., T. le M.). — (By.) Maigrot, 
adj. q. — Un peu maigre. || Tim. — S'emploie 
com. nom propre ; c'est le nom du Mercredi 
des Cendres, par oppos. au Mardi gras. 

N. — Une farce antique et qq. peu passed de 
mode consistait, naguere, a mener les enfants voir 
Maigret jeter Mardi gras a l'eau. A minuit, l'heure 
des crimes, les gamins, posies au bord de la mare 
la plus voisine, entendaient, en efTet, s'ils ne la 
voyaient, la chute dans le gouffre de cet infortune 



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MA1GRI0T - MA1NBCEUF 



Mardi-gras et s'en retournaient p6n6tr£s d'hor- 
reur contre l'infame Maigret. Inutile de dire que la 
victime dtait un pav6 lanc6 par un compere. 

Malgriot (Mj.), adj. q. — Maigret, maigri- 
chon. 

Maiguerlln (Z. 149 e ). — V. Maigrelin. 

Mall (My., By.), s. m. — Gros maillet de 
bois qui sert a fendre les buches. || Loc. prov. 

— Envoyer chier au Mail, — envoyer pro- 
mener. Syn. de Envoyer a Ytpluche. 

Et. — Der. du lat. Malleus ; bret., M6el, maillet. 

— Hist. « Le g6ant gecte contre le roy (Arthus) 
ung mail de fer qu'il tenoit et le frappe en la poi- 
trine si rudement qui labat par terre. » (J. de 
Boubd., Chron., 22 K) — P. ext. : Jeu de Mail ; 
l'endroit ou Ton y joue. 

Mfiillan (Lg.), s. m. — V. Mdgnan. 

MaUle, ee (Mj., Lg.), adj. q. — Dont la 
peat* est couverte de larges taches de rousseur 
en pari, des personnes. Les personnes mailUes 
sont regarded comme malsaines, et com. 
r^pandant des exhalaisons capables de faire 
tourner le lait, le vin, etc. Syn. de Aspite. — 
Cf. Jaub. a Maillon. 

Et. — Du lat. Macula (maille et tache). — « Per- 
dreau desja tout maille en efTet. » (L. C.) 

|| Lg. — Rable\ solide, vigoureux. Ex. : 
Faut des gars mdilUs pour danser les gateaux. 
Syn. de Amark. Les gens qui ont la peau cons- 
teltee de taches de rousseur passent pour par- 
ticulierement vigoureux. 

Mftiller (Mj., Ag., By.), v. n. et a. — Faire 
du filet. Syn. de Lacer. \\ v. r6f. — Se mdiller, 

— se prendre dans les mailles du filet, en 
pari, du poisson. V. Mailleries. \\ Mdiller la 
gorjure. || By. — S'emmailler, etre emmaille\ 

Et. — Celtiq. Mac, courber, d'ou : maca, dimin. 
macula, maille ; macilla (petit lien, mot latinise^ en 
macula), magilla, maguille, maille. (Malv.) 

Maiilerle, s. f. — Fabrication de filets. |j By. 
Pour pecker ou prendre des oiseaux a la pip6e. 

Hist. — « Des lors (pendant la preparation aux 
examens), les malheureux ne connaissaient plus ni 
recreations ni promenades. Les choucas etaient 
oublies, les mailleries (filets pour la p§che) aban- 
donnes. » — Discours de distribution de prix au 
college de Beaupreau, 23 juillet 1894. — Anj. 
hist., l re an., n° 1, p. 49, bas. — En note : Dans la 
belle saison, les Aleves de Beaupr6au elevaient... 
des choucas ; ils faisaient aussi beaucoup de filets 
pour pficher pendant les vacances. 

Naillettes, s. f. — Luzerne, tachet^e, 
feuilles a taches brunes, pourpres au centre. 

Mailloche (Mj., Lg., By.), s. f. — Petit 
mail. || Grosse tete. — Dim. de Mail. || Lg. — 
Entrave, gros morceau de bois que Ton sus- 
pend par un bout au cou de certains chiens 
mediants ou trop coureurs et dont l'autre 
extr^mite" tralne & terre. — Syn. de Tribard. 

Et. — D. C. Mailhetus. — Te*te de mailloche 
s'adresse comme injure a une personne tStue ou 
qui a la t§te dure. — Jaub. 

Maillocher (Mj., Lg., By.), v. a. — Frapper 
avec un mail, une mailloche, un maillochoir. 



Maillochoir (Mj.), pron. maillochoue\ s. m. 

— Sorte de battoir, consistant en un cylindre 
de bois r6uni au manche par une de ses bases, 
et qui sert a maillocher le chanvre et le lin. || 
Z. 142, id. 

Maillochon (Mj., Lg., By.), s. m. — Petite 
mailloche. I| Lg. — Manillon ; l'as, au jeu de 
la manille. C'est un a peu pres devenu tres 
usuel. || Lg. — Entrave, dite aussi Mailloche. 

Mftillon (Lg.), s. m. — Se dit dans Maillon 
de rote, le gros bout d'une hart servant a 
porter les faix de choux. 

N. — Ces harts, ou rotes, sont beaucoup trop 
longues pour pouvoir Stre faites d'une seule 
branche de chene ou d'orme ; elles se composent 
done au moins de deux parties r£unies par des 
boucles et rappellent une chalne a deux ou trois 
maillons. De la ce nom. Syn. et d. de Maillan, 
Magna n. 

Maillote (Mj.), s. f. — V. Scie. 

Maillotins, Meillotins, s. m. — Le l er mai, 
les campagnards vont chercher des ceufs pour 
faire ripaflle (Segr.). — M6n. — D^riv6 de 
mai. || Nom sous lequel tous les rapports des 
commissaires r^publicains en Vendue de- 
signent les religieux de Saint-Laurent-sur- 
Sevres pendant Tinsurrection. De Maillet ? 
Je crois que ce fut le nom d'un des sup6rieurs 
de la communaut6 (R. O.). 

Main 1 (Tim., Sp., By.). — Fig. — Sens, 
cdte\ Ex. : On ne sait pas a quelle main le 
prendre. V. Amain. \\ Sp. — A toutes les 
mains, — de toutes facons, a tout prendre. 
Ex. : A toutes les mains je n'arai pas le temps 

— ou : faudra toujours ben qu'il parte (Tim., 
Lg.) I! Sp. Par sous main, — en sous-main, 
subrepticement, par des manoeuvres cachets, 
par des moyens d^tournes. || Sp. — Fig. 
Faire sa main, se procurer adroitement qq. 
avantage, s'assurer un b^neTice. Ex. : Alle a 
fait sa main pendant qu'alle 6tait chez ses 
mai tres. || Mj. — Le droit de distribuer les 
cartes et qqf. de jouer le premier. Ex. : C'est 
moi qui avais la main. Fig. — Mettre dans la 
main, — direnettementuneve>it6d6sagreable. 
|| (Mj.). — C'est fait a la main, c'est ein coup 
fait a la main, — c'est un coup monte*. || 
Donner la main, — aider. || Le cdte* le plus 
commode pour ex^cuter un ouvrage, la posi- 
tion la plus favorable. Ex. : Je ne s6 point a 
ma main. \\ Par main de, — par l'oflice de. 
Ex. : Acte fait par main de notaire, acte nota- 
ries || Sous main de, — sous la direction de. 
Ex. : £ a 6t6 b&ti sous main d'archeHecte. || 
C'est un gas a plein la main, — qui a un bon 
caractere. Littr£ dit (Suppl.): Apleinemam, 

— se dit surtout d'une 6toffe pour en indi- 
quer le bon tissage, la solidity, jj Retour de 
main. V. Virer. \\ Venir a la main, — donner 
un b^neTice appreciable. 

Main *, s. m. — Matin. Forme d^su^te, 
employee par G. C. Bucher. V. Citation a 
Speciote. 



Mainbceuf. 

Mainboeuf. 



Les chanoines de Saint- 



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MAIN DE BOIS - MAIS QUE 



Hist. — t L&, il y avoit avec Monsieur, plusieurs 
gentilshommes de ses voisins ; c'estoient gentils- 
hommes de la petite passe, comme vous diriez des 
chanoines de Saint- Mainbocuf, a Angers, an prix 
de ceux de Saint-Maurice ; ou bien ceux de Saint- 
Venant, a regard de ceux de Saint-Martin de 
Tours, d (B. de Very., M. de p., I, 20.) 

Main de bois (Mj., By.), s. m. — Outil de 
macon, servant a lisser, polir les enduits. II 
se compose d'une simple planchette de forme 
rectangulaire , mais terminer a un bout 
par une partie triangulaire ou ogivale, et 
portant clouSe sur une de ses faces une poi- 
gn6e de cuir dans laquelle le macon passe la 
main. 

Main de bon Dieu (Mj.), s. f. — Chevre- 
feuille et fleur de cette plante. Syn. de Cher- 
feuille, Menettes au bon Dieu, Tkik. 

N. — On croit, dans les campagnes, qu'il ne faut 

{>as respirer de pres l'odeur de cette fleur et qu'en 
a flairant on gagne des cancers du nez. 

Maincelie (Mj.), s. f. — Un des cdtes du 
four. Ex. : J'ai enfourne" la galette a la fou6e 
dans la maincelie de gauche. 

Maine (By.), pron. : Mo-ene, — Mayenne. 
!: By. Ce mot est ordinairement employe* ici 
pour Mayenne. La partie comprise entre 
Epinard et Ecouflant n'est connue que sous 
le nom de Vieille Maine. 

Mainier (Mj.), s. m. — Bateau de la Maine 
et de ses affluents. — Les mainiers se distin- 
guaient des chalands de la Loire par leur 
avant tres eleve' et portant deux comes ou 
pieces de bois dress^es sur le bordage d'avant 
lesquelles servaient de guides a la corde de 
halage. On les appelait encore Moiniers (V. 
Maine), Cornards ou Jobs. En les voyant on 
disait : Vela les Jobs de Morannes. II n'en 
parait plus sur la Loire. j| Mj. — Marinier de 
la Maine et de ses affluents. — Moinier. 

Malnmorte (Mj., By.), s. f. — Droits de 
mutation sur une succession. Ex. : Va falloir 
payer la mainmort*. 

Et. — * Main, en vx droit fr. (et romain d'abord), 
— puissance, domaine : ici, droit de transmettre et 
d'aliener ; mort, — dteint, sans force. (Gf. Amor- 
tip.) 

Malnotte, Mainette (By.), s. f. — Petite 
main. On dit plus souvent : Menotte. 

Maire * « Pour : marque. Se dit a Briollay. 
On marque les canards pour les reconnaltre. 
II y a un livre avec lithographies de pattes de 
canards, sur lesquels on fait des incisions sur 
la membrane de la patte. En cas de difficult^, 
on va voir la maire, ou le livre sur lequel se 
trouve la marque (Men.). — Pour Merque. 
V. au F. Lore, Mtr, n° II. 

Maire * (Chm.), s. f. — Le fond du terrier 
ou se refugie le blaireau accule\ V. A-cul. 

Et, — Du lat. Major. 

Mairerie, s. f. (Partout). — Mairie. 

N. — « L'intercalation de la consonne r est le 
produit d'une fausse analogic. De l'a. f. Forgeur 
on tire Forgeron, <te Voleur, Volereau. Peu a peu, 



on a rattachtf ces derives a Forge et a Vol,et on a 
d6compos6 en Forge-ron, Vol(e)-reau. De mfime, 
Chevalerie, au lieu d'dtre d£compos6 en Chevaler- 
ie, l'a 616 en Cheval-erie. On a eu ainsi trois nou- 
veaux suffixes : eron, ereau, erie. L'influence de ces 
nouvelles finales est m§me assez forte pour trans- 
former des mots anciens : Mairie se change, dans la 
lang. popul., en Mair-erie. Exemple curieux de la 
transformation des suffixes. » (Sudre, H., 129, 
p. 67 et 70.) — Hist. « Analyse du systeme du 
prevdt de Restigny sur la nature des Maireries 
dependantes de la Pr6v6te\ » (xvn 9 s., Inv. Arch., 
E...) — « Jean Tizard, grenetier de Sully-sur- 
Loire, seigneur de la mairerie de Goumarville. » — 
« De la Mairerie et Maires d'Angers. » (Brun. de 
Tartif., Phil., 1021.) 

Mais -hay, Maishay, Meshai (By., etc.), s. 
m. — Aujourd'hui. 

N. — a Nous e'crivons Maishui, et non Mesnm, 
parce qu'il semble que la conjonct. Mais doive 
entrer dans la composition de ce mot ; en eflet, 
dans les noms de temps, mais se rapporte toujours 
a l'avenir : a jamais, desormais. Maishui signifie 
done : pour l'avenir, a partir d'hui, c.-a-d. dor6na- 
vant (de cette heure en avant). On a £crit, dans le 
vx fr., Huimais. » (Jaub.) — Le D r A. Bos signale : 
Toz jorz mais, toz tens mais, toz dis mais, — et : 
maisui, meisui, maishui, uimais, huimes, — des 
aujourd'hui, des maintenant, ddsormais, a l'ave- 
nir. — Magis hodie. II By. D'meezui, d6sormais. 

Malsnie, Mesnie, s. f. — Vx mot ang. 

Et. et Hist. — « Maisntee, Maisnie, etc., s. f. 
Personnes habitant la maison : famille, serviteurs, 
domesticite, gens de la maison ; manage ; tribu ; 
compagnie, suite, cortdge, train ; troupe, bande. — 
Et. * Mansionata, Masnada ; de Mansionem, mai- 
son ; de Manere, manoir. — Les formes sans s se 
rapportent a Manum, main, poign6e, troupe, etc. — 
La Fontaine a encore employ^ M6nie, M6gnie, 
gens du logis, famille. — Rest6 en angl. : meiny, 
gens de la maison, maison. — Maisnier, — Maisnil 
(Mansionile), ferme, m6tairie. » (D r A. Bos.) — 
« Angers tenoit son mesnage et mesgnye. » (Ch. 
Bourdione, Pierre Faifeu, 88.) 

Maison (Mj., Lg., By.), s. f. — Sens ordi- 
naire : Chambre principale d'une maison de 
ferme, celle ou Ton fait la cuisine, oil la 
famille se tient habituellement et prend ses 
repas. 

Hist. — « La maison de la Saugreniere, b&tie en 

f)ise\ n'avait qu'un rez-de-chauss6e, compost seu- 
ement de trois chambres. La chambre principale, 
dite : la maison, avait servi de lieu de seance pour 
le conseil ; StofTlet et ses compagnons s'y 6taient 
couches : Liz£, ses fils et ses domestiques s'iHaient 
retires dans le fournil, chambre laterale et adja- 
cente a la maison. » (Deniau, v, 466.) — N. 
Id. — La piece, toujours voisine, ou couchent les 
enfants et les domestiques est la chambre. (De 
Montes.) 

Molsonnage, s. m. — Ancien droit de pou- 
voir prendre du bois dans une fore* t pour batir 
une maison. » (M6n.). 

Hist. — Maisonnage et Maisonn6e, bois de char- 
pente. « Et devons tenir ladite maladerie en soffi- 
sant estat, tant comme au maisonnage. » (1267. — 
L. C.) 

Mala que (Do., By.), loc. conj. — Aussitdt 
que, pourvu que, des que ; sans que ; jusqu'a 
ce que; si ce n'est que ; quoique. || By. Pron. 
M6e que, lorsque, a partir du moment ou. 



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MAITRE - MALAISE 



Hist. — « Je le donneray de l'argent, mais que 
tu ayes fait cela. » — « Mes que j'aye soup6 », 
apres que j'aurai soupe\ » (Manage.) — o De leurs 
crottes (mais qu'\\ ne vous d^plaise), les m£decins 
de nos pays guerissent soixante et dix-huit sortes 
de maladfes. » (Rab.) — o Vous pouvez penser 
commc il fera, mais qu'W soit (des qu'il sera) doyen 
des cardinaux. » (Malherbe.) — Du lat. Magis. 
V. Mais huy. 

Maitre (Partout), s. m. — Titre que Ton 
donne a la campagne a tous les cnefs de 
fermes ou de maisons un peu importantes. lis 
y tiennent beaucoup plus qu'a celui de Mon- 
sieur,, qu'ils considerent presque comme une 
derision. — Aux Ponts-de-C6 il s'6tait forme" 
une association entre trois personnes pour 
tirer du sable de la Loire. La premiere, riche 
bourgeois, nommons-le A, portait haut de 
forme et redingote ; la deuxidme, d'un rang 
un peu infe>ieur, portait un chapeau melon 
et une veste, B ; la 3 e C, avait une casquette 
et une blouse. On disait : Monsieur A, 
Maitre B, et le gas C. || By. — Monsieur le 
proprtetaire, quand on lui parle, (c'est nout' 
Mon-sieur, nout' bourgeois, nout' maitre, 
quand on parle de lui) ; Maitre B., le fermier ; 
le gars, les gars, employe's divers sur la ferme. || 
Mj. Fig. — Le poing, consider^ comme symbole 
de la force et, par suite, de la domination. On 
dit aux petits enfants : Fais done voir ton 
maitre. \\ La boule ou le palet qu'on lance le 
premier pour servir de but. Syn. de Bour- 
geois, Petit. || Dans une vigne il ne faut 
point d'arbre, leur ombre est nuisible : « 11 ne 
faut que l'ombre du maitre. » (Pc). || Corde 
qui borde l'6pervier a sa partie infe>ieure et 
sur laquelle sont enfil6es les balles de plomb. 

Maitre-Eeole, s. m. — Titre du Recteur de 
Tancienne University d'Angers. 

Hist. — Magiscola. L'ecolatre pouvait £tre rec- 
teur : De la partie de nos bien amez le Maistre- 
Ecole et docteurs regens en l'estude d'Angiers, 
nous a est6 expose que comme ledit Maistre- 
Escole a cause de sa dignity de Maistre Escolerie 
soit chief et recteur dudit estude. . . L. C. Maistre, 
n° 19. 1395. — Attestation par le Chapitre d'An- 
gers « que la place de maitre tcole est une dignile 
qui donne a ceux qui en sont pourvus un rang s\i^ 
pe>ieur a celui des chanoines et que la place de 
chancellier de TUniversite de cette ville v est 
annexee. » {Inv. Arch., G, t. I, 36, 2, h.) 

Maitresse-mere (Lg.), s. f. — Ma trice, par 
opposition a Mere, qui est Tarriere faix. Ex. : 
Xoutre vache, a rendu la mere, — elle a rejete" 
l'arriere faix, elle a d£livre\ Noutre va a rendu 
la maitresse-mere, — elle a eu un renverse- 
ment de matrice. 

Majcseule (Mj.), adj. q. et s. f. — Majuscule. 

Majeyeux (J. 125), s. m. — Hongreur. 
V. Megeyeux, Megeyeur, MkgeiXleur. 

Et. — Du lat. Medicus. qui, ayant l'accent sur 
me, a donn6 mege, naturellement. 

Mai (Mj.), s. m. — Mai physique, et surtout 
mal exte>ieur, bobo. En ce sens, le mot fait 
ordinairement mais, au plur. Ex. : II est 
vrai adret pour les mais. 



Mai (Mj.), pris adverbialement, dans le sens 
de : assez, dans la locution : point si mal. 
« £a n'est point si mal loin, — c'est encore 
assez loin. 

Malachi,-chie (Mj.), s. m. Le quatrieme 
doigt de la main, dans le langage enfantin. 
C'est le moins agile de tous. V. Pouzot, Malagt. 

Malacqu€t, s. m. — Ce qui a 6te* acquis 
malhonnetement. 

Malade, adj .q. — Lourd, orageux, en par- 
lant du temps (Mj.), variable. Cf. Ferme. — 
V. F.-Lore, comparaisons — et Mal malade. 

Et. — Male aptus, malabde, malade. (Cf. rade. 
de rapidus, rabde, rade, vx fr.) Littre. — Male 
habitum, — qui est en mauvais 6tat (d'apres : 
bene, male.habere), devenu * malabito, * malabedo, 
* malabde* malade. (Darm.) 

Maladret-ette (Mj., Lg.), adj. q. — Mala- 
droit. Syn. de Malagre. — Le t final est sou- 
vent sonore. 

N. — Autrefois, maladroit rimait avec le son 
ail 

« Et, s'il avait affaire a quelque maladroit. 
« Le piege est bien tendu, sans doute il le perdroit. » 

Malagauehe (Mj.), adj. q. et s. — Mala- 
droit. 

Malageoux (Lg,), adj. q. — Malade, val6- 
tudinaire, maladif, languissant. Syn. de Ma- 
lageux, EntrainassL Doubl. de Malageux ; 
de>. de Malager. 

Et. — Malaticum. — Hist. Malage, malaige, 
maladie. « Pleuroyent de compassion de son enfer- 
met6 et malage. » (L. C.) 

« Moult longuement tint cest usage 

« Tant qu'il cat en un malage. » (D. C.) 

7tialager (Lg., Tim.), v. n. — Etre malade* 
valetudinaire. 

Et. — Paratt Stre une contraction d'une forme 
Maladiver, der. du fr. Maladif. — N. — Je retrouve 
ici (Lg.), en plein usage, ce vieux verbe angevin 
dont je connaissais l'existence par les documents 
anciens et par son der. Malageux. 

|| Etre orageux ou variable, en parlant du 
temps. Cf. Malade. 

Hist. — « Dec6dez a mesme heure, Tun aupres 
de l'autre, en se disant adieu, Rene Grolleau et 
Mathurine Becquet, sa femme, qui malagerent 
chascun huict jours. » (1626. — Inv. Arch., S. E, 
in, 385, 2, h.) — V. Malageoux. 

Malageux (Tim.), adj. q. — Maladif. Der. 
de Malager. Cf. Maladeux, dans Jaubert. 

Malagrg (Mj., Lg.), adj. q. invar. — Diffi- 
cile, incommode, en parlant des choses. || De 
mauvais caractere, difficile a vivre, en par- 
lant des personnes. Syn. de Malcommode. De 
Mal, agrk. — 149 e Zig. || Maladroit, syn. de 
Maladret. || By. — De mouas gre\ 

Malaise (Mj.), s. f. — Difficult^. Ex. : Eine 
belle malaise de faire 9a ! C'est bien difficile ! 
Ironique. 

Malaise (Mj.), adj. q. — Absolument : 
Difficile a cuitiver, a arranger. Ex. : C'est 
eine terre vrai malaisce. \\ Malaises s. f. — 
S'emploie dans la loc. : Faire danser la malai* 



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MALAISfiMENT — MALINE 



see, — administrer une vol6e de coups, — 
rouster. || J'ai entendu appliquer cette locut. : 
aux douleurs de la parturition. Alle danse la 
malaisee. Syn. de Camelotaine. 

Malaistment (Mj., By.), adv. — A peine. 
Ex. : lis pouvaient £tre malaiskment ein cent. 

Malapias (Tim.), s. m. — Vieille espece de 
pommes. Des pommes de malapias. P.-e. 
pour : malapieds. 

Mai- a- pied (Mj., Lg.), adj. q. — Mauvais 
marcheur. 

Hist. — o I^es bceufs, vaches et taureaux dits 
mal-d-pied seront conduits en voiture..., le ven- 
deur d'un animal aveugle ou mal-d-pied est tenu 
d'en faire declaration a l'acquereur au moment 
de la vente. » Ordonn. de police, 12 d6cembre 1867. 
(Lrrr., Sup pi.) 

Mal-a-propos (Mj., By.), adj. q. — Qui est 
inutile ou nuisible, qui ne convient pas. || s. 
m. — Interpellation ou invective injurieuse, 
quand elle n'est pas simplement plaisante. 
Ex. : Te vela, te\ mal-d-propos ! 

^ Malborou (Segr.), s. m. — Grosse voiture 
d'attelage, la plus grosse de la ferme, oppose* 
a la gente petite voiture (M£n.). 

Malehance (By.), s. f. — Infortune. || Ma- 
lencontre. Syn. de Maldringue, M alette. 

Malchaneeux (By.), adj. q. — Malencon- 
treux. 

Malcommode (Mj., Lg., By.), adj. q. — 
Incommode, difficile, malaise\ en pari, des 
choses. || Acariatre, d'humeur maussade, 
difficile a vivre, en pari, des personnes. Syn. 
de Malagre. Ex. : 11 est pus malcommode ! n'y 
a gens de illi parler. — Syn. de Rechignoux, 
Hargnoux, Hargukgnoux, Malendurant, Ma- 
lagre, Bleche, Gribiche, Pttounard, Hergne. 

Male (Mj.), adj. q. — N. Se place habituelle- 
ment avant le nom. « Ein male lapin. » — un 
lapin male, par opposition a femelle. || By. 
Oui, au sens de Un fort gaillard, qui n'a pas 
froid aux yeux. Autrement, un lapin male. 

Maleehoase (Mj., By.), s. f. — Chose mau- 
vaise, en general. || Acte reprehensible, mefait. 
!l Injure, propos d£place\ — Mai, male et 
Chouse = chose. 

Mai de F An. — Maladie de lenteur. — Pour 
Mai de lent. V. Lent. 

Maledringue (Mj.), s. f. — Malechance, 
de\ f eine, infortune. || Malencontre. Ex. : 
Quand la maledringue est sus les poules, le 
diable ne les ferait pas pondre. — Syn. de 
II aire, Maletrie. 

Et. — Compose" du vieil adj. Mai, mauvais, et 
d'un nom inusite\ Dringue, qui semble se rapporter 
au v. Driguer et Dringuer. Le sens littoral serait 
done : Mauvaise marche, mauvais cours d'affaires. 

Malement (By.), adv. — Difficilement, 
presque, a peu pres. « £a pe'se malement (ou : 
malaisemenl) 6 livres. 

Malendurant (Mj., Lg., By.), adj. q. — Peu 



patient, difficile a vivre. Syn. de Malcommode, 
Malagre. 

Mai en gout (Mj., By.). — Etre mal en gout, 

— etre indisposed 

Mal-en-pattes (Mj., Lg., By.), s. m. — 
Individu ou animal qui est infirme des 
jambes. — Bancal. 

Mal-en-train (BI., partout), adj. q. invar. — 
Etre mal-en-train, — indispose^ malade. 

Mal-epargne (Mj.), adj. q. — Prodigue, 
d^pensier. 

MalStrie (Lg.), s. f. — Guigne, guignon, 
malechance. Ex. : Je s6 dans la maletrie. Syn. 
de Maledringue, Malette. 

Et. — De mal + Etre, inus ; pendant du fr. 
BieneHre. 

Malette (Do.), s. f. — Porter a la malette, 

— p. un enfant sur son dos. Mieux : Mallette. 

Et. — P.-e\ diminut. de : malle ; porter comme 
une petite malle, une hotte? V. Bigotte, au Supple- 
ment, n. 

Mal-hairt (Mj.), adj. q. — Mal portant, 
indisposed N. L'h est aspire" tres fortement. 

Et. — Male-erre ; mauvais traitement : 
« Lie\ battu, mene* mal-erre. » 
Malehere : 

« Car caste" es est cose avere 

« Enfrume et fiere od malehere. » (D. C). 

— Moisy cite : Maleure* ; mal-heure\ part, 
pas. de heurer, pourvoir d'une chance qcque. 
On disait : bien-heure\ V. Haire, HairL 

Malherbe, s. f. — Camomille, herbe a vers, 
maroute. Vulg. Chrysanthemum ; — Mau- 
vaise herbe. (M£n.). Malherbe, m£rerbe, 
matricaire, Pyrethrum partenium. Bat. 

Malheareux (Mj.), interj. — S'emploie 
cornme exclamation parenth6tique, sans 
significat. precise. Ex. : II courait, malhea- 
reux ! qu'il en arait ben tombe" sus le nez ! — 
On prononce souvent Malhureux. Cf. le : 
Pauvre de moi ! des Provencaux. 

Malhureax - urease men t (Mj., By.). — 
Pour : malheureux, — heureusement. 

Malice (Mj., By.). — Be malice, loc. adv. — 
avec malice, malignity ou astuce. || Malice 
cousue de fil blanc. — malice ou rouerie qui 
n'en est pas une, — facile a decouvrir. 

Mailer (By.). — V. Canard, Mdlon. On 
prononce Mdnier. Aide du chasseur aux 
canards sauvages. 

Malin (Mj., By.), adj. q. — Difficile a faire, 
a comprendre. « £a n'est pas ben malin a 
faire ! » — || Mj., Lg. « Dam ! e'est ben malin 
a enlever ! — ironiquement. Pat. normand : 
malin-ine. G. G. 341, 1. 

Maline (Mj., By.), adj. q. F£m. de Malin, 
pour Maligne. 

Hist. — « Sepulture de Marie Thourmault. . . 
laquelle a 6t6 6trangle> aujourd'hui par la maline 
beste... proche le bois de Renault. » "(1697. — Inv. 
Arch.^E, m, 121, 1.) 



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MALINET' — MANCHE 



|| A Royan, on appelle Maline, une grande 
mar6e. 

Malinet' — Maillinette (Lg.), s. m. — Mau- 
vaise herbe commune dans les cours des 
fermes et dans les 6teules. C'est une composed 
a fleurs jaunes qui fleurit en aout. 

Et. — Dimin. du fr. Malin, pris au sens pat. de : 
mauvais. 

Malinger, v. a. (Am.) — Melanger. Syn. et 
d. de Moilinger. 

Mallette (Mj.), s, f. — Poche, et surtout : 
poche de vetement. Syn. de Pochette, Gou- 
jette, Profonde, Fouillouse. || Trainer la 
mallette, — errer, vaguer, roder. Aller men- 
dier. — Cf. l'esp. Maleta, valise. L'angl. 
Wallet, bissac, vient probablement de ce mot, 
plutdt que du fr. Valise. V. Malette. 

Hist. — « Adonc tira le varlet assez a manger 
d'une mallette, et si avoit a boire dedans ung 
baril. » (L. C.) 

Mallettfe (Mj.), s. f. — Le contenu d'une 
poche de vehement. Syn. de Pochettee, Goujettke. 
V. Mallette, pris dans le sens de Poche, qui a 
du etre autrefois la significat. propre de ce 
mot. 

Mai maison, s. f. — Prison (Mfe.). 

Mal-malade (Mj.), adj. q. — Tres malade. 

Mal-mouche (Mj., Lg.), s. m. et adj. q. — 
Interpellat. ironique, qualificat. injurieuse que 
Ton adresse parfois a un gamin. Syn. de 
Morveux. 

Malneye, s. m. — Celui qui a essaye* de se 
noyer et qui s'est manque\ V. Malpendu. 

M alone. — Males de canards. V. Mdlier. 

Hist. — « Colibry pourrait vous accompagner 
aussi, et lancer les mdlons. » Canards males desti- 
nes a la chasse aux canards, comme appeleurs. 
(R. Bazin, La Sarcelle bleue, p. 213.) — Appe- 
lants. || By. 

Maloquart (Sp.), s. m. — Enfant tres gras 
et joufllu. Syn. de Maboule, Lochon, Daubier, 
Pape. 

Malottte, s. f. — Brassed (Li., Br.). 

Maipeine (a) — (Lue\). — A grand peine. 

Malpendu (Mj., By.), s. m. — Celui qui a 
essaye* de se pendre et qui s'est manque\ || Cf. 
Malneye. 

Maiplanche (Tim., Lg.), adj. q. — Rabo- 
teux, en pari, d'un chemin. Syn. de Ragotu, 
Bilbotu, Rallu, Rabotu, Rabotoux. De Mai et 
Planche qui semb]e avoir le meme radic. que 
Plat. 

Malpoli (Mj.. By.), adj. q. — Impoli. 

Malsable (Mj.), s. m. — Sable mouvant, 
portion de greve oii Ton s'enfonce, ou Ton 
pourrait meme s'enliser. — Mai, Sable. 

Maisain (Mj., By.), adj. q. — Fig. Dange- 
reux. Ex. : C'est maisain d'avoir affaire aux 
cognes, — de s'attaquer a plus fort que soi, 
aux gendarmes; 



Hist. — « S'il ne se fust trouve puissant pour 
resister aux deux puissances contraires, il y faisoit 
maisain pour luy. » (G. Chastelain, Chr. du due 
Philippe, ch. 65. — L. C.) 

Malsif (Mj.), adj. q. — Massif. Cf. Marsif. 
Et. — Corr. du mot fr. — Au suj. del'introduct. 
de 1 dans la prononc, V. Ebalveretter. 

Malsoin (Mj., By.), adj. q. et s. m. — Incu- 
rie. Ex. : Y a prou de quenaux qui maufinent 
par le malsoin. \\ Individu peu soigneux. Ex. : 
Hue ! le vilain malsoin, le vela encore a se 
routeler a bas ! || By. — Plutdt: sans soin, — 
et prodigue, d6bauche\ 

Mal-snr (Mj.), adj. q. — Peu sur, qui n'est 
rien moins que sur. 

Maltagon (Mj.), s. m. — Martagon, espece 
de lys rouge. Cf. Essaller, Maltyr. 

Malthide (Mj., Bk.), s. f. — Mathilde. 

Maltyr (Mj.), s. m. — Martyr. Cf. Essalter, 
Escolter, Maltagon. 

Malvan, s. m. — Nom d'un petit village 
de Mj., situe" au bord de la Loire, dans un 
vallon ouvert au vent du N. — Mala-vallis. 

Malvoulant (Mj.), s. m. — Malveillant, 
malintentionne\ ennemi. — A donne" l'angl. 
Malevolent, m§me sens. 

Mamage, s. m. — Fromage, terme enfantin. 

Mame (Mj., By.), v. n. — Manger. || Je 
vas te faire mame, abr6v. de Mamer, manger. 
Cf. Bume. || s. f. — Abrev. de Madame. 
« Mame Une telle. » 

Mamer (Mj., By.), v. a. — Manger. Terme 
enfantin. Cf. Burner,, boire. 

Mameselle (Mj., By.), s. f. — Contr. de 
Mademoiselle. Le bret. a Mamezel. 

Mamlnot (Lg.), s. m. — Enfant, mioche. 
Mot vieilli. Syn. de Quenid, Queneau, Drole, 
Race, Affiau, Loupiot, Gosse, Gonse, Mome, 
Moutard, Ganafvat. 

Manable, adj. q. — Habitable (Lu£). 

Et. — Ou Ton demeure, habitable ; lat. manabile- 
(D r A. Bos.) — Maison manable se dit en Norman- 
die, chez les notaires et sur les affiches d'une mai- 
son d'habitation, par opposit. a maison a usage 
de grange, d'dcurie, etc. (H. Moky, Noms de 
famille normands.) — Hist. « Apperceurent autour 
d'eulx... grans murs et maisons manables haultes 
et eslev6es. » {Percef, iv, 33.) 

Manage, s. m. — Demeure, residence, 
manoir, hotel, logis. 

Et. — Manaticum, manoir. Confondu avec mais- 
nage, m6nage. mansionaticum : de mansionem, 
maison. 

Manche (Mj., By.), s. f. — C'est eine autre 
paire de manches, — c'est autre chose, c'est 
tout different. L'ital. emploie litte>alement 
cette expression, meme dans le style 61eve\ 
E un altro par di maniche. || || Etre dans la 
manche de quelqu'un, — etre dans ses bonnes 
graces, syn. de Etre dans les papiers. || s. m. 
Au jeu .Ex. : J'avons ein manche, a charche, 
*— * c.-a-d. j'ai gagne la premiere parti© et Tad- 



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MANCHETTE DE LA VIERGE — MANIER 



versaire cherche encore a gagner. — S'il 
gagne la 2 e , on sera manche a (manche, s. e. ) 
et on fera la belle. || Manche de gache. V. 
Futreau, 

Mane net te de la Vlerge, ou Liseron des 
Haies. (M£n.). — Convolvulus sepium (Bat.). 

Mandate (Bg.), s. f. — Gifle. Je t'envoie eine 
mandate. — Syn. de Girouflee, Ognon. 

Mandrer (Cho., Lg.), v. a. — Diminuer, 
depenr. Ex. : Vela ein boeuf qui a ben mandrk 
dempis queuque temps. — Doubl. de Moin- 
drer (devenir moindre). 

Hist. — « Us souhaitaient voir mandrer le 
nombre> des menetriers. » (G. Sand, Les Maitres 
Sonneurs.) Maigrir. « On le voit mandrer a vue 
d'oeil. » (/d., La P. Fadette. — Jaub.) 

Mandrin (Ag.), s. m. — Vaurien, chenapan 
Du nom d'un celebre voleur sous Louis XV. 

Nanette (Mj., By.), s. f. — Dimin. famil* 
du pr6n. Marie. || Ironiquement : Femme- 
lette, homme eftemin6 dans ses gouts et ses 
manieres, veule, depourvu de force de carac- 
tere. Celui qui se laisse mener par sa femme. 
— C'est la forme familiere de Mariette. V. 
Manie, Mknie. Manon. — By. 

Hist. — « Et que le nom de Manette l'avait 
(Marie Boussinot) rendue si populaire. » {Anj. 
hist., i, 730, 18.) 

Mangealson (Lg.), s. f. — Grande quantity 
d'une mauvaise engeance. Ex. : Y a eine 
mangeaison de viperes, cette annee. — De 
Manger. Syn. Confusion. 

Mangeant (Lg.), adj. verb. — Toujours 
employ^ avec une negat. « I n'est point man- 
geant ! » c.-a-d. il est bourru, reveche. Syn. de 
Point- mdchant. ' 

Hist. — Mordre a l'hamecon. « Le marechal 
du Biez entreprent de se saisir et ruiner la terre 
d'Oye, ayant tente d'attirer l'Ansrlois en bataille, 
lequel n'en voulut manger. » (Montluc, i, 254.) 

Mangeoter (Mj., By.), v. n. — Manger par 
petites quantity et souvent ; pignocber. Cf. 
Changeoler, Nigeoter, Nageoter. 

Manger, v. a. — « Manger le pot a midi et 
la broche le soir. » (M6n.). — Quel est le sens 
de cette loc? Ne se priver de rien? faire de 
bons repas? || Manger la gearbe. V. au Folk- 
Lore, n !i Mj. — Manger le sang meurtri, — 
faire resorber le sang extravas£ d'une contu- 
sion. V. Sang-meurtri au F.-Lore, xiv. || 
Manger des marrons, — marronner, bisquer. 
|| Lg. Manger a la mode, — mordre a m£me 
dans son pain. N. II semble qu'il y ait la un 
jeu de mots? 

Mangerie (Mj.), s. f. — Id6e saugrenue. 
Projet qui ne peut avoir que de funestes con- 
sequences. || Encombre, ennui. Ex. : Allons, 
vela encore eine npuvelle mangerie ! — Cf. Se 
manger les sangs. 

N. — LiTTRfe donne le sens de : Frais de chicane, 
exaction ; action de se nuire les uns aux autres. 

|| By. — Action, fa$on de manger. En mau- 
vaise part* 



Mange-tout (Pois), s. m. — Pois que Ton 
fait cuire et mange avec la cosse. Mj. — Pois 
sans parche. 

Hangon, Manjon, s. et adj. — Qui bre- 
douille, qui begaie. — Se conjugue. (M£n.). 
Mangonner, sans doute? 

N. — D. C. donne le sens de Apprenti (1402). 

Maniant (Mj.), adj. verb. — Maniable. Cf. 
Allans Faisant. 

Maniean, eant, te (Sp., Tim.), adj. q. — 
Impotent, infirme, bancale, bolteux. V. 
Manque. 

N. — L'angl. a Manikin, nabot. Ce mot et notre 
adj. sont des doubl. du fr. Mannequin, all. Mann- 
kein. Syn. de Emanicant. — a Vx fr. Mane, estro- 
pie. « (Lnr.) 

Manie (Mj., By.), s. f. — Forme enfantine 
et caressante du pren. Marie. Syn. de Menie, 
Mtnite. 

Mftnler l (Va.), s. m. — Meunier. — Pat. 
norm. Mongnier, G. G. 347, 1. 

Manler * (By.), s. m. — Aide-pecheur et 
aide-chasseur (Grande peche et chasse aux 
canards). V. Mailer, et au F. Lore, II. Chasse 
aux canards. Malier est pr6fe>able. C'est celui 
qui lance les males ou appelants. On pro- 
nonce, il est vrai, Manier. Et comme ceux qui 
se livraient par profession, l'hiver, a cette 
chasse, 6taient les pecheurs de profession, ils 
ont appel6 Maniers leurs aides pour la peche. 
Mais, dans ce dernier cas, ils disaient plutot 
compagnons. 

Le malier, place a 300 metres du chasseur, 
ayant pres de lui une caisse a claire-voie ou 
sont places les males, lorsquMl apercoit en 
l'air un vol de canards sauvages, tire un 
appelant et le lance en Fair. Celui-ci se mele 
aux premiers qui, voyant un frere, en con- 
cluent que Tendroit est favorable pour des- 
cendre. L'appelant les entraine vers sa cane 
non loin de la hutte oil se tient le chasseur. 
Si, pour une raison ou pour une autre, le pre- 
mier canard lanc6 se laisse entratner lui-mdme, 
on en lance un second. N. II porte a la patte 
une cordelette tress^e d'un brin de chanvre, 
qui sert, plus tard, au malier a le saisir plus 
faciiement sur l'eau, soit a la main, soit avec 
sa perche. — On se figure, a tort, que ce sont 
les canes qui, par leurs cris, appellent les 
canards sauvages. Leur sorte de sifllement 
(ce sont les males qui coinquent) est a peine 
perceptible de pres, a plus forte raison de 
loin et de haut. Non ; ce sont bien les males ; 
etles canards sauvages descendent pour la rai- 
son donnee plus haut. lis ont, d'ailleurs, leurs 
canes, et tous ces volatiles en remontreraient 
aux hommes pour la fidelity, ainsi que le 
t6moigne un couplet celebre sous 1' Empire : 

Un canarcf, d^ployant ses ailes 
Coin, coin, coin, 

Disait a sa cane fidele 
Coin, coin, coin, 

Quand done finiront nos tourments? 

Coin, coin, coin, coin. 



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MANIERE — MAPOU 



Manure, magniere (Mj. f By.), s. f. — Sorte. 
Ex. : J'ai comme eine maniere de froncle qui 
veut me pousser la. || Alle a comme eine 
manifre de velin d'eau dans eine main. » || 
D'eine maniere, — d'une certaine facon, a un 
certain point de vue. « D'eine maniere, vous 
avez raison. » || Dans la maniire de, — dans 
le genre de. || De maniere que, — en sorte que. 
I! Mj. — La maniere comment que, — com- 
ment, la facon dont. Ex. : Je voudrais ben 
savoir la maniere comment qu'ilss'y prennent. 

Hist. — O pour.Dieu, amie, enseigne* moy la 
maniere comment tel le faites. (Rab., P, v, 43, 
573.) « Aussi la nous fut diet estre une maniere de 
gens, lesquels ils nommoient guetteurs de chemins. » 
(Rab., P,. v, 36.) — « De maniere que tout 1'efTet 
de la subrogation des nouveaux creanciers aux 
droits des anciens est d'acquerir une hypotheque 
privilegiee. » {Coust. d'Anj., t. II, col. 1284.) 

Manifait (Pell., By.), adj. q. — Espiegle, 
qui aime a faire des niches. 

Et. — Ce mot pourrart 6tre compose des vo- 
cables lat. Manu Facit, c.-a-d. qui se livre a des 
jeux de mains. Syn. de Adelaisi, N'a que faire. — 
Je trouve dans Delvau : Malfrat, vaurien, homme 
qui mal fait, ou gamin qui mal fera ; argot des 
paysans de la banlieue de Paris. Le peuple parisien 
disait, jadis, un Malfe (malefactus) a propos d'un 
malfaiteur et donnait le meme nom au diable. 

Manifique (Mj., By.). Pour : magnifique. 

Maniileur, s. m. — Joueur de manille. 

Manique. — Pour Manicle, avec un sens 
special. Piece de cuir qui protege la main du 
cordonnier, du savetier. Tirer la manique, le 
fil (lignou) enroule autour de la manique, 

Et. — Manicula, dim. de Manica, manche. 

Manis (Mj.), s. m. — Fumier, engrais. Syn. 
de Graissier. 

Et. — Manisser, — marner : de Manix, marne." — - 
Hist. « Les fermiers ne peuvent mottoyer, n'y 
ecorcher les franchises de leurs termes, sous pre'- 
texte de manisser leurs terres labourables. » (N. 
C.-G., iv, 415.) — « A l'epard des manix et engrais 
extant en nature, l'homme congedte est tenu de les 
laisser sur le lieu recevant la moitie du prix auquel 
ils sont estimez par experts. » (Id., ibid.) — Gf. 
l'angl. Manure. — Pat. norm. Maoul ; mawl 
fumier. (G. G., 342, 1). Cf . angl. Manure. 

Manne (Lu£), s. f. — Mesure pour les mar- 
rons, haricots, pommes de terre : contient 
2 boisseaux. || Manne de Prusse. Vulg. Gly- 
ceria fluitans ; graminees. (Men.) 

Mannee (Mj.), s. f. — Le contenu d'une 
manne. 

Mannequins (By.). — Pron. Moennequins. 
On poumoye (paumoye) dans des manne- 
quins (mannes ovales en osier) ou des caisses, 
les lignes (corde'es) qu'on installe pour la 
pSche de fond. Voir Champcaux, Cordeaux, 
Epinoches, Virecou, Perrons, Branles. 

Mannezingue s. m. — Cabaretier. Syn. de 
Bistro, Mastroquet. N. Argot. 

Et. — P.-g. de Pall. Mann, homme, et de 
Zinj?ue ; Phomme qui debite sur le zinc. Mais il 
faudrait Zinguemann. On peut soupconnpr aussi 



un derive capricieux de Mastroquet, sous l'in- 
fluence de Brindezingue. 

Mannler (Mj.), s. m. — Aide pecheur (Mj.). 

— Homme dont un pecheur muni d'une 
licence a le droit de se faire accompagner. 

Et. — Der. du fr. Manne, parce que ces ma- 
noeuvres sont employes surtout a manipuler les 
mannes ou Ton met le poisson. V. Mdnier. II y a eu 
confusion. 

Man on (By.), n. pr. — Ou Manette, pour 
Marie. 

Manque (By., Mj., Lu6),s* m. — De manque, 

— qui manque, qui fait defaut. Ex. : Y a 
trois poules de manque sus le jouc. || Sans 
manque, — sans manquer, sans faute.' 

Ex. : J'irai vous voir dimanche, sans 
manque. 

Et. — B. L. Mancare, estropier, mutiler,dans les 
Lois Barbares. (D. G. Mancus.) Sanscr. Manak, 
peu. 

Manque (Li., Br.), s. m. — Un manque ; 
une taille, un corsage sans manches. 

Manquer (Mj., By.), v. n. et a. — Man- 
quer a qqn. — Etre inconvenant envers qqn, 
lui manquer d'egards. || Absolument. Etre 
dans le d&iuement. Ex. : Son pere illi a laisse 
de bon fait, a n'est pas pour manquer queuque- 
fois. |t Ne pas manquer que de, — ne pas 
manquer de. Ex. : Faudra pas manquer que 
d'avancer jusqu'a la maison, quand c est que 
vous veindrez a Mj. 

Manquette (Mj.), ad. q. — Se dit d'une 
vache dont deux trayons seulement donnent 
du lait. . 

Hist. — A rapprocher : « Sans laquelle toute doc- 
trine leur seroit manque et inutile. » (J. du Bell., 
Def.etlll.,u, 3, 37.) 

Manquiers-ben, adv. — Peut-etre, e'est 
bien possible. V. Vanquiers, Mantii-ben. 

Mante (Mj., Lg., By.), s. f. — Couverture 
de lit en laine tissue. 

N. — Hatzfeld donne ce mot comme vieilli, 
avec le sens de couvre-pieds. II est toujours en 
grand usage a Mj. et ailleurs. — Tient a Manteau. 
Hist. — Jamyn, p. 126. (L. C.) 
« II tourne, il vire, en son lit agite 
« D'inquitHude et de douleur ardente ; 
« Cherchant le frais, trop lui pese une mante 
« Pour couverture, et de pies et de bras 
« II pousse, il jette, il renverse ses draps. » 

Mantlau (By.), s. m. — Manteau. 
« J'ay mantiaux foures de gris 
« J'ay chapiaux, j'ay biaux profits. » 

(E. Deschamps, p. 87.) 

Mantie-ben. — V. Manquiers, Vantiers. 

Mapou (Sp., Fu., Li., Br.), s. m. — Colin- 
Maillard. V. Lapou. 

Et. — Le nom de ce jeu vient de ce que celui qui 
a les yeux bandes, lorsqu'il vient a saisir un des 
joueurs, s'ecrie aussitot : Mapou / — « Ce mot est 
mis pour : J'm'apou, ou : j'm'apouse, qui est .- je me 
pose. L'oiseau s'apouse sur la branche ; par analo- 
gic, un peu en plaisantant, on dit : o J'm'apouse, 
j'se lasse. » — Dans le jeu de Colin-Maillard, les 



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MAQUEGNOX — MAHCHAIRE 



11 



i'oueurs sont accroupis. Celui qui cherche, les yeux 
>and6s, saisit-il qqn ? II crie : Mapou ! ou : 
J'm'apou ! — Su qui? — Su Pierre. — En disant 
Mapou, il se pose sur le dos de celui qu'il a pris. 
M'apou peut vouloir dire : Je m'appuie. >» (M. Pu- 
cellb.) — Cf. Jaub. Babifou. 

Syn. de Casse-cou, Alouette, A louette -handle, 
Casse-croute, Oueille-bandee. || Lg. — Id. Mais 
les joueurs, au lieu de s'accroupir, courent, 
qk et la, pour 6chapper a celui qui les cherche. 

Maquegnon (Lg.), s. m. — Maquignon. 

Maquereau (Sp.), s. m. — Sorte de grog 
chaud, compose" d'eau, de sucre, et d'eau- 
de-vie. Syn. de Flipe. 

M&ques (Mj., Lms., Z. 196), s. f. — Cer- 
taines parties de champs plus humides, plus 
froides, formers d'une sorte de terre glaise. 
On pratique g£ne>alement dans les maques, 
pour faciliter l'6coulement des eaux, des 
rigoles en diagonale, qu'on nomme Essigoires. 

— A Chambellay on dit des Essefs. Syn. et d. 
de Mdcre ; Syn. de Sourdille, Mollilre. 

M&queux, euse (Mj.), adj. q. — Argileux et 
humide, en pari, d'un terrain mouille\ sans 
etre mareVageux. Se dit d'un terrain ou il y a 
des sourdilles. V. Mdque, Mdcre, Macro ux. 

MaqaMle (Mj.), s. f. — Chiendent a bou- 
let les. Syn. de Pdtinous, Chiendent couillu. 

Mar '. — Sert de preTixe pejoratif. Pour le 
malheur de. 

Et. — « Mar ne serait-il pas le mot mal, dont l'l 
se serait change en r, comme dans rossignol, pour 
lossignol ; orme, pour olme ; navire, pour navile ; 
titre, apdtre, pour title, apostle, mur, pour mul, etc. 

— En composit., mar exprime l'idee de malheur, 
de mauvaise direction. » (D r A. Bos.) — Dikz jus- 
tifie la derivat. de mar par : mala (hora), en citant 
le texte que voici : « Tarn mala hora te viderunt 
oculi mei. » (Gesta reg. Franc), qu'il met en regard 
de celui-ci : « Tant mar vus vi. » ( Vie de S. Auban, 
v. 1503.) Moisy. — « Roland, 1949. — « Carles li 
magnes mar vos laissat as porz. » Nombreuses 
expressions : Mar ni>, n6 pour son malheur ; mar 
venir, mar vivre, mar finer, — mal finir. (Gf. 
Maufiner.)V Mar-Palus. 

Mar 4 (Mj., By.), s. f. — Mer. j| Le Sud, le 
Midi, point cardinal. Ex. : Le vent est de la 
mar, enhuit. || En mar, — au midi. Ex. : Vire 
la potre en mar. V. Haute-Mar, Basse-Mar, 

— Cf. Vart, Far. 

Hist. — « Port d'aigue douce et de mar. » {Poet. 
av. 1300. —I, 463.) 

Marabout (Lu6), s. m. — Homme laid. 

Et. — D'un mot arabe : lie a Dieu. pnMre musul- 
man ; puis, par denigrement, homme fort laid (puis, 
cafetiere a gros ventre). Littr6, 2 fl sens. 

Marachln, Maraehemin. — Lamnis velu, et 
toute autre herbe des marais. || Bceuf mara- 
chin, qui a 6te* ^leve* dans les marais (M£n.). 

— P. Maratchin. 

Naragouin (Mj. Tim.), s. m. — Baragouin> 
jargon. Syn. de Jagouin. Corr. du fr. 

Maragouinage (Mj., By.), s. m. — Action 
de baragouiner. Ex. : II en fait d'ein mara- 
gouinage ! Pour Baragouinago. 



Maragouiner (Mj., Lg., Tim.), v. a. et 
n. Baragouiner. Corr. du fr. Syn. de Rama- 
gouiner, Jargouiner, Jagronner, Jagrougncr. 

Maraion. — Vx mot an^evin. Quel sens? 
Habitant du marais? 

Hist. — 1677. Sepulture « d'un maraion qui fut 
tue par ses boeufs charretiers ». La Seguiniere. 
Jnv. Arch.,m,E,S,s.,378, 1.) 

Maras ' (Mj.), s. m. — Marais. Forme un peu 
vieillie. || Le lac du Grand-Lieu et ses envi- 
rons. N. Certains de nos mariniers font des 
voyages dans le maras. 

Maras * (Sal.). — Chat male. Syn. Marcou. 

Marauder (Lg.), v. n. — Miauler commc 
font les matous dans la saison de leurs 
amours. Syn. de Renauder. 

Et. — D6r. du 1. Mas, maris (male). Cf. Marcou, 
Marois. — N. II est probable, quoi qu'en dise 
Hatzfeld, que ce v. est le mSme que le mot fr. 
Marauder. C'est la nuit que les matous maraudent ; 
c'est aussi surtout pendant la nuit que les marau- 
deurs font leurs expeditions. Quant au nom Ma- 
raud, c'est le subst. verb. de>iv£, et non la rac. 
de ce verbe. (R. O.) 

Marbre, marbe (Mj., By.), s. m. — Bille 
a jouer. Syn. de Petit-dien, Canette. Les 
Angl. emploient dans le meme sens Marble. 



Mar6cage. Syn. 



Marcage (Mj., By.), s. m. - 
de Maricage. Cf. Marcasse. 

Marcageux (Mj., By.), adj. q. — Mar6ca- 
geux. Syn. de Maricageux. 

Hist. : 

« Vivre d'eaues de terre marcageuse, 
a Estre au gros airs quant li brouillas est fors. » 

(Desch., 350.) 

Marcasse (Sp.), s. f. — Boue, salete\ 
Et. — C'est une corr., ou plutot un doubl. du 
fr. Marecage. De ce mot derive le fr. Marcassin ; 
on sait que le sanglier aime a se vautrer dans la 
boue, ou : marcasse. Doubl. de Marcage. 

Mareassee (Mnl.), s. f. — Peche. 

N. — Sorte de pOche qui se pratique a l'aide d'un 
tr£s grand panier fix£ a un long manche et plonge 
au fond d'un etang. Les pecheurs, partant des 
bords de 1'etang, s'avancent vers ce panier en fai- 
sant le plus de bruit possible et, resserrant leur 
cercle, rabattent le poisson vers ce panier, qui est 
leve rapidement. Chose curieuse : a Saint- Aug., 
ledit panier se nomme une reste, car on y pratique 
la marcassee, bien que ce mot y soit inconnu ; et 
reciproquement au Mesnil, on ne connait pas le 
nom de reste. Der. de Marcasse, Margasse. 

Marceau, s. m. Saule. — On devrait 6crire : 
Marseau. V. Mar saule. 

Et. — Marsault ; salix caprea B. L. marsalix de: 
mas, male, et salix, saule. — Bat., id. 

Marcelot (Lg.), s. m. — Petit mercier col- 
porteur. Syn. de Contreporteur. — Dimin. irr. 
du fr. Mercier. 

Marcenaire (Mj., By.), s. m. — Mercenaire. 

Marrerlc (Mj., By.), s. f. — Mercerie. 

Marchaire (Segr.), s. f. — Chandeleur. » A 
la marchaire, le coucou est mort, il ne preche 



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12 



MARCH A IS — MARE 



plus. » (M6n.) — Voir D. C. a Marceschia, 
Marcheche, Marchesse, etc. Tous ces mots se 
rapportent a Mars ; et la Chandeleur est le 
2 fevrier. 

Marehais, s. m. — Pour : mare. Un mar- 
ehais, ou grande mare sans ecoulement. Rive 
gauche de la Loire. 

Hist. — « Marez, marehais, et autres lieux 
moulx. » (Chasse de G. PHiBUs, MS., p. 117.) 

Marehand (Mj., By.), s. m. — Ne pas en 
§tre le bon marehand, — ne pas s'en trouver 
bien. Ex. : II a voulu me faire des crasses,. 
mais il n'en a pas 6t6 le bon marehand, je te l'ai 
bais6, nume>o un. || Amateur, enthousiaste 
de. Ex. : Queun sapre marehand de noces ! || 
Habill6 comme un marehand de chansons, — 
tres mal habilte. || Parapuie de marehand de 
chansons, — tres grand parapluie qui rap- 
pelle ceux dont s'abritent, sur les foires, les 
marchands de complaintes et de ponts-neufs. 

Marchande-de poupons (Mj.), s. f. — Sage- 
femme. Syn. de Bonne-femme, Boune-femme, 
Grippe-tout-nu, M&re-lape-a-la-porte, Chasse- 
femme. 

Marehandise (By.), — Ordures. Marcher 
dans la marehandise. 

Marche (Mj., St-P., Tim.), s. f. — Pedale, 
dansun metier de tisserand. Cf. Trois-marches. 

Hist. — « Et les dents leur tressailloient comme 
font les marchettes d'un clavier d'orgues ou d'espi- 
nette. » (Rab., P., Prol., p. 112.) Ici, marchette 
signifie : touche. — « Jouans des mannequins a 
basses marches. » (Rab., P., n, 21, 170.) 

Marche (Mj., By.), s. m. — Par le marchk, 

— par dessus le marche\ 

Hist. — « Encores, par le marche, vous eussions- 
nous donne de nos raisins. » (Rab., G., i, 25, 52.) 

Marchepied (Mj.), s. m. — CofTre bas qui, 
autrefois, flanquait l'oree des liis-a-Vange, et 
servait a y monter. On y renfermait des efTets 
d'habillement. 

Marcher (Mj., By.), v. ref. — Se marcher, 
se carrer. Syn. de se Pompaner. Cf. Se Com- 
marcer ; se Leuter. \\ Marche t'en, — va t'en, 
|j Marcher sur, — aller vers, approcher de. 
Ex. : Alle marche sus ses 20 ans. 

Marchetean (Tim.), s. m. — Corde ou verge 
qui rattache les marches aux lames d'un 
metier de tisserand. Syn. de Prouillere. Dim. 
de Marche. 

Marchette (Lg.), s. f. — Ressort d'osier 
qui soutient une cage-basse et la laisse retom- 
ber des qu'un oiseau se pose dessus. — Cite" 
par Manage. 

Marcier (Mj., By.), s. m. — Mercier. 

Marcit, marcite (Mj.) — By., t muet, s. m. 

— Merci, remerciement. 

Et. — Der. du lat. Mercedem. On peut voir, 
dans le t final, le d lat., comme dans Enhuit, bien 
qu'il soit plus probable que cette lettre n'est que 
l'accentuation forte propre au patois angevin. — 
Mercedem, recompense, grace, faveur; de ce sens 
on a passe a celui du sentiment qui fait faire faveur. 



Done : Grand merci : e'est la grande faveur (que 
vous me faites) ; de la le sens de : remerciement. 

— Avait un t aux x e et xr 3 s. — Hist. : 

— « Qued avuisset de nos Christus mercit. » 

(Sainte Eulalie.) 

— « Si preiez Dieu mercit. » (Roland, 1132.) 

— « Deus ait mercit de l'anme. » {Id. t 3721.) 
Ici, Misericorde. — L. C, au mot : Mercit. 

Mareou (Mj., Lg., Sal., By.), s. m. — Matou, 
chat male. || Sp. — Fig. Mari maussade et 
jaloux. || Mj., Lg. — Amant, celui qui vit en 
concubinage. Syn. de Harnicou, Marlou. Le 
fr. Matou en est une corr. 

Et. — Probablement du lat. Masculus, male. 
Jaubert le derive du nom de S. Marculfe. Or, le 
mareou, en Berry, e'est le 7 e enfant male, d'une 
meme mere, sans fille interposee. G'est le male par 
excellence. Le mareou, ou marcout, passe pour sor- 
cier. — N. Le nom, en ce sens, est inconnu a Mj., mais 
la meme croyance existe au sujet des enfants males 
nes dans ces conditions. lis ont sous la langue une 
fleur de lys et guerissent de certains maux par leur 
seul attouchement. — Marlou est pour Maslou. 
(Litt.) — « Nos anciens faisoient des noms d'ani- 
maux des noms de saints. Ici : mareou vient de 
Marc, comme matou de Mathieu. » (Le Duchat 
sur Rab., t. Ill, p. 117.) 

Hist. — « Et de nuict n'allait point criant 

« Comme ces gros marcoux terribles 
« En longs myaulements horribles. » 
(J. DU Bell., Epitaphe d'un chat, 296.) 

Marde (Mj., Sp., By.), s. f. — Merde, 
excrement. || Interj. employee comme injure, 
ou pour exprimer le depit Cf. Miel, Fouace. 
I! Mj. — Avoir un ceil qui dit marde a l'autre, 

— loucher, surtout en dehors. 

Marde dudiable (Sp.), s. f. — Poudingue, 
aorte de pierre qu'on trouve abondamment et 
par blocs erratiques et irreguliers dans cer- 
tains champs de la region. C'est un conglo- 
merat de grains pierreux de diverses sortes, 
agglutin^s] par un ciment ferrugineux. Syn. 
de Lopin, Nouc de forge. 

Mardee (Mj.), s. f. — Plaque ou amas de 
fiente. Cf. Bous&e, Foiree. 

Mar deux (Mj., By.), adj. q. — Merdeux. || 
s. m. — Gamin, mioche. Syn. de Moutard, 
Maminot. 

Mardi (Sp., Lg.), s. m. — Qui a fait lundi 
a fait mardi ; qui a fait Tun a fait l'autre. 

Mardi- gras (Mj.), s. m. — Masques du 
Mardi-gras. || By., id. ou Carnavaux. || Per- 
sonne barbouillee et sale. Ex. : Te vela fait 
comme ein vrai Mardi-gras, Carnaval. \\ Sp. 

— Faire le mardi-gras, — avoir ses regies. Syn. 
Trahu. — V. Compagnie. \\ Sp. — Manne- 
quin que promenent les enfants le jour du 
Mardi-gras et qu'ils font bruler ensuite au 
milieu d'un carrefour. 

Mardoux, se (Mj., By.), adj. q. — Merdeux. 

Hist. — « Escoutez que diet nostre retraict aux 
fianteurs, chiart, foirart..., hordous, merdous, 
esgous. » (Rab., G., i, 13.) 

Mare (Mj., By.), s. f. a tres long. — Mare. 
|| Par mares et par bouillons. — par monts 
et par vaux. — * P.-e. corr. de Mer. 



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MARfiCHAL DES (EUVRES BLANCHES — MARIAUD 



13 



Marechal-des-oeuvres-blanches, s. m. (Bl.). 

N. — Vers 1740, un des ancStres de M. X. porte 
ce nora dans un papier de famille. — Ferblantier T 

Hist. — « Ordre de marche de la procession de 
la Fete-Dieu de la ville de La Fl£che, 1761. — Les 
huissiers. . ., les marechaux-ferrants et 4peron- 
niers, les marechaux en amvres blanches, les coute- 
liers, les serruriers. » (Anj. hist., 6* an., n° 6, p. 623.) 

Maree haux, s. f. (?) — Veronique ou mou- 
ron d'eau ; employ^ pour Fusage des bes- 
tiaux... (Men.) Bat. Veronica anagallis. || 
II me semble avoir entendu appeler de ce 
nom — Mar^chao ! des bceufs atteles a la 
charrue. A. V. — Marichau ! 

Mar6e (Mj., By.), s. f. — Pluie de peu de 
dur6e, qui survient souvent vers Theure de 
midi. || Fig. — Menu d'un repas. S'emploie 
ds I' expression : Recraitre la maree. || By., id. 
plus : Faire sa mar6e, preparer les lots de 
poisson pour la vente. 

M&r6e (Mj., By.), s. f. — Le contenu d'une 
mare, flaque cTeau. — N. Maree se dit popu- 
lairement d'un liquide r^pandu ou qui coule. 
« Le chien a piss6 une grande maree contre 
la porte. » (Litt.). 

Marie fralehe (Sal.). — Nouvelle d£sa- 
gr^able. 

Harer (Mj.), v. a. — Salir d'un d£pot de 
limon. Ex. : La crue a tout mark, le foin. || v. 
n. — Etre sali par ce d6p6t. Ex. : L'herbe a 
mart dans la baisseur. Syn. de Marcyer. || Sal. 
— Ou par des pluies r6pet6es. 

Mareyer (Mj., By.), v. n. — Pleuvoir 16ge- 
rement, bruiner fortement. Ex. : fa mar&ye 
point si mal fort. Syn. de Mouillasser. \\ Lg., 
v. a. — Troubler l'eau. Ex. : La p/eue (pieue) 
a mareye la Sevre. Syn. de Touiller. — De>. de 
Marer. 

Marganeau (Sp.), s. m. — Souillon, mari- 
torne, cendrillon. Syn. de Macaud, Marie- 
salope. Cf. Morgdgnoux. 

Margasse (Sp.), s. f. — Boue, salete\ — 
Forme adoucie de Marcasse. — Mar^cage, 
bourbe, limon, terrain boueux ou noy6 d'eau. 
Doubl. de Mar^cage. 

Margassoux (Mj., Sp.), adj. q. — Humide, 
pluvieux, mouille, boueux, mar^cageux. — 
De>. de Margasse, d. de Man&cageux. 

Margeilleur, cux (Auv.), s. m. — Hon- 
greur. Gorr. de Migeilleur. 

Margot (Mj., Lg., By.), s. f. — Dimin. du 
n. propre Marguerite. "\\ Pie, oiseau. Syn. de 
Ragace. V. Volet. 

Mar go too (Mj., By.), s. f. — Dimin. famil. 
et surtout ironiq. du pr6n. Marguerite, Mar- 
got. || Petite personne sans consequence. Gf. 
Goton. 

Margotter (Mj., By.), v. a. — Mar cotter. 
Margottnre (Mj., By.), s. f. — Marcotte. 
Et. — D6r., par un dimin., du lat. mergus, 
provin, de mergere, plonger, parce qu'on enfonce 



la marcotte en terre. (Litt.) — Nous retrouvons 
dans notre pat. le g latin. 

Margouiller (Do.), v. a. — Machonner. 

Et. — Margoulette ; terme popul. : la machoire. 
De Mar, mal, et Goulette, dimin. de Goule, gueule* 

Margouler (Z. 132), v. n. — Macher, rema- 
cher, ruminer. V. Margouiller. || Sal. — Se 
disputer a grands cris, — jouer de la margou- 
lette. || Lg., v. a. — Mordiller. Syn. de Mor- 
gdiller. V. Margoulette. 

Margoulette (Mj., By., Sal.), s. f. — Ma- 
choire. Syn. de Mdtigoine, Mdcouinette. V. 
Margouiller. 

Et. — Mar, + goule + ette - — P at « norm. 
Marjdle, double menton des pores. G. G., 341, 2. 

Hist. — « Hein ! si je te faisais cela clair comme 
le jour; n'aurais-tu pas la margoulette fermee? » 
(H. de Balzac, Cesar Biroteau, p. 10.) — Rap- 
proch. Gargoulette. 

Margnerine (Craon), s. f. — Personne dont 
le linge est difficile a detacher (se dit sp6cia- 
lement du linge que les dames tachent a cer- 
taines £poques r^gulieres et mensuelles). || 
Au fig. — Personne difficile de caractere. Syn. 
Gribiche, Griche-midi. 

Marguerite (Mj.), s. f. — Pyrethre, grande 
p&querette des bl£s. || Petite crueffere, — 
cardamine des pr£s (arabid^e), — a fleur d'un 
blanc violace, k feuilles profond^ment d6cou- 
p£es et presque composers, commune au 
prin temps dans les pres humides et au bord 
des ruisseaux. — Syn. de Caloiseau. || Reine- 
marguerite. N. Qqs-uns prononc. Margue- 
rite. 

Marguiene (Bg., By.), s. f. — Faire mar- 
guiene, me>idienne, — un somme apr^s-midi. 
V. Marienne. 

Hist. — xvir 3 s. Faire mirienne ou merienner. 
De deux mots lat. Milieu du jour. 

Marlage (Mj., Lg., Bv.), s. m. — Dot. Ex. : 
Son pere illi a donn<? ein bon mariage. \\ 
Brisque, sorte de jeu de cartes. 

Hist. — « Si l'homme noble donne a Tune de 
ses lilies plus grand ou moindre mariage qu'adve- 
nant, e'est a scavoir, plus ou moins que la valeur 
de sa legitime portion. » (Coust. a" Anj., t. II, col. 
172.) — Ce jour, 6 mars, Monsieur partit de Mont- 
soreau pour aller de Poytiers porter seze mille 
francs a M ma de Marton, sea sceur sur son ma- 
riaige. » (1643. — Inv. Arch., I, a, G., 204, 2, b.) 
|| A Segre, lorsqu'un mariage ne s'avance pas, on 
dit : On s'entr'entr'aime mieux avant de s'entr* 
entr'avoir que quand on s'entr' entr'a, — on 
s'aime mieux avant le mariage qu'apres. (M6n.) 
— « Est requis l'eage de 7 ans au sacrement de 
l'autel, XII ans a ceulx qui scavent discerner, 
aulx saincts ordres XXV ans, au sacrement de 
mariage XII et XIIII... » (1552. Inv. Arch., E, 
S, 11,252,1.) 

Mariant (Mj., By.), adj. verb. — Aise" a 
marier, dispose, apte a se marier. « A. n'est 
guere mariante. » Syn. de Mariaud. 

Marias (Mj.), s. m. — Mariage mal assorti. 

Mariaud, de (Lg.), adj. q. — Syn. de Ma- 
riant. 



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MAR f CAGE — MARIE-TAMPANE 



Marieage (Mj.), s. m. 
aussi Marcage. 



Marieage. On dit 



Maricageux (Mj.), adj. q. — Marecageux. 
On dit aussi Marcageux. 

Marichal (Mj., Sp., By.), s. m. — MarSchal- 
ferrant. Ex. : Avant de changer de marichal, 
faut payer les vieux fers. — Cf. Arichal. 

Et. — Aha. Marah, cheval, et Scale, celui qui le 
soigne. — Marescalcus. — Beaucoup d'idiomes ont 
un i. En tudesq. Mariskalk. — Esp. Marischal. 
Pat. norm., Maricha. G. G., 341, 2. — « Celtiq. 
Marc, cheval, qui nous a 6te conserve par les his- 
toriens grecs et est encore usit6 dans le pays de 
Galles : « Hippdn' to onoma istd tic Markan 
on'ta upo t6n keltdn. » (Pausanias, x, 19. — 
Eveill6.) — o En presence de nombreux t^moins 
dont a Robertus propositus, Firmatus, mariscallus, 
Gosbertus cocus. » (Inv., Arch., S. H, 255, 1, bas.) 

Marichan (Lg., By.), s. m. — ManSchal- 
ferrant Cf. Mau, Chevau, Journau. Pat. 
norm. Maricha ; G. G. 341, 2 || Nom de bceuf. 
V. Marbchaux. 

Marl* (Lg.), part. pas. — On dit de deux 
arbres voisins, qu'ils sont maries, lorsque 
leurs racines sont entrelacees de telle sorte 
qu'il est impossible de jeter bas Tun d'eux 
sans abattre l'autre en meme temps. 

N. — Selon l'usage du pays, un arbre marie 
appartient de droit a Tacheteur de l'arbre avec 
lequel il est tombe\ 

Marie- Cdnicre (Mj.), s. f. 

N. — Sous ce nom, on designait, vers 1850, les 
bateaux dragueurs, dits aussi Maries-salopes. 
L'une et l'autre denomination, dont la derniere 
6tait encore fort en usage dans ma jeunesse, seront 
bientot egalement oubltfes. — Tout paralt 
indiquer que Marie Coniere 6tait qq. vieille fille 
ridicule, qui a eu la chance de 16guer son nom a la 
posterit6. 

Marine (Mj., By.), s. f. — Treuii vertical 
dont on se servait pour coucher les anciens 
pressoirs a casse-cou. || Tourner la marite. V. 
a l'Historique. || Pell., Libellule, demoiselle. 
Syn. de Monsieur. |j Latus corniculatusi V. 
Pied de pigeon. || Lg. — Nom sous lequel un 
mari dSsigne souvent sa femme. Ex. : Je sais 
pas ce que la mariee va dire a ca. Syn. de 
Capitaine, Bourgeoise. || Hie, pilon de paveur. 
Le mot est joli (Probablement parce que cet 
outil est muni de deux anses, ressemblant a 
deux bras qui servent a le soulever, le 
paveur le faisant danser comme le marie 
fait danser la marine.) || Voiture nocturne, ser- 
vice de vidanges. Ironiquement, a cause de 
l'odeur, sans doute, qui ne rappelle pas celle 
de l'oranger. || Une assiette fendue en deux 
est une assiette bien mariee. V. Marier. \\ 
Ce nom se donne encore aux femmes pieuses 
et veuves. (M£n.) 

Hist. — «... Haut et droit tout le jour parmi 
les vignerons courbSs, et, le soir, assis au milieu 
des ouvriers qui a tournaient la mariee », grise" 
par les effluves du mout. » (R. Bazin, La Sarcelle 
blcue, p. 92.) 

Marie- les. On joue sur le nom de certains 
noms de lieux : 



« Si tu as des £cus, montre-les. » (Montrelais.) 
« Si tu as des belles filles, marie-les. » (Marillais.) 

Marie- Lise (Mj.), s. f. — Amaryllis, plante 
bulbeuse d'ornement. Cf. Caroline, Vic- 
tor, etc. 

Marienne (Mj., Do., Lg.). Partout., s. f. — 
M6ridienne ; le temps qui suit le repas du 
midi, et pendant lequel on fait la sieste. Syn. 
de Mariennee, Merinee, Berinee, Marguiene. 
Pat. norm. Me>ian-ne. G. G. 345, 1. — Corr. 
de Me>idienne, milieu du jour. By. Prononc. 
Moe>ienne. L'esp. a Merienda r- collation. 

Hist. — « Mais les bonnes gens font me>ienne, ou 
bien ils saluent de loin, sans sortir de l'ombre. » 
(R. Bazin, La Terre qui meurt, p. 71.) « Entre 
ces afaires, li reis David a un jour levad apres 
merienne ; si se alout esbaniant en un sober et vit 
une dame qui se baignout. » (2 e Lure des Rois, xi 
2, p. 154. — EvEiLLfc) 

Mariennee (Mj., By., Sal.), s. f. — Sieste. 
Les premieres heures de l'apr6s-midi ; le 
temps ou Ton fait la me>idienne. Syn. de 
Marienne, Mkrinhe, Berinke, Mariennette. \\ 
Vibrations de l'air 6chauffe, par la reverbe- 
ration du sol, que Ton observe pendant la 
mariennce. Ex. : Vela la mariennee qui danse. 

Marienner (Lg.), v. n. — Somnoler. Se dit 
surtout des moutons, lorsque, accabl6s par 
la chaleur ou la fatigue, ils se r6unissent en 
groupe compact pour dormir debout en s'ap- 
puyant les uns contre les autres. 

Mariennnette (Lg.) s. f. — Sieste, meri- 
dienne. || Vibrations de Fair ^chaufTe au 
contact du sol pendant les grandes chaleurs. 
Ex. : La mariennette danse. Syn. de Marienne, 
Mariennee. N. A rapprocher de Marionnette. 

Marie-quatre-emballes, s, f. — Femme qui 
fait ses embarras. V. Emballe. 

Marier (Sp., Mj.), v. a. — Fig. Briser, casser. 
Ex. : Laisse done cete" verre-la ; tu es sure de 
le marier, il va mourir en chantant. — Alle a 
marik eine assiette. N. II y a la une allusion 
6vidente au mariage a la cruche cass£e des 
bohSmiens. Tout le monde a lu le r^cit des 
£pousailles de Gringoire et de la Esmeralda. || 
Sp., v. ref. — Se marier, surtout dans le sens 
de coiter, par oppos. a Epouser. Ex. : Ils se 
sont mar its, mais ils n'ont point Spouse. || 
Lx. — Se faire marier, — se marier. || Marier 
ine fus£e (Lg.), — entrecroiser les tours de fil 
a la surface d'une fus£e lorsqu'elle est termi- 
ng, pour Tempe'cher de s'ebouiller. 

Marie salope (Mj., By.), s. f. — Femme 
malpropre, souillon. Syn. de Marganeau. || 
Fig. — Bateau dragueur, drague a 1 vapeur. 
— Syn. de Marie-Coni&re. V. Suceuse. 

Marie tampane (Mj.), s. f. — Souillon, cen- 
drillon. 

N. — Interpellation que Ton adresse aux petites 
filles et qui implique qq. d6dain ou une improba- 
tion mode>£e. — Ce mot n'a pas de sens bien pre- 
cis ; il s'adresse comme un reproche peu grave, 
comme . une interpellat. demi-grondeuse, demi- 
affectueuse, a une jeune fille, a une petite per- 



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MARIE-TROIS-CHAUSSES — MARMIT^E 



15 



sonne sans consequence, qui s'est montree mala- 
droite ou negligente dans les travaux du menage. 
II me paraft correspondre au fr. Souillon, ou Cen- 
drillon. — V. Tampanage. Cf. Colin- Tampon. 

Marle-trois-ehausses (Mj.), s. f. — Souillon. 
|| Jeune fille sans consequence, pe>onelle. 

Marlette (Mj., By.), s. f. — Dimin. famil. 
du pr6n. Marie. Syn. de Manette. 

Marine (Mj., By.), s. f. — Batellerie. Ex. : 
N'y a point sus toute la Loire eine pus forte 
marine qu'a Mont jean. 

Maringote (Tc, By.), s. f. — Grande voi- 
ture a fourrages. 

ilarlniasses (Mj.), s. m. pi. — Nom que 
les paysans donnent par derision aux ma- 
riniers. V. Castaud, Chasse-pies, Ovbriau, 
Pyriers, Ddbre. 

N. — II y eut, autrefois, tout le long des rives et 
des iles dela Loire, une profonde antipathie entre 
cultivateurs et mariniers. Ces derniers, qui se consi- 
deraient comme une race superieure, grossiers, 
d'ailleurs, et pillards, estimaient que le paysan 
n'etait bon qu'a etre engueule et pille sans merci. 
De la maintes prises de bee et, parfois, des prises de 
corps. — II faut dire que, depuis trente ans, la gent 
mariniere s'est beaucoup civilisee, et elle en avait 
besoin. 

Mariole (Lg.), s. m. — Individu qui fait 
le malin, qui s'en fait accroire, qui prend des 
airs avanlageux, important^, qui se pousse 
du col. Ex. : II veut faire son mariole ! — 
Cf. le pat. norm. Marjole, double menton 
des pores. G. G. 341, 2. Ceci nous ramene a 
Margoulette. 

Marion. — Le jeu ou la pastorale de Robin 
et de Marion, par Adam de la Halle 
(xn e s.), fut en faveur au moyen age et dans 
notre ville d' Angers. 

Hist. — « Jehan le Begue et cinq ou six autres 
escoliers ses compaignons, s'en alerent jouer par la 
ville d'Angiers desguisiez a ,un jeu que Ten dit 
Robin et Marion, ainsi qu'il est accoustume jde faire 
chascun an les foiriez de Penthecouste en laditte 
ville d'Angiers par les gens du pays, tant par les 
escoliers et Ills de bourgeois comme autres... » 
(J. /., 142, p. 309, an. 1392. — L. C.) 

Marionner (Spg), v. n. — Avoir des rap- 
ports, legitimes, avec son mari : « Ou courez- 
vous done si vite, m&re Jeanne ? — Ah ! 
nout' malt', j'allons qu'ri la sage-femme, 
nout' fille va avoir un qu^niau. Alle a ma- 
rionne, et ben stir que e'est pour anuit 
qu'e* va-t-avoir son qu^niau. » 

Marionnette (Tlra.), s. f. — Petite piece 
de bois, sorte d'ardillon, ou de dezillon, place* 
au milieu de chacun des cordillons qui sou- 
tiennent les y tires ou pennons du metier 
de tisserand, et qui servent a tendre ces cor- 
dillons. || Mj., By. — Faire les marionnettes, 
— faire tourner ses poings Tun autour de 
Tautre. Jeu des tout petits. || Ou encore, 
6tant donne* une serviette, un mouchoir, 
a deux coins desquels on fait un noeud 
imitant une t£te, on les agite en maniere 
de danse, et Ton chante : 



« Voila comme ell' font, font, font, 

« Les petites marionnettes ; 

a Comme ell' font, font, font, 

« Quatre tours et puis s'en vont. » 
Et. — Pour Mariolette, dimin. de Mariole, nom 
qu'on donnait anciennement a de petites figures 
de la Vierge Marie. II y avait des fagots qu'au 
xvr s. on nommait mariolets, sans doute par 
compar. a une mariole ou poupee. A ces fagots 
mariolets, compar. les fagots margotins (p. -6. de 
marcotfe). Littre. — V. Mariennette. 

Marjaud (Tim.), s. m. — Sorte de jeu de 
cartes assez analogue a la brisque ou au 
besigue, qui se joue avec trois jeux de 32 
cartes. || Le valet d'atout a ce jeu ; il fait les 
mariages avec toutes les dames. — De 
marier ? P. e\ doublet de Mariole. 

Marjole (Segr.), — Trempe\ Le linge est 
marjole\ || Se dit des pommes tribes et conser- 
ves sur la paille (Men.). 

Marjolet, s. m. — Valet de trefle. || Lg. — 
Nom de bceuf. — Joli. V. Mariole. V. Hatze, 
qui donne le sens : freluquet. 

Marjon. — « R6colte faite a la main dans 
un arbre , destine* a l'approvisionnement des 
pommes r6colt£es dans Tante ou l'ente 
(Men.). — Pour Merjoux. 

Marlaud (Sp.), s. m. — Petit merle. Syn. 
de Merlaud y Marloquias. 

Marlette (Sp., By.), s. f. — Femelle du 
merle. Pour : merlette, que le fr. a employe* 
com. terme de blason, et qui est le dimin. 
fe*m. du fr. Merle. 

Marloquias (Lg., Tim.), s. m. — Petit 
merle. Ne s'emploie guere que dans le 
prov. : 

« Paques tant haut, tant bas, 
« Y a toujours des petits marloquias. » 
De>. un peu fantaisiste de Marlaud. 

Marlou (Mj., Sp., Lg., By.), s. m. — Mari 
jaloux. || Amant, celui qui vit en concubi- 
nage avec une femme. Syn. de Harnicou, 
Marcdu, Mathurin. Doublet du 2 C . — Cf. 
Jaub. i Marloup. 

Et. — « Parait etre une corr. du vx fr. Arlot, 
qu'on retrouve modifie par la prosthese de l'h, 
dans le vieil angl. Harlot, et qui servait a designer 
un d^bauche, un homme vivant avec les prosti- 
tuees : a Icellui Pierre appelast le suppliant arlot, 
tacain, bourc, qui vaut a dire... garcon, tenant, 
bastard. » (1411. — Moisy.) — N. Garcon avait 
alors un sens equivalent au sens actuel de Garce. 

Marmite (Mj., By.), s. f. — Avoir la clef 
de la marmite, s'Stre fait au visage une tache 
noire, en maniant la marmite ou qq. ustensile 
du foyer. A Sp., on dit dans le meme sens : 
Avoir la clef du four. || Sp. ., By. — Cest 
la marmite qui reproche a la pogle qu'alle a 
le cul noir, — prov. qui exprime qu'une 
personne fait a une autre des reproches 
qu'elle m^rite elle-meme. || Sp., Fig. Forbir 
la marmite, — faire le repas de fiancailles. 
V. Forbir. 

Marmitee (Mj., By.), s. f. — Le contenu 



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MARMOINER — MAR-PALUS 



d'une marmite. Ex. : J'ai fait cuire eine 
marmitee de patades pour le gorin. || By. 
Marmitee de pataches. 

Marmolner, Marmonner (Sp.), v. n. — 
Marmotter. || Grommeler entre les dents. 

Et. — Celtiq. Marm, etre bouillonnant. D'ou 
nous avons : Marmite, vase servant a faire bouillir ; 
Marmoter, £gal a Barboter, au sens 6tendu de : 
parler d'une manidre confuse. On dit aussi : Mar- 
moner. (Malvezin.) — Hist. « Marmonnant de la 
langue : Mon ! mon ! mon ! comme un marmot. » 
(Rab., P., iv, 15.) 

Marmotte (Mj., By.), s. f. — Petit vase de 
terre servant de chaufTerette. Couvet. V. 
LittrS. II Marine. Baril portatif renfer- 
mant une meche aui brule lentement et 
permet d'avoir du Feu a toute heure. Syn. 
Gamotte, Gueux, Seille a feu. Cf. Segret. 

Hist. — « Alors la pastourelle, le fouet dans une 
main, la marmotte dans l'autre... » En note : 
Sorte de chaufferette de terre. {La Trad., p. 260, 
1. 8, 9.) 

Marmouner (Lg.), v. n. — Marmonner, 
grommeler. Syn. Maugreger. 

Marmons (Mj.), s. m. — V. Marmouset, 
Riellon. Bret. Marmous, singe. 

Marmouserie, s. f. — Melancolie, autrefois 
(MfiN.). Syn. Merancolie. 

Et. — Marmouser, parler entre les dents. P.-d. 
de Mar -\- Muser ; ou du lat. Mussare, marmotter. 
(Litt.) — De Mar -f- mouse, triste mine. (Jaub.) — 
Hist, o Francois Acreman s'en retourna a l'hostel et 
fit a ses varlets mettre jus ses armeures ; et entra 
en* une marmouserie telle ; que. . . il alloit tout seul, 
parmi la ville de Gand, ou... il menoit un seul 
varlet, ou un seul enfant en sa compaignie. » 
(Fboissart, in, 123.) 

Marmouset (Mj., By.), s. m. — Marmot, 

§amin. Syn. de Clampin, Moutard. || TSte 
e courbe *situ6e a l'avant du bateau, de part 
et d'autre de l'etrave, autour du collet de 
laquelle on enroule les amarres. On dit aussi 
Marmous. 

Et. — A Paris, la rue des Marmousets s'appelait 
dans les titres latins : Vicus marmoretorum, a 
cause de petites figures en marbre qui s'y trou- 
vaient. Marmouset vient done de Marmoretum, 
de Marmor, marbre, marmoret, et suivant la pro- 
nonc. des Parisiens, qui changent l'r en z, mar- 
mozet, marmouset. » (Litt.) — Duo marmoreti 
lapidei. — Grotesques petites figures en marbre 
qui ornent les fontaines et par lesquelles Teau sort 
(Schel.) 

Marmousin (Ag., By., Sal.), s. m. — Mar- 
mot. Syn. de Moutard, Maminot. 

Marmofit (By.). — V. Marmous, Marmou- 
set, et, F. Lore, n, Bateaux. 

Marne (Mj.), s. f. — Cordequimaintientl'un 
des bouts de la vergue. Les deux marnes 
servent a donner a la vergue une inclinaison 
variable sur l'axe longitudinal du bateau, de 
maniere a prendre le vent lorsqu'il souffle de 
c6te\ Lat. Margina? || Tenir la marne au 
vent, — tenir la maison, dinger la barque. 
Ex. : N'y a pus que lui pour tenir la marne 
au vent. Syn. de Faire le solide. 



Marochln (Lg.), adj. q. et s. — Originaire 
du Marais (Vendue) ; maralchin. Se dit sur- 
tout des bceufs et des vaches. 

N. — Ce mot est peu employe" aujourd'hui, 

f>arce que les cultivateurs, apres avoir delaisse* 
a race locale, pour les marochins, puis pour les 
auvergnats (race de Salers) et pour les cotentins, 
s'en tiennent presque exclusivement aujourd'hui 
a la race mancelle. 

M&roIIlee (Lg.), s. f. — Le contenu d'une 
mare. Syn. de Marie. Cf. Marouillage. 

Marois (Sp.), s. m. — Chaleur, desir v6n6- 
rien chez une femelle. Ex. : Eine chatte en 
marois. Syn. de Feu, Saison, Lice, Ravaud, 
Trutru. Cf. Mare, Jaub. 

Et. — Du lat. Mas, maris, male. 

ilarote (Lg.), s. f. — Maroute, plante de la 
famille des composers, a odeur desagreable. 
Syn. de Amarote. Doubl. du mot fr. — V. 
Maroute. Bat. Anthemis cotula. 

Marotte (Lg., Mj.), s. f. — Gourdin ; ren- 
flement noueux a la partie infe>ieure d'un 
baton de voyage. || Renflement de la racine 
d'un vegetal. Ex. : Le pain au lievre a ine 
grousse marotte au pied, — il a une racine 
tubereuse. Syn. et p.-§. d. de Masserotte. 

N. — Un fermier ne partait pas jadis a la foire 
sans se munir de son baton a marotte, solidement 
courgeonni, dont il passait le courgeon autour de 
son poignet, et dam ! souvent les marottes entraient 
en clanse sur les champs de foire ou dans les au- 
berges. — C'est le Pen-bas des Bretons. 

Mftrotter (Tim.), v. n. — Jouer a la brisque 
a trois. Ex. : J'allons jouer a mdrotter. \\ Jouer 
certains jeux de cartes dans lesquels le joueur 
designe lui-m§me Tatout en surench^rissant 
sur ses adversaires. — P.-e. de Marotte, pris 
ausens de : passion. 

Marouillage (Segr.), s. f. — Eau repandue 
par maladresse. De : mare ; un pr6 numide 
est dans le marouillage. Un enfant qui urine 
dans la place fait du marouillage, de la ma- 
rouilUe (MfcN.) Cf. Mdroillee. 

Maronillee. — V. Marouillage. 

Maroute, Marronte (Mj.), s. f. — Plante de 
la famille des composers, ressemblant beau- 
coup a la camomille romaine, mais plus 
grande et dou6e d'une odeur desagreable. Syn. 
et d. de Amarote. C'est, je crois, la camomille 
f£tide. — Lat. Maruta. || Fu. — Camomille 
sauvage a forte odeur. Le «coreuxd'aboueilles » 
s'en sert pour chasser de la ruche les abeilles 
aui ne veulent pas sortir des breches. || Gour- 
ain, matraque. C'est le fr. Marotte, proba- 
blement dans son sens primitif. — N. Ce mot 
se trouve dans le Diction, des Sciences de 
P. D. et F. Batabd, Anthemis cotula. 

M&royer (Tim.), ma-ro-yer, v. a. — Brouil- 
ler un liquide, le rendre trouble. Meme rac. 
que le montj. Marer. Cf. Maroillee, Mareyer. 

Mar- Pains (Tim.), s. m. — Fondriere assez 
etendue que forme au N. W. de Tim. le 
petit ruisseau, affluent du Trezon, qui separe 



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MARPALVE — MARTEAU 



17 



cette commune de celle de Mazieres. Une 
ferme de cette derniere commune, voisine de 
ce point, en porte le nom. 

Et. — De Mar, pref. pejor. et lat. Pains, ma- 
recage. 

Marpalve, n. pr. — Abreviation supposed 
de Mars, Pallas et Vesta. Un Angevin donne 
ce nom aux habitants de Chalonnes, ou Ton 
adorait Mars, Pallas et Vesta, tout par Gaus- 
serie, selon Bbuneau de Tartifume ; tandis 
que : marpaille, a Amiens, veut dire : canaille 
(Men.) Cf. Marpeau. 

Marpeau (St.-A.), s. m. — Nom que les 
indigenes des pays au nord de la Loire 
donnent a ceux qui sont nes ou qui habitent 
au midi de ce fleuve. Cest le pendant et la 
r^plique au terme Galarnois. 

Et. — Pourrait bien venir de Mar. — Tres pro- 
bablement pour Marpeau (cf. Beaupreau), c.-a.-d. 
habitant du pays, ou pe de mar. — Toutefois cf. 
Jaub a Marpaud. — L. G. le donne comme es- 
thete d'un mot obcene. (Rab., in, 155.) — Cest 
encore un terme qui equivaut a toutes sortes d'in- 
jures : « Un lourdaut sale vilain, vicieux et laid 
marpaut, qui n'a jamais hant6 que les estables. » 
{Nuits de Strap., n, 277.) — Lourd, pataud, 
pes ant, vaurien. « Grand marpaud ! » (Jaub.) 

Marque (Mj., By.), s. m. — Fer a marquer 
au rouge. Syn. Merc, Mir. || Tim., s. f. — Jeu 
de boules. V. au Folk-Lore. J| Etre hors de 
marque, n'avoir plus qu'un point a faire pour 
gagner la manche ou la partie. || Se dit aussi 
d'une femme qui a d6pass6 Page critique, 
d'un homme qui ne compte plus pour rien. 

Hist. — « Pour avoir fait un mere a merchez 
bouesseau, e'est assavoir une fleur de lis enlevee 
a coups de lime. » (1454. — Inv. Arch. H. suppl., 
53, 2.) 

Marque (Mj., By.), part. pas. — Papier 
marque, — p. timbrel || En pari, de la vigne : 
Bien marquk, qui a beaucoup de boutons a 
fruity beaucoup de lames. 

Hist. — « Cette annee a H6 une annee de brime 
et le peu de ceps qui etaient restes assez bien 
marquis d'abord, mais les lames tombirent. » 
(Inv. Arch., S., s. E. n, 198, 2.) — « On ne cesseroit 
pas d'envoyer du papier marque" pour y enregistrer 
les baptemes, manages et sepultures. » (1718. 
M, S. E., in, 216, 2. h.) 

Marque- mal (Mj., By.), s. m. — Homme 
de mauvaise mine. S'emploie comme injure. 
Ex. : Que que tu as a dire, grand vilain 
marque mal? 

Marquer (Mj., Lg., By.), v. a. || v. n. — 
Representee avoir bonne ou mauvaise appa- 
rency Ex. : Qui est celui-la? II marque tou- 
jours ben mal. || Informer, mander par 6crit, 
par lettre. Ex. : Mon gars a 6crit hier ; il nous 
marque qu'il est en bonne sante, qu'il va s'en 
venir bentout. ]| Avoir certaines dents qui 
indiquent Page. Ex. : Alle est vieille, cet£ 
vache-la, a ne marque pus. 

Hist. — « Je vous ai marque", par ma derniere 
du 16 courant. » (L. B., 83, bas.) — « Elles firent 
repandre des pamphlets ou Ton marquait que le 
Pape et les cardinaux... avaient repondu... » 
(Dkniau. H w de la Vendee, 1, 140.) 



Marquis (Tim.), s. m. — Nom que Von 
donne ironiquement aux bourreliers. 

Marquols, s. m. — Ramberge ou Mercu- 
riale (M£x.) Bat. Mercurialis annua. Encore 
Foirole, Vignette. 

Marraine (Mj., By., Sal.), s. f. — Femmo, 
par oppos. a Homme. Ex. : Les marralnes, ca 
goule toujours, sans savoir ce que ca dit. — 
Meme observat. que pour Par rain. |j Jeune 
fille grande et forte, de 20 a 25 ans. — Ex. : 
II a pass6 la eine grande discre marraine, je 
sais toujours ben pas qui est ca. 

N. — Ce mot s'emploie aussi au Lg. avec le 
meme sens ; mais, chose curieuse, on ne dit pas 
Parrain au sens d'homme. || Sal. Nos marraines, — 
les femmes de la ferme. 

Hist. — « Autant je me trouve gene dans ces 
salons du beau monde ou Ton etouffe, autant je me 
sens a l'aise en compagnie de nos rudes j?a.s bien 
decouples du Bocage et de leurs modestes mar- 
raines. (H. Bourgeois, //"" de la Grande Guerre, 
p. 191.) 

Marrainier (Z. 144), s. m. — Homme qui 
aime le sexe, les belles marraines. Syn. de 
Fumellier, Vessier, Saillant. 

Marron, s. m. (Sp.). — Manger des marrons, 
— etre vex6, maugreer, 6prouver du d6pit. V. 
Perdrix et Revenu. 

Marronnant (Mj., By.), adj. q. — Regret- 
table, ennuyeux, facbeux. » Cest ben marron- 
nant que tu peuves pas venir. » || Ennuyeuse. 
Cette histoire est marronnante (Segr.). " 

Marronner (Mj., By., Sal.), v. n. — Bis- 
quer, etre ennuy6 de qqch., d'un contre- 
temps, etc. V. Marron. Cf. Pardrix. 

Marroton (Mj.), s. m, — Oiseau plongeur, 
a pieds noirs palmed, un peu plus gros que la 
sarcelle. II est tres vif, tres defiant et tres 
difficile a tirer. 

Mars. — V. au F.-Lore, m. Prononciation : 
mar. 

Marsaule (Mj.), s. m. — Sorte d'arbrisseau, 
qui n'est pas le saule marsault. 

N. — Commun dans les haies de Mj., et que je 
n'ai vu, ou du moins remarque que la. Hauteur, 
2 metres ; rameaux opposes ; feuilles ovales, 
pi issues, blanchatres en dessous ; fleurs blanches 
en corymbes, assez semblables a celles du sureau ; 
fruits rouge-corail, noircissant plus tard. — V. 
Marceau. Bat. Salix capraea. N. Ce n'est pas un 
saule. 

Marsif, adj. q. — Massif. Cf. Malsif. 

Marsoleaux. — « Des linottes, sorte d'oi- 
seaux qui ont la gorge rouge. On les appelle 
ainsi en Anjou. » (Borel.) 

Mars-violette (Mj.), s. f. — Espece ancienne 
de prune. 

Marte (Lg.), s. f. — CStoine, insecte coteop- 
tere qui vit sur les roses. Ex. : J'ai pech^ ine 
marte dor^e. 

Marteau (Sp.). — Fig. Fruit de la gogane 
ou clocane. Bat, Fritillaria meleagi'is. Damier f 

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Martin — mater 



coccigrolle. || St-P. — Fleurs de la centaur6e 
jac£e, par ext., la plante elle-me'me. Syn. de 
Dureau. 

N. — Les fruits de la gogane et les fleurs de la 
centaur£e sont ainsi nommte parce qu'ils forment 
des renflements assez gros au bout de longs p6- 
doncules. 

!! Nom vulg. du faux narcisse des pr6s. 
(M£n.). || Pois en marteau, — haricots nou- 
vellement lev&s. Ainsi nomm£s parce que les 
cotyledons et la tige rappellent la forme d'un 
marteau. (Long.) || Saint-Crespin. — Marteaux 
au plur. — Primev£re. Syn. de Cocou, Chausse 
aux cocus. 

N. — Superstition. V. au Folk-Lore, in. 

Martin (St) le Bel. — Exemple de corrup- 
tion de mots. 

« (Thierry) eut belle victoire en une journee 
qu'il gagna contre eulx a Saint-Martin dela Ba- 
taille prez Tours, que mairitenant (pour ce qu'on 
l'appelloit sanctus Martinus de Bello) Ion appelle 
par langaige corrompu Saint -Martin le Bel. d (J. de 
Bourd. — Chron, 351.) 

Marube, s. m. — Marube noir ; vulg. Bal- 
lota fcetida (M£n.). 

Hist. — « Marrubre . S'il ne peut pisser, prenez 
des feuilles de poiriaus et de marrubre blanc. » 
(Chasse de G. Ph^bus, p. 110.) L. C. — Bat. 
Marrube. 

ilarveille (Mj., By.), s. f. — Merveille. Gf. 
Afar, Far, et l'esp. Maravilla, l'angl. Mar- 
vel, m§me sens. || Pet de nonne. — Geneve, 
rubans de pate cuits dans du beurre. 

Marvelllenx (Mj., By.), adj. q. — Merveil- 
leux 

Marztler (Mj.), v. a. — Dess6cher et fen- 
diller — la peau d'un fruit, comme fait un 
soleil trop ardent. Ex. : Vela eine belle poire, 
mais le soul6 l'a toute marzelee. — P.-e\ du 
lat. Marcere, marcessere, avec un suff. dimi- 
nutif? 

Marzelie (Mj.), s. f. — Margelle. Syn. de 
Dome. Cf. Mardelle, dans Jaub. (Li,). 

Mascouvade (Mj.), s. f. — Moscouade ; 
cassonade. Vieilli. V. Mascovade. 

Maseovade (Mj.), s. f. — Moscouade. A 
vieilli. Syn. de Merline. Doubl. du mot fr. 
C'est l'esp Mascobada, meme sens. — V. 
Mascouvade. 

Masque (Mj.), s. m. — Fig. M£chant gamin, 
polisson. Syn. de Laid. 

Masquer (Sp., Mj.), v. a. — Fig. Deftgurer, 
blesser au visage. 

Et. — B. L. Mascha, sorciere, et, par deriv., 
faux visage qui fait peur. a Mascha, simulacrum 
quod terret, quod vulgo dicitur mascarel, quod 
opponitur faciei ad terrendos parvos. » (Ugutio, 
cite" par D. C.) 

Masse (Mj.), s. f. — Masse de four, — bloc 
de maconnerie qui renferme un four. || Masse 
de moulin, — tour d'un moulin. || En masse, 
en grande quantity, beaucoup. Ex. : J'allons 
avoir du vin en masse. || Pas des masses ! guere. 



£a ne va pas des masses, — $a ne va guere, 
je ne me porte pas trop bien. Gf. Flottes. 

Hist. — « De sun aveir me volet duner grant 
masse. »Rol., 182. 

Masseron, s. m. (Mj.). — Petite lame au 
dos d'une serpe de vigneron. 

Masserote (Lg.), s. f. — Tubercule. Ex. : 
Les abernotes ont des masserotes au pied. 
Syn. de Marotte. Dim. de Masse. \\ Lg. A 
masserote, loc. adv., en masse, en quantity. 
V. Abernotes au F. Lore, in. 

Massette (Lg.), s. f. — Marteau a tetes 
carries et a manche tres court, dont les tail- 
leurs de granit se servent pour frapper sur 
leur poincon ou leur ciseau. 

Massibrer (Mj.), v. a. — Enduire grossie- 
rement, engluer. Ex. : II a le nez tout massibre 
de morve. Jaub. donne Mazibler. 

Massicre (Mj., Sal.), s. f. — Barge de bois 
a bruier, tas de fagots. Syn. de Fagotier, 
Moueche, Moiche, Moche, Barge. — De Masse. 

Mastoc (Sal., By.), s. m. — Homme qui a 
Tespritlourdet^pais. || (Mj.), adj.q. — Lourd, 
grossier. Se dit des choses et des gens. 

Et. — Litt . le de>. de l'all. Mastochs, bceuf 
engraisse" ; de Mast, nourriture d'engrais, et 
Ocns, boeuf. 

Mastroquet (Partout), s. m. — Cabaretier 
de bas 6tage. Syn. de Bistro, Mannezingite. — 
Argot. 

Et. — Pourrait venir du vx fr. Maistre, au sens 
de patron, avec le sufT. pejor. oquet ? 

Masureau (Lg.), s. m. — Espace qu'on 
laisse inculte dans un champ, parce que la 
couche de terre arable est nulle ou trop mince. 
Syn. de Bureau, Biarrage. V. Note a Bureau. 

Matador (Sp.), s. m. — Sorte de jeu de 
cartes fort en honneur dans la region. |)» Les 
cartes supe>ieures, roi, dame, valet et as, au 
jeu de matador. Ex. : J'avais les quatre mata- 
dors d'eine force dans mon jeut. 

Et. — Esp. — Du lat. mactatorem, de mactare, 
tuer . (Implique une idee de superiority.) Litt. 

Mataud (Mj.), s. m. — Dimin. famil. ou 
ironiq. du preriom Mathurin. Syn. de Mathe- 
lin. 

Mate (Matre) (Mj., Lg.), adj. q. — Ftetri, a 
demi dess6ch6, flasque. Mauvaise prononc. 
de Matre. Cf. Malte, dans Jaub., et le fr. 
Moite. 

Hist. : 
« UnR jour Gylo^ alloit dessus les chaimis 
« Par un grand chault, si chaud et plein d'encom- 

[brement 
« Que les oyseauls en desusoient leurs chantz 
« Et tout gregail en e*tait mat et sombre. » 

Et. Shah mat, corr. : echecet mat. Mat, sombre, 
semble tir6 de mat qui, du jeu d'£checs a passe 
dans la langue commune aux sens successifs de : 
« vaincu, abattu »et a donne naissance an verbc 
matir, de bonne heure applique" aux fleurs avec le 
sens de fltiri. 

Mater (se) (Ti.), Z. 159. — Monter, s^lever, 



A 



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MATER — MAU 



19 



se dresser. Ex. : La f amble se mdtait jusqu'a- 
mont le devantiau de la chemin^e. || (Z. 150, 
Ti r , By.), v. r6f. — Se regimber, c.-a-d. se 
dresser comme un m&t ; se rebilTer. Syn. de 
se Rebigrer, se Remincher, se Rebiguer, se 
Recop&rer, Requetter, Renuter. 

Mater (Mj., Lg., By.), v. a. — Rendre 
flasques, en les d^sorganisant, les feuilles des 
plantes. || Rendre mou et languissant, — une 
personne, un animal. — Se dit de la chaleur et 
surtout du froid. 

N. Quoique l'a soit tres bref dans ce mot, il tient 
cependant a Mate, M&tre, cu l'a est tres long. 

Hist. « Le temps matte toutes chcses. » Rab. 
m, 152. «= « Plane matus sum, vinum mihi in 
cerebrum abiit (PAtronb). Mater, matir, rendre 
triste (D r A. Bos). 

Materon (Mj.), s. m. — Bourbillon, amas 
de pus 6paissi. — De>. du fr. Matiere. L'angl. 
a : Matter, pus ; Mattery, purulent. || Conglo- 
me>at. Ex. : Y a des materons dans cet6 laine- 
la, tache de la charpir comme-t-il faut. || 
Grumeau, — dans la farine, dans la p&te. 

Mateiir, matzi (Lg., Sp.), v. n. — Se ftetrir, 
se faner. — Corr. de Mdtrir, M&tir. 

Mathau (Fu., Z. 196), s. m. — V. Mataud. 

Matheiin (Lg.), s. m. — Mathurin, nom 
d'homme, syn. de Mataud. 

N. Saint Mathurin guenssait de la folie et non 
de l'ivresse, com. l'avance LittbS sous Matelineur. 

Mathleu sale (Mj., Lg., By.), s. m. — Ma- 
thusalem. Se dit couramment, par plaisan- 
terie : « Vieux comme Mathieu-sali. — Pat. 
norm. Mathias-sale\ 

Hist. — « Autant com Mathsales 

« Pas ne vauroie estre ves. » 
(Je ne voudrais Stre vieux. — xm« s. L. C.) 

Mathurin (Sp.), s. m. — Mari maussade et 
jaloux. || Amant, adultere. Syn. de Jtfarcou, 
Marlou, Harnicou. 

Matlgoine (Mj.), s. f. — Machoire. Syn. de 
Mdcouinette, Margoulette. 

Et. — Pour Maticoine, der. assez regul. du lat. 
Masticare. C'est cette forme inusitee, Maticoine, 
qui, par contract, des deux premieres syllabes 
et ad dit. du suff. ette, a donn6 le dimin. Mdcoui- 
nette. En outre, c'est par corr. de notre mot Mdti- 
goine que s'est form6 le mot Badigoinces, que j'ai 
certainement vu employer qq. part, bien qu'il 
n'appartienne pas, je crois, a notre patois.(R. O.) 

Matin (Mj.), s. m. — (V. Citation a Heure.) 
|| A matin, — ce matin. Ex. : Illy a eine 
belle gel6e a matin. — Une femme, a une 
laitiere, en lui reversant son lait (dans lequel 
elle a tremp6 Pindex) : C'est point du lait d'a 
matin, ca ! || Sp. — Du matin, — de grand 
matin. Ex. : Demain va falloir se lever du 
matin. \\ Un de ces quatre matins, un de ces 
jours, sans pr6ciser. I| By., id. 

Hist. — G.-C. Bucher, 102, 141. 

« Ce que hier au soir erreur mist en obly 

• A ce matin Amour la souvenu. > 
— « Mais, a ce matin J'ai trouvu u.. bonhomme. » 
(Rab., P., n, 15, 154.) 



Matin, ine (Mj.), s. m. ou f. — Coquin, 
coquine, au meilleur sens du mot. Ex. : Oh ! 
la mdtine, a sara ben de s'tpourchasser. \\ 
Marque souvent la commiseration. « Ex. : 
Qu*il a grand mal, pou petit matin. Cf. Md*ette. 

Matine, s. f. — Coquine (By.). 

Hist. — « Ce que firent Semiramis, Pasipha6, 
Egesta. . . et aultres telles mastines. » (Rab., P., 
T n t 34, 291.) 

Matlnan (By.), adj. q. — Matinal. 

Hist. — « Item, le chappelain de l'autel S. Jehan 
en la dite eglise doit chanter chascun jour la messe 
matine use devant Notre-Dame, environ l'eure du 
soleil levant. » D. C. 

Matir (Sa, By.), v. n. — Se fl^trir. Syn. de 
M&trir, Matezir. N. L'a est tres bref. — Du 
fr. Mat. V. Mate. 

Hist. : 

« Quand voi le temps en froideur changier 
« L'herbe matir, et vis dou ciel descendre 
« Noif et gresil. . . » 
(Poesie av. 1300, i, 452. — Noif, — neige. — L. C.) 

Maton (Lg., Tim.), s. m. — Amas de ma- 
tiere purulente, bourbillon. Syn. de Materon. 
I! Grosseur dans un brin de fil. Syn. de Tree, 
Lietr&e. Cf. Bouillie, pour BoxiillerU. || Petit 
amas de farine non p^trie, dans un pain, ou 
non d61ay6e, dans de la bouillie ; amas de 
mucus. || Masse de poils feutr^s. Cf. Ama- 
touner. 

Et. — All. Matte, lait caille. 

Hist. : 

« Tout leur mathon, ne toute leur potee 

o Ne prise un ail, je te dy sans noisier. » 
(Villon, Ballade des Contredicts de Franc Gontier.) 
— Lait caille, fromage, gateau a la creme ; gru- 
meaux ; brique. — Augmentat. de Mate, fromage et 
brique, par analogic de forme. Germ. Matte, id. » 
(D'A. Bos.) 

Matontiere, s. f. — Organe qui diflterencie 
le matou de la chatte (M£n.). 

Matre (Mi., Lg.), adj. q. — FleHri, fane\ a 
demi dess6cne\ |{ Flasque, mou. — N. Le plus 
souvent on prononce Mdte. — Cf. Malte, 
dans Jaub, et le fr. Moite. || Sal. Id. 
(Plante) qui retombe sur elle*m£me. 

Matrianx (Mj.), s. m. pi. — Mate>iaux. 

Matricalre, s. f. — Chenopodium hybride ; 
le chenopodium album porte les noms vulg. 
de : herbe aux vendangeurs, lenouvre, gra- 
geline, grasseline, drageline, chenillette (M£n.) 
Bat. Pyrethrum parthenium. 

Matrlr, r muet (Mj.), v. n. — Se ftetrir, se 
faner, se dessecher a demi. V. Mdtre. Syn. de 
Matir, Matezir. 

Mfttroiller, ma-tro-iller (Mj., Lg.), v. a. — 
Macher, mastiquer. || Rouler dans sa bouche, 
machonner. 

Mfttrouiller, v. a. — M&cher diftlcilement 
(C. H.). On donne le nom de matrouille au 
local ou Ton depose les r6sidus d'huile de 
colza (M6n.). 

Man (Tim., By., Sa., Sp.., Lu6), s. m. — Mal 



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20 



MAUDIR — MAZARINfiE 



Ex. ; II a du mau a eine jambe. Le mot a 

vieilli et ne s'emploie plus guere qu'en plai- 

sautant a Mj. ; il est encore en grand usage 

dans les autres endroits. j| A de mau, — a de 

mal ; ca m'est a de mau, — je le fais a regret. 

..Hist. : 

« Cy gist le corps de maistre Jean Bernard ; 

« Pensons (Taller, apres luy, tost ou tard ; 

« Qui bien v pense, il en craint moins le mau. » 

(G.-C. Bucher, 275, 252.) 
— « Je suis mau (mecontent) de toi. » (B. de Ver- 
vixle, M. de p., I, 63.) 

Maudir (Mj., By.), v. a. — Y a de que* 
maudir ses jours. 

Maudit, c (Sp.), adj. q. — Passionne\ Ex. : 
II est maudit pour se battre. V. Mortel. N. Se 
prononce souvent Ma-o-dit. || Juron. Sapre" 
maudit (B. I.). — Men. || By. 

Maufaire (Tim.), v. n. — Faire le mal. 
^N. — Je n'ai jamais oui employer ce verbe a 
Mj., bien que les anciens disent : Maufaisant. 

Hist. — A rapprocher : I/ecrivain Maupassant 
ocrit qq. part : Je suis un mauvais passant, ainsi 
l'indique mon nom. 

Maufaisant, e (Sp., By.., Mj.), adj. q. — 
Malfaisant, nuisible\ aimant a faire le mal. 
Corr. du mot fr. Syn. et d. de Mefaisant. 

Mau fine (Mj.), s. f. — N'importe quelle £pi- 
d6mie rneurtriere. Ex. : Quand la maufine est 
sus les lapins, faut qu'ils illy passent tortous. 
V. Maufiner. 

Mau finer (Mg., By., Lue\ Mj.), v. n. — 
Pe>ir mise>ablement, s'en aller par manque 
de forces ; se deciliter, d6pe>ir, — une plante 
ou un animal. — Mal finir. Ex. : Vela des 
choux qui ne vont point prendre ; ils vont 
maufiner. — II maufine, — il s'en va, il va 
mourir. Syn. Foidrer. 

Hist. — Pour : finer. « Et montoit jusques an- 
dessus la couverture, et \\ finoit en pavilion. » 
(Rab., C, i, 53, 99.) — G.-C. Bucher, 90, 133. 
« Que me chault-il de peste ou de famine, 
« Que me chault-il de Paris, Blais ou Tours, 
a Que me chault-il si tout le monde fine, 
« Ne si ies droictz se observent a rebours? » 

— a Avec ung ris je trespasse et defflne. » {Id., 98, 
139.) 

Mau fi- fit (By.). — V. Couir. 

Mauge (Segr.), adj. q. — Brutal, mediant, 
insipide ; espiegle (Bz6), malagens (Segr.). 
Men. 

N. — « Maugesant, mauvais coucheur. » (L. C.) 

— Mal gisant ? — Mala gens T 

Mau-gre (Lg., By.), prep, adv. — Malgr6. 
Se disait dans : Bon gr6, mau-gre\ 

Maugreger (Do.), v. a. — Bougonner, jurer 
entre ses dents, maugre>r. Syn. Marmouner. 

Maugreler (se) — (Mj., By.), v. r6f. Se 
d£plaire, ne pas se plaire. Le contr. de 
s'Agreier. 

Et. — C'est le mSme que le fr. Maugreer, mais 
avec un sens plus general et plus conforme a 
Tetymol. Doubl. de Maugreger. x 



Maugrener (By.), v. a. — Pour : maugreer; 
les femmes qui ne veulent pas jurer disent : 
sarche* maugrene, sarch6 bougre, sarch6 matin 
(Men.). — JTexpliquerais ici : maugrene, par : 
mauvaise graine. Pour Maugrogner, avec con- 
tamination probable de Maugreger, Mau- 
greler. 

Maulimart, Montlimart. 

Hist. — « Sepulture de Jean Oiraudeau dans 
l'eglise de Maulimart, k cause que la terre etait 
si gelee qu'on n'a peu fayre la fosse au cemetiere. » 
(1608. Inv. Arch., S, E, m, 426, 1, h.) V. F.-Lore, 
xi, a. 

Mau man. — Maman (Craon). — V. M oil- 
man, Meman. 

Maupir, r muet (Tim.), v. a. — Manier avec 
rudesse, froisser entre ses mains, tortiller. 
N. — Ce verbe me paratt etre le meme, sauf 
la terminaison, que le Sp. : maupoyer. Comme 
ce dernier, je le rattacherais a : paume. 

Maupoyer (Sp.), v. a. — Manier, t£ter, pal- 
per. !| Manipuler sans precaution. — Cf. 
Go pier, Gobier. 

Et. — Paumoyer, a. v. = tenir dans sa main, 
paume ; lat. palma ; d'ou palmeier, poumoier. 

Ma area u et Maurin, n. c. — Boeuf a robe 
bruhe ou noire. — Cf. Mauricaud, Moricaud, 
du nom de peuple Maure. V. Moureau, 
Moraine. 

Mausane, s. m. — V. Bois-blanc (Men.). 

Maussade (Mj., By.), adj. q. — Deplaisant, 
contrariant, vexant. Se dit das choses. i| 
Lu^. — Gros. Un maussade li&vre. 

Mautort, e (Mj.), adj. q. — Qui est tors. 
Ex. : Eine parche mautorte. N. Qqs-uns pro- 
noncent : montorte. Mal-torte. 

Mauvais (Mj., Lg., By.), adj. q. — Mali- 
cieux, mediant. 

xMauvaigement(Z. 139), adv. — Peu proba- 
blement ; a peine. || Lx. Z. 143, adv. — Difllci- 
lement, c'est peu probable. Ex. : Va-t-il *m 
gu^rir? — Mauvaisement. Syn. de Hale. Pro- 
nonc6 qqf. Modsement. 

Mauvre, s. m. — Mouron d'eau. Samolus 
valerandi. (Desvaux. — Men.) Bat., id. 

Mazagran, s. m. — Cafe\ |j Renverser son 
mazagran, c'est casser sa pipe, ou mourir. 
Express, moderne (Men.). 

Mazarine (Tim., Lg.), s. f. — Grand plat 
de terre. V. Jede. jj Plat en terre rouge, dit 
Favre. — Couleur de la robe du cardinal 
Mazarin? || Sal. Id., qui va au feu, avec poi- 
gne*e. 

Mazarinee (Mj.), s. f. — Salmigondis, gali- 
mafr^e, fricassee abondante et peu soignee, 
capilotade de 16gumes communs. Ex. : fa 
mange des mazarinees de naveaux ou ben de 
choux verts. Syn. de Migolee. V. Mazarine. 

Et. — II n'est guere douteux qu*il n'y ait la qq. 
vague reminiscence, plutOt ironique, du fameux 
cardinal Mazarin. C'est la gloire historique, cela. ( 
Apres avoir 6cras6 ou 6pat6 ses contemporains, on ( 



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MAZEIAIS — MEGEILLEUR 



21 



finit en tete de pipe ou en plat£e de choux. Sic 
transit gloria mundi, a dit l'Evangile. — Se rap- 
peler les Mazarinades — pots pourris de chansons. 

MazMals (Mz.), s. m. — Habitant de Maze\ 

Jlazette (Mj., By.), Interj. marquant la 
surprise, radmiration.«Queu mdzette ! t'en as 
d'lin appeHit ! » || Diantre, fichtre, malepeste ! 
j| Coquin. Attends, va, mon vilain mdzette / 
II Marque la pitte : Pou petit mazette ! Syn. 
Matin. 

M* (Mj.), pron. pers. — Moi. Vicux. 

Hist. — « -Pay, ce jourd'huy. qui est le dernier 
et de may et de moy (devait se prononcer comme 
may.) Rab., P., in, 21, 262. — Equivoque sur ces 
deux mots. 

Mebilier (Mj.), s. m. — Mobilier. V. Meu- 
bilier. 

Mecanique (Mj.), s. f. — Frein de voiture. 
X. On prononce sou vent Micanique. 

Mecanlser (Mj., By.), v. a. — Tracasser, 
taquiner, malmener, maltraiter. Syn. Chahu- 
ter. || D6nigrer, d£crier, insulter ; molester, 
houspiller, rudoyer, — traiter comme une 
mecanique, une machine. 

Mtehant (Mj., By.), adj. q. — Malin, mali- 
cieuX. || Difficile. — Ex. : C'est pas ben 
mediant de porter six doubles de Torment ! || 
Le Mechant, — le Diable (Sar.). V. Gratlaud. 

Heche (Sp.), s. f. — Syn. de Mere, au jeu de 
palet. Cf. Mache. \\ Fig. (Mj.). — Moyen. Ex. : 
N'y a pas mlche, — il n'y a pas moyen. By., 
id." || Etre de m&che, — etre de connivence, de 
complicity. || Vendre la meche, — livrer le 
secret, d^noncer. On dit en fr. Eventer la 
miche, d^couvrir la ruse. V. Calebasse. \\ 
Grosse pi6ce verticale de bols dans laquelle 
s'encastrent toutes les pieces du gouvernail. 

Et. — « La meche est le : moyen d'allumer, etc. ; 
d'ou les nombreuses extensions. — Hist. Une 
jeune fdle d'Angers ecrit, le 13 juin (1793), a son 
fr£re : « On dit qu'il y a eu des bataillons en- 
tiers qui ont refuse de se battre. .. En verity, je 
crois qu'ils sont de meche. » (Rev. de C Ani., Liv, 
257.) 

Meeh* (By.). — £m6che\ adj. q. — Qui a 
trop bu, sans etre completement ivre, cepen- 
dant. 



Mffhon, s. m. 
Pa in- Feu. 



(Enanthe. Syn. PSpe, 



M&redl (Mj., By.), s. m. — Mercredi. V. 
Mekerdi, Miner edi. 

Et. — xin 8 s., merquedi ; xvr 3 s., mercredi. — 
Pour : mercresdi, de Mercoris diem. — Vaugelas 
oondamne cette prononc. ; Corneilt.e dit quelle 
est la plus usite de son temps. — Hist. « Ce fut 
fet. jugie et saell£ a Angiers au jour de mescredi 
empres Oculi mei l'an de grace mil deux cens quatre 
viuz et sept. >» (Inv. Arch., p. 158, c. 1.) 

Htdalle (Mj., By.) ? s. f. — Medaille. Cf. 
Cullerie. Doubl. du mot franc. — Cf. Metail, 
Portal, Vitral. 

Et. — D'un mot fictif : metalleus, de>. de 
metallum, m<Hal» — Hist. « 3 medalles de bronze, 



grandes comme le naturel. » {Compte de 1529. — 
L. C.) 

Mederin (Mj., By.), s. m. M6decin de monde, 
celui qui exerce la mexlecine humaine. || M6- 
decin de b6tes, — v6t6rinaire, hongreur. Cf. 
Artiste, Mtgeyeur. 

Medednal (Mj. By.), adj. q. Medicinal. 

MSdeciner (Mj., Lg., By.), v.a. — Medica- 
menter, droguer. 

Hist. — « La fit curer et medeciner ses playes. » 
(Froissart, i, 104. — L. C.) 

IHediat (Mj., By.), adv. — Imm£diatement, 
tout de suite, tout a Theure, a Pinstant. Pour : 
immediat, pris adverbialement. 

N. — Remarquerquem6diat est juste le contraire 
de immediat. 

Medrange (Lg., Tim.), s. f. — M&ange. 
Doubl. de Modrange. 

IHee-que. — V. Mais que. « Mie que j'se-je 
prSt. Pourvu que je sois pret. || By. Mee que 
j'seye..., lorsque, sitdt que je serai pret, — 
et non : pourvu. 

Mteson. — Prononc. de Maison (Z. 119, 
By.). C'est la principale piece d'une ferme. 

Meeu (Mj.), s. m. — V. Meu. 

Mefaisant (Lg.), adj. q. — Malfaisant, 
espiegle, malicieux. Se dit souvent des per- 
sonnes. Syn. et d. de Maufaisant. 

M6II (Mj., By.), s. m. — Ne s'emploie que 
dans Texpress. : Faire mefi, — faire fi, dedai- 
gner. Ex. : lis n'avaient qu'ein ar de faire 
mtfi de lui. 

Et. — Form6 du prei. pejor. M6, et du fr. Fi. 

Hist. — « xvi° s., meffi. — A cause du meffy 
que l'empereur prit de luy. » (Brant., Cap. jr., 
i, 371. — I ittr6.) 

IMgeilleur (Mj.,By.,etc.),s. m. — Praticien 
v6terinaire, empirique, hongreur. Syn. et d. 
de Margeilleur. Syn. de Affranchisseur. Cf. 
Artiste. — V. Jaub, a Remigeur. Mieux 
Mtgeyeur. 

Et. — De Mege, forme regulicrement de Medicus. 
Hist. — a Au mfigayeur qui mt^gea ung pouvre et 
auparavant une aultre pouvre femme. » (1557. — 
Inv. Arch., H, Suppl., 57, 2.) — Voici une epi- 
taphe en vers que le bon roi Rene composa pour 
honorer la memoire de sa nourrice, qui etait de 
Saumur. Je l'ai decouverte sur un pilier de l'eglise 
de Nantilly : 

« Cy gist la nourrice Tiephaine, 

« La magine qui ot grant paine 

a A nourrie de let en enfance 

« Marie d'Anjou royne de France. « 
Et aprds son fr^re Ren6, due d'Anjou. (J. B., — 
F. h., i, 400, 401. — N. P. — La profession de nour- 
rice tient d'assez pres a la medecine pour qu'il 
soit permis de supposer que cette qualification de : 
marine, appliquee alasienne par le roy Rene, vient, 
comme megeilleur, du vx fr. M6ge, lat. Medicus. 
— D'autre part, le 3° vers, s'il a ete copie exacte- 
ment, nous est pr^cieux en ce qu'il nous apporle 
la preuve qu'au xv° s. la bonne societe ne fai >ait 
pas plus sentir l'r des infmitifs en ir que ne le font 
nos paysans aujourd'hui. (R. O.) 



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22 



MfiGER — MfiLE 



Meger, v. a. — Soigner. 

Hist. — « A Jehan I.eblanc, receveur d'Anjou, 
la somme de 102 s. t. pour restitution de semblable 
somme par lui prestee et bailee a Jehan Joymier, 
sergent royal, lui estant malade a Saumeur, pour 
le mtger et panser de certains exces et blecseures 
faictes a sa personne. » (148'i-5. C. Port., Invent., 
185.) — De Medicare. 

Megeyeur, Megeieux. Voir Mbgeilleur. 

Hist. — « Car, o de meme que lou meje 

« Souvent tiro lou bon dou pieje. r> 
(Car, oui, de m£me que le medecin souvent tire le 
bon du pire.) Mireille, 224, 1. 

Megre-Iait, s. m. — Meguelait ; petit lait, 
lait maigre (M6n.) V. Maigre- de-lait. 

Et. — Megue, un des noms provinciaux du petit 
lait. Gael, meag, meme sen*, corrupt. (Ijtt.) — 
Megue de lait, p. 1. pr. : maigre de lait. (MAnaoe.) 
— yMaigue. « Comme le maigue sort du lait, aussy 
du sang trouble s'epraint la larme. » (Amyot, 
Morale de Plut., n, 461.) — « Et sont ainssi (les 
urines) que le megue se naist et se part du fromaige 
quant on le fait. » — « Quand on est travails de 
qq. . . passion d'esprit, le sanj? se trouble, et de la 
viennent les larmes, comme le megue du laict. » 
(I, C.) 

Meguet (Sp.), s. m. — Petit trdfle a fleurs 
jaunes et k feuilles <Hroites, commun dans 
les pres. Syn. de Petit-mugnet, Trifle mignou- 
net, Mignonnet. Bat. Trifolium procumbens. 

Et. — Ce nom est une corr. du longeronnais 
Muguct, dimin. de l'a. f. Muge, qui s'est dit pour : 
muse ou muquet. — D. C. V° Muscus : 

« Que plus que muge ne que mente 

« Flairasouef lor renommee. » 

Well (Lg.), s. m. — Mil. Cf. Beteille, So- 
teille, etc. On dit proverbialement d'une 
pince-fesses ou pimbeche : « Ein grain de 
meil y moudrait entre les fesses. » 

Melllasse (Lg.), s. f. — Panic vert, sorte de 
gramin^e k tiges rampantes qui s'enracinent 
aux nceuds, et portant chacune SkiO £pis longs 
minces et divergents k l'extrGmitG. C'est la 
mauvaise herbe appetee k Mj. Millard. 

Et. — Pour Millasse, de Mil. V. Med. Cf. Jaub., 
a Miliasse. 

Mellland, de (Lg., Tim., Ts., Cho.), s. m. — 
Mendiant, gueux, individu de mauvaise mine, 
qui erre sur les grands chemins, vagabond, 
chemineau, hoh^mien. Syn. de Vacabond, 
Galapias, Galopias, Galopin, Camilla ud, // dlos, 
Gourgandin. \\ Lrm., fern. — Meilleou Meillaude. 
Id., et personne mal habill£e. 

N. — Le berrichon a Mignaud, chiffonnier, 
marchand de guenilles. V. Jaub. 

Et. — Je note que ce mot a le mSme sens exacte- 
ment que le montj. Camillaud. Des lors, il paratt 
probable que ce dernier mot n'est pas pour Cami- 
naud, mais qu'il est un derive de Me Maud, avec 
addit. d'un prefixe pejor. Ca (pour Cali ou Oali), qui 
se retrouve dans Caboyaud (ou plutdt CaboUlaud), 
se Canicher et ses derives, Dtcaniger et Canigeot, 
ainsi que dans le fr. Cahutte. (R. O.) 

ileillaudage (Lg.), s. m. — Reunion de 
gueux. I! Gueuserie. Syn. de Meillauderie, 
Pouillerie, Hdlosseric, Grimbokrie. V. Meil- 
laud. 



Meillauderie (Tim.), s. f. — Reunion de 
gueux, truandaille. || Gueuserie. Syn. de 
Pouillerie. V. Meillaudage pour les synon. 

Mellle (Tim.), s. f. — Boh6mienne, une de 
ces femmes qui courent les grandes routes. 
Syn. de Camillaude. Hdlosse. C'est le f£m. et 
la rac. de Meillaud. \\ By. — La meille, c'est 
aussi l'ameille, c'est le pe (le pis) se de\e- 
loppant avant le terme. V. Agi. 

Mellleur (le) de. — Le plus profond de. Ex. : 
On pose le toutier des balises au meilleur de 
l'eau. V. Toutier, Touille, Coublage, Bon. (Sf.). 

Meillot (Lg.), s. m. — Tige et racine du 
mil. 
Et. Der. de Med, et. dim. 

Meln (Sar.), adj. poss. — Mon. Mein char 
einfeint. Pres de Saumur. Cf. Men, M'n. 

Meln, remplace Me dans plusieurs mots : 
Meimpriser, Meinkerdi, Meinnege, Meinn&ger, 
pour M6priser, MScredi, Menage, Manager. 

Meinme (Mj.), adj. indef. — Meme. — || 
Tout de meinme, loc. adv., N£anmoins, volon- 
tiers. Ex. : Voule-vous venir avec nous? — 
Tout de meinme. 

Meln nait (Che). — Minuit. 

MSkcrdi (Lg.), s. m. — Mercredi. Syn. de 
Mecredi, Mincredi. — Pat. norm. id. 

Melage (Tim.), s. m. — Nom collectif sous 
lequel on ddsigne les fruits meles, c.-&-dire 
s^ches au soleil ou au four, tels que : pruneaux, 
poires tap6es, debises, etc. — V. Meier. 

M6Iagnie (Lg.), s. f. — Melanie, nom de 
femme. Syn. de Melie. 

Melange (Mj.), e tres long. — s. m. — Me- 
lange. V. Moilinge. 

Melanger (Mj.), v. a. — Melanger. V. Moi- 
linger. 

Melassc (Mj., By.), s. f. — Etre dans la 
mUasse, — dans une tres mauvaise situation. 

Mfilayas (By.). — V. Mtlayer. 

Melayer (Lue), v. a. — Melanger. D'ou le 
s. Melayas, melange. Cf. Moilinger. 

By. — On dit Melayer et Meliller, pour : 
emm£ler et pour : melanger. D'ou Melayas et 
Melill&s pour : emmelement. 

M«le J (Mj., By., Sal.), s. m. — Merle. || Ne 
point dire ses nids de meles, — ne pas dire 
ses secrets. || Ein beau mele ! — appellation 
meprisante que Ton applique k un individu 
de peu de valeur physique ou morale. On dit 
aussi : Ein joli moineau ! — Pat. norm, 
Meele, Meel. 

Et. — Corr. du mot fr., par apherese de l'r, 
comme dans Mecredi. 

Meie * (Mj., Lg., By., Sal.), s. m. et f. — 
Nefle. Ex. : Veux-tu manger des meles mous. 
— Masc. & Mj. et fern, au Lg. 

Et. — Doubl. du fr. Nefle, de>., comme lui, du 
lat. Mespila. On voit que le mot patois est plus rap- 



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MfiLfiARD — MfiME 



23 



prodie* de son original latin que le mot fr. — 
L'anjrl. a Medlar, m6me sens. — Le pat. norm, a 
Un meele. 

Hist. — c Fut certaine annee si trds fertile en 
tous fruictz, et singulierement en mesles, qu'on 
l'appela de toute memoire l'annee des grosses 
mesles ; car les trois en faisaient le boisseau. » 
(Rab., P., n, 1.) — « Le suppliant requist a 
icellui Poncelet iui aidier a cueillir les nefTes, 
appellees ou pais (Laonnois) Mesles, etc. (1457. — 
D. C.) — « En 1361, 5 mines de melles marchandes, 
a la mesure de Rouen, sont vendues 8 florins d'or. » 
— « Avec le temps et la paille Ton meure (fait 
murir) les mesles. » 

« Comme une greffe que Ton ente 

« Dessus le pied d'une autre piante, 

« Comme on voit en un s'allier 

« Sur Taub^pine le meslicr. » 

(VAUQ. DB LA FBE3N., — Moisy. ) 



m. — EspSce de seigle 



Meleard (Bpu), s. 
(M£n.). 

Meier (Mj., Lg.), v. a. — Secher et cuire a 
demi. Ex. : Le soule* a mele les poires. || v. n. 

— Secher, §tre a demi cuit. Ex. : On va 
mettre cet£ clal£e de preunes-la a meler dans 
le four. — V. Bourgne. 

Et. et Hist. — « Les accotouer seront grande- 
ment utiles a faire meler les pruneaux, guignes, 
cerises et autres tels fruits qu'on a accoustume 
faire meler (secher) au soleil. » (Palissy, 74 et 75, 
Jlecepte veritable.) On remarquera que meler (e bref) 
n'a p.-o\ rien de commun avec meler (e long). Vien- 
drait-il de mele, qui s'est dit pour : nefle, - — 
secher comme une nefle? (Lrrr.) 

Meier x (Mj., By.), v. a. — Meier une ser- 
rure, — la detraquer. Ex. : Alle a mett la 
serrure du basset. 

Meier ■ (Lg.), s. m. — Neflier. Syn. et d. de 
Melier. 

Meliee (Mj., By.), s. f. — Milice, conscrip- 
tion. Ex. : Mon gars est de la procheune 
meliee. — Cf. Menuit, Enrechir. 

Melle (Mj.), s. f. — Forme famil. du prenom 
M6lanie. Syn. de Mtlagnie. || Ec. Et Emelie. 

Mfilier (Mj., Lg., By.), n. c. — Neflier. V. 
Mele. Ou Meslier. Syn. de Meier* . V. Jaub. 
Melier. — Pat. norm. Meelier. 

Hist. — « Mellier ; Mellerius, Meslerius : « Excep- 
ted mellier et pomier. » (1177. — D. G.) 

— « Un meslier nouailleux ombrage le portail. » 

(Ronsard. — Jaub.) 
N. — Le baton de melier ou de neflier passe pour 
empecher Tinfluence des sorciers. (Segr. — M£n.) 

Melieu (Mj., By.),s. m. — Milieu. Cf. Menuit. 
V. Citation & Combrer. 

Hist. — Meilleu, melieu. — a Et mesmes il s'est 
faict trois rupptures... la troisieme au meilleu 
dudit bourg. » (1669. — Inv. Arch.. E, n, p. 303, 
c 1.) — Meilleu (1391). Id., G, n, 210, 1. — « Pour 
faczon du cabinet qui est es jardins de Monsieur 
au melieu du Dedalus. » (xvr 3 s. — Ibid., H, I, 
4. 2.) — « ...Ains tournerent le dos, habandon- 
nans leur seigneur Oeoffroy au meillinu de la ba- 
taille. » (J. de Bourdignb, Hist, aggr., I, 275.) 

Melinot, s. m. — Caucalis grandiflora (Men)- 
Melilot ? miel-lotus. — On dit aussi Meliot. 

Melis-mtfas (Mj., By.), s. m. — Farrago, 



fatras, brouillamini, enchevStrement, chaos, 
confusion; (adv.) en desordre. Ex. : II a tout 
jete* melis-melas. Syn. de Brass is -brassas, 
Baquis—baquias, Boucadan, en Pagale. 

Mellsse (Mj.), adj. q. — Mel6e, melange^. 
Ne se dit que de la toile. Une toile melisse est 
celle dont la chaine est de brin et la trame de 
reparon. 

Hist. — « Tous les ouvriers travaillaient pour 
Cholet, mais, outre les mouchoirs que Ton fait 
aujourd'hui, les tisserands tissaient encore des 
toiles connues sous les noms de siamoises, toiles 
mHisses, coutil, croise" et vetements pour les jour- 
naliers et les cultivateurs. » (Paul Simon. Lrm.) 

Mellien, s. m. — Milieu. V. Milieu. 
Hist. — « Eulx apprestez au mellieu des Fran- 
cois Dasserent. » (J. de Bourd., C. et L. y I, 195.) 

Melon (Mj., By.), s. m. Fig. — Nigaud, 
imbecile, niais, nicodeme, cornichon. Syn. 
de Patackon, Niguedouille, etc. || Par plaisan- 
terie, la tete. Syn. Caillou. |j Chapeau melon. 

N. — Cette injure, quoique le melon soit chose 
exquise, a 3.000 ans de bouteilie, et son parfum 
est le mSme aujourd'hui que du temps d'Homere : 
« Thersite, se moquant des Grecs, dit M. Fr. 
Michel, les appelle : Peponer (melons). 

Melon (Lg., Cp.), s. m. — Espece de frelon 
ou de taon, qui est le Ravire-chien de Mj. 

Et. — Ce mot a p.-e. qq. rapport avec le fr. 
MeJoe, qui designe, d'ailieurs, un insecte trcs 
different. 

Melonnler (Mj.), s. m. — Couche de melon. 
On dit aussi Melonniire. 

Melonnlere (Mj., By.). — V. Melonnier. 

Melon-petard (Mj.), s. m. — Ecbalium 
elastique, momordique. V. Jicler. 

Et. — Cette piante est une cucurbitacee et le 
fruit mflr, lorsqu'on le touche, se detache de son 
p6doncule et projette avec bruit le liquide et les 
graines qu'il renferme. 

Memaig (Sp., Mj.), s. m. — Mouton, nom 

enfantin. || Lm. — Fig. Chaton de noisetier. 

Et. — Dans le premier sens, qui est son sens 

Eropre, ce mot est une onomatopee, tiree du 
element du mouton. Dans le second, e'est une 
metaphore analogue a celle qui a eu lieu pour le 
fr. Chaton et pour le pat. Mouton. 

Meman, s. f. (Li., Br.), s. f. — Mainan. Cf. 
Pepa, Mouman, Mauman. 

Membre (Lu£), f6m. — Un cheval qui a de 
la membre, — qui a de forts membres. 

M€me (Mj., By.). — Eter a meme de, — 
§tre libre de, avoir la possibility de, ou le 
choix. Ex. : Si je veux l'avoir, jVn s6 ben a 
meme. || Sp. — De meme, — semblable, 
pareil, tel, ainsi fait. Ex. : Je n'ai jamais vu 
ein drole de meme pour etre maufaisant. || Sp. 
— De m£me, — de cette facon, ainsi.— -Tu 
devrais avoir grand honte de mentir de meme. 
Faut t'y prendre de meme. — J'ai entendu 
prononcer : de n'meme. I| CVst toujours du 
pareil au meme, — il n'y a aucune difference, 
e'est toujours la meme chose, jj Ne pas con- 



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24 



MfiME — MENTIfi-BEN 



fondre meme, m^eme, meume et mainme. 
Ces prononc. du mot meme sont une des ca- 
racteristiques du langage d'Anjou. 

Meme (Lg., Sp., By.), s. f. — Grand'mere. 
V. PkpL — Cf. Memere (mere). || Mj. — 
Forme caressante du pr^nom Aime\ 

Memere (Mj., By.) t s. f. — Mere. — Terme 
enfantin. 

Memoire (Mj.), s. m. et f. — Ex. : II a ein 
bon mimoire, pour son age. — Beaucoup pro- 
noncent Mimoire. 

Hist. — « II n'avoit ne sens ne mimoire. » 

(Ruteb., cit6 p. Jaub.) 

— « Tous furent merveill£s de son bon mAnwire. » 
(1377. _ l. c.) — « Roland Borrel, de Meral, 
fuilz et heir de homme de bon mtmoere monsour 
Foques Borrel. » (Inv. Arch., H, I, 268, 2.) 1305. 

Men, mene, mln. (Lg., Sp.), pr. poss. Mien 
Ex. : C'est ca son chapeau, et pis c'est ca le 
men. — Cf. Ben, Sen, Ten. — Mieun, mieune. 
xi e siecle men. 

Men (Mai de Saint), Meen, Main. — Gale. 

Hist. Sepulture d'un pauvre... » lequel dist... 
estre malade du mal de Saint-Meen et v alloit en 
voyage. » {Inv. Arch., u., E. S.,344, 2.) 

Menacer (Mj-., By.), v. a. et n. — Ex. : Le 
temps menace a Teau, — la pluie menace. 

Menage (Mj., By.), s. m. — Mobilier. Ex. : 
lis se sont fait faire ein menage tout en ceri- 
sier. L'espagnol Menaje a le meme sens, jj Lg. 

— Cotonnade pour blouses, tabliers, etc., a 
raies bleues et blanches tres 6troites, qui se 
fabrique a Gallard. Cf. Meuniere. || By. — Se 
prononcait et se prononce encore Meinnege. 
Voir Mein. j| Toile de manage — fabriqu^e 
a la maison. Cf. Faiticier. || Fu. — Fourbi, se 
prononce : m'nage. En parlant d'une exploi- 
tation, d'une maison mal tenue *. « Queue 
mnage que c'e* la-dedans ! » Du verbe mener, 
conduire, et non de : manage. Amenage. 

Et. — B. L. Masnaticum, mansionaticum, der. 
de mansionem, habitation. D'abord : ensemble des 

Personnes vivant sous un m£me toit, etendu a 
ensemble des meubles, des ustensiles a l'usage 
d'une famille ; de la : entretien de la maison. — 
Hist. « Avec automation d'y amainer ses mes- 
naigcs et uslancilles avecques ses blez etses vins. » 
(Inv. Arch., H,i, 183,2.) 

Meoalne (Lg., By.), s. f. — Marraine. Mot 
en fan tin. Syn. et d. de Nenaine et du mot fr. 

Menant (Tim., By.). — Toutes les 3 e pers. 
du plur. en ent so prononcent ant. V. Ent. 
Hist. — (Les pastoureaux de Poitiers.) 
— « Qui menant joyeuse vie. »> AW/5 pop. 

Menee (Mj., By.), s. f. — Conduite. Ex. : 
Cet£ gars-la n'a pas eine belle menee. — Sens 
voisin du fr. — Faudra changer de menie. 

Mener (Mj., By.), v. a. — Mener du brut, 

— faire du bruit. On dit en fr. : Mener grand 
bruit. (' X'en mener pas large, — etre abattu, 
a(Tect6 par la maladie, ou embarrasse, inti- 
mide ; se trouver dans une situation difficile; 
etre dans ses petiU sabots. || So mener, terme 



enfantin, se promener. 
aller te mener? 



Bet>e, veux-tu 



Menere (Mj.), s. m. — Bruit, tapage. Syn. 
de Bousin, Chutrin, Chahut. 

Menet (Lg.), s. m. — Minuit. A beaucoup 
vieilli. Cf. Net, MHieu, etc. 

Menette (Lg., Jb., Tim., By.), s. f. — Me- 
notte, petite main d'enfant. — Dim. du fr. 
Main, doubl. et syn. de Meniue, Menine. 

Hist. — « Petits gants, petites menettes. » 
(Coquillard. Le Monologue de la botte de join. 
Jaub.) 

Menettes-au-bon-Dieu (Tim., Jb.), s. f. 
plur. — Chevrefeuille. Syn. de Mains de bon 
Dieu. V. Menotte. — Cherfeuille, TiU. 

Meneux-de-loupg, s. m. — Espece de sor- 
cier qui a la puissance de fasciner les loups, 
s'en fait suivre et les convoque aux ceremo- 
nies magiques dans les carrefours des forets 
(Jaub.). || Lg. — Je n'ai jamais observe cette 
croyance en Anjou. (R. O.) 

Menie, s. f. — Maisonne*e. L'ensemble des 

biens qui forme l'elablissement. V. Maisnie. 

Et. — B. L. Masnada ; mansionata, de mansio. 

Les gens de la maison. (Litt.) — Hist. : 

« Elle a un boeuf pour sa menie 

a « Et un anon. » (Noels ang., 15, 7.) 

Menie, Menlte (Lg.), s. f. — Dimin. fam. 
du pr£nom Marie. Syn. de Manie, Manette, 
Mariette. 

Menine (Bg., Mj., By.), s. f. — Petite 
main. Syn. de Menette, Mknite. Hal. Manina. 

N. — Dans le Berry, menin, petit enfant qu'on 
ne peut pas abandonner a lui-mflme, qu'on tient 
par la main. 

Menlte (Mj.), s. f. — Menotte, petite main. 
Terme enfantin. Syn. de Menine, Menette. 

Menoire (Lg., By.), s. f. — Celui ou ce qui 
mene, qui conduit On dit ironiquement d'un 
maladroit ou d'un paresseux qui est inca- 
pable de travailler seul. « Li faut eine me* noire. 
|| By. — Moenouere. 

Menque ben, loc. adv. — II peut se faire, 
c'est possible. V. Ventiez ben ; pour (je le 
croirais) volon tiers bien. V. Vanquiers, Van- 
tiers, etc. 

Men! (Cre-sur-Loir, Zig. 183), s. m. — 
Menteur, par apocope. 

Menteux (Mj., By.), adj. q. — Menteur. 
Syn. de Carottier. 

Hist. — « Et encore vous deffens que ne soyer 
noyseux, ne menteux, ne rapporteur de choses mal- 
dites. » (A. DE la Salle, Le Petit Jehan de Saintre. 
— Jaub.) 

Menthard (Mj.), s. m. — Plante a feuilles 
tres poilues, assez semblable a la menihe. 
Syn. de Herbe aux puces. Bat. Mentha rotun- 
di folia. 

Et. — Menthastre. Lat. Mentastrum ou Menthas- 
trum, de Mentha, avec la desin. p£jor. astrum. 
(Litt.) 

Nentie-aen. ^- V. Menque hem 



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MENTIONNER — MfiNUSSERIE 



25 



Mentionner (Tim.), v. a. — Indiquer, mar- 
quer, annoncer, d^noter. Ex. : Je croirais 
qu'il arait ben 50 ans ; sa figure le mentionne. 
C'est le fr., 16gerement d6tourn6 de son sens. 
Syn. de Permettre. 

Mentir (Mj., By.), v. n. — En mentir. Ex. : 
Je ne vous en mens pas d'eine syllabe. 

Mentlrie (Sp., By.), s. f. — Menterie, men- 
songe. S'emploie a Mj., au pluriel. 

Menu, e (Mj.), adj. q. — La menue classe, 

— la ptebe, la populace, les prol^taires. j| Sp., 
s. m. — Les menus, — les petites r6coltes 
accessoires : haricots, pommes de terre, 
choux, navets. || Lg. Menus. Redevances 
accessoires du fermier au proprielaire, fai- 
sances. || S'emploie adv. avec certains verbes. 
Ex. : Trembler menu, — trembler com. la 
feuille. — La Fontaine a dit de meme : La 
gent trotte menu. — Crotter-menu, — e*tre 
tres g£ne\ ne pas etre fier, ne pas en mener 
large. || By. — Un menu, des menus ; tout 
gibier, genre canard, compris entre le canard 
sauvage et la sarcelle. Trois menus valent 
deux canards. 

Menuages (Sa., By.), s. m. pi. — Graines 
de plantes fourrageres : tr&fle, jarrosse, vesce, 
luzerne, etc. — Cf. Menuailles. 

Et. — De>. du fr. Menu, au sens patois, parce 
que ces grenailles sont considered comme une 
partie accessoire de la r6colte. — Hist. « II n'y a 
point eu de gros grains, mais une infinite prodi- 
gieuse d'orge, de pois et de feves. Ainsi par ces 
menuages le ciel nous a dedomage\ » (1709. Inv. 
Arch., E, n, 207, 1.) 

Menuailles (Sb.), s. f. — Les menues choses. 
Choses sans importance, sans valeur, qui 
restent au fermier quand il a partage avec le 
proprtetaire a moitte. V. Biaquilles. 

Menu-eh6ne (Mj.), s. m. — Sorte de pou" 
liot. Bat., Mentha pulegium. 

Menne-pertnsle (Fu.). Mille pertuis. Bat- 
Hypericum. Syn. Mille- pertus. 

Menue-sauge (Mj., Lg., By.), s. f. — Sauge 
ofDcinale. 

N. — Autrefois, c.-a-d., il y a un siecle, et meme 
moins, il 6tait d'usage d'avoir toujours un brin de 
menue saupe trempant dans Peau du pichet. 
Cela ne valait p.-c. pas un nitre, mais les microbes 
ne pullulaient pas autant qu'aujourd'hui et, 
d'ailleurs, il n'y a rien de tel que la foi, et la sauge 
(salvia) pour sauver les pens. l| By. Proverbe : 
t Qui a d'la sauge en son jardin 
« N'a jamais bo£soin d'med'cin. » 

Menue-sauze (Lg.). — V. Menue-sauge. 
Pour la transformat. de g. en z. Cf. Zerzeau. 

— Pat. norm. id. 

Mtnult', m6e-nuite (Mj.), s. m. ou f. — V- 
Minnuit. Gorr. du mot fr. Syn. de Minet. \\ 
By. — t muet, et min-nui. 

N. — La forme Meruit' est actuellement la plus 
usitee : toutefois, qqs-uns disent : Mi-nuit'. Mais 
les anciens disaient : Min-net, de meme que Ton 
prononcait Net' pour : nuit. En outre de maints 
temoignageft oraox que j'ai recueill'Sj j'en trouve 



la preuve historique dans le vx Noel : Au Saint 
Nau : 

a A l'heure de plein minuit (ou min-net), 

o Nau, Nau, 
« Je vis le soleil eclore ; 
a Que t'en semble, Coline/? 
a Nau, Nau. » 
(Minuit rime avec Colinet. — Noels ang., pp. 17, 
IS.) — Au Long., le t est muet. — Hist. a Tene- 
ment que la nuyct ensuivante, environ mesnuyct, la 
riviere d'Ayvre et la petite d'Avresme furent plus 
grandes qu'elles n'avoyent este depuis la Saint- 
Bris. » (1563. — Inv. Arch., S, E, m, 304, 1, h.) 
M. le comte Jaitbert cite une vieille chanson du 
Berry ou Ton retrouve un des tableaux les plus gra- 
cieux de Shakspeare. La Juliette berrichone 
s'exprime ainsi : 

« Parlez tout bas, tout doux marches, 

« Mon cher ami, 
« Car, si mon p6e nous acoutait, 
« J'serions p^ris. » 
Et notre Rom6o reprend au couplet suivant : 
« A peine ensemble j'nous trouvions 
« QuTalouett' fit entend' sa chanson : 
« Vilaine alouett', v'la de tes tours ; 

« Mais tu mentis. 
« Tu nous chantes le point du jour, 
a C'est pas mbnuit. » etc. 
N. — Comme le Berry, le pays longeron, avait, 
jadis, une chanson qui rappelle la scene du poete 
anglais. On n'a pu m'en citer que les trois vers sui- 
vants, presque identiques a ceux de la poesie ber- 
richonne : 

« Belle allouett', tu as menti : 
« Tu nous annonc' le point du jour 
« Et il n'est que mtnuit. » 
Hist. — « Et tellement que la nuyct ensuivante, 
environ mesnuyct. » (1563. — Inv. Arch., E, in, 
304, 1.) — « Le 14" jour de Janvier. . . a une heure 
aprds menuit, grand tremblement de terre. » 
(1662. — Ibid., E, n, 165, 2.) 

Menus (Lg.), s. m. pi. — Redevances acces- 
soires que le fermier est tenu de payer au pro- 
prtetaire et qui consistent ordinairement en 
poulets, beurre, oeufs, etc. — V. Menu. 

ilenuserle (Lg.), s. f. — Minutie. |! Baga- 
telle, chose insignifiante. Syn. et d. de Menus- 
serie. \\ Menuiserie. \\ Menuseries, — petits 
ouvrages. V. Citat. a Menusier. 

Menusier (Lg., By.), s. m. — Menuisier. Cf. 
H ussier. 

Hist. — a A Marcel Frerot, menusier, pour ung 
jeu de bille qu'il a faict en la salle du bal du chas- 
teau de Blois. >» (1522. — L. C.) — a Les vieux 
noyers sont plus estim^s a faire menuserie que non 
pas les jeunes. » (Bernard Palissy. — Jaub.) 

Menusser (Mj.), v. n. — V6tiller, tatillonner. 
D^r. de Menu ou de Minutie. Syn. de Niger, 
Nigeoter, Nigeasser. \\ M6. — Emietter, cou- 
piller du pain. 

Mennsserie (Mj., By.), s. f. — Minutie. || 
Futility, fadaise, chose de peu d'importance. 
— Corr. du mot fr. || V^tilles, bagatelles. || 
Menuailles. — Syn. et d. de Menuserie. 

Hist. — a Je ne s<;av qui se doit plustdt plaindre , 
ou vous autres hommes de nos capacitez ou ampli- 
tudes, ou nous autres femmes de vos petitesses ou 
menuises. ou plustot petites menuseries. » (Br., D. 
G., iv, 225, 34): 



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26 



MENUTIEUX — MERLESSE 



Mcoutieux (Mj., By.), adj. q. — Minutieux. 

Menu-pertusle (Fu.). — V. Menue pertu- 
ske. 

Me* prise m en t (Lg.), s. m. — M6prise, erreur, 
malentendu, manque d'accord. Hist. Ronsard: 

« La mMiocrite fait la personne heureuse ; 

« Le haut degr£ d'honneur est chose dangereuse, 

« Kt le trop bas 6tat tralne ordinairement 

« Pour sa suite une injure et un meprisement. » 

Mtpriser qqn, c'est en dire du mal, le d6ni- 
grer (Li., Br., Lu6). — Mes-priser. 

Mer, s. f. — Vent de mer ou d'Ouest ; pour 
le centre de la France le vent souffle de la mer. 
V. Mar (MfeN.). 

MGr (By.). — Marque. V. F. Lore n. 

M£rancolie (Mj.), s. f. — Melancolie. Corr. 
du mot fr. Syn. Marmouserie. 

Hist. — On trouve m£rancolie an xv* s. Frois- 
sart, Ch. d'Orl^ans. — Rab., Epblre a Jehan 
Bouehet, p. f>04 : 

« Dont nos espritz, taincts de merencolie * 

Mercaillere (Sg.), s. f. — Vieillerie ; mor- 
ceaux d6pareill6s de linge (M£n.). 

ilereer (Lg.), s. m. — Merrier. Syn. et d. 
de Marcier. 

ilerde (Lg., By.), s. f. — Faire sa merde, — 
prendre des airs avantageux et pince\s, faire 
le d^daigneux, la pimblche. Syn. de F. sa 
poire. || Y a de la merde au bout du baton. — Se 
dit quand, dans une famille, Tun des membres 
a commis une ind&icatesse que Ton ne veut 
pas pr^ciser. On dit : « Y a qu^q'chouse, j'sais 
pas que" au juste, mais, pour sur, y a de la 
merde au bout du baton. » || Lg/Voir des 
merdes, — en voir de dures. 

Merde-aux-eocus (Lg.), s. f. — Gomme de 
cerisier ou de prunier. I| Ou : Merde de coucou. 
Favre. 

Mere (Mj., By.), s. f. — Femelle, en general. 
Ex. : La mire abeille, ou aboille, — la reine des 
abeilles. || Mere oueille, — brebis qui a un 
agneau. || Mere vache, — vache a lait. || Mere 
nourrice, — nourrice. || On en fait pr6c6der 
le nom generique. Ex. : Eine mire lapine ; ils 
ont cinq meres vaches en sarvice. || Cete" serin - 
la, c'est eine mire. || Mire, — but au jeu de 
bouchon. V. au F. Lore. || Mire de vinaigre. 
V. Vinaigre. || Matrice, uterus. Ex. : La vache 
a pousse* la mere, — elle a eu un renversement 
de la matrice. Syn. de Maitresse-mire. || Lg. 
L'arriere-faix, Tenveloppe du foetus. Syn. de 
Emirure, DUwrance. || (Mj.) Jeter en mere, 

— jeter en vrac, en monceau irr^gul., — de 
la chaux, du sable, etc. || Mire embaucheuse 

— femme tres en dehors, boute-en-train. || 
Pomme de terre qui a 6t6 planted et qui a 
produit une pousse, touffe. 

Mere-goutte, s. f. — Vin produit par la pre- 
miere pression. V. Merjoux. 

Et. — « Non pas de Mera gutta (goutte pure), 
comme le disent Nicot, M&naoe, D. C. (vinum de 
mera gutta ; facon de parler inconnue en ce sens 
aux Latins). Mais on a dit> par excellence, Mere* 



goutte, comme Mere-perle et Mere-laine, etc. \* 
bourg-Meire-gOte appuie cette explication. (De la 
Monnoye.) — Mier ou mer £tait un adj. tres usite 
dans l'anc. langue : Or mier, or au premier titre 
V. Merjou. Major. 

Mere- tape- a-Ia-porte (Ssl.), s. f. — Sage- 
femme. — Syn. de Bonne-femme, Boune 
femme, Marchande de poupons, Grippe-lout- 
nu, Chasse-jemme. 

Mergeoile (Mj.), s. f. — Les journeliers 
appellent ainsi une sorte de mur de pierres 
calcaires, dont ils entourent l'oriflce supe>ieur 
ou gueulard, du four a chaux, en attendant 
le moment de les y jeter pour faire le comble. 
Ce mur annulaire forme comme la margelle 
d'un puits. — Corr. de ce mot fr. 

Bltrienne (Li., Br., Lue\ By.), s. f. — La 
me>idienne, le repos de midi. — Se dit du 
sommeil que prennent les personnes de la 
campagne apres le repas de midi ; cette sieste 
dure environ une heure avant la reprise du 
travail. — V. Marienne. — On dit : Faire 
mirienne, — dormir apres midi. 

Et. — Hist. — « Meridiana. Somnus meridia- 
nus. « Et en este, en temps de la Mericne, soient 
les hus de le parlour et de la gardein, et les fenetres 
dovers la cuisine clos, et ne soient pas diverts tant 
que home (on) soune a houre de none, qui sera 
change aprds la meriene. » {Ordre de Ciieawr.) — 
Dans la Regie de l'ordre de Saint- Victor, on lit que 
les freres qui font la merienne « doivent bien se 
garder de faire entendre « strepitum. » (D. C.) 

Meriennee (Lue\ By.), s. f. — Sieste. 

Merlnee (Lg.), s. f. — Meridienne, sieste. || 
Le temps qui suit le diner, les premieres heures 
de l'apres-midi. Syn. de Berinee, Mariennee. 
Contr. de ce dernier mot. 

Merjot, s. m. — Fruit a garder. Merjou* 
Cf. Mijo, Mijol, Mijou. Fruits a couteau 
cueillis a la main, conserves au fruitier pour 
y murir. — Mijoler, murir sur les planches 
d'un fruitier. Cf. Merjoux. 

Et. — Mer, — meiir. meur, mur?? — Mijoter, 
au Mans, murir sur la planche ; migeot, lieu ou Ton 
conserve les fruits. Cf. Murail. 

Merjou (Mr., Chz., Sg., Segr.), adj. q. — 
Nom donn6 a des pommes. « Les pommes 
sont bien merjolles, mures. jj Provision de 
pommes dont la cueillette a 6t6 faite a la 
main. V. Marjou. \\ Craon. — Pomrne a cou- 
teau. || Dos poires de merjou, — de conserve. 
Dottin. V. Mere-goutte. 

Et. — Maire est le comparatif de Magne (grand) 
au cas sujet : de la les express, suivantes : « Maire 
eglise, la principale :, maire p£ril ; maire s»<>ge : 
maire laine, la plus belle, la mieux nourrie. la 
mieux peignee. (L. C.) — P.-f\ faut-il comprendre 
Ma ire- jus? 

Meriand (Lg.), s. m. — Jeune merle. Syn. 
de Marlaud, Marloquias. 

Merle (Li., Br.), s. f. — Pour Mele. — Une 
nefle. 

Merlesse, s. f. — Femelle du merle. 

Hist. : 

« Janvier frileux, 
o Gele merlesse sur ses ocufs. » {Prov.) 



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MERLET— MfiTAI^ 



27 



Merlet (Lg.)» s. m. — Celui qui s'entremet 
pour un manage. Syn. de Rouche-croutes, 
Traine-chien. — Dans le Berry : Menon, 
Menin, Chien-blanc, Accordeux, Chat-bure, 
Tete-de-loup. — V. au F.-Lore, n. 

Merletter (Lg.), v. n. — Negocier un ma- 
nage. V. Merlet 

Merllee (Mj., Sal.), s. f. — Melasse. Syn. de 
Limonade. On pron. Me-er-line. 

Et. — Ce mot est sans doute pour Melline, de>. 
au lat. Mel, mellis, com me le fr. Melasse. — 
L'angl. a Metheglin, hydromel, qui n'est qu'une 
corr. de notre mot patois. 

Merliton (Mj., By.), s. m. Mirliton. 

Meriu, s. m. — Morue. Du merlu. Ou Mer- 
lus. N. A Mj., au Lg., le Merlus n'est pas du 
tout la morue, mais un beau poisson de mer, 
assez semblable au brochet, et qui se d£bite 
frais. V. Hatzp. 

Et. — D'aprcs Manage : Maris luscius, brochet 
de mer. Scheler preTere i'e'tym. de Joret : 
Merula + suffixe uceus, pour merlus ; merula + 
ucea, pour merluche. 

Hist. — « Pour ne.perdre l'eau sal6e 

« Du merlut quand il bouilloit, 
« De la soupe il en faisoit. » 

(Basselin, f, 44. — L. C.) 
Variante : Merlus, melue parde. — « Oalli merlu- 
cium, quasi maris lucium vocant. » (Scaliger, 
Animaux a" Aristote, p. 45. — EvElLLft.) 

Merotier (Fu.), adj. a. — Qui ne veut aller 
qu'a sa mere et fuit les visages strangers. 
« Mon queneau n'est pas merotier. » 

Merqu6, c mot angevin. Sens peu precis. 
Marqu6? de la petite verole? 

Hist. — 1628, 18 novembre. « . . .Fut enterre" a 
Poilte un homme merqute, qui n'a este* livre* a la 
sepulture catholicque pour n'avoir peu scavoir sa 
religion ne meurs, et pour n'avoir est6 adverty de sa 
maladie. » (//if. Arch., n, E, S, 273, 2.) 

Merr&ln (Mj.), s. m. — Engeance, vermine. 
Ex. : Les fumeroles, c'est ein vilain merrain. 

Mervellle (Mj.), s, f. — Sorte de crepe ou 
beignet en pate lev6e. On la pelrit dur, on 
l'6tale en plaque et on y decoupe des figures 
de toute sorte, qui se boursouflent dans la 
graisse bouillante. Ce sont les bottereaux de 
Saint-Paul. V. Marseille. 

Et. — Du lat. pop. Meribilia, alt£r. inexpliq. de 
Mirahilia. — Hist. « La collation fut composee 
d'echaudfe, de merveilles. » (J. -J Rousseau, //<?/., 
vi, 10.) 

Mesa main (a) (Lg.). — Du c6te le moins 
commode, le moins avantageux, a revers. 
Syn. de a Demain, a Desamain. De Amain 
avec le pref. pejor. Mks. 

Meschin, s. m. — Jeune serviteur. 

Et. — V° Mesquin. Jeune garcon, jeune fille, ser- 
viteur, servante. De l'arabe : maskin, pauvre, par 
1 'interme'd. de Pespagnol, mezquino. La s^rie des 
sens est : Pauvre, che'tif ; puis, jeune garcon, 
jeune fllle, considers comme faibles par Tape, et, 
par suite, serviteur, servante. — Hist. — « La 
damoiselle. . . chevauchoit moult richement, car 
elle avoit en sa compagnie ung escuyer et une 
meschine. » (Perctfor., vi, f° 82.) 



Meshui, Meshuit, Meshuy (Partout). — 
Adv. — De meshui. || Z. 171. Q. — De mes- 
huit, — de ma vie, de mes jours. — (Je crois 
qu'il y a erreur ; desormais, non pas : de ma 
vie.) = On dit qqf. Dermeshuy. — Maisbui. 

Et. — De magis hodie. — Hist, o Achevez le dis- 
cours de ce conseiller et meshui ne vous interrom- 
prai. » (B. de Verv., M. de p., ni, 58.) — « . . .Et 
semblablement la portion des conquests et meubles 
d'icelle femme se departira pour la premiere fois 
noblement, et a toujours mais, coustumidrement. » 
(Com. d'Anjou., art. 310, p. 209.) — « Meshuy, c'est 
fait. » (Mont., m, 29.) — « II demanda s'il pour- 
roit parler meshuy a la recluse : Sire, dirent-ilz, 
nenny, mais demain. » {Lancelot du Lac, m, f. 79.) 

— « Car meshuy les armes sont d£pos£es en haut . » 
(Hist, du vx tps, p. 110.) 

Mesir° (Tim.). — Prononc. Mzi, v. n. — 
Moisir. Syn. de Voirir, Vairir. 

ilesDll, s. m. — Chateau, grande habita- 
tion ; maison ordinaire, ferme. — Le Mesnil, 
nom de lieu. 

Et. — Mansionile ; mansus. demeure. 

Hist. — « Et ala quere sa pasture 

« L^s un mesnil. » (Ms. — L. C.) 

Mesnillon (Mj.), s, m. — Habitant du Mes- 
nil, bourg voisin de Montjean. On les appelle 
aussi les Sourciers du Mesnil. 

Messe (Mj., By.), s. f. — Avoir la messe, — 
etre ^rdonne pretre. Ex. : II ara la messe a 
No£l procheun. || Dire sa messe et la repondre, 

— causer tout seul. || Le chemin est de la 
messe, — prov., a l' usage de ceux qui arrivent 
en retard. j| Etre de messe, — aller a son tour 
a la messe. V. F. Lore, n, Suppl. Chemin. 

Et. — Quoique le mot soit trds francais, je 
donne cette etym., peu connue. « Missa ou Missio 
de*signait,*a Rome, dans le lang. civil, un acte ou le 
peuple avait a comparaitre devant un superieur : 
c'etait, a proprement parler, la formule de conge 
du superieur aux infe>ieurs ; cette etymol., a la 
fois historiq. et hierarchiq. , est la veriatable. 
(Nefftzer, Rev. Germ., xiii, 598.) Litt., Suppl. 

Messe, ee (Mj., By.), adj. q. — Qui a en- 
tendu la messe. « Vous vel& messL » 

Messier (Mj., By.), s. m. — Individu qui 
se rend k la messe ou qui en revient. Ex. : 
Vela les messiers qui S'en revennent par 
kgreneaux. Cf. Nocier. 

Mesure (Lg.), s. f. — Mesure. Pat. norm. 
id. || Craon. — Le 1 /2 decalitre. || (Mj.) — 
Mesure, id. 

Mesuree (Mj.), s. f. — Le contenu d'une 
mesure, soit le quart du boisseau ou double 
decalitre. || Ancienne mesure agraire qui 
etait le quart de la boisselee, soit 1 are 65. 

Mesures. — V. Folk- Lore, n. 

Met' (Chem., Mj.), s. T. — La huche. — V. 
Mate, Mai, Met, Mke. — T sonore. 

Hist. — Masc. dans Rab. « Et croissoit comme 
pate dans le met. » 

Metail (Mj.), s. m. — Alliage d'etain et de 
plomb durci par V antimoine dont on fait des 
cuillers. L'atliage ordinaire de plomb et 



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MfiTAIRIE — MEUBILIER 



detain ne prend pas ce nom. || Tim. — Me- 
lange de froment et d'avoine cultiv^s et 
r6colt6s ensemble. 

Et. — Le mot derive clairement du lat. Metal- 
lum, fr. M<Hal. Gf. Portal, Middle. D'autre part, 
l'acception de Tim. prouve que le fr. Meteil (me- 
lange de froment et de seigle), malgr6 la legere 
difference de sens, est le meme mot. Nous avons 
done les doublets : Mitail, Meteil, Medalle, M6- 
daille. L'anc. forme M6tail, selon Diez, accuse un 
type adj. metalleum. L'ancienne valeur de : m<§- 
tail, « composition de plusieurs me'taux », me fait 
plutot supposer un type barbare : mixtaleus, me- 
lange. (Cf. Meteil.) (Scheler.) — Hist. « Baptome 
de la cloche que la charite des habitants. . . a ren- 
due de la plus petite qu'elle estoit, la plus grande 
des deux, en y ayant ajoust£ le poids de 98 livres 
de mttail. (1664. lnv. Arch., S, E, m, 189, 1, m.) — 
Pour le d^chet du mtiail, qui fut de 34 livres d'aug- 
mentation, et la cloche n'en est gudre plus pezante. » 
(1650. lnv. Arch., S, s., E, p. 364, col. 2, m.) — Le 
conseil cantonal constate « qu'il n'existe plus, 
dans aucune commune, metail on partie de metail 
qui provient des cloches. » (Abbe Bretaudeau, 
p. 276.) 

Metairie (By.), s. f. — Compose" de cha- 
taignes, de pruneaux et de graisse d'oie, qui 
se mange avec l'oie ; ou : sac a guenilles (Segr.) 
Men. 

Medals (Lg.), s. m. — Metayer. Svn. et d. 
de Moitais. Nom de famille. 

M*tayer (Mj.), s. m. — V. Moitais. \\ Fig. 
Ver dans un fruit. || Du lat. Medietatarium, 
qui partage a moitte avec le proprtetaire. 

Mete (Tim.), s. f. — Sorte de jeu de mata- 
dor ou d'hombre. 

Motive (Mj., Lg., By.), s. f. — S'emploie au 
sing, et au pluriel. Moisson, recolte des 
ce>6ales. V. Motives. || Lue\ — Moisson faite 
par des journaliers paves en nature. || By. — 
Le temps de la mttive. 

Et. — Der. du lat. Messis, moisson. — Hist. 
« En la saison des moissons ou mestive. » (1422.) — 
« La mestive, et cueillette des grains ou des bles. » 
(Cout. gtner., i, 974.) Mestiver, Mestiveur, Mesti- 
vier. (L. C.) — « Accord... sur le partage de la 
dime de la moisson de l'Epinay mestive cujusdam 
medietare... que vocatur L'Espinei. » (1265. — 
lnv. Arch., S, H, 92, 2, m.) — « Declaration rendue 
par Etienne Falloux... par laquelle il reconnait 
devoir au prieur de Meron, dans la saison des 
metises, « un drap de lit blanc. » (1529-1789. — 
lnv. Arch., E, 267, 1, 12.) — « Laquelle a accou- 
che au Tertre, etant venue faire des metives. » 
(Id., S, s., E, 402, 2, h.) 

Maiver (Mj., Lg., By.), v. a. — Moissonner. 
V. Metives. 

Hist. — « Le suppliant mena sa vache en ung 
champ ou il mestivoit, et y avoit ble en iavelle. » 
(1455.) 

Metivier (Do.), s. m. — Moissonneur. || 
Craon. — Domestique qui se gage a la Saint- 
Jean, a la Saint-Martin. || Lue. — Celui qui 
fait la metive com. journalier paye en nature. 
Syn. de Motweux. 

Hist. — « Si j'ay trouve* aucun espy 
« Aprds la main as mestiviers 
« Je l'ay gland molt volontiers. » 

(Borel, dans L. C.) 



— « Ce faisant, j'espargne les sarcleurs qui 
gaingnent argent, les mestiviers qui boivent volun- 
tiers et sans eau. » (Rab., P., us, 2.) Eveiixe. — 
Celtiq. med, moisson. B. L. Mestiva. 

Metre (Mj., Tim.), s. m. — Bouteille de vin 
d'ein metre, — d'un franc. Cf. Kilo. 

Mette (Mj.), s. f. — Maie, huche, p^trin. 
Ex. : Les loches ont tout librodk la mette. V. 
Maie, Met. Ital. Madia. 

Hist. — « Chaalis a gesir 

« Et la met a pretir. » 
(D. C. — Lit pour se coucher, et maie pour petrir.) 

— « G'est parce que ma nourrice avoit les tettins 
molletz ; en la laictant, mon nez y enfondroit 
comme en beurre, et la s'eslevoit et croissoit comme 
paste dedans la meet. » (Rab., G., i, 40.) 

Alettes- vous. — Pour : Mettez-vous. 
(By., Mj., etc.) Cf. Voules-vous. 

Mettont. Pour : mettent (Z. 139). — La 
3 e pers. du plur. ent se prononce souvent ont, 
ou ant. 

Mettre (Mj., By.), v. a. — Mettre de l'ar- 
gent, — en d£penser. || Sp. — Se mettre. v. 
r6f. — en pari, de la terre, se travailler ais6- 
ment, s'ameublir. || (Mj.). — Mettre par eau, 

— une seine, — la mettre a l'eau, la tendre. 
Les pecheurs disent absolument. On va 
mettre par eau. C'est le contraire de : Essaiver. 
|| Mettre dans la main, — dire son fait a qqn. 
II Supposer, admettre. Ex. : Y ara du vin en 
masse, mettons, mais faut en trouver la d^faite. 
|| Mettre sus, — mettre une enchere sur. Ex. : 
J'ai mis sus ein bois de lit, mais je ne l'ai 
point ieu. || Absolt. — Se le faire mettre, — se 
faire attraper, duper. || v. r6f. — Se mettre 
au tard ou dans le tard, — s'attarder. || Se 
mettre a la haute heure, — s'attarder dans la 
matinee. !! Se mettre a la basse heure, ou : 
dans la b. h. — s'attarder dans la soiree. X. 
iV' Abassheurer. \\ Mettre pour, — fixer a. 
Ex. : J'ai mis ma buee pour les mitans jours 
de la semaine procheune. || Absolument. Le 
mettre a qqn. — le duper. !| Mettre a ne pou- 
voir servir, — un objet ; l'abtmer de telle 
sorte qu'il soit inutilisable. || Mettre a cul, — 
ruiner definitivement. 

Hist. — Depenser. « Le suppliant demanda a 
icelle Jehanne : Qu'avez-vous fait de l'argent que 
vous avez receuz? Laquelle lui respond! qu'elle 
l'avait miz et qu'il n'avait que faire ou elle Pavait 
miz. » (1409). — Le v. lat. Mittere veut dire : 
payer dans une Charte de 1223. — (D. C.) 

Metz, s. f. — Fond du pressoir qui recoit la 
pomme pil£e (Segr.). Men. — V. Maie, Met, 
Meyt, Mette. 

Meu (Mj.), s. m. — Moyeu. Ex. : J'£tions 
engombes jusqu'aux meux. Vieilli. Syn. et d. 
de Meeu. 

Et. — Doubl. du fr. Moyeu, par une serie de 
contractions. Lat. Modiolus, moyeu, dimin. de 
modius, boisseau, par assimilat.' de forme, et 
modius tient au Sanscrit Ma, mesurer. Cf. Mouil- 
leul. 

Meubiiier (Mj.), s. m. — Mobilier. 

Eti — Doubl. du mot fr. ; intermddiaire entre 



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MEUDRE — MIAOUNER 



29 



celui-ci et le fr. Meublc. — Cf. Douleureux. V. 
Mebilier. Le vx fr. etait moeble, mueble. 

Meudre (Mj., By.), v. a. — Moudre. Part, 
pas. Molu. Berry, meudre. Lat. Molere. Cf. 
Meule. 

Meue (Mj.), s. f. — Doubl. du fr. Moue. V. 
Meugne, Meugner, Meugnard. — Syn. de 
Mue, Pot. 

Meugnard (Mj.), adj. q. et s. — Qui fait, ou 
qui aime a faire la moue. — De Meugner. 

Meugne (Mj.). s. f. — Moue. V. Meue ; c'est 
ce mot avec Pe final fortement appuye. || Sal. 
Faire la meugne, une grimace avec les levres. 

Nengner 1 (Mj.), v. n. — Faire la meugne. 

Meugner * (Mj.), v. n. — Meugler, beugler. 
Derive de Meugne ; mais sens difterent du 
prudent. 

Meugnot' (Mj.), s. m. — Petite moue. Syn. 
de Pot, Pateugne. Der. de Meugne. 

Meule (Lg«), s. f. — Assemblage de plusieurs 
paquets de lin attaches ensemble pour le 
rouissage. A Mj. on dit : Barge. — N. Vn tas 
de lin, dans les champs s'appelle, comme a 
Mj., Mouche. 

Et. — Du lat. Meta, borne, colonne, cone, par le 
dimin. Metula. Moles doit <Rre rejete. 

Me u mere (Ti., Z. 159), s. f. — Grand'mere. 
Syn. et d. de Mime. 

Meunler (Lg.). — Hanneton. Syn. de Can- 
neton, Bigaud. \\ Nom vulg. du cafard, insecte 
qui vit dans la farine. || By. — Non, mais le 
t6n£brion, dont la larve, appelee vulgaire- 
ment Teigne de boulanger, se rencontre dans 
les coins des moulins, des boulangeries, parmi 
les poussieres non balayees de farine, de son, 
voliere, terre, etc. 

Meuniere (Lg.), s. f. — Sorte de cotonnade 
qui se fabrique a Gallard et sert a faire des 
blouses, tabliers, etc. Comme le menage, elle 
est a raies bleues et blanches, mais plus larges 
parce que la chatne est double. 

Meur, e (Lg.), adj. q. — Mur, parvenu a 
maturity. Ex. : Les moures ne sont pas meures. 

— V. Jaub. ci-dessous. 

Et. — Meur, dans un grand norabre de dia- 
lectes. Lat. Maturus. — On lit dans Beze : a Meur, 

— I'usage s'est introduit de prononcer : mur. » — 
xnr 5 s., meur ; xv* ,meur. (Litt.) — « Cueillir les 
fruictz quand ils sont meurs... ; marier les filles 
quand elles sont meuses. » (Rab., P. — Jaub.) 

— Dans Corneillk : Meurt. 

Meurgers. — Au xvn e siecle, ce nom se 
donnait aux garennes de lapins, aux envi- 
rons de la Poueze : « Le lieu, maison, courtil, 
f)lesser, faulx et meurgers a conn ins, terres, 
andes, etc., etc. (Mfr*.). 

Et. — Litt., Suppl. — Nom, dans la Cote-d'Or, 
de tas de pierre. Le meme que Murger. — Merger, 
en Basse-Bourg. 

Meurir (Lg.), v. a. et n. — Murir. — Pat. 
norm. id. 



Menrs (Mj.), s. m. — Murs, commune voi- 
sine des Ponts-de«Ce\ || Plur. de meur, adj. q., 
mur. 

Hist. — « Voudrez-vous bien vous porter du 
cdte de la chaussee de Mceurs. » (Ordre du jour 
signe : d'Autichamp de Flkuriot.) (C. Port., 
Leg. de Cath., p. 267.) 

Meurtre (Lg.), s. m. — Bruler en meurtre, 

— se consumer lentement. — N. Cette 
curieuse loc. est le syn. exact du montj. 
Bruler a feu mort. 

Meux (Va.), ad. — Mieux. 

N. — Les Varannas, bonifaces, disent toujours : 
C'est bien meux. C'est un theme de plaisanteries 
pour le montj. qui, lui, ne malin, ne manquerait 
pas de dire : C'est ben mieux. Et, dame, c'est le cas 
4e dire que c'est ben mieux ! En fin finale, comme 
dit le prov., c'est le chaudron qui reproche a la 
marmite qu'elle a le cul noir. — Forme vieillie a 
Mj., encore en usage a Saint-Germain-des-Pres 
(Varanne). — Hist. Deux anges leur chantaient 
belle musique : 

« Meux quiquou Clergeon. » 
Mieux que ces clercs. — Noels popul. — Lat. : 
melius ; a. f. melz, mielz, mius, miex, etc. 

Mevin (Mj., By.), s. m. — Vin de seconde 
cuv^e. Pour : Mi-vin. 

Me-voiei-me-voila (Mj.), adj. q. et s. — 
Nonchalant, insouciant, apathique. 

Meyaude, s. f. — « S'i faut que j'aille a la 
boucherie, j'vas passer eine jupe ; j'voudrais 
pas y aller comme ca, j'arais Far d'une 
meyaude. » (Leg.). — V. Meillaud. 

Meyt, s. m. — Maie. V. Met, etc. 
Hist. — Meyt. (Charte de 1476, dans D. C, sous 
Madia.) 

Me z a main (a). — Loc. adv. V. Desamain, 
Mesamain. Chose qui est gauche a faire, qui 
n'est pas a Vamain. 

Mezan, e (Segr.), adj. q. — Lourd, epais 
d'esprit. (MtN.). 

Meziau (Segr.), ad.j q. — Mezeau, ladre, 
en pari, d'un pore. 

Et. Hist. — « Du lat. Mesellus, dim. de Miser, 

f>auvret, puis : lepreux. « Si misellus vel misella, 
eprosus vel leprosa recipi in domo voluerit. » 
1254. (D. C.) Vx fr. Mesel, mezel ; plur. : mezeaux. 

— On se rappelle la fameuse reponse de Joinville 
au roi saint Louis. 

Mezir° (Tim:). Pron. Mzi, v. n. — Moisir. 
Syn. de Vcrrir, Vairir. Doubl. du mot fr. 

Et. — Lat. Mucere, qui vient de mucus (comme 
plaisir de placere, etc.) — Lat. pop. Mucire. 

Miaehee (By.), s. f. — Nourriture quisemble 
avoir 6t6 machee. V. Mideher. 

Miacher (Li., Br., Mj., By.), v. a. et n. — 
Manger lentement, en triturant avec force les 
aliments. i| Macher. C'est le correspond, du 
mot fr. par F^penthese d'un i, qui en fait une 
veritable onomatop^e. Syn. de Pidcher. 

Miaduner, v. n. — Miauler (Li., Br.). — Le 
chat miaoune ; miaule, prononc6 mi-a-aule. 
Cf. Miauder. 



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30 



MIAUDER — MIETTE 



Miander (Mj., Lg.), v. n. — Corr. du fr. 
Miauler. Doubl. du mot fr., et, comme lui, 
tres probablement onomat. V. Miaouner. 

Micale (Lpos ), s. m. — Enfant malingre. 
Syn. Chwrille, Miser tie, Chat-grille. 

Micfimean (Mj.), s. m. — TSte, conside>6e 
comme le siege de la volonte\ Ex. : II ne le 
fera pas, s'il ne Pa pas dans son micdmeau. 
Syn. de Ciboulot, Gogue. Cf. Incamo. 

Mica mo, s. m. — Tasse de mauvais caf6 
avec eau-de-vie. — De meme Ille-et-Vil., 
Orain. Syn. Cafeton. 

Micanicien (Mj.), s. m. — Mecanicien. 

Micaniqne (Mj.), s. f. — M6canique, ma- 
chine, engin. 

Micaniser (Mj.), v. a. — V. Mecaniscr. 

Micee (By.), s. f. — Sorte de pa tee faite en 
brassant ensemble des debris de legumes, du 
son, du pain mouille\ etc., et qu'on sert aux 
animaux (volatiles) de basse-cour. Pour 
Miscee, du lat. Miscere (Po., Ag.). (N. Je ne 
crois pas. R. O.) V. Mincke. 

MIcer (Mj.), v. a. — Doubl. de Mincer, 
Minzer. 

Michaud (Mj.), s. m. — Petite moue qui, 
chez un enfant, annonce les pleurs. On dit : 
Faire son michaud. Syn. de Pot, Meugnot, 
Pateugne. \\ Nom de famille, corrupt, de 
Michel. 

Miche (Mj., By.), s. f. — Pain tendre, qu'on 
fabrique par pains de deux livres, divises en 
quatrc demi livres qu'on d£colle les unes 
des autres. En ville on les fait surtout a 
Pusage des gens de la campagne qui, les jours 
de marche\ demandent au restaurant « deux 
sous de miche » pour leur repas. Le bon 
pain ! — II est bon et tendre comme de la 
miche, dit-on de quelqu'un. || Fig. Manger de la 
miche rSpond au franc,ais Boire du lait, c.-a-d. 
prendre plaisir a entendre des compliments, 
des flatteries. || Pois a la miche mollette, 
sorte de pois tres sucr6 qui est, je pense, le 
pois rid6 de Knight. On l'appelle a Sp. pois 
sucre. || By. — Pois sucrin, dans les cata- 
logues. 

Et. — Ne peut venir de mica, qui a donn6 mie. || 
On dit qqf. Bois miche. V. Micht. 

Miche (Z. 134, Q., Mj., By., Tim.), adj. q. 
— Qui tient de la miche. Se dit d'un ram- 
mollissement que subissent les radis, 
navets, etc. qui leur fait perdre leur quality. 
|| Tim., By. — Dont la pulpe a pris la texture 
*t la consistance de la mie de pain. Se dit des 
plantes racines (navets, betteraves) trop 
avanc^es. Sube>eux. Syn. de Liege. — Du fr. 
Miche. — V. Bouhe. || By. — Se dit du bois 
blanc, surtout du saule qui, ayant vieilli, a 
perdu toute consistance. a Le bois miche ga 
iait du mauvais feu, tout de suite ca n'est pus 
que de la cendre. » On dit : se micher, etre 
miche\ 

Miche-au-lievre (Lg.), s. f. — V. Pain au 
lievre. Orobanche. 



Micher (Sp.), v. n. — Devenir sube>eux, en 
pari, des plantes racines ou des fruits. V. 
Michk pour Pexplicat. 

Miction (Mj.), s. f. — Michel, employ^ com. 
nom de femme. 

Hist. — « A Jehan d'auergne, cordouanier pour 
dix paires de solliers qu'il a bailees... C'est 
assavoir deux pour nous, une pour Michon la 
Folle, une pour Triboullet. » (Comptes de J. de 
Laval, 1455-59. — Anj. hist., i, 400, 17.) 

Mi-comble (Lg., By.). — Mode de vente du 
ble\ etc. II y a : comble, mi-comble et ras. V. 
Mi-rez. 

Midi (Mj., By.), s. m. — Chercher midi a 
quatorze heures, — ch. des difficulty ou il 
n'y en a pas ; ch. pouille. || Entre midi et la 
Croix-varte, — dans un lieu ind6termin6. La 
Croix- Verte est un nom de lieu tres usite\ Fau- 
bourg de Saumur, p. ex. || Auv., Sal. — 
Cigale, criquet, grande sauterelle verte. Syn. 
de Lundi, Sonne- midi. || Fig. — Le midi d'ein 
devanteau, — le milieu du devant d'un 
tablier. || En midi, — au sud. Ex. : Saumur 
est en midi de la Loire. Syn. de En mar ; N. 
— On dit de meme : En galarne, en a-haut, 
en a-bas. || On prononce souvent : Midit, avec 
un t, et sonore. Par analogie, sans doute, avec 
Minuite (Li., Br.). — Pas a Mj. || Chacun 
connalt midi a sa porte, c.-a-d. sait comment 
il doit agir suivant ses ressources. Ce pro- 
verbe doit dater du temps des cadrans so- 
laires, souvent 6tablis au-dessus de la porte de 
la maison. — N. Les cadrans solaires 6taient 
a peu pres inconnus a la campagne. Mais il 
n'est pas une m^nagere qui ne connaisse, a 
cinq minutes pr&s, Pheure de midi, par 
Pombre ported des jambages de sa porte 
(R. O.). V. F. Lore, vra, 1, 69. 

Mieiliee (Z. 179. Cz.), s. f. — Confiture de 
miel et de fruit. 

Miel (Mj., By.), s. m. || Interj. Euphemisme. 
pour le mot de Cambronne. S'emploie pour 
marquer le depit, la colere. C'est un succ£- 
dan6 edulcor^ et parfum^ du mot l£gendaire. 

Midler (By.), v. n. — Fletrir, dessecher. 
J'avions un beau champ de pataches ; elles 
poussaient si ben ! Est venu un temps de 
brime, elles ont miellk tout d'un coup, en 
huit jours ; elles ont detrknk, et elles ne sont 
pas venues plus grousses que des canettes. » 

Et. — Pour nieller, de nielle. 

Mielprin (Mj.), s, m. — Nerprun. Corr. du 
mot fr. Prune noire. — Bat. Rhamnus. 

Micrge, s. f. — Vulg. Nielle. Lychnis. 
Et. — Nigella planta, plante noire. 

Miette (Mj., By.), s. f. — Fig. Tres petite 
quantity. Ex. : N'y a pas eine miette de vin 
ae reste. fa n'a pas eine miette de rime. \\ Eine 
miette, — s'ajoute aux verbes ; loc. adv. 
n6g. — Ex. : 11 n'entend pas eine miette, — il 
est sourd comme ein pot. || Eine miette, — un 
peu. Lue\ — Si j'avions eine miette de temps 
(Z. 152). — Je la cr6 eine miette sorciere. — 
Dimin. de Mie. 



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MIETTON — MIL 



31 



N. philolog. — Le patois emploie Miette et 
Mion, exactement comme le fr. faisait, autrefois, 
Mie, qui en est le synoni On retrouve ici la meme 
figure de mots que pour le fr. Pas, Point, Goutte, et 
pour le pat. Brin, Idee, Larme. 

Miction (Mj.), s. m. — Bouillon ou lait 
melange* d'un peu de pain qui reste au fond 
de la soupiere ou du plat. 

Mieun, mieune (Mj.), pron. poss. — Mien, 
mienne. Ex. : C'est 5a ta casquette, et pis 
c'est ca la mieune. V. Men, Tieun, Sieun. 

MIeux (Mj.), adv. — S'emploie parfois avec 
plus. « Le pus mieux. » 

Mifurc (Mj.), s. f. — S'emploie dans l'exp. 
Faire mifure, — faire merveille, faire floras. 
!j On dit aussi : fa n'est pas mifure ; — ce 
n'est pas merveilleux. 

Mig&illere (Mj.), s. f. — Poche sans fond, 
placed sur le c6te* droit ou en avant de la 
robe, et qui sert aux femmes pour cer.tains 
soins intimes. V. Chattire, Poche -aux- puces. 
Syn. de FergdilUre, FerndilUre. — Se trouve 
dans Favre (Poitou). 

Migeoter, v. n. et a. — A plusieurs sens. — 
Murir sur la paille, en pari, des nefles. i| Cares- 
ser, soigner. f| Cuire a petit feu, — franc, en ce 
sens, raijoter. 

Etym. — Incert. — Le Berry a : mije\ mijat, mi- 
jot, pain ^miette" ; mijou, mangeur de mie ; mijoter 
ne serait-il pas : require comme en mie? mije est, 
d'ailleurs, une des formes de mie. — Au Mans, 
migeoter, murir sur la planche ; migeto, lieu ou 
Ion conserve les fruits. — (Litt.) — Mijoter, cuire 
doucement, comme murissent les fruits. (Cf. 
Mitouner, de mitis, doux.) Mijoter pourrait bien 
venir de : mitigare, rendre doux, murir, amollir, 
aui serait passe* dans qqs patois sous la forme miger ; 
derive" : migeoter, mijoter, laisser murir, devenir 
tendre : puis : traiter doucement. Le mije\ du pat. 
du Berry, comme le miton, de qqs autres provinces, 
employes pour la partie molle du pain, se d£dui- 
sant difficile me nt de : mica, mie, tandis que, par : 
mitigare et mitis, nous arrivons a l'id6e ronciere : 
mou, tendre. » (Scheler). — Mijo, mijol, mijou. — 
fruits a couteau, cueillis a la main, conserves au 
fruitier pour y murir. — Lieu ou l'on conserve ces 

fruits. Mijoler, — murir sur les planches d'un 

fruitier. Un fruit : mijole est un fruit comple- 
ment mtir, qqf. pres de pourrir. — Au fig. : « De- 
puis qq. temps, je migeolais dans mon esprit le 
projet de faire un dictionnaire de la langue laval- 
loise. » Faire cuire a petit feu, mijoter. (Dotctn.) 

Mignoeher (Mj.), v. n. — Pignocher, faire 
la petite bouche, manger en rechignant et du 
bout des dents. — Forme adoucie du fr. 
Pignocher. Du fr. Mine ; Mignoeher, c'est 
faire des mines, des simagrees. — N. Pigno- 
cher a, dans le pat, un sens tout different et 
du reste bien plus conforme a son 6tymol. 
que celui qu'on lui attribue en fr. — Pour : 
Minocher. Syn. et d. de Miocher. Cf. Jaub. a 
Migner. 

Mignon, oune (Lu6, By.), adj. q. — 
Domestique, en pari, des animaux. Ex. : des 
lapins mignons. — Cf. le fr. : Avoir de l'ar- 
gent mignon, c.-a-d. disponible. || Sp. Facile, 



agre*able. « Vela ein travail qui n'est pas 
mignon a faire ! » 

Et. — De rac. celtiq. et all., dont le sens primitif 
paralt etre : gracieux, donnant de l'amour. — 
Dain mignon. (Cotgrave.) — Hist. « Icellui Pari- 
set requist le suppliant qu'il lui voulsist prester 
2 escus d'or en lui disant qu'il avait de 1'argent 
mignot. » 

Mignonner, v. a. — Amignonner, mignar- 
der ; cajoler qqn, faire son calin aupres de lui 

(MfiN.). 

Mignonnet (Mj., By.), adj. q. — Assez 
mignon ; d&icat. || Trefle mignonnet, — 
espece de trefle commun dans les paturages 
et que Ton sdme parfois dans les champs. On 
Tappelle aussi, simplement : Mignonnet. Syn. 
de Petit-Muguet, Meguet, Minette. \\ Trifolium 
procumbens, id. y pour le melilot. (MtN.)- 
C'est le Mignonnet jaune de Batard, qui 
appelle Trifolium arvense le Mignonnet blanc. 
Hist. — « Tout mon gracieux orgueif, 
« Toute ma petite brunette, 
« Toute ma douce mignonnctte. » 

(Ronsard, 143.) 

Mignotter, v. a. — Caresser. 

Hist. — « Acolloit, embrassoit et mignotoit les 
coqs blancs, comme s'ils eussent est£ ses freres. » 
(L.C.) 

Mignonne (Li., Br.), s. f. — On dit, par 
ironie, qu'elle est : la mignoune au chat, 
quand une petite fille, p. ex., a 6te* m^chante, 
et qu'elle vient caliner sa mere en lui disant : 
J'suis mignoune, maman ? j| By. — Id., 
mignonne. 

Migole (Cho.), s. f. — Jeu de migole. 
L'ecot sert a payer une soupe au lait. V. 
Migolee. \\ Sal. Soupe au lait. 

MigoMe (Lg., Mj., Chi., By.), s. f. — PlateV 
grande e'cuelle'e. — Ex.: lis mangeaient eine 
grande migolee de choux verts. — Syn. de 
Mazarinbe, Fribolee. 

Migouri (Lg.), s. m. — Jeu d'enfants. 
Ex. : Les gars, qui veut jouer a migouri ? — 
N. V. F. Lore, vn. 

Migonrit' (Mj., By., Sal.), s. m. — Marme- 
lade, compote, confiture de fruits. || Fig. 
Tout melange a la fois 6pais, humide, gras 
et gluant. — N. Le nom de confitures ne 
s'applique qu'aux gele*es de fruits. I| Mac6- 
doine ; galimatias, margouillis. || Lg. M6- 
lasse. Syn. de Merline. On 1' appelle aussi : 
Migourh a Vaune, parce qu'elle s'6chappe 
en filets sans fin. \\ Lg., By., t muet. 

Wigouritee (Mj.), s. f. — Grande quantity 
de Migourit ; mac^doine. |) GalimaWe, sal- 
migondis. Syn. de Mazarinee. 

Migraigne (Mj., By.), s. f. — Migraine. 
Hist. — « Comme s'il eust fievre migraigne 
« Ou quotidiane ou quartaine. » 
(Fabl. de S. G., f° 64. — L. C.) 

1 Mil (plat de ) s. m. — Tres connu a Angers 
et au Lg., ainsi qu'a Mj. autrefois. 



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32 



MILLARD — MINE 



Hist. — « Un dessert qui se rencontrait, autre- 
fois, chaque dimanche, sur la table de tous les arti- 
sans poitevins, c'£tait le plat de mil. II se composait 
de laitage, additions de la graine £corc£e du 
millet, et cuit a une douce chaleur. » {La Trad., 
p. 85, 1. 9.) — V. Milliere. || By. 

Millard, miyard (Mj., By.), s. m. — Panic 
vert. — Mauvaise herbe de la famille des 
graminees, tres commune dans les parties 
sablonneuses des bords de la Loire. — Syn. 
de Meillasse. || Bat., id. 

Et. — Bu fr. Mil ; le millard ressemble au Mil ou 
Millet. 

Mille>, s. f. — Plat de millet bouilli au 
lait, qui se mange le soir apres Yirusske. 

Mille-goule (Mj.), s. m. et f. — Personne 
tr6s bavarde, insupportable. Ex. : Vas-tu te 
taire, sapr^e mille-goules 1 (N. — Tr^s sou- 
vent f^m., memelorsqu'il s'agit d'un gar$on.) 

Mille-pertns (Mj., Lg.), s. m. — Mille- 
pertuis. V. Pertus. 

Millere, my-yere, s. f. — (Lue\ By.) 
Bouillie de mil et de lait. 

Miller! (Tr., Z. 138), s. m. — Sorte de lai- 
tage fait avec du millet. 

Millet (Mj.), s. m. — Maladie de la bouche 
des enfants, caracte>is6e par Tapparition sur 
la langue et au palais de petites pustules 
blanches, confluentes, de la grosseur d'un 
grain de millet. De la le nom. On dit aussi, 
par corrupt. : Muguet. 

Mllleur (Mj., By.), adj. au compar. — 
Meilleur. A vieilli. " — Pat. norm. : Milieu, 
miyeu. || By. Et milieux. 

Hist. — « En avoir le milleur », c.-a-d., le dessus. 
(Froiss., vi, 271.) 

Millot, s. m. — Pain Sgrene* dans du lait, 
comme du mil. (M£n.), 

Mi ml (Lg.), s. m. — Chat. || Petite esp£ce 
de trefle. Syn. de Miton. || By. — On dit : le 
mimi, la mimite. 

Mimit', mimite (Mj.), s. m. — Nom enfan- 
tin ou caressant donne* au chat. De>. de Mitte 
(Mitis, doux), par redoubl. de la premiere 
syll. Cf. Bubule. Syn. de Minet, Minot, Mimi, 
Mistigris, Mitaud, Moute, Moumoute. || Lg. 
Chaton du saule. Syn. de Miton. 

MI moire (Mj., By.), s. m. — Memoire. N. 
Cette forme est employee par qqs personnes. 
Les Bret, aussi disent : Mimoe>. 
Hist. — « La dame en qui piti6 est tote, 
« Quand vit qu'il ne veoit gote, 
« Qu'il n'avait ne sens ne mimoire. » 

(RUTEBKUF.) JAUB. 

Mlna (Auv., Mj.), s. m. — V. Minard. 

Mlnage, s. m. — Droits de minage sur la 
vente des farines sur les marches. 

N. — Les seigneurs forcerent leurs vassaux a 
vendre leurs farines dans un certain lieu dit : 
minage. II y avait des minages en Anjou, a Brissac, 
Rochefort, etc. ; a Rochefort, le droit de minage 
6tait d'une ecuell6e par setier de farine. (Dottin.) 



Hist. — « Au milieu du marched . . ils conver- 
saient longuement et par groupes... attendant sou- 
vent que les chalands vinssent, les premiers, leur 
demander le prix de leur ble\ ou les contrai^nissent 
mt'me a se rendre sur la place des approvisionne- 
ments, dite : le Minage. » (Deniau, Hist, de la 
Vend., i, 63.) — Abreviat. de H^mine, en : mine, 
par apherese : 1 /2 setier : 78 litres, 73. Le minot en 
etait la moitie, 39 lit. 30. (Litt. — Suppl.) — 
« Minage, est de chacun boisseau vendu une 
jointee d'iceluy grain, en assemblant les deux 
paumes de la main ensemble. » {Ordonn., v, 464. — 
L C.) 

Minager (Mj.), adj. q. — Manager, ere. Cf. 
Giner. || By. Mein-nege\ mein-negdre. || V. 
actif, — manager. 

Minant, e (Mj.), adj. verb. — Qui epuise. 
Ne s'emploie gu&re qu'avec le mot : fUvre, 
dans la loc. : Fi£vre minante, — f. hectique ; 
f. sourde. 

Minard (Sp.), s. m. — Ne s'emploie que 
dans l'express. prov. : La bande a Minard. 
On appelle ainsi les families d6pensi&res. A 
Auv. et Mj. on dit : La bande a Mina. 

Et. — De>. de Miner, ruiner. — Y aurait-il une 
allusion aux bandes du c&ebre chef de partisans 
espagnol Mina ? 

MInaud (Mj.), s. m. — Visage. N. Ne s'era- 
ploie que dans la loc. Bardoul6 minaud, — 
6pith£te ou interpellation souvent adress^e 
aux enfants dont la figure est barbouille*e. V. 
Bardouler. \\ Lg. Chat. Syn. de Mimi, Mimitte, 
Miton, etc. 

Et. — Ce mot, tres voisin du fr. Minois, der. 
comme lui du fr. Mine. II est la rac. imm6diate du 
fr. Minauder. 

Mince ! (Mj.), — Ejaculation qui marque 
T^tonnement, l'admiration, l'incr6dulite\ et 
Tahurissement. — Ah ! mince, alors ! || Ces 
exclamations varient tous les deux ans. — 
Ah ! ben, gu^ere. — Penses-tu, che>i? etc. 

Mine6e (Lu6), s. f. — Pat6e de pain ; herbe 
hach6e, etc., pour les canards. 

Mincer (Z. 152, 159, Ti., Sal.), v. a. — Ecra- 
ser, briser. Syn. et d. de Minzer, Micer. \\ By. 
— Require en miettes. 

Minehe (Lg.), s. f. — Bouchon, ou petit 
morceau de bois pose" debout a terre, et que 
Ton abat avec des palets, apres avoir mis 
dessus qqs pieces de monnaie. Le jeu de la 
minehe n'est autre chose que le jeu de bou- 
chon. — Corr. du fr. M6che. — Syn. et d. dc 
Mache. Syn. de Mire. 

Mincher (se) (Tim.), v. r6f. — Se gener, 
s'appliquer. Syn. de Giner. S'efforcer. Ex. : 
Je me s6 minchi a boire une verre*e de vin. — 
Syn. de se Coger. \\ Lg. — Se garer, se garder, 
se tenir a l'6cart, 6viter de se compromettre. 

Mincredi (Mj., By.), s. m. — Mercredi. 
Corr. de Mecredi. Cf. Minprendre, Minprise, 
Minnuit. On pron. souvent Minquerdi. || Syn. 
et d. de Mekerdi. By. 

Mine (Mj., By., Ti., Z. 146), s. f. — De 
mine, loc. adv., petit a petit, a la sourdine. 



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MINEMENT — MIRETTE 



33 



Ex. : II s'est approch6 de mine. \\ Z. 146. — 
Deminede mine que, — au fur et a mesure. || 
Mine de rien, sans en avoir 1'air, sans faire 
semblant de. || Lue\ — de Mine, — peu a peu. 
Cest ein mal qui illi est venu de mine, 
insensiblement, insidieusement. 

Mine meat (Lg.), s. m, — Consommation, 
destruction. Ex. : L'biver, c'est le minement 
de tout. 

Miner (Mj., Lg., So., Sal., By.), v. a. — 
Consommer, mettre nors d'Stat de servir, 
user. Ex. : II m'en mine des culottes, cet6 
drdle-la. || Se miner le sang, — d'impa- 
tience, etc. '| Lg. — Se miner, v. r6f. Dispa- 
raitre peu a peu. Ex. : La neige se mine par 
un temps doux. 

Hist. — « lis bruslent, escartelent, d6capitent, 
meurtrissent, emprisonnent, ruinent et minent 
tout. »(Rab., P., v, 11.) 

Miiiet (Mj., By.), adj. a. ou s. aflixe. — Se 
dit dans Chou minet. Varied de chou non 
pomm6, cultiv6 dans certains jardins. — Le 
chou minet ressemble au chou vert, mais il 
est beaucoup plus petit et plus delicat. II se 
resseme lui-m$me. || Petit chat. || By. — 
Chou minet, obtenu par bouture. 

Minette, s. f. — Pour Minaud, petite chatte; 
feminin de Minet. || Lg. — Lupuline, espece 
de trefle a fleurs jaunes, cultive comme four- 
rage vert. Syn. et d. de Mignonnette. 

Et. — P.-e. l'animal qui fait des mines ; petite 
mine. — N. Diez range tous les vocables de cette 
famille dans celle de Menin ; LittkA dans celle de 
Mine. 
Hist. : 

i Mais tous ses mots ne me sont que minettes 
« Que souvent font les dames sadinettes 
« Aux pauvres sots qui ne sont pas rusez. » 
(xv« s. Cite par L. C.) 

Minier (Mj. ) s. m. Doublet du fr. 
Mineur, Touvrier. Esp. Minero. 

Hist. — « Je suis aupres des mines de la Chapelle 
de Montrelais, dont j'ay eu dispute avec un 
minier. » (1783, Inv. Arch., H, I, 105, 1.) 

Minlstre (Mj., Sp.), s. m. — Ane. V. Mon- 
sieur. Syn. de Bourdin, Bourrin, Bourricot. 

N. — Mulet de l'arm6e d'Afrique. II est charg6 
des affaires de PEtat. (D. Lacroix, cit6 par 
Delvau.) 

Hinkerdi (Mj., By.), s. m. — Mercredi. 
Vieux. Syn. et d. de Mincredi, Mecredi. 

Minnie (Mj.), adj. et adv. — M§me. Cf. 
Minnuit, Minpriser. — Minmement, — 
mSmement. IJ Minmement que, — et m£me, 
loc. conj. 

Minnuit (Mj., Ssl., Sp., By.), s. m. — 
Minuit. Pron. Min-nuite. Corr. de Menuit. Cf. 
Mincredi, Minpris. Syn. de Mknet. — Pat. 
norm. Mingneu. 

MinOt (Mj.), s. m. — Minet, minon, chat. 
Nom caressant ou enfantin. Syn. de Mimi, 
Mimite, Mistigris, Mitaud, Llite. || Nom que 
l'ondonnea plusieurs especes de trefles. (M6n.) 
V. Minette. 



Minon <Lg.), s. m. — Minet, chat. ^yn. V. 
Minot. 

Minprendre (se) — (Sp., Mj.), v. r6f. — Se 
m6prendre. Cf. Minpriser. — Lat. Minus pre- 
hendere. 

Minpris (Sp., Mj.), s. m. — Mepris. V. 
Minprendre. 

Minprise (Mj., By.), s. f. — Meprise, inad- 
vertance. 

Minpriser (Sp., By., Mj.), v. a. — Mepri- 
ser. 

Mins, minse (Mj.), part. pas. — Mis, e. 

N. — Ce mot, que j'ai encore entendu couram- 
ment employer par les tres vieilles gens, est main- 
tenant inusit6 a Mj. — Corr. du fr. Mis, mise ; du 
lat. : Missus ; par assonance avec Prins. 

Hist. — a Sepulture de deux pauvres, d6c6d6s 
a la maison de la Croix- Rouge, apres avoir et6 
mins hors de l'hospital Saint- Jean. » (1650. — 
Inv. Arch., E, n, 61, 1.) — « Lad. Bridault fut 
prinze et minze prisonniere. » (1618. Id., ibid., 
196, 1.) — Nombreux exemples. 

Minuceries (By.), s. f. — Minuties, choses 
de peu d'importance. V. Mlnusseries. 

Minzer (Mj.), v. a. — Mincer; ecraser com- 
pletement, require en bouillie, mettre en 
miettes, pulveriser. Syn. et d. de Micer. — 
Cf. Jaub. a Mainser. Pat. norm. Mincher. 

Mioehee (Sa.), s. f. — Sorte de soupe a la 
pie, mais au cidre. Se dit mieux vers B6con, 
La Poueze, Vern. — V. Miottie. 

N. — II paratt que, aux environs de Poitiers, la 
soupe a la pie s'appelle Migt. — Le mot Mige 
fournit la transition entre Mioehee et Bijane 
(Bigeanne). 

Mioeher (Lg.), v. n. — Pignocher, manger 
en rechignant. — Syn. et d. de Mignocher. 

Mion (Sp., Do., Bl., Slg., Li., Br., Mj., Sal)., 
s. m. — Tres petite quantite. || Ein petit mion, 

— un tantinet. Petit reste sans valeur. 

Et. — Syn. de Miette, donnee par un diet, de 
1604. V. Godef. — Pat. norm. Miot. — « On va 
donner ein petit mion de soupe au chien. » — 
Hist. « Un des affilies de la bande de Cartouche 
s'appelle » la petite Mion », ce qui equivaudrait 
a notre Gosse. » (W Temps, du 9 janv. 1904. — 
Alb. Sorel. Varices. Cartouche et Mandrin.) 

Miot. — V. Mion. Meme sens (Bg.). — Auv. 

— Ne s'emploie que dans l'express. : Miot au 
lait, — sorte de soupe formed de mie de pain 
tremp^e dans du lait froid. — Dim. du fr. 
Mie. — Cf. Jaub, a Mije. || Lg. — Petit reste 
de soupe au fond d'un plat. 

Miottce (Auv.), s. f. — Syn. de Soupe a la 
pie. V. Miot et Mioehee. Syn. de Bijane. 

Miracule, adj. et s. — Gueri par un miracle. 
V. V Union de VOuest, samedi 7 janv. 1877 
(M6n.). By. 

Mirener, v. a. — Admirer. (M£n.). 

Mirer (By.), v. a. — Des ceufs. Examiner 
par transparence s'ils sont frais. Lg. id. 

Mirette (Sp.), s. f. — Sorte de petite poire. 

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MI-REZ — MISTI 



Ex. : Ein poirier de rnirctte. l| Lg. — Piquet ou 
morceau de bois portant a sa partie sup6- 
rieure line planchette a bord horizontal dont 
on se sert pour niveler les terrains. — Syn. de 
Nivclette. — Der. du fr. Mirer, pris au sens 
de Viser. 

Mi-rez (Lg.). — V. Mi-comble. 

Mirgaillere, s. m. (Segr.). — Sac a mor- 
ceaux de guenilles(MeN.). — V. Migaillere, sens 
tout autre. • 

Mirlifichures (Z. 136, Q., Mj., By.), s. f. pi. 
Ne s'emploie qu'au plur. Ornements, tout ce 
ce qui sert a rornementation superficielle des 
maisons, vetements, etc. — Syn. de Miro- 
dures. Enjolivures. Dessin a la' surface d'un 
objet. 

Et. — Mirli est une altorat. de Miri : suffixe 
fichures? — Cf. Mirifique. — Hist. « Au reste, je 
vois en ceste ville mille petites mirelifiques a bon 
marehe qu'on apporte de Cypre, de Gandie et de 
Constantinople. » (Rab., l.cttre a Mgr de Maille- 
zais, p. G17.) 

Mirline, s. f. — Hotte de vitriers ambu- 
lants (Br.). Mir, du v. mirer, briller (Mfcx.). 

— A raprocher des Vitriers (chasseurs a 
pied) ainsi nomm6s de Yeclat de leur sac en 
cuir cir6 et frotte\ Syn. de Derouine. || Syn. et 
d. de Merline. 

Mlriitons, s. m. — Oreilles d'anes, Scabiosa 
arvensis. (M£n.). 

Mirobolant, e (Mj., By.), adj. q. — Eton- 
nant, merveilleux, admirable. 

Et. — Tire" plaisamment de Myrabolan? (Darm). 

— Myrabolans, sorte de fruit. Du grec Muroba- 
lanoc, glans unguentaria : 

« Quod nee Virgilius, nee carmine dixit Homerus 
« Hoc ex unguento constat et ex balano. » 

(Martial. — M£nagk.) 

— « Une jeune Gorinthiace qui m'avait apporte 
un pot de myrobolans emplies confits k leur mode. » 
(Rab., n, 144. — L. C.) — Ne vient pas de Mirari, 
mirus. 

Miroder (Mj., Z. 149, By.), v. a. — One- 
men ter, couvrir de dessins arabesques, niel- 
lures, tatouages. Sal. — Guillocher, orne- 
menter. || By. — Mirodk, celui dont la peau 
porte les traces de la petite ve>ole. Cf. Picote. 

N. — « Pour miroder un baton de neflter, on choi- 
sissait un scion de neflier bien droit ; on d^crivait 
sur ce scion, avec un couteau, une spirale en enta- 
mant la peau jusqu'au bois : on produisait ainsi une 
cicatrice ou le bois devenait plus £pais et formait 
torsade. » (Dott.) || On mirode encore (Sa.) les 
cannes de pommier ou poirier sauvage, apres les 
avoir 6corc6es, en les pr^sentant au-dessus de la 
flamme d'une bougie. On fait ainsi, autour des 
noeuds, des dessins circul aires, noir-jaunatres et 
indelebiles. 

Mirodures (Mj., By.), s. f. — Ne s'emploie 
qu'au pluriel. Ornements quelconques graves 
ou dessin£s sur 1'objet. — Arabesques, niel- 
lures, guillochis. — Ce mot a phi tot un sens 
d£pr6ciatif et donne l'id£e de mauvais gout. 
|| Sal. — II fait de belles mirodures ! — iro- 
nicjue ; il fait de belles affaires. — Ornements 
vams, superflus. 



Miroir. Pron. Miroue (Li., Br., Mj., By.). 

Hist. — « Un mirourr d'argent e^maillie , un 

pigne et m irouer d'y voire. » L. G. 

Mirza (Mj.), s. f. — Petites pendeloques 
en forme de poires, qui ornaient les croix des 
femmes en 1840. On portait alors des croix 
de mirza. !| Qqf. nom ne chien ou de chienne. 

Et. — Littr£, 2 e sens : bijou. Arabe : mirza, 
contracts de l'arabe : Emir, prince, et persan : 
zada, fils, — tils de prince. 

Misc*e .V. Mich (Ag., Segr., Po., By.). — 
« J'ai plusieurs poulets qu'on engraisse pour 
la cuisine ; avec du pain tremp6 et du son on 
leur fait une bonne miscee (mi-c6e) qu'ils 
mangent avec avidity, a s'en tordre le cou. » 

Miscer, Mixer (Lue), v. a. — Melanger en 
desordre, hacher menu. ■; Craon. — Couper, 
hacher. V. Micer, Mincer, Minzer, Mincher. 

Mise (Sp., Mj.), s. f. — Morceau de fer ou 
d'acier destine^ a etre soiide" sur une piece de 
fornre pour la renforcer. 

Miseraud (Mj.), s. m. — Etrc souffreteux, 
malingre. Dimin. de Misere. Syn. de Patiras. 

Misere 1 (Mj., By.), s. m. — Etre ehetif, 
malingre, souffreteux. Syn. Micale \\ Souffre- 
douleurs. Ex. : C'est ein pou petit misere que 
cet£ chatte-la. — Patiras. 

Misere * (Sp. Di.), s. f. — Orpin. Syn. de 
Thine de surit, Babette. Ce serait le sedum 
album, ou le telephium de Batard ; Trique- 
Madame, Vermiculaire, etc. 

Miserer (Mj., By.), v. n. — Vivre miserable- 
ment, trainer une triste existence. || En 
mise>ant, — p^niblement. On tache de vivre 
en miser ant. 

Hist. — v C'eHaient bien des mines, en efTet. 
ces pensionnaires de Jeanne Jugan... l^es uns 
avaient toute leur vie misere, les autres eHaient 
ddchus d'une petite aisance, ou mdme d'une for- 
tune. » (R. Bazin, Aux Petites Scp.urs.) — « Mieux 
vaut miserer chez nous que d'aller mourir sur les 
grands chemins. » (G. L.-C. — M. Lardent. p. 150, 
1. 1.) 

Mtserite (Pell., By.), s. f. — Musaraigne. 
Corr. de Muserine, Syn. de Muserogne. Pat. 
norm. : Miserette. || Le miserite d' Angers est 
le meme, au fig. que celui de Pell. Le sens 
primitif est : malingre, d'oti, par ext, d£licat, 
puis d6goute\ Cf. Muserin. 

Mistand (Mj,), s. m. — Syn. et corr. de 
Boustaud. Ce dernier est la vraie forme, 6tant 
un diminut. de Busse. — Petit fut. 

Mistenflute (Mj., Lg., By., Sal.), s. f. — Ne 
s'emploie guere que dans la loc. : A la misten- 
flute, — en d£pit du bon sens, d'une facon ridi- 
cule. Ex. : C'est fait a la mistenflute ; etre habille 
a la mistenflute. || Mj., Lg. — A de 1' analog, 
avec Mistouffet, sur lequel M^NxVge disserte. 
On pent croire que Mist est l'anc. adj. Miste 
(V. Mistigri), — habile, adroit, bien pare\ 

Misti, — ty. — Le valet de trefle au jeu de 
brelan. V. Chien de pique (Mj., Sa.). 



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MISTIGHIS — MIZER 



35 



Mistigris (Mj., By.), s. ra. — Nom que Ton 
donne qqf. aux chats. Syn. de Mimi, Mimite, 
Minot, Mitaud, Moute, Moumoute. || Qqf. le 
valet de trefle. Se dit plutdt Misty, en ce sens. 
V. Mistenflute. 

Mistouflet (Sal.). — Calin, filou. || Nom sous 
le<juel beaucoup de [paysans vendSens con- 
naissent Stofflet. 

Mistrae (Mj.), s. m. — Supercherie, rouerie 
malhonnete. Ex. : Y a du mistrac dans cette 
afTaire-la. Syn. de Gabegie. || Coup de mis- 
trae, — manigance louche, coup monte\ Cf. 
Micmac, de Tall. Mischmach, de mischen, 
meler. 

Mtstranee (Mj.), s. f. — Ne s'emploie que 
dans la loc. : Toute la mistrance, — toute la 
bande, toute la soctetS. — Ironique. 

Et. — Ce doit etre le fr. Maistrance, un peu 
corrompu et pris dans un sens special. 

Mitan (Mj., Lg. — Partout), s. m. — Milieu. 
Ex. : J'ai trouv6 eine goudrille dans le mitan 
de la voyette. 

Et. — Doit se decomposer en Mit-an. (Littr6.) 
Cf. Mitaine. B. L. Mittela, mitana. 

|| adj. q. — Du milieu, qui est au milieu. Ex : 
J'e>ai vous voir dans les mitans jours, — 
vers le mercredi ou le jeudi. 

Hist. — a Et voluntiers on dit que la fin en ces 
mestiers est plus enragee que les deux autres, le 
commencement et le mitan. » (Brant., D. G., i, 
106, 1.) — Jadis, on disait Mer du mitan, pour 
M^diterrane"e. (Jaub.) — On dit : Le miton de la 
nuit. — Vous n'avez qu'a vous bouter en le mitan 
d'une prte. {Hist, du vx tps, p. 238.) — « Des nar- 
quois, qui connaissaient l'ardente foi royaliste de 
Fonteneau, lui dirent, en lui faisant remarquer le 
drapeau tricolore aui flottait au haut de l'arbre, 
de crier : Vive le drapeau tricolore ! » Fonteneau 
se retourne d'un air calme, mais malin : « Oui, mes 
amis, viye le mi-temps ! (sic), c.-a-d. : Vive le 
blanc. Mi-temps est une loc. de nos campagnards 
qui signifie le milieu. » (Deniaf, vi, 537.) 

Mitaud (Mj., By.), s. m. — Chat, minet, 
minon. C'est surtout une interpellation cares- 
sante. De>. de Mite. Cf. Minelte. 

Hist. — J. du Bell., Epitaphe d'un chat, 296. 
« Aussi le petit mitouard 
« N'entra jamais en matouard, 
« Et en Belaud, quelle disgrace ! 
« De Belaud s'est perdu la race. » 
Syn. de Minot, Mimi, Mimite, Mistigris, Minet, 
Minou, Mite, Moute, Moumoute. « Je n'aime pas un 
gros mitaud de chat..., parce qu'il gaste ma 
garenne. » (Bouchet, S&ries, n, 47.) 

Mite (Mj., By.), s. m. et f. — Chat, chatte. 
!| Sp. Rejoui comme eine mite, — tres gai. 
j Fu. — Jeu d'enfants. II y a Mite a se cacher, 

— mite a courre, — mite monte\ — V. AccourpL 

— Pour les Syn. V. Mitaud. 

Et. — Probablement du lat. Mitis, doux. 
Hist. — « Un chat faisait la chattemite. » 
(La Font.) 

Mit* (Mj., By.), adj. q. — Rong6 par les 
mites. Se dit d'une Stoffe, d'un bas, etc. 

Et. — Rad. mit, du ba., couper menu (d'ou : 
mitaine, miton, mitraille.) 



Miteux, s. m. — Un gueux. Syn. MeUlaud. 

Miton (Mj., Fu., By.), s. m. — Petite plante 
de la famille du trefle. || Fu. — Miton. Duvet 
qui se depose sur les meubies ou sur les habits 
et qui provient de l'usure des tissus. || Sal. 

Et. — 1'* sens. — La fleur, ou plutot le fruit 
multiple de cette plants rappelle par sa forme et 
sa grosseur le chaton du saule avant sa floraison : 
il en a le toucher soyeux. De la le nom de Miton, 
dimin. de Mite, et dont le sens est precise^ment 
Chaton. V. Mite. On retrouve ici la meme cata- 
chrese que pour le fr. Chaton et le pat. Memais, 
Mouton. 

Mitonnee (Partout), s. f. et adj. q. — 
Panade, soupe composed uniquement de 
pain bouilli longtemps dans l'eau. On dit le 
plus souvent : Soupe mitonnee. Syn. Popote 
(Sal.) Migole. || Fu. — Se dit de la soupe qu'on 
destine au malade appel^e : bouillon de pain, 
et qui a longtemps bouilli doucement pour 
require les croutes. On dit aussi : Faire 
mitonner le linge. 

Mitonner (Mj., Fu., By., Sal.), v. n. — 
Bouillir, mijoter doucement et longtemps. V. 
Mitonnee. || v. a. — Caliner, dorloter, gater 
par des chatteries. On dit aussi Popoter. \\ Se 
mitonner, se fai're, se conclure peu a peu. « Eh ! 
ben, et son mariage? — £a se mitonne.. Cf. 
£a bout sous douelle. || Sal. — Preparer dou- 
cement (une affaire). || Cf. Mitrouner. 

Et. — Rac. Mitis ; devenir doux. 

Mitou, s. m. — V. Mitaut. Chat. 

Hist. — « Le votre n'est qu'un petit minon ; 
quand il aura autant strangle" de rats que le mien, 
il sera chat parfait, il sera marcou, margut et 
maistre mitou. {Moy. de parv., p. 248.) — Un 
gros mitouard. » (Rab.) 

Mitoufc, adj. q. — Empaquete* avec peu de 
soin, pour : emmitoufle. (M6n.). 

Et. — Mitoufle ; syn. inus. de mitaine. 

Hist. — « Mon pere eut les gants ou mitou fles 
« De Pel^us, et ses pantoufles. » 
(Scarron, Virg, m.) 
— o Par gueux mitoufflez, il faut entendre les 
moines mendians, qui au defaut de gans qu'il ne 
leur est pas permis de porter, en aucune saison, 
peuvent seulement, .pendant Thiver, porter des 
moufles ou mitaines. » (Le Duchat, sur Rab., 
1,315.) 

Mitraille (Mj., Lg., By.), s. f. Fig. — 
Menue monnaie. Syn. de Mousille. 

Et. -- A. f. Mitaille ; Pr est Cpenth^tiaue ; de 
l'a. f. Mite, tres petite monnaie, qui vient du flam, 
mijte, minutie, petite monnaie. — Hist. « Icellui 
du Rut trouva un petit sachet ou il y avoit mi- 
taille, qui est appete billon. » (xiv« s. — D. C, 
v° Mita.) Littrb. — Rad. Mit, german., couper 
menu. 

Mistroscophe (Mj.), s. m. — Microscope. 

Mitrouillet, s. f. — Louisette, jagnerotte, 
pois de li^vre, penayer ou gesse tube>euse. 
(Men.). Lathyrus tuberosus (Bat.). 

Mitrouner (Lg.), v. n. — Mitonner. Ex. : 
De la soupe mitrounee. 

Mizer (Tim.), v. a. — Require en miettes, 



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36 



M'MAN — MOIGNER 



pulveriser, emincer. — Doubl. du montj. 
Micer, Minzer. 

M'man (Mj.), s. m. — Contract, de Maman. 

M*n (Lg., By.), adj. pos. — Mon, devant 
une voy. ou un h muet. Ex. : (Test m'n 
homme. Cf. S y n, Tn. 

Moil, Mouas (Chm., By.), adj. q. — Corr. 
du mot Mauvais. « Y a un mod, gas », un mau- 
vais gas. || A By. on dit : fa c'est mouds, 
comme disent les gars d'Epinard. 

MoAsement (Chm., By.), adv. — Mauvai- 
sement. 

Mobule (Mj., By.), s. f. — Gros troncon de 
la racine d'un arbre. Syn. de Hanoche, Ha- 
gnoche. \\ Sa. — Grosseur produite aux mains 
par des geales. 

Moche (Pc, Lu6, By.), s. f. — Debris de 
de tufTeau. || Mj. — Moeilon de tuffeau pro- 
venant de la demolition du revetement inte- 
rieur ou robe d'un four a chaux. || Sp. — Tas 
de fagots. Syn. de Mouiche, Mouche, Mas- 
siere, Barge. || Eborgneux de moche, — se dit 
d'un mauvais ouvrier macon qui n'est pas 
capable de bien travailler, m£me dans une 
moche. V. Eborgneux de crapauds, (Tackles. 
|| Beurre prepare* en forme de cdne tronque*. 
Moche de beurre. Syn. Coin, Forme, Facon. 

Moche, adj. q. — Lait moche, celui qui 
tourne sur le feu. Ce premier lait, d'un gout 
particulier, est la premiere traite apres la 
venue du veau ; il faut 3 ou 4 moissons pour 
avoir de bon lait. (M6n.), V. Mochon, Mou- 
cheron. 

Mochon (Sa.), adj. q. — Syn. du montj- 
Moucheron (lait). — Syn. de Ouillaud, Bou- 
caut, MochL 

Moehons, s. m. — Ecume blanche lorsque 
l'eau crolt (M£n,). — By. || Mj. — Bouchons. 

Mode (Mj.), s. f. — Maniere d'etre, taille* 
tournure. Ex. : C'est ein homme dans vout' 
mode. Son gorin est dans la mode du voutre 5 
il peut peser dans les sept-vingts. || De mode 
que, — de maniere que, de telle sorte que. 
Ex. : II s'y est toujours ben pris de mode qu'il 
illy a ben arrive ! || En bonne mode, — de. 
bonne mani6re. Ex. : C'est cuit juste en bonne 
mode. || Mode, genre. V. H. Bourgeois, a 
l'Hist. !| C'est ben de mode, — c'est assez 
l'usage de, c'est chose courante. Cette 
expression signifie encore : Cela arrivera selon 
toutes les apparences, c'est tres probable. 

Hist. — « De mode que Panurge dit a Episte- 
mon. » (Rab., P., m, 17, 251.) — « Puis les accou- 
bla de mode que le poulce dextre touchoit le 
gauche. » (Rab., P., n, 19, 166.) — « Ainsi estoit 
traisne a escorchecul par la poultre (juraent) tou- 
jours multipliant en ruades contre luy. . . De mode 
qu'elle lui cobbit toute la teste. » (R./P., iv, 13.) — 
o Ainsi qu'il le disait dans son naVf langage, il en 
avait vu de pus d'ine mode. » (H. Bourgeois, 
Hist, de la Grande Guerre, p. 201.) 

Moder (Mj., By.), v. n. — Suivre la mode. 
Ex. : Quand on est jeune faut ben moder ! S'i 
faut moder, modons. 



Modisse (Mj., By.), s. f. — Modiste. 

Modrange (Sup.), s. m. — Mesange. Cf. 
Medronge. 

Mobile (Mj., By.), s. f. — Moelle des tripes. 
Excrement. 

Et. — Lat. medulla, du rad. med, — mi, ce qui 
est au milieu. 

Mogan (My.), s. m. — Fromage elaite. 

Mogette (Vendee), s. f. — Haricot sec. On 
dit aussi Mougette, Mongette. Celtiq. Mog ? 

N. — « M. Jonain ecrit maujhette et donne cette 
plaisante explication : qui jette-mau-vais air. » 

(EvEILlfc.) 

Mdgnon (Mj., Lg.), s. m. — Moignon. Syn. 
et d. de Mougnon. Cf. Pdgnon, oignon, poi- 
gnee. 

Hist. : 
« II n'avait rien qu'un bras et qu'un petit mougnon. 
« En montant comme un chat, d'une vitesse isnelle 
« Les rolons asseurd d'une bien grande echello... 
« II descendait a bas avec son mougnon croche. » 
{Jardin et cabinet poHique de Paul Constant, 
apothicaire a Poitiers. La Trad., p. 316, 1. 2-10.) 

Mogon (Sp.), s. m. — Souillon, cendrillon. 
Ex. : Te vela coiffee comme ein mogon, — 
tres mal. 

Et. — Ce mot est probablement un doubl. de son 
syn. Mdcaud. — II n'a plus de sens precis ets'emploie 
uniquement dans la loc. ci-dessus. — Je remarque 
que Ton a la relation : (* mohon), mohonner : 
mogon, mogonner, et que mohonner ou mogonner 
signifie bougonner. D£s lors, je propose pour cette 
famille de mots l'etym. suivante. On aurait dit 
d'abord : Coiff6 comme un mohon, c.-a-d. comme 
un Turc, comme un Sarrazin, comme un Maho- 
metan. Autrefois, Mahon, c'etait Mahomet et un 
hiron usuel, au moyen age, etait : Je renie Mahom ! 
Puis, de mahom, ou mohon, devenu mogon, on a 
fait Mohonner ou Mogonner, parce qu'une personne 
de mauvaise humeur met son bonnet de travers 
pour bougonner tout a son aise et faire a son entou- 
rage une vie de Sarrazin, une vie de Mohon. — Par 
ailleurs, il est fort possible que les mots fr. Bougon 
et Bougonner ne soient autres que nos vocables 
Mogon et Mogonner. Cf. Maragouiner, pour Bara- 
gouiner ; Mdtigoine, pour Badigoince ; Midcher et 
Pidcher ; Mignocher et Pignocher, etc. (R. O.) 

Mogonner (Mj.), v. n. et a. — Marmonner. 
Doubl. de Mohonner et syn. Moquetonner, 
Mogosser, Batouner, Gourmeler, Gour miter. 
Marmouner. || By. qqf. prononce Magonner. 

Mogosser (Mj.), v. n. — Marmotter, mar- 
monner. || Grommeler, bougonner. Syn. V. 
Mogonner. 

Mohonner (Mj.), v. n. et a. — Comme 
Mogosser, Mogonner, Grignoler, etc. 

Et. — C'est p.-£. de la que vient l'angl. to Moan, 
gemir profondement. V. Mogon. 

Mof (By.), pr. pers. — Pron. Moue. || Mj., 
id. || Lg„ Moua. 

Moigneau, s. m. — Moineau. Syn. Paisse. 

Moigner, v. n. — C'est, au jeu de billes, 
jouer du poignet, lancer la bille en allongeant 
le poignet (ou moignon), ce qui est defendu. 
On dit souvent Poigner. Syn. de Zogqer. 



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MOILANGE — MOLE 



37 



Moilange (Mj.), s. m. — Melange. Syn. de 
Moilinge, Moilis, Brass is. Vieilli. 

Moiler (Lg.), v. a. — Meier. Cf. Poine, 
Poiser, etc. Pron. Mou-£-ler. Vieux a Mj. 

Moilinge, mou6e-linge (Sp.), s. m. — Me- 
lange. — De>. de Moilinger. Syn. de Moi- 
lange, Moilis, Brassis. — Cf. Malinge, Jaub. 

Moilinger, mou^e-linger (Sp.), v. a. — M6- 
langer, meler, || v. n. — Coiter. 

Et. — Der. de Pa. v. Moiler, aujourd'hui a peu 
pres inusite, lequel est le der. direct du lat. Miscu- 
lare, et la forme primit. du fr. Meier. 

Mollis, mou£-illis (Lg.), s. m. — Melange, 
— plus specialement de foin et de paille pr6- 
par6 pour la nourriture des animaux. De>. 
de Moiler. Doubl. de Melis, dans Melis-mclas. 
Syn. de Brassis. 

Moilon, mouee-lon (Mj.). — V. Molon. 

Moindre (Mj., By.), adj. au comparatif. — 
On le met lui-meme an comparat. et au super- 
lat. comme un simple positif. Ex. : Ceti-la 
est encore pus moindre que l'autre ; c'est 
tout ce que y a de pus moindre ; c'est la pus 
moindre de mes inquietudes. |l On le fait pr6- 
ceder de I'adv. si. Ex. : Je n'avions jamais 
fait eine p&che si moindre. 

Moindrcr (Sp.), v. n. — Diminuer, devenir 
plus petit, moins nombreux. Syn. et d. de 
Mandrer. 

Et. — Der. du fr. Moindre ; p.-e. der. dir. du 
lat. Minuere. Cf. Jaub., a Madrer. 

Moine (Sp., By., Li, Br.), s. m. — Toupie- 
Syn. de Pibole, Echabot, Pifre (Mj., By.). || 
Cruchon d'eau bouillante pour r£chauffer les 
pieds. || Coquelicot. Syn. de Ponceau. Cf. 
rail. Mohn, mdme sens. || Nom vulg. du Mus- 
cari comosum et aillou,. petit ail, le pied 
d'alouette, ou Delphinum consolida ; ce nom 
lui vient de l'eperon de ses fleurs ; id, pour 
le pavot (M6n.). — || La Moine. Le nom de ce 
cours d'eau (torrent furieux en hiver) vien- 
drait de la couleur fonc6e de ses eaux, rappe- 
lant la robe noire des b£nedictins (Lrm.). || 
Fu. Tulipe a fixer, — Gaufrier a tuyauter les 
coiffes. 

Hist. — Rab. cite le moine parmi les jeux de 
Garg., i, 22. — Denomination burlesque non seule- 
ment de la toupie, ma is aussi, et plus exactement, 
du jeu de sabot et fondee sur ce que le sabot recoit 
des coups de fouet, comme un religieux la disci- 
pline. (Jaub.) — A cause, plutdt, de son ventre 
renfl£. 

Moine, e> (Sp.), adj. q. — Se dit du linge 
sur lequel le bleu est 6tal6 par plaques, d'une 
facon irr£guliere. V. Pouele. 

Et. — LiTTRfi, 9 e sens de Moine. Feuille mal 
imprimee qui, ayant mal pris l'encre, paralt noire 
et blanche, comme l'habit de certains moines. 

Moinean (Mj., By.), s. m. — On dit mieux : 
Paisse, Parse. \\ Fig. — Individu de peu de 
valeur physique ou morale, qui me>ite peu 
de consideration. Ex. : Ein joli moineau ! V. 
Moigneau. \\ Quidam. — Syn. de Type, Indien, 
Chretien, Gibier. 



Moinier (Mj), s. m. — Syn. de Mainier ou 
Job. — C'est une autre forme de Mainier, qui 
prouve la tendance qu'avaient nos anc£tres 
a confondre les diphtongues oi et ai. 

Moins (Mj., By.), subst, masc. et adv. — 
On le fait suivre de la conj. que. Ex. : Moins 
que n'y en a, moins que 9a vaut. || On le fait 
preccder de l'adv. Si. Ex. : J'ai jamais vu si 
moins de poissons. Cf. Moindre. || Ein moins 
de ren, — moins de rien. Ex. : Ca et6 fait en 
ein moins de ren ; pour ein moins de ren je 
illi foutrais son sac, — je l'envoierais dinguer. 
I! Au moins que, — a moins que. || Au moins 
tout le moins. Ex. : Au moins tout le moins 
que j'ayions ca pour nous ! 

Mois, adj. q. Mauvais. V. Mod, Mouas. Cet 
enfant est mois ; cette poire est moise. 

Moisson (Mj.), s. f. — Quantity de lait que 
Ton trait en une fois. — Se trouve en ce sens 
dans Nicot. 

Et. — C'est le fr. employe au He. — La moisson 
proprement dite ne s'appelle que les Motives ou le 
Motives. 

Hist. — « Et s'en y a plusours de ciauls 

« Qui tiennent bien en leur maison 
« Femmes comme vaiches a moison, 
« Et scavent qu'ilz en doivent rendre. » 
(Desch., f° 523.) 

Moltais (Sp., Mj.), s. m. — Metayer. Vieilli. 

Et. — Ce mot, tres voisin du fr. Moitie\ est la 
rac. du fr. Metayer. — « A moitai : a moitie, en 
metayage : « Avons bailie a Ricart Heket de Vau- 
cheles k moitai. quarente deux journeux de terre. » 
(D. C. Medietarius.) Ct.Metais. 

Moitairie (Mj., Sa.), s. f. — M6tairie. Vieux. 

Et. — D. C. Moitoieria. — Hist. « Don par 
Roland Borel. . . aux religieux de Saint-Serge, de la 
rente de seigle qu'il prenoit a sus la moitaierie de 
Nouf-Ville. » (1325. — Inv. Arch., S, H, 270, 1, b.) 

Moitier (Sa.), s. m. — Metier. Cf. Foisser, 
Poiser. — Lat. Ministerium. || By. — Moetie. 
Cbangement frequent de 6 en 06. 

Moltoyen, adj. q. — Mitoyen. — ExpliquS 
par : qui est aussi bien a moi qu'a ioi, par le 
populaire. 

N. — Mitoyen ne dit rien k nos braves Angevins, 
de ceux qui n'ont recu qu'une instruction el^men- 
taire, ou m£me moindre ; ils ont, non pas forge le 
mot : moitoyen, vx fr., comme on va le voir, mais 
l'ing£nieuse explication ci-dessus. Ils agissent de 
merae en toute circonstance semblable. Hypothe- 
quer leur semble baroque, ils disent : Apothiquer, 
qui, du moins, ressemble a Apothicaire, etc. 

Hist. — « II n'est loisible a un voisin mettre ou 
faire mettre et asseoir les poultres de sa maison 
dedans le mur moitoyen d'entre luy et son voisin, 
sans y faire ou faire faire, ou mettre jambes par- 
paignes ou chesnes et corbeaux suflisans de pierre 
de taille pour porter les dittes poultres. » (Cout. 
gtner. N. E. — L. C.) — « Qui veut faire cheminees 
et astres contre le mur moitoyen, doit faire contre- 
mur de demy pied d'espoisseur. >» (Id., 1, 34.) — Ce 
mot ne vient nullement de : moi et toi ; la rac. est 
la mfime que celle de Moitie, Metairic, etc. 

Mojette. V. Mogette (Bri.). 

Mole (Mj.), s. f. — V. Molle. Remole. 



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38 



MOLfiNE — MOLU 



Et. — Remole. Renvoie a remous ; probable- 
ment de : remoudre ; le mouvement de l'eau etant 
compart a Taction d'une meule on d'un moulin ; 
l'espagn. y conduit aussi, qui dit : remolino, pour : 
tourbillon. Par la meme analogie, sur la Mer de 
Glace, a Ghamounix, on donne le nom de Moulins 
a des trous ou l'eau s'engouffre en tournoyant. 
(Litt.) 

Molene (Mj.), s. f. — Petite plante a fleurs 
jaunes personnels, a tige grele, rampante et 
ramiftee, tres commune dans les terres culti- 
v6es. C'est la velvote (Morandeau). On dit 
plus souvent : Petite molene. V. ce mot. || 
Bat. Linaria spuria. 

Molet, s. f. — Vx mot angev. « Don d'une 
maison avec moleton, pecherie. » (Archives 
Saint-Jean, 1677). Se dit encore : le molet de 
pierres du grand pont (Men.)* V. MoUet. 

N. — Quel est le sens? Dans La Curne, au mot 
Mole, n° 7 : Fondement : « Plus est ferms que la 
pierre qui siet sur vive molle ; Vicaires est saint 
Pierre. » (Thomas de Cantorb., f. 86.) 

|| By. — Molet ou Mollet, t muet ; partie, 
dans un tournant (coude) de la riviere, a 
l'abri du courant (ou le courant ne se fait pas 
sentir ; ou, lorsque le courant est un peu fort, 
il se produit a peine un l£ger mouvement de 
remous). Voir Molle, pour la Loire. |j Terrain 
couvert d'herbe soulevee par une petite source ; 
employe* qqf. pour Molliere. — La est sans 
doute l'explication cherch6e plus haut. 

Molette (Mj., By.), s. f. — On dit ins£pa- 
rablement : La molette du genou, — la rotule, 
q. ressemble assez bien a une petite meule. 
Syn. de Boulette. — Lat. Mola. 

Molivllde, s. f. — Pollen q. les abeilles 
enlevent aux plantes (Men.). — Je n'ai pu 
controler. 

Molle l (Mj.). — Anse, remole ; partie d'une 
riviere ou le cpurant est beaucoup plus faible 
qu'ailleurs ; recoin abrit£ par une pointe de 
terre ou une greve, dans lequel l'eau tour- 
billonne lentement, remous. — Syn. de 
Mouille. 

Et. — On peut rattacher ce mot a l'adj. fr. Mou, 
molle, parce que, la, suivant Pexpression tech- 
nique des mariniers, l'eau est plus molle, c.-a-d. 
presente moins de resistance a la progression des 
bateaux qui remontent le courant. On peut aussi 
y voir un der. du lat. Mola, meule, exprimant 
l'id£e de gyration. Dans ce dernier cas, l'ortho- 
graphe serait Mole. Voir ce mot, a l'elymologie. 

Molle * (Lu6), s. f. — Les cercles de chatai- 
gnier se vendent a la molle de V\ cercles, ou 
a la fourniture, qui enmprend 20 molles. V. 
Moule. 

Et. Hist. — « Botte d'osier fendu dont se servent 
les vanniers el les tonneliers, — de 4 pieds de 
long. » (Litt.) — Mole, Botte. «< Que nul ne puist 
vendre osier... farde de pire osier dedans les 
moles que dehors... (1398. L. C.) — Deja !! on 
mettait le meilleur on dessus !! — Molla, — Molle. 
Moller, Molleur, Mollage. Charles de 1293-1320. 
« Item, les molleurs et compteurs auront droit de 
comptaige et molla »e de toute maniere de busche 
vendue et livrec a Paris, a compte et a molle. » 
(D. C.) 



Mollet, Mol£te (Mj.), s. m. — Bourbier ; 
fondriere. Syn. de Mollin, Molliere, Remous, 
Mdcre, Sourdille. L'angl. a to Moil, embour- 
ber. || Sp., Mauvais pas boueux dans un 
chemin d6tremp£ par les pluies ou on Geneve, 
on s'emmolletle. || Le mollet des pierres (Segr.) 
ou partie d'un d£pot de cailloux couverts 
d'eau. Boue humide pendant l'hiver, terre 
humide, molle ; c'est encore la charroiere 
pendant l'6t6 (Men.) 

N. — Molets ; nom qu'on donne, dans certaines 
parties de la France, a des goufTres de terre dans 
lesquels un homme et un cheval seraient englou- 
tis s'ils n'6taient pas secourus promptement. 
Devrait prendre deux 1 ; c'est l'adj. mollet. ter- 
rain mou. (Litt.) 

Molleter (Mj., By.), v. n. — Devenir mollet 
par la cuisson. Ex. : Faire molleter ein oeuf, 
ein oeuf molleti ; fr. Mollet. 

Moileton (Mj., By.), s. m. — Oiseau aqua- 
tique voisin du canard. V. ce mot. 

Mollezlr° (Lg.), v. n. — Mollir. On dit 
aussi Mousir. 

Molliere (Mj., By.), s. f. — Bourbier, fon- 
driere. Syn. de Mollet, Mollin, Mdcre, Re- 
moiis, Sourdille. — Chateau pres d' Angers. 

N. — Moliere, terre grasse et marecageuse. 
(Litt.) — « Terre tremblante et pleine de mol- 
licres. » (Favin, dans L. C.) — « Moleria. « Item 
le bois de Bruisselle. . ., item les molieres de ce 
bois. » (D. C.) 1300. 

Molligasse (Mj., By.), adj. q. ; s. m. et f. — 
Mollasse, flasque. Se dit des choses et des 
personnes, et de celles-ci aussi bien au fig. 
qu'au propre. — Der. p£jor. de Mou, molle. 
Ex. : C'est eine grande molligasse que cet£ 
gars-la. 

Mollin (Sp.), s. m. — Fondriere. Syn. de 
Mollet, Molliere, Mdcre, Remous, Sourdille. 
Cf. Angl. To Meil, embourber. 

Mollir (Mj., By.), v. n. et a. — Lacher pro- 
gressivement, un cordage tendu. Ex. : Mollis 
1'exoute de galarne. || By. — Commencer a 
baisser, pour une riviere. « La riviere cesse 
de cretre, elle commence m£me a mollir un 
peu (elle n'est deja plus 6tale ; une tendance 
a la baisse se fait sentir). 

Molol. — Vx mot angev. Prairie humide. 

Hist. — « Atant sont essu del moloi 

« Vers le Vernoi tuit eslessie\ . . » 

Bom. de Renart, 20.648. 

Mol on (Mj.), s. m. — Flot, masse d'eau en 
mouvement. Ex. : Quand la rompure s'est 
faite, il est arrive un molon d'eau sus leux 
maison, ga l'a rapee qu'il n'en est pas resU 
eine pierre. 

Et. — Dim. de Mole. Du lat. Molem, masse? qui 
a donnd le rad. Mol. La termin. on est un suflixe 
augmentat. 

Molu (Mj.), part. pas. — Moulu. || Fig. 
Rompu de fatigue. Cf. Varmoulu. V. Meudre. 

Et. Hist. — Aiguise\ pass£ a la meule ; armes 
molues ; broye\ (L. C.) — Brise\ broy^. Gtrard ds 
Vienne, 3139. 

■ Lors hanstes fraites et lors epiex mollis. > 



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MOME 



MONT AU BAN 



3 9 



Mdme (Mj., By.), s. m. — Gamin, mioche. 
Syn. de Loupiot, Gosse, Gonse, Queneau, Mou- 
tard, Maminot. — Cf. J aub. a Moime, Moumc. 
Et. — Momerie. D. C. le tire de Mahomerie, 
mosqu^e, pratique musulmane et, par suite, pour 
des Chretiens, chose ridicule. — Diez le tire 
(mieux) du germ. ; all. mummen, masquer ; angl. 
to mum. L'a, fr. avait Mome, sorte de divertisse- 
ment, et Momer. — Cf. le lat. Momus? (Litt.) — 
D. C. Momerium. — Schel. n'accepte ni Mahome- 
rie, ni Momus, mais Tall. Mummen, masquer. — 
Du Bellay, dans V Olive, a propos des envieux : 

« La Nature et les Dieux sont 

« Les architectes des homes ; 

« Ces deux (6 Ronsard) nous ont 

« Batis des memes atomes. 

« Or cessent donques les monies 

« De mordre les ecriz miens, 

« Puisqu'ils sont freres des tiens. » 
Cite par Delvau. — Railleur ; petit garcon, 
voyou, apprenti. 

Mdmon (Mj.). — V. Foik-Ix)re, 11. || Mas- 
carade. V. Mome. — Mommon, Momoue. 
Moumon. 

Monacos (Mj., By.), s. m. pi. — Quibus, 
argent comptant. Syn. dc Braise, Galeiie, 
Pepettes. \\ Variete de haricots, remarquable 
par sa vegetation vigoureuse et ses gousses 
enormes. 

Honcia (Lg.), s. m. — Monceau. Syn. et 
d. de Mouceau. 

Et. — L. Monticellus, petite montagne. Berry. 
Norm. Monciau. — Hist. « Toute la terre trou- 
verent sougiette a aus, et plusours citez que il 
avoient destruites, et grans moneiaiis d'os de gens 
mors. » (L. C.) 

Monciau (Jum., Lg.), s. m. — Monceau. 
1; Fu. — Prononc. Monceou. — Petit mon- 
ceau se dit qqf. Montureau. 

Mondain. — Mot trouve, sans explicat. sur 
une liste dressed par M. Cbosnieb. 

Monde (Mj., By., etc.), s. m. — Etre ben 
parmi le monde, — etre r6pandu dans le 
monde, aimer la soci«H£ des gens, — aimer a 
faire monde. || Gens. — Dans ce sens, Monde, 
quoique du sing, veut au plur. le verbe dont 
il est le sujet. Ex. : Le monde sont ben mer- 
chants au jour d'anhuit. — A ce que le 
monde disent. || Choisir son monde, — ne pas 
faire society avec tout le monde, montrer de 
Tantipathie pour certaines personnes, comme 
font souvent les petits enfants. || Son monde, 
— les personnes de la famille. Ex. : Y a-t-il 
ren de pus penetrant que de pardre son 
monde, — de voir son monde malade et ne 
pouvoir ren leur faire ! || Gens, On. -— Les 
parents. Le monde vont venir : All'tait avec 
son monde ; c'est de bon monde, — de braves 
gens. !| Tout le monde et les femmes (comme 
si les femmes n'elaient pas du monde !) Cf. 
Un caporal et 4 hommes, comme si un caporal 
n'^tait pas un homme ! — (Nous n'etions ni 
hommes ni femmes, nous 6tions tous Auver- 
gnats). ,1 Mettre au monde, — tirer de peine, 
de misere. Ex. : C'est cet heritage-la qui l'a 
mis au monde. || Petit monde, — les enfants, 



— et aussi les petites gens, la menue classe. 
|| Le grand monde, — les grandes personnes. 
II Le bon monde, — les bonnes gens, les braves 
gens. || Le mauvais monde, le fdli monde, — 
les mauvaises gens. || By. — Du faiWlmonde. 
|| Heureusement betes et monde en furent 
quittes pour la peur (A. de Par., 16 juin 1907, 
3, 4). 

Monisine, s. m. — V. Bois blanc (Men.). 

Monition (By., Ag., etc.), s. f. — Tres sou- 
vent employe pour Pain de munition. On dit 
meme d'Amonition ! c'est celui que Ton 
fabrique pour la troupe a la Manutention. || 
Les deux mots : provision de poudre et de 
plomb pour un chasseur aux canards. By. V. 
Amonilion. 

Monnaie (Mj., By.), s. f. — Rendre a qqn 
la monnaie de sa piece, — iui r^pondre comme 
il le merite. 

Monnoir, mon-noir (Mj.), s. m. — Espece 
ancienne de prune. Je crois que le vrai nom 
est prune de manoir. V. Amas-noir. \\ Ne dit- 
on pas : Bamon noir, en pari, d'une certaine 
espece de vigne ? 

Monoycre, s. f. — Vulg. Thlaspi arvense, ou 
Lysimachia nummularia. (Bat.) M£n. — 
Ses feuilles offrent l'apparence d'une piece 
d'argent. 

Monsieur (Lg., Sp.), s. m. — Demoiselle 
ou libellule. Syn. de Marih. Cf. Bonhomme. \\ 
(Mj., Sp., Lg!), — Pore. Ex : C'est demain 
que nous faisons tuer noutre Monsieur. 

N. — On designe aussi le pore sous lc nom de 
Noble ou de Monsieur habille de soie. — Les 
paysans. assez humbles devant les gens d'une 
condition superieure, se vengent par des quoli- 
bets de re genre lorsqu'ils sont entre eux. — Au 
plur., on dit : des Monsieurs, et non des Messieurs. 

— Jaubf.rt pretend que le pore est ainsi denomme 
parce que ce n'est pas un animal de travail. || Un 
Monsieur pretre, — un ecelesiastique. 

Monsor, s. m. — Ancienne forme angev. 
(xm e ) du fr. Monsieur. Revue de V Anjou, 
LIV, 308.) 

Monstrenx (Mj.), adj. q. — Monstrueux, 
enorme. Cf. Angl. Monstrous, meme sens. 

N. — « Plusieurs personnes, non seulement de la 
ville, mais de la cour, disent monstreux ; le grand 
usage est pour : monstrueux. » (Menace.) — L'u 
de : monstruosus n'a rien d'organique : il s'est 
gliss^ sous l'influence des themes tires de la 
4° declin., comme sumptuosus, etc. (Litt.) 

Montage (Mj., By.), s. m. — Montage de 
coup, — manigance louche, mano-uvre, 
contes destines a en imposer. 

Montant (Lg.), part. pres. || s. m. — Ba- 
liveau. Syn. de Balivreau, Baliseau. 

Montauban (Mj.), s. m. — Petit meuble 
servant de chaise po.xee. 

N. — Chose curieuse, ce mot, si usite en Anjou, 
est inconnu, ou a peu pres, dans les provinces voi- 
sines, ou peu eloignte. D'ou vient-il? Probable- 
ment de ce que, souvent, et tout d'abord, il consis- 
tait on un simple banc sur lequel on montait, a joe, 



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40 



MONTE — MOQUOISEAU 



comme cela se pratique encore dans la campagne. 
— Et d'oii vient le nom de la rue Montauban, a 
Angers, de Montem albanum? Colline blanche, 
terrain creiace? 

Monte (Lg.), s. f. — Action de monter en 
epis. Se dit des cer^ales. Ex. : La monte du 
bl£ se fait be\ — Usite en Berry. 

Monte (By.), part. pas. — Haut, en pari, 
du soleil. 

Hist. — « Vers la Saint-Jean d'6tc, quand le 
soleil est monte et que les herbes ont jauni, Tile 
(Saint- Aubin) devient un vaste champ de travail. » 
{Anj. hist., 2* an., n° 6, p. 578.) 

Monte-ichelette (Mj.). — V. an Folk- 
Lore, vii. Jeu. 

Hist — « Lk jouoit : Au flux., a monte l'esche- 
lette (Rab., G., I, 22, 44). 

Monter ((Mj., By.), v. a. — Monter sus ses 
grands chevaux, — se rebiffer, se facher, 
se montrer severe afin d'imposer son autorite. || 
Monter le coup, — chercher a attraper, a 
tromper, a duper. Qqs-uns disent : Montrer 
le coup. V. Coup. || Faire monter dans son 
chene, — faire monter a T^chelle, faire 
enrager. || Remonter une montre, une hor- 
loge. 

Montenr (Mj., Sp., By.), s. m. — Monteur 
de coup, — celui qui cherche a attraper, a 
duper ; menteur. Qqs-uns disent : Montreur 
de coup. 

Montllette (Mj.), s. m. — Ferme de Mont- 
jean, a Test de Chateaupanne, situee sur 
un tertre qui se trouve entierement environn6 
d'eau dans les grandes crues de la Loire. 
Mont-|- Ilette, petite ile. 

Montis (Sa., Tim., By.), s. m. — Tige 
d'une plante (Du fr. Monter) bisannuelle qui 
commence a monter en fleur. Ex. : Les montis 
d'orineaux, ca se mange a la sauce blanche, 
com. des asperges. V. Bricoli. 

Montranee (Tim., Mj., Lg.), s. f. — Dehors, 
exterieur avantageux : prestance. Syn. de 
Montree. Ex. : £a n'a guere de montranee, eine 
mechante cabourne de maison comme ca. — 
Sa boutique a n'a point de montranee. 

Montre, s. f. — Revue que Ton faisait de 
la noblesse d'epee. (J. de Bourd., Hist, 
aggr., ii, 120). — ou : Monstres, id., p. 219. 

— On examinait les armes et Ton comptait 
les hommes propres au service. 

Montree (Sp., Mj.), s. f. — Bel exterieur, 
apparence avantageuse, dehors imposant. || 
Et. — Action de dresser T£tat des lieux dans 
une ferme a la fin d'un bail. Se dit aussi a 
Saint-Aug. — Cite dans Littre. — 

Hist. — « Cy commensent les monstres du pr£ de 
Saint-Martin d'Angiers. »> (1413. Im\ i4rrA.,G.p.l56, 
c. 2.) — « Montree de partie de la saulaie des Gra- 
paudieres, en Cantenay. >• (1629, id., ibid., 96, 2.) 

— « Le dernier aout 1666, on a faict montree sur 
la saulaie de Jean Sorel, notaire, proche recluse, 
pour usurpation, en 1'Aubance, et le 29 octobre 
1668 on a plante des bournes de pierre sur lad. 
saullaie. » (1668. — Inv. Arch., S, s, E, 222, 2, h.) 



— N. « Vu8 et montrie signifient la m£me chose, 
parce que la montree est la vue" de l'heritage que le 
demandeur fait au d£fendeur. » {Cout. du Poitou, 
t. II, 693,407.) 

Montrer (Mj., By.), v. a. — Enseigner, 
apprendre. || Montrer le coup. V. Monter. 

Hist. — « Lequel magister ou pr6cepteur ainsi 
par luy install^ monstre et enseigne ausdits enf- 
fans. » (1523? — Inv. Arch., H, I, 138, 1.) — « Qui 
seul peut autoriser de tenir 6cole, montrer et ensei- 
gner publiquement les arts grammaticaux et libe- 
raux en lad. paroisse. >» (1531. — Id., G, p. 175, 
col. 2.) — « Et dix livres par chascun an pour 
monstrer aux enfants. » (1598. — Id., S, s, E, 
405, 1, m.) — o Fondation d'une rente de deux 
cents livres pour deux eccl£siastiques propres a 
montrer a lire, a ecrire. » (1629. — Id., ibid., 231, 
1, b.) 

Montreur. — V. Monteur. 

Montrevault. — « Traduction inepte de 
Mons-Rebellis. » (P. Marchegay, 31, note.) 
V. Morvault, Moreveau. 

Moquard, e (Mj., By.), adj. q. — Moqueur. 
Syn. de Foulard, Fouteur, Moqueret. 

Et. — Je la cite, vu sa curiosity. — « 1° Celtiq., 
Kimry, moc, moquerie • mociaw, se moquer : 
ga^l., mag. — 2° Serait (Scheler) une forme 
picarde de Moucher, mouquer, locut. fig. pour : 
railler, duper. De mSme, les Lat. Emungere. Cette 
6tymol. est fortement appuy^e par l'ex. du 
xiv* s. : Nariller, frotter la narine, ou mouquer 
(subsannare). — D. C. Narire. — Elle Test aussi 
par le sens popul. de :,moucher, qui veut dire : 
corriger un homme, le battre (ou tout au moins lui 
r^pondre vertement. A. V.) Je 1'ai mouch6, tu vas 
te faire moucher. 

Moque (Po., Cra., Segr.), s. m. — Bol de 
cidre. Angl. Mug, chope, gobelet. Contient a 
peu pres un demi-litre ou une chopine ; on dit 
aussi Bolide. 

Et. — Celtiq. Mog, vase, tasse. — Hist. « Puis 
viennent la picne de grds. . . la mogue, dont l'lisa^e 
a pr6c6d6 celui des verres a boire. » {La Trad., p. 78, 
1. 67.) — « Mais bien juste dessus de la table se 
trouvait le cuillerier, petit meuble suspendu, dont 
la forme la plus el^mentaire consistait dans une 
planche aux bords creneles, ou s'accrochaient 
cuilleres, fourchettes, et aussi la moque ou mozue de 
terre cuite, qui servait de vase a boire. » {Id., 
p. 43.) — Dans le pat. berrichon : Cupule de cha- 
taigne. V. Jaub. 

Moqueret, ette (Lg.), adj. q. — Moqueur, 
moqueuse. Syn. de Moquard, Foulard, Fou- 
teur. 

Moquetonner (Mj.), v. n. — Marmonner, 
grommeler, parler entre ses dents. Der. irr. 
de Mogonner. Syn. de Mohonner, Mogosser, 
Ratouner, Gourmiter, Gourmeler, Marntouner. 



Moqueux (Mj.), adj. 
de Moquard. 



a. — Moqueur. Syn. 



Moqaoiseaa. — « C'est une sorte de cerise, 
qui a et£ ainsi appel£e parce qu'elle ne rougit 
point et que les oiseaux, la voyant blanche, 
croyent qu'elie n'est pas mure, et dans cette 
creance, ils ne la mangent Doint. — C'est un 
mot d'Anjou. » (Menage.) 



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MORAINE — MORON 



41 



Moraine (Mj.), adj. q. — Noire, en pari. 
<Tune vache. 

Et. — Cet adj. est voisin de Moureau. Cf. 
Maureau, Maurin. Espagn. Moreno, brun. (Sierra 
morena). 

Moreeau (Mj., By.), s. m. — Piece de vais- 
selle, de linge, de vStements. Ex. : Alle a 
achete" dessetrois morceaux de vaisselle. || 
Piece de gibier. Ex. : J'ai p§ch6 dessetrois 
beaux morceaux. 

Morehe (Lg.), s. f. — Nom collectif sous 
lequel on d^signe les herbes mortes dont, en 
hiver, est bourr6 le pied des haies. 

Et. — C'est line corr. du montj. Emorche, d6- 
tourn6 de son sens propre. 

Morchenean (Pell), s-. m. — Persicaire- 
Syn. de Sauleau, Pouzaie. 

Mor-eheval. — Renoncule bulbeuse. Si 
le cheval en mange, il pe>it (M£y.). 

Norciilon (Mj., By.), s. m. — Petit moreeau, 
parcelle, surtout de terrain. Syn. de Carribot, 
Carriboton. Vx. fr. Morsel. 

MorcilloDner (Mj., By.), v. a. — Morceler, 
diviser en parcelles. 

Mordlllard (Mj.), s. m. — Petit poisson, 
menu f re tin. Ex. : « Je n'ai ren pris que des- 
setrois mordillards. — Du fr. Mordiller. Ces 
poissons ne mordent pas franchement. 

Mordnre (Mj., Sp.), s. f. — Morsure. 
S'emploie surtout au fig. — Ex. : Qu'il prenne 
garde a la mordure, — qu'il p. g. de se faire 
pincer. || By. Morsure. 

Moreau <Mj.), s. m. — Nicodeme, lourdaud, 
balourd, butor ; personne inintelligente et 
tetue. Ex. : Grous moreau, va ! Syn. Mahaud. 
|| On appelle ainsi certains boeufs, de la cou- 
leur noire de leur robe. || Le jonc moriau 
a fleurs noires. « Par sus le jonc moriau 
monta. » {Rom. du Renard contrefait. — 

M*N.) 

Hist.: 

« Pesante nuit, gallope tes moreaux, 

« Haste ton cours par 1'humide carriere. » 

(Jamin, p. 63.) 

Moreginer (Z. 151, 157, Ti.) v. a. — Mo" 
rigener. Syn. et d. de Moriginer. 

Et. — Lat. Morigerari, dtre docile, par lc chan- 
gement tres rare de renn. — Mos, raoris, mceurs ; 
gerere, porter. Proprement : Former les moeurs de 
qqn, puis : rSprimander. 

Morene (Mj.), adj. q. — De robe brune ou 
noire, en pari, d'une vache. V. Moraine, 
Morel. 

Et. — Du lat. Mora, mure, fruit. V. Moureau, 
Moreau. Cf. Pesp. Moreno, et la Sierra Morena, 
raontasme dont les sommets sont d^coupes comme 
la feuille du murier. De mi-me la Moree. 

Hist. — « Et de l'Ours a Tespaule more. » 
(J. du Bell., De V immortal tit des poetes, p. 116.) 

Noret (Mj.), s. m. — Bouillie d'eau et 
de poussiere de charbon de paille, dont les 
tharpentiers enduisent leur cordeau, pour 
qu'il laisse sa marque sur le bois. — Voisin de 



Moraine et de Moureau. Du fr. Mure. || 
Lg. — Moret, ette, — adj. q. — Dont le 
pelage est noir. — Syn. de Moureau, Maurin, 
Maureau, Moraine. 

Morevanlt. — Contract, de Montrevault. 

Hist. — « 1622, 12 mai... sepulture de Jean 
Chesne, Ieauel fut occis le jour de la translation de 
Saint- Nicolas, s'en allant de Moreveau. » (//if. 
Arch., E, in, 427, 1.) V. Morvault. 

Morgagnonx (Mj.), adj. q. — Boueux, 
bourbeux, fangeux, mar^cageux. || Humide, 
pluvieux. Se dit du temps. Syn. de Mouillas- 
soux, Souanoux. 

Et. — Ce mot est probablement pour Morgail- 
loux ou Margailloux et se rattache au fr. Mar- 
gouillis, mar£cage, et au pat. Marcasse. V. Mar- 
gassoux. On dit aussi Morgdnoux. 

Morgalller (Sp., Mj., Lg., Lme), v. n. — 
Mordiller. Pour Mordailler, de Mordre. Syn. 
Margouler. 

Morgaooui, oose (Mj.), adj. q. — Humide, 
pluvieux, en pari, du temps. Doubl. de Mor- 
gdgnoux. Syn. de Mouillassoux, Mouillasseux, 
Souanoux. — Cf. La tee Morgane. 

Morgaenoe. V. Aluettes. (P. Eudel.) 

Morguigner. — Pour Mordiller. — Les 
poissons ne faisaient que morguigner, — sans 
mordre franchement. Syn. Morgdiller. 

Moriginer (Mj., By.), v. a. — Moriginer ; 
require, mater. Syn. de Amouneter, Cha- 
pitrer. Syn. Morkginer. 

Hist. : 

— « Ton corps concord, qui tant se morigine 

« A tes edictz. (Rab., P., in, Prol., 204.) 

— « Pres ton scavoir Pallas est imperfaicte 
o Et Juno n'est si bien moriginee. » 

(G.-C. Bucher, 207, 208.) 

— Morigind, qui a de bonnes mceurs : > 

— « Mori^'ine" et de raison garni. » (Perce for.) 

— a Vaillant aux armes et bien morigint. » 

(Boucic, ni, 1. — L. C.) 

Morillette (Br., Z. 149) ? — - Ne pas donner 
ses morilleites, — etre peu g6ne>eux. Ses 
morilles ? 

MdrioD (Lg.), s. m. — Mouron. 

N. — Comme le mot francais, ce mot s'applique 
a deux plantes tres distinctes ; le mouron a fleurs 
blanches, ou mouron des oiseaux, et le mouron a 
fleurs rouges ou bleues, appele au Lg. Morion- 
grous-t-eil. > 

Et. — Doubl. du mot fr. — Cf. Folaision. 

Morion-grous-t-eil (Lg.), s. m. — Mouron 
a fleurs rouges ou bleues. C'est l'anagallis 
arvensis. — N. Ainsi nomm6 parce que 1'ceil, 
ou la fleur, est beaucoup plus gros que celui 
du mouron blanc. 

INorjou (Segr.), s. f. — Cueillette de la 
pomme dans le pommier pour l'hiver (MfeN.). 

— V. Merjou. 

Itldron (Mj.), s. m. — Mouron. Syn. et d. 
de Morion. \\ By. Moron : « Mon gars, pour 
guerir avec des harbes, il suffit de connaitre 
les huit-z-especes de moron. 



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42 



MORS-DU-DIABLE — MOT 



Mors da Diable, s. m. — Scabieuse (Bat.). 
— Cultiv6e dans nos jardins, la scabieuse des 
veuves ou scabieuse pourpre (M£n.). 

N. — La racine de cette plante est tronqu^e et 
comme mordue. Lat. Morsus. — Scabieuse suc- 
cise. (Jaub.) 

Mort (Mj., By.), part. pas. et s. m. — || 
Eteint. Ex. : Quand je se" arriv6 le feu 6tait 
mort ; la chandelle est morte. || Bruler a feu 
mort, — se dit d'une buche oil le feu couve. 
V. Meurtre. || Fig. — Syn. de Jean ou Petit- 
Jean. Jeu disponible, aux cartes, que le 
joueur peut ^changer contre le sien. || Sorte 
de jeu de cartes. || Lg. — A mort, — a foison, 
en abondance. Ex. : Y a de la navine d 
mort. || Lourd, orageux, sans air, — en pari, 
du temps. || Mori-las, — brise" de fatigue. || 
On l'enverra chercher la Mort, — se dit d'une 
personne qui est tres lente ; c.-a.-d. que la 
mort avec elle, viendra tard, et toujours assez 
vite. || V. Mort-las. 

Mortagnais (Lg.), s. m. — Habitant de 
Mortagne. (Vendue — mais commune limi- 
trophe.) 

Mortality (Mj., By.), s. f. — Epidemic 
Ex. : Y a eine grande mortaliU sus le bestial. 

Morte- eau (Mj., By.), s. f. — Eau dor- 
man te. 

Mortel, elle (Mj.), adj. q. — |j Fig. 
Passionne\ Ex. : II est mortel pour boire, pour 
jouer a la boule. — Syn. de Maudit. || Enrage\ 
enc}iable\ terrible, violent. Ex. : 11 illi a 
foutu ein mortel coup de poing par la gueule. 

Mortoise (Li., Br., By., Mj.), s. f. — Mor- 
taise, — forme vieillie. — Pat. norm., id. — 
|| By.£ — Encore tres usit6e. 

Et. — Viendrait de l'arabe. — Hist. : Oust, au 
Vilain : 

« Fers a fere mortoise 

« Et en pierre et en boise. » 

Mortoiser (Mj., By.), v. a. — Mortaiser. 
Forme vieillie. || By. — Usit6e. 

Mortresse (Lg.), s. f. — Chose ennuyeuse 
a pe>ir, la petite mort. Ex. : II n'en finit point 
de jouer, c'est la mortresse. 

Mortuage (Mj., Lg., By.), s. m. — Acte de 
d6ces, extrait mortuaire. Ex. : lis ont re$u 
a matin le mortuage de leux gars, qui 6tait 
soldat en Frique. 

Hist. — « II y a une lacune de plus de sept ans 
pour les mortua°es. » (1599. — Inv. Arch., S, E, 
m, 393, 1.) 

Moru (Image de), s. f. — Lieu dit pres des 
Ponts-de-Ce\ (Ahb6 Bretaudeau, p. 79, 
189.) 

Hist. — Clos de Morue. « In clauso de Moruz. » 
(1314. Inv. Arch., G, I, 48, b.) — Accord intervenu 
entre... et... Alice de Moru, de Moruz (super 
quadam domo et herbergamento apud Moruz, 
1292. — Id., H,i, 8, 2. m.) 

Morue (Mj., By.), s. f. — Habit a queue de 
morue, ou a q. de paisse, — habit de cer£- 
monie. On dit aussi simplement : Queue de 



morue. Cf. A queue de pie. || Grande morue, 

— personne molle, sans Anergic Cf. An- 
douille. 

Morvasse (By.), s. f. — Petit souillon. De 
Morve. 

Et. — Lat. Morbus, maladie (par excellence) du 
cheval, et, comme dans cette maladie il y a un 
flux par les narines, ce mot a pris le sensdemuco- 
sit£ nasale. 

Morvanlt, Morvean, Moreveau. — Mon- 
trevault. V. Morevault. 

Hist. — « Mais le comte Foulques avoit tout pris, 
en 6tablissant la le chateau de Montrevault . . . 
« factoque ibi castello quod Montem Rebellem 
nominavit. » (Inv. Arch., S, H, 167, 1, m.) — Le 
g£ne>al Berruyer n'avait port£ une partie de son 
armee que du cote de Morveau et de Beaupr£au, 
mais n'a point £te jusqu'a Clisson. (L. B., 16, 26.) 

Morver (Mj., By.), v. n. — Laisser couler 
sa morve. 

Hist. — « II pissoit sus ses souliers, il chioit en 
sa chemise, il se mouschoit a ses manches, il 
mourvoit dedans sa soupe. » (Rab., G., i, 11.) — 
« Toussoit, sangloutoit, esternuoit et se morvoit 
en archidiacre. » (Id., G., I, 21, 41.) 

Morvias (Mj., By.), s. m. — Crachat de- 
goutant form^ de mucus nasal agglutine\ 
Syn. de Calot, Caraillas, Birilte. 

Hist. — « Ilz crachoient villainement dedans les 
platz, afin que les hostes, abhorrens leurs infames 
crachatz et morveaux, desistassent manger des 
viandes apposes. » (Rab., P., iv, Anc. Prologue.) 

Morvoie (Lm.), s. m. — Mouchoir (Men.). 

— II faudrait : Morvoir, prononcez Morvoue\ 
Syn. de Tire-jus. 

Morvoux, ouse (Mj., By.), adj. q. — Mor- 
veux. i! Morvouse, petite fille qui porte 
Tenfant au bapteme. Petite fille de la ferme 
(Men.). 

Moscouade, s. f. — Sucre non purifte ; 
cassonnade. 

Et. — « Portug., mascabado, moins blanc, non 
purifie\ en pari, du sucre. — Menoscabar : Mas ou 
Menos, moins, et Cabo, tete. chef. — Done, id^e 
de depreciation. — Syn. et d. de M ascouvade. 

Mdselle (Lg.), s. f. — Poignee de faux- 
manche. Syn. et d. de Mouselle. Syn. de 
Paumelle. 

Mosse (Mj., Lg.), adj. q. — Emousse\ mal 
affile. Syn. de Goueffe. Doubl. du fr. Mousse. 
Et. — Rad. germaniq. — Hist. : 

« Et semblerois cil qui veult labourer 
« Sur dure roche, aspre. froide et ajcue" 
« A soc de plomb et mouche besague. » 

(G.-C. Bucher, Epistre, 64, 273.) 

Mot, t sonore (Mj.). — t muet (By.), s. m. 

— i| Faire le mot, — s'entendre avec qqn 
pour qq. affaire, completer. !| Dire le fin 
mo t f — dire le fond de Taffaire, donner la 
vraie raison. I| Mettre sod mot, — se meler 
a une conversation, dire son avis. — Syn. de 
Mettre son Hard. \\ Mot rond, — compte rond. 
Ex. : Allons, faut mettre 3 fr., pour faire 
le mot rond. || C'est pas le mot. — Cela n'est 
pas, ou ne fait pas TafTaire ; ce n'est pas tout 



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MOTlft — MOUCHER 



a fait cela. || Prendre a son mot qqn, — accep- 
ter sur le champ sa proposition, ou le prix 
qu'il a fixe\ ;| Aller a ses mots, — en passer 
par ses volonte's, ne pas discuter. || Ein mot 
ae'crit, — une courte Iettre. || Avoir des 
mots, — avoir de la difficult^, de la chicane, 
des difterends. || Passer par les mots de qqn. 
V. plus haut : Aller a ses mots. 

Moti6, Moquie* (Fu., Z. 196, Mj.), s. f. — 
Moitte. 

Moriver, Moquive* (Mj.), v. n. et a. — Mois- 
sonner. — Syn. et d. de Mktiver. \\ Lrm. — 
Motchiver, couper le ble* avec une faucille. 

Motives, Moquives (Mj.), s. f. p. — Ne 
s'emploie guere qu'au plur. — Moisson. 
Syn. et d. de Mhives. \\ Faire ein lieu de 
motives, — faire une saison, la moisson, en 
pari, d'un journalier, d'un aouteron. 

Hist. — « Les semences et mttives seront payees 
par les fermiers. » (Bail de 1594. — An/, hist., 
2«an.,n°3, 585,12.) 

Motiveux (Mj., Lg.), s. m. — Moissonneur. 
V. Motiver. 

Hist. — « Car, ce faisant, etc. V. Me- 
tive. 

Motive use (Sp.), s. f. — Faux arm6e 
d'un pleyon et servant a moissonner. jl Lg. 

— Machine a moissonner, moissonneuse. 

Motter (se) (Mj., By.), v. r6f. — Se dis- 
simuler, se cacher et rester immobile, com. 
font les oiseaux. Syn. de se Burger, s'Amurger. 

— Du fr. Motte. Les oiseaux blesses ou pour- 
suivis se tiennent si parfaitement immo- 
biles qu'on les prendrait pour une des moltes 
derri^re lesquelles ils se cachent. || Lg. — 
Se mettre au lit. — Syn. de : se Camper, 
se Pagnoter. 

Et. — Du germain. — Hist. Ronsard, 939 

{Le Chien) : 

« Se tient ferme plants tant qu'il voye la place 
« Et le gibier motti couvert de la tirace. » 

(du filet). 

Motteresu (Mj.), s. m. — Martinet, sorte 
de grande hirondelle (hirundo riparia, Litt.) 

— qui fait son nid dans les trous des chan- 
tiers ou berges de la Loire. 

N. — Le bon Dieu rend les mains croches a ceux 
ui d£nichent les mottereaux et les hirondelles. 
est la pour les enfants un article de foi qui a le 
grand avantage de proteger des oiseaux utiles. 

Motterie, s. f. — Une plante, une giroftee, 
p. ex., avec la motte de terre entourant les 
racines, comme on les vend au marche", 

3uand elle n'est pas en pot. « Voila pourtant 
e belles motteries. » (Marche* aux fleurs 
d' Angers ; une jardiniere a une cliente qui 
marchandait.) 

Motteux (Mj.), — V. Mottu. 

Mottons (partout). — Grumeaux de lait. 
!! Petits bouchons de laine, de filasse. |] Pas 
a Mj. : Materons. Lg., Matons. 

Motto (Mj., By.), adj. — Plein de mottes, 
en pari, d'un gueret. Syn. deLouabru. 



S 



Hist. — Baif, p. 229 ; 

« Puis courbe s'asseant sur un gazon motu 

« Contempla le vergier d'automne revestu. » 

Mou&s, e (Ti., Sa., By., Lue\, Ed.), adj. q. 

— Mauvais. Ex. : Quand je vous ai donne* cette 
piece-la, je ne crayais pas qu'alle 6tait 
moudse. — V. Mod. — Un mouas gas. || By. 
V. Mods. 

Moufisement (Chm., By.). — Adv. — Mau- 
vaisement. 

Mouceau (Sp.), s. m. — Monceau. Syn. de 
M one id. Corr. du mot fr. 

Mouche (Mj.), s. f. — Barbiche, royale 
petite toufle de barbe a la l£vre inferieure. 
|| Barge ou tas de poign^es de lin. Doublet 
de Moueche. Se rapproche de Mouceau. 
L'angl. a Muck, fumier, et Mow, meule. — 
Ex. : « Dites done, p6re Guitton, est-ce que 
e'est a vous la mouche de genets qui se trouve 
dans le champ ou a eu lieu le combat dc 
l'autre jour ? » (H. Bourgeois. H tc de la 
Grande Guerre, p. 226.) || Lg., Tas de fagots. 
Syn. de Mdssiire, Moche. \\ Lg. — Panique 
qui parfois s'empare des bestiaux rassemble's 
sur un champ de foire. On soupconnait 
certaines gens de faire marcher la mouche 
au moyen de foie de loup desse'che' et pulve- 
rise' qu'ils r^pandaient sur le foirail. || Mj. — 
S'abandonner aux mouches, — s'abandonner, 
ne plus prendre souci de sa personne ou de 
ses inte>3ts, jeter le manche apr£s la cogne^e. || 
Jeu de cartes, jj Adj. q. — Se dit de celui 
qui, au jeu de Mouche, ne fait pas un seul 
leve\ !| Confus, quinaud. Ex. : II s'est trouv6 
ben mouche. Syn. de Coir and, Zede. — Cf. 
Jaub. a Mousse, Moussaud. 

Hist. — « La jouoit. Au flux, a la prime. . . a la 
mousque. . . a la mousche. » (Rab., C, I, 22, 34.) 

Mouch^ (Chpt.), s. m. — Mouchoir de 
poche. 

Mouche ner (Lg.), s. m. — Pour -.mouchoir 
de poche. — On dit plaisamment : Tire- 
jus, Aspirant de narine. V. F. Lore, i. La fille 
du labouroux. 

Moucher (Lue, Mj., Sal., By.), v. n. — 
S'emporter dans une course folle, comme font 
les vaches quand elles entendent le vol du 
taon. V. Mouche. \\ Z. 146. — D'ampis qu'a 
mouche (la pouline)alle est toute 6broquin£e. || 
|| Se dit, par comparaison, des personnes. jj 
Souffrir de la chaleur. jj Humilier qqn. 
par une r£plique piquante ; remettre a sa 
place une personne qui vous a vex£ en lui 
ripostant vivement. — On dit aussi Remou- 
cher : « Ce que je te Tai remouche ! » Syn. 
Rimouser, Remiser. \\ Moucher le sang, — 
m. du sang. || Ne pas se moucher du pied, 

— Mre hautain, plein de morgue. On dit 
ironiquement de celui qui a plus de suffi- 
sance que de moyens : « II ne se mouche 
pas du pied, comme les poules, ca se voit 
a sa manche. » |j Sal. Au jeu de la mouche, 
ne pas faire un lev6 (ou une lev£e, un pli). || 
Mj., Tailler court, la vigne. 



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44 



MOUCHERON — MOUGETTE 



Hist. — « Mouche. Nom donne dans qqs pro- 
vinces a une affection singulidre qui s'empare des 
betes a comes r^unies dans une foire ; tout a coup 
elles deviennent furieuses, se jettent sur leurs 
gardiens, renversent tout sur leur passage et 
causent un grand desordre. » (No£las, legendes. — 
Litt., Suppl.) — Au sens de Berner, dans Pathelin : 

« Comment i\ a esU mouche ? 

« N'ai-je pas bien fait mon devoir? » 

Moucheron (Mj.), adj. q. — Ne s'emploie 
que dans l'expression : Lait moucheron ; — 
colostrum, premier lait que donne la vache 
apres le part. Syn. de Mochon, Ouillaud, 
Boucaut y Bode, Bougaud, Mochk. 

Et. — Ce mot est probablement pour Mousserom 
der. du fr. Mousser, parce que ce lait est plus mous- 
seux que le lait ordinaire. 

Slouches (By.), tenilles, s. f. — Mouches 
qui s'attachent aux animaux ; on dit aussi 
M. guenilles. || Nodules de quarzites dans les 
schistes (Tr.), M6n. — Pyrite de fer qui in- 
terrompt la fente des ardoises. 

Mouche ver (Lg.), s. . — Grosse mouche 
qui fait son apparition au milieu de P6te 
et dont le seul bourdonnement inspire aux 
bestiaux une terreur panique. 

N. — Ce n'est pas le taon, qui paratt beaucoup 
plus tdt et qui, d'ailleurs, porte son aiguillon a la 
teHe, tandis que la mouche-ver le porte a l'extre- 
mite de l'abdomen. — N. Je m'en tiens pour ces 
details au dire des campagnards ; il faudrait veri- 
fier. — Et d'ou vient-il, ce nom? 

Mouchis (Mj.). s. f. — Sarment taille" tres 
court, a deux yeux au plus. V. Moucher. 

Mouehoir, Mouehoue (Mj., By.). — Mou- 
choir de cou, ou simplement Mouehoir, — 
fichu. 

N. — On distingue le Mouehoir de poche, qui est 
le vrai mouehoir, dit aussi Tire- jus et Mouche- nez 
et le mouehoir de cou, ou fichu. — Les graphies sont 
nombreuses : Mouchout, Mouchoi, Mouchouer 
(xvi°s.) 

Mouciau (Auv.), s. m. — V. Mouceau. 

Mouele, Mouque (Mj., By.), s. f. — Moule, 
sorte de mollusque, coquillage. 

Et. — Est plus rapproche que le francais de 
l'original lat. Musculus, qui signifie aussi : petite 
souris, petit rat. — Bret. Meisel, angl. Muscle. 

Hist. — « Puis luy offrent : lamproyes, moucles, 
homars... » (Rab., P., iv, 60.) 

Moueehe ou Moiehe (Sp.) s. f. — Barge, 
Meule ou Tas, — de bois. Syn. de Mdssiere, 
Moche, Mouche, Fagotier. |j Mj. — Tas de 
paquets de lin non broye\ — V. Mouie, a 
j'6tymol. 

Mouee (Mj.), s. f. — Banc de poissons, 
troupe d'oiseaux de passage, voyageurs. || 
By. — On dit : Bouillard de poissons, bouee 
d'enfants, gherrouee de poulets. 

Et. — Ce mot est pour Mouvee, der. du fr. Mou- 
voir, par apherese du v., comme dans le fr. Douelle 
et dans les mots pat. Douel, Couer, etc. — Je pre- 
fere cette explication de R. O. a la suivante : 
« Moiee, mote, muiee, muee, — contenu d'un 
muid, mesure de terre exigeant un muid de se- 



ntence ; mesure de bois ; tas d'6chalas ; amas, tas ; 
mouee, terme de venerie, patee, soupe des chiens, 
— Au sens de : tas, amas, moiee peut venir de 
moie l , borne, but, tas, amas, monceau, meule de 
paille, de foin, de ble. — De Meta. (D r A. Bos.) « 
Moie ; meule, tas. Moie de fagots ; Moiee, id. 
(L. C.) = Mouee. Volee d'oiseaux qui prennent 
l'essor ensemble ; fig., foule de monde qui tra- 
casse. (Borel.) 

Hist. — « Depuis certaines eclipses, s'en est 
revole une grande mouke, par vertu des constella- 
tions celestes. » (Rab., P., v, 5.) — « Aux cris hor- 
ribles qu'ils (les chats) savent pousser dans la nuit. 
ils se rassemblent par mouses dans quelque grand 
che'ne, arrivant de tous les coins du pays, et la 
menent une vie d'enfer. » (H. Bouro., Hist, du 
vx tps. ) 

Mouet (Sal.), — Petit gateau, pain b6nit 
semblable a une brioche. 

Mouffe 1 (Mj., Lg.), s. m. — Muffle. || 
Museau. Doubl. du fr. 

Et. — Moufle 4 s'est dit au fern, pour Mufie. — 
De Tall. MufTel, MofTel, chien a grosses levres pen- 
dan tes, et, par ext., Mulle, qui vient de l'aha. 
Mupfan, contracter la bouche. 

Moufle *, s. f. — Mousse. D'apres Menage 
(MiJN.). — V. Mouffu. || Lg. id. Inconnu a 
Mj. ou on emploie le de>iv6 Mouffu. 

Nouffu (Mj., Lg.), adj. q. — V. Maffu. 
Bien lev^, rebondi, en pari, du pain. Syn. de 
Clote. — Plein d'alv^oles. Se dit du* pain, 
au Lg. com. a Mj., mais a Mj. e'est le sens 
unique de ce mot, qui semble se rapprocher 
du fr. Maffu. || Lg. — Mousseux, cou vert 
de mousse. Se dit des murs, des arbres, des 
pr£s. — Syn. de Moussu, Arnouffe. — N. 
Cest, a ce qu'il semble, le sens propre du 
mot. 

N. — En Norm., on dit d'un tissu de laine qu'i* 
est mouflu, pour designer qu'il est a la fois epais* 
velu et leger ; de : moufle, qui s'est dit pour : 
mulle. — Bourg., m6fl6, rebondi, joufilu ; wall., 
moufler, enfler ses joues ; hain., Moflue, grasse, 
potelee. 

Moufionner, v. n. — Renifler, avec un bruit 
particulier (Segr.) de .Moufle. ( M6n.). — 
rr. Moufionner. 

Moufle (Mj., Lg., By.), s. m. — Mufle, 
museau. 

Moufler (By.), v. a. — Flairer par le 
moufle. — N.*Un chien qui est a la maison 
et desire sortir parce qu il sent son rnaitre 
dehors, souffle au has de la porte ;sMl souffle 
fort, il moufle ; s'il ne souffle que doucemeut 
il mouflonne. D'ou, s'il va sentir a la cuisine 
sans y &tre invito, on lui dit : Va done, 
sale bete, qu£ que tu moufles la ? — Ou bien : 
Champoye moi done le chien qui moufle — ou 
mouflonne sur la viande. 

Moufionner (By.), v. n. — Sentir <?a et la. 
« Qu*as-tu done a moufionner comme 5a ? 
Qu6 que tu charches ? 

Mougette (Lg., Tim.), s. f. — Haricot 
blanc sec. Syn. de Fcuvette, Fayot, Musicicns, 
Allants-et- tenants ; 



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MOUGNON — MOULER 



45 



Hist. — « Les gesses et les mongettes coriaces. » 
(La Trad., p. 323, 1. 29, 30.) — « Je me ferai 
blanche nonnette — bianco moUngeto. » (Mireille.) 
— Les feuvettes blanches pourraient avoir et6 
baptisdes nonnettes (moungeto, monachetae)^ a 
cause de leur couleur et aussi parce que les cou- 
vents <Haient censes en faire une grande consom- 
mation. (R. O.) 

Mo a g Don (Lg.)i s. m. — Moignon. Syn. et 
d. de Mognon. 

Mougrigner, v. a. — Action de Mougrir 
(M6n.). 

Mougrir, v. a. — Mougrir un fruit, c'est 
le rendre mou ; une pomme pressed par le 
doigt (Segr.). M£n. — Syn. de Tuter. V. 
Perjuter, Poercir. 

Mouillant (Mj.), adj. v. — Qui mouille, 
qui est mouille\ S'emploie dans la loc. : 
Charge a bord mouillant, — tellement charge^ 
que Teau affleure au bord, en pari, d'un 
bateau. 

N. — Cela me rappelle le mot suivant. En voyant 
un bateau de sable ainsi charge\ un pere disait a 
son fils : « Vois quelle imprudence ! S'il survenait 
une crue seulement de cinq centimetres, ce bateau 
sombrerait ! » 

Mouillasse (Mj., By.), s. f. — Flaques d'eau 
de pluie, herbe mouill6e par la pluie. Ce mot 
est collectif et ne s'emploie qu'au sing. — 
Ex. : Ne va done pas dans la mouillasse. Syn. 
de Guene. || Pluie . || Temps pluvieux. Syn. de 
Fouinage. 

Mouillssser (Mj., By.), v. n. — Pleuvoir un 
peu, ou souvent. Ex. : II ne fait que de 
mouillasser. Syn. de Mareyer. — Dimin. ou 
frequent, de Mouiller.. 

Mouillasseux (Br. , Z. 171.), adj. q. — Ou 
il pleut beaucoup. Se dit du temps, de T6- 
poque , de la saison, mais non des lieux. Syn. 
et d. de Mouillassoux. 

Mouillassoux (Mj., By.), — Pluvieux. Ex. : 
Queun temps mouillassoux ! Syn. de Soua- 
noux, Morgdgnoux, Gassoilloux, Gadroilloux. 

Mouille (Mj.), s. f. — Partie du lit d'un 
fleuve, dans qq. recoin de la rive, ouTeau est 
profonde et tranquille, ou tourbillonne len- 
tement. — Doubl. et syn. de Molle. || Bief 
profond entre deux seuils ou maigres, dans les 
chenaux de la Loire. 

Hist. — La Loire ne manque pas uniform^ment 
de profondeur et n'est pas ensablee partout. Elle a 
un plafond in^gal, voila tout ; un plafond qui se 
creuse contre cette rive en une mouille profonde, se 
releve en un seuil couvert de qqs centimetres d'eau 
seulement, pour s'abaisser de nouveau vers l'autre 
rive en une seconde mouille, et ainsi de suite. (A. d 
P., 27 octobre 1907, 1, 4.) — « G'est a croire que 
les sondeurs ne jettent la sonde que dans les 
mouilles et jamais ailleurs. » (1906. Rapport des 
delegues de l'Union syndicale des mariniers sur les 
travaux de la Loire navigable. L' Angevin de Paris, 
n<> 34, p. 2, col. 1.) — « Trou parallele a la rive, 
petit ravin allonge" creus6 par la Loire, qui vient 
buter dans une partie concave ou ses eaux tourbil- 
lonnent, sur le fond de sable ou s'exerce continuel- 
lement la puissance de ce choc tourbillonnant. » 



(La Loire navigable. Article de M. E. Bebb dans le 
Figaro. ) 

Mouille (Mj.), part. pas. — On dit d'un 
homme qui s'est enrichi : II a mouilU dans 
son 6cuelle. I| Mj., By. — Humide. Ann6e 
mouillie, a. tres pluvieuse. 

Morlller (Mj., Lg., By., Sal.), v. n. — Pleu- 
voir. Ex. : II va mouiller, le temps est trop 
noir. Syn. Piker. || Etre tremp6 par la pluie. 
Ex. : Pourveu que je ne mouillions pas 
en nous enallant. — V. Ce mot au F. Lore, 
xvi. 

Mouiiierie (Tf.), s. f. — Se>ie de pluies. 
Ex. : Quelle mouiiierie qu'il fait ! — Syn. de 
Mouillasserie. 

Mouillet' (Mj.), s. m. — Salive, crachat, 
consider^ comme servant a mouiller le fil. 

N. — Jadis, au temps ou la reine Berthe, — 
pardon — au temps ou il y avait des fileuses, elles 
mdtroyaient des prunelles cuites pour se donner du 
mouillet. V. le suivant. 

MouiUette (Sp., By.)), s. f. — Eponge 
imbibed d'eau et enfil6e sur le baton de la 
quenouille, qui sert a mouiller le fil. 

Mouilleul, s. m. — Moyeu (Segr.). — V. 
Esseul. Le mouilleul est fendu.V. Mbeu, Meu. 

Et. — xm 6 s. Muiels. — Prov. Moiol, muiol ; du 
lat. modiolus, dim. de modius, boisseau, par assi- 
milation de forme. 

Moulse, s. f. — D6bine, malheur, pur^e. 
C'est de la moiiise, etre dans la mouise. Syn. de 
Malette, Dthane. 

Moujon, Mougon, s. m. — Surnom des 
habitants de B6huard (M£n.). Cf. Mogon. 

Moujure. — V. F. Lore, vin, a. 

Moule (bois de) (Mj.). s. m. — Cercles de 
barrique. 

Et. — Ancienne mesure de bois a brOler, faite 
de deux traverses entre lesquelles on rangeait les 
buches. Bois de moule ou moulde, se dit de bois a 
bruler de moyenne grosseur et d'une longueur 
dtHermin^e. — Lat. modulus, dim. de Modus, 
maniere. — Vx fr. Modle. || Dans le Bas-Maine, 
reunion de 24 cercles de tonneau ou de barrique 
(Dottin.) — Hist. « Avec une paire de chausses, 
trois cens de gros bois de moulle, vingt et cinq 
muiz de vin. » (Rab., G., i, 20, 39.) — « Et a ceste 
cause ne vint point de bois a Paris par la riviere 
de Seine, et rut bien chier, comme de sept a 
huict sols pour le moule. » (1467. L. C.) 

Moule, s. m. — Nom donn6 a la lettre d'avis 
d'un enterrement, surtout. J'ai recu le moult 
de la mort de M. X. — Imprime\ Le peuple 
a le plus grand respect de la lettre moulle. 
Mais cela se perd. 

Moulee, s. f. — Moue. Faire la moulle (M6n. ) 

Mouler, v. a. — Manger. Expression tres 
pittoresque. « II moule son pain. » || Calligra- 

Ehier. II moule son ^criture ; il s'applique 
eaucoup a 6crire et avec succes. Son Ven- 
ture est moul6e. 

N. — Co vocable se comprend ; cependant, il 
comporte deux explications : 1° Donner a son pain 



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46 



MOULIN — MOURHOT 



la forme du moule de la bouche et des intestins ; 
2° Moudre, d'ou : moulin, meule. — Delvau 
donne : Mouloir, bouche ; elle moule les aliments ; 
Mouloir, dents ; el les procedent a la mouture des 
aliments. 

Moulin (Mj., By.), s. m. — Moulin a Peau, 
— moulin mu parVeau. || Moulin a chandelier, 

— sorte de m. a vent que Ton oriente en le 
faisant tourner d'une pi&ce sur un fort pivot 
vertical en bois qui le supporte tout entier. || 
|| Moulin a venter, — tarare ou grand van. 
V. Venter. \\ Moulin a sasser, — blutoir m6- 
canique a cylindre. || Savoir amener Teau a 
son moulin, — s'attirer la clientele, se pro- 
curer des b&ieTices. || Tous les moulins 
virent pour lui, — il croit que le monde lui 
appartient, il ne doute de rien. || Moulin a 
paroles, — nom que portait un bateau a 
laver d' Angers (1875) pres le Cirque-Theatre. 

— II y figure encore (1907). 

Hist. — « II y a eu beaucoup de moulins a vent 
et a Veau emportez. » (1750. — Inv. Arch., E, n, 
170. 2.) — « CJilbert, meunier au moulin a l'eau sur 
le Vandrenneau, pres la Clavtere, avait fait cause 
commune avec les Bleus. » (Den., v, 197.) 

Mouline, s. f. — Piece ronde de bois placed 
a Fextr^mite* d'une charrette, rolon ; qqf. 
se place au milieu de l'Schelon d'une char- 
rette. V. Moulinet (Men.). 

Monllnet. — V. Mouline (Men.). 

MoulineUe (Mj.), s. f. — Syn. de Tourette. 

Moulle (Lg., By.), s. f. — Moelle. || Chou a 
moulle, — varieHe* de choux dont le trou (tige) 
renfle" et moelleux sert a la nourriture des bes- 
tiaux. 

Mouman (Mj., By.), s. f. — Corr. du mot 
fr. Maman. V. Poupa. Cf. Mauman, Moumin. 

Moo men t (Mj., By.), s. m. — Corr. du mot 
fr. Moment. || Ein moument de temps, — un 
moment, un bout de temps. || Du moument 
que, — d&s lors que. || Interj. Moument ! — 
un instant, attendez, s'il vous plait, n'allez 
pas si vite ! 

Hist. — « Escrie me si ne t'espoent 

« Qu'en une hore e en un moument 
« Ne seit passed ta puissance. » 
(Benoit, Chron., v. 40709. — L. C.) 

— « Via qu'au moument qu'y alias l'abrier avec ma 
palle, 6 m'a passe p'r l'id6e qu'y pouvait vonte 
avoir daux papiers. . . Y l'tr'viris in ptchit d'couU 
p'r argarder so s6 hardes. » (H. Bourgeois, Hist. 
delaGr. Guerre, p. 52.) 

Moumi (Pell.), adj. q. — Echaufte et a 
demi pourri, en pari, du bois. Syn. de Pouffi, 
Pourriassi, serait syn. de Michi. 

Moumin (Z. 144), s. m. — Maman. Syn. et 
d. de Mouman, Mauman. 

Moumon (Mj.), s. m. — Present qu'appor- 
taient autrefois les jeunes gens, pour se iaire 
admettre a des noces ou ils n 6taient pas 
invites. N. Cet usage indiscret a disparu. V. 
Momon. 

N. — Mommon, jeu des masques en carnaval. 
Anneau, bague ou somme d'argent dans une tasse 



ou bassin, que portent de nuit des person nes mas- 
quers chez un ami, l'invitant a jouer sans parler. — 
Voir Momoue, dans L. C. 

Moumonte (Sp., Mj., By.), s. m. et f. — 
Chat, chatte, minet, minette — mot enfantin 
ou caressant. Syn. de Moule, Mite, Mimite, 
Mitaud, Minot, Mistigris. — C'est le mot 
Moute, avec rSduplicat. de la premiere syl- 
labe. Cf. Mite et Mimite. 

Noon (Sp,), adj. poss. Mon. Ex. : Moun 
alliance est us6e. Syn. de M'n. Cf. Soun, Toun. 

Mo Are (Lg., Sp., Lrm.), s. f. — Doublet du 
fr. Mure, fruit de la ronce. — Pat. norm. 
Moudre. V. Citat. a Teinturer. 

Mouresu (Mj., Lg.), s. m. — Noiratre, 
brun fonce\ Nom que Ton donne souvent aux 
boeufs dont la robe est noire ou de couleur 
sombre. V. Moraine, Moret. C'est le meme 
que le fr. Moreau. Derive de Moure, fr. Mure. 
Cf. l'esp. Morado, violet fonce\ qui vient de 
Mora, mure. Angl. Murrey. — Syn. de Taupe. 

Hist. — « Ce cheval bayard vient d'Orleans. Cet 
autre « en poil moreau » sert a conduire. (Comptes 
de menage de J. de Laval. — Anj. hist., I, 531, b.) 

Nourine (Bg.), s. f. — Espace dSgarni 
d'arbres dans une forSt, un bois ; assez petit ; 
a pu servir au travail d'un charbonnier. Se 
trouve dans un grand nombre de baux. 

N. — « Moureine. Maladie qui attaque les arbres 
r£sineux, le sapin maritime surtout, par le pied et 
en terre. ddtache l'ecorce et entratne la mort de 
l'arbre. La morine 6tait, soit une maladie mortelle 
des bestiaux, soit le poil qu'on enleve aux animaux 
morts. — D. C. Moria, Morina. (De Montesson.) — 
II m'a paru utile de faire ce rapprochement. 

Mourfner (Ag.), v. n. — S'6teindre dou- 
cement, en pari, du feu, de la lumidre. 

Mourir° (se) — Conjugu^ pronominale- 
ment : « Mathurin she mort. » — On dit : II a 
4t4 fait Mourir pour : il a £te" mis a mort. 
Hist. — Jean Bouchet : 

« Cr&us, qui fut le roi des Lydiens, 

« Fut par Cyrus pris apres longue guerre, 

« Et fait mourir sur une haute pierre. » 

Moorne (Mj.), adj. q. — Sale, encrasse* ou 
mal blanchi. Se dit du linge. || Rg. — Sourd, 
voile\ en pari, d'un son. I| Lg. — Qui brule 
mal. — Se dit du feu. — C'est le fr. Morne, 
dans un sens special. 

Et. — Germ. aha. Mornan ; angl. to mourn. 

Mournement (Rg.), adv. — Sourdement. 
Ex. : « Ein sarpent ga siffle corarae ein merle, 
mais pus mournement. 

Mouroir (Lg., Cho., By.), s. m. ou Mou- 
roire (Mj.), s. f. — Dans la loc. : Etre au 
mouroir, §tre a Tarticle de la mort, k Tagonie. 
Pron. Mouroue\ — Etre d la mouroire. M§me 
sens. Ne se dit qu'en plaisantant. Syn. Quer- 
vaison. \\ Local ou Ton depose le corps mort. 

Mourre, s. f. — Le jeu de la mourre, ou du 
pigeon vole. (Men.). 

Moorrot, s. m. — La mort. — Etre a son 
mourrot, pret a succomber, a mourir. (MAk.). 
Cf. Mouroir. 



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MOURT — MOUVER 



Mourt (Lg.), v. n. — Pour Meurt, 3 e pers, 
du sing., ind. pr£s. de Mourir. Ex. : On mourt 
aussi be" aux noccs comme autre part. 

Mourn (Mj., Lg., By.), part. pas. — Mort, 
de mourir. Ex. : II a mouru. — N. Cette forme 
ne s'emploie plus guere a Mj. que par plai- 
santerie ; elle est au contr. tres usit£e au Lg. 

Mourue (Pg.), s. f. — Morue. — Pat. norm. 
Mouorue. 

Mousard (Mj., Lg., Fu.), adj. q. et s. — 
Tetard, — se dit des arbres. Ex. : Ein l&ard 
mousard. V. Mousille. Syn. de Emousard, 
Tetaud, Hurard, Trouesse, Truisse, Troi- 
gnard. 

N. — By. — On dit : en souche, ou a souche, 
qu'on prononce soche. Eine soche de saule, — ou 
autre. Les arbres a souche peuvent dtre egherte's 
(emondes) tous les ans, s'il pousse de nombreux 
sions ou brindilles le long du tronc (ex. : l'ormeau) ; 
ils ne sont coupes que tous les cinq, six ou sept ans, 
suivant leur nature (saule, cinq ans ; chene, sept 
ans) ; c.-a-d., on ne met la souche a ras que 
lorsque les branches ont acquis leur valeur, bnt 
atteint leur venue normale et utile. — On nomme 
de haut vent les arbres non emondes. 

Hist. — « Qui dtait a ebrancher ou emousser des 
aunes. » (1608. — Inv. Arch., S, E, in, 426, 1, h.) — 
« Ces arbres, vulgairement appeles tetards, ou 
mousards, portaient leurs tiges fort basses et etaient 
emondes tous les six ou sept ans. » (Deniau, Hist, 
de la Vendee, I, 15.) 

Mo us elle (Lpm.), s. f. — Poign6e de faux- 
manche. Syn. de Paumelle, Moselle. 

Et. — Probablement pour Mainzelle, doubl. de 
Maincelle, malgre la difference apparente de sens ; 
les deux mots etant derives de Main. 

Mousille (Mj.), s. f. — Ramilles, menues 
branches, Emondes, branches couples. Ce 
mot est collectif et ne s'emploie qu'au sing. 
|| Fig. — Menus objets, et surtout Menue 
monnaie. Syn. de Mitrdille. Cf. Jaub. a 
Mazille. 

Et. — Mousille a la m6me rac. que Mousard. 
Tous deux deriv. du lat. Mundare, fr. Monder, 
Emonder, par le changement de on en ou, comme 
dans Mouceau, et de la dentale en sifllante. 

Mousir°, r muet (Lg.), v. n. — Mollir. On dit 
aussi Mollezir. 

Moussftillon (Mj., By.), s. m. — Petit 
mousse ; apprenti ; gamin. Syn. Moustot. ?.\ 

Moussard, adj. — « Les arbres moussards 
portent la mousse (H. D.) M6n. — V. Mou- 
sard. 

Mousse (Lg., Mj.), s. m. — Apprenti, non 
seulement marinier, mais dans un metier 
quelconque. || Gamin, saute-ruisseau. || 
Enfant, gamin. — Syn. de Moutard, Gosse, 
Loupiot. || Sal. — Appellation amicale. 

Mousseau, et mieux Mouceau (By), s. m. 
Monceau. — Ex. : Brissac, petite ville 
pas grande ; alle est toute en mouceau. » || 
(Pt., Vh.). — Norn de famille. 

Mousse-de-No$I (Ti.), s. f. — Lichen. 

Moussu (Mj., By.), adj. q. — Couvert de 



mousse, envahi par la mousse. Syn. de 
Mouffu, Amouffe. 

Hist. — Villon, Regrets de la belle Heaulmiere : 
« Oreilles pendens et moussues. » 

Moussue, 6e, adj. q. — Mousseux. Roses 
moussutes (M6n.). 

Moustot (Li.), s. m. — Un moutard. 

Moutard (Mj., By., Sp.), s. m. — Gamin, 
galopin, mioche, marmot, marmouset, enfant 
qcque, Gosse. Syn. de Clampin, Loupiot, 
Mousse, MSme, Maminol, Affi.au, Queneau, 
Quenid, Drole, Race, Nafiot, Marmousin, 
Moustot. 

Et. — Littrb, Suppl^m. « En 1826 ou 1827, 
les gamins du faubourg ou j'habitais etaient en 
guerre avec ceux du quartier MoufTetard. . . I^es 
gamins du quartier MoufTetard appelaient leurs 
adversaires les Jacques... et ceux-ci appelaient 
les autres les MoufTetards : « Ohe, mechants MoufTe- 
tards. » C'etait avec ces cris que la bataille s'cnga- 
geait. De la, par corr., le nom de moutard passa dans 
la lang. popul. de Paris, puis de toute la France. 
Je ne crois pas qu'on en puisse trouver un exemple 
anterieur a la date que j'assigne. » (Deschanel, 
Le National, 22 mars 1873, 3" p., 3* col.) — A 
rapprocher : « Et en fut faicte une chanson, dont 
les petits enfants alloient a \a moustarde. » (Rab., 
P., ii, 21,169.) 

Moutardier (Sa.), s. m. — Ravenelle. Syn. 
de Russe, Rosse, Servante-de-Cure, Joton, 
Ravoyon. — N. II y a eu confusion 
entre la ravenelle et la crucifere tres voisine 
qui donne la moutarde. Bat. Raphanus ra- 
phanistrum. || Mj. S6nev£. 

Et. — Lat. Mustum, moust, mout, — vinum 
mustum, vin nouveau, non fermente. — La graine 
de seneve est broyee avec du mout, du vinaigre, etc. 

Moute (Mj., Sp., By.), s. m. et f. — Chat, 
Chatte. Syn. et corr. de Mite ; Syn. de Mou- 
moute, Mimite, Mitaud, Minot, Mistigris. 

Mouton (Mj., By.), s. m. Fig. — Chaton de 
saule. V. Mbmais. 

Moutonnage (Lg.), s. m. — Nom collectif 
sous lequel on dSsigne les betes ovines. 

Moutonnier (Lg.), s. m. — Marchand de 
moutons. Ex. : Cest le pere Baron, le mou- 
tonnier, qui m'a bais6 au trut ! 

Mouve, s. f. — Mouve de fond. Mouvemen t 
des eaux qui annonce une crue (Loire). M6n 

Mouvee (Mj.), s. f. — S'emploie unique- 
ment dans la loc. : A la mouvee de cinq heures, 
— a cinq heures. N. On prononce le plus sou- 
vent : de cinq-z-heures. — Cest probable- 
ment la reprise du travail apr&s la collation, 
qui se fait de 4 a 5 heures. 

Mouver (Mj., By.), v. a. et n. — Remuer. 
Ex. : Cet6 crue-la va faire mouver le poisson. 
|| Se mouver, v. r6f. Se remuer. Ex. : Mouve- 
t6 done ein petit. — Se dit partout. 

Et. — Cest une autre forme de Mouvoir. Mouver 
du fond, se dit d'une riviere dans laquelle l'eau du 
fond coule plus vite qu'a l'ordinaire. — Hist. 
« Comme estans sus la riviere de Loire, nous 
semblent les arbres prochains se mouvoir, toutes- 



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MOUVETTE — MULON 



fois ils ne se mouvent, mais nous par le devours du 
bateau. » (Rab., P., v, 26, 537.) — Pat. norm. 
Muver. 

Mouvette (Ag., By.), s. f. — Une petite 
mouvette, unS petite fille tr&s turbuiente, 
agite*e, en l'air. « Queu petite mouvette / » 



Movee (Mj.), s. f. • 
usit6e. 



V. Mouvie, forme plus 



Mover (Mj.), v. n. — Se mouvoir, se remuer. 
|| Se mettre en marche. — Mouver est plus 
usite\ 

Et. — Der. direct du lat. Movere ; d. de Mouvoir* 
Pat. norm. Muver. 

Moyen (Mj., By.), adj. q. et s. m. — Mediocre, 
entre le ziste et le zeste. N. L'angl. Mean a 
le m£me sens. |! Tacher moyen, — essayer, 
trouver moyen. Ex. : On va t&cher moyen d'y 
arriver tout de mSme. I| Moyen de moyenner, 
— ' moyen de rSussir, de s'entendre. Ex. : 
J'allons voir si y arait moyen de moyenner. || 
Par subtils moyens, — adroitement, par ruse, 
par astuce. || Fortune. — Ils ont ben le moyen. 
|| Y a ben moyen, y a pas moyen, — e'est pos- 
sible, facile, — impossible, difficile. 

Moyennement (Mj., By.), adv. — M£dio- 
crement, assez mal. 

Moyenner (Mj., Lg., By.), v. n. — User de 
qq. moyen, s'arranger. S'emploie dans la 
loc. : Moyen de moyenner. V. Moyen. 

N. — Le fr. a le v. Moyenner, mais il ne Pem- 
ploie pas avec cette acception. 11 faut noter, tou- 
tefois, qu'il use dans le mdme sens du part. pres. 
Moyennant, dont il fait une soi-disant proposition. 

— On trouve Moyenneur, pour ; m^diateur. BftzE, 
Viede Calvin. (Litt.) 

Mneer, Musser, (By.), v. a. — Cacher. V. 
Musse. 

Hist. — « Ceans, ou que soit le mucons. » (Ca- 
chons-le ici, en qq. endroit que ce soit. — Castoie- 
ment, p. 16, v. 148.) 

— « Pourpense soi qu'il entreroit 
* En un temple qui pros estoit 

« Et ilueques se muceroit. » {Id., p. 29, v.181.) 
— « Primes mucent le lecheor. . . » 
(D'abord, ils cachent le galant. — Id., p. 51, v. 
114.) — « Une condempnation de trois cenz livres 
sus Michiel Sautier et Juliane la Giraude. . . pour 
cause d'une muce d'argent qu'ils avoient trouv^e. . . 
laquelle muce il avoient receive. » (1325. — L. C.) 

— L'ltymol. la plus probable est celle proposee par 
Diez : aha. sich muzen, am. sich mausen, se cacner 
comme un Maus ; lat. mus, rat. — Muce, Mu- 
ciete, etc. (D r A. Bos.) 

Mudir°, Mugui, mu-illi (Mj.), v. n. — 
Chancir, moisir. Syn. de Chauguenir, Chau- 
menir, Voirir,Vairir, Veurir, Heurdrir.Doxibl. 
du fr. Moisir. Cf. l'angl. to Mould. 

Mndissnre, Muguissure (Mj.), s. f. — Moi- 
sissure, Chancissure. 

Mue (By.). — Outre le sens fran$ais, a 
celui de : Tres grand filet solide, 6tabli a 
demeure, ou on conserve le poisson vivant, 
p. ex. pendant le temps n£cessaire pour 
« Picker un grand 6tang ». 



Mue* (Lg.), s. f. — Moue. Syn. et p. de 
Meue, Meugne. 

Et — Rostrum, gall. Museau... Morsus sive 
Groin, 1309. — Pathelin : 

« Vous en avez pris par la moue, 

« II doit venir manger de l'oue (oie). » 

Muelle (Lg.), s. f. — Meule de moulin. Cf. 
Peule, pour : puelle. Mons-en-Puelle. — Une 
terre peule, meuble, pousstereuse. 

Muffle (Tim.), s. f. — Cuite, ivresse. Syn. 
de Soulaison, Triple, CulotUe, Cuite, Bardie, 
Biture. — Ce qui est pass6 par le muffe, ou 
muffle. 

Muffle (Mj., Ag., By.), s. m. — Individu 
m6prisable, pleutre. Syn. de Pignouf. On 
pron. Muffe, « Queu mufTe ! » Syn. de Cul, 
Plat-cul. 

Mutfle-deveau. — Vulg. Mufflier. Antir- 
rhinum majus (M6n.). Gueule de lion. 

Muguet (Lg.), s. m. — Syn. et d. de Meguet. 
Esp&ce de trifle a fleurs jaunes, commun 
dans les pr6s et les moissons. Cest une plante 
entierement difterente de celle que Ton 
appelle de ce nom en fr. 

N. — On distingue le : petit muguet, qui est celui 

3ue Ton appelle, a Mj., Trefle-mignonnet et qui 
onne un fourrage estime\ — et le : grand-muguct, 
qui, a Mj., est confondu avec une autre espece de 
trdfle, sous le nom de Trenfle, mais qui, a Ra., est 
distingue sous le nom de Trenche ou de Roulee. 
Cette derniere espece d6precie les foins. 

II Mj. — Syringa, — arbuste d'ornemenU 

Mulard, s. m. — Qui a des engelures. Au 
moyen-&ge, les personnes qui avaient des 
engelures aux talons portaient des mules. 
Dans un vieux Noel angevin : 
« Marche devant, pauvre mulard 
« Et t'appuie sur mon billard. » (Mix.) 
Et. — Mule. Lat. : mulleus calceus, ou simple- 
men t : mulleus, sorte de brodequins, ainsi dits a 
cause de leur couleur, de : mullus, rouget, poisson 
qui est rouge. » (Lrrr.) — V. Mules. 

Mule (Mj., Sp.), s. f. — Fig. Femme sterile, 
II Lg. — Impropre a la reproduction. Se dit 
mSme des plantes. : Eine patache mule. » 
Syn. de Biret. 

Mules, s. f. — Engelures. V. Mulard. 

Et — Engelures aux talons. A cause de l'assimi- 
lation a une chaussure qui blesse, — ou bien parce 
que les engelures rendent le talon aussi rouge que 
la mule, pantoufle. (Litt.) — Ceux qui avaient des 
engelures portaient des mules, moins g£nantes pour 
le pied, — ce qui d£truit la premiere explic. de 
Littre. 

Hist. — Noels Angev., 11, 5 : 

« J'ai aux talons les mules. » 

Mulet (Mj., St-P., Lg.), s. m. — Homme 
impropre a la g6ne>ation. Syn. Biret, Varlot. 
|| Oiseau, pipi, — ce qui sert a porter le mor- 
tier aux poseurs de pierre. Syn. de Cossarde. 

Mnlon (Mj., By.., Sal.), s. m. — Grosse 
meule de foin. Pour Meulon, augm. de Meule. 
|| A haut mulon, — tout comble. Syn. Haut- 
mure. || Lg. — Tas de foin sec, de 1 a 2 mille 



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MULOT — MUSICIEN 



49 



que Ton fait provisoirement dans les pr£s. 
Syn. exact de Veille ou Veilloche. Norm. id. 

Ma lot (Segr.), s. m. Se dit du foin 
quand il a 6te" ringaille. V. Bulot. Pour 
Mulon. By. — Remplir le boisseau au Mulot. 
Tout comble. 

Hist. — « Si quelqu'un en colere menacoit un 
austre de brusler ses edifices ou ses fruits dans sa 
grange, ses moissons en mulots ou amassez... il 
sera rigoureusement puni. » (JS'ouv. Cout. Gtner., I, 
p. 843.) 

Mur (Mj., By.), adj. a. — Fig. — Presque 
completement*use\ elime, en pari, d'un tissu. 

Mursil (Mj.), s. m. — Fruitier, lieu ou Ton 
conserve les fruits. — Subst. verb, du pat. 
Murdiller. \\ Lg. — Amas de fruits que les 
enfants caehent dans les granges ou les pail- 
lers pour leur consommation personnelle. 

Mursffier (Mj., Lg.), v. n. — A tres brei. 
Achever de se murir apres la cueillette, en 
pari, des fruits. 

More (Mj.), s. f. — Fruit de la ronce en 
general. V. Moure. j| Mure de chien. — Fruit 
de la ronce commune, par opposition au 
fruit d'uneronce plus petite, commune dans les 
vignes et les lucettes, dont la baie est moins 
noire, moins fournie et d'un gout acidute plus 
agr^able. Ex. : Les mures de chien donnent 
des pou^es. — C^oyance populaire qui se 
retrouve a Sp. aussi bien qu'a Mj. — Autref. 
Meure ; du fat. Mora. V accent circonfl. ne 
s'explique que par confusion avec l'adj. 
Mur, mure, lat. Matura. 

Murette (Mj., Chx.), s. f. — Petit mur> 
parapet. 

Hist. — A deux kilometres environ de la gare 
d'Oudon il se heurta a un cadavre eHendu entre le 
rail extc>ieur de la voie descendante et la murette 
qui, a cet endroit, borde la lighe. (A. de P., 13 oct. 
1907, 3, 5. ) — J'avais perdu de vue la couleuvre. 
Au moment ou je ramenai mon regard de son cdte\ 
je la vis, a ma grande surprise, escalader la mu- 
rette... (Id., 21 juil. 1907,1,6.) 

Murgier. — V. Meurgers. 

Et. — Murger ; monceau de pierres de toute 
nature (Litt.) ou se r^fugient les lapins. — D. C. 
Murgerium. xin* s. « Les entries du bore estoient 
closes de murgieres. » [Hist, occidentals des Croi- 
sades.) — « Si aliqua persona ceperit alienos lapi- 
des. . . in alieno murgerio, vel amasso lapidum, etc. 

— 1496. D. G. 

Mar mure (Fu.). — Jen de mots sur Mure 
mure ; fruit mur du roncier, de Yeronze. 

Mussrd (Mj., By.), adj. q. — Lambin, qui 
s'attarde volontiers. Syn. de Lambinier. 
Hist. — G.-C. Bucher, 146, 170 : 
« Entrer au gue" des Muses Pie>ides 
« Et ne gouster de leurs doulces liqueurs, 
■ Cest k musars et gens de pouvre cueur. » 
N. — Les deux premiers vers rappellent invin- 
ciblement, comme forme et com me pense*e, les vers 
de Musset : 

« Avoir reve* des pomn.."s h,:.sperides, 
« Et presser tendrement un ium;tsur son cuMir. » 

— Du meme : 199, 201 : 
tGloire pour vray de sot et de musart. » 



— « Je ne vueil plus a vous, dame, muser, 
« Vous pouvez bien que>ir autre musart, 

« Car m'appenjoy qu'on m'a fait amuser. n 
(Desch, V* 398.) L. C. 

— Musart : faineant, paresseux, lache, sot : 

a Si Musas celebres, clament m«sarde Sacerdos. » 
PoSsie au roi Rolert. D. G. 

Muse (Mj.), s. m. — Horbe au muse. Am- 
brette. 

Museadin (Mj., Lg., By.), adj. q. — Pim- 
pant. C'est le nom fr. historique employe* 
adjectivement. Syn. de Dringuet, Fringant, 
Faquin, Ragot. — Ainsi nomm6s du parfum 
qu'ils portaient. 

Mus6, (Mj.), s. m. — Musee. Ex. : J'avonste" 
voir le must. 

Museau (Lg., By.), s.m . — Museliere. Ex. : 
Faut mettre son museau au chien. 

Muser (Mj., By., Sal.), v. n. — S'attarder. 
il Perdre l'occasion. Ex. : Qui refuse, muse. \\ 
S'attarder a des frivolites, babiller, bavarder. 

a Et le paysans r5ve. . . 
« Ne voit-il pas la semence qui 16ve? » 
Et. — La plus vraisemblable est celle-ci : « Sen- 
tir avec le museau ; flairer, rester le museau en 
Pair, bouche b^ante : llaner, baguenauder, bailler 
aux corneilles, faire le niais, lanterner, s'amuser, 
perdre son temps. De Mus, museau. — Tir6 de 
Musum, par Morsum, mors, morsure, et, par ext., 
la bouche qui mord. . . (D r A. Bos.) 

Hist. — « I,»e tens vient, la jorn6e passe, 

a Li roys de France fait la muse ; 
« Jouhan ne vient, nul ne l'excuse. » 
(G. Guiart, v. 2818.) 

— « II (Narcissus) musa tant a la fontaine 
« Qu'il ama son ombre demaine. » 

(Rose, v. 1501.) L. C. 

— Musare, regarder fixement, comme un sot. D. Cg 

Muserin (Mj., By.), s. m. et adj. q. — Grin- 
galet. Individu mince, ch^tif, de complexion 
dedicate. Syn. de Faluchet, Miserite, Micale, 
Chivrille. — V. Muser ine. 

Et. — Doubl. masc. du fr. Musaraigne ; mus 
aranea, souris araigne>. 

Muserlne (Mj.), "s. f. — Musaraigne, petit 
mammifere, insectivore. Gorr. du vx fr. 
Museraigne. Syn. de Miserite, Muserogne. V. 
Muserin. 

Hist. — « Toute cestc vessaille de dresses, 
desguisces en belettes, fouines, ratepenades, muse- 
raignes. >» (Rab., P., m, 12.) — « Aspicz. .. man- 
ticores, molures, myagres, musaraines. » (R., P., 
x v, 64, 469.) 

Muserogne (Lg.), s. f. — Musaraigne. Syn. 
et d. de Muserine, Miserite. 

Musicien (Mj., By.), s. m. — Au plur. : Des 
musiciens, — des haricots. Se dit par plai- 
santerie. Ex. : J'allons manger des musiciens. 
— Syn. de Feuvelte, Mougette, Allants-et- 
venants, Fayots. 

Et. — On devine pourquoi la plaisanterie popu- 
laire a baptise" de ce nom les haricots. N'est-ce 
point pour la meme raison que la docte Faculte 
de Medecine a qualifie de carminatifs (lat. Carmen, 
chant) certains medicaments qui produisent des 
effets tres analogues. (R. O.) 

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50 



MUSIQUE — N 



Musique (Mj., By.), s. f. — Instrument de 
musique quelconque. Ex. : Son tonton illi a 
pave eine musique pour sa part de foire. 

Musiquer (Mj., By.), v. n. — Jouer de qq. 
instrument. * 

Nusse (Z. 55, 69, Cho., St-P., Lue\ Craon, 
Mj., Lg., By.). — Passage £troit dans une 
haie, un mur. V. Mucer. l| V. Estomac. || Ou 
passe le lapin, y a du poil a la musse, — prov. 
signifiant qu'on en est pour ses frais, qu'on 
6prouve une perte, qu'on : laisse des plumes, 
dans une affaire. j| La Musse, est une locality 
pres de Nantes. || Prov. : 

— J'ai ben vu la masse au lievre 
Mais le lievre n'y £tait pas. 

Le chasseur a bienapenju le lievre ou le 
lapin, mais, s'il y a « du poil a la musse », il 
en eonelut que 1'animal n'est pas loin de son 
terrier. (Lrm.) |j Sal. — On dit aussi Guiche. 

Et. — Le comte Jaubert tire ce mot de Mus* 
souris, rat : se glisser comme un rat. — Eveill£ : 
« Avant les demolitions de Paris, il existait dans 
cette ville la rue du Petit- Muse, une des plus an- 
ciennes de la cite, dont le nom, modifle d'age en 
age, etait arrive a cette forme singuliere. Au 
moyen age, la malice populaire lui avait donnc le 
nom de Pute-y-musse, parce qu'elle servait de 
refuge aux nombreuses filles de joie du Val 
d'Amour. p 

Hist. — G.-G. Bucher, 113, 148. 

« Voulant Gylon estoufTer une puce 

« Qui menait guerre a son bel estomac, 

« Et ne pensant qu'on la vist a la muce, 

« Son sain descouvre et meet la puce a sac. • 

— Villon, Ballade a Vamyc : 

« Orgueil musse, qui gens met au mourir. » 

Musser (Mj., Lg., Lue\ Do., My., By., Lrm.), 
v. n. — Passer en se baissant, ou a plat ventre 
par un passage 6troit et bas. || v. r£f. — Se 
musser, se blottir, se cacher, se dissimuler. 
|| Lg. — v. a. Introduire dans une ouverture 
6troite ou basse. Insurer. Syn. de Enquiller, 
Enquenicher. Ex. : On musse le bout du croc 
dans l'omblet du court-berton. — Vas-tu 
musser ton bras dans ta manche? || Se cacher, 
en pari, d'un lapin. — dans le trou d'une 
haie. || Quand on n'a plus que deux cartes a 
jouer et qu'on risque le tout pour le tout ; 
coup de desespoir : « Faul p£ter ou musser. » 
(Pc). Comparer : Alain Chartier, p. 718. 

« Mai se musse a qui le cul put. » 

Exemples innombrables. « La mussa dans un 
couvent. » Balzac. — Glouvet, p. 14 ; Villon, 
58. — « Pour soy heberger cette nuyt de peur des 
ennemis, s'estoient musses au jardin, dessus les 
poysars. » (Rab., G., i, 38, 73.) — « Et soy mucer 
en quelque petit trou de taulpe. » (R., P., n, 12, 
144.) — Dieu souverain, lequel, jadis, les Egyp- 



tiens nommaient en leur langue : l'Abscond, le 
Musse, le Cache. (R., P., v, 48, 581.) — Malvezin 
le tire de la rac. celtiq. Muc, creuser, percer. — 
« Et ce fait s'en ala en une chambre, ou il trouva sa 
dicte fern me mucte dessous la couste d'un lict. » 
(Citation de l'auteur de la Chronique scandaleuse 
de Louis XL — J. Bodin, R. h., i, 394.) (Couste 
veut bien dire Couette. V. LittrA. — Ou Courte- 
pointe. Culcita.) 

Mussot, s. m. — Nom donn6 aux troglo- 
dytes ; notre Burrichon. (Men.). De ce qu'il 
se musse dans les cavit^s. Syn. Rabertaud. 

II Les troglodytes du Saumurois. De nombreuses 
families ont des domiciles creuses dans le tuf. — 
N. Ce mode d'habitation souterraine s'etend a 
toute la region du tuf. c. a»d. jusqu'au N. de 
la Loire. J'ai vu a Cornille une maison souterraine 
habitee. MSme jusqu'a Tierce il y a des caves 
creusees dans le tuf; mais je ne crois pas qu'elles 
soient habitees, du moins a l'epoque actuelle (R.O.) 

Nutation, s. f. — Manutention. V. Almen- 
tations. Cf. Protestations pour Prestations. 
Ce sont des deformations de mots. 

Muteuse (Mj. By.), adj. q. — V. Mutucuse. 

Matter (se) (Sp.), v. r6f. — V. .Se motter. 

Mutuality (Mj., Lg., By.), s. f. — Mitoyen- 
net^. Ex. : J'ai la mutualite decet^murla. V. 
Mutuel. 

Hist. — « Pour la mutualite d'un mur attenant & 
la maison de la Tour, derriere les Carmes. » 
(1670-80. — Inv. Arch., E, 280, 2, 31.) — « Tran- 
saction avec M. Olivier de la Plesse, pour la 
mutualite des murs de la chapelle du Ballet. • 
(1768.,— /rf.,G, 108, 1.) 

Mutuel (Mj., Lg., By.), adj. q. — Mitoyen. 

Ex. : Cet6 mur-la est mutuel. — C'est le 
mot fr. d6tourn6 de son sens. 

Hist. — « Transaction avec M. de Contades pour 
l'ouverture d'une croisee dans un mur mutuel a la 
maison de la Chantrerie. » (1770. — Inv. Arch., G, 
108, 1.) 

Mutueuse (Mj., By.), adj. q. — Muqueuse. 
Ex. : II a la fievre mutueuse. Corr. du mot fr. 
V. Muteuse. 

Myere, s. m. — Pour Mire, m^decin. Prov. 

« Apres le cerf la biere (blessure mortelle) 

« Apres le sanglier, le myere (bl. curable). 

Mynusler — M6n. Vx mot ang. (Mj.), 1566. 
Parrain, Pierre Fontaine, mynusier. Menui- 
sier (Inv. Arch., in, E. S., s, 163, 2). 

Myrre (Mj.), s. m. Myrte. 

Nyrre-orange (Mj.), s. m. — Myrte oranger. 
Plante d'ornement. 

Nystere (Sp., By.), s. m. — Fig. — Soin, 
precaution, application. Ex. : Je n'y ai pas 
apporte grand mystere. 



N" 



OBSERVATIONS 

Prononciation. — Cette lettre se prononcait 
autrefois : dne. V. M. Observ. — Se nasalise : 



Cangrtgne-gncr-gneux, pour Gangrene, etc. Cha- 
noigne, Chagrigner, Ohegne, Crdgne. 
t£f Dans quelques regions, an suivi d'une n est nasal: 
an-n4e t an-nuel, an-niversaire, Nan-nette. 



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NA — NAIM 



51 



N devant i prend le son mouille : gn, dans 
manier : magnier ; meunier : meugnier, etc. 

Permutation. — N remplace la lettre L dans un 
grand nombre de mots : Haneter, Panetot, Canecon, 
etc. — A noter plus particulierement Non pour 
Von ; n'y a pour : il y a. Ex. : N'y a pas longtemps 
que n'y a ein bac a Montjean. — Remplace aussi 
l'l dans Nentille. 

N pour gn : A/a/me, pour maligne ; Manifique. 

N pour m : Arnoise, Gearncr, Gernon. 

Addition. — Prosthdse. S'emploie par raison 
d'euphonie devant une voyelle aprds les pr6pos. A 
et Dans (ou l's est toujours muet). Ex. : Dans 
n ein coup pres (dans une circonstance donn£e) ; 
a n eine personne. — A Montj., on ne manque 
guere de la placer devant l'article ein : A n eine 
heure du matin. Et devant tous les verbes commen- 
cant par en. Ex. : Je vas IV empScher. — Comme 
liaison aprds l'adv. point : N'y a point n a dire ; a 
n' est point n aimable. — A St- Aug., tous les mots 
commencant par en sont aussi prec£d£s de n : II 
Ta n emmene* ; tu l'as n' envoyd ; alle en a n endure^ 
si je peux nV avoir, — en avoir. On entend 2 n. 

On l'ajoute de meme a la 2« pers. de l'imp^rat. 
des verbes de toute conjug .: fais n en, prends n en, 
attrappe n en, donne n en done. 

Cette prosthdse de l'n resulte aussi de la suture 
entre deux mots : un naim, pour : un haim, un 
hamecon. 

Nanse, pour : anse ; Niole, pour : vole. 

Epenthbse. — Gangner, meinpriser, — a moins 
d'y voir le passage de l'a et de l'e au son nasal. || 
By. — Cf. Mein-nige, mein-neger. 

Retbanchement. — Hyme, pour : hymne- 
Vhyme russe. — N&tir, pour nantir ; Aufrage, pour 
n aufrage. 

Ma ! (Mj.), interj. — Voila. Les enfants s'en 
servent pour afTirmer fortement leur volonte\ 
Ex. : Je ne veux pas t moi, na ! N. Les Russes 
emploient cette meme interj. avec le meme 
sens. 

Nabusser (Lg.), v. n. — Arracher, recolter 
les navets. N. Ce mot a vieilli, mais il est tou- 
jours en usage. 

Nachard (Lpos.). — Indolent, mou. Syn. 
Niant, Gnaise, Foinlroux, Gnangnan. 

Nache < (Z. 149. Mb., Chg., Br.), s. f. — 
Attache qui lie une vache k la mangeoire ; 
licol ; corde qui sert sp^cialement a conduire 
les besUaux. — On dit : nacher, attacher les 
vaches a ratable. — (DemSme dans l'llle-et- 
Vilaine, Le Maine, Haut et Bas). — Syn. de 
Fine. 

Nache * (Li., Br.), s. m. — Un nache, pour 
une hache. — V. H. Observations. 

Nacher. — V. Nache. 

Nacre, a bref (Lg.), adj. q. — Vilainement 
egoiste, pas serviable. Ex. : II est b6 trop 
nacre pour nous donner la main (nous aider). 
il By. — Plutdt Pacre. 

Notes. Etym. Hist. — ■ Nacre\ pris en bonne 
part ou en mauvaise ; — dans le sens de : tout 
cradie* ; fini, fiefTe\ Fripon nacr6 ; e'est son p^re 
tout nacr6 ; c.-a-d. il ressemble parfaitement a son 
pere. » Nacrer, jurer, invectiver. (Jaub.) «* 
Nagre, bourru, revdehe. (Daon.) — Nacre, — 
6pine crochue de ronce, de rosier, etc. — II est 



— Ouvrier qui tra- 



probable qu'on se sera habitue* a dire : un nacron, 
pour : un accroc. — Nagre, rude, severe, maussade, 
chagrin. » (De Mont.) = Nagre, — hargneux, 
rude. = Nadre, natre, adj. des deux genres. Rus^, 
qui agit par artifice ; sournois, peu endurant. — 
Du celtiq. Nader, nadr, serpent. — Nadret6, — 
ruse, supercherie, fourberie. — Natre, — fin, rus6, 
subtil. — Natre te*. (Favbe.) — Natre, — fou, tur- 
bulent, indocile : 

o L'an mil deus cens et trente quatre 
« Quant tenu se fit pour fol natre » 

(Guill. Guiaet. Cit6 par Roquefort.) 
« Diex het avers, les vilains nastres 
« Et les dampne comme idolastres. » 
(Dieu hait les avares, les vilains fous... Jean 
de Meung. — La Rose, v. 5970. — Eveille.) 

— Nat, serpenter ; 6tre tortueus ; agir de ruse. 
D'ou * Nater, serpent, — breton : nazr, — azr. . . 
et * nateros, passe - au sens figure* de rus6 dans notre 
mot de l'Ouest Nadre et le de>. Nadrele, ruse. 
(Malv.) 

Nacrier (Sar.), s. m, 
vaille la nacre. 

Naczin. — V. Naguezin. 

Nafiot (Li., Br.), s. m. — Un gamin. Syn. 
de Moutard, Maminot, Gosse. V. Affiau. 

Nafres (Bg.), s. f. — Guenilles. 

N. — Je trouve : Nafrer, — 6gratigner, d^chirer 
la figure avec les ongles. (Favee.) Cf. DenAfrcr. 

Nage (en). — Etre en nage, avoir tres 
chaud. 

N. — On a essay6 d'expliquer cette locut. par 
Etre en age, ce mot signifiant : eau. Cela souffre 
trop de difllcultds. — « Anciennement, on disait : 
Par terre et par nage, c.-a-d. par terre et par eau ; 
de la l'express. : etre a nage ou en nage. Cf. la 
mdme meHaph. en all. : Das Auge schwimmt in 
Thranen, l'oeil est baign6 de larmes, — nage dans 
les larmes. » (Schel.) 

Nageoter (Mj.), v. n. — Nager un peu. Cf. 
Mangeoter, Changeoter. 

Naguezin (La., Ag., Mj.), s. m. — M6chant 
gamin, galopin. Angl. Naughty? — Nain. 
C'est un petit naguezin^ un* petit bout 
d'homme. — || By. — id. \\ Sal. Propre a 
rien. 

N. — Nasin, naseine. Volontaire, indepen- 
dant. Ne se dit que des petits enfants. (De Mont.) 

— Petit etre irritable, volontaire, taquin. — Na- 
quer,-prendre avec les dents, en pari, des animaux ; 
etre vexe\ en pari, des hommes. (Dott.) 

Nai\ Nait (Che), s. m.— Nuit. — Enter' 
nieinnait eine heure, — entre minuit et une 
heure. 

Nai *, adj. q. — Noir. Ein grain de bi6 nai, 

— eine vache naire (mais non : naise). Segr. 

— V. Nais. 

Nail, ve (Tim.), adj. a. — Qui est a l'6tat 
de nature. Ex. : Tu n as qu'a mettre des 
cormes vertes dans Teau, six mois apres tu 
les retrouveras toutes nawes. 

Et. — C'est le mot fr., avec son sens originel et 
6tymologique. Lat. Nativus, de Natus, ne\ Premier 
sens, natif. — On disait, jadis : serf naif, — de 
naissance. 

Naim, s. m. — Hamecon. C'est le fr. Haim, 



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52 



NAME — NARGUE 



de>. du lat. Hamum, avec soudure de l'art. 
ind6f. un ; un haim, un naim. Un enfant va 
acheter pour deux sous de naims. Cf. Un 
toiseau. Le bel>6 qui entend dire : Un petit 
oiseau, ne sait pas si le son t appartient a 
petit ou an mot qui suit, et il dit : J'ai vu un 
toiseau, un gros toiseau. 

Nalme (Sal.)- — Doute. « Je s6-t-en naime. 
V. Aime, Neme. 

Naine (Mj.)* s. f. — Marraine. Langue 
enfantine. Syn. de Nenaine, Menaine. 

Nals, nalse. — Adj. q. Noir, e (Segr.). — 
M6n. V. Nai. 

Naissant, e (Mj.), adj. verb. — Ex. : I* 
est naissant du Mesnil, — natif. 

Nattre (Lg., Mj.), v. a. — Faire nattre, 
insinuer ; alteguer, prStendre, inventer un 
pr^texte. Ex. : II a fait naitre qu'il 6tait dans 
la misere. N. Cette express, est remarquable 
pour sa pittoresque concision. 

Nalon (Mj.), s. m. — Corde qui tient le 
goulet d'un ancreau ou verveux. Les Ndlons, 
au nombre de cinq ou six, rattachent la 
pointe de l'embouchure conique de l'ancreau 
avec le fond de l'engin. Cf. Dendler. 

Nampilies (Mj.), s. f. pi. — Hardes, loques, 
d^froque. Syn. de Pernampille, Roupille, 
Penille, Nafres. 

Nance, s. f. — Anse. Encore la reunion de 
l'n de Tarticle avec le nom ; une anse, une 
nance. V. Nanse. — Ne pas confondre avec 
une nance, nasse, piege a poisson. 

Nannette (Mj.), s. f. — Anne, pr6n. fern. — 
On pronon^ait autrefois Nan-nette, Nan-non, 
Jean-nette, Jean-neton. Aujourd'hui qu'on 
se parloye (Segr.), on ne nasalise plus, on 
prononce Na-nette, etc. 

Et. — C'est le dimin. Annette, avec redoubl. de 
l'n median. — Hist. « Parvenus a Chartres, elles 
se d^guiserent en lingeres sous les noms de Made- 
leine et Nannette Tardy. » (Den., vi, 114.) — Pat. 
norm., id. 

Nanni. V. Nenni. 

Nannon (Mj.), s. f. — Anne, pr£n. temin. — 
N. Cette forme, tres usitSe il y a un siecle, a 
vieilli et ne s'emploie plus que par ironie. On 
dit encore tres bien Nannette. 

Et. — C'est le nom Anne, avec redoubl. de l'n 
median et le suff. dim. on. — Balzac a baptise de 
ce nom la servante du pere Grandet. (Eug. Gran- 
det.) — Pat. norm., id. 

Nanse l (Mj.), s. f. — Anse. V. Nance. Ex. : 
J'ai casse* la nanse du pichet. — Cf. Un labM, 
lachet, etc. Cf. R. et 1' Etude preliminaire. V. 
Nairn. — « Quand la nanse de la bue est 
cass6e, on la remplace par une berliere. (Fu.) 
— Faire danser la nanse du panier. || By. id. 

Nanse * (Mj., Tout le bassin de la Sarthe et 
de la Mayenne), s. f. — Nasse, — engin de 
pdche. 

Hist. — « Et pour remarque de ce vehement 
froid, les fermiers de la chaussC'c... frapperent 



leurs piquets k tenir leurs nances dessus la glace 
sans batteau. » (1660. Inv. Arch., E, n, 314, 1.) 

Napi (Segr.), adj. q. — Mouille\ V. Nap pi. 

N. — Nappant, nappe\ nappi. — Mouille par une 
pluie torrentielle qui enveloppe comme une nappe 
d'eau : « I se nappi queme in chc* qu'rurait cheut 
don l'£ve. » (Favre.) 

Napilles (Bg.), s. f. — Guenilles. V. Nam- 
pilies. 

N. — o Nappignon. Guenille ; vieux habits, 
pieces de toutes couleurs. » (V. Drapille, Nappille, 
Nappin.) Drapille, chiffon de linge que Ton vend 
aux fabriq. de papier (Drapiller, — illeux). — 
Nappille, Nappillon, id. ; Nappilloux, deguenille" ; 
Nappin, petite nappe, essuie-mains. (Comte Jaub.) 
— Moucnoir ; souillon. — Napyao, linge 6tendu, 
guenille. (Dott.) 

Nappe (Lg.), s. f. — Queue de chemise, 
surtout d'homme. Syn. de Coulouette, Ban- 
niere. || Ec. — Nappe, nappereau. V. Boille. 
D6pdt vaseux. V. LenfouL 

Et. — Lat. Mappa ; m = n. Gf. Nefle, de Mespi- 
lus. 

Napp6 (Lg.), adj. q. — Trempe\ d^gout- 
tant. Syn. de Nappi, Enfondu. — Se retrouve 
dans l'angl. Nappy, Scumeux ; a moitte ivre. 

Nappi (Tim., Sp., Co., Sal.), adj. q. — 
Moite, trempe\ humide. Ex. : Alle avait sa 
chemise nappie de sueur. Syn. de Enfondu. 
« J'6tais a journ£es dans les choux, tout 
nappi d'eau. » — Syn. de NappL 

NVque faire (Mj.), s. m. — Inoccupe, fai- 
neant, d£soeuvre\ || Fig. — Qui aime a faire 
des niches, espiegle ; celui qui fait de mau- 
vaises farces. Syn. de Adelaisi, Manifait. — 
Je lis dans le Petit Courrier du dimanche 
21 mai, aux publications de mariage : Nac- 
faire, Louis, tonnelier. — Et encore, id. — 
M. Chouteau, peintre, rue Thiers, 23, a c£d£ 
son fonds de peinture a M. Nacfaire, qui en 
prend possession au l cr Janvier 1906. 

Naqui (By.), part. pass, du v. naitre, 
comme V6qui, du v. vivre, qui fait : v£quis 
au part. de*f. 

Narf (Mj.), s. m. — Nerf. L'f final sonne 
fortement. Cf. Far, Mar, Qarf, Can$arf y etc. 
|| Tendon. || Muscle. 

N. — On dit : II a du narf, mais h II a pris en 
partant son nar de boeuf (ne pas confondre avec 
son ar (air) de bceuf) ; avec ca faudrait point y-i 
miacher chataignes, il est poin' emoye, le Ras, il 
est crane, et pis il a du gingouin (gingin, intelli- 
gence ; il est rus£, madre\ poin' en po^ne de li). 
By. 

Et. — Lat. Nervus, lien, corde, ligament, et 
tres tardivement : nerf. 

Nargue (Lg.), s. f. — S'emploie dans la 
loc. : Chercher nargue, — chercher noise, 
querelle. Syn. de Niagre. Cf. Grigne. C'est le 
mot fr. 

Et. curieuse. — B. L. Naricus, qui fronce le nez ; 
ce qui fait supposer un v. naricare, froncer le nez, 
se moquer, de Naris, narine. Le nez a souvent servi 
a exprimer la raillerie. B. L. Nario, moqueur : 
narire, se moquer ; vx fr. Faire des nares ; et enfin 



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NARINE — NAVEAU 



53 



dans le lat. : Suspendens omnia naso. (Hor., Sat., 
n, 8, 14.) Et ailleurs : Naso suspensus adunco. 

Narine (Mj.), s. f. — Esp&ce, genre, cat6- 
gorie. Pour Orine. Ne se dit qu'en plaisan- 
tant. 

Narrt, s. m. — Re*cit. V. Narrtes. 
Hist. : 

« Geluy venu m'a dit et declaim 
« Que Ton voulloit de moy faire ung nam 
« Sitque jamais ne fusse mort au monde. » 
(Ch. Bourd., P. Faifeu, Epitre, p. 5.) 
Se trouve dans La Font., J.- J. Rousseau, Amyot. 

Xarrees (Mj.), s. f. plur. — Narrations* 
contes, remits, discours, conversations. — Fr* 
Narrer. — J'ai entendu prononcer ce mot 
avec Pa trSs long ; des Nsir^es. 

Hist. — Et y avez maintes fois passe vostre 
temps avec les honorables dames et damoiselles, 
leur en faisans beaux et longs narres. (Rab., P., 
Prol., HI.) — « Par ce, donnez-vous garde d'adjous- 
ter ny diminuer au narre de vostre cas. » (Id., ibid., 
II, x, 140.) 

Narvem, oux (Mj.), adj. q. — Nerveux. 
Cf. Morvoux, Pissoux, etc. || Qui agite les 
nerfs, les excite. Le caf6 noir c'est narveux. 

N&son, comme le suivant. — Le Ndson, 
signorise. 

Nasonnard (Mj.), adj. q. et s. — Nasillard. 
Ne se dit que des personnes. V. Ndsonner. 

ft&sonner (Mj., By.), v. n. — Nasiller. 

Et. — Comme le fr. Nasiller, ce v. derive du lat. 
Nasus, nez. — N. Gette forme rappelle le nom du 
poete Ovidius Naso. — De Nazille, anc. forme de 
Narine, forme regul. Narille, du dimin. Naricula, 
der. du lat. Naris; pour Nasis, par changement nor- 
mal de s en r entre deux voyelles. 

Ndteille (Lg.), s. f. — Lentille d'eau. Syn 
de Ndtille, Canetee, Canetille, Knillee. 

Et. — L. Lenticula, de Lens, lentis. Dans qqs 
regions : Nentilles. 

N&tille. — Pron. naquille (Mj.), s. f. — 
Plante aquatique dont les petites feuilles 
lenticulaires couvrent la surface des eaux 
stagnantes. — Grenouillette. Syn. de Nd- 
teille, Canetee, Knillee. V. jAUB.,Nentille. 

N. — « Une ancienne tradition dit que Pempla- 
cement ou l'6glise de Nantilly, ou Lantilly (Sau- 
mur), a 6t£ batie, elait autrefois un champ dans 
lequel on avait coutume de semer des lentiiles, 
que le peuple nomme nan titles. » (J.-B. — R. h., 
i, 411.) — Ce mot ne vient done pas de Natare, 
nager. II est clair que la plante aquatique tire son 
nom de Lentille, corrompu en Nantille, car les 
feuilles flottantes de cette renonculacee rappellent, 
comme grandeur et comme forme, les graines ( ?) de la 
legumineuse en question. — La difficult^ est que, 
a i'£pocfue actuelle, du moins, la lentille est tota- 
lement inconnue a Montjean, meme de nom. 

Nation (Mj., Lg.), s. f. — Espece, genre. 
Ex. : J'ai des poiriers de toutes les nations. — 
Syn. de Orine, Pipe, Narine. 

Katir (Mj.), v. a. — Nantir, munir. Corr. 
du mot fr. Cf. Darke. Syn. de chancer, Chan- 
celer. 

Nature! (Mj.), adj. q. — Qui manifeste 



vivement les sentiments d'affection mater- 
nelle. Ex. : N'y a ren de si naturel que les 
b§tes pour leux petits. || Affectueux, cares- 
sant, ndele. Ex. : N'y a ren de pus naturel 
qu'ein chien. 

Nan (Mj., Lg.), s. m. Pour Noel ; naulet, 
petit noel. — Le mot a vieilli, inais il est tou- 
jours employ^. 

Et. — Lat. Nativitatem. — Hist. : 
— « Tel Toussaint, tel Nau, 

« Tel jour de Saint Michau. » Prov. 
— « Nau, Nau, Nau ! le jour est feriau, dit Episte- 
mon. » (Rab., Pant.) — Rab. Pa emprunt6 aux vx 
Noels. — Pour indiquer l'allongement du jour : 

— « A Nau — D'un pas de jau. » 
II y a de nombreux exemples de cette substitution 
del'a a To. 



Naulet. 

nutif. 



V. Nau, dont ce mot est le dimi- 



Nanter, Ndter (Cbm.), v. n. — Se dit du 
son mis dams Peau a tremper... II nautaiu 
II flottait, il 6tait tremp^. V. Noter. 

Nauzoux (Lpz.), adj. — Celui qui n'ose, 
qui n'est pas hardi. V. Nousoux. 

Navarre (Mj.), s. f. — V. Ousee. 

N. — « Nu6e de Navarre, sorte de nuage. — 
Quand il passe sur le soleil avant onze heures, il 
doit pleuvoir dans la journde. » (Dot.) — V. 
F.-Lore, Temps, xvi. 

Naveau (Li., Br., Sar., Mj., Lg.), s. m. — 
Navet. Ex. : Noutre vache s'est empoum^e 
en avalant ein naveau. \\ Pivot, ou maitresse 
racine d'un arbre. || Bucher ein naveau, — 
achopper, beurter du pied une racine, une 
pierre qui fait tr£bucher. || Cbou-na^cait, — 
chou navet. || By. — Un naveau, des naveaux; 
un naviau, des naviaux. Non seulement pour 
le navet proprement dit, mais pour beaucoup 
de plantes tub^reuses. « C't4 raiponse a ein 
grous naveau. » D'ou : Avant peu il ira man- 
ger des naviaux (ou des pissenlits) par la 
racine (il mourra). Etre enterre" dans le champ 
aux. naviaux, — dans les terrains communs 
du cimetiere. 

N. — Rapprocher Pangl. Navel, — nombril, 
centre. — V. NaviA, Naviaux. (Z. 134, Q.) 

Hist. — « On l'eschaufTa d'un parfum de na- 
veau. » (Rab., G., i, 2.) — « Et les bizets ils mettent 
bouillir aux naveaulx. » (Rab., P., rv, 24, 401.) 
« Pria Quelot aprester les naveaulx 
« A leur souper, pour faire chere lie. » 
(Rab., P., iv, 44, 431.) — « Plus grands sont les 
naveaux aue les navets. » (Oliv. de Serres, 549.) 
— « L'exclamation : Des navets ! est vieille : « Ouy 
da, des naveaux. » (Cymbalum mundi, p. 96.) — 
a II est arrive qu'aucun de ses tenanciers en partie 
des terres esquelles ils semoient des bleds, ont sem6 
des naveaux, desquels le Seigneur a demand^ la 
Dixme. » (Coust. d'Anj., t. II, col. 748.) — Br. de 
Tartif., Philandin, p. 500. — Pique-Mouche. 
(V. Hustaud.): 

« Allez, hereticques royaux 
« Courez le trot en Angleterre, 
« Allez que>ir Anglois nouveaux 
« Pour nous venir faire la guerre, 
« Car ceux-ci renversez par terre 
« Engresseront tous nos naveaux. 
« II n'est que d'aller. » 



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NAVEAU-BOURGE — NE-NATIF 



Naveau bourpe (Pell., Tim., Lg.). s. m. — 
Bryone. Syn. de Pare, Naveau -piiant, Naveau 
dudiable. " — V. Bourge. Bat. Bryonia dioica. 

Naveau du diable (Sp.), s. m. — Syn. de 
Naveau-puant. 

Naveau-puant (Sp.), s. m. — Rarine de la 
bryone. || La plante elle-meme. Syn. de Grous- 
Naveau. V. Naveau. 

Et. — Pour Navet-puant, a cause de l'odeur 
desagreable de toute la plante, et surtout de la 
racine. 

N. — A Saint-Paul, les cojnmeres croient qu'il 
suflit de cacher une racine de brvone dans le fumier 
des etables pour faire cremer le lait, ou plutot pour 
rendre impossible le vol du beurre par les sorciers. 
— V. Hcrbe aux Sourciers. 

Naveau-rouge, s. m. — Bryone. N. Corrup- 
tion de Naveau bourge, car la racine n'est pas 
rouge. 

Navette (Lu£), s. f. — Patisserie. Elle se 
compose presque invariablement d'une sorte 
de pate aigrelette que tous les boulangers 
fabriquent sous forme de petits pains ronds 
ou allonges ces derniers prennent le nom 
de navette (en forme de navette de tisserand). 

Et. — B. L. Naveta, petite barque, dimin. du 
lat. Navis, nef. La navette d'eglise est en forme de 
petit vase de metal en forme de navire, ou Ton 
conserve l'encens et d'ou on le prend avec une 
petite cuiller pour le mettre dans l'encensoir. 
Puis : navette de tisserand, a cause de sa forme 
comparee a celle de la navette d'eglise (et non pas 
le contraire, comme l'a dit Chatkaubriant, 
Genie, iv, 1, 2). LiTTRt. — Hist, a Une navette 
doree a mettre encens et est esmaillee a angeloz et 
poise deus marcs. » {Invent, du due de Norm., 
an. 1363. — L. C.) 

Navettier (Cho.). s. in. — Fabricant de 
navettes pour tisserands. 

Navlfi (Lg.), s. m. — Navet. Doubl. et syn. 
de Naveau. Cf. Quenid. jj By. — Cest la pro- 
nonc. vulg. de Naviau, Qu^niau. (Essayer 
de prononcer, comme dans le S.-O. du depar- 
tement surtout : ein navi£ao, ein qu^ni^ao). 

Naviaux (Jm.), s. in. — Navets. 
Hist. — « J'ai por£es, j'ai naviaus, 

« J'ai pois en cosse toz noviaus. 

(Man user. — L. C.) 

Navine (Lg.), s. f. — Nom collectif sous 
lequel on designe les navets. Ne s'emploie 
qu'au sing. V. aux Pro v. : Angevine. 

Hist. — « I>e suppliant ala veoir certains Dies et 
navine ou avoit naves. » (1399. — L. G.) — 
Meniere dit que la NaviAre etait le champ ense- 
mence. et la navine ce champ lorsque les graines 
etaient levees. 

Navlsseau, Navlsteau (Lg.), s. m. — Petit 
navet que Ton seme sur un cbaume. — Dim. 
de Naveau. Syn. Orineau. V. Bricoli. 

Nayer (Lue\ Mj., etc.), v. a. — Noyer. — 
II Noyer, arbre, se pron. no6-y6 ou no-yer. — 
Le v., au parf. def. fait nayis ; il le nayit (ne- 
yit), pour il le noya. || Pas a Mj. 

Hist. — « Certaines annees, la pluie a este exces- 
sive et nayoit le grain. » (Rab., A, iv, 61 1 462 4 ) — 



« Zalas ! mes amis, mes freres, je naye ! » (Rab., 
Panurge, Tempete.) — 1620. « I,* dimanche de 
Letare, en caresme. . . e'est naye cinq hommes, qui 
sont de Chateauneuf. » (Inv. Arch., S, E, sup. A, 
159, 1, 31.) — N. Qqs-uns prononcent : never 
(Chiflet) ; lat. Necare, proprement : tuer, qui se 
trouve dans qqs textes ; quant a : faire mourir dans 
l'eau, ce sens se trouve des les lois barbares. — 
x°, xr 3 s. — « Tuit sunt neiez par merveilleus ahan. » 
(SoufTrance. — Chans, de RoL, 176.) 

Ne\ part. pat. — II est a noter qu'a Saint- 
Augustin, il se conjugue toujours comme si 
Nattre etait actif. Ainsi on dit : J'ai ete ne en 
telle ann6e, en tel endroit. || Lg. — Ben ne, — 
qui a un grand nez. Cest une sorte de calem- 
bour. Syn. de Nete. 

Hist. — « Cest enfant a este ne et baptize en ung 
fascheux yver, plain de grandes neiges, verriglatz 
et de longue duree. » (1624. — Inv. Arch., S, E, 
jii, 427, l,b.) 

Ne> (By., Lms., Z. 196), s. f. — Nuit. — 
S^crit encore Ne\ Net. — Netee, toute la 
nuit (Or.). Et mieux : Nai, Nait ; on dit : la 
nattre. By., ai tres long. 

N'ein (Mj.), art. indef. — Un, pour Ein, 
apres les preposit. En et Dans. Ex. : A n'ein 
sou pres ; dans n'ein coup pres. 

N€me (Lg., Sp.), s. f. — Irresolution, hesi- 
tation, indecision. Ne s'emploie que dans la 
loc. : Etre en neme, — &tre indecis, hesitant, 
irresolu. Ex. : J'ai entendu $a en neme, — 
c.-a-d. sans etre bien sur de ce que j'entendais. 
— Syn. de Decis, Doute. Cf. Aime, Naime. 

N£mer ? (Sp.), v. n. — H6siter, etre indecis, 
irresolu. V. Neme. 

NGmeur (Sp.), adj. q. — Hesitant, inde- 
cis, irresolu. Cf. Gndgnard, Chipaud. V. Neme. 
Barguigneur. 

N'emp&he que. — Cela n'empeche pas 
que. . . 

N'en. — Voir aux Observations preiimi- 
naires de la lettre N. — Ex. : Faut n'en 
prendre; va-t-en n'en queri. — Je n'en mange, 
je n'en veux ; faites n'en ce que vous voudrez. 

N£ne (Mj.), s. f. — Marraine. Nom enfantin. 
Syn. de Ntnaine, Mknaine. 

N6nalne (Mj.), s. f. — Marraine, — forme 
enfantine. On dit aussi : Naine. Syn. et corr. 
de Mknaine. 

Nenais (Mj.), s. m. — S'emploie dans la 
loc. : Faire son nenais, — pisser, uriner. Mot 
enfantin. !| (Sp.). Seins. — Ne s'emploie 
guere qu'au plur. — Syn. de Fistonneaux, 
Avant-trains, Avant-caeurs, Avont-lait y Bos- 
soirsy Nichons. V. Nene. 

Et. probable. — « Nourrice se dit : Nounou et. 
en qqs pays (Morvan), Nenin, — d'ou Ndnets. » 
(Oitill.) 

N6-natlf. — Originaire de. Syn. de Nais- 
sanU 
Hist. : 

« J'suis ne natif du Finistere, 

« A Saint-Pol j'ai recu le jour. » Chanson* 



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NfiNE — NEUF 



55 



Nen6 (Mj., Sp., By.). — Sein. V. Nknais, 
Nichon. Des nhnte, des ne"nains. || Petite su- 
cette qu'on met dans la bouche du b£b6 pour 
le tromper. « Qu£epouv' n6nette! qu6e pouv' 
manette ! pour qu il s'endorme y-i faut son 
ntnk,, son bronnouk (bronnoir, et meme : sa 
bronne). » || Sal. — Faire son nknk (pipi). || 
PrSnom, pour Rene\ forme en fan tine ou 
ironique. 

Nenni, adv. de neg. — Mot franc. — On le 
ren force le plus sou vent en y ajoutant pas ou 
point. Nenni pas, nenni point. 

^entitles, s. f. pi. — Lentilles. V. Ndtille. 
II By. — De la nentille, de la canet^e, de la 
canetille. Bat. Ervum lens. 

N. By, prSsente ici Canetille com. un syn. Or 
le Gloss, donne a ce mot : conferves. Les conferves 
sont des plantes toutes differentes de la lentille 
d'eau ou grenouillette. — Au premier sens, s'agit- 
il de la lentille vraie, lentille cultivSe, legumineuse 
dont on mange les graines comme des haricots T 
C'est celle-la qui est l'Ervum lens, et non la len- 
tille d'eau(R. O.) 

Hist. — « II faut dire : de la poiree et des nen- 
titles, avec les Parisiens, et non pas des bettes et 
des lentilles, avec les Angevins. » (Manage.) 

Ne que A. . . Pris absolument (Ag.). — « Tu 
7i as qiCa\ » — sans rien ajouter; le v. pru- 
dent est sous entendu. 

Nerf (Mj.), s m. — Fig. Dans la lang. des 
mineurs, morceau de schiste ou de gres 
entremete de charbon. 

Nerf-de-boenf, s. m. — Potentilla. V. Cha- 
courroie (M6n.). 

Merge (Lg.), adj. q. Noir. — Se dit surtout 
en parlant d'une contusion. Cf. Enternerge. 

Et. — Doubl. du fr. Negre, par m6tath. du g et 
de Pr. — Pat. norm. Neche. — Nyerge, violace ; 
avoir la peau nierge. (Dott.) 

Net' l (Mj.), loc. adv. : Ben net' — en tout, 
pour tout, au total. — Ex. : II a ieu 2.000 fr. 
ben net pour sa part. || Renforce le sens. Je 
le lui ai dit tout net. — Net comme torched; 
Sans rien de plus. V. Nette c. t. 

Et. — Lat. Nitidus ; — prononce de bonne 
heure net'do, netto. 

Net * (Lg.), s. f. — Nuit. A vieilli. || En net, 

— de nuit, nuitamment. 

Hist. — « Auiourd'hui, nombre de paysans de la 
Verrie vous amrmeront gravement : qu'6 r\nnt 
totes les nets, a la Croex de VOndquille. » (H. Bour- 
geois, Hist, de la Gr. Guerre.) 

Netasser (Sp.), v. n. — V. Nuitasser. 

Mil (Mj.), adj. q. — Se dit dans : Ben 
next, — qui a un grand nez. V. NL 

NGtee l (Mj., Ssl.), s. f. — Le contenu du 
nez. Ne s'emploie que dans l'express. : Avoir 
eine nette de rbume, — avoir un fort coryza. 

— De>. irr. du fr. Nez. |j Prise de tabac. 
(Mauges.) 

Ne4ee ■ (Lg.), s. f. — NuitSe. 

Nette (Segr.), s. f. — La nette du four, ou 
guenille attached a rextr^mite* d'un baton qui, 



6tant mouillSe, sert a nettoyer le four (M6n.) 
Syn. de Nippe. 

Nette comme torchette. (Sar., Z. 137). loc. 
Tres propre. — Recevoir, par ex. une assiette 
de soupe rasibus, toute fin pleine, haut-muree, 
et la manger toute, jusqu'a la derniere par- 
celle, nette comme torchette, c.-a-d. aussi 
nette que si Ton eut torchee, essuyee. 

N. — Net comme torched Cette locution est pure- 
ment ironique. La forme primitive etait : Net 
comme torchon. On d^signait ainsi un objet ou un 
homme dont la salete etait excessive. « Ita quod in 
brevi tempore, mon gallant (l'enfant prodigue) fut 
mis en cueilleur de pommes, habill£ comme un£ 
brusleur de maisons, nud comme ung ver : vix ei 
remansit camisia, nette comme un torchon de cuisine, 
nou^e sur l'espaule, pour couvrir sa pauvre peau. 
(Menot, Sabbat, secundm domin. Quadrates.) Gh. 
Nisaed, 232. 

Nettee, s. f. — V. Netee, 2 e sens. — On offre 
une prise de tabac en disant : Prends done 
une nettie. N. Mieux N6t6e, premier e* tr^s 
long. 

Nettir (Choi., Bg., Mj., L«*. f Lue), v. a. — 
Pron. N6qui. || By., id. et Netti. — Nettoyer, 
fourbir. — Cf. le Bret. Naittat, meme sens. 

Et. — De>. reg. du fr. Net. — Le lat. Nitidare 
avait donn£ Nier ; Nettir est fait sur Net. 2* conj. 
— N. On nettit une casserole : on netteMe du linge. 
(Jaub.) — Hist. « Et si te nettie on les pieds. » 
(Froissard, Le dtbat dou ckeval et dou lr\>rier.) — 
« Lorsque les enfants bien ncttis, bien re pus et 
alaict£s, dorment profonddment. . . » (Rab., P., 
m, 13.) 

Nettisssge (Mj.), s. m. — Nettoyage. V. 
Nettir. 

Nettoyer (Mj.), v. a. — De'penser. Ex. : 
II a nettoyk ce qu'il avait en ein ren de temps. 
|| D6caver. Ex. : Je Tai nettoye, au trut. Syn. 
de Curer, Acuroquer. || Emporter, faire 
mourir. Ex. : La varette Fa nettoye en huit 
jours. — Syn. de Ratiboiser. N. Aux sens 
figures on ne dit pas Nettir. 

Neuf (Mj.), adj. q. — Le plur. est : Neurs, 
au masc. — Des souliers neurs. \\ s. m. — 
Etat de neuf. Ex. : Y a eine douzaine de 
draps qui sont encore dans leux neuf. — Syn. 
de Neuvage. || Je te donnerai ein petit ren 
tout neuf, — repond-on a un enfant qui vous 
reclame un cadeau, une part de foire ; c.-a-d. 
Rien du tout. || On n'est jamais habill6 de 
neuf qu'il n'en coute. Prov. ![ Au jeu de boules 
lorsqu'un des deux camps a obtenu neuf 
points sur douze, 1'autre lui crie : Neuf, 
attention I C.-a-d., prenez garde, vous n'avez 
pas gagn6, vous pouvez perdre. (P.-de-Ce. 
Cercle de la Paix). 

N. — L'r du plur. masc, Neurs, n'est qu'une 
forte aspiration tfpenthetique, une de ces finales 
fortes que la prononciation patoise se complait 
a faire sentir lorsqu'elle existe dans les mots, ou a 
y ajouter au besoin. V. Abrit, Tabat, F.nhuil, etc. 
L'addit. de l'r comme finale est plus rare. V. cepen- 
dant : Eyour, Pisqucr, Paaquer. 1^ fr. a aussi cette 
meme propen^ion. V. Ycloux. — N. J'ai lu qq. p;»rt 
que la rue des Jeiineurs, a Paris, a He appelee 
ainsi non parce qu'on y jeQnait, mais parce qu'on y 
avait etabli des jeux neufs (neurs). (R. O.) 



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56 



NEUNE PART — NICE 



Neune part. — Pour : Nulle-part. Je ne 
l'ai vu neune part. — (P. Eudel, id., Vocab. 
blaisois.) || Se dit parfois a Mj. 

Neflrs (Mj.), adj. q. plur. de Neuf. || Ne se 
dit pas vers le N. d' Angers, mais est tres 
employ^ dans le S., vers Chemille. 

Neutres (Sar.), adj. q. — On appelle 
huiles neutres des huiles qui n'ont ni odeur, 
ni saveur. Elles s'assimilent a l'huile de noix 
et en temperent le gout, trop prononc6 sans 
le aetruire complctement. Elles coutent de 
30 a 50 % meilleur marche\ 

Neuvage (Mj.), s. m. — Etat de neuf. Ex. : 
Quand mon bateau 6tait dans son neuvage, je 
l'ai charge a 1100 hectolitres (de chaux, soit 
120 tonnes). — N. Dans le meme sens on dit 
aussi : Dans son neuf. V. Neuf. 

Nevy (Mj.), nom propre. Neuvy, commune 
de Maine-et-Loire. — L'e se prononce a peine, 
comme dans Grez-Neville. 

Hist. — « Cottd et paraphs par nous Etienne 
Jean Baptiste Marie Bernier, cure et chanoine de 
lYglise de Saint-Laud d'Angers, commissaire g6n6- 
ral pour le Roi dans l'Anjou et le haut Poitou, a 
Nevi, le 20 avril 1794. » {lm: Arch., S, E, in, 371, 
2, m.) 

Neyer (Mj., Lg.), v. a. — v. n. || Se noyer. 
Ex. : Les poules neyent pa' le cul. — Croyance 
popul. || Vela eine crue qui vanei/erle chambe. 
V. Nayer. 

Et. — Le pat. est plus rapproche que le fr. de la 
rac. commune ; lat. Necare. « Ad torrentem necati 
sunt. » Sulpice Severe. (D r A. Bos.) — « Matrem 
ejus lapide ad collum ligato necare jussit. »> (Greg. 
de Tours. — Id.) — Hist. « Vertusguoy ! je me 
naye, je me perds. je m'e<gare. » (Rab., P., m. 4.) 

— « Ledict Rhetor^ tomba en la rividre dud. 
Louet... et se naya. » (1H50. — Inv. Arch., S, s, 
E, 288, 2, m.) — « Jacques Beaunard, du Voide, 
traversa la rividre attach** a la queue d'un cheval, 
au milieu d'infortunes qui criaient : A mo, ines 
amis, a me, je me nc. » (Deniau, H. de la V., n, 
393.) 

Neyette (Mj.), s. f. — Pe>issoire ; tout 
petit bateau qui offre peu de security a ceux 
qui le montent et les expose a se noyer. 

Et. — Der. de Neyer. Neyette est done un syn. 
exact du fr. Perissoire. 

N6yi (faire des) pour : Faire des provins et 
des marcott.es (Bl.). — S'exrit aussi Neilli. 

Et. — Je ne trouve rien d'approchant, sinon : 
Neille. (Littr£.) Chanvre pris dans une grosse 
ficelle decordoe : on s'en sert pour boucher les 
fen les d'un tonneau. — Vient evidemment de 
NtWer, branche ru'-y/e en terre? 

Nez (Mj.), s. m. — Museau. Ex. : C'cst fret 
comme ein nez de chien. || Avant, ou proue 
d'un bateau. Syn. de Che, Ctief. \\ A vue de 
nez, — au juge. Syn. de A lurelure. \\ Fig. — 
Avoir le nez fin, ou creux, — avoir du nez, 
elre malin, pcrspicace. || Avoir le nez long, — 
elre d^contonance, confondu, humilie, — 
apivs avoir 6prouve une deconvenue, essuye" 
un reproche, rccu une rebuftade, s'etre fait 
prendre en faute, etc. |l Sp. — Se faire ein nez, 

— memo sens. ii Sp. — - S'enfler le nez, — se 



rengorger. || Sp. — Foutre sus le nez,. — humi- 
lier. Ex. : £a leux a foutu ben dur sus le nez. || 
Donner du nez, — se presenter, prendre un 
parti, aller. Ex. : II ne savait plus £you 
donner du nez. || Avoir grand honte a son 'nez. 
|| Avoir qqn dans le nez, ne pas pouvoir le 
sentir, Tavoir pris en grippe. || Lg. — Sur- 
plomb. — Ex. : Faut donner pus de nez a 
quelle ch£vre. || Faire ein nez, — etre humilie\ 
penaud.J|| Sejpiquer le r nez, — s'enivrer. 

Nez-sale (Mj.), s. m. — Sobriquet de O. 

Nia. — Prononc6 Gnia, n'y a pas a dire ; il 
n'y a pas a dire. — On dit meme Gny a pas-t- 
a dire. 

Nial, s. m. — Cordonnier en vieux ; Gniaf. 

Nlagre (Tim.), s. f. — Noise. Ne s'emploie 
que dans la loc. : Chercher niagre. — V. Se 
niagrer. 

Et. — Corr. du fr. Nargue. 

Niagrer (se) — (Tim.), v. r6f. — Se taquiner, 
se quereller, se chercher noise, se chamailler. 
Syn. de se Dagoler, se Digoiner. 

Niais (Craon), s. m. — (Euf laiss6 dans un 
nid pour engager les poules a pondre. Syn. de 
Niau, Nieau, qui est meilleur. Prononcez 
Niaa, Niad ; de meme a Po. et a Segr6. 

Et. — Primitivement : Qui n'est pas encore sorti 
du nid, et qui a 6t6 pris au nid ; p. ext., simple et 
sans usage du monde. Lat. Nidacem, ou Nidia- 
cem, de Nidus. 

Niant, e (Mj., Lg.), adj. q. — Faineant* 
mou, veule, sans 6nergie, paresseux, noncha- 
lant. Syn. de Fointroux, Flemmarl, Rossard 
Fcindroux, Fainiant, Gniaise, Nachard. Cf. 
Gnian-gnian. l| By. — Est-il gniant ! est-il fai- 
gniant,ou faineant! D'ou: Est-il gniant- gniant. 

Niantise (Mj.), s. f. — Nonchalance, 
paresse. Der. de Niant. 

Niau. — Meme sens que Niais, Nieau. 

Nice (Mj.), adj. q. — Niais ; novice, inexp£- 
rimente\ || Syn. de Roge. Confus, confondu. 
N. Littre donne ce mot avec un sens voisin. 
V. Jaub. — Citat. a Confondu. || Lg. — Mou, 
paresseux. Syn. de Niant. || Lrm. Prononc. 
Gnice. 

Et. — L. Nescius. (Ne pas confondre avec Nice, 
joli ; Rab., n, 3.) C'est l'angl. Nice, joli, delicat. 

Hist, : 

« Cilz est nices 

« Qui sans cerchier ce qu'il veult prandre, 

« L'achate, et ne le peut reprandre. » 

(Desch., Manuscr.) 
— « Doncques bien fol et bien nice est celuy qui en 
l'argent et Tor met son appuy. » (J. Lemasle, 
Nouv. Recrkat. poetiq. — 1580. Folio 5600.) 



NI. — Prend le son mouilte Gni dans les dipht, 
nier, nid, nien, nian, nion, etc. — MeugnU, cor- 
doxignie', dtgnier, dergnier, coumugnion, fa ig niant. 

Hist. ; 

ft II convient que vous me meigniez (meniez) 
« Et que par la main me teigniez » (teniez). 
{Renard le Contrejaiu) 



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NIGEE — NIGOUSSE 



57 



|| Tim. — Nu. — Terre nice, — t. legere, 
facile a cultiver. 

NIcSe, s. f. — Ported, surtout de petits 
cochons ou de lapins. V. Nibe y Nigie. 

Et. — Pour Nichee ou Nigee. — Le bret. a le 
mot N6hiad, nich£e. 

Nichon (Lg., etc.), s. m. — Sein, glande 
mammaire. Syn. de Avant-lrain, Nknk, etc. 

\ kolas (Mj.), s. m. — V. Colas, l| Nicolas 
Vessedru. — nom de fantaisie, dans le genre 
de celui de Frise-poulet, Lantimeche, etc, 
souvent employ^ comme interpellation plai- 
sante ou ironique. Quand on cite ce nom de 
Nicolas Vessedru, on ajoute souvent : Qui 
bridait son ane par le cul. !| Nicolas Balzeux. 
Un individu qcq., un indifferent. Appellation 
ironique. || Nicod£me, imbecile. On dit 
mieux Colas. || Nicolas bat-l'z ceufs. — celui 
qui, a la maison, s'occupe d'ouvrages de 
femmes et, p. ex., bat les ceufs pour faire 
Tomelette. jj Nicolas Tuyau, — onomat. qui. 
est cens6e repr^senter le sifllement du merle. 
'] By. — Nicolas Tuyau. Qui a pardu ses 
sabots, etc. Chant du loriot. 

Nid de la piee (Z. 151). — Le vent est dret 
dans le nid de la pi6e, droit dans la partie du 
ciel qui annonce la pluie. 

Nleau (Mj., Lg., Ssl.), s. m. — Nichet, oeuf 
qu'on laisse au fond du nid pour engager les 
poules a pondre. — Pat. norm. Niet. — V. 
Niais. 

Et. — Der. d'un dimin. Nidellus, lat. Nidus. 

Niee (Lue\ By., Mj., Sa.), s. f. — Ported, 
nich6e. V. Nicee. Ne se dit qu'en pari, des 
cochons. Ex. : 11 avait eine niee de douze 
petits gorins. — Contract, de Nitee. !| By. — 
Une jolie nike de poulets. Bret., Nehiad. 

Hist. — « Comme les grans larrons qui emblent 
a la seigneurie, nourrissent et soustiennent une 
niee d'autres larronneaux. » (Al. Chartier.) — 
Est nomm£ Tiercelet, car ils naissent trois en une 
nyee. (Fouill., Fauc, 59.) 

Nielle (Lg.), s. f. — Orvet. Parait etre le 
meme que le berrich. Anceil. V. Jaub. — Syn. 
de Enveroueille, Envrogne, Envrougne, En- 
vrain. 

N. — Anceil ou Aneu n'a sans doute rien de 
commun avec le fr. ceil, comme tondrait a le faire 
croire l'orthog. adoptee par Jaub. — Je le derive- 
rais du lat. Anguicula. (R. O.) 

Nierge . V. Ne>ge. 

XI fin ni cesse. — Locut. tres usit6e. « II 
ne me donne ni fin ni ccsse », c.-a-d. il ne me 
donne pas une minute de repos. Ex. : II me 
demandait a manger ; il ne m'a donn6 ni fin 
ni cesse que je ne lui aye coup6 eine tartine. » 

Sigaudeau (Mj., s. m. — Petit nigaud. Svn. 
de Begaudeau, Sottercau, Benand. 

Nlgaudinos (Mj.)' s. m. — Petit nigaud. 
On fait sonner l's final. Syn. de Nigaudeau, 
Blgaudeau, Sotlereau. 

Nige (Mj.j Lg.), s. f. — Niche de chien. || 



Lg. — Gite. Ex. : J'ai hie* un lievre a la nige. \\ 
Niche, — farce, espieglerie, — A rapprocher 
du lat. Nuga. 

NIge (Ag.), adj. q. — Ivre. Le bonhomme est 
nigL Syn. de Rond y Plein, Verzele, etc. 

Nfgeant, e (Mj.), adj. verb. Minutieux, 
delicat, en pari, d'un ouvrage. — J'ai 
entendu prononcer Nigeon. V. Niger. — Jaub. 
le rapporte au lat. Nugari. 

Nigeard, e (Mj.), adj. q. — Tatillon, qui 
perd son temps a des futility, a des details. 
Syn. de Nigeote, Nigeotier y Nwassard, VI- 
teillard. V. Niger. 

Nigcassard (Mj.), adj. q. et s. — V6U1- 
leur. 

Nigeasse (Mj.), s. m. — V£tilleur. Syn. de 
Nigeote, Nigeotier y Nigeassier, Nigeard, Ni- 
vassard, Veteillard y Berdin y etc. 

Nigeasser (Mj.), v. n. — Tatillonner, 
perdre le temps. Dimin. pe\jor. de Niger. 

Nigeasserle (Mj.), s. f. — Occupation futile. 
II Travail minutieux et delicat. V. Nigeasser. 

Nigeassier (Mj.), adj. q. et s. — V6tilleur. 
Syn. de Nigeote y Nigeotier, Nigeasse. 

Nigee (Mj.), s. f. — Nichee. Corr. du mot 
fr. Syn. Nitee, Nike, Niche. 

Nigeon (Z. 128) adj q. — Peu avanta- 
geux,en pari, d'un travail qui exige beaucoup 
d'attention. Syn. et corr. de Nigeant. 

Nigeof (Mj.), s. m. — Petit nid. — V. 
Niger. Dimin. de Nigfo. Syn. Canigeot. 

Nigeote (Mj.), adj. q. — VeTilleur. Syn. de 
Nigeotier, Nigeasse, Nigeassier, Nwassard, 
Vk teillard, Berdinier. 

Nlgeoter (Lue\ Mj.), v. n. — Perdre le 
temps a des riens. || Faire qq. travail minutieux 
et inutile. Syn. de Nigeasser. Cf. Nageoter y 
Changeoter, Mangeoter. 

Nigeoterie (Mj.), s. f. — Occupation futile. 
Syn. de Nigeasserie. 

Nigeotier (Mj.), s. m. — Celui qui s'occupe 
a des bagatelles, a des v^tilles. V. Nigeoter. 
Syn. de N igeole, N igeassier, Nwassard, Berdin, 
VHeillard, etc. 

Niger 1 (Mj.), v. n. — S'occuper a des fu- 
tilites, perdre le temps. || Faire un travail d6- 
licat et minutieux. — V6tiller, baguenauder. 

— Du lat. Nugari ? Syn. de Nwasser. 

Niger * (Mj.), v. n. — Nicher. j| Fig., v. a. 

— Fourrer qq. part, cacher. Corr. de Nicher. 

Xigousse (Tc), s. m. — Breton, indigene 
de la Bretagne. Ex. : Sale comme ein ni- 
gousse. Compar. proverb. 

Et. — Ce mot est tire de la scie, en breton fan- 
taisiste, que 1 on chante aux oreilles des Bretons 
pour les faire enrager : 

« A la nipousse 
c \ a magousse, etc. » 
C'est une parodie de la celobre chanson, si popu- 
laire, que nul Breton, hors de son pays, ne peut 



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58 



NIGUEDOUILLARD — NIVOCORE 



entendre sans (Ure emu et qui est pour lui comme le 
Ranz des vaches pour le Suisse. 

Mguedouillard (Mj.), s. m. — Nigaud. Syn. 
de Nicod&me, Sottereau, Bigaudeau. V. Nigue- 
douille. 

Niguedouflle (Mj., Lg.), s. m. — Nigaud, 
imbecile, Nicodeme. — De>. irr. du fr. 
Nigaud. — Syn. de Bkgaud, Gnognot, Sotte- 
reau, Cruchon, Gourde, Patachon, Cornichon, 
Colas, Coicaud, Mahaud, Gniole. 

Et. — « Parait <Ure forme plaisamment avec 
nique et la termin. de • andouille. » (Darm.) 

Nljon. V Nigeon. 

Ningligence (Mj., Lg.), s. f. — Negligence. 

Ningligent (Mj., Lg.), adj. q. — Negli- 
gent. 

Ningliger (Mj., Lg.), v. a. — NSgliger. Cf # 
Minpriser. 

Ninic (Mj., Lg.), s. f. — Dimin. famil. du 
pr6n. Eugenie. Syn. de Ugtnie, Gknie. \\ A 
Mj., le mot Ninie est le dimin. commun de 
tous les pr£n. fe*min. qui se terminent par : 
nie, Eugenie, Me*lanie, etc., et meme de Manie 
ou Marie. 

Niole (Mj.), s. f. — Yole, petit bateau, 
nacelle. || By. — Petit bateau, tres solide, qui 
accompagne un gros bateau de transport, une 
gabarre. Une yole est un bateau de plaisance. 

Et. — On fait generalement deriver le fr. Yole 
de Tall. Jolle. Niole serait alors une corr. de Yole, 
par une addit. du pref. n provenant de 1'article, 
analogue a celle de Nanse, et devrait s'ecrire Nyole. 
— Mais pourquoi cc mot ne viendrait-il pas du lat. 
Navicula, dimin. de Navis, analogue a Navicella, 
qui nous a donne" Nacelle? Ce serait le fr. Yole qui 
serait une corr. du pat. Niole, absolument comme 
le fr. Oiseau est une corr. du pat. Voiseau. On au- 
rait la famille de mots : Navis, nauf , nef ; navicella, 
nacelle ; navicula, niaule, niole, yole, jolle. (R. O.) |j 
Hist. — Biraud debarqua le dernier, amarra la 
niole a tin pieu fiend dans le srazon. (Ch. Folley, 
Jean des Brumes. Annal. polit. et litt., n° 1264, 
p. 264, c. 3.) 

Niot. — V. Niau. || (Euf en tuffeau aue 
Ton met dans un nid pour engager les pomes 
a pondre. (Chi.) 

Nip6e (Mj.), s. f. — Reniflement. V. Niper. 

Niper (Mj.), v. n. — Renifler. 

Et. — Ce mot, qui est probablement une onomat., 

garait fitre la rac. du fr. Renifier. — Cr. l'angl. to 
^ i>iff, renifler, et to Snuff, aspirer, moucher. 

Nlpotin (Sal.). — Homme de rien. Le cor- 
respondant, ing6nieux, l'explique par Nihil 
potens, comme qui dirait Impuissant. 

Nippe (Mj., Lg., Sal.), s. f. — Ecouvillon, 
loque ; nippe du four, torchon fixe* au bout 
d'un long manche, qui sert a nipper, balayer 
la sole d'un four. — Cest le fr. Nippe, 
dans un sens special. — Syn. de Ecoite, 
Ecouette, Nette. || Trainer la nippe, — errer 
la nuit du l er mai , en trainant une 
longue nippe apres soi, en pari, des sorciers. 
Au Lg., quand un Merlet n'a pas r^ussi dans, 
ses negotiations matrimoniales, on dit iro-' 



niquement qu'il tralne la nippe. De fait, il 
arrivait, autrefois, qu'on lui attachait un 
chiffon au derrtere pour se moquer de 
lui. 

Et. — Sciteler le fait venir du vx scandin. 
Kneppa. d'ou proeede l'island. Kneppe, hardes, 
trousseau, nip pes. 

Nipper (Mj.), v. a. — Nettoyer avec la 
nippe les cendres du four. || Attifer. Syn. 
de Trifler, Querter, Ecouetter. 

Nippereau (Mj.), s. m. — Mouchoir sale 
ou usl ; dimin. de Nippe. \\ Mexhante loque, 
morceau de linge use*. 

N. — Dans le sens de : mouchoir, il y a eu p.-e. 
une confusion avec Niper. 

Nteco (Mj.), adv. — Point, rien, pas du 
tout. Marque un refus net et d£termine\ Ex. ; 
II voulait me faire faire 9a ; oui, mais nisco ! 

Et. — Je vois la une corr. de Tall. Nichts. — N. 
On accentue souvent ce mot du geste de faire filer 
l'index rapidement sous le nez. 

Nisket' (By., etc.). — Negation. Bernique. 
V. Nisco. 

Nisse (Li., Br.). — Dans cette locution : 
Le qu'neau est nisse, — le poupon pleure. — 

Nite> (Mj.), s. f. — Niches. Syn. de 
Nigte. 

WYA. — Der. du fr. Nid. Cf. Tesp. Nidada, meme 
sens. 

Nivassard (Lg.), adj. q. et s. — Vailleur. 
Syn. de Nigeassard, Nigeassier, Nigeotier, 
Nigeard, Nigeote, VHeillard, Berdin, Bcr- 
dinet, Berzinel, Berdinier. 

Nivasse (Lg.), s. f. — VStilleur, tatillon. 
Syn. — V. Nivassard. \\ Bagatelle, occupa- 
tion insignifiante. Ex. : A ne fait que des 
nwasses. Syn. de Nigeolerie, Nigeasserie. 
V. Nivasser. 

Nivasser (Lg.), v. n. — V<Hiller, s'occuper 
a des Hens. Syn. de Nigeasser, Nigeoter, 
Niger, Vetiller, Berdiner. — Doubl. de 
Nigeasser. 

Niveau (a) (Mj.), loc. adv. — De niveau. 

Et. curieuse. — L. Libellum, class. Libella, 
dimin. de Libra, balance. A form^ Livel et, par 
dissimil., Nivel. On a dit Liveau. — Hist. « Ce 
terme : liveau, lequel les magons de Paris ont 
corrompu avec son derive" : liveler, disant .- niveau, 
niveler. (Maigret, Gram, fr.) 

Niveler (se). — Au jeu de boules, quand 
on arrive en retard, il est assez en usage de 
se niveler, c.-a-d. de se mettre au niveau des 
copains, qui ont vid6 d6ja plusieurs bou- 
teilles. Cela peut mener loin. 

Nivelette (Lg.), s. f. — Petit outil de ni- 
vellement, consistant en une planchette 
fix6e au sommet d'un baton et par dessus le 
bord horizontal de laquelle on £tablit une 
ligne de vis£e. Syn. de Mirette. Der. du fr. 
Niveau. 

Nivocore (Lg.), s. f. — Grande crucifere 
a feuilles cordiformes, a fleurs jaunes, pro- 



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NN 



NOIRAIE 



duisant des silicules nombreuses, qui crott 
en touffes dans les cours de fermes. C'est une 
sorte de raifort. 

Nn. — On entend ce son, par ex., apres le 
mot : en, devant une voyelle. Ex. : Y enn 
w'a-t-y cdre? — y en a-t-il encore? Non, y 
enn n'a pus. || Mj., Ti., Z. 203. Pron. relatif. 
En, de cela. Ex. : Si vous n'n aviez un 
pareil. 

Noblaillon (Mj.), s. m. — Petit hobereau. 
Et. — C'est le fr. Noble, avec le sufT. a la fois 
dimin. et p6jorat. Syn. de Nobliau. 

Noble (Mj.), s. m. — Fig. Pore. — P.-S- 
parce qu'il est : habilte de soie. V. Monsieur 
Ex. : Je faisons tuer noutre noble enhuit. 

Xoblet, s. m. — Nom de bceuf. « Le plus 
paresseux de la bande, par facelie. » (Comte 
Jaub.) 

Nobliau (Mj.), s. m. — Petit hobereau. V. 
Nobldillon. 

Nobliet, s. m. — V. Nobliau, Nobleb 
Noble. 

Hist. — « Savary pretend que les paysans ne 
participaient qu'aux chasses du loup et du sanglier, 
et jamais a celle du cerf. On appelait nobliets ceux 
qui jouissaient de cette faveur. Ce nom de nobliet 
^tait pour eux un syn. de : faineant. C'elait le nom 
qu'ils donnaient a ceux de leurs boeufs qui 6taient 
paresseux. » (Deniau, Hist, de la Vendue, I, 43.} — 
K. O. ne connatt pas ce mot. 

Noee, Noe6e (Mj.), s. f. — Noce de tailleur, 
— amusement 6conomique a l'usage du sol- 
dat ou du civil sans le sou et qui consiste a 
jeter des pierres dans l'eau pour faire des 
ronds, ce qui est a la fois un exercice esth6- 
tique, vu la beaute* du geste, et une distrac- 
tion salubre et a la portee de toutes les 
bourses, ainsi qu'il appert. || Etre de noce, — 
etre au nombre des invite's d'une noce. La 
Fontaine a dit de meme : Un loup done, 
etant de frairie. || Etre en noce, — e*tre en 
train de faire la noce. Syn. de Etre en 
bombe, en dbvarine, en dondaine. 

Noeoe (Mj.), s. f. — Tous les gens de la 
noce. 

Nocer (Mj.), v. n. — Etre de noce ; ou : 
Faire la noce. 

Xocenx (Mj., Lg.), s. m. — Personne qui 
assiste a une noce. Syn. de Nocoux, Nocier. 

Nocial (Mj., Lg., Bd.), s. m. — Habit de 
noces. 

Et. — Doubl. du fr. Nuptial. — Hist. Pas un 
sabotier de tout B^huard qui n'eut revGtu son 
nocial, son vieil habit de noces... {A. de P., 
25aoutl907.1,4.) 

Nocier (Auv., Mj.), s. m. — V. Noceux. 
Syn. de No$oux, Noceur. — Individu qui fait 
partie des gens d'une noce. || Noceur, qui 
aime a faire la noce. N. Noceux n'a jamais 
ce sens. || By. Ne pas confondre Nocier et 
Noceur. 

Hist. — « J'ai assiste a une noce en Vendue. . . 
Les nocier*, deux par deux, d^bouchent en chan* 



tant sur la place du village. » ( C. Leroux-Ces* 
bron, Souvenirs, p. 67, 1. 20.) 

Nocoux (Lg.), s. m. — V. Noceux. Ce der- 
nier est plus employe ; l'autre forme n'est 
plus usite'e que dans le sens pejorat. et 
ironique. 

Noelet. — Dimin. de Noel. 
Et. — Natalem, Nael, Noel (avec trema, pour 
indiquer que o e ne forme pas dipht.) 

Nceud (Mj.),s.m. — V. Noud, Nouc. || Fig. — 
Nceud de la gorge, — saillie, dite aussi : 
pomme d'Adam, formeo par le larynx en 
avant du cou. On dit aux gourmands, en leur 
refusant ce qu'ils demandent : « Tu t'en 
ferais pe*ter le nceud ! » || On dit aussi d'une 
personne qui n'a pu se decider a proffer une 
excuse, une retractation : £a ne illi a jamais 
passe" le nceud de la gorge. || Lg. — Rognon 
dur dans un bloc de granit. 

Hist. — « Quaresmeprenant avait... le coi 
comme une salverne ; la gorge comme une chausse 
d'Hippocras ; le nou comme un baril. . . » (Rab., 
P., iv, 31.) 

Nogant (Z. 118), s. m. — Ruissellement 
d'eau. — V. Noguant. 

Noge, nogeresse (Lg.), s. m. et f. — Jeune 
bete bovine de l'anne*e. Cf. Noguitre. Syn. 
de Bode, Bodet, Bodeau, Bodin, Bodiche, 
Boyi, Tauriche. — C'est le berr. Annoge. Cf. 
Jaub. 

Noget (Lg.), s. m. — Jeune veau m&le qui 
tette, ou nouvellement sevre\ Syn. de 
Bodet, Bodin. — N. Un peu plus tard, il 
s'appelle Noge. 

Noguant (Mj.), adj. q. — Trempe" d'eau, 
d'urine, en pari, d'un enfant. Ce mot a 
vieilli. Syn. de Guenk. V. Nogant. Cf. Notant. 

Noguier (Mj.), v. n. — T6ter sa langue, 
comme font longtemps certains enfants. 
Etym. — De>. de Noge. 

Noguiere, pron. no-illere (Mj.), adj. q. — 
Se dit d'une vache qui n'est pas pleine et 
n'a pas mis bas dans l'annSe. 

Et. — Je crois savoir qu'en certains pays on dit 
dans le mSme sens Anoyere. Or. je note que le bret. 
a le mot Annoer, g^nisse. (R. O.) 

Moierette (Auv.), s. f. — Jeune noyer. 
Et. — Pour Noyerette, dim. du fr. Noyer. 

No Dies, pron. no-ille (Mj.), s. f. — Depres- 
sion, sillon sur le tronc et specialement sur 
la tete d'un arbre. 

NolIIes, s. m. — Noix. (M£n.) 

Noir (Mj.), adj. q. — Regarder noir, — 
regarder d'un air hostile. || Id. — Se dit du 
feu, lorsque les buches charbonnent au lieu 
de flamber. 

Nolrale. — Vx mot ang. — Plantation de 
noyers? 

Hist. — 1745. « Dans cette annee, j'ay plante* 
les vignes et la noiraie devant la cure et l'6g!ise. 
Erigne. * (/m>» Arch., n, E, S, 268, 1.) 



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60 



NOIRAUD - NOSILLE 



Nolraud, e (Mj.), adj. q. — Noiratre, en 
pari, des choses. || Tres brun, en pari, des per- 
sonnes. 

Noirete (Lg., Mj., Tim.), s. f. — Obscu- 
rity, tenebres. Ex. : Vela la noirete qui veint, 
faut que je panse les betes. — De Noir. 

Noirzlr (Mj.), v. a. et n. — Noircir. 

Noiser (My.), v. n. — Jouer. Et,sans doute, 
jouer avec bruit, folatrer, batifoler, se luti- 
ner. Syn. de Gouincer, Chahuter. Noise, dans 
le vx fr., avait le sens de : bruit, querelle, 
qui s'est conserve dans l'angl. Noise. 

Noisettiere (Lseg.), s. f. — Noisettier, 
Coudrier. Syn. de Nozilttre. 

Noix (Sp., Cho., Lg.), s. m. — Ex. : 
Veux-tu manger ein noix? Syn. de Caleaux. \\ 
Noix muscat, — espece de noix, plus grosse 
et a coquille moins dure que la noix com- 
mune. Le noix-muscat est sans doute la 
meme que la noix-georges de Mj. — Wallon : 
16moscade, n^moscade. (Litt.) || Fig. — 
Sp., s. f. — Pignon, petite roue d'engrenage, 
surtout conique. Ex. : Ein eric a double 
noix. || Pesson. Se place a l'extr^mite du 
fuseau ; se fait en corne. Ainsi nomm6 a 
cause de sa forme arrondie et un peu ovo'ide. 
(Seg. — MfcN.)Peson ? 

Noix-grasse (Lg.), s. f. — T&te du femur 
chez le bceuf. — Terme de boucherie. 

Nom (Mj.), s. m. — Sobriquet. Ex. : 
Monsieur, y a l.e gars Chouse qui fait ren que 
de nous donner des noms. \\ Appeler des 
noms, — ' donner des sobriquets. || Porter, 
mettre dans le nom de, — mettre au nom de, 

— une propri6te\ || Aussi vrai comme je 
m'appelle mon nom ! — formule d'e'nergique 
affirmation, des plus usit^es. || Nom de nom ! 

— espece de jurement b6nin (pour ceux qui 
s'arretent la). || Avoir nom, — se passer. 
Ex. : Je sais pas comment que ca va avoir 
nom, toutes ces affaires-la ! — N. II y aurait 
lieu de rechercher quel nom on donne, dans 
le pays meme et aux environs, aux habitants 
des diverses localites. Qqs-uns sont curieux. 
Par ex. : Chateaugontier, Castrogonte>ien, etc. 
Noms de baptemc : V. F.-Lore, xi, c. 

Nombrilier (Mj.), v. a. — Lier le cordon 
ombilical. De : Nombril. 

Et. — Lat. Umbilicum, omblil ; puis, par dissi- 
milar, ombril, d'ou, par agglutinat. de Part., 
Lombril, et enfin, par une nouvelle dissimil., 
Nombril. Cf. Ombilic. Cf. « En Anjou, une nanse, 
pour : une anse. » (Manage.) 

Nom de dela ! (Mj., Lg.). — Juron adouci. 
Qqfois redoubled Nom de dela de nom de 
dela! ||Nom de d'la de bon d'la! Cf. Nom de" 
gou6 d'bon goue" ! By. 

Nom ddde Dis ! — Comme ci-dessus. 

Nomdieux (Mj.), s. m. — Sorte d'interpel- 
lation injurieuse ou improbative. S'emploie 
devant un nom de personne. Ex. : Attends, 
va, mon nomdieux de galopin ! 



Et. — Cc mot est une forme tres att6nuee d'un 
juron plus accentue. Aucune femme ne profererait 
ce dernier ; toutes emploient Nomdieux sans scru- 
pule. 

Non, adv. — A Saint-Paul, au moins dans 
la langue des plus anciens, il suit toujours 
certains verbes, tels que : craindre, d£- 
fendre, etc. — Ex. : Je llli avais d^fendu de 
non s'en aller. || Au Long., il suit la conjonct. 
que, consequent d'un comparatif. Ex. : Je 
vivrais mieux de pain sec que non de viande. 
|| A Mj., on dit de mSme : J'aime mieux 
celui-la que non pas l'autre. Mais seulement 
lorsqu'on veut affirmer tres 6nergiquement 
une preference. 

N'on (Mj.), pron. imp. — L'on. Ex. : 
N'on ne sait pas qu'en dire ; si n'on veut. — 
Pat. norm., N'o. 

Noncu (Fu.), adj. q. et s. — Imbecile. — 
Queu noncu ! — V. Nonsu, meilleur. 

Non -par (de) (Mj.), loc. adv. — Impair. 
Ex. : Illy en a ieun de non-par. — C'est le 
lat. non par, non pair. || D6pareill6 ; qui n'a 
pas son pendant. 

Hist. — « Tesmoin M. de Bussi, le nomvair de 
son temps. * (Brant., D. C, i, 112, 33.) 

Non-pas (Mj.), loc. adv. — Redondance 
dans une comparaison. « Les vieux noyers 
sont plus estim£s a faire menuserie que non 
pas les jeunes. » (Bernard Palissy. — Jaub.) 

Nonsn, uc (Mj.), adj. q. — Lourdaud, qui a 
Tair-gauche et embarrassed V. Non$u. 

Et. — Compost de Non et de Su, part. pas. de 
Savoir, pris dans le sens de : instruit, eduque, 
degourdi. 

Noqnet (Sa.), s. m. — Noulet. 

Nor6e, s. f. — Chrysanthemum segetum. 
(M6n.) Bat. Marguerite dor^e. 

Ndsellie (Lg.), s. f. — Noisette. Syn. et d. 
de Nosille, Nousille. — Syn. de Nosette. 

Nosctte, s. f. (Mj.). — Noisette. Ex. : (> 
n'est pas pour des bons de nosettes, — ce n'est 
pas pour rien. — Syn. de Nosille, Nousille, 
Ndseille. 

Noscttler (Mj.), s. m. — Noisettier, cou- 
drier. Syn. de Nosillier. Cf. Nosette. 

Ndslere (Lg.), s. f. — Coudrier, noisettier. 
Syn. et d. de NosilUre. 

Nosillard (Lg., Sal.,) s. m. — Sorte de 
marron, plus estim6 que Tespece commune. 
Cf. Nousillard. \\ (Mj.), adj. q. — Vetillard. 
V. Nosiller. Qui s'occupe de Dagatelles, ba- 
guenaudier, lambin. Mot vieilli. — P.-e. 
directement du lat. Nugari. Cf. Niger et ses 
de>iv6s. 

Nosille (Mj., Sal.), s. f. — Noisette. V. 
Nousille. || Ne pas piacher nosille a qqn, — 
lui dire carrement son fait. Cf. Ne pas macher 
chataignes. — Syn. de Nousille, Nosette, 
Ndseille. Cf. Jaub. Noisille. Citat. 

Et. — Ce mot est. comme Noisette, un dimin* 
du fr. Noix, avec un miff, different. V. Nosettei 



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NOSILLIER — NOUfiE 



61 



Hist. — « Sus la fin offroient. . . noix, noizilles. 
pasquenades. » (Rab., P., rv, 60.) 

Nosiller (Mj.), v. n. — V6tiller, s'amuser a 
des bagatelles. || Baguenauder. || Mot vieilli. 

Et. — II est probable que ce mot derive de 
Nosille et que le sens propre est : Raraasser ou 
Eplucher des noisettes. — Du lat. Nugari. Cr. 
Niger et Nosille. J'estime qu'il y a eu confusion 
entre les deux racines. Voir la citat. de Rab. a 
Nozille. 

\osiIller (Lg.), s. m. — Noise ttier, cou- 
drier. Syn. de Nosettier. De Nosille. 

Notant (Sa.), adj. verb. — Trempe\ tout 
imbibe, baignant. Ex. : Les pres sont tout 
notants dans l'eau. On dit aussi Noguant. Syn. 
de Ballant. Der. de Noter *. Cf. Nautant. 

Noter l (Sp., Lg.), v. n. — Chanter tres 
haut et soutenir fort longtemps les sons. Syn. 
de Rauder. || Lg. Etre un personnage impor- 
tant, un notable. Syn. de Dater. 

N. — C'est, pour un homme, une qualite extre- 
raement pris£e dans les campagnes vend£ennes de 
savoir bien noter. Quiconque a entendu, aux noces, 
dans les cabarets, ou en plein champ, ces m£lo- 
pees bizarres que hurlent les gars de la campagne, 
desquelles toutes les notes sont crimes a tue-tfite 
et qqs-unes soutenues une bonne minute, a du se 
faire une fidre id£e de la solidity des poumons, sinon 
de la delicatesse du gout des executants. — C'est 
done, surtout, chanter une melodie champAtre sup 
un mode trds 61ev6 et en soutenant les notes jus- 
qu'a perte de la respiration. — Syn. de Rauder, 
Bauler, Houper. C'est pr^cieux pour un « toucheux 
de bopufs ». 

Hist. — « Leur chant, ordinairement alangui, 
riche en fioritures, avait au loin un certain charme 
champetre qui sSduisait. lis affectionnaient parti- 
culierement, en conduisant leurs bceufs, une 
kyrielle de : ah ! ah ! ah ! qu'ils exclamaient lan- 
Koureusement en forme de neumes et tant que 
1'haleine pouvait les servir. lis appelaient cela 
noter et, quand ils le faisaient, ils avaient toujours 
soin, pour manager leur tympan, de se mettre le 
petit doigt dans l'oreille. CVtait une gloire im- 
mense que de savoir bien noter ; on citait au vil- 
lage ceux qui excellaient en ce genre de talent. » 
(Denial*, Histoirede la Vendue, I, p. 59. )V. a la fin 
du volume, unde ces chants notes par M. HurA, 
notre distingue* compatriote. 

Xoter % (S.-A.), v. n. — Flotter, surnager. 
Syn. de Bailer. De>. du lat. Natare. V. Noue. 
I! Baigner, tremper dans le beurre, dans la 
graisse. Les beignets notent dans la graisse. 
On dit aussi : Ce Monsieur note dans P argent. 
(Segre. — Mto.) 

Soton, s. f., dimin. familier du pr6n. Ren6e. 
Pour Renoton, dimin. de Renotte. 

Nou *, s. m. — Noeud. 

Nou *. — Pour Nos ; adj. poss. Nou gens, 
— nos voisins. V. Nous. 

Noudilleu^euse (Sp.), adj. q. — Noueux. 
Der. de Noud. Syn. de Nouassu. 

Xouiilloux, ouse (By.). — Id. 

Noaassu, e (Mj.), adj. q. — - Noueux. Syn. 
de Noudilleux. — Cf. Jaub., a Nouasseux. 



Nouc (Lg.), s. m. — Noeud. || Le nouc de la 
gorge ou dd cou, — la pomme d'Adam. Cf. 
Jaub., a Noquet. 

Et. — Doubl. de Noud, par addit de la syllabe 
forte a la fin du mot, comme dans Trouc, Louc. 

Noud (Mj.), s. m. — Nceud. Ce mot a 
vieilli. Cf. l'angl. Knot ; Noose, nceud cou- 
lant, Licet. — Syn. de Nouc. 

Et. — C'est un derive du lat. Nodus, et la forme 
primitive du fr. Noeud. — Cf. Jaub., Citat. 

Hiat. — « Mais il lui bailla de son fouet a travers 
les jambes, si rudement que les noudz y apparais- 
soient. » (Rab., C, i, 25.) — « Icy, fadrin, mon 
mignon, tiens bien, que je y face un nou gregeois. » 
(Rab., P., iv, 20.) 

Noue(Mj.,By.),s. f. — Pre bas et mareca- 
geux. A Mj. le mot Ouche n'en est pas syn. 
Ouche est le champ cultive. || « Petit pr6 a 
herbe courte. On dit Noe, en Anjou, et Noue, 
en Norm. » (Manage.). Erreur. 

N. — (Mj., By.) — L'herbe y pousse, au contraire, 
drue et vigoureuse. Une noue. est surtout un pr6 
bas, noyk, marecageux. — Les Noues (syn. de Ouche) 
(Non. R. 0.), nom donnd a des champs pres de la 
c'mtne (biens communaux non cultiv^s) ou a des 
Freches (friches), qui faisait dire a des petits gas 
de par la, recitant leus Patar : Dans les Noues 
aujourd'hui notre pain quotidien (coti-ien, ou 
cotillien), par dans les Noues nos offenses, comme 
nous les pardonnons. . . 

Et. — Norm. Noe, prairie mare"cageuse ; B. L. 
Noa et Novium. P.-e\ le meme que l'a. fr. Noue, 
nage, et qui vient de natare, par l'interme'd. d'une 
forme Notare, qui se trouve dans l'italien. (Litt.) 

— L. pop. Nauda. (Darm.) — P.-e\ de Nova (prata); 
done, terre mise nouvellement en pre\ Cf. Novales. 

— Nom defamille.de la Noue, Noe. (Manage.) Des- 
noes. — Noue, Nouailles, Nouaille\ noms de localites 
et d'hommes. Du vx fr. Noue, pre bas, terrain mare- 
cageux, terre nouvellement mise en pre\ On a de- 
rive du lat. Novus ce mot, qui a probablement une 
origine celtiq. ou germ. — En bret., Naoz ddsigne 
un petit cours d'eau ; Noe, une auge. L'abbS de 
Longuerue derive Nouailles du lat. Novalia 
champs cultives. — U nom tudesq. Reichnau, cie 
la ville ou mourut Charles le Chauve, est traduit 
dans les vieux titres lat. par : Augia dives. 
(Eveille.) — Naud, etre fertile, productif. D'ou 
Nauda, sol gras et humide, cultive en prairie et 
terrain bas qui est inonde dans les debordements ; 
mot transmis par le B. L. et qui nous a donne 
Noue, pour Noude et Naude. Bret. Naoz ruis- 
seau. (Malv.) 

Hist. — « Jean, fils de Tyson de C. . . a de Cre- 
toneo » ...ajoute au don de son pere « noam 
inter predictam heremum et Chambers. » (1180, 
circa. — Inv. Arch., H, i, 194, c. 2.) — « Renaud 
de Brielle et Marion sa fame » baillent a Saint- 
Serge... « une minee de terre assise en l'ousche 
dou Motey », en ^change d'une « noe de pre" appel- 
lee La iVoe-Parroessienne. » (1302, Id., S, H, 269, 
2, b.) — Bail a rente par le prieur Rene de More. . .) 
d'une place et noue de pre et rivagie estans pres 
le lieu du Petit-Pont, dite paroisse de Quelaines. 
(1563. Id., H,i, 258, 2.) 

Nouee (Mj.), s. f. — Renou6e. Syn. de 
Herbe-nouie, Nouelte. Par confusion, qqs-uns 
donnent ce nom a la graminee appelee en 
pat. Qarnure, Qarnue, Qarnoux. 

Et. — Sa tige est noueuse. C'est un Polygo- 
num. 



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6z 



NOUETTE — NUBLE 



Nouette (Sp., Lu6), s. f. — Cheville du 
joug sur laquelle s'enroulent les courroies qui 
lient les cornes du bceuf. || Lg. — Renou6e. — 
Syn. de Noute, Herbe noule. 

Noutee, s. f. — V. Enoulte. 

Noumer (Lg., Sp.), v. a. — Nommer. 

Nouquer (Lg.), v. a. — Nouer. De Nouc. 

Nourrain (Lg., Sp., Mj.), s. m. — Fourrage 
vert. Syn. Nourri. || Au plur. — Terres en 
jacheres, sur lesquelles on fait p&turer le 
be'tail. Ex. : Vela-t-il pourtant du beau 
nourrain ! — De Nourrir. 

Et. — Lat. Nutrimen. Gf. Merrain. — Hist. 
« Li aucun laissoient a labourer leurs terres et a 
faire norrin de bestes et de chevaulx. » (1357. — 
L. C.) 

Nourreture (Lg.), s. f. — Jeune bewail que 
Ton eleve. Ex. : Je peux pas vous lever 
du lait, parce que j'avons des nourretures. 
Doubl. du fr. Nourriture. 

Nourri (Mj.), s. m. — Quality nutritive, 
valeur nutritive du fourrage. Ex. : Cet6 foin- 
la n'a point de nourri, — a ben du nourri. \\ 
Le fourrage vert lui-meme (Sa.). Je ne 
sommes pas pour manquer de nourri d'ici 
longtemps. Y a ieu ben du nourri tout le 
printemps. Syn. Nourrain. || Petit cochon 
qu'on engraisse. — Wallon, Nourin. || C'est 
1 adj. ou le part, pris substantivement. 

Hist. — « Le pouvre peuple chrestien eut grand 
n^cessite tant de fouing que de nourru » (1564. — 
Jnv. Arch., S, E, in, 304, 1, b.) 

Nourriee (Mj.), s. f. — Mettre en nourrice, 
une plante. — la planter provisoirement, en 
attendant la plantation definitive. V. Plan- 
$onni£re. By. 

Nous (Mj.), pour Nos, adj. poss. plur. — 
V. Nou. 

« En menant nou brebis paltre. » 
N. — Me semble mieux £crit : Nous. 

Nouser (Mj.), v. n. — N'oser. La n6gat. est 
inseparable. On dit : II ne nouse pas ; il a 
jamais nousu ; il n'ose pas ; il n'a jamais 
ose\ 

Nouseux (Lg.), adj. q. — Syn. et d. de 
Nousoux. 

Nousillard, s. m. — Chataigne de bonne 
quality, sans cloison ni pellicules. (Dott.) || 
By. Bonnes petites chltaignes rondes du 
Craonais. V. Nosillard. 

Nousille (Lue, Sp.), s. f. — V. Nosille. \\ 
By. On dit Nousille, Nosille et m§me Nosette ; 
Nousillier et Coudrier pour Noisettier ; de la 
Coudre, pour : Branche de noisettier. 

Nousillier, Nousellier, s. m. — Noisettier. 

Nousoux (Mj.), adj. q. — Timide, craintif, 
qui n'ose. Ex. : C'est un nousoux ! — D'autre 
part, un correspondant explique par : 
celui qui ose, je ne le pense pas. On a cru a tort 
a la'soudure de Particle : un ousoux. 

Nousu (Mj), part. pas. — De Nouser : « II 



a jamais nousu approcher. » Cf. Cuisu, 
Nuisu. 

Nout' adj. poss. pour Notre. — NouC 
vache, nout' mattresse, nout' mattre. V. 
N outre. 

Noutre (Mj.), adj. poss. — Notre. V. Nout\ 
Ex. : Noutre gorin est affranchi. (On pro- 
nonce en r£alit6 Nout'). Le plur. est Nous 
nos. Ex. : Nous gens sont aux champs. || La 
noutre, pron. poss., La ndtre. 

Hist. — « Que nous les doyens, chanoines et 
chappitre de l'6glise collegiale fondee de Nostre- 
Dame... tenons et advouons tenir de noustre 
seigneur et fondateur a cause de la baronnie et sei- 
gneurie de Montreuil-Bellay. » (1557. — Inv. 
Arch., E, p. 96, col. 1.) 

Nouveautl (Lg.)» s « *• — Terrain nouvel- 
lement ensemenc6, apr^s etre rest^ qq. 
temps en friche. 

Nouvelle, s. f. — Espece de papillon, la 
noctuele, ainsi nomrn^ de ce qu'il est un 
indice de prochaines nouvelles quand on le 
voit voltiger le soir. (C. Fraysse, p. 169.) — 
|| Mettre la nouvelle aux champs, c.-a.-d. re- 
pandre un bruit plus ou moins serieux. 
(Svs. Men. || By. Petit champignon noir qui 
se forme sur la meche d'une bougie ou d'une 
lampe. 

Nouvelll£re, s. f. — Femme qui cherche 
et r6pand les nouvelles. Syn. de Cancantere. 
(Men.). Syn. de Porte-nouvelles. 

Nouvlau, adj. q. — Nouveau. 

Nouzllles, s. f. — V. Nosille, nousille. 

Hist. — « L'honnSte mangeur de nouzilles se 
voulait recrier sur la belle et docte compagnie qui 
trop haute elait pour un pauvre conteur comme 
lui. » (Hist, du vx tps, p. 249). 

Noyer, s. m. — Noyer, arbre. N. Je cite 
ce mot a cause de la prononciation, qui, au 
Long. com. a Mj. est : No-yer, et non Noi-ier. 
Le pat. norm, a cette m§me prononciat. 

Noyeur (Mj. ), s. m. — Celui qui se noie, qui 
est sujet a se noyer. Ne se dit que dans le 
Prov. : Beau nageur, beau noyeur. 

Nozflle, s. f. — V. Nosille, nouzilles, etc. 
Noisette. || Fu. — Nozille aumiere, cultiv^e, par 
oppos. avec nozille des champs. — V. Prov. 
a Nosille. || Brouille, querelle. 

Hist. — « Pareillement, ces petites noisfttet:. 
ces riottes, qui par certains temps sourdent entre 
les amans. » (Rab., P., m, 12, 239.) — Cf. Noise. 

Nozlllere (Lg., Lseg.), s. f. — Noise tier, 
coudrier. Syn. de Noisettiire. — De>. de 
Nozille. 

Nusu (Lg.), s. m. — Gros nuage noir, 
nimbus. Syn. de Soutre, Bane, Crd, Craie. 

Hist.: 
« Ou quand la mer est sourde et ses flocons pa- 

roissent 
« Surnageant ca et la, ou les nuaux se froissent. » 
(Bergcr. de R. Belleau, I, 21.) 

Nuble (Tc), adj. q. — Trouble, qui n'est 



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NUE DORANTE — O 



63 



pas clair. « Je ne peux pas mettre mon vin 
en bouteilles, il est encore nuble. » — « Ce 
queniot s'est venUe* point d6bardoulle\ il a 
la goule nuble. » || By. — Se dit surtout du 
linge qui revient de la lessive avec des nuances 
(des nuages) dans le blanc. Syn. Pouele. 
|| Sal. Nube. Voile", blanchatre. Vin nube, 
peu limpide. 

Et. — Nubileux, L. nubilosus, de nubes. 

Hist. — « Le temps est nuble. » (Moyen de par- 
venir, p. 265.) 

« Si le ciel estoit nuble, ou s'il estoit serain. » 
(L. C. , qui ajoute : Nublece, nublesse (nuages, 
obscurite), nublete, nubleux, nublon. — Le vx 
fr. avait Desnubler, — degager ce qui forme 
com me un nuage : 

« Elle qui fut trouble et chagrine 
« Denuble sa face divine. » 

Baip. — God. 

Nue dorante (Mj.), s. f. — Cirrus, petit 
nuage 16ger et tres Sieve* dans l'atmosphe>e. 

N. — Quand la Nue-dorante passe sur le soleil de 
dix heures, il mouille avant vingt-quatre heures. — 
Pronostic populaire. V. Folk- Lore, Temps, xvi. 

Et. — De ce que ces nuages prennent souvent 
une couleur d'or, lorsque, vers midi, ils sont au voi- 
sinage du soleil. 

Nue> (Mj., Lg.), s. f. — Ond6e, averse. 
Ex. : Eine nuke de grgle. Si (s'il) pouvait 
tomber eine bonne nuke, 9a ferait-il grand 
bien ! N. — Ce mot n'est jamais pris au sens 
de nue, nuage. En cela le patois angev. est 
beaucoup plus logique que le francais ; une 
nuke est le contenu d'une nue, comme une 
buee est le contenue d'une bue. Syn. de 
Ouske. || Lg, etc. — Exc&s de boisson. Nom- 
breux syn. V. Cuite. C'est le mot fr. pris au 
sens fig. La vue se trouble, s'obscurcit. 

3 Disable (Lg.), adj. q. — Nuisible, nocif, 
en pari, des choses. || Dangereux, en pari, des 
personnes. Syn. de Nuisant. 

Hist. — ■ . . . Ne mangez 

« Chiens de mer, marsouins, saumons, 
« Congres, tourbos et leurs semblables, 
c Qui sanz escailles sont nuisabUs. » 
(Desch. — Mss. f. 485.) 

Nuisances (Craon), s. f. — Pluies qui 
nuisent aux ble*s. 

Xaisant (Lg.), adj. v. — Dangereux, nui- 
sible, nocif. — Se dit des pers. et des choses. 
Syn. de Nuisable. 

Hist. : 
« Voir, dist Bernier, molt me faites dolant, 
« Qui mes parens m'alez ci ociant ; 
« Molt ai en vos a tousjours mon nuisant. » 

(R. DE Cambbai.) 

Xufeu (Mj.), part. pas. — Nui. Ex. : Si je 
ne I'ai pas fait, je n'y ai pas nuisu. V. Cuisu. 



Nuit (Mj.), s. f. — V. Net. En nuit, — de 
nuit. Ex. : J'aime pas ben voyager en nuiu \\ 
Z. 146. — I f6sait grand nuiu — N. Ne pas 
confondre avec Ennuit, Annuity aujourd'hui, 
ou le t est prosthe'tique. || Le voyageur de 
commerce donne le nom de grande nuit 
lorsque son cheval passe vingt-quatre heures 
a l'auberge. On va chercher le me'decin au 
fond de la nuit, c.-a-d. au milieu de la nuit. 
N. Pas a Mj. 

Nuitasser (Sp.), v. n. — S'anuiter. || Faire 
de longues veiltees. — Pat. norm. Gneutiner, 
mSme sens. — De Nuit et du sufif. asser, ^ la 
fois fre*quentat. et pe*jorat. 

Nnle (Sa.), s. f. — Rejet, pousse adven- 
tice sur une racine, au pied d'un arbre. Syn. 
de Guesson, Jiton, Chiasse. 

Nuler (Sa.), v. n. — Emettre des rejets sur 
les racines ou au pied, en parlant d'un arbre. 
Ex. : L'6pine noire est ben sujette a nuler 
quand on la coupe. — De>. de Nule. Syn. de 
Guesser, Jitonner, Chiasser. 

Num6ro (Tim., Mj.), s. m. — Connaltre le 
numk.ro de qqn, — savoir ce qu'il est, l'ap- 
pr^cier a sa valeur. || iVumero-Cent. Lieux 
d'aisances, latrines. Syn. de Chiotte, Chiette, 
Communs. — Jeu de mots souvent illustr6 
par un gros nume>o 100 inscrit comme 
enseigne sur l'huis du local susdit. V. Lu- 
mero. || By. — Id. Commodity (c'modit^s). 
|| On dit : Numero, ou plutdt Lume*ro 
cTpromi&re (premiere), — parfait, parfaite- 
ment. Ou : De promiere, sans : lumero. Ah ! 
dame, il a ein bon ch'vau, c'est eine bete 
lume'ro d' promiere. — II a ben travaille\ 
c'est sur, mais il a r6ussi d'promiere. || A Mj., 
De promiere ou numero un. 

Mun on, s. m. — Asphodele des champs. 
V. Nunu. (Men.) V. Lunon. 

Numi, s. m. — L'unon, nunon, noms vulg. 
de l'asphod&le. . . (Men.) 

N'y a pas. — Absolument. Marque la 
n6cessite\ Ex. : Faut que j'y aille, n'y a pas ' 

N'y a qu'a ben. loc. adv. — Sens : Vous 
ferez bien. Ex. : Faudrait petetre illi mettre 
les mouches? — iV'y a qu'd, ben ! 

N'y a point, — plus. — II n'y a. 

Hist. : 
a Deesse n'y a point si belle ny gentille 
« Comme dame Gylon, ny que j'aimasse mieulx. » 
(G.-C. Bccheb, 96.) 
« Quand la chevance est du tout consommee 
« L'amour se pert et n'y a plus de foy. » 

(Id. — 135.) 



OBSERVATIONS 

Prononciation. — O se prononce souvent Ou : 
A louse, Bourdouner, Bounet, Chardounet, Chicou- 



rie, Choucolat, Chouse, Cloure, Coulorer, Cou- 
naitrc, Coutelette, Coutillon, Grous, Tounerre, etc., 
pour : Alose, etc. 

O bref devient 6 long. : ControU pour Contrdle. 



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64 



O — OCCASION 



Permutation. — O devient e : Raquemoder, 
pour Raccommoder. V. plutdt Apocope. 

O = oi. 

O = u : Absulument, pour Absolument 

Oi = a : Vdr, pour Voir (Sal.). 

Oi = ai, ay : Nayer, pour Noyer. 

Oi. — Ce son n'est pas populaire, il marque de 
Temphase ; il se change en e : Toit, Froid, Droit 
deviennent Tel, Fret, Dret. (Sal.) 

Oi = ou6 : Mouchoue", Arrosoui, Toukle a 
vou&e, Nout, Persoud, pour Mouchoir, etc. Cepen- 
dant, Cou&fTe. 

Oi = ae* : Quoi se pron. Cae (Vts.). 

Om = o : Coben, pour Combien. 

On = o : Cocombe, J>our Concombre. 

On .= ou : (Sp., Tim.) Ein boun houme, Amou- 
celer. 

On = ein : Mein char einfeint, mon. . . (Sar.) 

Ou = o : Code, Cocon, Caotchoux, Obli, Ovrir, 
pour Coude, etc. 

Apocope. — Cmander, Cmencer, CPmeune, pour 
Commander, etc. 

Voir en note, a leur place, d'autres observations. 

l (Lue\ Sable\ Segr.), pr6p. — Avec. — 
O li, avec lui. — Prends done ga 6 les mains. 

Et. — C'est unc alteration des formes romanes : 
ob, od, ab, qui proviennent du lat. apud, chez. 
Apud avait, dans la ba«jse latin., le sens de .- avec. 

Hist. : 
« Ung autre tour faisait-il bien souvent, 
« Quand dans sa bourse il n'avait que du vent 
« Et qu'il n'avoit o luy denier ni maille. » 

(Ch. Boubd., P. Faifeu, p. 28.) 
« Mettre son nom, je ne veulx ne ne doy, 
« Mais ung chascun le monstroit o le doy. » 

(Id., id., 45.) 

— « S'ils se de7aillent de termes 6 inthimation, on 
mettra l'amende sur le deTaillant. » (Cout. d'Anj., 
art. 4, 4, 5.) — « Le seigneur de Briancon (com- 
mune de Baun6) devait. . . ; de plus, il recevait une 
grande joinct£e de chandelle de cire a chacun soir 
de ladite vigille et jour, tant comme ung homme 
peult enjoincter o ses deux mains. » (C. Poet., 
Diet. V° Briancon.) — Benart, v. 2688.: 

« Si tu en vels o moi venir. » 

— A tous ceulx qui ces pr&sentes lettres verront 
et orront, Brian t sire de Mont- Joan, saluz. . . Tres 
noble prince nostre tres chier seignour Monsei- 
gnour Challes, comte d'Anjou, disant que a lui 
appartenait ladite chace et non a autrui, et nous en 
onreit a fere droit en sa court par la costume de la 
terre, nous respondions que O lui de cette chose 
n'aurions nous ja pleit... (1298. Cit6 par Tabbe* 
Allabd, dans ses Notes sur Montjean, p. 94.) 

* (Dimanche de 1'), exclam. 

Et. — Les O de Noel, nom des neuf antiennes 
que l'Eglise chante successivement dans les neuf 
jours avant Noel. (O Adonai, O rex gentium, etc. ; 
elles d£butent chacune par l'exclamat. lat. O). 

Hist. ^-« Le lendemain dimanche (18 de*cembre 
1650), il ( Messire Henry Arnauld, 6veq. d'Ang.) 
contra la tonsure et les mineurs dans la chapelle 
de Maitre Jean Michel, ou il dit une messe basse a 
l'autel du milieu. II assista a vdpres et re^ut la dis- 
tribution de VO. » (Anj. hist., 2° an., p. 389.) — 
t Cet £veque assistant les 20 et 22 d6cembre a 
vepres et a la station, re^ut comme un chanoine 
sa distribution a VO. » (Id., ibid.) 

3 (Lg.), pron. pers. — II. C'est le cas 
sujet, et il s'emploie surtout comme impers. 
Ex. : O m'est venu ein panaris. — J'ai tot 
ce qu'tf faut. — N. Ce pron. a les quatre 



formes : 6, ou, oul, ol. Cf. Os Ous. || O, Ol y — 
il, cela ; Quid, pour : celui, cela, ce, cette, etc., 
s'emploient en Vendue et aussi en Poitou, 
dans les pays ou Ton dit H et non ben, pour 
bien. On les fait souvent suivre de V : 6 Vest 
suffisont, — V6-tu ben quid pin§ (c'est 
bien suffisant ; vois-tu bien ce pin, ou sapin)? 
Je ne crois pas qu'on rencontre ces expres- 
sions dans l'Anjou. — N. On ne met pas 
T devant une consonne : Quid serait b^ 
sufRsant. — En all ant du S au N : Quid, 
queue, qu6e, auenne, — en fran$. Quelle. — 
By. II N. 6, ol, ou, oul ne s'emploient pas 
seulement en Vendue et en Poitou, mais 
aussi sur la lisi^re me>idionale de TAnjou, a 
TOuest de Cholet. De plus, c'est une erreur 
et un illogisme d'e*crire, comme beaucoup le 
font : o Test. L'l fait partie du pronom. — 
II me semble qu'on dit me'me ol jusqu'au 
Fuilet. (R. O.) 

O 4 (Fu., Z. 196, Mj.), conj. — Ou. Ex. : 
C'^tait li, 6 ben je s6 ben tromp6e. C'est-il 
toi 6 ben moi qui va 6tere le maitre? N. 
L'adv. ou ne prend jamais cette forme. V. 
Oyou, oyou. 

Obeilier (Lg.), v. a. — Oublier. Forme 
vieillie. C'est le meme que le Montj. Sbelier, 
avec l'l mouill^. 

Ob^ir (Mj., Ag.), v. n. — C6der, mollir, 
ftechir. Ex. : La planche a obei, Qa m'a fait 
d^crimballer au bas, ou : d^crapucher uch' 
qu'en bas. — La Une telle a boite? — Oui ; 
parait qu'alle a eine jambe qu'obiit. N. 
Beaucoup prononcent : Ob6-yir, 6 tres long. 
— OHyis ben a ton maitre, mon p'tit gas ; 
6bk-yis yi ben. Obkyis a tes parents, obe-yis 
yeux ben. — S6 (sois) ben oH-yissant. (By.) 

Et. — Lat. Obedire ; orthogr. arch. : obcedire, 
de ob + audire, 6couter. 

Obeller (Mj.), v. a. — Oublier. Forme 
vieillie. Syn. et d. de Oblier, Obeilier. — Pat. 
norm. Ub61ier. 6 long. 

Obilles (Z. 122), s. f. — Linge. 

Obir (Sal.), v. n. — Partir, de la terre : 
mourir. Lat. Obire. Cf. franc. Obit. Syn. Quer- 
cir. 

Obli (Mj.), s. m. — Oubli. Cf. Otil, 6 long. 
Hist. — ■ Ce que hier au soir erreur mist en obly, 
< Ace matin Amour la souvenu. * 
(G.-C. Buchkr, 102, 141.) 

Oblier (Mj.), v. a. — Oublier. Cf. Outer. 
Et. — Plus pres du lat. Oblivisci, 6 long. 
Hist. — « Qui bien aime a tard oblie. * ( Vx pro^.) 
Obsarv&tion (Mj.), s. f. — Observation. 
Obsarver (Mj.), v. a. — Observer. 

Obtlendre (Mj.), v. a. — Obtenir. Cf. 
Tiendre. 

Obtient (Mj.), part. pas. — Pour Obtenu. 
Cf. Tient, Soutient. || By. On dit aussi : 
obtint. Cf. Tint, Soutint. 

Occasion (Mj., Lg.), s. f. — Cas, circons- 



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OCCASIONNER — OFFICE 



65 



tance, conjoncture. Ex. : Qa pourrait sarvir 
pour cette occasion la. || Motif, sujet, cause. 
Ex. : Pour queune occasion me dites-vous ca? 
— c.-a-d. a quel propos? — Syn. de Avis. 

Oecisionner (Mj.), v. a. — Induire, pous- 
ser. Ex. : Je ne veux point Voccdsionner a 
faire de la d6pense. 

Occupant (Mj.), part, pr., adj. verb. — 
Inqutetant. Ex. : C'est ben occupant des 
affaires com me $a ! 

Occupation (Mj.), s. f. — Inquietude. 

Oecoaer (Mj., By.), v. a. — Inquirer. Ex. : 
II est ben malade ; $a nous occupe ben ! — 
Alle est ben occupee de son queneau, il est 
ben failli. || Mj., fdli. 

Oehe ! (Lg.), interj. — Sert pour arrSter 
les boeufs. Les paysans, en leur pr^sentant le 
gros bout de l'aiguillon, disent : Oche ! 
oche-\k ! Hola-ocAe ! — Syn. de Chold, Ces. 

Et. — C'est le fr. Oh ! dont l'aspiration finale 
est de venue chuintante. V. Ouche. 

Ocree (Mj.), s. f. — GrifTade. V. Oqueree. 

Oeres (Bg., By., Mj.), s. f. — Ongles. II 
m'a donne 1 un coup d'ocres, — 6gratigne\ Le 
chat, i m'a 6grassin6 avec ses ocres. |j Griffes, 
serres. On dit aussi Oques. || Extr6mit6 du 
pied. (M£n.) 

Ocironacien (Craon), s. m. — Employe" 
de l'octroi. — V. Octroyen. 

Oetroyen (Mj.), s. m. — Employe" de 
l'octroi. V. Octrouacien. — N. Ge mot est de 
la langue des mariniers qui, a Nantes, ont 
souvent soit a flouer, soit a filouser ces cer- 
beres. || A Craon, comme a Nantes et a 
Angers, on se sert plus souvent du terme de 
gabelou (qui est le vx mot pour : surveillant 
des sauniers qui faisaient la contrebande et 
volaient la gabelle). By. 

OcoII. — Au jeu de boules, quand un joueur 
ne sait pas 6viter une boule precexlemment 
jou6e et vient buter dans le derrilre de 
celle-ci, on dit qu'elle va a Saint Oculi. Sou- 
venir de la chanson de saint Eloi : 

« Et quand saint Eloi forgeait, 
« Son fils Oculi, son fils Oculi, 
« Et quand saint Eloi forgeait, 
« Son fils Oculi souftlait. » 
(Ponts-de-Ce\ Cercle dela Paix, 10 mai 1903.) 

Odeur (Mj.), s. f. — Odeur, 6 long. Syn. 
Sente. 

Odieux (Mj.), adj. q. — Odieux, 6 long. 

Odigner, 6-gui-gner (Mj.), v. n. — Ahaner, 
faire des efforts r6ite>es. Syn. de Jdgnoter, 
Haronner, Haribauder, HarqukXer, Haque- 
nasser, Bedasser, Timonner, Bouvisser. — Ce 
mot, tres employe^ est probablement un dou- 
blet de Ahaner, aui, pourtant, s'emploie 
egalement. || By. Houdigner. || O ties long. 

(Eil. — V. Eil (Mj.), s. m. — (Eil. Ne s'em- 



CE. — Prononciation aigue dans : (Euvre, ma- 
nceuvre. 



ploie qiie sous sa forme francaise dans les 
loc. suiv., de date r^cente, 6videmment. || 
Avoir Vceil, — £tre avise\ perspicace. || A 
Vaeil, — a credit. || S'en battre Vceil, — s'en 
moquer. || Tenir a Vceil, — surveiller de pres. || 
Avoir Vceil americain. || Tour d'ceil, — regard 
severe lanc6 par quelqu'un. || Tourner de 
Vceil, — mourir. — N. Autrement, on pron. 
Eil 

(Ell-de-boeuf (Mj.), s. m. — M6t6ore lumi- 
neux, halo ; qqf., simple blancheur entre les 
nuages presentant un aspect extraordinaire. 
Pas d'autre sens. Ainsi nomme a cause de sa 
forme. — Syn. de Roue-de-ckdrte, Cerneau. 

(EH de Christ. — Nivella arvensis. (M6n.) 

(Eli de perdrix. (Mj.), s. m. — Petite 
6corchure. || L6gere teinte rousse que prennent 
certains vins blancs nlal soign^s. C'est la 
maladie de la casse. 

N. — Le fr. emploie ce mot dans un autre sens, 
d'ailleurs voisin. 

<Eille (Tim.), adj. q. ou part. pas. — Lasse\ 
excexte, fatigued Ex. : Je s6 ceillee de pleurer. 
Syn. de Rebattu. — N. Beaucoup prononcent : 
huy6 (hu-i-6), avec aspiration. || By. Avouillt 
et Ravouille. 

Et. — Doubl. du fr. Ouille\ pris au flg., dans le 
sens de : regorgeant. Par consequent, doubl. du 
pat. Avouilli. = < Comme si Ton d is ait : Je suis las 
de voir. » (Jaub.) = Ohie\ malade, languissant. 
■ Ohii de tous ses membres. » (Nicot.) Qui a tout 
le corps entrepris. — Ohier, inte>esser la santg, 
alTaiblir. (Monet.) = Ouiller, remplir une barrique 
au fur et k mesure qu'elle se vide. || Rassasier 
qan. — Ce qui confirme bien notre explication. = 
tOillcr, enivrer, saturer, gorger. « Comme (com- 
ment) peut estre ta langue sans clameur et sans 
{)laintes, quant la bouche ou elle siet est famil- 
euse pour souffret6, et les autres oillez, sans des- 
serte, des biens que tu cuides avoir desservis? » 
(Al. Chabt., YEsp., p. 269. — Moisy.) 

Oeie, s. f. — Huile. (M6n.) 

(Euf (Mj.), s. m. — C'est pas les ceufs de tes 
poules », c.-&-d., ^a ne te regarde pas, 9a n'est 
pas ton affaire. || (Euf de jau. V. Cocdtri. — 
(Eufs de coq. — R. Bazin, en parle, ds: 
Angers et V Anjou, p. 129. — V. (Euf de jau. 

(Eofs-dars (Viu., Sp.), s. f. pi. — V. Eux 
dures. 

(Eafdejau (Lg.), s. m. — Petit ceuf sans 
coque, c[ue Ton trouve parfois, surtout dans 
les fumiers. Syn. de Coccdtri. On les nomme 
ainsi parce qu'on les attribue aux coqs. En 
reality, ce sont ordinairement des ceufs de 
couleuvre, parfois des ceufs de poules fati- 
gues de pondre. 

(Euv res -blanches. — V. Marechal. 

Hist. 1662. (Sepulture de Claude Boucicaut, 
• marshal en ceuvres blanches. » — Quince\ (/np. 
Arch., II, E, S, 391, 2). 

Offartoire (Mj.), s. m. — OfTertoire. 

Office (Mj.), s. m. et f. — Ex. : lis ont dit 
eine grande office (messe). 

n-5 



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66 



OFFICER — OLIVETTE 



Officer (Mj.), v. n. — Officier. Ex. : C'est 
le nouveau vicaire qui officait. Cf. Benificer. 

Hist. — « Monsieur de la Jannerie a tenu la 
chappe pour officer a la messe. » (1600. — Inv. 
Arch., E, m, 426, 1.) 

Offrablc (Mj.), adj. q. — Presentable, que 
Ton peut offrir, digue d'etre offert Ex. : 
J'avons que du m£chant sigoumet qu'est pas 
offrabe. N. 6 tres long. ' 

Offrir (Mj.), v. a. — Offrir. Le part. pas. 
est souvent : offri, et le "plus souvent : 
offart. Cf. Ovrir. N. 6 tres long. 

Ognon (Mj.), s. m. — Ognon de lis, — 
caieux du lis ; la plante elle-m§me. || Ognon 
de miracle, — plante d'ornement de la fa- 
mille des liiiace'es. || Fig. — Grosse montre de 
forme h^mispherique. V. Ugnon. 

N. — V ognon de miracle est ainsi appele parce 
que, dit-on, il donne des graines avant de fleurir. 
ll produit, en effet, a l'aisselle de chaque feuille, 
de petits grains spheriques qui, mis en terre, repro- 
duisent parfaitement la plante. Ce sont, non pas 
des graines, mais des caieux aeriens. 

|| Ognon masserotte (Lg.). Espece qui porte 
au haut de la tige des bulbilles au lieu de 
fleurs fertiles. || Gober r ognon (Mj.), etre la 
victime. — Syn. de : la gober. ^ || Papier 
ognon, — papier serpen te. || Poire &' ognon, — 
ancienne espece de poire. || Aux petits ognons, 
— soigneusement, delicatement. — Ex. : 
II a 6te Sieve* aux petits ognons^ Cf. Oiseaux. \\ 
Lg. Fig. — Gnon, gnole, torgnole, gifle. Syn. 
de Hampane, Girouflee a cinq branches. Man- 
dale. 

Ognonner (Mj.), v. n. — Se former en 
ognon, en pari, d'une plante bulbeuse. 

Ole (Mj.), s. f. — Maladie qcque ou indis- 
position d'un animal. || Fig. Peine, travail 
labeur. || Fig. Difficulty traverse. Syn. de 
Chahail. 

Et. — Le docteur Velpeau a adopts le mot AY, 
nom gascon, pour designer une maladie dStermi- 
nee par une violence exteneure ou une grande 
fatigue. (Did. des Sciences de Prtvat-Dkschanel 
et Focillon.) Le mot Ai est evidemment un doubl. 



01. — Se prononce ou<\ et Ton se moque de nous 

3uand nous prononcons : de la touele a vouele, que 
'autres accentuent presque : de la touale a vouale. 
Au lieu de poil (poual), nous disons : pouel, qqf. 
meme : poueil. — La langue recherehee fait sonner: 
oua ; choisir, chouasir ; mouasir. — Suivi d'une 
palat;ile, d, t, ou d'une r, oi devient £ ; le doigt, le 
d6 : noir, ner. — Quoi - qu6. Qu6 que t'as dit? — 
Voir = ve>. La voyez-vous devient : La veye- 
vous? — De quoi? de qu6? (pour faire repeler). — 
Oir, oire, a la fin des mots, font ordinairement : 
oue', ouer, ou6re, comme dans l'anc. prononciation 
francaise, conservee dans plusieurs provinces et au 
Canada. || By. — Choisir devient : ChouS-si ; 
Moisir, mouest ; Voir, ver, var ; V. voyez, v. voue- 
yez ; Croire, cre>e ; Croitre, craitre ; un mouchoir, 
ein mouchou6 ; une portoire, eine portoue-ere. 

|| Lg. — Moua, toua, nouar = moi, toi, noir. || 
Mj. — Mone, toue, nouere, vouer = moi, toi, noire, 
voir. 



du pat. Ole. II se pourrait que Ole fut la rac du v. 
Odigner ci-dessus, qui serait pour Oigner. — Proba- 
blement le meme que l'angl. Woe. V. citat. de 
Nicot et Monet a l'etymol. de (EUtt. 

Oin ! — Exclam. pour : Ouais ! — Ironi- 
quement. || By. Negation ; Non, que nenni, 
allons done ! Mj. — Ouah / 

Oinces. s. f. (Z. 137, Sar.), s. f. — Les join- 
tures des doigts. || Souvent : ongles. — Lat. 
LFncus? crochu. V. Ouince. 

Hist. — « Mais je diray cela de luy qu'il a les 
plus dures oinces qu'onques je senty sus mes 
espaules. » (Rab., P., iv, 15, 384.) 

Olseau (Mj.,) s. m. — V. Voiseau. || Fig. 
Individu, quidam. Syn. de Moineau, Gibier, 
Type, Indien, Chretien. \\ Ne pas etre aux 
oiseaux, — etre dans une situation penible, 
difficile. || Oiseaux qui se chassent chez nous 
en hiver : Oies de Sibe>ie, canards cendres, 
vanneaux, sarcelles, grebes castagneux, spa- 
tules, cygnes sauvages, harles, molletons, che- 
valiers aux jambes greles. (Anj. hist., 2 e an., 
p. 579. Abb6 Houdebine.) || By. — Se faire 
soigner aux petits oiseaux, — tres delicate- 
ment. Cf. aux petits ognons. 

Olsi, s. m. — Osier nain. « Ce nom n'est 
donne qu'a la vartete" naine du saule dont on 
emploie les menues branches a faire des liens. 
Des oisis, un brin d'oisi. » (Jaub.) V. Oisie. 

Hist. — « Un portef raise, partie de fer blanc, 
partie d'oisi. » (D'Aubigne, p. 137.) 

Oisie (Lg., Tim.), s. m. — Osier. Syn. de 
Plon, Prete, Ousier. V. Oisi. \\ By. Id., et 
Oisis. 

Olson, s. m. — Terme rural. Tas d'avoine 
compost de deux javelles au plus, qu'on 
laisse sur le sol jusqu'a ce qu'on ait le temps 
de les lier. — Lat. Auca, oie. Forme regul. 
Ochon (Berry), ou Oyon (Bressan). Oison est 
une de>iv. irr. — Mais par analogie avec 
quoi? || By. On dit Piron, pour Oison, petite 
ie. || Mj. — Piron, a rapprocher de Epi- 
rdiller. II semble que le sens de javelle ait 
passe de Piron a son syn. Oison. 

Oistres, s. f. — Noix. V. Echalle. (Men.) 

Oi (Lg.), pr. pers. — II, indef. || Pr. de- 
monstr., Cela. Ex. : 01 e be vrai, quio. — 
Doubl. de Oul. Cf. Os. V. Observations a 0. 

Hist. — « Apres l'explosion, ils sautent par 
dessus les haies, coupent les cordes qui bent les 
deux condamnes et embrassant leur cure avec 
effusion, ils lui disent : « Oh ! M. le Cur6, o 1'eUit 
ben temps. » (Deniau, Hist, de la V., v, 670.) 

Olife (Mj.), s. f. — Olive. De Thuile Volife. 
Cf. Dendfrer. 

Hist. — « Et n'y avoit plus d'olif en ly caleil. * 
(Rab., P., n, 23, 175.) — « Or, il y mesle un pcu 
d'olif et ores un petit fil de vinaigre. . . » (J- ™ 
Bellay. — Moretum, 262.) 

Olivette (Mj.), s. f. — Anneau d'osier, 
etrou. 

N. — Ce mot a vieilli et est peu usite. II Lg. 
Petit passage entre deux pierres de granit, sur le 
parcours d'un sentier. N. Les olivettes sont une des 



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OM BELLE — ONT 



67 



caracteristiques des pays situes au bord de la 
Sevre. Elles correspondent aux rottes et aux echa- 
licrs des autre regions. Ce sont d'etroits passages, 
d'un pied de large environ, menages entre deux 
pierres de granit, fichecs debout dans l'alignement 
des haies, sup le passage des sen tiers. On en voit 
aussi a Ten tree des cours des fermes. — Au Lg., 
on mouille sou vent 1*1, O/ivette, oguivette. || Lrra. 
Id. 

Ombelle. — V. Omblette. 

Omblte, ombtee (Sp.), s. f. — Anneau de 
fer, ou boucle formed d'une hart, cjui rat- 
tache le timon de la charrette avec le joug des 
bceufs, par l'interm^diaire dih court-berton. 
Doubl. de Omblette. — Une omblee se place en 
avant du joug, une autre en arriere. 

Omblette (Mj., Lg.), s. f. — Boucle d'osier 
qui sert a suspendre une andouille, un lan- 
guier ou un jambon dans la chemin^e. || 
Plus sp6cialement, la boucle qui iermine la 
chatne d'attelage des bceufs, qui s'attache a la 
tratoire. — N. Proche parent de Olivette. \\ 
Anneau de fer qui termine la prouillere, 
par ext. 

Ombletter (Lg.), v. a. — Entraver, une 
vache, au moyen d'une large boucle d'osier 
qui embrasse en avant le genou d'une des 
pattes de devant, en m£me temps qu'un 
baton est pass6 entre cette boucle et le jarret 
de la b£te qui, de la sorte, ne peut plus 
s'appuyer aue sur trois pattes. On traite 
ainsi les vacnes difllciles a traire. || Lrm. bl. 

Ombrager (Mj.), v. a. — Cacher, dissimu- 
ler. Ex. : Quand il m'a vu, il s'est ombrage 
derriere ein che"ne. — C'est le fr. pris dans 
une acception figured. 

Om6ehe>, s. f. — II y a deux manieres de 
mesurer au boisseau. Le ble\ par ex. ; on 
prend une planchette et on rase tout ce qui 
d6passe les bords. — Pour les pommes de 
terre, ou d'arbre, les marrons, on entasse, 
au-dessus, tout ce qui peut tenir, parfois 
meme en soutenant avec les mains. Cette 
derniere maniere de mesurer s'appelle Yome- 
chee. J'ignore la provenance du mot. V. Rais, 
Afaiti. — P. e\ pour Haut-mechee, Haut- 
mou£ch6e. (V. Moueche.) Cf. Haut-muree. 

Omnibus (Mj.), s. f. — lis ont men6 la 
grande omnibus. 

On. — « Finale de mots de beaucoup de 
pr^noms, Goton, Louison, Toinon, rappelle 
les noms lat. de femmes : Glycerium, Leon- 
tium. « Mea Glycerium, inquit, quid agis? » 
(Terence. Jaub.) II On, an ; un, in. — 11 faut 
noter que, dans les Noels poitevins, la 
voyelle on est partout confondue avec la 
voyelle an. II en est de meme entre un et in. 
Ein ou in, pour : un. Chaquin, pour : cha- 
cun, etc. — Ce d^faut de la prononciation poi- 
tevine se retrouve sur toute la lisidre me>idio- 
nale de notre d6partement. A Tout-le-Monde, 
il est tres sensible, mais beaucoup moins qu'i 
Saint-Paul, qui, du reste, a, je crois, appar- 
tenu au Poitou. La, ce d6faut est absolument 



insupportable ; non seulement les indigenes 
prononcent indifteremment an pour on, in 
pour un, mais j'ai constats cent fois qu'ils 
n'entendent pas la difference qui existe entre 
les sons en question. lis vous diront, sans 
sourciller : Vela du ban jomban ; y a eine 
fonte dans cete morceau de fente-la. (R. O.) 

On, pron. ind. — On dit : N'on, pour : 
L'on. Ex. : N'on ne sait jamais ce qu'a 



pense. 

Ondain (Mj., Sal.), s. m. — Ados d'herbe 
dispos^e en ligne telle que le faucheur la laisse 
sur le pre\ avant le premier fanage.V. Londain. 

Et. — Pour qui a vu un pre fraichement fauche, 
avec ces ondains qui ressemblent aux vagues 
d'une rividre, il n'est pas douteux que ce mot 
qui fait image, vienne du lat. Unda. Quant au fr. 
Andain, j'estime qu'il a le meme sens, qu'il n'est 
qu'une corr. de notre mot patois et que c'est a tort 
que LiTTRt le d^finit : « Etendue que le faucheur 
peut faucher de pas en pas. » II a et£ trop preoc- 
cupe de faire deriver ce vocable du lat. Andare. 
(R. O.) — Favre partage cet avis pour : Ondain ; 
mais non pour Andain. 

Ondouiller, v. a. (Li., Br.). — Ondoyer, un 
enfant, en attendant le bapteme. || Mj. — 
Andouiller. 

Hist. — On lit dans un vx texte : Undeiare. 
(Menage.) 

Ong/e (Mj., Lg.), pron. on-ye, s. f. — Ex. : 
Tu n'as que 5a des grandes ongles ! |j Se 
mordre dans les onzles, — se mordre les doigts, 
les pouces. 

Hist. — Femin. jusqu'au xvir s. La Font., 
vi, 5 : 

■ Elle sent son ongle maline. » 
Tire du lat. Ungula. 

Ong/ee (Mj., Lg.), s. f. — Douleur tres vive 
ressentie au bout des doigts par un grand 
froid. || By. Pron. Ongh-y6e. 

Ongleusc, adj. q. — Pour : angleuse, corr. 
de anguleuse. Se dit d'une noix dont la coque 
n'est pas form6e de deux demi-spheres regu- 
lieres. || By. Onglouse. 

Onguent (Mj.), s. f. — Dans les petits pots 
les bonnes onguents. Prov. || Onguent miton- 
mitaine, — sans vertu. || Onguent de saint 
Fiacre ; fiente de boeuf avec de la terre glaise, 
dont on se sert pour les ruches. (M6n.) 

Onqne, s. m. — Prononc. vicieuse du mot 
Oncle. V. Tonton. 

Onqnlle (!'), Onquiies (les) (By.), s. f. — 
Pour : La longue ile, les longues iles. On 
trouverait dans des noms de lieux-dits l'expli- 
cation des changements survenus dans la 
configuration des terrains par suite de causes 
diverses. 

Ons (j') (Lg.). — Pour : J'avons, pour : 
Nous avons. Tons eu beaucoup de plaisir. 

Onsee (Li., Br.y, s. f. — Ond6e, ouske. 

Ont. — Terminaison habituelle de la 
3 e pers. du plur. de l'indic. pr6s. et imparf. 
dans les verbes en er ; i mangeont, i man. 



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68 



OPINIATRER — OREILLE DE RAT 



giont. — N. Cela est vrai pour le Choletais, 
mais non pour Mj., ni pour St. -A. — V. Ent. 
Opinlatrer (Lg.), v. a. — Irriter par la 
contradiction. Syn. de Ostiner. 

Oppose (Mj.), part. passe\ — Empeche\ 
Ex. : Je l'ai oppose de faire ca. || S. m. Le 
contraire. Ex. : C'est tout Yoppose de ce que 
vous crayez. || A Yoppose, — a l'opppsite, au 
contraire. Ex. : La Poumeraye, c'est tout a 
Yoppose de Saint-Gearmain. — II fait espres de 
faire a Yopposi de ce que je illi dis. 

Opposer (Z. 153. Mj.), v. a. — Empecher. 
Ex. : Si a veut se marier, je ne Ten oppose pas. 

— N. On dit aussi : Je ne illi en oppose pas. || 
N'oppose que, — il n'empeche que. || Je vas 
mettre de la paille pour opposer la salade de 
geler. 

Opulent (Mj.), adj. q. — Ne s'emploie que 
dans la loc. insepar. : Riche opulent, — tres 
riche, richissime. — Rac. Ops, la Terre. 

Oqnerte (Mj.), s. f. — Griffade. Syn. de 
Griffee. De>. de Oques ou Ocres. On pourrait 
p.-e. 6crire Ocr6e. 

Oquefl (Mj.), s. f. — Ne s'emploie qu'au 
plur. — Grilles, ongles, serres. — Ne peut 
venir du lat. Unguis. Lat. Uncus? 

Orsgsn (Mj., Lg.), s. m. — Ouragan. Cf. 
Obli, otil. — N. II est assez naturel que Ton 
dise Oragan, alors que Ton dit : drage ; d 
long. 

Et. — Viendrait du Caraibe Hurakan, d'aprds 
OviAdo, Hist, des Indes. (Litt.) — Hist. « II s'est 
elev6 vers les trois heures du matin un oragant de 
vent des plus impdtueux. » (1751. — Inv. Arch., 
E, u, 308, 2.) 

Orsge, s. f. — Une drage. — N. Masc. a 
Mj. N. 6 long. 

Et. — D'une forme Active : auraticum, du lat. : 
aura, vent, air. — Hist. • Le dimanche premier 
jour d'aoust, fist une auraige de grelle. » (1632. — 
Inv. Arch., S, s., E, 164, 2, h.) || By. Se prononcait 
Orege. 

Orageoox (Lg.), adj. q. — Orageux. 

Oralile (Lg.), s. f. — Oreille. Forme vieillie. 
Ex. : J'ai des geales, les orailles me pelassant. 

— Cf. Ortail. V. Oreille, Orille. 

Orbeiutes (Bg.), s. f. — Eblouissements. 
J'ai des orbeiutes. 

N. — On invoque S. Orban, pour les orbeiutes. 
Orbus luce, prive de lumiere. (Jaub.) — Je pen- 
sais, moi, a : orbis lucis, cercle de lumiere, orbe ; et, 
en effet, ce sont bien des petites spheres lumineuses 
qui passent devant les yeux. 

|j La presence du t ne permet d'expliquer ce mot 
ni par : orbus luce, ni par : orbis lucis. J'estime 
qu'il est pour Erbelute, cu Rebelute, doubl. f£m . 
et syn. de BebMut, qui signifie : son, recoupes, et 
derive du fr. bluter ou beluter (V: Hatzf). Les 

{>etites paillettes lumineuses qui voltigent devant 
es yeux fatigues, ressemblent parfaitement a une 
pluie de son. (R. O.) 

Hist. — « ...Qui sont petites boules noires, 
rouges ou bleues, lesquelles nous semblent etre 
devant les yeux, quand nous avons regard^ avec 



trop d'assurance les orbes du soleil ou de la lune* » 
(G. Sand, La Petite Fadette, xiv.) 

Orbie (Tim.), s. f. — Mine triste, maladive, 
revSche. S'emploie dans la loc. : Faire Yorbie, 
syn. de : Faire le choe. — Faut-il rapprocher 
ce mot de l'angl. Orbity, etat de celui qui a 
perdu ses parents ou ses enfants? Lat 
Orbus. Syn. et d. de Rebi. 

Ore net es, s. f. pi. — Nom d'un village de 
Mj. 

N. — I^es Orcheres furent, autrefois, une des 
proprietes de Sully. 

Ordlgnon (Z. 134. Q., Br.), s. m. — Orgelet, 
compere loriot. — Jaub. donne Orbillon. Syn. 
et d. de Hardillon ; syn. de Grain (forge, 
Parpillon. Dimin. du lat. hordeum. 

Ordinaire (Mj.), s. m. — Habitude. S'em- 
ploie dans la loc. : Avoir ordinaire, — avoir 
coutume, l'habitude de. 

Or6e (Mj., Lrm.), s. f. — Le cdte exte>ieur 

du lit, oppose* a la venelle. Ex. : Les parrains 

couchent dans Yoree. Syn. Uree. 

Et. — C'est le fr. Oree, lisiere d'un bois, du lat 

Ora, bord. — Hist G.-C. Bucher, 128, 157 : 
« Le grand yver Oylon estoit fourree 
« Et Cupido luy dist : — Ma belle dame, 
« Je vous supply, donnez-moi quelque orie 
« En vostre faim, car de froict je me pasme. » 
N. — Je ne m'explique pas bien le mot : faim. 

Je soupconne Sain, anc. graphic de Sein. 

Oreille (Tim.), s. f. — Tasseau fixe au bati 
d'un metier de tisserand, qui supporte et 
contre lequel vient buter le tourillon formant 
rextr^mite" du taillet de poitrine. || Versoir de 
charrue. || Ne pas entendre de cette oreUle-Xk, 
— loc. ironiq., c.-a-d. ne pas vouloir entendre. 
|| Lg. — Ou'ie, de poisson. Ex. : II avait pass£ 
ine ficelle dans Yoreille de son chaveneau. — 
C'est la meme m^taphore — • ou la mfime 
erreur qu'en francais. Cf. Oraille. 

Oreille d'ane (Pell.), s. f. 

N. — La grande consoude, dit LittrA. — Sca- 
biosa arvensis a (euilles velues, dit M&aftRE. 
By. La sagittaire des marais ; la grande consoude 
s'appelle Conf6e. 

Oreille de that (Mj.), s. f. — Petite orchidSe 
a fleurs rousses et comme velout^es. C'est le 
Cypripede, sabot de V6nus. (V. Oreille-aux- 
sourits.) — N. Dans notre patois, on donne ce 
dernier nom a une plante tres differente, la 
CalcSolaire. || Chicorac6e a fleurs jaunes et 
feuilles velues qui pousse dans les endroits 
pierreux. C'est une eperviere, ou p.-§. la cre- 
pide elegante ; Crepis pulchra. On l'appelle 
aussi Langue de chat. || By. — Cypripedium 
calceolus, sabot de V6nus ; le Calc6olaire, 
sabot d'amour. 

Oreille de lievre (By.). — Le buplevrum 
falcatum et le buplevrum fructuosum ; les 
buplevres en faux et frutescent. 

Oreille (Tours (By.). — Primula auricula, la 
primevere auricule. || Mj. — Oreille douce. 

Oreille de-rat, s. f. — C'est la traduction 



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OREILLE DE SOURITS — ORSOIR 



69 



exacte de Myosotis, a cause de la forme de ses 
feuilles. || By. Hieracium pilosella ou Eper- 
viere piloselle. V. le suiva t. 

Oreille- de ( ou aux) sourits (Lg.), s. f. — 
T final so no re. — Herbe a feuilles tres velues, 
commune sur les talus des chemins. C'est une 
composed a fleurs d'un jaune un peu pale. — 
Epervidre. — La plante est « bonne pour le 
verin » et on la cueille pour cet usage. — 
Probablement la mdme que Oreille-de-chat, ou 
de rat. || By. Myosotis arvensis ou des champs. 
— Le cerasticum repens est cultive' en bor- 
dures sous le nom d'oreille de souris. 

Ore mag (Mj.), s. f. — Prononce* souvent 
Orimus. — On dit de qqn qui tient des pro- 
pos un peu lestes : II nous ait des belles Ori- 
mus, — par antiphrase. 

Orfenvre (Mj.), s. m. — Orfevre, bijoutier. 
|| Horloger. Syn. Horlogier. 

Hist. — ■ Les fcuvres traictent de ce qui appar- 
tient aux feuvres. » (J. DU Bellay, Def. et III., n- 
11,56.) 

— « De sup le pont des Orttvres 
« Donnerent un coeur d'or, 
« Emails d'un tres bel ceuvre ; 
« Geux de sur le port, 
« De coupeaux deux grandes charges 
« Pour chauffer l'enfant. » 

(Noels angev., p. 61.) 
N. — Orfevres rime avec ceuvre. — II est curieux 
de noter que notre patois a le nom Coupeau, repon- 
dant au verbe Coper, tandis qu'inversement le 
subst. Copeau correspond, en fr., au v. Couper. — 
Cf. Abrit, Airier. 

Organisse (Mj.), s. m. — Organiste. — V. 
Observ. a Isse remplacant les terminais. en : 
iste. 

Orge carr£e, ou orge d'hiver, ou orge a 
6 rangs (Bat.). — M6n. 

Orgerie (Lg.), s. f. — Orgie. V. Orges. 

Et. — Les Orgies etaient, jadis, la ffite de 
Bacchus. Le sens de : debauche ne s'est generalise 
qu'au xvni 6 s. (Darm.) 

Orges, s. f. pi. — Dans la loc. : Faire ses 
orges ; ses orgies. — Deux sens : 1° Faire la 
noce; 2° R6ussir. (| By., Mj. — 2 e sens. Faire 
son beurre. 

Org Die re, s. f. — Prononc. de Orntere, 
avec 6penth£se du g. 

Org n on (Lg.),s. m. — Lorgnon. J'ai entendu 
un vieillard me dire : Y en a qui portent des 
orgnons pour faire de l'emballe. 

Org oe filer (s') (Lg.), v. r6f. — S'enfler, se 
gonfler, se tumeTier. Syn. et d. de s'Orgueillir. 

Orgaeilllr (Mj.), v. a. V. Ergueillisser. L'es- 
pagn. Erguirse signifie : s'enorgueillir. || 
Sorgueillir, v. r6f. S'enfler, se tumSfter. — 
Ex. : Sa glande s'est ben orgueillie. Rac. 
Orgueil. — Syn. etd.de: s'Orgueiller. Cf. la 
loc. S'enfler le nez. 

N. Le sens de Orgueil implique qqch. d'enfle : 
« Quis vero nesciat superbos mflatos dici, tan- 
quam vento distentos. » ( Saint- Auoustin. De 
sermone Domini in monte.) Et alors Manage 
tire i orgueil du grec i org ad, tumeo< 



Orlbus (Jm.), s. m. — Chandelle de refine. 
Syn. de Esprit, Rousillarde, Rousinard, Ga- 
dron. — Cf. Auribanier, dans le 173 e Zig. 

— N. Ce mot n'est pas de Mj., mais du 
N.-E. du d^partement. Je l'ai connu pour la 
premiere fois au Mans, ou il y avait une 
fabrique (Toribus (sic). — De sa couleur d'or. 

Hist. — « Les sinapizant avec un peu de 
pouldre d'oribus. » (Rab., P., Prol., p. 111.) 

Orler (Lg.), s. m. — Oreiller. Syn. et d. de 
Driller. Cf. Biot, Vier, Evier, etc. 

Orille, s. f. — Oreille. — Cf. Essoriller. Syn. 
et d. de Oraille. 

Or filer (Mj.), s. m. Oreiller. Syn. et d. de 
Orier. V. Couette. — Id., pat. norm. 

Orimus (Mj.), s. f. — V. Orimus. 

Orine (Mj., Sar.), s. f. — Descendance, 
filiation, origine. || Esp6ce, famille, nature. — 
Syn. de Ancetre. — « Petite orine, petite 
espece. » V. Oture. || Engeance. 

Et. — Orine (Berry, Saint-Brieuc) vient du 
lat. Originem, avec race, sur ri (de Oriri). Ori- 
gine est moderne et refait sur Originem (Litt.). 
«= On disait : Pech6 orinal, pour : p. originel (D. 
C). - Hist. Roman de Renard : 19.458 : 

— « Ileuc trouvai dame Hermeline 

« Qui moult par est de franche orine. » 
— « Hen, hen, quel mesnager vous estes ! 
« Vous n'en ystriez pas de Vorine 
« Du pere. » (Farce de Pathelin.) 

— « Et envie est tele racine 

« Ou touz li x max prenent orine.'* 
Renart, 187. 

Orfnesu (Lg., Tim.), s. m. — Sorte de 
navet blanc, a collet tr^s long. On en mange 
les jeunes pousses, a la fin de l'hiver, en guise 
d'asperges. Syn. Navisseau. V. Bricoli. 

Orfner (Mj.), v. a. — Enger. Syn. de Chan- 
cer, Chanceler, Enenger. \\ Munir d'une espece 
de plantes ou d'animaux. Engeancer, Engk- 
nouir. Cf. Enoriner (Jaub.). — V. aussi Affier 
(By., Als). Pour : Originer, indique l'origine, 
le point de depart d'une chose. J)e la le sens 
de donner : « Va falloir que vous trCoriniez 
d'une chiasse de votre glycerine. » (26 e Zigz.) 

— Je n'en ai pas, mais je vas m'en oriner. 

Oripesox (Ag., Sar., Che\), s. m. — Oreil- 
lons. 

Hist. — « En nostre abbaye nous n'estudions 
jamais, de peur des oripeaux. » (Rab., G., 39, 
p. 77.) Syn. de Jottereaux. 

Orleanse (Mj.), s. f. — Orleans, sorte 
d'^toffe. — N. Le nom de la ville ne se pro- 
nonce pas ainsi. 

Or moire, s. f. — Armoire. 

N. — « Le peuple, a Paris, dit ormoire, et 
ornoire. Villon, dans son Petit Testament : 
aumoire ; nous disons, en Anjou, ermoire. 11 faut 
dire : armoire. » (M6\aoe.) 

|| By., id, e>moere. 

Orpouier. — Empouler. V. Enrocher, cita- 
tion. 

Orsoir (Mj.), s. m. — BSnitier. Mot desuet, 
encore usite en 1792* 



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70 



OHTAIL - OUATROUSE 



Et. — Doubl. du fran^ Urct'olo, lat. Urceolus. 

Hist. — Dans l'inventaire de I'eglise de Mont- 
jean (V. Soleil), on lit : « 2° Deux ehopineaux avec 
la soucoupe (le plateau) pesant 11 onces 1/4 et 
un gros, plus Yorsoir (le benitier) et le goupillon 
pesant 3 1. 4 gros. . . » En note : Au moyen age, 
on disait : orcel ou orccau. (Abb6 Alhrp. 
Notes s. Mj., 258.) 

Ortall (Lg.), s. m. — Orteil. Svn. et d. de 
Orte. Cf. Oraille. \\ By. — Ein ortift, le grous-t- ' 
orte\ 

N. — On a dit, jadis : arteil, du lat. Articulum, 
de artus, membre ; proprement : le petit membre. 

Ortals. Orte (Chi., Mj.), s. m. — Orteil. V. 
Oriail. — L'l final est supprime' comme dans 
Dousil, Avril, Pareil, Souleil. — Pat. norm. 
Orta6. 

Ortic (Lg., By.), s. f. — Maladie de Yortie, 
urtieaire. — Le mot lat. urtica se rattache a 
urere, brtiler. — Syn. de Fievre ortilleuse. Je 
m*s6 pique* ben dur aux orties. V. Ortuge. 

Orties griilants (Pell., By.), s. m. — Sorte 
d'ortie dont le venin est particulierement 
corrosif. — C'est 1'urtica urens, Tortie brti- 
lante ; vulg. ortie grieche. 

Ortilleuse (Mj.), adj. q. — Ne s'emploie 
que dans l'express. Fievre ortilleuse, — urti- 
eaire. Syn. de Maladie de V ortie. 

Ortlro — orqui (Mj.), v. a. — Piquer avec 
des orties. Ex. : Je me s6 orti ben dur en 
ramassant des lumas. 

Ortuge, s. f. — Ortie (M£n.). Urens ortugo. 
— Berry Ortruge, ortruger. (Jaub.) 

Orvane (Sp.), s. f. — Scrofulaire. G'est le 
franc. Orvale, corrompu et d<Hourne" de son 
sens. 

Et. — Or + valoir ; qui vaut de Tor. Dite aussi 
Toute-bonne. toute saine, herbe aux plaies. 
Labiee. (Litt.) — « Toute bonne, autrement dicte 
des Francais orvale, parce qu'elle vaut autant que 
Tor, vient en toute terre, sans semenee et avec 
semencc. Elle demande d'estre souvent arrous£e. » 
J. Lijsbatjlt, Maison rustique. — Comte Jaubert. 
!.l By. — Salvia sclarea, vulg. sclaree, orvale, 
toute bonne. Mais ce dernier mot est encore le nora 
vulg. du Blitum bonus Henricus (chenopodium), 
herbe du bon Henri, epinard sauvage. 

Os (Lg.), pron. pers. et dSmonstr. — Le, 

cela. Ex. : Si Vos aime pas, va te couche*. 

Doubl. de Ous. Cf. 01. — Ex. : J'os avais b6 
dit. Prononc. J'os avais b6 dji. L's est muet 
devant les consonnes. — Cf. 6, ou, oul. 

Os£e, s. f. — Pour : onde> ; chute de pluie. 
Vul<?. Ousee. Manage : On dit : housed dans 
l'Anjou et Haree en has. Norm. Cf. Onsee. 

Oseille (Mj.), s. f. — Le ou La faire a 
l'oseille a qqn, — chercher a le duper, a lui en 
imposer. « T'as beau etre malin, tu ne me la 
feras pas a V oseille. » 

Osian (Lg.), s. m. -— Petit oiseau, oisillon. 
Ex. : Les osians ont tot mang6 noutre meil. 

Ostiner (Mj., By.), v. a. — Irriter en resis- 
tant, en tenant tete. Ex. : II ne fait point bon 



V ostiner trop ! Syn. Opinidlrer, Audacer. \\ 
V. r6*f. — s 1 Ostiner, s'obstiner. 

N. — « Le b disparoit absolument devant st, 
dans obstind, obstination, qu'on prononce : 
ostine\ ostination. » (Th. db B£ze. — Trait* de la 
prononciat. dufr.) — De meme en italien et dans le 
pat. normand. 

Ostre (Ag.), s. m. — Monstre. || Oy ! Vostre 
de gas ! il est alte encore courir. — Au fau- 
bourg Saint-Michel. || By. — Oh ! qu<§e lostre 
de gas ! Eyou est-y cdre all£ couri? 

N. —- Dans le faubourg Saint-Michel et la Deval- 
ue Saint-Samson, je n'ai jamais entendu Ostre, 
mais Lostre, avec lesens de Monstre. Qu£e lostre 
d'homme ! disait la X., en pari, de son homme 
quand il rentrait trop soul. — Ein vre lostre I vieux 
mot usit6 la du temps ou la mdre T. la Grolle 
disait a sa voisine (M m « Lag.) : « Prends jamee la 
lucarne (le chapeau), la Leg..., ca vous fout des 
mals de tSte, ma chere. C'^tait l'epoque ou les per- 
rayeux « foutaient » des boucles d'oreilles a leurs 
chiens. — He la, Oust ! — TS d'la. Salut de deux 
coteries se croisant a distance, le tout trop souvent 
accompagnS d'un juron, ou Dieu se prononcait 
Dieeu. 

Otll (Mj.), s. m. — Outil. Cf. Ovrir. Pat. 
norm., id. oti. N. 6 long. 

Otiller (Mj.), v. a. — Outiller, 6 long. 

Oture (Sar.), s. f. — Espece, surtout bonne. 
Se dit des plantes. || Bas Maine : Hauture, 
grandeur, espece (en pari, des poules). J'nV 
vons cheux nous qu'des poules de la p'tite 
oture ; — grande oture, grande espece. (Dott.) 
— Cf. Orine. 

Ou i (Fu., Zigz. 143, 
compose. Ad, aux. Ex. 
tard de l'6te. 

Hist. — « Cela fut cause que plusieurs qui 
demouroient es regions circonvoysines vindrent 
habiter ou pays d'Anjou. » (J. de Bourd. — C. L„ 
1,179.) 

On * (Tim., Sp.). — Pron. pers., ou plutot 
impers. — II. Ex. : Ou faut ben ; ou va 
mouiller. — Vous plest- ou do choux? — Vous 
plait-il (d'avoir) des choux? || Pron. pers., 
r6g. dir., Le Les. — Ou, ous ; lou, lous. 

Ouah ! (Mj., Lg.), interj. — Ouais ! Oui-da t 
|| Marque la n6gat., et r6pond au fr. Que 
nenni ! Ex. : Va-t-il mouiller de resstee? 
Ouah ! — Avez-vous fait marched Ouah ! \\ 
Marque aussi l'^tonnement, rincr6dulite\ = 
Berry, Evah ! (Jaub.) Cf. Oin. 

Ouaier (Ag., Tim.), v. n. — Pleurer avec 
des cris. Syn. de Brailler, Oueler. — Doubl. 
de Oueler. 

Ouatrouse (Ag.), s. f. — Personne indo- 
lente ou manquant d'Snergie. — Quelle oua- 



196, Lx.), art. d<§f, 
Aller ou noces ; ou 



Ou. — Remplace .- 1° au. . . eu, ou, oeu, — sur- 
tout dans beaucoup d'adj. en eux : envioux, foi* 
roux, morvoux, poussieroux, r6chignoux. — 
2° oi, — pougnard. — 3° o, dans : chouse, une 
coflte, un coute, dounaison, estoumac, oute^ 
Pentecoute, proufit, tantoiit, etc* 



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OUBLIE — OUEILLE 



71 



trouse. — Ou, p.-e\ Quelle louatrouse, loitrouse. 
La prononciation ne nTa pas renseign6 exac- 
tement. Cf. Lotiriner. 

Onblie (Ag.), s. f. — Sorte de gateau tres 
leger, en forme de cornet ou de cylmdre creux 
que des marchands ambulants vendaient 
autrefois par les rues de la ville. lis portaient 
surleur dos une boite cylindrique dont le cou- 
vercle 6tait muni d'un tourniquet tournant 
sur un cercle garni de numeros allant de 1 
a 20. 

Et — Oblata, de oblatura, offert, a cause que 
1'oublie 6tait une sorte d'offrande que le vassal 
faisait a son seigneur. (Lrrr.) — Pour : oubl£e. Cf. 
Oblat. (Darm.) — Oublie, — hostie offerte a Dieu, 
et gateau offert au seigneur. (D r A. Bos.) => 
Oublie, — la Sainte Eucharistie, l'hostie consacr£e 
(ou non consacree) : 

« Desour l'autel a pris Youblie, 
« Que li prestre avoit sacr^e. * 
Patisserie. — « Panes qui eschaudati dicuntur, et 
oblatas et vinum quae solent reddi clericis parisiensi- 
bus in vigilia Ascensionis. » (1202. — D. C.) — 
« Panis oblialis, pain oubliere (panis tenuissimi 
species) : « Veci seu que Mgr Jehan de Douaiz, 
sire de Tacheinville avoue a tenir de Mgr l'evesque 
de Chartres... six pains oublierez de rente. » 
ID. C.) — « S'il guignoit des oeilz, c'estoient gaufTres 
et obelies. » (Rab., P., 32, 412.) 

N. — On se rappelle le cri de ces marchands : 
« Voila l'plaisir, Mesdames, voila le plaisir ! » 
lnscrit sur une devise s'enroulant autour de la 
boite. — A quoi les gamins ripostaient : « N'en 
mangez pas, Mesdames, 5a fait mourir. » (Fa sol do 
si (b) la sol ; fa sol la si.) — Le marchand annon^ait 
son passage au moyen d'un instrument en bois 
garni de deux claquettes en fer, qu'il manoauvrait 
au moyen d'une poign^e. 

Oft ce que ? Pour : Ou est-ce que? Ex : 
Ou ce que tu vas? — Et raeme, syncope plus 
prononcSe, Ou que tu vas? || By. — Eyou 
que, Ou que tu vas? 

Ouche (Mj., Lg., Do., BL, My.), s. f. — 
Champ cultive\ || Sp. — V ouche des mottes, 
— le cimetiere. Ex. : II est bentout bon a 
mettre dans V ouche des mottes. || Lg. — Ouche 
des morts, — meme sens. II est probable que la 
loc. Saint-Paulaise n'est qu'une corr. de celle- 
ci. || Lg. — Ouche de tend-cul, de b^ille-bec, 
meme sens. — Syn. de Champ de tabac, Cbne- 
tilre, Qoumitilre. || Terrain tres mar£cageux 
ou Ton plantait des saules. La Basse-Ouche, 
Bazouges, etc. (M. Preaubert). || Clos atte- 
nant a. la maison (se trouve dans les poesies 
de Jean Beraud), encore en usage dans les 
actes notaries. (Mj.) L 1 ouche de la Dagobre- 
tiere, a D0116. — Terrain aux environs d'un 
manoir, souvent sur les anciens fosses. 

Et. — B. L. Olca. — Probablcment celtique. 
Terrain de quality superieure, situ£ pres de la 
maison et ordinairement cultive" en jardin. (Darm.) 
« Menage, id. — « Leurs terres bien ameublies 
(occata?) par la herse (occa) ont dil ce nom a cette 
quality. »'(De Montesson.) 

Hist. — « Sisse entre la metuerie dou Motey 
d'une part et V ouche du seigneur de La Haye 
(1296. — Inv. Arch., H, 1, 268, 1.) — « Renaud de 
Brielles et Marion sa fame » baillent a Saint-Serge 
« une min£e de terre assise en louse he du Motey. » 



(1302, ibid., 269, 2.) — Don par Ermengarde. . . au 
lit de mort, de 6 deniers de rente, « VI denarios 
de olchia que est juxta vineas monachorum, ante 
portam eorum. » (1150. — Id., p. 145, 1.) — 
Hoscha. Portio terrae arabilis, fossis vel sepibus 
undique clausa. » Vide Olca. Nostris : Hosche. 
« Devant ledit acin une Hosche ou piece de terre, 
assise es Hosches de Molin. » — Dimidium arpen- 
tum prati et oschia ultra fluvium Sartham. 
(xir» s. — Inv. Arch., S, H, 36, 1, h.) — « Mon 
logis prioral, fuies, plaids, prinsons, jardins, 
ousches et cimetieres. » (1315. — Id., 64, 1, h.) — 
Don par Etienne Batard a Saint-Serj?e de terres de 
Juigne, « olchiam terrne apud Juinniacum. » 
(1140, circa. Id., S, H, 144, 2, b.) V. Noue. — 
« A la me*me £poque (1794) commencerent aussi les 
locations de jardins, prc\s et ouches, situds dans la 
ville m§me (Cholet) ou dans sa banlieue. » (Anj. 
hist., 3« an., 526, 15.) — « Le pere Barbeau... 
avait, derriere sa grange, un beau verger, que nous 
appelons chez nous une ouche, ou le fruit abondait, 
tant en prunes qu'en guiernes. en poires et en 
cormes. » (G. Sand, La P. Fadctte, 1.) 

Ouche, Onche-U, Ouchte (Ls:.), interj. — 
Sert a faire reculer les bceufs. V. Oche. 

Oncheraie, s. f. — Ouche. 

Oudri (Sar.), adj. q. — Moisi, e*vente\ 
Et. — Oudrir, se rider, se fl<Urir, en pari, des 
bourgeons. Sans doute le memo, avec un sens diffe- 
rent, que : ourdri, terme de blanchisseur : tache de 
moisissurc par rhumiditf*. Pout-cMre <\M\ de Pad]. 
Ord, sale. — L. horridus, — qui fait horronr. 
(Litt.) — Probablement germanin., vu l*h dans la 
forme anciennc. (Darm.) V. If oudrir, Ileurdrir. 

Ou6, s. f. — Oie. || By. — Oue. C'est la pro- 
nonciation commune de Oi. — On devait dire 
d'abord La rue aux Ou&s. V. ci-dessous. n 
Mj. — La oue\ — l'oie. 

Et. — « B. L. Auca, de : avica, de>. fictif de : 
avis, oiseau. Le nom g^n^ral : avica, oiseau, a <He" 
r6duit a un sens special ; comme jumentum, bete 
de somme, a donne : jument. » (Litt.) — « Cf. 
La reine Pe"dauque : « Et estoient largement pat- 
tez, comme sont les oyes : et comme jadis a Thou- 
louze les portait la reine P^dauque. » (Rab., 4, 41. 
— Menage.) — La rue aux Ours, a Paris, s'appe- 
lait autrefois la rue aux Oues, parce qu'on y ven- 
dait des oyes. » (Menage.) 

Ouellle l (Lg., Mj., Sar., Lue, Ths), s. f. — 
Ouaille, mouton, brebis. || Sp. — Fig. — 
Nigaud, imbecile (Mj.). — Les Angl. em- 
ploienten ce sens Oaf, qui est le lat.Ovis.Syn. 
Mahaud, Colas. || On dit aussi Ouailles, fran- 
cais. Prononc. ou-ei-lle. 

Et. — Lat. Ovicula, dimin. de Ovis, brebis. 
xir 3 s., oeille, uweilles. (Litt.) — « LT et V 6taient, 
jadis, une meme lettre (u) ; ouailles, = ovailles. 
(Roquefort. — Jaub.) Les vers suivants prouvent 
que Ouaille se prononcait Oueille : 



Out, Ouar, Outre — Observ. — Formes les 
plus ordinaires des termin. Oir, oire, du fr. actuel. 
Ce n'est pas une corr. de lang. ; nous ne faisons 
qu'observer la prononciat. de nos ai'eux, qui 6ori- 
vaient : mirouer, mouchouer et ne faisaient proba- 
blement pas plus sentir l'r final que nous le faisons 
dans les infinitifs en ouer (bafouer, clouer). Cette 
prononciat. s'est spe^cialis^e dans les noms et n'a 
pas pass6 aux verbes. 



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72 



OUEILLE — OUILLER 



« Tl a bien diet, je congnois mes ouailles, 
« Et elles m'oient, et ouvrent les oreilles 
« Pour escouter ma divine parole. » 
(Marot, Sermon du Bon Pasteur. — Jaub.) 

Ouellle f . — Pour : voye, voie, subj. pres. 
du v. Voir. Oute t6 don d'la que \ y oueUle 
(que je voie). (Ths.) V. Oueille-bandee. 

Oueille-bandee (Lg.), s. f. — Jeu de Colin- 
Maillard. Syn. de Casse-cou, Casse-croute, 
Mapou, Alouette, Alouette-bandte, Lapou. 

Et. — Je suis persuade qu'il faudrait Scrire 
Oueye-band6e et que Oueye, qui aurait le sens de 
vue, de>. du v. Voir, dans lequel le v etait souvent 
prononcS ou. — L'oueye-bandee, e'est la vue ban- 
ded, et cela prend un sens. (V., du reste, ci-dessus, 
Oueille % .) D'autre part, la forme Alouette-bandde, 

Sui ne sign i fie rien, est une corr. 6vidente de celle-ci. 
n a dit : jouer a r<m<?ye-band£e, ou : a l'oueille- 
band6e, puis : Jeu de Valoueye-bsind6e t et enfin : 
Jeu de ralouette bandee, ou simplement : de 
l'alouette. (R. O.) 

Ouelilenl (Lms, Z. 196), v. — - Voient ; ils 
voient. V. Outre. 

Oufcler 1 (Smm.), v. n. — Mettre bas, en pari, 
de la vache. Cest le v. VSler, dont le v initial 
est prononce comme le w angl. — Ou p.-e\ 
le mot est-il pour Oueiller, de : Oueille? 

Ooeler f (Mj.), v. n. — Pleurer avec de 
grands cris. Ex. : Son pere illi a foutu eine 
rousted : il ouelaii vantiers. — Ce verbe, qu'il 
ne faut pas confondre avec Houeler, est le d. 
et le syn. de Oudler. II a donn6 l'angl. to 
wail. 

Onere (Fu., Z. 196), v. a. — Voir. Cf. 
Ouksin, Oueille-bdrnd^e. Se dit parfois a Mj. 
V. Oueillent. 

Ouerir (Lg.), v. n. — Moisir. Syn. et d. de 
Voirir, Vairir, Veurir. — Syn. de Heurdrir, 
Chauguenir, Chaumenir. — Cf. Ouesse. \\ 
By. On dit : Valrir, viatrir, veurir. R. final 
muet. 

Ouesse (Lg.), s. f. — Vesse. Syn. de Vessie. 

T '~ Ouesse-de-loup (Lg.), s. f. — Vesse de loup, 
espece de champignon. 

N. — Si Ton veut bien comparer ce mot avec le 
vocable Oueille-bandee, on saisira mieux l'exacti- 
tude du raisonnement qui m'a induit a dire que ce 
dernier est pour Voye-bandee, ou Vue-bande"e. 
J'ajoute que le fr. Oiseau vient de notre mot pat. 
Voiseau, non par la chute du v, mais par la trans- 
formation de celui-ci en w ou en ou. On a dit 
Voiseau, puis Ouaiseau, et enfin Oiseau. (R. O.) 

Ouesser (Lg.), v. n. — Vesser. Syn. et d. de 
Vessir. Cf. Oueille -band&e. || By. — On dit : 
Vouesser, comme fouesser (fesser, battre.) Le 
plus souvent, on dit Vener. Cr6 gorin, as-tu 
v$n6 puant ! 

©net ! — Exclamation de douleur. Cf. 
Voin. Comte Jaubert. Syn. Lbld,, LUou. 

Ouete (Mj., Lg., By.), s. f. — Ouate. On dit 
de la oueie, sans elider l'a. 

Et. — Probablement dimin. de l'a. fr. oue, oie ; 
bviette, ouate. (Lot.) 



Oueter (Mj.), v. a. — Garnir, rembourrer 
d'ouate. 

OoI!(Mj.), exclam. — Ne pas en faire ouf, — 
ne pas temoigner demotion. Ex. : Quand ils 
illi ont dit que son pere 6tait mort, il n'en a 
pas fait ouf. 

Out (Mj.), s. m. — Petit reste de victuailles, 
de mangeaille, rogatons. Ex. : N'y avait ren 
a manger qu'ein petit oui de feuvettes. — 
Cest l'angl. Wee, petit. 

Ouiche ! (Mj.), excl. — V. Ouichte. 

Ouichte ! (Mj.), excl. — Bernique ! Marque 
Tincredulite ironique. — V. Jaub. 

Ouielles (Z. 139), s. f. — Brebis, ouailles. 

Ouignard (Mj., By.), adj. q. et s. m. — 
Pleurard. Syn. de Braillard, BraiUaud, 
Vizoux. — V. Ouigner. — Pleurnicheur. 

Et. — All. zu weinen. — Du Canoe : Pigner se 
dit du bruit que fait une charrette mal graiss£e. — 
B. L. hugnare, d'ou : ouigner. « Pour ce que la 
charrette dudit exposant pignoit, qui est a dire, 
selon le langage du pays (a Paluau), Huignoit, ledit 
Colin de l'Estang lui dist qu'elle avait bien mes tier 
(besoin) de voindre. Icellui Perrenot dist au sup- 
pliant : Se tu en hognes, encore seras-tu battu? » 
(1482. — L. C. Hogner.) 

Ouigne (Ag.), s. f. — « II a ben silr achet4 
pour deux sous de ouigne chez le cordonnier. » 

— Se dit quand le cuir des souliers fait du 
bruit. Syn. de Rouin-rouin. 

Oulgnee (Z. 132, 153, Ti.), s. f. — Cris de 
douleur. Syn. de Couinckes. || Ti. Cris du 
pore. 

Ouigner (Bg., Mj., Lg., Sal.), v. a. — Pleu- 
rer, pleurnicher, crier. Syn. de Oudler, Oueler, 
Pigner, Buyer, Btddner, Beucler, Bichoiller. 
Pat. norm. Ouiner. || Se dit d'un chien qui 
pousse de petits cris plaintifs, sans aboyer. 

— Une brouette, dont la roue est mal 
graissee, ouigne. Les souliers, faits de certains 
cuirs ouignent a Tusage, etc. || Hennir d'une 
facon particuliere, comme font certaines 
juments vicieuses qui sedisposenta ruer. Syn. 
de Ouindir, Hindiner. 

Et. — All. zu weinen ; angl. to Whine, to 
Whinny. — A rapprocher du bas-bret. Ouillein, 
pleurer. — V. Ouignard. Cf. Ouincer. 

Oulgnoux (Sa.), adj. q. — Qui pleure 
souvent, pleurnicheur. Syn. de Ouignard, 
V. Ouigner. 

Ouillaud (Pell.), adj. q. — Lait ouillaud, 
ou moucheron. V. Boucaud, Bougaud, Mou- 
chon, BodL 

Ouiller (Mj.), v. a. — Gaver, amener a la 
sati6t6 excessive. Cest le fr. Ouiller, qui 
s'emploie a Sp., mais jamais a Mj., dans son 
sens habituel. V. Avouiller, Ravouiller. — 
Cf. (Eille, HuyL 

Et. curieuse. — CEil, comme le dit D. C. ; ouiller 
e'est remplir jusqu'au bord, jusqu'a Tceil, jusqu'au 
bondon. Et non : olla, cruche. — xiv* s., aeuiller, 
euiller ; xv« s., voiller, aouiller, oilier ; xvr» s., 
auiller. — Moby cite : Eyer, to eye, regarder, voir, 
ob»erv«ri 



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OUILLETTE — OUSER 



73 



Hist. — « Eullier, remplir jusqu'a la bonde : 
Quand les deux tonneaux sont devalez de la nef 
dedens les charrettes et illec aemplis et aculliis par 
le marchant, que il ne le sont depuis tenuz a emplir 
ne eullier en meson ne en celier. » (1332. — L. C., a 
Eullier.) 

Onlllette (Sp., My., Lg., Tf.), s. f. — Petit 
entonnoir. Syn. et d. de Avouillette (Ouiller). 

Ouinee (Mj.), s. f. — Articulation des 
doigts. — Les Ecossais ont le mot : Pinny- 
winkles, ou Pilniewinks, instrument de tor- 
ture pour les doigts. 

Hist. — « Mais je diray cela de luy qu'il a les 
plus dures oinces qu'onques je senty sus mes 
espaules. » (Rab., P., iv, 15, p. 384.) 

Ouineer (By.), v. n., ou Oineer. — Syn. de 
Ouigner* Cf. Couincer, Rouincer. 

Ooindir (Lg.), v. n. — Hennir. Syn. de 
Hindiner, Ouigner. 

Oul de vr»l (Segr.), loc. adv. — Oui vrai- 
ment. 

Oujord'hul, adv. pr. — Aujourd'hui. 

Oal, Oi, Ou, Ous (Tim., Lg.), pron. imp., le 
meme que Ou, mais qui prend un 1 eupho- 
nique devant une voyelle. Ex. : Out est ben 
vrai ; il est bien vrai. || Tim., Lg. — Pron. 
pers. II, le, la, les. || Pron. d6m. — Ce, cela. 

N. — Oul est le cas sujet, ou nominatif ; il est 
toujours du masc. sing. Ex. : Oul est ben meilleur 
qu'ou ne paralt. — Ous est le cas regime ou accu- 
satif. Ex. : J'ous ai tenu dans la main. — Ou rem- 
place oul et ous devant les consonnes. 

Tous ces mots sont aussi pron. d6monstr. Ex. : 
Vous avais ben dit, — je l'avais ben dit, dit cela. 
Oul est ben vrai, — c'est bien vrai. 

Oameau (Auv.), s. m. — Orme, ormeau. 
Doubl. de Umeau. — Nom de rue, de ferme. 

Oumee, s. f. — Pour : horamee. Espace dc 
terrain de vignes qu'un homme peut b6cher 
dans un jour. (M£n.) 

Oomiau, s. m. — Ormeau. (By.) V. Umeau. 

Ouoh-oaoh (Mj.), s. m. — Toutou, chien* 
Syn. de Titais. Lang, des tout petits. Onomat. 

Oa-que. — Mai dit, pour : que, simple- 
ment. C'est la ou que je vas, — c'est la que je 
vais. V. Ou-ce-que. 

Oaras (Lg.), s. m. — Carneau de four de 
boulanger ; vanne qui ferme ces carneaux ; 
tiges de fer qui manceuvrent les vannes. 

Et. — Corr. du s. Ouvreau, mot de lang. des 
verriers. — Ouvrir. 

Oarble (Z. 124, Br.). — Faire Yourbie, se 
facher. — Bouder. Syn. et d. de Orbie, Rebi. \\ 
Sal. Figure triste, rechigne>. 

Ourdlrle (Tim.), s. f. — Atelier dans lequel 
on ourdit les chalnes des pieces de toile. 

Et. Du fr. Ourdir ; B. L. Ordire, L. ordiri, 
ccramencer. 

Onrdissolr (Tim.), s. m. — Instrument au 
moyen duquel on ourdit les pieces de toile. 
V. Ourdir U% 



Ourne (Sp.), s. f. — Ranged de carreaux, 
de pav6s. — Lat. Ordinem? 

Ours (Mj.), s. m. — Ours. Pron. Ourse. 
Travailler comme ein ours, — travailler tres 
dur. Cf. Ourser. || Faire Yours, — montrer de 
la misanthropic || Fig. Prison, salle de police. 
Syn. de Hosteau, Clou. — Pat. norm. Urse. 

Ourser (Mj.), v. n. — Travailler dur. Voir 
Ours, et le prov. cite\ tres employe* aujour- 
d'hui, mais certainement de format. rScente. 
Syn. de Bkdasser, Bouvisser, Timonner, 
Biganer, Odigner, Houdigner. 

Onrsuline (Mj.), s. f. — Ursuline. Syn. et 
d. de Urseline. 

Ous l (Fu., Lg., Sp.), pr. d6m. — Cela. 
V. Oul. Je vous ous ai dit ; je vous ai dit cela, 
je vous l'ai dit. — J'ous ai dit, — j'ai dit 
cela, je l'ai dit. || Sp., Lg. — Pron, pers. Le, 
lui, elle ; — cela. S'emploie comme compl. 
dir. des verbes et les precede toujours. Ex. : 
II m'ous a dit ; \'ous ai pris ; \'ous sais pas. — 
II me Pa dit ; je l'ai pris ; je ne le sais pas. — 
Cf. le bret. hou, pron. pers. pour le plur. des 
deux genres : eux, elles. Ex. : Hui hou horrige, 
— vous les corrigez. — Hou, lui, comme 
compl. indir. : A-ne-hou, de lui ; de hou, a lui 
(d'apres Guillome). — N. On dit aussi Os, 
au Lg. 

Ous *, s muet (Mj., Lg), s. m. — Os. Syn. de 

Rouchet, Rouget. Doubl. du mot fr. — Cf. 

Pesp. Huesco. — Tremp6 uch' qu'aux ous. — 

Ein grous-t-ous (un gros os). 
Hist. — « Ny vous galoux, ve>ol6s jusqu'a 

Vous.* (Rab., G., I, 54, itl.) — En 1771, Ous, os ; 

au plur. Ou, s muet. — Vieille chanson : 
« Et le gros ous d' la cuisse 
« Pour faire un chalumiau, 
« Pour fair' danser les fllles 
« Aupres du grand oumiau. » 

Oug^e (Mj., Bl., Sar., Sal., By.), s. f. — 
Ond6e, averse. Ex. : II va tomber eine 
ouske de cur^s, le temps est trop noir. — 
Doubl. de Onsee et du fr. Ond6e. Syn. 
Hargne, Hergne || Y a du vent dans 
Yousee, — la pluie va cesser.?"— (Ag.) || 
Ouske de Navarre, — ouragan, cyclone. 
D'apres la croyance popul., YOuske de Na- 
varre passe chaque ann6e une fois et rien 
qu'une fois, en qq. point de la contre*e. || 
Fig. — Grande aBondance. — Syn. de Flau- 
pke, Saccage, Tournke, etc. || Ousee de 
chaud, — Fortes chaleurs. Cf. Pougnie. || 
Courre apres Youske, — manquer Toccasion. 

Hist. « Mais, au chemin, furent saisis dune 
grosse houzie de pluye. » (Rab., P., H, 32.) 

Ouseille, s. f. — Oseille. || By. Plutdt : 
vine tie. 

Et. — Forme non lat. Oxalia, du lat. Oxalis, 
du grec Okcuc, acide. 

Ouser (Mj.), v. a. et n. — Oser. 

Hist. : 

« Hanter n'ouserais aulcuns lyeux 
« Y fussent tous les sainctz des cieulx. » 
(O; C. Bugher, 23S, 229.) 



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OUS-GRAS — OVRAGE 



Ous-gras (Mj.), s. m. — Exostose. Ex. : II 
illi est venu ein ous gras sus la m&choire. 

Onsicr (Sa., Ti., Z. 203), s. m. — Osier. 
Cf. CoutL Syn. de Oisic, Prete, Plon. || On dit 
qqf. Ousine. (Men.) 

Ous-ou (Lg.), pron. d6m. — Le, cela- 
Ex. : Pisque je Vous-ou dis! 

Et. — II faut noter d'abord que ce pronom ne 
s'emploie qu'apres : me , te, rart, apres li (lui), 
jamais apres : nous, vous. D'apres cela il faut consi- 
der Ous — ou, non com. une reduplic. du pron. 
Ou, Ous, mais comme ce m£me pronom auquel 
s'est adjointe, en maniere de preTixe, la partie 
vocale des pron. Nous, Vous. On a dit : II nous ou 
dit;je vous ou dis; puis, tres illogiquement, II 
m'ous-ou dit, je t'ous-ou dis. 

Oussi (Fu., Z. 196), adv. — Aussi. Syn. de 
Aussit\ 

Oussiner, ou Houssiner, v. n. — Etre mal 
I assujetti, osciller. — « Le manche d'un 
marteau oussine. » (Do., Ag., Mb.) L'explicat. 
par Osciller n'est guere probable. — C'est la 
meme figure de mots que pour le syn. 
GauUier et pour Var getter. 

Oust ! Ouste ! — Exclam. tres familiere 
aux pe>6ieux. D'ou l'appellation facStieuse 
de : langue ouste appliquSe a leur langage. 
(Z. 141.) || Mj. Dehors ! A la porte ! Sert a 
chasser un animal importun. || Marque l'aga- 
cement, l'indiflterence, le j'm'enfichisme. Syn. 
de Ust I Ut ! Zut f Flute f 

Ousteau, Osto, s. m. — Lit. Aller a V ous- 
teau, — aller au lit. V. Hosteau. (Orain.) — 
Et Houstaud, au Supplement. — N. Pour 
Dott., c'est : aller en prison ; et c'est le veri- 
table sens. 

Outeau (Mj.), s. m. — Sorte de petite lu- 
carne tres basse, pratique^ sur la pente d'un 
toit. 

Outeil. — Mauvaise prononc. de Orteil. 

Outer (Jum., Tr., Mj.), v. a. — Oter. Doubl. 
du mot fr. — Cf. l'angl. to Oust, m. ss. — 
Oute toi done la goule ! — d£range-toi le 
visage. — Jadis : Ouster. 

Hist. — « Comme jadis faisoyt Milo a limitation 
duquel aussi tenoyt une pomme de grenade en sa 
main et la donnoyt a qui lui pourroyt ouster. » 
(Rab., i, 13. — Jaub.). — « Oustez-vous de la. » 
(Rab., P., iv, 29.) — - « Et sans plus dire... me 
ousttrent 26 s. 8 d. » (1345. Inv. Arch., H. suppl. 51, 
2.) — « Et furent ung jour plus de trente avant de 
pouvoyr ouster la pierre de sur luy. » (1566. Id., 
E. in, 332, 2.) — « Tu te decoys, ousteAuy ce 
flammeau. » (G. C. Bucher, 24, 93.) 

Tres nombreux exemples de cet auteur angevin. 

Ouvart (Z. 171, By.), a bref. part, pas. — 
Ouvert. || Mj. Ovart, ovri. 

Onv£roir,ouve>ou6(Lpot.,Vz.,Nu.),s.m. — 
Etabli sur lequel travaille l'ouvrier tuilier. 
Du fr. Ouvrir. 

Ouvrage (Bg.), s. f. — Cest de la belle 
ouvrage, — quand on d6truit beaucoup de 
lapins qui mangent le ble\ — Le fils d'un fer- 
mier qui d^passe la trentaine n'est pas marte. 



Son pere dit, en pari, du mariage : « Cest de 
Yoiwrage qui tarde d'etre faite. » V. Ovrage. 
Et. — Operaticum, lat. fictif de Operari, ouvrer- 
On disait d'abord : ovraigne, de *operanea. 

Ouvrfts (1') (By.). — V. Clouter. 

Ouvrcur (Ch^.), s. m. — L'ouvrier qui 
brasse et delaie la matiere pour faire du pa- 
pier, dans la cuve a ouvrer. (M£n.) 

Ouvrier de Saint Cr6pin. — Savetier. 
(MAn.) 

Ouvrier d'* bss, s. m. (Tr.). — L'ouvrier 
d'a-bas, dans nos ardoisi&res, s'occupe du 
foncage, de la coupe, des mines, du frappage, 
du renversement des pieces, de leur ali- 
gnage et du rendement des 6cots. (M6n.) 
V. Ouvrier cTa-haut. V. au F.-Lore, Ardoi- 
sieres, xix. 

Ouvrier d'& hant (Tr.), s. m. — Dans nos 
ardoisieres, il ne s'occupe que du fendis. — 
On prononce fr^quemment Ovrier, et meme 
a la parisienne, O verier. (M6n.) 

Ouyou, adv. — Ou? — Ouyou que e'est? 
D'ouyou qu'tu viens? Cf. OyoH. 

Ovale (Mj.), adj. q. — De forme quel- 
conque, m&me non arrondie ; 6 long. 

N. — En resume , ce mot se met un peu a toutes 
sauces : il rem pi ace les vocables que le paysan ne 
trouve pas dans sa langue trop pauvre pour de- 
signer des formes d'ailleurs pour lui g^neralement 
im precises. 

Ovarture (Mj.), s. f. — Ouverture ; long. 
Ovee, pr6p. — Avec. V. Auvec, O. 
Hist. — La comtesse de Soissons (morte en 1644), 
avait un mauvais mot dont elle n'avait pu se 
delaire ; e'est qu'elle disait toujours : ovee, pour : 
avec, et cela sembloit le plus vilain du monde 
pour une personne de sa condition.* (Tallemakt 
des Reaux., i, 128.) 

Puis bien vos dire et aconter 
Que oncques mese ne sautier. 
Ne chanta puis de bon entent 
Ne par si bon entendement 
Comme il fit ovec Ysengrin. 

Renart, 7519. 

Overe -goule (Mj.), s. m. — Enfant pleu- 
reur, animal qui crie beaucoup. — Syn. de 
Tend-goule. De dvrir -j- goule. 

Overiau (Mj.), s. m. — Nom sous lequel les 
paysans d^signent par de>ision l'ouvrier. 
V. Chassepies, Castaud, Mariniasses, Pyrier. 
Sorte de dimin. pejor. de Overier. 

Ov6rler (Mj.), s. m. — Ouvrier. || Individu, 
gaillard, paroissien, particulier, quidam. 
— Syn. de Chrkien, Indien, Gibier^ Oiseau, 
Moineau, Type. Ex. : Je ne sais pas qui est 
cet 6vfrier-\k que j'ai rencontr6 dans n'eine 
belle voiture. — Pat. norm. Uve>ier. 

Ovis (un), s. m. (Lrm.). — Une 6tincelle. 
V. Auvis. 

Ovrage (Mj., Lg.), s. f. — Ouvrage. Ex. : 
Cest eine belle ovrage que t'as fait la ! || 
Mettre en 6vrage y — mettre a l'oeuvre. || Les 



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OVRAGIE - PAF! 



75 



ovrages, les grousses Svrages, — les grands 
travaux des champs : fenaison, motive, arra- 
cheries de chambe. — V. Jaub., a Ouvrage. 

Ovragie (Mj., Tim.), s. f. — Nevralgie- 
Corruption (oh '.combien !)du mot fr., 6 long. 

Ovrer (Lg.), v. a. — Ouvrir. — N. Ce v. 
se confond avec oVn'r, sauf a Tinfin., au fut. et 
au conditions, qui font : j'dve>erai, j'dvere- 
rais ; 6 long. 

Ovri (Mj., Lg.), part. pas. — Ouvert. Ex. : 
J'ai 6vri la porte. — N. Cette forme, qui est 
regul., est peu usit^e a Mj., elle Test beau- 
coup au Lg. 

©yrir° (Mj., Lg.), v. a. — Ouvrir. || Fig. 
Ovrir la goule, ou de la goule, — pleurer et 
pousser des cris pendants. Corr. du mot fr. || 
Absolument. — Faire l'autopsie de. — Le 



part, pas. est Ovart et parfois Ovri. j| Lg. — 
Ovrir ou Ovrer les bouts, — d6barrasser le 
bout des sillons de la terre qui les obstrue, 
pour permettre l'Scoulement des eaux. 

©yoft, 6-you (Mj.), adv. — Ou. Marque le 
lieu. Je sais pas oyou qu'il est. — Corr. de 
Eyou. Syn. et d. de Oyous, Ouyou, Eyous, 
Eyou, Eyour, You, Yous, Your. Pat. norm. 
Oyu. 

Oyous (Mj.). — L's se prononce fortement. 
— Ou. Marque le lieu. S'emploie devant la 
conj. que. — C'est : dyou, avec une aspira- 
tion finale. V. Eyous, Eyour. 

Oyu (Sep., Lg.), part. pas. — Eu, du v. 
Avoir. Syn. et d. de Ayu et de Yu. A-t-i Syu 
de la crainpaineU, tout de meinme ! — Est-i 
guere faisant ! ?f. N. 6 long. 



OBSERVATION 

Pronunciation. — P final est muet ou sonore, 
suivant les regions ; muet dans Cep° de vigne ? 
sonore a By. — Se prononce commc b dans 
Laps (labs) de temps. — PI initial souvent mouilte ; 
c?s deux lettres, ou l'l, sont alors en italiques. 

Permutation. — Per devient : pre. V. Ber. Pre 
se change a son tour en : per. Vpernais, pernant, 
pour : je prenais, prenant. V. divers temps du 
verbe prendre et observations a Bre, Cre, Gre, etc. 

De m§me, Preu, Pru deviennent Peur ; des 
peurnes, pour : des prunes. 

Remplace par c dans Septembre, Sectembre. 

PI devient Pi ; Piat, Pieume, Pieumer, pour 
Plat, Plume, Plumer. 

Pabot', t sonore (Mj., Lg.), s. m. — Doubl. 
du mot pavot. || Lg. — Coquelicot. Syn. de 
Moine, Panciau. jj My. — Id. 

Et. — Lat. Papaver, r^duit a Paver. — Berry : 
Pabiat, Pabiot, — Pavot, coquelicot, pivoine. 
V. Papou. 

Pabou, s. m. — Papo, ponceau, moine ; 
nom vulg. du pavot rheas. (Men.) 

Paeequt (Mj., By.), conj. — Parce que. — 
X. Dans certaines locut., Fr final de la pr6pos. 
par ne se prononce pas. Ex. : Je ill! ai foutu 
pa le corps, — je lui ai accord^ subitement ce 
qu'il demandait. — Pacequk est presque tou- 
jours suivi de la conj. que. Ex. : Pacequk, qu'a 
ne me l'avait point dit. — Cf. Pourque. || 
By. Non suivi de que. 

Ptcequere (Mj.), conj. — Parce que. — N. 
On dit fort bien Pacequere que. V. Pis- 
quire, Ctqukre. De>. de Pacequi. 

Paeotille (Mj.), s. f. — Avoir, saint-frus- 
quin. Syn. de Bazar. — Meme rad. que 
Paquet. 

Paere (BL, By.), adj. q. — Ressemblant. 

N. — Je lis dans VlntermHiaire nantais, 1902, 
p. 70 : « Le mot pacre est un d£r. du pat. paucres, 



qui, a Forigine, designait de grandes mains. Ce 
sens primitif s'est elendu pour devenir de nos jours 
syn. de main, en general. Ce mot vient de Pouacre 
oil Pouagre, lat. Podagrum, proprement, Gout- 
teux, de la le sens de grandes et grosses mains, 
resultant de la goutte 

Comment le mot pacrtf. appliqu£ a une personne 
qui avait des mains demesur^es (on dit encore, 
aujourd'hui, de grandes paoucres, par pteonasme), 
est-il devenu un terme de comparaison entre indi- 
vidus ayant la mSme physionomie! 

Quelqu'un, qui avait de grandes mains, £tait 
pacre", et la comparaison de ses extr^mites avec 
celles d'un parent qui, sur ce point, ne lui cedait 
en rien pour la longueur, donna n£cessairement 
le terme : tot pacrk, pour indiquer que tous deux 
avaient des phalanges identiques. Et, comme, par 
atavisme, le Ills herite souvent des qualites mo- 
rales, comme des tares physiques. . ., on est arriv6 
a generaliser la comparaison. lis etaient tot (tout) 
pacres, semblables par les mains, ils devaient 
relre par la figure. De \k l'express. : C'est son frere 
t6t pacri. 

Le sens primitif de : pacrt est tomb6 et Ton n'a 
garde ce mot que comme un terme general de 
comparaison. 

Le mot : pacre se retrouve dans l'express. popul r 
« C'est le diable qui t'a pacrr, — litteralement, qui 
t'a fait a son image. || Exact, ressemblant exacte- 
ment. Correspond a l'express. famil. Tout crache. 
« fa gui r' porte ben, c'est li tout pacre. » (De 
Mont.) — Paucres, grosse et vilaine main ; mains 
maladroites. (Borel.) 

II Syn. et d. de Pocrk., Poquere. || By. Ne 
pas confondre Pacre\ ressemblant, et Pocre\ 
d6chir6 a coups de griffes ou d'ongles, de 
pocres. || Au Lg. Pocre est bien le syn. exact 
de Pacrt, comme il en est le doublet. Cf. la 
glose. 

Pal !(Mj.), inter j. — Marque le bruit que pro- 
duit un coup, un soufllet. || Adj. q. invar. — 
Completemen t ivre ; « assez pour tomber a terre 
et faire : paf ! » (Litt.) — « I n'est qu'ca 
paf ! — Syn. de : Bond, Plein, VerzeU, 
Zingut, Nige, etc. 



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76 



PAGAILLE — PAILLE 



Pagailie (en), Pagale (en) (Mj., By., Sal.), 
loc. adv. — En disordre ; en vrac, en d6- 
sarroi, a l'abandon. — II a jet6 tous ses v§te- 
ments en pagale. Syn. de Boucadan, en 
Boucaud. || Se foutre la goule en pagale, — 
tomber. || Gogues en pagale, — gogues en 
vrac, par opposition aux gogues empochees. \\ 
By. — En pSgale. 

Et. — Malgr£ la legere difference de forme, ce 
mot me paralt tenir a Pergaler. Cf. Jaub., a Fou- 

f;ale et Fougaler. Celui-ci propose : En pagane. Du 
at. : paganus, comme si Ton disait : a la paysanne. 
■ — C'est bien improbable. 

Pagalee (Mj., By.), s. f. — Pagalee de foin, 

— quantity de foin 6parpill6e (V. Pagale), ou 
d'objets quelconques, surtout de fruits. Syn. 
de Epirdillee. || By. — On dit Pogatee et 
Po6gal6e, surtout au sens : II a tombe* eine 
pogalee ! — il s'est etale* en pegale. Cf. dans 
le mSme sens : Podanbe, et Potanee. 

Page (Tim.), s. f. — Carr6 de toile dans 
une piece de mouchoirs. — Dans la langue 
des tisserands, faire des quatre a la page, c'est 
tisser une piece portant deux moucnoirs dans 
la largeur, soit quatre dans un carre\ 

Et. — L. Pagina, de : pagere, pangere, fixer ; 
proprement : lame, plaque, chose qu'on fixe- 
Ou (Festus) parce qu'on peut y fixer des (versus) 
lignes d'ecriture. 

Pages (Mj., By.), s. m. p.. — Cordons a 
relever les bords d'une jupe, tirettes. C'est le 
frang. Page pris au fig. 

Et. — Remplace le page qui portait la queue 
de la robe d'une grande dame. Orig. dout. — Signi- 
flait d'abord un domestique de bas etage, valet 
de cuisine, domestique d'armfe. Se rapporterait 
a pages, vilain, paguet, petit vilain, du lat. pagen- 
sis, de pagus. Page repr&enterait : pagius. (Litt.) 

— Scheler derive ce sens du grec paidion, petit 
garcon, jeune serviteur. En terme de marine : 
pages, mousses. 

Pagoe ! (Mj., By.), interj. — Pan ! On dit 
aussi : Bagne. Imite le bruit d'un coup. 

Pag non (Mj.), s. m. et f. — Epitn. inju- 
rieuse, sans signification bien precise, dont 
on gratifie surtout les petites filles. Gamine. 

— Ex. : Attends, ma me"chante pdgnon, je 
te vas relever le cul ! — Ce mot pourrait se 
traduire en fr. par Pe*core ou Pe>onelle. 

Et. — On trouve le mot : pagnot, avec le sens 
de sot, pue>il (digne de l'enfant en langes). L. 
Pannus, etoflfe, linge, lange ; fr. pan. (Scheler.) — 
C'est ing£nieux. 

Pagnoter (se) (Lg., Tim.), v. r6f. — Se cou- 
cber, se mettre au lit pour la nuit. Syn. de se 
Molter, se Camper. \\ Lg. v. a. — Dorloter, ca- 
liner, gater. Syn. de Apegnoter. 

Et. — Ce mot n'est certainement pas autoch- 
tone ; il doit avoir ete rapporto dernidrement des 
casernes et meme des colonies, oil, a cause des 
moustiques, on est oblige de s'envelopper d'un 
pagne, pour dormir, pris au sens de moustiquaire. 
(R. O.) Faut-il le rapprocher de Ptgnot, pegnoter? 
Faut-il comprendre Pailloter? 

Et. proposees. — Esp. Pano ; ital. Panno ; lat. 
pannus, piece d'etoffe. — Paillot, — tres petite 
paillasse qu'on met par dessus la grande dans un 



lit d'enfant pour 6viter que l'humidit6 p^netre dans 
la derniere. — Mot a mot, se fourrer dans un pa- 
nier ; compar. d'un panier au lit. — Renvoie a : 
paniotter. (Litt.) 

Pag ode (Ag., By.), adj. q. — Se disait de 
certaines manches de robes, larges et bouf- 
fantes, que les femmes portaient autrefois. 
Cette mode a disparu. Mj. — Pagote. 

Et. — Elles imitaient le ddme de certains 
temples indous. Der. du persan. || On disait : 
Manche pagote. 

Pagot (Lg.), s. m. — Tique, insecte de la 
famille des acares. — Syn. et dim. de Pague. 

Pague (Lg.), s. f. — Tique, insecte du genre 
acare, qui s'implante dans la peau des ani- 
maux. Syn. de Passe, Pagot, Tacaut, Raine, 
Raigne, Brezin. 

Et. — Ce mot est certainement le doubl. de 
Passe. P.-6. vient-il du L. pagurus, fr. pagure, 
crustace ddcapode. — N. Si ce mot avait et6 cr66 
par des savants, j'y verrais le grec pegnumi, 
fixer. 

Pagueneau (Sp.), s. m. — Secret. 
N. — Ce mot ne s'emploie que dans le cas sui- 
vant. Les jeunes gens et les jeunes filles jouent 
entre eux un petit jeu de societe qui consiste a 
confier a l'un d'eux le nom du bien-aim6 ou de la 
bien-aime>. Chacun a son tour va trouver le 
confesseur pour rire, qui lui dit : 
« Je te vends la girouflee 
« Sur la muraille ben plantee, 
« Varte au pied, rouge autour. 
« Dis-moi tout bas qui te fait l'amour. » 
La confession terminer, le confident s'adresse a 
chacun des joueurs et lui dit : 

« Je te vends le pagueneau, 
« Ce que tu m'as dit tout bas, je vas te le dire tout 

(haut. » 
Apres cet alexandrin mirifique, le confesseur 
rtpete l'aveu plus ou moins sincere qu'il a recu. 

N. — Qqs-uns disent : Patibeau ; ailleurs, on dit 
Pategau. 

Et . — M. C. Port y voyait le Papegault, le 
prix du jeu. || By. — Cf. Bagueneau, visage, bouche. 
Ex. : Haut le bagueneau, — ldve la tdte, regarde 
en haut. Serait-ce : Je te vends la bouche, ce qui 
est sorti de la bouche, du bagueneau? 

Paguenerlier (Mj.), v. n. — Patauger. Syn. 
de Ganacher, Palouiller. Ex. : Va done 
paguenecher dans le mauler. 

Pahourd (Segr., By.), adj. q. — Lourdaud. 
Syn. de Poitras. \\ Terme de m^pris pour 
designer les paysans. V. Castaud, Pic. (Dorr.) 
Fr. Balourd? 

Paillasse (Mj., By.), s. f. — Paillasse. Etre 
sus la paillasse, — etre mort, §tre a l'6tat de 
cadavre. ||Ventre, bedaine. S'emploie presque 
uniquement dans la loc. : Crever la paillasse 
a qqn, l'Sventrer. Syn. de Beille, Bedrasse, 
Btee, Berdouille. P.-e\ ici pour Beillasse, de>. 
p^jor. de Beille. 

Paillasson (Mj.), s. m. — Paillasson. L'a 
est tres long. 

PAilie (Mj.), s. f. — En envoyer ieun a la 
pdille et l'autre au genet, — envoyer prome- 
ner; Y en a ieun a la paille et'l'autre au 



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PAILLER — PAIN-COURT 



77 



genet', — ils sont tous absents. || Jouer aux 
parties. V. F.-Lore, vn. || Tirer a la courte 
pa die, — tirer au moyen de parties ou de 
menus brins de bois, de longueurs in6gales. || 
Au plur. Parties, brins de parties et, plus tard, 
brins de roseau, dont les ling£res se servaient 
autrefois pour gaufrer le devant des coiffes a 
tuyaux. || Lever les pailles, — enlever la 
paille d'une air6e battue. 

Pailler i (Mj., Lg.,Sar.,By.), s.m.— Meule, 
tas de paille. || Sp., Mj. — Ebouler son pailler, 
— accoucher. — Relever son pdiller, — faire 
ses relevailles. — V. Aff alter. 

Hist. — « Ha pauvres pulces, ha pauvres sou- 
ris, vous aurez mauvais hyver, le feu est en vostre 
paUier. » (Rab., P., n, 14, 150.) — « Elle s'<Hait 
abritee derrtere la ferme, dans l'aire a battre, au 
pied du grand pailler. » (R. Bazin, La Terre qui 
meurt, 225.) — « L'habitation. . . s'ouvrait sur 
une cour peuplee de volailles, qu'entouraient d'un 
c6t6 les stables, de l'autre les paillers. » (R. Bla- 
chez, 50, 15.) 

Pailler' (Mj.), v. a. — Tuyauter une coiffe 
a l'aide de brins de paille. 

N. — Cette pratique a disparu, comme la mode 
des coiffes a petits tuyaux pailles, avec les vieilles 
femmes qui les portaient, avec les vieilles lingeres 
qui savaient faire ce travail. Du reste, les coifTes a 
gros tuyaux, le dernier cri d'il y a trente ans, dont 
le tuyaut£ se fajsait a l'aide de brins de roseaux, 
ces coiffes si gracieuses qui ont fait — Mac-Mahon 
aidant ; on connait son exclamation : Que d'eau ! 
que d'eau ! a la vue des inondations de la Loire en 
cette rejjion — la reputation des Ponts-de-C&aises, 
ces coines, dis-je, sont en train de disparaitre et 
auront disparu avant vingt ans devant Tinvasion 
des ignobles casseroles emprunt£es aux cuisi- 
nieres des villes. Sic transit gloria mundi ! — 
Autre son de cloche. Le President se serait ecrte : 
Oh ! le gentil bonnet, le joli papillon ! Permettez- 
moi, Madame, de vous embrasser. — Puis, le baiser 
rracieusement donne* et gentiment recu : Et ou se 
rait cette belle coiffe? — La, tout prds, aux Ponts- 
de-Cc, Monsieur le President. — V. Ostre. 

Pailleux, s. m. — Nom donne" aux boeufs 
dont la robe est couleur de paille. (M6n.) 

Pailloo — A Mj., Sp., Sal., le Lg., l'a est 
tr£s bref dans ce mot, alors qu'il est, au 
contraire, tr&s long dans Pdille, Pailler, 
Pdillasson, Paillasse. || By., a tres long. || 
S. m. Sorte de recipient form6 de paille, et 
non d'osier, comme le d^finit Hatzfbld, 
cousue avec des ronces fendues (avec de 
l'ecorce d'eglantier. Lrm.), dans lequel on 
met lever le pain. || Sp., Chi., Mj. — Avoir 
son paillon, — Gtre ^conduit, 6vince\ en 
parlant d'un amoureux. || Sp. — Fig. — 
Donner ein paillon, son paillon a, — un ga- 
lant, le congSdier. V. Paillonner. || Lg. — 
Venir au monde dans un paillon, — se replier 
sur soi-meme dans un paillon, de maniere a y 
tenir tout entier. C'est un tour de souplesse 
que Ton fait ex£cuter aux gamins comme 
jeu de soci6te\ || Paillasson, — poignSe de 
paille mise au fond d'une cuve. (M6n.) By. 

Hist. — « Les hommes et les garcons confection- 
naient... des paniers en osier, des corbeilles en 
chevre-feuille ou en cime de gendt, des chaises, des 



pail Ions, des chapeaux de paille... » (Deniau, 
Hist, de la Vendue, I, 60.) — » Les gens de service 
continueront. . . de clisser des paniers, de tourner 
des paillons. » (Anj. hist., 2* an., 3°, 594, 30.) || 
Le soir, 4 la veill£e, pendant que les gas font des 
paniers et des paillons, on y cause de la 

Grand'Guerre » {La Vendue catholique, 31 mars 

1907, 1, 6.) 

— « Mangcant l'orge et le froment 

« Avec le chardon piquant 

« Du paillon le baudet mange 

« Et le choisit dans la grange. 

« H6, sire l'&ne, h6 ! » 

{Fete de Vdne.) 

Paillonnte (Mj., By.), s. f. — Le contenu 
d'un paillon ; capacity, sa contenance. 

Paillonner (Sp.), v. n. — Travailler a faire 
des paillons.H Mj., Sp. — Fig., v. a. — Econ- 
duire, 6vincer, renvoyer, — un amoureux, 
en parlant d'une jeune fllle. V. Paillon. — 
A bref. 

Paillouner (Lg.), v. n. — Faire des paillons. || 
v. a. — Renvoyer, 6conduire un galant. Syn. 
et d. de Paillonner. — A bref. 

Pfiilloux (Mj.), adj. q. — Pailleux. Le mot 
a vieilli. Cf. Morvoux, Pissoux. A long. 

N. — Au Mesnil, un hameau voisin du bourg, 
hameau qui ressemble aujourd'hui a tous les autres, 
mais dont les maisons furent sans doute, jadis, 
couvertes de paille, s'appelle le Bourg- PaiUoux. 

Pain (Mj.), s. m. — Faire du meilleur pain 
la soupe, — faire pour le mieux, s'en tirer le 
mieux possible. Ne pas savoir de queul pain 
faire soupe, — ne savoir de quel bois faire 
fleche, §tre rSduit a la mis6re extreme. || 
Lorsque auelqu'un se montre maussade, on 
dit proverbialement : « C'est comme si j'avais 
mang6 ein pain de sa fourn^e. By. || Se 
facher avec le pain, — bouder contre son 
ventre. || Pain croisd, — pain rond sur lequel 
on fait une croix avant de l'entamer (M6n.). 

— C'est, du reste, un usage assez frequent 
lorsqu'on entame un pain qcque. || Pain 
d'autel, — pain azyme. || Avoir du pain sur 
la planche, — avoir des avances, des res- 
sources. 

Pain a Fane. — Scille. Vulg., Clef de Para- 
dis (Bat., Scilla nutans), clef de Saint Pierre 
(M£n.) || By. — Ne pas manger du pain d 
Vdne, — gagner sa vie en travaillant beau- 
coup. 

Paln-btnit. Locut. — C'est pain Unit / — 
c'est bien fait pour lui ; il n'a que ce qu'il 
m^rite, en pari, de qqn a qui il est arrive^ un 
ennui par sa faute. || Pain Unit de la Rochelle 
(Sar.). — Foie de pore cuit dans les rillaux. 

— Allusion, sans doute, aux protestants, 
nombreux dans c^tte ville, qui s'en r^galaient. 
V. a Bind. 

Pain coup^, s. m. — Ognon a la grole, 
porr6e a la grole ; muscari comosum. (M6n.) 
II Bat. appelle le M. comosum, Muscari k 
toupet. M6n. n'aurait-il pas commis une 
erreur? 

Pain-court (Mj.), s. m. — Nom d'un four 



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PAIN-FEU — PAISSAGE 



& chaux situe au quartier de .l'Orchere et 
construit vers 1860 par M. Heusschen p6re. 
II est aujourd'hui abandonne\ 

Pain-feu (Segr.), s. m. — Herbe des ruis- 
seaux tr£s v6n6n©use, assez semblable a 
l'ache ou au c616ri. Cest Pcenanthe safrane\ 
Syn. de Pepi, Mechon. V. Ponsacre. || Bat. 
6critPenfeu, Pensacre ; (Enanthe crocata. 

Pain aux Hevres (Lg.), s. m. — Syn. 
de Miche aux li&vres. (Morandeau.) Oro- 
banche. 

Palnochon (Lg.), s. m. — Petit pain. 

Pain d'oiseau. — Sedum acre et Briza 
media. Men. Bat. 

Pain-pain. — Pain. Terme enfantin. Nous 
avons souvent fait remarquer cet usage de 
doubler la syllabe dans la lang. enfantine. 

Pain-perdu, s. m. — Pain passe" a la poele, 
— avec du beurre. — On l'appelle aussi : 
Pain de chasseur. 

Hist. — « 1384. — Panis perditus. a Lequel 
exposant leur respondi que il ne leur avoit que 
donner fors un pain blanc et du burre ;. . .et lore 
entrerent oudit hostel disans que ilz en feroient 
du pain perdu. » 

Pain de poureeau. — Cyclamen europoeum. 
(Bat.) Men. 

Paln-ouerre (a) (Mi.), loc. adv. — S'em- 
ploie dans la loc. : Eter a pain-querre. — 
etre re*duit a la plus grande misdre. Le sens 
est : d^nue* de tout. Syn. de A Vancre, a 
Cure-oques. 

Et. -- Le sens littoral est : Etre re*duit a chercher 
son pain. V. Guerre. Mais la vraie signification est 
tellement perdue de vue qu'on fait souvent de cette 
loc. une sorte d'adjectif auquel on donne un 
complement quelconque. On dit : Etre a pain- 
querre de bois, de sucre, etc. 

Hist. — J. du Bellay, Antiq. de Rome, 247. 
« Qui voudroit figurer la romaine grandeur 
« En ses dimensions, il ne lui faudroit guerre 
« A la ligne, au plomb, au compas, a l'esquierre 
« Sa longueur et largeur, hautesse et profondeur. » 

Dans G.-C. Bucher, 246, 236 : 

« Pensez-y bien, car je vous certifie 

a Qu'en Dieu sans plus on doit querre confort. » 
— « Et mon oncle fait de ma terre 

« La donn£e, ou je voisnain-querre. » 

(Alard, comtesse d'Anjou. God. v° Don6e.) 

Pain de gelgle. — Appele* ironiqt. : Pierre 
a aiguiser, a cause de sa durete\ de sa s6- 
cheresse. (Men.) h A Mj. le nom de : pierre a 
aguser se donne par plaisanterie a un chan- 
teau qcque. 

Paln-au-venln, s. m. — Arum (Men.). — 
Bat. donne a Arum vulgape. Pied de veau, 
Picotin, grand Giron. 

Pair ou non ? — Jeu d'enfants. 

i, N, .r~ 0n P r ^ sente les deux poings fermes ; dans 
I un il y a un nombre pair dobjets, dans l'autre un 
nombre impair, et 1'on demande : « Pair ou non? » 
Pair ou impair? — L'autre doit frapper de la main 
le pomg qu'il choisit, en disant, par ex. : Pair. — 
Le premier ouvre le poing ; on compte les objets et, 



s'ils sont en nombre pair, il les donne au deuxieme ; 
s'ils sont en nombre impair, le deuxieme en doit 
au premier une egale quantity. || By. On dit : Pair 
et couble (couple), de sorte que les nombres 2, 4, 6, 
multiples de 2, sont des nomores coubles, les autres 
sont pairs. Et, cependant, les mSmes personnes 
disent : une paire de boeufs, pour 2 boeufs, et un 
couble de poulets, pour 2 poulets. || A Mj. Pair ou 
impair.a|| A Sp. — Couble ou Chique. 

Palre (Mj., Lg., By.), s. f. — Mot fran- 
cais. 

N. — Ce mot est employed comme dans le fr 
class., en parlant d'objets composes de deux, par- 
ties symStriques. Une paire de ciseaux, de pinces 
(pincettes). Mais, de plus, il entre dans certaines 
expressions qui sont de veritable* idiotismes. 
Ainsi les vieux disaient toujours : Eine paire 
d'armoires, et jesais que" cette loc. s'emploie encore 
a Montrelais, aux portes d'Ingrandes. Ici, il y a 
sym^trie dans l'objet. Dans la loc. : Une paire de 
noces, la syme'trie, la duality du couple auquel ellf 
a du s'appliquer d'abord peut servir d'explication 
sufllsante. Toutefois, il convient de remarquer 
qu'on 1' applique couramment non aux maries seule 
ment, mais, par extens., a la noc^e tout enttere : 
« Vela eine belle paire de noces », dit-on, en 
regardant le d£flle\ Mais il serait moins facile 
d'expliquer logiquement les locut. suiv., qui sont 
d* usage courant. Si une m£nag£re lave une salade, 
une pidce de linge a Lois reprises, elle dira qu'elle 
l'a lavde a dans trois paires d'eau ; » et, pour 
exprimer qu'elle a eu erand'honte, elle ne man- 
quera pas de dire qu'elle a attrape « eine belle 
paire de honte ». Mj., || By., id. 

Palsan, anne (Mj., Lg., By.), s. et adj. m.et 
f. — Paysan,campagnard.V. Castaud. \\ Labou- 
reur, cultivateur. Ex. : II a toujours de beaux 
ensemence*s et du bon bestial ; c'est ein vrai 
bon paisan. \\ Sp. — Patron. Nom sous 
lequel les domestiques d6signent le fermier 
chez lequel ils sont gages. Ex. : Faut que je 
m'en aille chez mon paisan. || Rustre, ba- 
lourd, lourdaud. Ex. : Vous n'avez jamais 
ren vu de pus paisan que ces gens-la. || Rus- 
tique, ridicule. Ex. : Les femmes a portent 
des fichus verts ; s'il illy a queuque chouse 
de pus paisan ? — Pat. norm. id. || By., 
poesan. 

Et. — Paysan ; proprement, gens du pays. La 
prononciat. en deux syllabes 6tait recue au 

XVII 8 S. (R&3NIEB, MOLI^RB.) 

Hist. : 

« Quand de paisans une troppe barbare 
« Vint outrager l'honneur de ces rameaux. » 
(J. du Bell., Songe sur Rome, 253.) 

— « Un autre sentiment existait aussi chex lui. . 

la honte d'etre un pSzan, comme on prononce dans 

la valine. » (C.-L. Cesbeon, Maitre Lardtnt, 

p. 8, 1. 28.) 

Paisant, e (Mj., By.), adj. q. et s. — Pay- 
san, rustre, rustaud. Ex. : AT a Tar ben 
paisante. V. Paisan, paisane. 

Et. — Cest le fr. Paysan. — Le bret. a pris notre 
forme pat. Paisan t. 

Hist. — « Car je vis Alexandre le Grand qui 
rapetassoit de vieilles chausses... Romule estoitj 
saunier. . . ; Tarquin, tacquin ; Piso, paisant « 
(Rab., P., ii, 30.) 

Paissage (Mj., By.), s. m. — Paisson ; 
herbe bonne a paltre. — Ex. : Illy a du bon 



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PAISSE — PALETTE 



79 



paissage dans cete" previa. — Syn. de Emorche, 
Picage, Panage, Pevre. Du fr. Paissant, part, 
pr. de Pattre. 

Hist. — « Savoir la maison. . ., l'estang. . ., les 
cens, dixmes, terres, pres et landes, mousturages, 
pais sages, dans le circuit des Cartes et gdnerale- 
ment toutes autres rentes et revenus. » (xvn* s. 
Inv. Arch., S, H, 270, 2, b.) — N. P. — Ce texte 
fait voir clairement que le paissage dont il s'agit est 
le panage ou p arn age, c.-a-d. le droit de faire 
paturer. A Mj., le paissage est l'herbe mSme d'un 
pre\ le gramen que paissent les betes. Ex. : V. 
ci-dessus. 

Paisse (Mj., Lg., My., By.), s. f. — Moineau. 
Syn. de Parse. De>. du lat. Passer, par l'in- 
term^diaire de Parse. Cf. Passereau. || 
Presque tous les petits oiseaux recoivent ce 
nom. |! Mj. — La Paisse, sobriquet. 

Hist. — « Maintenir et entretenir les saulles et 
hayes d'espines sur la muraille d'entre le jardin et 
la court a la conservation des paisses que j'y ai 
entretenues et nourries. » (1555 Inv. Arch.,Q,5i,\.) 
(N'est-elle pas touchante, cette clause qu'ins£ra en 
son testament un bon chanoine d'Angers ?) 

Paisseau. — V. Pesseau (Lg.), s. m. — 
Outil de filassier consistant en une lame 
mousse de fer, fix6e a hauteur d'appui, et 
sur laquelle l'ouvrier frappe la filasse pour 
en detacher les debris hgneux. C'est , en 
somme, un ragot fixe. Syn. de Paisseloux. 
Le sens de : echalas est francais. — N. — La 
lame du paisseau est verticale. 

Paissee (Lg.), s. f. — V. Pecee. 

Paisseier (Lg., Lrm.), v. a. — Nettoyer au 
paisseau, la filasse. V. Peceler. 

Paisseloux (Lg.), s. m. — Syn. de Paisseau. 
Outil aui sert a paisseier le lin. — N. Ce nom 
a vieilli ; aujourd'hui on emploie plutdt le 
syn. Paisseau, ou Paissid. 

Paisse des sauies (By.), s. f. — Le friquet. 

N. « En Anjou, le Friquet est souvent appel£ 
la Paisse des sauies, parce que ce passereau se platt 
surtout a nicher dans les trous des vieux sauies 
plantes sur le bord des rivieres, ou dans les ter- 
rains mar^cageux. Dans la Ix>ire-Infe>ieure, cette 
habitude Ta fait designer sous le nom de : saulet. 
(Abbe Vincelot, p. 360.) 

Paissia (Lg.), s. m. — V. Paisseau, Pais- 
seloux. 

Paissu (Mj.), part. pas. de Pattre ; pour 
Pu. 

Pattre (Mj., By.), v. a. et n. — Dans la 
loc. Envoyer paitre, — env. promener. Syn. de 
E. dinguer, baigner, etc. 

Palx (Mj., By.), s. f. — Donner la paix, — 
laisser en paix. 

Pal. — Contraction remarquable pour : 
par le . Ex. : Un ouvrier, a qui on demande 
ou il demeure, rSpond : Pal Mail, — par le, 
dans les environs du Mail. — Si je t'empoigne 
pal fond de ta culotte ! — par le fond. 

Palaine (la) (Sar.), s. f. — Terrain vide et 
banal. — La Plene, la paroisse de la Pla6ne, 
canton de Vihiers (1250). — A Trelaze, la 



Plaine(M6N.). Les Plaines, pres des Justices. 
— La palaine de Champigny, — la Plaine . . . 
Cf. Guif, Lande. 

Et. — Semble le mdme que Paleine. La paleine 
pousse dans les endroits deserts. De m@me,en pat. 
angev., la lande est a la fois la bruyere et les lieux 
deserts ou elle pousse. (R. O.) 

Palandier (Lg.), s. m. — Palonnier. De 
pal ? Plutdt du suivant, par palanquier. || 
Syn. Bat-cul. 

Palanquer (Mj., By.), v. a. — Hisser, ou 
descendre a l'aide d'un palan, klinguer. 
Terme de marine. 

N. — Ancienne orthog. : palanc, ce qui explique 
le verbe et indique l'ital. palanco, rouleau a rouler 
les faix, qui est, avec un changement de genre, le 
lat. palanca, phalanga, du grec phalangai, batons 
ronds. — Cf. palanquin. 

Pal&tre (Mj., Lg.), s. m. — Linteau, forte 

Elanche qui forme la partie supe>ieure de la 
aie d'une porte ou d'une fenStre et soutient 
le mur au-dessus. || Planche mince que Ton 
cloue en dedans d'un bateau, apres l'avoir 
rembourr^e de mousse ou d'6toupe pour aveu- 
gler une voie d'eau. — Lpc. Cette voie d'eau 
s'appelle hue. La planche est qqf. coaltaree. || 
By. — Sp. — Terrain couvert des ramifica- 
tions d'une plante aux tiges rampantes. 
Ex. : Ein paldtre de fraisers. || Plaie grave. 
(Z. 152. Ti.) 

Et. — Palestage, qui est la forme primitive, et le 
B. L. paleria, mOme sens, indiquent un der. de 
palus, dans l'acception de : Darre, obstacle ; 
palastre. — D. C. paleria. (Litt.) 

Palatrer (Mj., Lg., By.), v. n. — Poser des 
paldtres. || v. a. — Recouvrir d'un linteau. 

Palaud, e (Mj.), adj. q. — Palot, un peu 
pale. 

N. — La syll. pa se pron. tres breve, comme dans 
le mot lat. racine : pallidus. V. Pale. 

Pale, a tres bref (Mj.), adj. q. — Pale. || 
By., a long. 

Hist. — G.-C. Bucher, 48, 108. 

« Dy moy pourquoy tu m'envoycs toujours 

« Roses qui sont ainsy palles et blesmes? 

« Est pas celuy palle assez de luy-mesme 

a De qui le sang est tout beu par Amours? » 

Palefarner (Mj.), v. a. — Soigner des ani- 
maux domestiques, cheval ou autres. 

Et. — Pour Palefrener, v. inus., qui correspond 
au subst. fr. Palefrenier et qui de>. du vx fr. 
Palefroi. 

Palefermler (Craon), s. m. — Palefrenier. 

Paleine (Sp., Tim.), s. f. — Graminee 
commune dans les bois, dont on recueille 
les feuilles, longues et molles, pour en rem- 
bourrer les paillasses et les matelas de couche. 
On l'appelle aussi Guinche. V. Ganne, Palaine m 

Palette (Lg.), s. f. — Pan d'une redingote, 
d'une blousette. Ex. : Les blousettes avaient 
deux grandes palettes. \\ Sp. — Avoir la pa- 
lette, — refus de Tabsolution. Ex. : J'ai ieu 
la palette ; le cur6 m'a donn6 la palette. \\ 
Tim., By. — Vanne d'ecluse ; guichet d'un 
confessionnal. Done, donner la palette, e'est 



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80 



PALETTER — PANAGE 



fermer le guichet du confessionnal sur un pe- 
nitent. || By., Mj. — Au fig. — Langue bien 
pendue. Syn. de Tapette. || Lg. — Pelle us6e. 

Et. — Dim. de Pale, fr. Pelle. V. ce dern. mot 
au Gloss. 

Paletter (Lg.), v. n. — Faire glisser un 
palet sur le sol. C'est le contraire de Piquer. 
Cf. Paliner. 

Paletton (Mj.), s. m. — Abri de lampe de 
mineur, sorte d*6cran ou de rSflecteur. 
Dim. de Palette. 

Paletlr (Lg.), v. n. — Palir. Syn. de 
Pallir. 

Paliner (Mj.), v. n. — Ricocher a la sur- 
face de l'eau. Faire paliner des pierres sus 
eine m&re. Syn. de Revardir, Paloter. 

Et. — De>. de Palle, par un dimin. Palin, ou 
Paline, inusit£, qui correspond au dimin. fr. 
Palet. 

Palir, a tres bref (Mj.), v. n. — Palir. On 
dit de m§me Patir. || By. — a long, dans 
Palir. 

Hist. — « De mon palissanl visage 

« La vive couleur s'esteint. » 
(J. du Bell., La Complainte du disesp&ri, 144.) 
« Je ne veux que longtemps a l'estude if pallsse. » 

(Id., Le poete conrtisan, p. 120.) 
c Si pour souldain pallir de tainct et bouche. . . » 
(G.-C. Bucher, 127.) 

Palissoanaat. — V. Bourgne. 

Et. — Palisser? Etendre les branches des arbres 
contre un mur, etc. (Boileau, Epitre a son jardi' 
nier.) 

Pailand , de (Mj.), adj. q. — Palot. Un peu 
pale. De>. de Palle. 

Palie » (Mj.), adj. q. — Pale, a tres bref. 

Palle * (Segr., Li., Br., By., Mj.„ Lg., Chi., 
Chg.), s. f. — Pelle. || Beche. || Fig. — Foutre 
la palle au cul ; — envoyer promener ; laisser 
en plant. || Palle a jeter l'eau, — 6cope. Syn. 
de Cesse. — Doubl. du mot fr. || By. — Partie 
plate du gournas, de gache. V. Futreau. 

Et. — P.-e\ du lat. patulus? large. Cf. l'esp. 
Pala, m^me sens ; bret., Pal, Bal, beche. || Latin, 
Pala ; contr. de pagela, de Pago, pour Pango? 

Hist. — « Et les aultres, avec leurs posies, en 
remplirent les corbeilles. » (Rab., P., n, 33.) — 
« L'ung appeloyt une aultre sa palle, elle le appe- 
loyt son fourgon. » (Rab., Pant.) 

Pallee (Lg.), s. f. — Pelletee, pelleree. 
Syn. de Pallerie. De>. de Palle ; d. du fr. 
Pellee. 

Pallefentiere (Segr.), s. f. — Pelle destinee 
a remuer le grain dans le grenier. 

Palleier (Mj.), v. a. — Enlever a la pelle 
des mottes peu 6paisses. — De Palle, Poller. 

Paller (Lg.), v. a. — Enlever a la pelle. 
Syn. de Palleier. || v. n. S'enlever a la pelle. x 
Ex. : £a palle be\ 

Palleree (Mj., Lg., By.), s. f. — Pelleree. 
Hist. — « Ce pendant quatre de ses gens luy 
jettoient en la bouche, Tun apres l'autre continue- 



ment, moustarde a pleines paler its. » (Rab., G., 
i, 21.) 

Palle-vous (Mj., By.). — Parlez-vous ? — 
Paller est une ' prononc. l&che de Parler. 
« Palle done plus haut. » Cf. Pense-vous ? 
A-vous ? Voye-vous ? 

Hist. — a Se aucune sereur (sceur) pale a sa 
compagne brevement et si bas pale que la tierce ne 
puisse olr. » (Constitution de la maison Dieu de 
Vernon, au temps de Saint Louis, par M. de Boots. 

— Jaub. 

Pallir (Mj.), v. n.— Palir. Syn. de Palezir. 
N. — L'a se pron. tres bref et c'est ce qui m'a 
engagg a r6tablir les deux 1 du latin. 

Paloter (Lg.), v.n. — Ricocher, a la surface 
de Teau. Ex. : lis font paloter des taleaux sus 
1'abreuvage. — Syn. de Paliner. — De Palle, 
fr. Pelle. || By. — Se dit : faire des beurr6es. 

Palonrde (Mj., Li., Br., Sar., By.), s. f. — 
Citrouille. Syn. Citron, Jod. || My. Paloudre. 
|| Mj. — Sobriquet de B. — La Palourde. || Sal. 

— Grosse courge allong^e, comestible. 

Paloardier (Mj.), s. m. — Couche de 
citrouilles. 

Paltre (Auv.), s. m. — Couperet, hachoir. 
Syn. de Houssera, Hansart. 

Palvartir (Mj., By.), v. a. — Pervertir. 
Corr. du mot fr. — Cf. Essalter, Dhalter, 
Escolter. 

Pampllle (Sa.), adj. a. — De trois couleurs, 
bringe. Se dit (Tun cnat, ou plutdt d'une 
chatte, car jamais, paralt-il, un marcou n'est 
de trois couleurs. C'est la croyance commune 
a Saint-Augustin comme a Mj. Est-elle fondee 
sur des observations exactes? V. F. L. in, Mar- 
cou. 

Pampre (Sp., Mj.), s. f. — Toute la pampre 
est tomb6e. — Comme le lat. pampinus. || 
By., m. ou f^m. Se prononce sou vent Pample, 
d'od Epampler, d6garnir la treille de ses 
grandes feuilles pour permettre au raisin de 
murir et de se dorer. 

Panage (Sa.), s. m. — Pacage, paturage. 
Syn. de Paissage, Picage, Emorche, Ptvre. 

Et — D r A. Bos. * Pastionaticum, * pasnati- 
cum, * pasnatj -|- e d'appui, de pastionem, pais- 
son. 

Hist. — « Foulques, vicomte du Grand Montre- 
vault, et P6an « Paganus », seigneur du Petit 
Montrevault. . ., donnent a l'^glise du Lac-Roger 
et a Toussaint a dominium suum totius illius terrae, 
videlicet paagium et vendas et pasnagium porco- 
rum ». (1203-1208. — lnv. Arch., H, I, 181, 2.) — 
« Mais le seigneur prend la glandde, paisson, 
panage et paturage, » (Cout. du Poitou, t. I, 361, 
119.) — « L'ancien Coutumier, en Tart. 140, ecri- 
voit Pasnage... ; Rat, Barraud et Lklet lisent 
pdnage, et ll est £crit de la sorte au grand Coutu- 
mier. Ce n'est que la mdme chose. Raoueau, en 
son Indice, sous le mot pdnage, dit que c'est le 
droit des pores etant en gland^e, ou autre droit et 
devoir qui est du au Seigneur d'une foret pour la 

§ landed et paisson des pores, pacage et paturage 
es bdtes. » (lb., p. 450, art. 159.) — « Don..., 
par Charles et Louis, comtes d'Anjou, du droit de 



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PANAIS — PANTENNE 



81 



parnage dans leurs forfits d'Anjou. » (1247-1358. — 
Inv. Arch., S, s. H, 34, 1, 6.) — « Et ung aultre 
qui aura la garde et soin des chevaux qui seront 
mys es parnaiges en lad. isle. » (Bail de 1594. — 
Anj. hist., 2« an., n° 3, 585, 20.) 

Pan ate (Mj.), s. m. — Panais. 

Et. — Lat. panacem, grec panax et panake$, 

de deux mots : tout remade, parce qu'on lui attri- 

buait toutes sortes de vertus. — On lit : panax, 

dans Pab6- (Lrrr.) — A. fr. pasnaie, L. pastinaca, 

— past'naie, pasnaie. Cf. pastenade. 

Pane alter (Lg.). — Le subst. est franc. ; 
mais il y a l'adj. q., qui se dit exclusivement 
de certains choux-pommes d6ge*ne>6s, dont 
le port rappelle celui du chou vert et qui sont 
impropres a ralimentation humaine. Aussi 
les Longeronnais se montrent-ils tres surpris 
lorsqu'on leur vante le chou pancalier. lis ne 
connaissent le vrai chou pancalier que sous le 
nom de chou ripouille. 

Paneeau (Sar.), s. m. — Ponceau, coque- 
licot. 

Pancla, Panciau (Lg.), s. m. — Coquelicot, 
ponceau. Syn. de Moine, Pabot. 

Et. curie uses. — Ponceau. Lat. flctif : punicel- 
lus, dim. de puniceus, rouge, de punicus, id, pro- 
prement : ph^nicien, a cause de la pourpre fahri- 
qu£e par les Ph6niciens. — Berry : panciau. (Lrrr.) 

— « Pour : paonceau, de>. de paon ; proprement : 
petit paon. Cf. Coq-uelicot. — xn° s., papaver, 
pouncel. (Darm.) — « Une couleur violette (Pao- 
nace) ou de pavot, ou de queue de paon. » (Borel.) 

Pande (Br., Bu.), s. f. — Panne. Syn. et d. 
de Panne, Panne, Ponne. 

Panetot (Z. 137, Ag., Mj., By.), s. m. — 
Paletot. Cf. CaneQon. 

Pannard (Lg.), s. m. — Outil des tailleurs 
de granit, assez semblable au marteau des 
tailleurs de tuffeau, c.-a-d. ayant deux 
pannes tranchantes parallels au manche. II 
a 6te* remplace* par la boucharde ou picote, 
mais on s'en sert encore. — De*r. de Panner. 

Panne, panne ; an tres nasal (Mj., By.), 
s. f. — Grand vase ou cuvier de terre cuite, 
contenant au moins 200 litres, et parfois 
5 a 600, dans lequel on entasse et on lessive 
le linge. || Fig. — Faire la panne, — boufter, 
ballonner, en pari, d'une robe. En pari, des 
pers., — tourner sur soi-mSme, puis s'ac- 
croupir brusquement, de facon que Fair 
fasse pour un moment boulter la robe en 
forme de demi-sphere. C'est un jeu de petites 
filles. — Syn. de Pande, Paune, Ponne. Angl. 
Pan. || By. Grand cuvier en bois servant 
a faire la lessive (la bu6e) ; le vase en terre 
cuite servant au mSme usage est une petite 
panne. — Voir a Angers le chemin des 
Grandes- Pannes et le chemin des Petites- 
Pannes, pr6s du chemin de la Garde-Robe. 

Et. — « Mot angevin. . . Dans la Hecette de la 
Prevoste" d y Angers, imprimee a la fin de la Coutume 
(TAnjou : « Tous March ans de pannes a faire 
bu6e. » Suit une etymol. a la Menage : Patulus, 
patulanus, patulana, pana, panna, panne. Et voilal 
— Le german. a Pfanne. — Hist. « Tous les usten- 
siles prop res aux usages du menage se vendent : 



chaudrons, ponies, fourneaux, landiers, pannes, etc. » 
(Anj. hisL, 3° an., 529, 2.) || La langue suedoise a 
Panne, — chaudiere, et Angpanne, — chaudiere 
a vapeur, bouilleur. 

Pannean, s. m. — Le panneau d'une clef, 
pour : le panneton. Lat. Pannus. Le sens est 
passe" d'une piece d'6toffe a une dtendue quel- 
conque. 

Pannte, pan-nee (Mj., By.), s. f. — Le 
contenu d'une panne. 

Panner (Lg.), v. a. — Strier au moyen du 
pannard la surface d'une pierre de granit. 

Pannelon (3y.). — V. Banneton. 

Pannon (Mj.), s. m. — Petite panne. N. 
Pron. pan-non, an nasal. 

Pansacre, s. f. — Plante. || (Enanthe cro- 
cata (M£n.). 

Et. — h C'est le mSme que pancrais, de la 
f ami lie des narcissles. Pancratium, du grec pan', 
tout, et kratoc, force, par alius, a de pnHendues 
propri6t&» medicates universelles. » Bat., Penfeu f 
Pensacre. 

Pangee (Tim.), s. f. — Pansage. Ex. : Faut 
que je m'en aille faire la pansbe. 

Et. — Les exemples du xiv* s. montrent que 
panser est le mSme que penser ; car ils disent : 
penser de, pour : soigner. La liaison des id^es est 
que, pour panser qqn ou qqch., il faut d'abord y 
penser. — Le mot panse, ventre, vient du L. 

f>antex, panticis,m£me sens. — Et penser vient du 
at. pensare, proprement : peser, puis, examiner, 
apprecier, fr4q. de pendere, suspendre au bout de 
son bras, soupeser, peser. 

Pansion (Z. 70. Mj., By.), s. f. — Fourrage 
Ex. : Faut aller a la pansion. Syn. de Nour- 
rain. Pour Pension. V. Pansie. \\ Le nourrit 
des bestiaux, — choux, navets, betteraves. 
Ex. : Ou est done vout' fils? — II est en pen- 
sion. — Ah ! vous avez done des b§tes? || 
Roder de la pansion. 

Hist. — Le Plessis-Mace. Terrible accident... 
M. P. . ., fermier, revenait chercher de la pansion 
et 6tait mont£ sur sa charrette... (A. de P. t 
16 dec. 1906, 3, 3.) 

Pant (Mj.), s. m. — S'emploie dans la loc, 
aujourd'hui vieillie : Eter' au pant de qqn, — 
etre dans ses inte>6ts, de connivence avec lui. 
Ex. : II a tout de mSme ieu la fllle ; le pere 
ne voulait pas illi donner, mais la mere etait 
a son pant. 

Et. — Anc. fr. pante, filet? — V. Jaub., a 
Pant. — II me semble que l'express. ci-dessus est 
empruntle au lang. des chasseurs. Cependant, il 
conviendrait de comparer le fr. Ouet-apens. 

Pantamime, — mine (Mj.) s. f. — Scgne 
ridicule, pantalonnade. Corr. du fr. Panto- 
mime. 

Et. — De deux mots grecs : Qui joue tous les 
rdles (et qui ne s'exprime que par gestes). 

Pantenne, s. f. — Avoir les membres en pan- 
tenne, malades. — Proprement : en desordre. 
Des voiles pend antes, d6chir6es, mal senses 
sont en pantenne. Signe de deuil (marine). — 
P.-e\ de Pente ; ce qui pend. 

u-6 



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82 



PANTHARNE — PAQUETTER 



Pantharne (Mj.), s. f. — Pan there. Corr. 
du mot fr., p.-£. par influence de Lantarne ? 

Pantin (Mj., By.), s. m. — Virer erfpan- 
tins. 

N. — C£tait, jadis„ une manure trds usit£e de 
vircr au guindas, qui consistait en ce que chaque 
marinier ne quittait jamais le bras de levier sur 
lequel il avait commence d'agir et ne le lachait 
point pendant toute la manoeuvre, tantdt s'y 
suspendant de tout son poids pour I'abaisser, 
tan tot le relevant a Tepaule de tout l'efTort de ses 
reins, le suivant dans toute sa revolution autour de 
1'axe horizontal et, par consequent, passant avec 
lui tour a tour au-dessous et au-dessus du treuil. 
Cette manoeuvre, pour 6tre tres originate, ne lais- 
sait pas d'etre fort dangereuse. Elle a disparu avec 
le guindas lui-mdme, que le treuil melallique a 
engrenages et a frein a partout remplace. (R. O.) 

|| Mj. — On appelait ainsi les mariniers 
qui autrefois viraient au guindas. On virait 
a 4, et parfois a 8 pantins. — V. ci-dessus, et 
Virer. 

, Et. — P.-6. de ce que cette manoeuvre fait 
ressembler les gens a des pantins, a des marion- 
nettes? — Qui. 

Pantoue, s. f. — Le support sur lequel on 
suspend le cochon quand on veut l'habiller 
ou le d6p6cer. (Segr.) M6n. — N. Je soup- 
conne Pendoir, pron. pendoue\ avec le d. 
change en forte. By. 

Pantoufle (Mj., By.), s. f. — Avoir la goule 
en pantoufle, — avoir le visage enfle\ tum^Ae", 
blesse, enveloppe\ || Je me rappelle que, dans 
mon enfance, a Saumur, jamais nous ne 
manquions de dire, apres une Enumeration : 
et ccetera, pantoufle. 

Pantre (Segr.), s. m. — Mauvais drdle 
(M£x.). 

Panuche (la) (Mj.), s. f. — Sobriquet de L. 

PAouerea. V. Pacre. — Grosses mains de 
podagre, pouacre. — Podagre se dit des 
pieds ; Chiragre, des mains. Syn. Poques. 

Hist. : 

« Poacre, damagos e lafc 

« Dunt tuz a ja les pez (pieds) desfaiz. » 
(xir* s.) Litt. 

Paoar, s. f. — Peur. V. Pou. 

Et. — Lat. Pavorem ; v. f. paor, peor, pour, 
toujours dissyllab. — xr 5 s., pour ; xir 3 s., paor ; 
xnr 3 s., peor ; xiv« s., paour. 

Hist. — (Brun, v. 1791. — L. C.) : 

« Pour desfandre son core sans avoir nul paour. » 

Papa (Lg.), s. m. — Papa. Cf. Poupa, Pepd. 

Pape (Mj., By.), s. m. — Boulot. Enfant 
gras et joufllu. Ex. : Queun grous pape ! II a 
des joues com me les f esses d'ein pauvre 
homme. Syn. de Daubier, Lochon y Maloquais. 
I| Le Pape (Mj.). Surnom de T. qui fut dans 
sa jeunesse un gros garcon blond et joufflu. 

Papier (Mj., By.), s. m. — Papier marque. 
1 1 Etre dans les papiers de qqn, — dtre iort 
avant dans ses bonnes graces. Syn. de Etre 
dans la raanche. || Figure de papier m&ch6 — 
bleme. 



Papieor (Ti., Z. 203), s. m. — Papier. Cf. 
Preu. r muet. 

Paploter (Sar.), v. n. — Remuer les Ievres 
rapidement et en faisant entendre un petit 
bruit ou la langue a un rdle ; quand on goute 
qqch., du beurre, par ex. Cf. Papoter. 

Papol (Ag., By.), s. m. — Gros men ton, 
avec une sorte de fanon de peau et de chair. 
V. Languier, Landier, Gogue. — « Queun 

fiapot qu'i n'a ! || La figure, et specialement 
a bouche ; Ievres et machoire infe>ieure de 
certains animaux ; grosse joue. 

Et. — Je lis dans Littb6, au mot Soupape 
de so = sous, -f- papo, partie charnue sous le men 
ton. 

|| Papot de gorin (Bg.). Groin de pore. 
Et. — Vx fr. Paper, manger. Papare. — Papin, 
papou, bouillie, dans L. C. — Papare, puerorum 
est, sicut manducare virorum : Vir plus (Hos- 
tradus), incredibili lactitia repletus, partem cibi 
quo vescebatur obtulit puero, mira simplicitate 
congeminans : Pappa, pappa (quod est, comede), 
pulcherrime infans. — voir Perse, Sat., 3, 16-18 : 
« . . . At cur non potius, teneroque palumbo 
« Et similis regum pueris, pap pare minutum 
« Poscis, et iratus mammae lallare recusas? » 
(L'auteur parle a un Sieve qui se lamente : Eh • 
que ne demandez-vous que, comme au tendre tour- 
tereau ou a l'enfant gat£ des rois, on vous m&ehe 
les morceaux. . .) 

— « Tex (tel) fait devant le papelart 

« Ki par deridre pape lart. 
« Tex ne mangue, ne ne pape 
« Quand poures est, char ne sein (graisse? 
a Ki puis en fait moult grand train. • 

(D. C.) 
C'est l'avis du D r A. Bos, de Scheler, de 
Mont., Dottin : Papokier, — tier : Nom que 
Ton donnait a Laval a une figure grotesque de 
l'orgue d'Avesnieres : « la goule li va comme au 
papokier d'Avesnieres », Le vent sortant des 
tuyaux faisait mouvoir la bouche, qui s'ouvrait et 
se fermait tour a tour. » — « Que vout ftlle a de 
bons papos, c'est un plaisir de la biser. • (Id.) — 
« L'anc. v. Paper indiquait Taction de saisir avec 
les Ievres, d'ou Papelard. 

Papotage (Sp., Mj.), s. m. — Jabotage, 
jacasserie, commerage. V. Papol, Papoter. 
Syn. de Penassage, Bobotage, Pktassage. 

Papoter (Lg., Mj., Sp., By.), v. n. — Jacas- 
ser, jaser. Syn. de Boboter, Penasser, Lanti- 
poner, Cancaner, Commerer, surtout a voix 
basse. C'est faire aller son Papot, comme 
quand on mange de la Pape ou bouillie. 

Paqne, s. m. — Un enfant n6 a PSques est 
un Paqu6. (Men.) 

PHoel (Mj., By.), s. m. — Fig. Individu 
de tournure lourde et grosstere, ou maJ 
fagote\ || Faire le paquet, — rassembler les 
cartes de m£me coulcur, deloyalement. Syn, 
de Patiner, Apatiner. || Foutre son paquet & 
qqn, — lui dire nettement ses ve>ites, ou h 
cong6dier. || Risquer le paquet, — courir la 
chance. 

Paqneton (Mj.), s. m. — Petit paquet. 

Paqnetter (Mj.), v. a. — Paqueter. l| Fig, 



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PAR — PARCHE 



83 



— Paquetter qqn, 
dier. 



le renvoyer, le congS- 



Par (Mj., By.), pr6p. — Sp. — Par ses 
plaisirs, — pour son plaisir. || Du cdt6 de, — 
Ex. : II est par en mar ; je vas par le bourg. 
Venez done par chez nous. II venait de par 
Champtoce. || Vers, aux environs de. — Ex. : 
II demeure par Chalonnes. || Tout par. Loc. 
prepos. qui s'emploie avec les pron. pers : 
soi,lui, elle, eux, etc., et marque que les per- 
sonnes qu'il represente sont seules, isolees. 
Ex. : Je les ai trouvees tout par ieules dans 
leux beriandier. || Mj. — Pour. Ex. : C'est 
par avoir trop danse gu'il a tomb6 malade. 
C'est par ne point savoir s'y prendre qu'il n'y 
arrive point. || Parmi, au travers, au milieu 
de. Ex. : II a jete ses hardes par la place. || 
Par expres, — expres. Syn. de : A l'expres. 
Ex. : Alle est sotte par expres. || Par com- 
ment, — comment, ae quelle maniere. Ex. : 
Je sais pas par comment que ca s'est fait. || 
Par devant, — en avant de. Ex. : Alle etait 
assise par devant moi. || Par endrets, — k 
certains endroits, ca et la. || Par places, — 
meme sens. || Par ainsi, — Ainsi done, c'est 
pourquoi. 

Hist. — « Entendans que e'estoit par avoir 
perdu sa coingnSe. » (Rab., P., rv, Prol. 353.) 

N. — Dans l'anc. langue, par a une signification 
superlative : parmanable, pardurable, parfin, par 
grand ; comme en lat. permagnus. De cet usage, 
il ne reste, dans la lang. moderne t que : par trop. 
Non separable en lat. ; il l'etait en fr. : « Tant par 
hit bels. » (Rol., 285.) — Dans : de par le roi, a 
par »oi, — par est mis pour : part. De la part du 
roi. 

Parabole (Mj.), s. f. — Allusion vague, 
discours incomprehensible. C'est le mot fr. 
detourn6 de son sens. 

Paradis (Mj., By.), s. m. — Ciel, firma- 
ment. V. Mouiller. Syn. de Temps. \\ Sorte 
d'exposition ou de reposoir que Ton fait dans 
les eglises le jour du Jeudi Saint. C'est l'oc- 
casion d'une premiere sortie printaniere et 
les mamans ne manquent pas ae faire la toi- 
lette des b6b6s pour les mener au Paradis. || 
Clef de Paradis. Vcm. 

Et. — Mot persan. Enclos, jardin (delicieux). 
A pour doublet : parvis. — Hist. « Les petits 
enfants n'etaient pas sans avoir, eux aussi, leur 
fote de pieie. Le Jeudi Saint, leurs meres ne man- 
quaient jamais de les amener, dans leurs plus 
beaux atours, devant le Saint-Sacrement, qu'elles 
appelaient : le Paradis. » (Deniau, Hist, de la V., 
1,35.) 

Parage (Sp.), adj. q. — Sojgne\ en pari, 
d'un travail. V. Pari. — Lat. parare, paratus? 
Chz. — Nom de famille. 

Parageau geot-jot jeau (Pc, Be, Lpz.), 
s. m. — Ouvrier qui travaille de concert avec 
un autre aux cameres de granit ou d'ardoise. 
II Par ext., — Confrere, collegue, copain. 



Par remplace Per a la syllabe initiale d'un 
grand nombre de mots : Parpituel, etc. Ce ci dit une 
fois pour toutes. 



Cf. Apparager. — N. Mot inconnu dans tout 
le N. d Angers, depuis Po., Cnd., jusqu'a Le\ 
Als. || Mj. Parageau, nom de famille. 

Et. — Parage. B. L. paraticum, de : par, egal ; 
c'est, proprement, l'egalite de naissance, de rang. 
— De'parager, anc. terme de Coutume : Marier une 
fille a une personne de condition ine*gale. (Lnr.) — 
« Ce droit de parage se perd de trois manieres : 
... 3° quand le parageau, sans sommer le 
parageur, etc. 

Parages (By.), s. m. pi. — Employe" comme 
nom propre pour designer certains quartiers 
de prairies, il se dit presque exclusivement 
Pareges. Syn. de CatiUier. 

Paraltre (Mj., Lg., By.), v. n. — V. r. II 
se parait, — il paralt. Ex. : II se parait qu'il 
a gangn6 ben de Targent. — C'est pas si loin 
que ca se parait. 

Paralesie (Mj., By.), s. f. — Paralysie. || 
Tomber en paralesie, — avoir une attaque de 
paralysie — Pat. norm , id. \\ By. Le malade 
lui-meme. Ex. : II est paralesie, — paraly- 
tique. Cf. Asme, Tuberculose. 

Hi3t. « Mais paralttique du corps et imbecille de 
l'esprit. » (1670. — Inv. Arch., S. s. E, 314, 1, b.). 

Paraphe (Mj., By.), s. m. — Faire des 
paraphes, — tituber, zigzaguer. Syn. de 
Chantbranler, Faire des portes & chambranle, 
Tendre des ipinoches, Gabarrer. 

Et. — Parafe, paraphe. Abr6v. de Paragraphe, 
ecriture a cdte. — Dans les notes sur le livre IV de 
Rabelais : « Vous dites parafe, corrompant la 
diction : laquelle signifie un signe, ou note pos6e 
pres de Te^criture. » (Menaok.) 

Par-apres (By.), loc. prep. — Apres, Etre 
apres une chose, c'est Stre occupy a la faire. 
On dit : Je suis par apres dtner. V. Apris. — 
Illogisme. || Sp. — En chantier de. 

Parapaie (Mj., By.), s. m. — Parapluie. V. 
Tiennet. N. On disait autrefois Parapik*. Cf. 
PiU. 

Parasolell (Mj.), s. m. — Parasol, ombrelle. 

Pare (Lg.), s. m. — Navau bourge ou 
bryone. Syn. de Grousnaveau, Naveau-puant, 
Naveau du diable. || Bat. Bryonia dioica : 
Bryone, Brioine, Couleuvree, Vigne blanche, 
etc. 

Pareale, Pareepteur, Pareeptlon (Mj., By.). 
Pour : Percale, etc. — La maison du percep- 
teur. Ex. : Faut que j'aille a la parception. On 
dit de m§me, en fr. : a la Recette des finances. 

Paree (Lrm.), s. f. — Un moineau. On dit 
aussi Paisse. Mauvaise graphie de Parse. 

Parehaude (Mj., By., Sal.), s. f. — Perche, 
poisson acanthopterygien. Pour Perchaude. 

Et. — On a propose le grec perke\ de perkoc, 
noiratre. 

Pare he l (Mj., By.), s. f. — Poisson. 
Hist — Manuscr., 6812, f° 50 (L. C.) : 

« Sa nature le fait douter 

« Qu'il ne s'estrangle au tranglouter 

« A la parche qui a l'areste 

« Dure, li luz tout coi s'areste 

« Et de sa voie se detourne 

« Quand voit que sa queue li tome. > < 



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84 



PARCH E — PARE 



Parehe * (Sp.), s. f. — Morccau de bois. 
Age de charrue. || Fig. — Personne seche et 
maigre. — By. 

Parehe 3 (Mj., By.), s. m. — S'emploie dans 
le nom : Pois sans parche, pois sans parche- 
min, pellicule. — L'angl. a le v. to Parch, 
dessecher. V. Parchu. || Mj. — II fait du 
soleil a pleine parche, — le soleil brille avec 
6clat. 

Parehee (Mj.), s. f. — Quantity de foin 
qu'on peut porter sur deux perches, ou pots. 

Parcher l (Mj.), s. m. — Piece de bois, 
poutre, qui, dans les trains de bateaux, rat- 
tachait un bateau au suivant. — Pour : 
perche, de perche. 

Parcher * (Mj., By.), v. a. — Serrer dur, 
sangler au moyen d'une lie, d'un levier, de la 
tavelle, le chargement d'une charrette. Ex. : 
Va falloir parcher cete* charrette de foin -la. — 
£a commence a parcher ; la lie couperait ben. 
|| Fig. — Chauffer, en pari, d'une discussion, 
d'une dispute. Ex. : lis se sont dagot^s ben 
dur ; ca parchait\ — On dit de meme : Qa illy 
pesait'. 

Et. — De parche, parce que, probablement, on se 
servait, autrefois, de leviers en bois, de perches. 

Parehoire (Sg.), s. f. — Levier de fer ou de 
bois dont on se sert pour manoeuvrer le 
treuil d'une charrette. Syn. de Tavelle. De>. 
de Parcher. 

Parchu (Mj.), adj. q. — Se dit des pois dont 
la gousse est dure et comme doubled de par- 
chemin. V. Parche 3 . 

Par-coeul, s. m. — Toute saine. Vulg. 
Androsaemum officinale. — Herbe des grands 
bois ; les fruits nouveaux sont comme san- 
guinolents quand on les presse. (M6n.) — 
Pour : Par coeur. — D'ou vient ce nom? Bat. 
Parcceur, Parcueul, etc. 

Parcommencer (Mj., By.), v. n. — Com- 
mencer par. Ex. : Faut parcommencer a 
arracher l'harbe. 

Par-comment (Mj., Lg., By.). — V. Par. — 
Adv. Ex. : Je voudrais ben savoir par com- 
ment que je lui ai nuisu ! — Vous dites que je 
vous en enveux ? Par comment ? 

Parconnier. — V. Parsonnier. Co-parta- 
geant. 

Pardtgoine (Sal.). — Pardieu ! Pardienne ! 

Par derre (Sa., By.), adv., pre>. — Par 
derri&re. Ex. : II venait par derre moi. II 6tait 
par derre. Se dit parfois a Mj. — Mot vieilli. 
Cf. Arre, Derre. 

Par-dcrriere (Mj., By.), s. m. — Arrie>e\ 
deficit. Ex. : II a du par-derriire dans ses 
affaires. || Au plur. — D6faites, mauvais pr6- 
textes qu'on altegue pour ne pas ex^cuter ses 
engagements. Ex. : II va charcher des par- 
derricres. Syn. de Rembrechements. || Detours, 
circonlocutions, ambages. || Dessous, sous- 
entendus, roueries, manigances, pratiques 



souterraines. Ex. : Y a du par-derriire qu'on 
ne connatt point ; — ca n'est pas clair. Syn. 
Gabegie. Cf. Des portes de derrtere. || Der- 
rieres, arridre-cours. 

Par d ess our (Mj., By.), adv. et pr£p. — 
Par dessous. C. Sour* Dcssour. Ex. : Vieille 
chanson : 

« G'est ein p'tit bonhomme 

« Pas pus grous qu'ein rat, 

« Qui battait sa femme 

« Par des sour son bras : 

« Allez, ma coquine, 

« Ca vous apprendra 

« D'aller boir' chopine 

« Avec les soldats ! » 

Pardle, par-guie* (Mj., By.), interj. — 
Parbleu, par Dieu. Juron att<mue\ Cf. Pardi, 
pardienne ; Parguienne, Pargouenne. 

Pardienne, franc., — par-guienne. — 
Qqf. Pardine. Cf. Pardie, Pardkgoine. 

Pardition (Mj., By.), s. f. — Perdition. En 
pardition, tres gravement atteint. Ex. : II a 
eine main en pardition. — Un enfant, qui 
vient de manger une bonne 6cuell£e de soupe, 
reclame impatiemment le plat suivant : 
« Sapristi, lui dit sa mere, tu n'es pas en 
pardition, tu peux ben attendre ! » 

Pardon (Z. 146. Ti., By.), s. m. — C'est 
l'angelus. Surtout celui du matin. Partir aux 
champs avant le pardon. 

N. — « Angelus annonce par trois sons de 
cloches, le matin, le midi et le soir ; des indul- 
gences, ou pardons, sont accordes par le Pape a 
ceux qui recitent alors trois fois la Salutation ang* 1 - 
lique, d'ou le nom releve* ici. « Pour ce que inconti- 
nent le pardon commenca a sonner environ deux 
heures apr£s midv, icellui Menart qui estoit k che- 
val descendi et s'agenoilla avec les a u tres en en ten - 
tion de gaigner le pardon. » (7. J., 188, p. 20, an- 
1458. — L. C.) 

Pardre (Mj., Lg.), v. a. — Jouer a qui pard 
n'en goute, — jouer avec cette condition 
draconienne — et tantalesque — que le per- 
dant ne goutera pas aux consommations qu'il 
payera. || Pardre la boule, la carte, la ter- 
montade, — perdre la raison. || Pardre son 
filet, — laisser couler un filet de salive. ;i 
Sp. — Pardre d'egarance. Vcm. 

Hist. — « Et ensi se puet pardre la terre. » 

VlLLEHARD, §257. 

Pardrix, s. f. (Li., Br„ Lu6, Mj., By.). — 
Perdrix. Cf. l'angl. Partridge, mot qui 
prouve que de tres bonne heure la prononcia- 
tion angevine avait transforme en Par la 
syllabe Per du lat. Perdrix. 

Pardu (Mj., By.), part. pas. de Pardre. — 
Employ^ surtout comme marquant le super- 
la tif. Pardu soul, — tres ivre. Pardu poitri- 
naire, — phtisique au dernier degre\ V. 
Perdu. 

Par6 1 (Tim.), s. m. — Longueur de fil de 
chatne qui est tendue sur le metier de tisse- 
rand, depuis le taill6 de fus£e jusqu'aux 
lames. 



-v 



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PARE — PARLfi 



85 



Par* * (Mj.), adv. — Doucement, avec 
precaution. Ex. : II s'en venait ben pare ; — 
tu vas le prendre ben park. A l'a prise ben 
park dans sa main. — Syn. de A-gre. 

Et. — C'est le part, passe : pare, pris adverbiale- 
ment. * 

Paree (Sp.), s. f. — Sorte d'abri, de tue- 
vent ou de porte 16gere, forme d'une grande 
claie dans les bardeaux de laquelle sont entre- 
lac6s des genets ou de la brande. Syn. de 
Yon. \\ Sa., By. — Bande de pre* dont le fau- 
cheur abat l'herbe a chacun de ses passages. 
— Du fr. Parer, pris au sens de : Ranger de 
cote. Cf. Eparke. C'est aussi la bande de bl6 
que Ton a moissonne\ || Lg. — Bande de ter- 
rain que Ton beche au bord interne d'une 
cheintre trop large, pour agrandir un champ. 
N. Une parte se beche en chevau, c.-a-d. en 
ados, pour faire pourrir l'herbe. On y seme 
ordinairement des cholons. || Espace longitu- 
dinal que Ton a d^barrasse* de ce qui l'en- 
combrait. 

Paregeot (Tc). — V. Parageau. 

Pareges (By.), s. m. — Parages. Les hauts 
ou bas pareges. 

Et. — De l'esp. paraje, port ; proprement : lieu 
de station, de : parar, arreter. 

Paregiot (Tr., Z. 141). — V. Parageau. 

Parell (Mj., By.), adj. q. — C'est ben du 
pareil au meme, — dit-on par plaisanterie, 
pour signifier, par ex., qu'une piece de drap 
est de la meme qualite* qu'une premiere 
montr^e pr6c6demment. — Ou : du meme au 
pareil. || Y a ren de pareil ! — mais comment 
done ! — Ne s'emploie qu'au sens ironique, 
pour exprimer le refus ou rincr6dulite\ || 
Pareil comme, — pareil a. || Pareil de, — 
pareil a. Ex. : Son chevau est pareil du sieun a 
Chiron. — On voit qu'il se construit avec que 
ou comme. Ex. : II est pareil que l'autre, — 
ou : pareil comme l'autre. || S'emploie adver- 
bialement dans le sens de : pareillement, de 
m§me. Ex. : II s'est ensauv6, et moi tout 
pareil. — II est mort tout pareil que son 
frere. 

Parclle, s. f. — V. Patience d?eau et 
Parene. Rumex patientia. — L. para- 
tella, dans D. C. 

Parementer (Mj.), v. a. — Aplanir la face 
destined a former parement, — d'une pierre. 

Parentage (Mj., Lg.), s. m. — Parentele ; 
l'ensemble des parents. Tout le parentage 
etait a la noce. 

Parer (Mj., By.), v. a. — Ranger de cdte\ || 
V. r£f. se Parer, — se ranger. Ex. : Pare-ti 
done, vela eine voiture. — Pare done ta 
berouette, que je passe. || Li., Br. — Etendre, 
pour E parer. « Je vas parer mon linge. » || 
Donner la forme exte>ieure a un sabot. 

Et. — Le sens de Eviter, delourner, derive du 
sens de : arranger, disposer. 

Pareur (Lg.), s. m. — Ouvrier qui dirige 
les pareuses, c.-a-d. les machines qui, dans 



un tissage, enduisent de chas la chaine des 
pieces de toile. (Test un travail tres p^nible, 
surtout a cause de la temperature excessive 
que n^cessite le se^chage rapide du chas. 

Parfait, e (Mj., By.), adj. q. — Adv., 
marq. le superl. Ex. : C'est parfait beau, 
parfait bon ; — ces preunes-la, a sont par- 
faites bonnes dans les patens. 

Parfeetion (Mj., By.), s. f. — Perfection: || 
Dans la parfection, — a la perfection. 

Parflnir (Mj., By.). — Finir par. Ex. : 
Tu vas parfinir k casser ton verre. N. Ce mot 
est le pendant de Parcommencer. || V. a. Para- 
chever. 

Hist. — « La rose, 6 la parftn, devient un gra- 
tecu. » (Ronsard, i, 191, Blanchemain. — Cite par 
Hatzfeld, a Gratte-cul.) 

* Pargoaenne (Lg.), interj. — Parbleu ! 
Syn. et d. de Pardienne ; Parguienne, Pardit, 
Pardi, Pardegoine. , 

Pargue, pargule (Z. 110, Sar., By.). — 
Pardieu ! V. Pardie. 

Pariataire (Mj., By.), s. f. et m. — Parie*- 
taire. 

Parielie (Lg.), s. f. — Nenuphar. Syn. de 
Volet. N. Le fruit, comme a Mj., est appele" 
Baratte. Rien de la parelle, qui, au Lg., 
s'appelle Rouambre. 

Pariataire, s. m. — Faut boire sus le parte- . 
taire. — Plante de muraille. Cf. Paroi. 

Pariod. adv. — Par ou ; on dit aussi : par 
6iou. || Fu., By., s. m. Un pariou est un 
endroit 6troit par ou Ton peut passer pour sor- 
tir d'un champ. — N. De mSme a Mj. V. Par- 
you. 

Pariure, s. f. — Gageure. 

Parlance (Sp., Mj., By.), s. f. — Propos, 
question. Ex. : Y a longtemps qu'il est 
parlance de ce mariage-la. — II n'6tait par- 
lance que de lui, comme-t-il 6tait m^chant. 

N. — Ne s'emploie que dans cette loc. II est 
parlance de ou que ; il en etait parlance. 

Parlant (Lg., By.), adj. verb. — Causeur, 
affable. || Locut. — Parlant par respect, sauf 
votre respect, au respect que je vous dois, 
dit-on, apr6s avoir prononce certains mots 
bas, comme pore, cochon, etc. V. Au. 

Parlas (Mj.), s. m. — Prelart. || By. Prel&. 

Parle (Mj., By.), s. f. — Perle. 

Parte, adj. q. — On dit, a tort : Etre bien 
en parlf, pour : bavard, facilement causeur. 
II faudrait dire EmparU, en un seul mot. 
Emparliers, pour Avocats, se trouve souvent 
dans nos vx auteurs. By. || Mj. Au respect 
parle, — parlant avec respect. V. Parlant, Au. 
Hist. — « Si empartt, et si sage estoit en paroles, 
qu'il sembloit que ce fust un grant clerc et ung 
grand maistre. » {Chron. de S. Denis, i. f° 126 a. 
— « Donnez pour Dieu, soiez po enparUc 
i Avo mari ferme et obeissant, 
« Sobre, en tous cas, prude femme trouvee. » 
(Desch., 305 d.) — Cf. Embouche* 



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86 



PARLER — PARQUET 



Parler (Mj., By.), locut. — Parler de la 
grousse dent, — " prendre un ton severe. || 
fa parle tout seul, — c'est Evident. || Tu 
paries I — marque l'6tonnement, Tadmira- 
tion. — Tu ne paries pas de ren ! a peu pr6s 
m£me sens. — N. Dans ces deux express., on 
supprime gne>alement IV : Tu pales ! 

Parloqne (Sar.), s. f. — Parlote. « C'est 
eine belle parloque. » Se dit d'un grand cau- 
seur. 

Parloyer (se) (By., Po. t Segr.). — Faire le 
beau parleur, affecter de ne pas parler patois. 
Syn. de s' Espliquer. S'6couter causer. 

Parmanenee, s. f. (Mj., By.), — Perma- 
nence. Ne s'emploie que dans la loc. : En 
parmanenee, — sens dessus dessous. Ex. : 
Tout 6tait en parmanenee, — tout 6tait boule- 
verse". || Mettre en parmanenee, — Syn. de 
Metlre & quatre. V. Parminance. 

Parmenanee (Mj., By.), s. f. — Dans la loc. 
Tout mettre en parminance, en d&sarroi. 
V. Parmanenee. 

N. — Malgrl sa ressemblance exterieure avec le 
fr. Permanence, on voit que ce mot ne saurait 
e"tre le m£me et tout indique qu'il doit se rattacher 
au mot que je cite plus bas et au v. fr. Promener. 

Hist. — « Car la vaco se permene. » (Car la 
vachese promene. — Mireille, 158, 1.) 

Par mettre (Mj., By.), v. a. — Permettre. || 
Sp., fig. — Indiquer, marquer, annoncer, 
d^noter. Ex. : Vous etes jeune, voutre figure 
le par met. Syn. de Mentionner, Vouloir. Part, 
pas. Parmis. 

Par ml, pr6p. (Mj., By.). — Etre ben 
parmi le monde, — etre tres r6pandu dans la 
soci6t6 environnante, aimer a sortir, a voir 
les gens, a les recevoir, §tre populaire. || 
On sous-en t. sou vent le compl., alors c'est un 
adv. — On se rappelle La Fontaine^ au 
patois : y en a de bons parmi : 
« Mais je voudrais parmi 
« Quelque doux et discret ami. » 

Parmis (Mj.; By.). — Part, pas de Par- 
mettre. || S. masc. : II a pris ein parmis. 

Par mission (Mj., By.), s. f. — Permission. || 
Parmission de meruit, — solide gourdin. 

Parnaige, s. m. — Droit de paisson dans la 
Cout. a" Anjou, art. 497. V. Panage, panaige. 

Hist. — a . . . Et ung autre (serviteur) qui aura 
la garde et soin des chevaux qui seront mys es 
parnaiges en lad. isle. » (Anj. hist., 2 e an., p. 585.) 

Parnampllles (Chi.), s. f. — Vehement. V. 
Pernampilles. 

Paroir (Tim., Lg.), s. m. — Pron. paroue\ 
Brosse en bruyere ou en crin qui sert a entendre 
le chds sur une parte. Langue des tisserands. 

Paroire (Lg.), s. f. — Outil de sabotier qui 
sert a donner la forme exte>ieure aux sabots. 
C'est une longue lame, analogue a celle d'un 
sabre, portant a un bout un crochet engag6 
dans une boucle de PeHabli et, a l'autre extr6- 
mite\ une b£quille que manie l'ouvrier. || 



(Long., Sgn.) Morceau de bois, sorte de 
radoire que l'ouvrier briquetier passe sur les 
bords de son moule a brique pour enlever 
l'exces de terre glaise. 

Paroisse (By., Ag.), s. f. — Dans la loc. : Y 
en a de toutea les paroisses. Se dit d'une reu- 
nion de choses disparates. Aux jeux de cartes, 
lorsque le joueur a des quatre couleurs ; ser- 
vice de table, assiettes ou couteaux, etc., 
d6pareill6s. 

Paroissien (By.), s. m. — Individu. Se 
prend surtout en mauv. part. « En v'la ein 
paroissien ! » Syn. de Indien, Chrhien, Qui- 
dam. etc. 

Paronne, s. f. — Collet fait du par6 ou jonc 
des marais, destine a servir de collier aux 
chevaux. (M£n.) — Sparganium, ou Iris 
pseudoacorus. (Dott.) 

Hist. — « Colin Henry plein de fureur print une 
paronne de charue. » (J. J., 131, p. 176, an. 1387.) 
Autre sens. 

Parpaing (Mj., By.), s. m. — Cloison, galan- 
dage. C'est le mot fr. pris dans un autre sens, 
du reste assez voisin. || Lue\ — Champ en 
rectangle allonge\ 

Et. — Explique le sens fr. du mot, pierre qui tra- 
verse toute I'epaisseur d'un mur, par le pan du 
mur. Toutefois V. Parp*. 

Hist. — « Abatre et raser le donjon du chasteau 
du coste" de la ville. . ., par pains de doublaiges et 
toutes autre maczonneries qui se trouvent esdites 
tours. » (1592. Inv. Arch., p. 17, c. 1.) — « Pour 
faire deux bas-reliefs dans les parpeins du grand 
autel de cette eplise. (lf>7'«. Id., G, 105, 1.) — 
« Avec cinq prisonniers, il decide qu'a la nuit 
venue ils defonceront le parpaing qui sSpare la 
petite chambre d'un appartement oti... » (Db- 
niau, Hist, de la V., iv, 31.) 

Parpe (Lg.), s. f. — Partie plus tendre, 
com me pourrie et tournant au chape dans un 
bloc de granit. 

Et — P. e. abrSviat. de Parpaing, mot qui, 
d'apres Hatzf. pourrait venir du lat popul. Per- 
paginem, de Per -|- Pangere = enf oncer. Le Parpe 
est de la pierre ou l'eau a pen6tre\ 

Parpete (a) (Mj., By.), loc. adv. — A per- 
pe* tuite\ pour toujours. Ex. : II a 6te condamne* 
a parpkte. Le bret. a l'adv. Perpet, toujours. 

Hist — « Ils auront paine en terre ;t grant 
temps on parpttuels, se Dieu n'v met sa grace. • 
(Modus, f. 315.) 

Parplllon (Lg., Sp., Tim.), s. m. — Papillon. 
— Prov. Parpaioun. (Mireille.) || Lg. Com- 
pare loriot. Syn. de Hardillon, Bourguignon, 
Grain d'orge, Derzillon. 

Hist. — « Baisloit souvent aux mouches et 
couroit voulentiers apres les parpaillons. » (Rab., 
G.,i, 11.) 

Parque en-parque (de) (Mj., By.), loc. 
adv. — Pour : de part en part. — Part ne 
dit rien a nos braves paysans. 

Hist. — « De gladio lom?o et acuto. . . ventrem 
de parte in partem pcrforavit. » 1370. D. C. 

Parquet (Mj., Sa.), s. m. — Parquet ou 



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PARRAIN — PAR-SUS 



87 



plancher d^montable, souvent recouvert 
d'une tente, que certains industriels ins- 
tallent sur les places a Poccasion des foires ou 
des assemblies pour y tenir des danses pu- 
bliques. || Lg. — Enclos en planches ou en 
claies que les marchands de moutons ins- 
talled sur les champs de foires pour y enfer- 
mer leurs betes. — Dim. du fr. Pare. 

Parrain (Mj.), s. m. — Homme, par opposit. 
a femme. V. Marraine. Ex. : Les parrains 
sont partis a la foire ; n'y a pus que les mar- 
raines de reste. N. Tres usit6 a Mj., dans cette 
acception, le mot ne s'emploie a Sp. et au Lg. 
que dans le sens francais. 

Parrainage (Sp.), s. m. — Nom collectif 
sous lequel on de*signe toutes les personnes 
qui assistent un enfant a son bapte*me. Ex. : 
Au soir, tout le parrainage e*tait soul. — V. 
Parrain. 

Par rapport que (Mj., By.), loc. conj. — 
Par la raison que. 

Hist. — o Mais cela n'avance pas autant qu'on 
le pourrait, par rapport que rimprimeur est du 
temps a faire ses planches. » {Inv. Arch., S. E, 
ra, 88, 2.) 

Pars (By.), s. m. — Rudiment. Pars Dieu. 
Ab6c6daire. Manage. — Mai 6crit. De part. 
La croix de part Dieu, — de la part de Dieu, 
de parte Dei. — Cf. De par le roi. V. Par. 

Hist. — De part Dieu le garde. » (Rol., 2847.) 

Parse (Lg.), s. f. — Moineau. Syn. de 
Paisse. || Parse a grous bee. — Bouvreuil. Syn. 
de Casse-bouton, Pinson-boutonnier, Bou- 
tounier. \\ Lg. — Parse grise, — espece de 
moineau. || Parse-jaune. — Verdier ; on Pap- 
pelle aussi Jaunereau. \\ Parse rousselote. Sorte 
de fauvette. Syn. de Rousselote. Lg. Cf. Jaub., 
a Prasse, Eparse. 

Et. — Lat. Passer, par mdtath. de Fr. 

Parseeuter, Parseverance, Parseverer, Par- 
slenne, Parsll. — Pour Pers6cuter, etc. (A Mj., 
1 final sonore.) 

Parslilee (Sp.), s. f. — Sorte de petite 
cigufi, commune dans les haies et peu ve*ni- 
neuse, puisqu'on en nourrit les lapins. — Cf. 
Persaille. Jaub. — De>. de Parsil, a cause de 
la ressemblance des ciguSs avec le persil. 

Hist. — « Puis me torchay. . . de mercuriale, de 
persigucre, d'orties. » (Rab., G., i, 13.) 

Parsll-a -Pole (Mj.), s. m. — Plante cruci- 
fere dont les feuilles ressemblent grossi&re- 
ment a celles du persil. N 

Parsllloire (Mj.), s. f. — Plate-bande de 
persil. 

Parsister (Mj., By.), v. n. — Persister. 

Parsonne (partout), s. f. — Personne. || 
N'y a parsonne de, — il est impossible de. 
V. Gens. || Pierre Parsonne, — personne. Ex. : 
J'ai trouve Pierre Parsonne et tout son 
monde. — Loc. prow tres usit6e. 

ParsooDerie, Persdnoerie (Mj., Chi., Lpm.), 
s. f. — Association de deux ou plusieurs 



fermiers pour Pexploitation en commun d'une 
meme ferme. Cette forme dissociation, trds 
fre"quente autrefois dans la contr6e, ne se ren- 
contre plus que par exception. II est rare, 
aujourd'hui, de voir des metayers en per- 
sonnerie. V. le suivant. 

Parsonnler l (Lg.), s. m. — Le bceuf qui 
est habituellement attele avec un autre. Ex. : 
Cet6 bceuf-la ne veut pas manger depuis qu'il a 
perdu son parsonnier. || (Mj., Chi., Lpm.), Le 
fermier voisin, dans une ferme double. || Fer- 
mier assocte avec un autre pour Pexploita- 
tion d'une ferme. C'est le sens propre du mot. 
Les parsonniers font toute Pexploitation en 
commun, paient le fermage solidairement et 
possddent indivis^ment le cheptel. lis par- 
tagent seulement les r£coltes. || Ce mot est 
pass6 dans la lang. angl., qui en a fait Parce- 
ner, co-propri6taire, coheritier. || Fu. — Le 
bceuf qui est rest6 seul, qui a perdu son par- 
sonnier, tombe malade et depe>it. V. Per- 
sonnier. \\ Lg. Personnier. 

Et. — Du lat. partiri, parsum, partager. 
Hist. — a Je te jure par la foi que je doi... 
dame Hersant, ma femme, et mes douze enfanz que 
j'ai de lui touz vis, que je te serai bons parson- 
niers. » {Menestrel de Reims, § 406.) L. C. — 
Parson, c'est Paf. Parson, partage, de partionem, 
action de partager ; parti tionem. 

« Ja, sept vingtz foiz la lune 

« A pris neufve lumiere 

« Sans que liesse aulcune 

« M'ait £te personniere. » 

(G.-C. Bucher, 137, 163.) 
Se rappeler les vers deVmoiLE. (Georg., IV. 113,) 
. .. Et tristis arator 
Maerentem abjungens fraterna morte juvencum. 

Parsonnier * (Tim.), s. m. — Fil de chalne 
qui forme une paire avec un autre fil voisin. 
(Lang, des tiserands.) Deux parsonniers 
passent ensemble du meme c6t6 du carteron 
et entre les deux memes lames du rot ou rout ; 
mais ils alternent sur les verges transversales 
et dans les lisses. 

N. — C'est le meme que le precedent . — Syn. 
du Paragr.au de La Poufize. 

Pargoune (Sp.), s. f. — Personne. Syn. et d. 
de Persoune, Parsonne. 

Par-sour (Mj., By.), pr6p. — Par-dessous. 
Ex. : Le tunnel passe juste par-sour la mai- 
son. || Sous la d^pendance de, dans la ferme 
de. Ex. : Ils ont 6t6 vingt ans en farme par- 
sour ieux. 

Parsnader (Mj., By.), v. a. et n. — Persua- 
der. 

Par-sns (Mj., By.), pr6p. — Par dessus. 
Ex. : 11 a d6vir6 cul par-sus tete. || Par-sus 
l'6paule gauche, formule ironique de n6gat. 
ou de refus ; on Paccompagne du geste. 

Et. — Compost avec Sus, com me le fr. Par 
dessus Pest avec dessus. — N'est jamais adv. — 
S'ecrit. qqf. en un seul mot, parsus. 
Hist. : 

a Puisque voyez que les dieux et Nature 
a M'ont parsus tous inclinee a lui plaire. » 
(G.-C. Bucher, 217, 216.) 



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PART — PAS 



r — f La voyez-vous enflee et glorieuse 

« De sa beaut6 par sus toutes eslue ! » 
(Id., 37, 100.) 
— « Retyrez-vous, satisffaictz au pars us. » 
(Id., 269, 249.) 

— t Mais je hay par sur tout un scavoir p6dan- 

tesque. » 
(J. du Bell., Les Regrets, p. 223.) 

— « Les eaulx furent si grandes en la rividre 
qu'elles passaient de touttes pars par sur la levee. » 
(1615. Inv. Arch., E, n, 302, 1.) — « Ce faict, tout a 
Taise passa la jambe droite par sus la selle. » 
(Rab., (?., i, 35, p. 70.) — « lis ont pass£ le Rhein 
par sus le ventre des Suisses et des Lansquenets. » 
(Rab., G., i, 33, 66.) 

Part (Mj., By.), s. f. — Petit cadeau que 
Ton emporte (Tune foire pour ceux qui sont 
restes a la maison. Prend le nom de Part de 
foire. || De part, — en soctete\ en commu- 
naute\ de connivence. Ex. : lis 6taient de 
part pour faire ca. || Etre a son k-part, — Gtre, 
vivre s6par6ment, a son compte. Des jeunes 
gens, nouvellement martes, qui n'habitent 

r>int chez leurs parents, par ex., sont « a leux 
part ». Syn. Pouilloux. || Queuque part, en 
queuque part, en qu'par*, — probablement, 
en qq. facon, pour ainsi dire, sans doute, aussi, 
peut-Stre, environ. « II y a dans la grange 
en queuque part 200 boisseaux de ble\ — 
Pierre n'est pas a la maison, il est en queuque 
part alle* chez Mathurin. (Jaub.) 

Hist. — « Mais avant de se retirer chaque visi- 
teur avait soin de se charger de quelque eraplette, 
dite part de foire. » (Dbniau.) 

Partageax (By.), s. m. — Partageur. 

Parte (Mj., By.), s. f. — Perte. 

Parterre (Mj., By.), s. m. — Prendre ein 
billet de parterre, — tomber, s'eHaler sur le 
sol. Syn. de s'Allonger. C'est un calembour 
venu tres 6videmment de la ville : par terre. 

Part de foire (Mj.). — V. Part. Est du masc. 
au Lg. « Tu ne m'as poit rapports mon part 
de foire ! 

Parti (Mj., By.), part. pas. — Fig. Pris de 
boisson. Ex. : II 6tait ben parti, il ne savait 
pus guere ce qu'il disait. — Se conjuguait 
jadis avec avoir et, de nos jours, nos patoi- 
sants ne s'en privent pas. 

Hist. — « Et a parti sur les cinq heures du soir 
pour Longue\ » (1731 Inv. Arch., E, m, 202, c. 1.) 

Participant, part. pr£s. — A Mj. on dit ; 
J'en s6 point participant, c.-a-d. : Je n'en suis 
pas, je ne veux pas v prendre part, y parti- 
ciper. 

Particullerc (Mj., By.), s. f. — Personne du 
sexe feminin en g6ne>al. Ex. : Je sais pas de 
qui est cet6 particuliereAk. Syn. de Typesse. \\ 
Compagne, bonne amie. Ex. : II dansait avec 
sa particulikre. || Femme, Spouse. Ex. : Sa 
particulilre n'est de\ja point si c'mode ! Syn. 
de Bourgeoise, Capitaine. \\ Au sens de Fian- 
cee. Syn. Pritendue. j| Qqf. pris en mauvaise 
part. C'est eine drole de particulUre ! 

Partie (Lg., Mj., Bv.). — En partie tout, — 
presque tout: Ex. t En partie tout la monde 



est de cet6 gout-la. — Les poires sont en 
partie toutes ve>euses. || Prendre le» parties 
de qqn. — prendre son parti. Mj. 

Partlllonner (Mj.), v. n. — Fendiller, era- 

Sueler, gercer, crevasser. — V. PartillonnL 
I. Avoir maille a partir. V. Partir, Par- 
tissure. 

Partir (Lg.), v. n. — Se fendre, se crevas- 
ser, en pari, de la peau. Ex. : Les mains me 
portent de cet£ fred la, que (au point que) 
c'est triste. V. Partissure. Lat. Partiri, par- 
tager. 

Partfesare (Mj., Lg., By.), s. f. — Large 
gercure aux mains. Syn. de Quervure, Pi- 
geonneau. V. Partir. Cf. Geale. 

Parvelat (Tim.), s. m. — S'emploie dans la 
loc. : Faire du parveint, — £tre avantageux, 
suciier. Ex. : Des grousses lisettes com me ca, 
ca fait du parveint. C'est la 3 e pers. sing, de 
l'indic. pres. de Parvenir, pris substantive- 
men t. — Ou plutdt une 2 C forme de participe 
passed 

Parvenehe (Mj., By.), s. f. — Pervenche. 
Syn. de Province. 

Parvenir (Sp., Mj.), v. n. — Fig. Profiter, 
donner un r&ultat, un produit appreciable 
ou remarquable. Ex. : Tout ce qu'on fait 
com me ca, ca ne parveint point. || Parvenir 
par, — provenir de, resulter de, §tre occa- 
sionne* par. Ex. : C'est parvenu par eine 
6*gracignure. By. || Parvenir que, — advenir 
que, en venir a ce que. Ex. : C'est parvenu 
qu'il a torn be sourd. Enfin, du petit au grand, 
c est parvenu qu'ils se sont facnes a ne pus se 
parler. Cf. Parfinir. 

Parvera (Mj., By.), adj. q. — M6chant, 
cruel. Sens exclusif. N. On dit : Palvartir, 
pour : pervertir. 

Par-yod (Mj.), s. m. — Entree, passage, 
issue, pertuis qcque. Ex. : J'ai vu l'heure que 
ie ne trouverais pas le par-you pour fourrer 
la clef dans la bosselle. 

Pas l (Lg., Sp.), s. m. •*- Ouverture dans 
une haie. Ex. : J'allons boucher les pas dans 
les ahaies. Syn. de Rotte, Crevasse. || Mj., By. 
Aller tout le pas, — aller tout douce men t. 
aller assez bien, en pari, de la sante\ des 
affaires, — et qqf. alter rondement. || Aller 
ein pas foule\ l'autre mou, — sans se presser, 
en baguenaudant, d'une altee fatigu£e ou 
paresseuse. || Lg. Espace entre les deux 
nappes de la chatne d'une piece de toile par 
ou passe la navette. Ex. : Quand la navette 
manque le pas, a v£ (elle vient) bourguer dans 
la main gauche. Langue des tisserands. 

Pas * (Mj., By., etc.), adv. — Pour : point 
S'emploie comme negat, independamment de 
l'adv. ne. Ex. : Je veux pas. || Pour pas que 

— pour que. . . ne. . . pas. Ex. : Je 1 ai dit i 
parsonne, pour pas que ca seye su. H Non pas 

— sert a nier fortement. Ex." : C'est toi qui i 
fait ca? ^- Non pas I l| Nenni pet*, id. UNoi 



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PAS D'ANE — PASSE-BONNET-ROND 



89 



pas sert & fortifier le sens n^gatif d'une compa- 
raison. Ex. : Vaudrait mieux se foute & l'eau 
que non pas se marier avec lui. || Pas guere, — 
guere ; pas moins, — pourtant, cependant ; 
pas' ben m^chant ; — sans pas t'arrSter. || 
By. — Point (dont on abuse en Anjou) n'est 
pas ordinairement synon. de Pas. Point 
mdique habitude, continuity ; pas indique 
que la chose est accidentelle. Ex. : I n'en finit 
point, c'est ein lambin d'promi&re t — I 
n'en finit pas, et ca m'6tonne, li si salp£tre, si 
vif d'habitude. — D'ailleurs, au sens e'tymol., 
point doit nier plus fortement que pas. Un 
point est moins encore qu'un pas. 

Pas d'ftne (Lg.), s. m. — Sorte de baillon 
que Ton met dans la bouche des animaux 
pour la maintenir ouverte pendant certaines 
operations. Lang, des m6geilleurs. 

Pas-de-boeuf (Ag., Cho., Segr., etc.), s. m- 
Bande de terre le long d'un foss<§ et qui soutient 
les terres de l'he>itage voisin(del6 k 11 cen- 
timetres.) Bordiere, Relit, SabottSe, Semelle, 
Seule. (M6n.) V. Chapelet. 

Hist. — « Le cochevis niche a terre ; il choisit 
un pas-de-boeuf ou de cheval et y r6unit quelques 
brins d'herbe, sur lesquels la femelle depose quatre 
ou cinq ceufs. » (Abb6 Vincelot, 275.) N. Ici, le 
sens est different ; c'est 1'empreinte, le creux fait 
par le pas du bceuf. — Quand le foss£ est en 
dehors du champ, le fosse" vous appartient ; si le 
fosse* est en dedans, il appartient au voisin et Ton 
doit laisser — m 33 — pas de boeuf, et ne pas cou- 
per les Opines, ni 6monder soi-mSme les grands 
arbres. (Note Bordereau, Segre\) 

Pascallne (Ag.), s. f. — Mou, poumons des 
animaux. Syn. de Plrre. || Veau et lard. || 
Fricot fait avec de la pirre (mou de veau 
et aussi de pore) et la rate dans lequel on met 
du raisin (rainzin) cabas, des pruneaux, des 
oignons, du persil, etc. 

N. — Cast sans doute par ironie que Ton a 
donn£ ce nom a ce morceau de quality tres inf6- 
rieure et peu propre a dScarSmer. 

Paseanade. — (Enanthe. V. Cochet ; 
panais, carotte. (M6n.) Semble une corrupt- 
ee Pastinaca. 

N. — Daucus carotta : consoude, plante qui 
croit sur le bord de Peau. (Dorr.) — « Pastinaca 
sativa, plante que les enfants recherchent dans les 
pres pour manger la racine, qui poss^de un gout 
sucre\ » (Borel.) 

Pas-cas (Sp., By.), adj. q. inv. — Inca- 
pable, V. Penlecas. C'est une contract, de 
Pas en le cas ; n'Stre pas dans le cas de faire 
une chose. 

Pas-de-chat ( Lc. ), s. m. — Sorte de plante qui 
sert & faire des bordures de parterres et qui 
est assez semblable au jonc-marin. 

Pas-fils, s. f. — Le pas-fils est le fils d'un 
autre pdre ou d'une autre mere. 

Pas-grand (Fu.), adj. q. — Mon pas 
grand-pire, ma pas grand'm&re. Le p6re de ma 
belle-mere, celle qui n'est pas ma mere, apres 
un deuxiemc manage du pere, etc. 

Pas-de-llon. — > EUebora f»tida, ou pied 



de lin, herbe aux bceufs, herbe au fi(c). (M6n.) 
Bat. Helleborus fcetidus, Pied de griffon, 
Contre poison. Herbe aux sourciers. 

Pas moins (By.), loc. adv. — D6cid6ment, 
enfin. — Te v'la, pas moins ! depuis 1' temps 
que t'es parti ! 

Pas -pres (By.), loc. adv. — Done : loin, ou 
n'approchant pas. « J'avons pas pres tant de 
vin que Tan dernier. » 

Pasqug (pa-ce-qu6) (Mj., By.), conj. — 
Parce que. 

Pasquer (pa-ce-que*re) (Mj.), conj. — Parce 
que. 

Passager (Mj.), s. m. — Passeur d'un bac. 
Ex. : Va falloir houeler le passager vantiers 
eine heure de temps. 

Hist. — « Porront aller, passer et repasser par 
ledit bac, a pie\ a queval, a car, a carrette, a 
vuit et a carques, paisiblement et franquement, 
sans paier au passageur dudit bac. » (Cart, de Corbie, 
23, an. 1302.) — Sepulture du passager du port de 
Sorges. 1670. (Inv. Arch., E, n, 294, 2.) 

Passant (Mj., Lg., By.), part. pr. et s. m. — 
Pr6pos. Plus de. Ex. : Dans cet6 veille-la illy 
a passant deux milles de foin. || Adv. — Et 
plus. — Ex. : Illy en avait deux cents pas- 
sant. Y a passant 10 pieds d'eau. II a 3.000 fr. 
de rente passant. Y en a passant 30 douzaines 
ou 30 douzaines passant. \\ Lg. — Pierre qui 
traverse toute l'epaisseur d'un mur, et sou- 
vent m&me fait saillie sur le parement. — On 
dit aussi Pierre passante. 

N. — Un article du reglement particulier des 
macons voulait, jadis, que, toutes les fois qu'ils 
passaient un passant dans un mur, le proprietaire 
fut oblige de leur payer une bouteille. lis posaient 
meme souvent de faux passants, en mettant deux 
pierres bout a bout. Malheureusement pour la cor- 
poration, les proprieHaires ne se soumettent plus 
guere a cette exigence : la foi s'en va et les pas- 
sants se font rares autant que les bouteilles be"ne- 
volement versus. 

Passe 1 (Mj.), s. f. — Tique, Syn. de 
Tacaut, Raine, Brbzin, Raigne, Pague, Pagot. 
Doublet de Pague. 

Passe * (Mj., By.), s. f. — Conjoncture, 
situation, position. Ex. : II est dans eine vi- 
laine passe. N. C'est en ce sens que le frang. 
emploie le mdme mot dans la loc. : Etre en 
passe de. || Bandeau de linge qui cache le 
tord du serre-te'te. || Bande de linge qui forme 
la partie m^diane d'une coifife, entre le fond 
et les tuyaux. || Lg. — Quantity de 25 a 
30 kil. de coton que Ton teint en une fois. 
Lang, des ouvriers de filature. 

Passe (Mj., By.), loc. conj. — Passe* que, — 
une fois que, des que. Ex. : Passe que c'est 
dit, c'est flni. |) Pr6pos. — Apres. Passb la 
Saint-Jean, les jours vont en d^canillant. 

Pas3e avant (Mj.), s. m. — Planche qui, 
dans un train de bateaux, sert de passage 
entre deux bateaux cons^cutifs. 

Passe-bonnet-rond, s. f. — - V. Passei 



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90 



PASSE-CORDON — PATATRAC 



Hist. — « La passe de satin qui transparalt sous 
le bonnet rond est d'une teinte legdrement bleuatre. » 
(La Trad.,\p. 48, 1. 25, 26.) 

Passe-cordon (Mj., By.), s. m. — Passe- 
lacet. 

Passed (Mj., By.), s. f. — Espace suflisant 
pour passer. || Mj. — Faire sa passee, — se 
tirer d'affaire avec, en pari, des personnes ; 
suflire, en pari, des choses. Ex. : J'avons assez 
de pois pour faire noutre pass be. Noutre 
armoire est ben vieille, mais a fera tout de 
meme sa passte. — Cf. l'esp. Pasada, passage. 
|| Petit sentier. Syn. Truth. 

Passe-merde (Mj., Ag.), s. f. — Probable- 
ment l'arroche puante, chenopodium vul- 
varia. Bat., id., Anserine fetide, Herbe 
puante, Vulvaire. 

Passe-parteau (Tr.), s. m. — Ciseau a 
fendre en second, de meme que le douget est 
le ciseau a fendre en troisteme. (M£n.) — 
Je lirais Passe-partout. 

Passe-partout (Mj., By.), s. m. — Outil 
de bucheron qui sert a abattre les arbres. 
C'est une sorte de pioche munie de deux 
lames, dont Tune est dans un plan perpendi- 
culaire au manche, comme d'nabitude, tan- 
dis que l'autre est dans le plan du manche. — 
Les charpen tiers en bateaux emploient aussi 
le passe-partout, fait exactement comme 
celui des bucherons, mais beaucoup plus 
petit. Une plaisanterie courante parmi eux 
consiste a dire que c'est l'outil qui a servi a 
faire les femmes. || On donne aussi ce nom au 
godendart. 

Passe pied (Sp., Mj., By.), s. m. — Petite 
altee entre deux planches de jardin. Elle 
donne passage assez juste au pied. 

Passe-plerres (Tim.), s. m. — Ranged de 
grosses pierres placets dans le lit d'un ruis- 
seau pour permettre aux pistons de le fran- 
chir. Syn. de Perrk. 

Passer (Mj., By.), v. a. et n. — Passer au 
bleu. V. Bleu. |j Sp. Faire passer de coute\ — 
supprimer. jj V. n. Tr6passer, mourir. Ex. : 
lis crayaient ben qu'il passait. — Ne se dit 
pas en ce sens, comme en fr., exclusivement 
des personnes, mais aussi des organes : 
N'y a pus que le cceur a passer. Pris absolu- 
ment.jH Faire passer par you que les masons 
n'ont point travaille\ — "jeter a la porte. || 
Faudra qu'il oasse par la ou par la porte, — 
il faudra qu'il en passe par la. f|| Passer par 
les langues du monde, — faire parler de soi, 
passer par les commentaires du public. || 
Lire d'un bout a l'autre. Ex. : Alle a passe 
son livre en eine bourd^e. || Faudra qu'il 
illi en passe bien, — il faudra qu'il se moddre, 
qu'il s'assagisse beaucoup, qu'il renonce 
a bien des mauvaises habitudes. || En passer 
a qqn, — le tromper. || Passer de coute\ 
— etre supprime\ disparaitre. || Passer au 
grous sas, — faire ou examiner sommaire- 
ment. || Passer ein bateau, — le mener a 
l'autre bord. || Passer par la t£te, par l'id^e, 



de 1'idSe, — Stre oublie\ || Echapper a Fat- 
ten tion. Ex. : II est ben avise\ il ne illi en 
passe guere. 

Passerine, s. f. — Stellaria passerina? Petit 
genet. Les oiseaux (passereaux) mangent vo- 
lontiers sa graine. (M6n.) 

Passet (Mj. By.), s. m. — Passoire, cou- 
loire. Syn. de Couloir. — Passette. 

Passls (Mj., Lg., By.), s. m. — Passefilure, 
reprise, — a un habit, un bas. || Lg., Syn. de 
Estop pure. 

Pastureau (Sar.), s. m. — Paturage. 

Pas vral? — A Po. P&-vraie. N'est-ce pas 
vrai? || By., Mj., id. Pas-vre. 

Hist. — « Le temps dure, savez-vous, lorsque 
vous n'(*tes pas la ! Pas vrai, pere Duthieult » 
(C.-L. Cesbron. — M. Lardent, p. 177, 1. 16.) 

Pata (Z. 128, Bl.) Pataehe (Lg., Sp.), s. f. — 
Pomme de terre. Corr. du fr. Patate. Syn. de 
Patade, Po-de-terre. — Pat. norm., id. — 
Esp., Port : patata, batata ,mot americain. p 
By. Pataehe, seulement. On dit : Semer des 
pataches, pour : Planter des pommes de 
terre. Les vieillards disent encore Pois-de- 
terre, pour n'importe quelle espece de pommes 
de terre. || Mj. — V. Pois de terre. 

Patacher (Sp.), v. n. — Patauger. Syn. de 
Patouiller, Paguenecher, Ganacher. Doubl. du 
mot fr., de>., comme ce mot, de Patte. 

Patachis (Lu6), s. m. — Champ de pommes 
de terre. 

Patachon (Mj., By.), s. m. — Nigaud, cor- 
nichon, lourdaud. Syn. de Melon. \\ Noceur. 
Mener eine vie de patachon, — der^glde, d6sor- 
donne'e. 

Patade (Mj.), s. f. — Pomme de terre. V. 
Pataehe. Angl. Potatoe ; esp. Patata. 

Patafioler (Mj., By.), v. a. — Ce verbe, qui 
est sans doute tout fantaisiste, ne parait pas 
avoir de sens precis. Son unique emploi est 
de tenir la place du v. emporter, dans la loc. : 
Que le diable me, te patafiole ! — N. By. La 
locut. complete est : Que le bon Dieu te 
b^nisse ! Ce a quoi on ajoute : Et que le 
diable te patafiole ! — en adressant a son 
interlocuteur un sourire gracieux (autant 
qu'on peut). 

Et. — Afoler, bourguignon Aflioler, rendre fou, 
faire enrager, nuire, blesser, d£truirc, perdre. 
(Roman de la Pose, v. 4860, 13893, 5480.) Mais Pat J 
Ch. Nisard 1'explique par une m£tath£se, ou un 
m£taplasme. Que le bon Dieu ne pas Cafiole ! — 
page 125. — Ing^nieux. 

Patapouf, — prouf ! (Mj.), interj. — 
Patatras ! Syn. de Berdadaud, Berdadouf, 
Patatrac. \\ S. m. Lourdaud. || Grous patapouf, 
— individu gras, replet, surtout en pari, d'un 
enfant. — Ohomat. || By. Patatrac, seul. 

P&tar-nostar, s. m. (By., Mj.). — Pater 
noster. 

Patatrac, — trouf ! (Mj.), interj. — V. 
Patapouf, Pitatrac, etc. 



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PATAUD — PATIS 



91 



Pataud, e (Mj., Lg.), adj. q. — S. m. Nom 
ironique que les Vend6ens, ou Blancs, don- 
naient aux Bleus, ou Patriotes, pendant la 
guerre de Vendue. — C'e*tait un jeu de mots 
sur les adj. fr. pataud et patriote. || Lour- 
daud. 

Et — « Pataud. — Pataut, « chi ha piedi 
grossi. » Oudin, Diet. — De Patte. (Litt.) 

Hist. — « Pour insulter, eux aussi, a leur pr6- 
tendu patriotisme re>olutionnaire, ils les traitaient 
de patauds, mot qui, dans leur opinion, rgsumait 
a lui tout seul tout ce qu'il pouvait y avoir de plus 
injurieux. » (Deniau, Hist, de la V., t, 160.) N. 
Peutaud, vilain, laid, 6tait un nom donne\ autre- 
fois, par mSpris aux paysans. « Le femin. P£taude 
est employe" au sens de « camisole ». Le Putaud est 
Thomme de bon ou mauvais renom. » D'autre part, 
la Peutoise est la « femme marine », dans le parler 
des vignerons d'Auxerre. II ne s'agit pas, ici, du 
lat. Pes, pedis. Putidus est a la base de tous ces 
prod u its, comme ancetre direct du primit. put ou 
pent, au sens de laid. » (G. de G., Y.) Cite" par curio- 
site. Pataud vient de Patte. — « On appelle 
pitauds, dans Froissart et dans Monstrelet, des 
paysans arraches de force a la charrue pour etre 
transformed en soldats. Leurs membres, peu assou- 
plis par les rudes travaux des champs, n'avaient 
pas {'elasticity de ceux des hommes de guerre et 
leurs mouvements e" taient a la fois lourds et gauches. 
Ce terme devint, dans la suite, un terme de m^pris, 
principalement lorsque, par des manieres incompa- 
tibles avec sa condition, ou par un langage em- 
prunt* 4 aux citadins raffin6s, un paysans donnait 
prise au ridicule... On disait aussi P£hon ou 
Pieton de village. . . Pitaud veut done dire Homme 
de pied. Les pavsans ne combattaient qu'a pied. » 
(Ch. Nisard, 143.) Cf. Pitois. 

Pftte (Mj., By.), s. f. — Fig. — Bonne 
pate, — bonne nature, bon caractere. Ex. : 
Cest eine bonne pate d'homme. 

Pftte (Mj., By.), s. m. — Tarte. Ex. i 
J'avons fait ein pdtk. de preunes de Sainte- 
Catherine. || Enfant joufllu. Syn. de Tour- 
teau, Pape, Daubier, Maloquais, Lochon. \\ 
Pat6s monstres. V. Folk- Lore, n et xn. 

P&teau (Mj., Lg.), s. m. — Cataplasme. 

Pategaud (Pt.), s. m. — Syn. de Pague- 
neau. Ne serait-ce point pour : Papegaut? — 
Papegai ; lat. psittacus, de papagallus. 

PateliD (Mj., Lg.), s. m. — Pays, locality. 
— N. Mot d'argot, d'introduction r^cente. 

Paterneau, adj. q. — Paternel. Se trouve 
dans les vx Noels : 

Hist. — « Or prions tous a genoux, 
« Nau, Nau, 
« Jesus-Christ d'amour doucette 
« Qu'en son paradis nous mette 
« En son royaume paterneau, 
« Nau, Nau. » 

(Noels anc. et nouv.) 

Pateugne (Lg.), s. f. — Levre, et surtout 
grosse ldvre. Ex. : Alle allonge les paleugnes 
a matin, alle a ein air d'un mauvais gout. || 
Moue. Ex. : Qu'as-tu done a nous faire la 
pateugne? 

Et. — Pour : poteugne, sorte d'augment. de 
Pot 7 mot synonyme. 



Pallbeau (Sp), s. m. — Syn. de Pague- 
neau. 

Patience d'eau. — Grande parelle. — 
Rumex. Et. de Menage, par curiosity : Lat. 
Lapathum, lapata, lapatacia, lapatancia, 
la patience. Syn. Rouambre. 

Patlllonne, s. f. (Segr.). — Femme qui n'est 
pas propre. (Men.) 

Patln (Mj., Tim., Lg., Sp.),s. m. — Ported, 
paquet de cartes de mSme couleur. || Faire 
le pat in, — preparer le paquet. V. Patiner, 
Potiner. || Ce qui reste de cartes lorsque les 
jeux ont 6t& distribute. Cest le talon. || Fu. 
— Tas de cartes. « Brasse done Ypatin, e'est 
a t6 ! » 

Patiner (Sp.), v. n. et a. — Disposer les 
cartes par paquets de mSme couleur ; tricher 
au jeu. 

Patiner (se) (Lg.), v. r6f. — S'embourber, 
prendre la boue ou la neige a ses chaussures. 
Syn. de Patter, Bolter, s'Engomber, s'Engalo- 
cher. I! S'attacher aux chaussures, en pari, de 
la boue, de la neige. — Doubl. du fr. Patiner 
et de>. de Patte, en d6pit de l'a long, — pris 
dans le sens de main.Le sens propre est Mani- 
puler. || Sal. Marcher sur les talons en gar- 
dant toute sa taille ; faire de Pesbrouffe. Cf. se 
Marcher. 

Patlneur (Sp.), s. m. — Celui qui triche 
au jeu en patinant. V. Patiner, 

Patinostre. — Pater noster. 

Hist. — « Vraiment, pour un vieil homme, 
vous dites de vilaines paroles ; il vaudroit mieux 
vous taire, ou dire votre patinostre. » (B. DE 
Verv., M. de p., n, 141.) 

Patlnous (Mj.), s. m. — Chapelet ; grains 
de chapelet. Corr. de Patenotres. Vieilli. 

Hist. — « Collation par le Chapitre de l'oflice 
de pre"conizer et publier les patenoustres, mani- 
fester les pardons, verges, fraries. » (Inv. Arch., 
O, 172, l,h.) 

Patlnonte (Crz.), s. f. — Grande graminSe 
dont les racines pr^sentent des chapelets de 
renflement et que je crois Gtre la folle-avoine. 
Syn. de Chiendent-a-boulettes, Chiendent- 
couillu, Maquille. Corr. de Patenotres. 

N. — « Arrhenatherum bulbosum, compost 
d'une suite de buibes qui donnent l'apparence 
d'un chapelet ou patendtre. » (Dorr.) 

Patlr, a bref (Mj., By.). — Souffrir. 

Hist. — « Mais je maintiens... qu'ilz peuvent 
patir solution de continuity. » (Rab., P., m, 23, 
266.) — « Je n'y retourne pas, quant est de moy ; 
je me sens encore esmeu et altera de 1'ahan que 
j'ai paty. » [lb., v, 15, 511.) 

Patiras (Mj., Bl., By., Sal.), s. m. — Etre 
malingre et souffreteux. || Souffre-douleurs. 
Syn. de Misere. — De>. du fr. Patir, que le 
pat. pron. pati, conformSment a l'eHymol. 

Patis (Lu6), s. m. — Pature. — Le plus 
souvent, on prononce l'a long. Le Pdtis 
Saint-Nicolas, pres Angers. || By. Maigre 
pature inculte. 



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92 



PATISSE — PATOUILLER 



Et. — B. L. Pasticium, de pastum, supin de 
Pascere. 

Patbse ,s. f. — V. Jaucou. Espdce d'ivraie. 
(Desvaux.) M£n. |i Mj. — Herbe p&tisse, — 
herbe des pr6s, de qque espece qu'elle soit. 

Pfitlsseau (Lu6). — P&ture, s. m. 

Pfttissier (partout), s. m. — Dans la loc. : 
Sale pdtissier, — saligaud. — Se trouve dans 
la chanson : Au clair de la lune. V. Zig. 204. 

Patoehe (Segr.), s. m. — Grand pied mal 
tourne\ (M£n.) || Po., Segr., Ag., By. — Terme 
enfantin, petit pied d'enfant. Syn. de Pe~ 
toche, Paton. 

Patois (Observ. sur les). — V. I'Avant-pro- 
pos. 

Paton (Mj.), s. m. — Peton, petit pied. 
Terme enfantin. Dim. de Patte. V. Patoehe. 

Pfttoo (Mj., By.), s. m. — Masse Je p&te. 
Pat. norm. id. 

Patou. — V. Patouriau. (Men.) 

Patoull (Mj., By.), s. m. — Boue, bourbe* 
fange. Dimin. de Patouiller. Patrouillis. Syn- 
de Pitoil, Pitroil, Patouille, Faigne. 

Hist. — « Patoueil, bourbier. — « Icelle femme 
tomba de visage a dens en ung petit patoueil 
qui estoit en la rue. . . et la en 1'eau dudit patoueil 
estouffa. » (J. J., 195, p. 979, an. 1473.) — « Pa- 
toille, Patouille, Patouillat, Patouillage. Eau sale, 
boue delayee, rcpandue mal a propos. » 

Patouillage (By., Mj.), s. m. — V. Patouille. 

Patouillard (By.), s. m. — Celui qui pa- 
touille. Se trouve dans Cotorave. || Mj. — 
Nom que Ton donnait a Tun des deux 
bateaux a vapeur qui, vers 1880-90, fai- 
saient alternativement le service quotidien 
d' Angers a Nantes. Comme cette designation 
l'indique, Failure du susdit sabot 6tait plutdt 
lente, m£me en comparaison de celle de son 
parageau, et Ton n'aimait guere a prendre le 
Patouillard, surtout pour remonter vers 
Angers. || Cf. Le petit Deraillard, — le petit 
chemin de fer de l'Anjou. Ou De>ailleur. || 
Nom donn6 au remorqueur de la Marie- 
Salope (la drague) et, en g6ne>al, aux vieux 
bateaux a vapeur, en particulier aux ba- 
teaux munis de roues a aubes — faisant beau- 
coup de patouil pour peu de vitesse. || Ag. 
Jardinier-maraicher. 

Patouille (Mj., By., Sal.), s. f. — Boue 
detrempee dans laquelle on patauge. Pitroil. 
V. Patouiller, Patouil. Syn. .de Faigne. \\ 
By. Faire du patouil, — battre l'eau en se 
jouant. Faire de la patouille, r^pandre de 
l'eau mal a propos. Marcher sans precaution 
dans la patouille et produire des 6clabous- 
sures malpropres, e'est faire du patouillage. 

Patouiller (Mj., By., Sal.), v. n. — Patau- 
ger. Se mettre, se plaire a mettre les pieds, 
ou les mains, dans la boue, les ornieres. — 
On dit aussi Patrouiller. — Syn. de Vogue- 
ntcher, Ganacher, Patacher, Piiroiller, Pi- 
couiller, Lagosser, Potigner. Pat. norm. Pa- 
tuille, mal execute (un travail). 



N. — Tous les mots de cette famille de>ivent de 
Patte. En resume, ce mot a donne\ tant dans le 
pat. que dans le fr. classiq., les derives suivants : 
1° patauger ; 2° patouiller, patouille, pitoil, pi- 
toche : 3° patrouiller, patrouillis, pitroil, pitroiller, 
pitroilloux. On voit que les mots de la derniere 
famille sontceuxde la seconde avec un r intercale. 
(R. O.) On disait, autrefois : patouille et patrouille ; 
et le guet aurait ete ainsi appele parce que ceux qui 
le font patouillent la nuit dans les rues. (Manage.) 

— « Patoier ; patiner, manier malproprement. 
« Aubert vint devant la boucherie, pour y vendre 
un petit de char, et la survint un jeune enfant qui 
prist a patoier et menoyer de la dite char. » ( 1 375. — 
L. C.) — Ainsi : menoyer signifierait : manier avec 
les mains, et : patoier, manier avec les pattes. — 
V. Patouil, et Tex. — Tou jours dans L. C. « Pa- 
touille, patrouille. Guet de soldats marchant la 
nuit. » — La Patouille est un nom de localite 
(Clion, Indre). I^es Patouillats (Marigny-rEglise. 
Nievre). — D'ou le v. Patter. On patte dans la 
boue un peu ferme ; on patouille dans la boue 
liquide. « On patte beaucoup en Fromenteau (terre 
a froment), cela n'arrive point en Varenne (terre 
sablonneuse), parce que les terres y sont moins 
fortes. » (Jaub.) |j Prendre avec la main d'une ma- 
niore sale et malpropre, marcher dans la boue, 
dans un lieu marecageux. (Roquefort, a Patoier. 

— Ch. Nisard, 123.) — « II etonne ceux-la meme 
qui ont roti le balai a Versailles. Je n'ai pas du 
tout 1'intention qu'il y vive, ou qu'il y fasse. 
comme les autres, metier d'arracher ou derober sa 
subsistance au roi, de patrouiller dans les fanges de 
l'intrigue. » (Le marquis de Mirabeau, parlant de 
son Ms. — Ch. Nisard, 12'*.) — V. ArdUle. — (Un 
berger ne peut apercevoir un renard cache dans 
les feuilles d'un arbre au dessus de lui (Renart, 
5833.) : 

— « Qar li arbres iert trop foilliei, 
« Et Renart s'estoit tooillez 
a En foilles si que n'i paroit. » 

GAnin, dans ses Recreations philologiques, dit : 
R est encore une let-tre adventice dans... pa- 
trouille, patrouiller, dont la rac. est Patte. Pa 
trouiller, e'est toucher et retoucher avec les pattes : 
e'est agiter ses pattes, e'est patauger. La forme 
est frequentative et meprisante : « Le bonhomme 
s'en va souper. On luy apporte de la viande froide 
qui n'est pas seulement demouree des commere^, 
mais est le demourant des matronnes, qu'elles ont 
patrouille h la journee, en buvant Dieu scet com 
ment ! » (3 C des 15 Joies du mariage.) — Patte est 
pris dans le sens de main. — « Helas ! il n'y a 
gueres que je sois accouchee, et il vous tarde bien 
que je sois la a patrouiller par la mezon ! » {/d.) 

Le nom propre Patouillet indique que la forme 
Patrouiller a ete usit6e. — Pour raddition de l'r. 
cf. Fronde, de funda (Amyot ne dit que : fonde) : 
tresor, de thesaurus ; charte, de carta ; registre. de 
regestum: perdrix, de perdicem. 

« Dans la nuit qui precedait la fete de saint 
Julien, les habitants de Saint-Aubin-les-le-Mans 
etaient tenus, comme vassaux du Chapitre, de 
venir faire la patouille autour de la cathedrale, la 
nuit, et pendant que Ton celebrait Tomce du 
patron de cette eglise. De UN un sobriquet asse* 
desagreable pour eux, fonde sur leur absence 
d'aupres de leurs femmes pendant ladite nuit. £ 

Hist. — « Vous ne patouiltercz pas longtemps 
dans les marecages ou vivent les crapoussins qui 
nous entourent ici. » (H. de Balzac. Pi-rc (loriou 
p. 178.) — Borel le tire du celtiq. Patoul. •'•cou- 
vil'.on ; d'oil patrouillet, longue perche qui porte 
a une extr^mit^ un torchon mouille pour laver l« k 
four. II cite aussi Patoula, barboter ; — ce qui 
revient 6 noa explications^ 



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PATOUILLEUX — PAUFOURCHE 



93 



PatoulHeux, ease (Mj., By.), adj. q. — 
Boueux, fangeux, bourbeux. Ex. : Le chemin 
est ben patouilleux. — Syn. de Pitroilloux, 
Poquerassoux, Cassoux, Gassoilloux, Gas- 
souilleux, Ganouilleux, Gadroilloux. — « At- 
tendu que le temps etait trop patouilleux et 
trop crassouilleux . . . Texpertise a du etre 
remise. » (Rapport d'expert, communique 
par M. Br., des. Ponts-de-Ce. — V. Patouil, 
Patouiller. 

Patoarlau. — Jeune patre. V. Folk- Lore. 
Chansons. 

Patrassee (Mj.), s. f. — V. PHrasske. 

Patri (Mj.), s. m. — Sobriquet de feu le 
pere P... frbnellier au bas de la montee. || 
Signe de croix. Terme vieilli et plut5t enfan- 
tin. Ex. : Fais ton patri, ma petite fille ! (In 
nomine Patris.) 

Patrlmure (Mj.), s. f. — Race, espece, ori- 
gine. Syn. de Orine. || Air de famille. 
Et. — Du lat. Patrem. 

Patrolller (Lg.), v. a. — Patrouiller. Syn. de 
Potigner. V. Patouiller. 

Hist. — « Manier malproprement, agiter et 
salir : « II mourvoyt dedans sa soupc et patrouil- 
loyt en par tous lieux. » (Rab., G., i, 1 1.) 

Patron -Jiquet, Patron- ml nette (des) (Sal.). 
— De grand matin; potron-jaquet, minet. 

Patroullle (Mj.), s. f. — Large rame a 
manche tres long (3 a 4 m.) et tres fort, qui 
etait pass£ dans un trou triangulaire du Chk, 
ou Chef, ou Leveee, des anciens bateaux a 
levee de mariniers et qui servait comme de 
gouvernail pour diriger, a certains moments, 
l'avant du bateau. Le trou etait appeie Trou 
de patrouille. Du reste, les tuffeliers du pays 
haut, qui ont encore qques bateaux a levee, 
se servent, m^me aujourd'hui, de la pa- 
trouille. — Pat. norm. Patrule et Patruoille, 
ecouvillon. || Lg. — En patrouille, — en noce. 
Syn. de Bombe, Dbvarine. 

Hist. — « On dit aussi un squadron ou escadron 
et patouille ou patrouille. » (H. Estienne.) — 
patrouillage, action de patrouiller, de remuer la 
fan^e : « Quand Thoste oyt un bat de chevaux et 
bruit sur les pierres ou pave du chemin ; ou, par 
e remuement des pieds des chevaux, quand il oyt 
la fange et limon gras de Lombardie rejaillir un 
tel patrouillage en falsant bruit. » (Merl. Cocc, i, 
313. — L. C.) 

Patte (Mj., By.), s. f. — Patte ; pied ; 
bras ; main. || Fig. — N'avoir ni pieds ni 
pattes, — ni rime ni raison. || Pedoncule, pedi- 
cule, petiole. 

Patte d'alonette, s. f. — Vulg. Geranium. 
(Men.) 

Patte deehat (Mj., Lg.), s. f. — Petite ba- 
guette fourchue dont on se servait dans la 
fabrication des oribus pour enfoncer la 
meche dans la resine fondue et egaliser la 
matiere. 

Patte-croehe. — Fripon. 

N. — On pretend que, lorsqu'un petit Normand 



vient au monde, le premier soin de son pere est de 
l'empoigner par les reins et de le lancer au pla- 
fond. S'il ne s'y tient pas accroche, le pere va le 
jeter a l'eau. 

Pattee (Mj., By.), s. f. — Vestige, trace 
laissee par un animal ou par un homme. — 
Esp. patada, m£me sens. — Qui done qui est 
venu faire des patties dans mon jardin? V. 
Trains. 

Pattes-de lapln (Mj., By.), s. f. — Favo- 
ris courts. Ce jeune homme porte des pattes de 
lapin. — lis sont moins longs que les : cdte- 
lettes. 

Patte deloup (Li.), s. f. — Chevrefeuille. || 
Femelle, angeiique sauvage, Heracleum 
sphondylium, branc ursine, branche-ourse ou 
branche velue ; renoncule &cre, — id., a la 
viorne, au chevrefeuille. (Men.) 

Patte-de-plgeon. • — Tormentille. V. Cha- 
courraie. (Men.) 

Patter, a tres bref (Lg.), v. n. — S'embour- 
ber, prendre la boue ou la neige a ses chaus- 
sures. Syn. — S'Engomber, s 1 Engalocher. \\ 
S'attacher aux chaussures, en pari, de la 
boue, de la neige. Syn. de Pdtiner, Bolter. — V. 
Patouiller et la citat. de Jaubebt. || On dit : 
se Botter, ou s' Embouillonner ; a Po. et a By., 
s* Emborber. 

Pau l — Pieu. V. Pot, ou je reunis toutes 
mes notes sur ces deux mots, identiques, en 
somme. 

Hist. — 1723, 3 mars. Remplacement des 
paux d'ardoise qui entourent le cimetiere de la 
paroisse. (La Dagueniere. Inv. Arch, E, S, p. 259, 
2.) 

Pau *, adj. q. — Forte contract, de Pauvre. 
|| By. Pou. || Mj. — Pau et Pou. 
Hist. : 

« Je voudrai bien que tous les procurous 
« N'mangeraient que des punaises, 
« Les pau p'tits labouroux coram' ma 
« N'en seraient que pus a lous aise. » 

(La Trad., p. 370,1. 24.) 

Paubourder (Br., Jum.), v. r6f. — a Vois-tu 
les vaches qui se paubourdent? » — qui se 
battent. || Mj., Als. : se Corndiller. || Fu. se 
Cosser. \\ Lg. : se Boutre. 

Pan fie her (Cho.), v. a. — Manier avec exces._ 
V PSficher. \\ Lrm. Toucher, retourner un 
objet de facon a le chiffonner, a lui faire 
perdre de sa fralcheur. 

Paufichonaer (By.), v. a. — Chiffonner. Syn. 
Faupir. Pour : faupichonner ? Toutefois cf. 
Pauficher, Paufrer. 

Hist. -«- « Mais, quand ce fut a ficher, il dta le 
linge poisse\ qu'il paufichonna en sa pochette. » 
(B. de Verv., M. de parv., n, 182.) — Prononcia- 
tion assez mal deTmie pour Paupichonner, pour : 
pompichonner, sens de chiffonner, attifer. By. 

Paufourehe (Sa.), s. m. — Fourche faite 
entierement en bois et dont Tune des branches 
la plus longue est en droite ligne avec le 
manche. Syn. de Fourchk. — Compose do 



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94 



PAUFRfiE — PAVEREAU 



Pau et de fourche. || Li., Br. — Une personne 
a les yeux en paufourche, — de travers. 

Et. — Pieu-fourchu. — Hist. « Guillaume 
Bourgeois yssi hors de la maison, tenant en sa 
main une pauforche. » (1415.) — « Un gros baston 
forchu, de plaing poing et long d'une brasse, et 
plus vulgaument appelle paufour ou fourche. » 
{J. J., 204, p. 67. — 1415.) 

Paufrte (Mj.), s. f. — Pouss6e, secousse 
violente. 

Paufrer (Mj.), v. a. — Pousser rudement, 
bousculer, secouer. Syn. de Poussarder, Cra- 
pousser. Cf. Poficher, Pauficher. 

Paugrenler (Cho.). — M&me sens que Pau- 
ficher. Je doute fort de l'existence de ce mot 
sous cette forme. On doit prononcer : Pau- 
guergner, com. au Lg. V. Pdguergner. 

Paujeau. — Pour PSageau, soumis a 
pe*age. • 

Hist. — « Grand chemin peageau, doit contenir 
14 pieds de large pour le moins ; mais il n'est pas 
entendu que les dits chemins peageaux qui ont plus 
grand largeur que 14 pieds doivent estre rescin- 
dez n'estroiciz. » {Cout. gin., n, p. 124.) 

Pan melee (Sp.), s. f. — Echauboulure, 
maladie des betes bovines caracteris^e par 
un gonflement intense de la peau du cou et de 
la region du fanon. 

Paumelle (Mj.), s. f. — Poign6e de faux- 
manche. Fr. Paume. Syn. de Mouzelle. || Lg. 
— Morceau de bois fiche* verticalement dans 
une boucle de fer enfonce'e dans le baugeard 
d'une charte et qui maintient les ranches ou 
les fumeroles. II y a 2 ou 4 paumclles de 
chaque c6te* de la charrette. 

Paumer (By.), v. a. — Les enfants paument 
leurs camraades en appuyant fortement la 
paume de la main sur leur dos au jeu de saute- 
mouton. PaulmSe ou PalmSe, coup de la 

Paume de la main. (M£n.) — Se ait aussi 
lomber, tomber comme une masse de 
plomb. Cela peut 6tre dangereux. On doit 
empecher les enfants de paumer ou de plom- 
ber. V. F. Lore, vii, Fion. 

Paumoyer (se) (Z. 74. Mj.), v. a. et r6f. — 

Haler sur une corde avec la main, la paume 

de la main. || Se haler avec les mains le long 

d'un quai, d'un cable, du bordage d'un 

bateau. — Doubl. de Maupoyer ; de>. de 

Paume. || Prononc. Poumoyer. N. Pas a Mj. 

Hist. « Et les espies brander et paumoUr. . . 

(G. de Vivianc, v. 2353.) L. C. 

« Car il venoit ou poing la lance paumoiant. » 

Paunaise (Sp.), s. f. — Femme de mauvaise 
vie, ribaude. Syn. de Goton, Pouffiasse, 
Pupute, Putasse, Diane, Peau de chien, Peau, 
Gouine, Grue, Roulure. — Fr. Punaise. 

Panne (Tim.), s. f. — Grand vase de terre 
cuite, contenant de 1 a 10 hectolitres, qui sert 
de cuve a faire la lessive. Syn. et d. de 
Panne, Pande, Ponne. 

Paunle (Lg.), s. f. — Le contenu non d'une 
paune, ou panne, mais d'une grande terrine. 



Ex. : Eine paunSe de lait. Syn. de Trassle. 
V. Paune. V. Ponnee. 

Pautier, Peautier, s. m. — Novice, mau- 
vais travailleur ; on dit aussi : pautrasson 
(pocrasson). (M6n.) || Tr. — Quand l'apprenti 
fendeur d'ardoises met des guStres pour la 
premiere fois, il est gue'tre* ; il prend nom de 
peautier. — « Quoi done qu't'as fait d'ton 
fils? » — « J'l'ai mis peautier k PErmitage. » 

Et. — De peau ? Mais les guStres ne sont pas en 
peau. De Pau, Pot, pieu en ardoise, parce qu'il 
n'est encore bon qu'a faire des pdts? — V. Chtru- 
bin, apprenti, fils de perrayeux (ouvrier d'a-haut, 
surtout) ; et Pdtier, apprenti ftls d'un stranger a la 
carriere. 

Pautrasson. — V. Pautier. 

Pautre, et mieux Peautre (By.), s. f. — 
Gouvernail. 

Hisr. — « ...M^me le petit qui tenoit la peautrt » 
(en montant par eau sur Loire.) B. de Vebv., 
M. dep.,m, 51.) 

Pauvert* (Mj.), s. f. — V. Pouverti. Pat. 
norm. Pauvertae. !| Une purgation fait 
rendre des pauvertis. (Segr. — M6n.) 

Pavaner (Lg., Sp.), v. a. — Publier, racon- 
ter partout. On dit aussi Pavarner. Repandre 
un bruit : « Si quiou-la ou sait, ou sera b6tdt 
pavank partot. » — Si celui-la le sait, ce sera 
bientdt dit partout. 

Et. — Or. incert. Ne peut venir du lat. Pavo- 
nem, qui aurait donne Pavoue, — er. 

Pavanes (Mj.), s. f. pi. — Ghaussures 
16g6res : pantoufles, savates, espadrilles. 
Ne se dit qu'au plur. — C'est, dans un autre 
sens, le fr. Pa vane, du v.se Pavaner. V. Groles. 

Pavard (Tim.), s. m. — Iris jaune, iris 
des marais. Syn. de Flambe. V. Liavard, 
Pave. 

N. — Les enfants utilisent la racine de cette 
plante a faire des balles pour leurs ciquoires. 

Pavarner (Sp.), v. a. — V. Pavaner 
Pav* (Segr.), s. m. — Iris des marais, ser- 
vant a faire une paronne, ou collier en jonc. 
N. — « Pavee, digitale pourpree. » (Litt.) 

Pavee. s. f. — P6trole, pStereau, gandio, 
petit gand (gant), digitale pourpr6e. (M*n.) 
Bat. Id. et Pisse-lait. 

Paveier (Lg.), v. a. — Paver. Cf. Lon- 
g&ier, etc. 

Pavereau (Mj.), s. m. — Ombellif^re a 
tige fistuleuse ; 4 ombelles composes, for- 
m6es de 6 a 7 ombellules ; fleurs blanches ; 
feuilles compose*es, a lobes profondSment d^- 
coup^s ; racines tube>euses, que les enfants 
croquent, malgre* leur gout un peu acre et 
leurs proprieHSs vraisemblablement x£n& 
neuses. Pousse dans les pr6s humides de la 
Loire, ou elle est fort commune. Cest, je 
crois, une cenanthe. — N. Qqs-uns lui 
donnent par erreur le nom de jdgnerote. \\ By. 
C'est notre Jouannette des pr6s. || Bat. 
(Enanthe pimpinelloiies. 



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PAYASSE — PEAUTRE 



95 



Payaase, s. f. — ' Diminutif de Paye. 

N. — Au jeu de boules. L'6cot se monte, par 
ex., a 5 francs, pour huit joueurs. C'est done 
fr. 60. pour chacun. Mais il reste fr. 20. Qui les 
payera? On place une boule sur son fort, puis le 
matt re sur sa partie creuse. On tire. Les quatre 
plus loin payent les quatre sous. C'est la payasse, 
apres la paye. — DifTere du Subrecot. 

A la Soci6t6 de la Paix (ainsi nomm£e parce 
que ceux qui descendent du tram, a la Mairie, 
distante de deux cents metres, savent tout de 
suite s'il y a des joueurs, au vacarme qui s'y fait), 
aux Ponts-de-Ce\ les choses s'arrangeraient d'autre 
sorte, chaque joueur mettrait un sou et Ton boirait 
une bouteille de plus. 

|| Lg. Espece de jeu de brisque jou6 a trois 
ou quatre. On dit aussi : jouer a marotter. 

Pay d ret z, n. propre. — On appelait ainsi 
les hommes du pays de Metz qui 6taient en 
grand nombre dans l'arm6e de Charette. 
{Revue de V Anjou, t. XXXXIX, p. 452, note.) 
— II faut lire : du pays de Retz ou Rais. 
(region de Machecoul, Loire-Infe>ieure). 

Payer (Mj., By.), v. a. — Remarquer la loc. 
Payer le triple et le double, — payer tres 
cher. Gradation d^croissante. || Repondre a 
qqn comme il le me>ite. On dit aussi, dans ce 
sens : Je illi ai rendu la monnaie de sa piece. 
(I Se payer la tete de qqun, — se moquer de 
lui. |i Absolument s'en payer, — se donner 
baaucoup de plaisir. 

Paye-tes-dettes ! (By.). — C'est ainsi que 
les paysans traduisent le cri de la caille. 

Paysant-te (By.). — Paysan-sane.V. Pa isant. 
Hist. — « lis ont trouve" partout des attroupe- 
ments considerables de pays ants. » L. B., 1, 20.) 
N. — xii 8 s., paisant. — xin° paisant. 

Pays -haut. — V. Haul, PL 

Hist. — « II est bien necessaire qu'on puisse 
parvenir a degager notre riviere pour rouvrir les 
communications avec le pays-haut. » (L. B., 42, 
26.) 

P'ehe. — C'est p'che (p6ch6) de, dommage 
de. V. Pechk. 

P* l (By.), s. m. — Pays. Pe-bas, P£-haut. 
Le pays-haut (po6e-haut, pai-llis haut), 
region d'amont de la Sarthe et de la Ma- 
yenne ; le pays-bas (prononc. id.) t valine 
d'aval (d6 d'bas) de la Loire, a partir de la 
Pointe, — dans le debas. 

N. — On appelle, en Vendue, Pays-Bas (P6-bas). 
ou simplement le Bas, TO. et le S.-O., c.-a-d., pour 
Chemille\ les pays de Beaupr^au et de Cholet. — 
On appelle : Pays-haut, P6-haut, ou le Haut, 1'E. 
et le N.-E. ; pour Chemilte, les pays de Vihiers, 
Thouarc£, et, en general, tout le Saumurois. 
(Revue de V Anjou, 54* ann6e, n ,,e se>ie, 3* et 
4* livr., sept, et oct. 1904, tome XXXXIX. — 
« Sur les cnemins de Vendue », p. 220, note. — 
Pierre Gourdon.) || En Vendue, on appelle P6- 
haut. . ., dont les habitants 6taient republicans, et 
Pe-bas les Mauges, ou les paysans elaient royalistes. 
(Anj. hist., i n an., p. 706.) 

P* * (Mj., Lme). — Puy, Eminence ; colline, 

^ertre ; n'est employ^ que comme nom de 

ieu. II y a, au Mesnil, un village du Haut.-Pe\ 



P6 3 , s. m. — Pied. Dans un vx Noel ange- 
vin : 

« Je tirerai le pe devant li. » 
Pour : Je lui ferai ma r6ve>ence. 

Pe * (Mj. By., Sal.), s. m. — Pis, mamelle dela 
vache. Syn. de Ameil. N. Pe ou Pis est 
inconnu au Lg. || By. Toute la mamelle de la 
vache ou de la chevre. Les tStins ou t6tines 
se disent trayons, surtout pour la vache, et 
bronnes pour les autres animaux. S'ecrivait, 
en vx fr., peis ; aujourd'hui, pis. — Et. Du 
lat. Pectus. Pis, portrine, d'homme, dans les 
vx. auteurs. 

Peau (Mj., By.), s. f. — Avoir la peau 
d'oie, — avoir la chair de poule, mais seule- 
ment sous l'impression du froid. Au Lg., on 
dit : Avoir la peau de poule. Syn. Grappille. \\ 
Sp. Remettre dans sa peau, — engraisser, se 
remplumer. || Peau de chien, ou simple- 
ment Peau, — femme de mauvaise vie. Ex. : 
C'est eine vraie peau de chien que cete fu- 
melle-la ; c'est eine peau. V. Pupute, Paun- 
aise, Pouffiasse, Goton, Gouine, Grue. || Gilet 
de peau, — de flanelle, parce qu'il se 
porte directement sur la peau. || Lg. — En 
peau, — tout nu, in naturalibus. Syn. de : 
A poil. || Mj., Lg., By. Avoir la peau dure, — 
Stre stoique, peu sensible a la douleur 
physique ou morale, §tre un dur a cuire. || 
Tremp6 a la peau, — enfondu, tremp6 
jusqu'aux os. || Pellicule. — Ex. : II se fait 
tou jours eine peau sus le riz. Syn. Pelisson. 
|| Enfte a pleine peau, — tres enfle. || Ne pas 
§tre a son aise dans sa peau, — £tre tres gen6 
ou tres inquiet. || Tanner la peau a qqn, — le 
rosser. || Lever la peau, — battre cruelle- 
ment. || La peau ! — interj. — Formule de 
refus. — A la caserne, on dit : Peau de 
balle et balai de crin ! || Indique le lieu 
de repos d'un animal dans ratable... 
(M£n.) Ce serait plutdt Pau, Pot, poteau de 
separation. 

Peautler. — V. Pautier. 

Pe autre (Mj.), s. f. — Gouvernail. 

N. — Gouvernail a axe oblique, qui 6tait, autre- 
fois, en usage sur tous les grands bateaux de la 
Loire et duquel sont encore munis les futreaux, 
ainsi que les chalands des environs de Saumur et de 
la haute Loire. Dans ce systeme de gouvernail, 
l'axe, au lieu d'etre vertical, fait avec l'horizontale 
un angle de 45°, ou plus. II tourne dans une boucie 
fixee a la partie supeneure du bateau, auquel il 
est retenu par une chaine ou une corde, appelle 
tcoursoire, qui lui est parallele et qui Tempecne de 
glisser sous Taction de la pesanteur. Pour empe- 
cher tout balancement lateral, une corde, appelee 
chevetre, embrasse par un nceud coulant la partie 
ante>o-sup6rieure et est fixee par ses deux extre- 
mites aux deux bords du bateau. Ceci pour les 
futreaux, mais dans les bateaux de mariniers le 
chevStre est remplac6 par une sorte de croix de 
Saint-Andr6 formed de deux pieces de bois 
reposant sur le pont qui soutient la partie 
ante>ieure de l'axe. Le gouvernail proprement 
dit est form6 de planches emboit6es a la 
partie infe>ieure de l'axe et qui le d^passent en 
avant et en arriere. La barre est une cneville, ou, 



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96 



Pfi-BAS — PfiCOT 



dans les grands bateaux, une longue et forte 
planche, dont les defacements angufaires de part 
et d'autre de la verticale d6terminent la rotation 
de l'axe et les defacements du gouvernail propre- 
ment dit. 

L'appareil est plus energique peut-fitre que le 
gouvernail a axe vertical, mais il est encombrant. 
Ce d6faut est rachete\ aux yeux des riverains de la 
Loire, par les deux qualites suivantes : il conserve 
la position qu'on lui a donnge sans qu'il soit besoin 
de le maintenir et il peut se lever et se rentrer faci- 
lement dans le futreau pour passer par dessus un 
haut-fond. II faut dire aussi que la routine est 
pour beaucoup dans la conservation de cet engin 
pr6historique, qui devait e*tre un des plus beaux 
ornements de l'arche de Noe" et du navire des 
Argon aii tes. 

N. — Gouvernail d'un grand bateau. Sur la 
Maine et tous ses affluents, les f&treaux ne peuvent 
pas $tre munis de peautres ; les gourneaux (gour- 
nds), qui sont aussi employes comme rames, en 
tiennent lieu ; une godille les remplace dans les 
niolles ou bachots. By. 

Et. — Je donne ce mot comme un d. du mot 
Poutre. 

Hist. : 
« Tout ens luy rid, la mer souffre ses peaultres, 
« Et vit sa grace entre la mort des aultres. » 

(G.-C. Bucheb, 196.) 
— « Vire la peaultre... » (Rab., P., iv, 55.) — 
« Approche icy ta gondole, tourne la peaultre ; ou 
tires-tu en large? ameine-la. » (Merl. Cocc, n, 
310.) 

— « Le vieil Charon, grant nautonnier d'enfer, 
« Bien eut a faire a gouverner sa peautre. » 
(CI. Mabot, Jugcm. de Minos.) 

P*-bas (Li., Br.), s. m. — Le Sud. V. 
Pays-haut. 

N. — L'Anjou et les provinces au S. du Maine 
(pour les habitants du Bas-Maine) ; le Bas-Maine 
(pour les habitants du Haut-Maine). Dott. || 
Fu. I s'est gag6 dans le Pt-bas y c.-a-d. dans le 
pays nantais. 

Pec (peque) (Ma., Z. 205), s. m. — Bee. 

Pecage (Mj.), s. m. — Pacage, herbage. Syn. 
de Paissage, Pdnage, Emorche, Pevre. 

Pecager (Mj.), v. a. et n. — Pacager, 
paltre. 

Peeale (en) (Z. 137), loc. adv. — En noce, 
en d6bauche. Cf. Bombe, Rigale, Cigale, 
Roule, Berdindaine, PatrouiUe, etc. Le m£me 
que : En pagale, pris au fig. — Notons que : 
En divarine a exactement le meme sens 
propre : En d&ordre. 

Peceanee (Craon), s. f. — Extirpateur, 
scarificateur. Syn. de Trimbale. 

P£ee l t s. f. — Piece. Anc. forme angev. du 
xiu e s. 

Et. — Voisin de Pecia, la plus vieille forme latine 
que donnent les anciens textes. V. Diet. general. 

Pece *, Pease (Sar.), s. m. — Moineau. V- 
Paisse. 

Pecee, PalBBee (Lg.), s. f. — Morceau de 
pain, enduit de graisse, beurre, etc. Syn. de 
Graissie, Beurrle, Calot, Bigne, Cargnon. 

Et. — Peut se denver soit de Piece, soit de 
Paltre, en sorte que les deux graphics ci-dessus 
sont egalement admissibles. 



Peceler, v. a. — Teiller le lin. La peceleuse 
est celle qui teille. Paisseler. V. Paisseatu 

Peceleuse, s. f. — Pkceler. 

Pechant (Mj., By.), part, pres., adj. verb. 
— Favorable pourlap§che,en pari, du temps. || 
Bien affile. Se dit d'un hame$on, d'un engin 
de peche qcque ; bien dispose pour prendre 
du poisson. — Un brin de crin est plus 
pechant qu'un brin de florence. 

Pechard (Mi., Lg.), adj. q. — Rouan, 
brings, tourdille, en pari, d'un cheyal. Syn. 
de Etourneau. — Cf. PSchard. Jaub. 

Et — Pecher. Chez le cheval, robe fleur de 

Eecher, caracterisee par des poils rouges rassem- 
les en bouquets sur un fond blanc. (Litt.) — 
t Les juments de cette robe sont d'excellentes pou- 
linieres. » 

Pech6 (Mj., By.), s. m. — P6che\ C'est pas 

S'chk, — ce n'est pas facheux, c'est bien fait. || 
>ommage. C'est grand p'cJU d'guy donner 
quSque chouse de beau, — a boire ! — V. 
FchL 

Pfehelette (Lms, Z. 196, Fu.), s. f. — 
Moineau, petite paisse, pesse, passereau. Syn. 
de Parse. Pour Paisselette, dimin. de Paisse. 
— Le premier § qqf. tres long. 

Pecher (Mj., By.), v. a. — Saisir, empoi- 
gner. Ex. : Us se sont pech&s a la crapacine. 
Pecher qqn au collet, par les cheveux. ]| 
Prendre, trouver, se procurer. Ex. : Eyou 
as-tu pechi cet6 chevau-la? Je sais pas eyou 
qu'a va pecher tout c'qu'a dit. || Puiser. Ex. : 
Je vas aller pecher eine seillot^e d'eau au 
puits, au douet. || Pecher des oiseaux, — ies 
prendre au piege. On peche des oiseaux 
au collet(te). — J'ai pechi ein voiseau. || 
Pecher du sable, — tirer du sable. || Pecher 
eine poule, — l'attirer, la saisir. || By. V. 
Ebecher. 

Hist. — G.-C. Buchbb, 238, 231. 

« L' argent que doy me contrainct de cercher 

« Cequi m'estdeu.. . 

« Car si ailleurs scavois ou en pescher, 

« Je ne vouldroys si fort vous em peschert » 

P6eheur-eux (Mj.). — Pecheur, pecheux de 
sable, — tireur de sable, en Loire. 

Pechon, s. m. — Petite crevasse au bout 
des doigts produite par le froid. (Tc, Tr., 
Z. 138.) — Ou crevasse faite par les ardoises 
aux doigts des ouvriers. (MAn.) || Dit aussi 
Pigeonneau, Gdlure, Parlissure. 

Peea I'olseau, s. m. — Cardamine pra- 
tensis, ou becquet^e des oiseaux... (M&x.) 
Bat. Cresson des pr6s. Syn. Marguerite. 

Pecon (Z. 124), s. m. — Besson. 

Peeot l (Sp.), s. m. — Petite piece que Ton 
rapporte a un vehement pour le raccoramo- 
der. Ex. : £a n'est que pecots sus pkcots. Dimin. 
du fr. Piece. Syn. de Tapon, Pitas, Tapin. 

Et. incert. — Hist. Pecoier, mettre en pieces; 
« II n'orent gaires nagie* quand li tempos les porta 
a une roche et pecoia toute la barge. » (Afen. de 
Reims, f 66. — L C.) 



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PfiCOT — PEIGNEROLLE 



97 



Pteoft * (By.), s. m. — Becot, bee, bouche, 
langue. « Pn' n'a du pkcot, de la jape ! » — 
En voila un bavard ! Syn. Losse, Tapette. 

Peeque (Bg., By.), s. m. — Bouche ; 
p = b. N. Ce n'est pas le vocable employe^ 
par Moltere, terme d'injure, du lat. pecus, 
bete. — V. P&cussage, P6cusse. \\ By., s. f. On 
dit : la peeque d'un oiseau, pour le bee ; d'ou 
Pecquie et Pecquetie, boucn^e, plein le bee. 
Mais on dit Abecher, donner la bech6e, pour : 
apporter la pecqu^e aux petits. La poule a 
pris une bonne pecquee. Le pinson porte la 
bichie a son nid. 

Pecquet (Bg.), s. f. — Bouch^e ; p = b. 
By. Id. f et aussi Pecquetee. 

Peere (Segr.), s. m. — Pour : bee d'oiseau. 
De la on dit : II s'est repicri devant moi, — 
pour : regimber. (M£n.) 

Peeogsage (Mj.), s. m. — Man teres de b6- 
gueules. Propos, jabotages de commeres, Ian- 
tiponnage. — Syn. de Bobotage, Papotage, 
PHassage. V. Pkcusser. 

N. — A rapprocher, sans assimiler, le peeque 
de Moli^re : « A-t-on jamais vu, dites-moi, 
deux pecques provinciales faire plus les renche>ies 
que celles-la ? » {Pricieuses, I.) V. Peeque. 

Pteusse (Mj.), s. f. — B6gueule, mijaurSe, 
sainte-nitouche ; fern me ou jeune fille aux 
id6es 6troites. || P6core, peronelle, caillette, 
agnes, renche>ie. — Cf. Jaub., a Paquoin. 

Et- — Ce mot est voisin du fr. P6core. Tous deux 
d^rivent du lat. Pecus, pecoris, bdtail. 

Hist. — « Les hobereaux guindes, les cailles 
coillees, les sottes peronelles, les pecques provin- 
ciales, qui font les rencheries. » (Extrait d'un 
centon, formd de phrases de V. Cherbulliez, cit6 
par O. Deschamps, Annates pol. et litt., n° 837, 
p. 28, col. 2.) 

Pteusser (Mj.), v. n. — Cailleter, tenir des 
propos de b6gueule, se livrer a des bavardages 
insignifiants, comme>er. C'est parler oomme 
une p6cusse. Syn. de Boboter, Papoter; Petas- 
ser. 

Ptdale (Bl.)t s - f- — Personne orgueilleuse. 
Est-ce pour : p^dante, pedant, aui aurait 
perdu le t final? P6dan, pSdane, pedale. 

PegUrer (Mj.), v. n. — Patauger. Syn. 
PatouiUer, Gassouiller. || Bouleverser, far- 
fouiller. Syn. de Fouger. 

Pegnaud (Tim.), adj. q. — Pleurnicheur. 
Syn. de Pignard. || Tres sensible au moindre 
mal. Syn. de Pichelin. 

Et. — De>. d'un v. P£gner, que je n'ai pas en- 
tendu employer, mais qui est une forme interm6- 
diaire entre le fr. Peiner et le pat. Pigner. En sorte 
que Pegnaud est un doubl. du fr. Penaud, celui qui 
est en peine. 

Pegaier (Li., Br., By.), s. m. — Un panier; 

Erimitivement, corbeille a pain ; puis cor- 
eille en general. L'e se retrouve dans plu- 
sieurs dialeetes. V. Penier, Peignicre. 

Pegnocher (Lg., By.), v. n. — Etre mala- 
dif, ou croire l'fctre, s'6couter trop. Ex. : Qui 



Signoche vivoche. Syn. et d. de Pignocher. 
>e>. de Pkgnot) Pegnaud. V. Pignocher, sens 
different, 16g£rement. 

Pegnot, e (Lg. — Rg.), adj. q. — Difficile 
et maladif, qui ne mange que du bout des 
dents. Se dit d'une personne et surtout d'un 
enfant malingre. V. Peigmud. 

Et. — M§me rac. que Pignocher, Pigner. V. 
Peignaud et Jaub., a Pagnot. 

Pegre, s. m. — Filou. Quel plgr?. ! Cost plu- 
tdt de l'argot. Paralt tire" du lat. Pigrum, 
paresseux, surtout la 2 e forme : pigre. 

Plgulller (Mj.), v. a. — Manier, manipu- 
ler du bout des doigts. Se rattache, 6videm- 
ment, a Poguille. Gf. Pogler, Epiguiller. 

Pe haut (Li., Br.), s. m. — Pays-haut. Le 
Nord. V. PL 

Peignaud (Lg.), adj. q. — Douillet, trop 
sensible a son mal. Syn. de Pichelin. V. 
Pignot. 

Et. — De>. du fr. Peine, peiner ; doubl. de 
Poinoux et du fr. Penaud. 

Pelgne (Tim., By.), s. m. — ExtrSmite' 
d'une piece de toile que Ton a couple sur le 
metier et qui porte, effiloqu^s et pendants, les 
fils de chaine. Les mSnagdres en font des tor- 
chons a laver la vaisselle. 

Et. — Je ne crois pas aue ce mot soit le mdme que 
le fr. Peigne ; il me semole der. du lat. penna. En 
tout cas, il a pris le sens tres net de loque, surtout 
dans ses derives : Penille, penoille, et le fr. D£pe- 
naille. — J'ajoute que, dans ma jeunesse, j'ai 
connu, a Mi., une vieille pauvresse que tout le 
monde appelait « la Penance », c.-a.a. la loque- 
teuse. 

|| Mj., By. Carderesauvage. Elle a recu le nom 
de Peigne parce que les bractSes drues et 
raides de cette carduace*e forment un peigne 
naturel avec lequel s'amusent les enfants. — 
On sait bien que la tete 6pineuse de cette 
plante sert a carder la laine et a peigner le 
drap. On coupe, dans la tige, des longueurs 
de 10 centimetres ; on la creuse avec un fer 
rouge et i'on en fait des manches pour les 
d^vidoirs. Ces manches s'appellent des 
frames. Probablement du lat. Trameare, 
passer au-dela. Une broche de fer traverse la 
trame. — C'est le Scandix pecten. Syn. Pei- 
enerolle. || Partie d'une douelle qui d^passe 
le fond d'un fut, en dehors du jable. || Sa. 

— Au plur. Les peignes, — sorte de dartre 
suppurante du boulet du cheval. || Fig. — 
Ranged de dents que Ton montre. De la : 
dtpigner des dents. 

Pelgnee (Mj., By.), s. f. — Rossee, raclee, 
volee de coups. Du fr. Peigner. — Ex. : 
Apres qu'ils se sont ieu ben dagot^s, ils se 
sont foutu eine peignke que le poil en volait. 
Syn. de Pleumbe, Flopke. 

Hist. — Peigner, elriller, battre : « Print un gros 
baston duquel il commenca a le peigner de toutes 
les f aeons. » (Nuits de Strap., n, p. 141.) 

Pelgnerolle, s. m. — Pour : bouillon blanc ; 

— ou peigne, ou cardere, a cause de l'usage 

n-7 



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98 



PEIGNEROTE — PELOTER 



au'on en fait pour peigner les 6toffes (Scan- 
dix pecten). (MijN.) — V. Peignerote. 

Peignerote (Pt), s. f. — Cardere sauvage. 
V. Peigne, Peignerolle. 

Peignlere (Fu.), s. f. — Un panier a vais- 
selle. Serait mieux 6crit : P6gniere. 

Peignures (Mj., By.), s. f. — Ne s'emploie 
qu'au plur. — Filasse courte, grossiere et 
remplie de debris de chenevottes qui pro- 
vient du peignage des fibres textiles ; — 
m61ang6e de guertes. 

Peille ouesin ou voisln (Lg.), s. m. — V. 
Vouge. Cf. pour la forme du premier : Ouesse, 
Ouirir. V. Pille-voisin. 

Pelllot, p6yote (Mj., Sal.), s. m. — Pouliot. 
Corr. du mot fr. — Syn. et d. de PUuot. 

Et. — Lat. Pulegium, qui vient de pulex, puce, 
et veut dire Herbe aux puees, chassant les puces. 
All. Flohkraut. — Bat. Mentha pulegium, Peliot. 

Pelne-A-vivre (Mj.), s. m. — Celui qui a 
peine a vivre. 

Pelnt, — se (Mj.), part. pas. — Peint,te.Cf. 
Etreint, se. 

Pelnturlurer (Mj., By.), v. a. — Peindre 
grossierement, en couleurs criardes ; enlumi- 
ner, peinturer. Dimin. de ce dernier mot. 

Peking (Ag., By.), s. m. — Chose sale. Ne 
touche pas a ca, dira-tron a un enfant, c'est 
du p6kias. || By. Prononc. po^kia. V. Piquias. 

P6kln (Mj., By.), s. m. — Quidam, parti - 
culier, paroissien. Syn. de ChrUien, In- 
dien, etc. G'est une extension du sens que 
donne Hatzfeld. || Mirliflore. Ex. : II fait 
son pekin, — il se gobe. Cf . Faire sa merde. 

Pelasse (Sp.), s. f. — Motte engazonn6e. 
Syn. de Pelon. De>. de Pelasser, du fr. Peler. || 
Lg. — Pelure, de poire, de pomme, etc. Syn. 
de Plumasse. || Ecorce. 

N. — Pelage. Action d'enlever a la pioche les 
gazons qui forment comme une peau sur la terre, 
les bruyeres, etc. C'est I'operation a laquelle les 
agriculteurs donnent le nom d'ecobuage. (Jaub.) 

Pelasser (Sp., Lg.), v. a. — Peler. Frequent, 
de Peler. Syn. de Pleumer. || Lg., v. n. — s'Ex- 
corier. 

Pelassoux (Lg.), adj. q. — Dont la filasse 
est rude et grossiere. Se dit du lin. Cf. 
f House. 

Pelaut, — ot (Lg.), s. m. — Dimin. du prem. 
Pierre. Syn. de Pier ret, Pierrot. 

Pelauder (Sp.), v. n. — Se peler, se d6plu- 
mer ; perdre ses plumes ou son poil ; devenir 
chauve. || Mj., Se battre, se gourmer. — 
De>. p6jor. du fr. Peler. Litteralement, c'est 
se battre a s'arracher la peau. 

Et. — Der. du lat. Pellem. On dit dans le m§me 
sens : Se tanner la peau ou le cuir. 

Hist. — « A grands coups de fourche ils te pelau- 
deront si dru qu'il ne te prendra fantaisie de bau- 
douiner. » (Rab., P., v, 7, 499.) 

Pelbrette (Bf.), s. f. — Etre en pelbrette, — 



£tre occupe* a une chose. « Puisque M. V. est 
en pelbrette et n'a pas de crainpennete (et ne 
craint pas sa peine) pour se donner du mal, 
dis-lui que les queniaux ne sont pas seuls a 
s'inte>esser a ces rimiauxAk. » 

Pe!6 (By.), part, pas., s. m. — Quidam. 
S'emploie en ce sens dans la loc. : Quatre 
tondus et ein pelt, — c.-a-d. un nombre 
insignifiant de personnes. || Mj. — Trois 
tondus et un pele. 

Hist. — a Mais voyant que la n'estoient que trois 
teigneux et un p<?//de legistes, se partict dudict 
lieu. » (Rab., P., n, 5,123.) 

Pel6c (Mj.), s. f. — Pousse abondante, 
quantity de brins durs et serr6s. Ex. : Eine 
pelie d'harbe, de barbe. Syn. de Houssee. \\ 
Foison, foule, ribambelle, multitude. Ex. : 
Eine pelee de formis. — Abondance. Syn. de 
Flopee, Confusion, Tapee, PergaUe. 

Peleron (Mj., Lpm.), s. m. — Enveloppe 
6pineuse de la chataigne. Ex. : II est archigne 
comme ein peleron. Syn. de Pelon. 

Et. — Lat. pellem ; fr. pelure. — N. Pelon. Du 
celtique Pellek, qui a une forte peau, en pari, des 
fruits. (Borel.) e nul. 

Peleux (Craon), s. m. — Sp6cialement : 
Agriculteur qui laboure a tres petite pro- 
fondeur, qui ne fait que peler la terre. — 
Syn. de Peneiller. 

N. — Terre en friche : « Demi arpent de vigne 
et demi arpent de peleux. . . ouquel peleux assez 
tot apres il fit planter vigne. » (J. J. y 106, p. 259, 
an. 1374.) L. C. 

Peliau (Mor.), s. m. — - Bois pete. Vx fr. 
pelu. (MIsn.) 

Pelisse (Mj., Lg., By.), s. f. — Motte de 
terre gazonnSe. || Epaisse toison d'herbe, 
de laine, etc. 

N. — De Montesson l'explique par le v. Pellir, 
prendre avec une pelle, ramasser par terre. — Je 
prefere la rac. Pellem, peau. 

Pelisson (Mj.), s. m. — Sorte de peau dont 
se recouvre la bouillie au lait et le riz au lait 
en se refroidissant. — V. Pelisse. 

Pelle (Mj., By.), s. f. — Dans la loc. : 
Foutre la pelle au cul, — renvoyer, cong£- 
dier. || Tim. — Vanne d'6cluse ou d'etang. 
— On dit aussi Palette. || Chute de bicyclette. 
Ramasser eine pelle. Recent. 

Pelon (Tim.), s. m. — Surface gazonn^e 
d'un pr6. Syn. de Pelee, Pelisse. || Lg. — 
Bogue, enveloppe ^pineuse de la chataigne. 
Cf. Epelouner. Syn. de Peleron. 

N. — Hist. « II me fut montr6 un grande nombre 
de poisson arm6 (oursins), qui estoit fait en forme 
d'un pellon de chastagne. » (Bern. Paussy.) 
Jaub. 

|| Motte gazo:in6e. Syn.de Pelasse. ||Gazon, 
herbe. 

Peloter (Mj.), v. a. — Cajoler, caresser, 
etre aux petits soins pour chercher a araa- 
douer, a se concilier par des prevenances. 
Syn. de Cheintrer, Filouser. — C'est manier 
qqn comme une pelote. 



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PELOTONS — PENfiTE 



99 



& Pelotons (Li., Br., Mj., By.), s. m. plur. — 
Virer les pelotons, — se pelotonner sur soi- 
meme et se laisser rouler sur une pente 
douce, — jeu d'enfants. || Tomber en roulant 
sur soi-meme. 

Pelotonner (Sp., Lg.), v. a. — Pelotonner. 

Peln (Mj.), adj. q. — Je ne Pai entendu 
employer que dans cette loc. : Cest la misere 
toute peine, — complete, absolue. 

N. — « On a cru que la faim, lorsqu'on y est 
souvent expose, fait crottre le poil : a De faim 
estoit trestoz pelus. » (Ms. 7218, f° 4. -^C.) 

Peluehon (Sar.). — Chien bichon, griffon 
ou caniche. 

Et. — Peluche. D'une forme non latine : pilu- 
cius, de : pilus, poil. 

Peluot (Ssl.), s. m. — Pouliot. Syn. et d. 
de Peillot. 

Pelure (Mj.), s. f. — Fig. Les vetements. 
Ex. : Que je quitte ma pelure ! 

Pelventiere, s. f. — Pelle en bois pour 
remuer le grain, c.-a-d. pelle jetant au vent 
le grain. * 

N. — Cf. Pelleversage, — pelleverser, labourer a 
la beche. 

Penader (Lrm.), v. n. — Vagabonder. 

Penally (Lg., Lrm.), adj. q. — V. Pe- 
neilloux. 

Et. — A. fr. Pene, pane, — harde, etoffe, — avec 
la desinence pejorat. aille. — Lat. Pannus. — Pe- 
naillons. — haillons, dans Rabelais. 

Penfiilloux (Lg.), adj. q. — V. Peneil- 
loux. 

Penances (Br.), s. m. — Vetements. V. 
Pennances. 

Penard (Mj.), s. m. — Cul, derriere. Ex. : 
Je n'ai jamais mis de marmotte sour mon 
penard. Je te vas taper sus ton penard. — 
N\ Le mot est vieux. L'e se prononce a 
peine. Cf. Penet. || Lg. Penard. — S'emploie 
dans la loc. : Envoyer au pinard, — envoyer 
promener. — Cest le pendant de la loc. 
montj. : Envoyer au pktard. No tons en effet 
que Petard et Penard designent le . . . mal- 
s£ant. || Belle carpe. Cuprinus carponardus ; 
B. L. panardus, de la : panard, d'apres Case- 

5EUVE. 

Penassage (Mj.), s. m. — Bavardage, 
comme>age. De>. de Penasser. Jabotage, 
caquetage. Syn. de Papolage, Rapidmus. 
Ex. : Alle en ont fait d'ein penassage, ces deux 
bobotes-la ! Syn. de Bobotage, Petassage. 

Penasser (Mj.), v. n. — Jacasser, bavarder, 
caqueter, jaboter, lantiponner. Syn. de Papo- 
ter t Pitasser, Boboter 

Penehe-en-mar. (Mj.), s. m. — Sobriquet 
de feu le pere Ribault, de la Queue-de-1 lie, 
qui marchait penche d'un c6te\ 

Pendant. (Mj., By.) — Tout pendant 
que, — pendant tout le temps que. Ex. : 
Alle a dod£ tout pendant le sarmon. 



Pendard. — Nom donn6 aux taupiers Tqui 

Sendent aux arbres les taupes qu'ils prennent. 
adis, le bourreau. 

Hist. — « A un vendredy, il fut condempne a 
estre pendu ; mais pour ce que le pendart n'y estoit 
pas, il fut differe jusques au dimenche que ledit 
pendart vint. » (J. /., 117, p. 35, 1380.) L. C. 

Pend -collet (Lg.), s. m. — Celui qui a le 
cou de travers, qui penche la tete de c6te\ || 
La Pom. — Sobriquet de feu X. 

PendeUler (Lg.). — Pendiller. Cf. Feille, 
Gueneille. 

Pendiller (Mj., By.), v. n. — Pendre, £tre 
suspendu. 

Hist. — a ...Les martelez qui dehors erent 
pendUlans. » (Rose, v. 21, 916. — L. C.) On dit 
d'un gamin qui a la morve au nez : La gadille a 
Pierrot pend die. (Sar.) 

Pendlliet 9 , pendiltete (Sp.), s. m. — S'em- 
ploie dans la loc. : Etre ou Rester au pendil- 
let, — etre ou rester suspendu. Syn. ae Pen- 
dilloche. 

Pendilloehe (Mj., By.), s. f. — Etat de ce 
qui pend. S'emploie dans l'express. : Etre ou 
rester a la pendilloehe. — suspendu. V. Pen- 
dillet. 

Hist. — « L'une la nommoit ma petite dilie, 
Faultre mon bondon..., ma pendilloehe. » (Rab., 
G., i, 11.) Cest une forme dialectique pour : pen- 
deloche, s. verb., de : pendelocher, d6r. de Pa. v. 
pendeler, pendiller, pendre. V. Rab., i, 68. g 

Pendillolre. — V. PendUloche. 

Pendoir (Mj., By.), s. m. — Morceau de 
bois de frene de la grosseur du poignet, 
16gerement arqu6 en son milieu et ayant 
vers chacune de ses extremites un cran (Tar- 
re* t. On y suspend les pores par les tendons 
des pattes de derriere, afin de les ouvrir et de 
les vider commodSment. — Pron. PendouS. 

Hist. — « Prit un pendouer a pendre bestes et en 
cuida frapper lesdits. » (J. J., 172, p. 9, 1419.) 

PendrlUoehe (Lg.), s. f. — V. Pendilloehe. 

PenelUe (Lg.), s. f. — Vieux vehement, 
loque, chiffon, guenille. Syn. et d. de Pbnille, 
doubl. de Penoille. 

Peneiller (Craon), s. m. — Paysan tou jours 
en retard dans ses travaux, ou qui les exe- 
cute mal. 

PenelUoux (Lg.), adj. q. — D6penaille\ 
d6guenille\ loqueteux. — Syn. de PenaiU 
loux, EpenilU, Pendilli, Gueneilloux, Gue- 
nilloux, V. Pkneille. 

Peneree (Mj., By.), s. f. — Paner6e. By., 
prononc. po6ner6e, comme po6nier, et m£me 
po^gnier, pour panier. V. Pknier. 

Penet', p6n6te (Mj., Tim.), s. m. — Der- 
riere, s6ant. Ex. : Tiens, vela ton queneau 
en train de lever le pknet. Cf. Penard. 

Penele (Lms, Z. 196, Fu.), s. f. — Coup, 
chute. Attraper eine penete, — recevoir un 
coup, faire une chute. ||Mj. Petit trou imprim e 
dans une toupie par la pointe d'une autr e 



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PfiNfiTRANT — PENSION 



toupie. — Et. Pour : p6n&tre, de pe*n6trer. || 
Courir la pen&te : courir la nuit, faire des 
sortileges dans le genre du farfadet, faire de 
mauvais tours. — Recevoir une pknite ou 
une routee. (M6n.) 

Penetrant, e (Mj.), adj. q. — Poignant, dou- 
loureux, pSnible, au moral. Ex. : C'est ben 
pknkxrani pour eine mdre de pardre son 
enfant, son monde. || Cuisant, dScnirant. 

Punier (Mj., By.), s. m. — Panier. || Sorte 
de berceau en osier. || Punier des retailles. 
V. Retailles. || Sp. — Punier a crottes, — le 
derriere. || Sp. — Dans Taut' punier ! — 
Exclam. prov. qui exprime Vincr6dulit6 et 
rSpond au fr. : A d'autres ! — Qqf . on com- 
plete en disant : Dans Taut* pinier a sont pus 
molles. (Des nefles?) || Mettre dans le penier 
de qqn, — lui dire nettement son fait. || 
Mettre dans le mSme pinier, — ranger dans 
la merae cat6gorie. || Faut pas mettre tous 
ses oeufs dans le merae pinier, — il ne faut pas 
placer tous ses fonds sur la m£me valeur, 
pour ne pas tout perdre a la fois. — V. 
Jaub. Citat. 

N. — La forme : panier 6tait alors conside>ee 
comme archaique, car on lit : « Quant il le oy ainsi 
fourchier en langaige, en disant : paniers, prist a 
rire par esbatement : Meschance aviegne a la 
vieille qui te aprist a parler. » (J. J., 121, 1382.) 

Punier -malaquln, — mannequin, — mara- 
quln (Mj., Lg., 1 et 3), s. m. — Tr&s grand 
panier, manne, mannequin. 

Penllie l (Tim., Sal.), e tr&s bref, presque 
nul, s. f. — Guenille, loque. S'emploie surtout 
au plur. — Fr. Penaillon. Syn. de Roupille, 
Peneille, Nampille. Cf. D6penaille\ || Penilles. 
— (Jv.) Loques, bord d^chire* d'une robe. 
Syn. de Nampilles, Pernampilles. || By. Po6- 
mlle, d'ou Epo6nille\ 

Et. — De>. de Peigne. II convient de rapprocher 
ce mot de Penoille, qui doit avoir m6me origine, 
et aussi de remarquer que le lat. avait Penula, 
manteau de soldat. || En bret., Panne, penne, 
eflllochures d'un vetement qui s'use par le bord. 

Penille * (Lg), s. f. — Epi lache, comme 
celui du mil ou du sorgho. Syn. de Cille. 
Ex. : On coupe la piniXle du meil, et pis, pus 
tard, on arrache le meilloU V. Penoille. 

P6nl tender (Mj., By.), s. m. — Enfant aui 
a 6t6 puni, souvent mis en penitence a r^cole. 
Cf. Vacancies 

P'enleeas (Mj.), adj. a. — Incapable de. 
Ex. : T'es p'enleeas d'enlever ca. V. Pascas. 
Cest une forte contr. de Pas en le cas. V. 
Cos. 

Hist. — « Y s6 pas un vieux chouan !. . . Y se 
un jeune chouan ! reprit-il, et vous voyez ben qu*y 
s£ pas en cas de vous faire du mal. » (H. Bour- 
geois, Hist, de la Gr. Guerre, p. 63.) 

Pennances (Z. 122), s. f. pi. — Linge qui 
commence a etreuse\ Syn. Nampilles. 

Pennon (Tim.), s. m. — Couple de yetres 
assoctees, c.-a-d. suspendues aux m ernes 
cordillons et rattach6es par un meme tra- 



verseau a la prouilllre d'une memie marche. 
Un metier de tisserand comporte deux 
pennons ou quatre yltres. Cf. Peigne. 

Et. — De>. du lat. Penna, car l'ensemble des 
ficelles que porte une ydtre rappelle fort la dispo- 
sition des barbes. d'une plume. 

Penoille, peno-ille (Tim.), s. f. — S'emploie 
dans la loc. : Ivraie penoille, sorte d'ivraie 
dont F6pi porte de longues barbes, — ou 
plutdt dont l'Gpi est lache et compose 
d'epillets portes sur des p^doncules assez 
longs. || Lg. Epi lache de certaines cer^ales. 

— Ex. : Eine penoille de mil. V. Penille * 

P6noux (Mj.), adj. q. — Deconfit, mau- 
piteux, d6contenance\ confus, humilie\ On 
dit aussi Poinoux. 

Hist. — « En la semaine penneuse de Paques *, 
c.-a-d. en la semaine sainte. (Livre des Metiers, 229.) 

Penoyer. — V. Mitrouillet (M6n.). 

Pense-bGte (Ag.), s. m. — Tout ce qui 
sert a aider la memoire, 6pingle a la manche, 
no3ud au mouchoir, etc. — Cf. Guide-Sne. 

Penser (Mj., By.), v. n. — Construit avec 
la prep. en. 

Hist. — » Or, adieu, pense en moy . . . » 

(J. du Bell., Vers traduits, p. 169.) 

— « Et en cela n'y a ni ambition ni fraude, parce 
que l'impetrant ne pense pas en la mort par souhait, 
ains par crainte qu'elle arrive. » (CousL d'Anj., 
t. II, col. 864.) 

Pense-vons? (Mj., By.), v. interr. — Pen- 
sez-vous? Cf. Voye-vous? Sav-vous? Craye- 
vous? Entende-vous? Av-vous? Les deux v 
se prononcent. N. Pas a Mj. : A-vous. 

Pens!, le (Lg.), adj. q. — Pensif-ive. Cf. 
Tardi, Chkxi et le fr. oli, pour Jolif. 
Hist. — Poesies avant 1300 : 

« Son cors, sa gorge polie, J 

« Si vaire ceil, poignant, jolis, 

« Me font nuit et jour pens is. » (L. C.) 

Pension (St-P., Mj., Lg.), s. f. — Le vert ; i 
choux, fourrages verts, etc. Ex. : G6ne>ale- | 
ment, la pension souceye bien dans les rndques. 
V. Pansion. 

Et. — Lat. Pensionem, payement, de pensum, 
supin de pendere, payer. Ce qu'on paye, pour 
e"tre nourri, puis nourriture. (Lrrr.) — « Aucune 
distinction entre Panser et Penser. » — Penser, 
songer a, s'inqui6ter de : 

« Gentil seigneur, si bien savez la voie 

* Par ou vous vintes, pensez du retourner. » 
(Chanson du XV* s.) — De la 1'express. : « II 
penserent ce jour et le soir moult bien d'eulx % 
c.-a-d. ils firent bonne chere. (Froiss., xm, 62.) — 
« Ce vertueux prince tomba malade ; toutes fois 
parce qu'il estoit jeune, fort et robuste, ne tenoit 
compte de se faire penser. » (Nuits de Straparole.) — 
« Si tost comme ilz l'eurent desarmG et eurent 
penst son cheval. » {Lane, du Lac, m, f° 101.) Pen- 
seur, celui qui panse : 

« Quand je seray lassus en mes chasteaulx 

« Et vous serez ung penseur de chevaulx. » 

(Chanson du XV* s.) 

Penseur, celui qui pense : Pierre Faifeu, p. 91 : 

t Un bon penseur pense au revers qu'on pense. « 
— t Le gouverneur d'un Elephant. . . desrobboit 



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PENSOIRE — PERCHAUDE 



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4 touts les repas la moitie de la pension qu'on lui 
avoit ordonnee. » (Mont., Ess., n, 12.) 

• Pensoire (Mj.), s. f. — PensSe, id6e, re- 
flexion, jugement. Ex. : Faut tout de m§me 
n'avoir guere de pensoire ! Cf. Comprenoire. 

Pente, s. f. — Semer sur la pente. Chaque 
sillon est combl6 de deux tours de charrue, 
mottes 6cras6es, graines et engrais places sur 
le sol, le tout recouvert par la charrue. (M6n.) 
|| Sal. Air pr^cieux. Avoir, se donner, se 
ficher une pente. Cf. Prendre des airs penches. 
Syn. Faire sa poire, sa merde. 

Pentecdte , Penteeoute (Mj. , Lg. , By^ 
Sal.), s. f. — Sorte d'orchis Ires commune 
dans les haies et les bois, qui fleurit vers le 
temps de la Pentecdte. V. Jaub., Citat. — 
Fu. Panclettes, coucou. 
Hist. — « De Paques a la Pentecouste 

« On n'a pour dessert qu'une crouste. » 
— ... La Pentecouste 

« Ne vient fois qu'elle ne me couste. » 
(Rab., P., n, 12, 141.) 

Pentoire (Mj.), s. f. — Cable qui sert a 
relever et abaisser le mat et qui se manoeuvre 
a l'aide du treuil d'avant. Le mot : itai, qui 
designait autrefois ce cable, et qui elait 
emprunte* aux marins, est maintenant a peu 
pres inusitS. D'ailleurs, l'6tai se manoeuvrait 
au moyen du guindas d'arriere, car, autre- 
fois, le m^t se couchait sur le nez des ba- 
teaux. 

N. — « Perche ou Ton pend les draps pour les 
faire s6cher : a Item un pentouer a pendre draps, 
avecques une loige assise en la paroisse de Saint- 
Goudard de Rouen. » (1359.) L. C. 

P6on (Z. 114, By., Ag., Tr.. Z. 141), s. m- 
— Avoir le pion dur, &tre paresseux, comme 
qui dirait : avoir un poil dans la main. — 
Le pion, c'est la t&te. 

Pepa (Li., Br.), s. m. — Papa. Cf. Papa* 
Poupa. || Lg. — Pepa. 

P6p6 l (Lg., Sp., By.), s. m. — Grand'pere. 
V. Mime. 

P6p6 * (Sa.), s. m. — C'est le Pain-feu de 
Segre\ (Enanthe-safrane\ Syn. Meckon. — 
Bat. (Enanthe crocata, Penfeu, Pensacre. 

P6pere (Mj., By.), s. m. — Pere, terme 
enfantin. || Qqf. Grand'pere. 

Pepetes, PepeUes (Mj., By.), s. f. pi. — 
Especes sonnantes, pieces de monnaie, 
argent comptant. C'est ce que le beau monde 
appelle aujourd'hui si elSgamment : la 
gafette. Syn. de Monacos, Braise. Ex. : Faut 
des pipettes pour acheter ca ! Cf. Poupettes . 

Et. — Der. de la mfime racine que Pttas, par 
redoubl. de la premiere syllabe. 

Pepin (Lg., etc.), s. m. — Parapluie. Syn. 
de Rifflard, Tiennet. 

Pepine (Li., Br.), s. f. — Pepin, grain. 
Epiucher des pipines de citrouille. || By., 
Mj. Prononc. Poupin, de palourde ; huile de 
poupins. Syn. Pitran. 



Pepique (mieux, Pipique), s. f. — Epingle 
qui peut piquer les eniants ; — une 6pine, etc. 

Peque (By.), s. m. — Bee. V. Bichi. V. 
Pecque. Toute la region N. d' Angers. 

Peqalfiqulfts (Mj.), adj. q. inv. -— Forme 
caressante de Piquias. 

Ptquias (Mj., By., Sp.), adj. q. inv. — Sale. 
C'est un terme enfantin, syn. de Caca, Hac. 
V. Pikias. — Ex. : Ne touche pas a ca, c'est 
piquias, — dira une maman a son b6b6. || 
S. m. Saligaud. « Hue done, vilain piquias ! — 
Mot enfantin que les meres allongent souvent 
en : Piquidquias. 

Pequlon (Z. 130. — My., By.), adj. q. et s. 
— Petit. Autre prononc. de Petiot, Pequiou 
V. le suivant. Cf. le provenc. Pitchoun. 

Pequlonquion, s. m. ou f. — Une petite 
pequionquion, — une petite fillette mal 
mise, sans apparence, gr§le, mince. — Dimin. 
caressant de Pequion. Cf. Pitonton. 

Pequlot (By.), s. m. — Pour Petiot, avec 
la prononciat. de ti particul. au patois. Petit. 

Peq ul o une (Sar.), — Dimin. amical de 
Pequiot. 

Perboa^cher (Mj.), v. a. — Syn. et d. par 
corrupt, de Terbouecher. 

Perboulncer (Mj.), v. a. — 'Secouer forte- 
men t, bousculer, tracasser. Syn. de Ber- 
dancer, Haribauder. Cf. jAUB.,a Fourbanser. 

Percage (Mj., By.), s. m. — Sorte de vrille 
ou de vilbrequin ; outil servant a percer. 
Syn. de Guimblet. En fr., Percoir. 

Pereepied. — Petit pied de lion. Achemilla 
arvensis. (Bat.) M6n. — Bat. ecrit Perce- 
pier. 

Perce -plerre, s. m. — Douce amere. V. 
Courge. (M6n.) Syn. Bois de rime. 

Peree-poehe (Lg.), s. m. — Geranium ; 
herbe a Robert. Syn. de Aiguille. 

Pereesslon (Mj., Lg.), s. f. — Procession. 
Mot vieilli a Mj. — Pat. norm., id. 

Pereetle (Mj., By.), s. f. — Petite vrille tres 
fine. Syn. de VrUlette, Guimblet. 

Peree-vln (Mj., By.), s. m. — Percoir. 
Vilbrequin servant a mettre le vin en perce. 

Perehas (Lg.), s. m. — Syn. et corr. de 
Pourchas. Etre d'ein bon perehas, c'est 
savoir tirer parti des choses et des circons- 
tances, savoir attirer l'eau a son moulin. Se 
dit des pers., comme on dit a Mj. : Etre d'ein 
bon pourchas. \\ La mSme express, au Lg., 
s' applique aux animaux qui mangent bien, 
qui profitent de leur nourriture. Ex. : Vela 
ein boeuf qui est d'ein bon perehas. 

Et. — Pourchasser, chasser avec ardeur ; 
pourchas, ce qu'on pourchasse, occupation. 

Perehaude (Lg., By.), s. f. — Perche, pois- 
son d'eau douce, acanthopte>ygien. Syn. 
du Mj., By., Parchaude. — D'un mot grec : 
noir&tre, par le lat. Perca; 



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PERCHER — PERMISSION 



Pereher (Lg.), v. a. — Faire obliquer a 
droite ou a gauche la perche (age) de la char- 
rue sur la selle, en la maintenant au moyen 
des broches. — Perche ; lat. pertica. 

Perchette. — Petite perche. — Bois ou 
Poisson ? 

Perelgnolet, s. m. — Derriere. Tomber 
sur son percignolet. (M6n.) Syn. Pkard. 

Perclr (By.), v. a. — Peser. 

N. — Appuyer sur qqch., peser sur, eteindre. 
(Or.) II Persir, pour : pressir. Cf. Pressoir, = per- 
soir. (Dot.) — De Mont., id. || By. Poerst, pour : 
pressir,, presser, comprimer : d'ou po£rsoir, poer- 
sou6, pour pressoir. Le mot percoir se pron. par- 
coir ou parcoue. 

Percoie, s. m. — Pour : Percoir, vrille. 

Percoter (Mj., By.), v. a. — Percer de trous 
nombreux. Cf. Picoter. 

Perdition (Ag., By.), s. f. — Etre en per- 
dition, — §tre en danger. V. Pardition. 
« C'ment ! tu reclames a manger, y a deux 
heures que tu sors de table ! T'es pourtant 
pas en perdition ! 

Perd-pied (a) (Lg.), loc. adv. — Jusqu'a 
perdre pied. Ex. : Je sais nager, mais je 
n'aime pas aller a perd-pied. 

Perdre (Mj., By.), v. a. — Perdre la boule, 
la boussole, la carte, — perdre la tete, de>ai- 
sonner, foUier. V. Pardre. 

N. — Tous ces termes sont faciles a comprendre. 
La boule, la tete, a cause de sa forme plus ou moins 
ronde ; la boussole, si n^cessaire aux marins, 
comme la carte. On ne peut plus se dinger. 

Perdrix, s. f. (Mj., Sp.). — Manger des per- 
drix (pardrix), — subir des pertes. — Jeu 
de mots sur le v. perdre. V. Marrons. 

Perdu, pardu (Mj., By.), part. pas. — 
Souvent pris adverbialement, indique le 
superlatif. Perdu saoul, — absolument ivre. 
— Sa vache est pardue bouvardiere ; il est 
pardu poitrinaire. 

Pere (Mj., Lg., Sp., By.), s. m. — Animal 
made, par oppos. a Mere. — Cette paisse-la 
c'est ein pere. N. On en fait pr6c6der le nom 
g6ne>ique : C'est ein pere lapin. Cf. Male, 
Mire. || Sp., Mj., Lg. — Levain. Ex. : Je vas 
faire mon pere pour boulanger demain. 
L'image est yive et juste. || Animal, fruit, 
objet qcq. qui se distingue par sa grosseur et 
dont le nom est masc. V. AUre. || By. Gros 
fruit ; en particulier l'artichaut, qui se montre 
le premier, au sommet du pedoncule ; il est 
plus gros et porte sur un gros pedoncule, vul- 
gairement, la queue. C'est le pere. Les autres, 
ported sur les pedicelles, sont plus petits et 
dits : les enfants. — A c'te heure que v'la, les 
artichauts qui vont se parattre (se develop- 
per hors des feuilles) et qu'i sont ben tendres, 
serrez-m'en done (cueillez m'en) que qu'z-uns. 
mais, vous savez, ren que des pcres, avec de 
grousses queues. — On dit alors : la queue 
vaut le oil, c.-a-d., sur une longueur de qqs 



centimetres, la queue se mange comme le 
receptacle, ou le fond, vulgairement, le cul. 

Pere anclen (Lg.), s. m. — L'aieul, Thomme 
le plus vieux de la famille. 

Perentonle (Lg.), s. f. — Peritonite. Syn. 
et d. de Ptritonie, Ptrientonie. 

Peres-nuds. — Pour : Pieds-nus. Peres 
capucins qui ne portent pas de bas. (M6n.) 

Perflter (Lg.), v. n. — Profiter. V. Per- 
cession. 

Pergalee (Mj., By.), s. f. — Grande 
quantity de fruits. Syn. de Tapee, etc. 
V. la note sur ce mot. 

N. — On prononce souvent Pargalee, Pargaler, et 
a ces mots doit se rattacher Texpression : En 
pa tale, c.-a-d. en desordre, 6parpilU comme des 
fruits abattus a coups de gaule. 

Pergaler (Mj., Lue\ By.), v. a. — Pourchas- 
ser, frapper a coups de gaule un animal en 
maraude. Syn. de Pringaler. — Cf. Fougaler, 
Jaub. — M§me sens que Chaff ourer. V. 
Pourgaler. || By. Poergaler. 

Hist. — « La m^nagere qui i'entendait (/a poule 

?ui chantait le jau) pour la premiere fois, dressait 
oreille, 6coutait attentivement et, des qu'elle 
s'tHait bien assuree de la realite, elle laissait tout 
de cote pour pregaler la poule jusqu'a ce qu'elle 
i'eiit pincee. » (La Trad., p. 265, 1. 13.) 

Peri (Mj., By.), part. pas. — D6pe>i. Ex. : 
II a ein bras qui est tout peri, — atrophia. j| 
S. m. Grain dep^ri. Ex. : Y a ben du plri 
dans cete forment-la. 

P6rl6 (Lg.), adj. q. — Transi, morfondu. 
Ex. : Je s6 perie de fr6. — Fr. peri? Syn. de 
Terni. 

Perlentonie (Lg.), s. f. — Peritonite. Syn. 
et d. de Plritonie, Perentonie. 

P4riol6 (Mj.), s. f. — V. PriolL 

FMr° (Mj., By.), v. n. — Deperir, s'atro- 
phier. Ex. : II a ein bras phi. |j Locut. : 
Tu t'en ferais perir, — formule de refus. 

Perissolre, s. f. — V. Neyette. Embarcation 
bien nommee. 

Plritonie (Mj., By.), s. f. — Peritonite. 
Syn. de Perentonie, Phientonie. 

PerJIter (Mj.). — Vieux, tres vieux mot 
montj., a peu pres oublie aujourd'hui, qui 
signifie : grommeler, marmonner. 

N. — « Tout en fugent £u prejitavo. » (Tout en 
fuyant il grommelait. — Mireille.) 

Perjuter (Lue., By.), v. n. — Faire sortir le 
jus en pressant. || By. Poerjuter. V. Percir. 

Permanence (Mj., By.), s. f. — |Ne s'em- 
ploie que dans la loc. : En permanence, — en 
desarroi, en desordre. Ex. : Je n'ai jamais vu 
ein brise-barriere pared ; il a tout mis en 
permanence. V. Parmanence. 

Permener (Lg.), v. a. — Promener. Pron. 
peurmener. 

Permission, s. f. — Aux environs de Cho- 



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PERNAMPILLES — PERROIRE 



103 



let, il arrive souvent qu'on preterite a un 
fumeur une feuille de papier a cigarette, en 
lui disant : Voulez-vous me signer ma per- 
mission? — Cest une maniere de chiner une 
cigarette. Cf. Tabac de Chine. 

Pernampilles (Mj.), s. f. plur. — Hardes, 
loques, d^froques. Qqs disent simplement 
Nampilles. — Bout d'^toffe qui pend, vieux 
habits. || Z. 134 e . — Q. — Accessoires de toi- 
lette, la toilette elle-m&me. — Syn. de Gani- 
celles, Hanicelles, Pelure. 

Perouin (Mj.), s. m. — Provin, sarment 
dont on fait une marcotte, sautelle. Syn. de 
Sautereau. 

Et. — Corr. du fr. — Lat. Propaginem. Cf. 
Propager. 

Perqainqain, s. m. — Impatient, anxieux. 
(Men.) Cf. Petintin. 

Perraod (Tim.), s. m. — Nom que Ton 
donne par derision aux habitants de la 
region situ6e au midi du pays, c.-a-d. a ceux 
des Deux-Sevres et de la Vendue, et m§me 
d'Yzernay et de Mautevrier. lis sont les 
perrauds du bas-pays. II convient d'ajouter 
que, deja, les habitants de la region de Tim. 
sont des perrauds pour ceux de Nuaille\ qui 
en sont pour ceux de Tr6mentines. — Cf. 
Galernois. 

N. — Le f£m. est Perrote. || Alors, le masc. 
devrait etre Perrot?|| R6ponse. Oui, logiqucment. 
Mais, en fait, il faut admettre les formes que je 
donne, parce que, au masc, la finale est longue et 
lourde, tandis qu'elle est breve au femin. Si on 
ecrivait Perrdt, au m., la difficulty serait la m£me. 
II faut observer que les adj. en aud, aude ont tou- 
jours des doublets en ot, ote et que tout cela se 
confond. Ex. : Boulaud, — aude, franc. Boulot, — 
ote ; Peignaud, — aude, et Pegnot, — ote. Palaud, 
— aude, et Palot, — ote, etc. 

Perrayage (Ag., By., Mj.), s. m. — Garni- 
ture ou revStement de pierre. V. Perrayer. — 
De : pierre, lat. petram. 

Perrayer (Ag., By., Mj.), v. a. — Garnir 
de pierres un caniveau, un puits, une jet6e, 
une lev6e ; empierrer une route ; lester de 
pierres le bord interieur d'un engin de peche. 

Hist. — Perroyer ; faire le metier de carrier : 
« Le suppliant, qui est demourant pres Angiers, 
ou il a accoustume de gaingner sa povre vie, ses 
femme et mesnage & labourer et a perroyer. » 
(/. J., 187, p. 75, an. 1457.) — « if y a dans 
1'ancien choeur. . . un enfeu perrayi et bien clos de 
murs. » (1729 Inv. Arch., Suppl., serie E., p. 347, 
col. 1, b.) 

Perrayeur-eux (Ag., By ), s. m. — Ouvrier 
des carrieres de pierre d'ardoise ; — et de 
chaux (Mj.) Syn. de Carreyeur. — Petrarium. 

Hist. — a March6 d'apprentissage pour Pierre 
BeHanger du metier de perrayeur d'ardoise. » 
(1751-56. — Inv. Arch., S, E, et sup. A, 21, 1.) 
Viennent aprds eux les mariniers, beaucoup de 
perreyeurs, pas un seul mineur. (Abbe All., 
N.8. Mj. t 242.) 

Pcrrf (Sp.), s. m. — Chauss6e de pierres 
espac^es en travers d'un ruisseau, qui per- 
raettent de le franchir ou de longer une 



partie du chemin inond6. 11 y a dans les 
chemins creux de Saint-Paul des perres de 
plus de 50 m. de longueur. Syn. de Passe- 
pierres. || Mj., By. Cest le revetement des 
levies de la Loire. Syn. Perrayage. 

Perree (By., Z. 197), s. f. — Assez grosse 
pierre qui maintient au fond de l'eau le bout 
de la corde attached a la patte d'une cane. 
V. F.-Lore, Chasse aux canards, n. 

Perrette (By.), n. p. — Perrine, Perrotte, 
tem. de Pierre. Est dans La Fontaine. 

Perreyeur-eyeux (By.). — Autre graphie 
de Perrayeur. Je preilre l'a — de Petrarius. 

— V. au Folk-Lore, Perrayeux. || Sal. 

PerrM, s. m. — Grosse pierre destined a 
retenir un bateau. (Men.) || Voir Peurier. 

Perriere (Mj., etc.), s. f. — Carriere de 
pierre quelconque, — de tuffeau, de pierre 
calcaire, d'ardoise. Lat. Petraria. — Syn, de 
Pierrilre. Esp. Pedrera. 

N. — A Mj., une maison bourgeoise antique 
(xvi° s.), ancienne demeure des senechaux de la 
baronie, — et, a Saint-Aug., une propriete impor- 
tante, portent ce nom de La Perriere. L'une et 
1'autre sont effectivement voisines de carrieres de 
pierre a batir. V. au Folk-Lore, xi a. 

Hist. — «S6pulture de Rene Fouqueau, ayantete 
tue par accident d'une prouillere a la perriere de la 
Masse. » (1723. Inv. Arch., E, n, 191, 2.) — « Se- 

fmlture de Christophe Lespinay, « tessitf en toile, 
equel jour d'hier. . . fut frappe en la venelle pour 
aller a la perritre. » (1617. — Ibid, 284, 1.) — 
« Lettre du procureur fiscal de Douces, qui signale 
les dangers du chemin qui borde la perriere Serin. » 
(1713. — Id, G, 67, 1.) — « Sepulture d'un inconnu 
« assassin^ en ce bourg par d'autres perriers . . . , 
lequel travaillait a la perriere du Coulombier. » 
(1658. — Id, S, E, Supp. A, 87, 2, 11.) — « Sepul- 
ture de Francois Gigault, perrayeur, « lequel, par 
une chute dans la perriere de Vilchien, s'est tue\ » 
(1704. — Ibid., 88, 1, 9.) — « Viam per quam itur 
de la Perriere apud Genas in alta via. » (1300. — 
Id, S, H, 240, 2, h.) — « Livre de levee pour la 

fterrikre, de la Gonardiere, indiquant la vente et la 
ivraison des ardoises. » (1723. — Id, S, s, H, 18, 2, 
28.) — « Disant que le tenancier ne peut outre le 
gre et volonte du Seigneur faire perriere, fouiller 
et enlever pierres de l'heritage. » (Coust. a" Anj., 
t. II, col. 94.) — o On tire l'eau de ces perridres 
jour et nuit, sans discontinuation, de peur qu'elles 
se noyent. » (Brun. de Tartif., Philand, p. 332.) 

— o Et, pour parler de la fertility du pays d'Anjou 
et singularity Dicelluy, je crois que aucun n'est 
qui ignore ou veille nier que en blez, vins et autres 
fruictz, bestial et pasturaiges pour iceulx nourrir : 
poissons, rivieres et fontaines : boys forestz : 
mines et perrieres pous Bastir : ne consiste la fer- 
tility dun pays. » (De Bourdione, Chron., p. 10.) 

— « ...La foison de toutes sortes de grains, les 
perridres de tufTeaux, ardoises, marbres et autres 
pierres blanches, grises, noires et. d'autres cou- 
leurs. . . » (Paschal Robin du Facz, Chron. ang. 
du xvn° s. — Anj. hist., 2 ? an., p. 91.) 

Perrine (Mj., By.), n. pr. — F6m. de Pierre. 
Hist. — « Charles et Perrine ont et6 mariez 
ensemble. » (Coust. <VAnj., t. II, col. 284.) 

Perroire (Mz6), s. f. — ? 
Hist. — L., domestique chez la veuve E., arriva 
pour soutenir la lutte contre les epoux R. II prit 



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104 



PERRONS — PESER 



dans une perroire un fusil et mit en joue le mari. 
(A. de P., 3 nov. 1907,3,2.) 

Perrons (By.), s. m. — Pierres qui main- 
tiennent la ligne de fond, cordee, ou le fond 
d'un encreau. V. Champeaux, Cordeaux, 
Epinoches, Virecou, Branles. \\ By. V. CoyeU 

Perseentenr (Mir.), s. m. — Par plaisante- 
rie, le Percepteur. 

Persllle, s. m. (Persille grandi) et Melinot. 
Caucalis grandiflora. (M4n.) 

Persilloire (Mj.), s. f. — Plate-bande de 
persil. 

Persll-Marslgouln, s. m. — Geranium 
Robertianum. (Mtm. et Bat.) Syn. de Ai- 
guilles. 

Persil-n 1'oie (Mj.), s. m. — V. Herbe d 
Voie. C'est le Nasturtium palustre. (Moean- 
deau.) 

Persir (Lue\ By.), v. a. — Presser, ecra- 
ser. V. Percir. Syn. Ecacher. 

Pergolr, persou6 (Mj., By.), s. m. — Pres- 
soir. 

Persoirer (Mj., By.), v. a. — Pressurer. 
Pour Pressoirer, du fr. Pressoir. 

Hist. — « Ceux qui ont pressoutrt au pressoir de 
leur seigneur. » (Coust. d'Anj., t. II, col. 24.) — 
« Dont est deu de anxiennete aux pressoudreux 
une longe de pourceau. » (1454. Inv. Arch., S, s, 
H, 53, 2, 37.) 

Person nerie (Mj., Lpm.), s. f. — Associa- 
tion de deux ou plusieurs fermiers pour 
Texploitation en commun d'une mSme ferme. 
Cette forme d'association, tres fr^quente 
autrefois dans la contree, ne se rencontre 
plus que par exception. II est rare de voir 
aujourd'hui des metayers en personnerie. V. 
Parsonnerie. 

Hist. — « Le suppliant dist a icellui Duval qu'il 
vouloit qu'ilz comptassent ensemble de la ferme de 
la revenderie des namps (gages, betail, etc.), dont 
ilz estoient personniers ensemble. A quoy ledit 
Duval respondi qu'il n'avoit plus cure de'la per- 
sounerie dudit suppliant. » (J. J., 166, p. 329, an. 
1412.) 

Personnier (Mj., Chi., Lg.), s. m. — Cha- 
cun des fermiers qui sont en personnerie. \\ 
Camarade, compagnon, en parlant de chacun 
des bceufs qui s'attellent au meme joug. V. 
Parsonnier. 

Persone (Li., Br., By.), s. m. — Pressoir. 

Persoane (Lg.), s. f. — Personne. Syn. et 
d. de Par sonne, Parsoune. 

Personnier (Lg.), adj. q. et s. — V. Par- 
sonnier. 

Pertintaille, (Mj., By.), s. f. — Tout ce qui 
depend d'une personne ou d'un objet, tout 
l'attirail. Ce nom collectif ne s'emploie qu'au 
singulier. 

Et. — Du lat. Peftinere, quod pertinet, ce qui 
appaitient a? — V. Berdindainc. 

Pertintaine (Mj., By.), s. f. — S'emploie 
dans la loc. : Chanter pertintaine, — chanter 



pouilles. || Toute la pertintaine, — toute la 
pertintaille. V. Berdindaine. 

Pertolre, pertoue>e (Mj., Ssl., By., Li., 
Br., etc.), s. f. — Sorte de demi-tonneau, a 
un seul fond ovalaire, d'une contenance 
d'environ 125 litres, dans lequel on entasse et 
on porte la vendange. || Regarder le bon 
Dieu dans eine pertoukre, — bigler, loucher 
V. Bignoler. — Pour Portoire, du fr. Porter. || 
By. Poertoue>e. 

Hist. — « La vis du pressoir s'appeloit recepte ; 
...les futs, soufTrance ; . . .les portoueres, ordon- 
nance valable. » (Rab., P., v, 16.) 

Pertolree, s. f. — Ce que contient une per- 
toire. || By. Poertoue>ee. ' 

Hist. — « Doivent dixme a l'hostellene de 
l'abbaye de Saint Nicolas, a raison d'une portoirrt 
peslede raisin par quartier. » (1786 Inv. Arch., H, i. 
75, 2.) — « Dans d'autres pays, on paye commune- 
ment un guibour, qui est une portoirti pesle et non 
foullee par quartier de 25 cordes. » (Coust. (TAnj., 
t. II, col. 1096.) — V. Pesle. 

Pertot (Lg.), adv. — Partout. Cf. Tot, 
Bitot. 

Pertus (Lg., Mj.), s. m. — Pertuis, trou. Ce 
mot etait fort employ^ par les anciens ; il est 
maintenant a peu pres hors d'usage a Mj. ; 
mais tres usit6 au Lg. — La premiere syll. 
se prononce tres breve. Cf. Busson, u = ui. IJ 
M4ni4eb : Se dit aussi d'un individu dont on 
ne peut avoir le dernier mot. (Segr.) — Au- 
tant de pertus, Autant de chevilles. (Id.) 

Hist. — R.de Vacce : 

« Chevaliers et borjoiz flrent tost sus lever, 

« Les bretesches garnir et les pertus garder. » 

Per laser (Lg.), v. a. — Percer de trous. || 
Pertus^, part. pas. : attaqu6 par les bruches 
ou cossons. — Syn. de Coussounb. Ex. : « Les 
talles des navines sont totes pertushes par les 
artusans. » 

Pervail (Sp.), s. m. — V. Prevail. Frairie. 
Faut-il en rapprocher les noms de ferme : La 
Premiere, La Pr^verie? 

Pervers, parvers (Mj., Lg.), adj. q. — 
M6chant, cruel. Syn. Traitre, Trique. \\ Lg. 
Mutin, endiable\ — Syn. de Endimenb, Endevi. 
L'e de la prem. syll. esf ferm6 et bref. 

Pervislon (Mj.), s. f. — Provision. 

Pervoil (Sch., Lg.), s. m. — Forme an- 
cienne du mot Proueil, encore fort usit£e a 
Saint-Christophe, mais vieillie au Lg. — Cette 
forme me fournit une 6tym. plausible du 
vocable Proueil. J'y vois le lat. Pervinculum, 
ou plutdt Provinculum, de Provincire. 
(R. O.) — C'est hardi ! 

Pesee (Lg.), s. f. — Poids de 3 a 4 kilog. de 
fil en echeveaux, que la fabrique d&ivre a la 
fois a une d6videuse, pour en iaire des ipelles 
ou des bibis. 

Peser (Mj., By.), v. a. et n. — Y peser, — 
se faire avec effort, avec difficult^. On dit, au 
propre et au fig. : £a illi P&e< II By., poese. 



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PfiSEROLE — PfiTfiCHIE 



105 



Hist. — Dans la citation suivante, peser signifie 
d'abord : s'inqui£ter de, puis : avoir un poids : 
« Je suis Francois, dont ce me poise, 
« Ne a Paris, empres Pontoise, 
< Et saura corde d'une toise 
a Ce que mon cul a mon col poise. » 
(Vnxox, qui vit de pres la potence.) 

Peserole (Tim.), s. f. — Petit poids sus- 

Fendu au bout d'une ficelle, laquelle, par 
interme*diaire d'une poulie et d'un crochet, 
tend a attirer le carteron vers le rouleau qui 
porte le fil de chaine. Langue des tisserands. 

— Du v. Peser. V. Folk- Lore, a ce mot, n. 

Peale. — Vx mot ang. Pleine, en pagale. 

Hist. — « ...Est deub chacuns ans aud. sei- 
gneur... au cours des vendanges une portoir6e 
pesle de rainsins par chascun quartier. » (Inv. 
Arch., G, I, p. 29, 2.) — Cf. Pele-mSle, m£ler avec 
une pelle ; d'ou Pelleverser. V. Pertoiree. 

Pes on (Mj., Sar.), s. m. — Poids qui met 
en mouvement le m6canisme d'une horloge. 
Cest le mot fr. dans un sens special. || Appa- 
reil place* a I'extr6mit6 de la tige du fuseau ; 
se fait en corne. (Segr.)... Autrefois, Ape- 
son, de appensum, le poids aui fait tourner 
le fuseau. . . » (M4n.) || By. V. Cression. 

Hist. — « Se il est ainsi que une flleresse tant 
d'estain comme de tralme, ait gast6 un peson de 
filer, li diz pesons sera port6 par Severs les maistres 
du dit mestier, et. . . perdra son salaire de ce que 
v aura gaaign£. » (Ordonn., m, p. 517.) — L. C. — 
fa. Peson me semble plutdt signifier ici Peste. 

Pesse. — V. Passe. (M6n.) || Sal., s. f. 
Moineau, Paisse. 

Pesse a a (Sar.), s. m. — Echalas qu'on 
retire du murier qui avait 6te" 6tete\ (M6n.) — 
Paisseau. 

Pessot, s. m. — Tige de fer a angle droit 
servant a adoucir la filasse. (M6n.) — V. 
Paisseau. ( 

Pestedienne ! (Mj.), inter. — Peste ! * 
malepeste ! diantre ! fichtre ! — Exprime 
Tadmirat. un peu ironique. 

Et. — Form6 de Peste et de Dienne, pour Di6 ou 
Dieu. V. Pardienne, Pardi*. 

Pes-de-terre (My.), s. f. — Pommes de 
terre. V. Po-de-terre, Pois de terre. 

Pet i (Sal.), s. m. — Pied. D'ou Peton. V. 
PL 

Pet * (Mj.), s. m. — Pet 6cramoui, — vesse. 
Syn. de Ouesse, Vessie. || Pet foiroux, — pet 
foireux. Cest ce que Rabelais appelle : « Un 
pet dejboulangier, car le bran vient apres. » 

Petaneee (Segr., By.), s. f. — Tomber une 
p6tanc6e, — sur le ventre. (Men.) V. Pita- 
ree, PHrassbe, Terviree, Potanke. 

Petard (Mj., By.), s. m. — Par plaisanterie, 
le derrtere ; l'anus, le Prussien. Syn. de 
Penard, Penet, Percignolet. || Envoyer a pktard, 

— envoyer promoter, chier, dinguer, au Mail, 
a lepluche. || Faire du pitard, — du tapage. 
!| N'y a pas de pitard, — il n'y a pas de mal. || 
Lg. "— Herbe des haies, a fleurs blanches, 
appetees aussi Langue-de-pivart. Syn. de Pete- 



reau, Herbe-a-la-V verge. Ainsi nomme'e pare© 
que l'ovaire, lorsqu'on le presse entre les 
doigts, delate avec un bruit sec. || Cest la 
stellaire holost^e. Syn. de Peterole. Instrument 
fait avec la tige du sureau. || By. Nom donne* 
a la digitale, dont les enfants font 6clater la 
corolle. Syn. de Petereau, Piterole. 

Hist. — « Comme quand les petits ganjons 
tirent d'un canal dc suits avec de belles rabbes. » 
(Rab. ) 

Pttarder (Ag.), v. n. — Faire partir des 
petards. 

Hist. — Puisque les gamins d' Angers tiennent 
a pHarder les jours de fStes. (Petit Courrier, 
16 juill. 1907, 2, 3). 

Petaree (By.). — Action de tomber lour- 
dement, sur le petard. V. Pkancie. (Mg.) — 
On dit aussi : Prendre une pkiarke. || Li., 
Br. — Tu vas e*bouler une pitarSe ! — tu vas 
tomber brusquement. || Sar., Do., — id. 

PMte (Lg., Tim.), adj. q. et s. m. — Lour- 
daud, butor. Syn. de Petras, Phras, Poi- 
tras. — Probablement doubl. de ces mots, par 
suite d'une certaine influence de Pataud. — 
Cf. Jaub., a Patais. 

P6Us (Tim.), s. m. — Ptece rapportSe a 
un vehement pour le raccommoder. Syn. de 
Tapon, Pkcot, Tapin. — Cest la rac. du v. 
fr. Rapetasser. — Se rapp. p. -6. au mot 
Piece? 

Petassard, de (Sp.), adj. q. — Tatillon. 
Syn. de Pbtounard, Berdinier. 

Pftasse (Lg., By., Mj., Rg.), s. f. — 
Femme bavarde, jacasse. Syn. de Bobote, 
Cacasse, Javasse. 

Petasser (Sp., By., Sar., Sal.), v. n. — Se 
donner beaucoup de mouvement pour peu 
de chose. Syn. de Pitonner. || Fig. — Tatil- 
onner, ve* tiller. — Syn. de Nigeoter, Nigeasser, 
Berdiner. \\ Mj., Lg. — Bavarder, comme>er, 
jacasser, jaboter, lantiponner. Syn. de Bobo- 
ter, Pbcusser, Berdacer. || Sal. Reprendre qqn 
pour des veHilles. 

Et. — Petasser, v. a. Rapi6cer, mettre des 
pieces a un linge, a des habits. — V. n. Avoir du 
d&ordre et s'occuper de minces details. Du celtiq. 
p6z, piece, et takon, morceau qu'on met a un habit 
d6chire\ — Cf. Rapetasser, raccommoder grossie- 
rement de vieilles hardes. Littre l'explique : 
Re + a + petasse, augment, de Piece. (Borel.) — 
Petasser signifie done bien : S'occuper de menus 
details. 

P6tassier (Mj., By.), s. m. — Homme qui 
pe*tasse. Syn. de Petassard, Pktounard. 

Petatouf (Sal.), s. m. — Lourdaud. 

P6tatrae (Mj.), inter j. — Patatras. Syn. de 
Patatrac, Berdadaud, Berdadouf, Patapouf, 
Patatrouf. 

Pete (Mj.), s. f. — Ne s'emploie que dans la 
loc. prov. « II a toujours la pete ou la chie, — 
il est toujours atteint de quelque maladie. 

P*t6ehie, s. f. (Po.). — Loc. Porter a la 
pitechie — sur ses 6oaules, sur son dos, un 
camarade. 



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106 



PETfiE — PfiTEUX 



N. — « Je me trouvais, m'toit un correspon- 
dant, en compagnie de trois personnes, dont l'une 
6tait de Pouance, l'autre de La Guerche de Bre- 
tagne et la troisieme de Vitro. Nous passions prds 
de qqs enfants qui jouaient a ce que nous appelons 
ici : Porter a la bigote. L'une d'elles dit : A Pouance\ 
on appelle cela A la pHechie. Et les deux autres de 
rdpe'ter : A la Guerche et a Vitr6 aussi. — Essayons 
d'expliquer ce mot. 

Je lis dans le Glossaire pat. d'llle-et-Vilaine de 
Ad. Orain : Porter a la pitochie, — sur son dos. 

Dans Dottin (Bas-Maine) : PeHoche, chandelle 
de refine, toute mauvaise chandelle eclairant mal. 
Cf. Oribu. — Petoche, bors fendu qui tient la 
pHoche. Cf. Begao (b£gaud). — A Bdgaud, je 
trouve : Chandelier en bois perc6 de trous a 
diverse hauteur et dans lesquels on plante le 
griche dent, morceau de fer ou de bois fendu, dans 
lequel on met le petoche. 

Je commence a comprendre que, dans ce jeu, 
le porteur est compare" au chandelier et le ports a la 
chandelle de refine. Mais le mot primitif : pe'tochc, 
reste inexplique\ Ne nous dScourageons pas, ou- 
vrons La Curne de Sainte Palaye : Pttoche, nom, 
en Normandie, des chandelles de refine et des 
grosses femmes, d£goutantes et mal faites. — 
D6cid6ment, cette chandelle dclaire peu. 

Dans du Canoe, rien. — Littre. Serais- je 
sauv6? — P<H6chies. Terme de medecine. Taches 
pourpr^es, semblables a des morsures de puces, qui 
se manifestent souvent sur la peau dans le cours 
des maladies aigues les plus graves. Lat. du xv* s. 
Pestichiae, de pestis, peste, parce que la peste 
s'accompagne souvent de p<H£chies. 

Je comprends un peu moins qu'en commencant. 
Mais, toute reflexion faite, je crois pouvoir affirmer 

3ue la petoche a pris ce nom de ce que la chandelle 
e resine pete, petille beaucoup en brulant, et je 
finirais par proposer, pour Petechie, le concours de 
deux verbes un peu grossiers, r6unis par une 
conjonction ; et la position de la personne ported 
prete a cette interpretation. 

N. — Mon explication de Porter a la petechie est 
la bonne. « Le patois n'a point les d^licatesses des 
Pr£cieuses. Ces mots naturalistes entrent dans une 
foule d'expressions. A Mj., un indfvidu maladif a 
toujours la pete- ou la chic \ une personne trds 
irritee est toujours d'ein pke mou ; si elle renonce a 
son entreprise, elle a chie" dans le son ; si elle est tres 
affair£e, elle est tres empetechiee. » Et voila nos deux 
vocables. Nous n'insistons point sur ces explica- 
tions pour le plaisir de remuer ces ordures ; nous 
faisons oeuvre de critiques. V. Pete. 

FH&e (Mj., By.), s. f. — Grande quantity 
de boisson que produit Pivresse. Ex. : Je 
crais qu'en vela ieun qui en a eine petee. || 
Avoir une p6t6e de rhume, — etre fort 
enrhume\ ||Ironiquement. — Quantity insigni- 
fiante. V. Chiie. Cf. Muffee, Nube, Culottee, etc. 

Pete-en-gueule (Che\), s. m. — Groseillier 
a maquereau. « J'ai plante" ein pied de pite- 
en-gueule qui n'a point d'epines. Tu connais- 
sais pas core c't'espece la, hein? » — Peut- 
§tre ainsi nomme" parce que le fruit delate 
dans la bouche quand on l'y presse. 

PMeille (Lg., Tim.), s. f. — ToufTe (de 
bonnet). Syn. Bordil. 

P6t6-mou (Mj.), s. m. — Surexcitation. Ne 
s'emploie que dans la loc. : Etre d'ein phe- 
mou, — etre tres affaire" et de mauvaise 



humeur. Syn. de Pke-pke, Fenouillon, Foil- 
tilloriy Fusseguenb. ^ 

P£te -pete (Mj., Che\), s. m. — Virevouste, 
hate, mouvement desordonne\ || Mauvaise 
humeur, rage concentric Syn. Petl-mou. V. 
Petonner, Petasser. 

P6ter (Mj.), v. n. — Prov. : Chauffe-toi 
le derrtere, $a te fera ptter clar. || En pari, 
du cceur, de Pestomac, — avoir des soufeve- 
ments violents, des Eructations qui pre*- 
c&dent le vomissement. — Ex. : Quand j'ai 
vu cete" pih6e, le cceur m'en pktait (t final 
sonore). || Fig. — Mj., By. — Suffire, durer. 
Ex. : C'est pas ce que j'avons de foin qui 
pitera ben longtemps. — fa n'a pas phk 
longtemps, ce qu'il avait ieu de son pere. — 
Ses quatre sous ne pkteront pas longtemps. || 
Renoncer a faire un ouvrage trop p^nible. 
On dit dans le mAme sens : Piter sus le mastic, 
ou : dans le son. || Ftechir devant qqn, recu- 
ler, se de>ober, n'oser se battre. Syn. de 
Caler, Flancher. Abandonner une tache trop 
difficile ; par ext., lacher pied, se sauver. || 
Tu t'en ferais pkter la sous-ventridre, — 
dit-on a qqn qui formule le souhait d'une 
chose peu accessible. || Jeter le manche apres 
la cogn£e, lacher tout. || Y a toujours des 
langues qui petent, — les secrets se savent 
toujours ; la v^rite" delate toujours. || Se 
briser, — L'6cuelle a pttk au feu. || Vouloir 
piter pus haut qu'on a le cul, — avoir des 
pretentions au-dessus de sa condition. || 
Faut peter ou musser. V. Musser. 

Peteretu (Mj.), s. m. — Digitale pourpr£e. 
Syn. de Pfoard. \\ Baies de la fragonniere, ou 
petit houx. Syn. de Peterole. || Varied d'osier 
qui casse comme du verre. Dimin. de Pettier. 
|| Herbe des haies a fleur blanche. C'est la 
stellaire holostEe. Syn. de Langue de pivard, 
Pkard, Herbe a la V large, Pkerole. 

Et. — D£r. du v. P6ter. 1/es enfants s'amusent 
a gonfler les fleurs de la digitale et a les faire crever 
en les frappant brusquement dans le creux de la 
main. D'autre part, les baies du petit houx 
6clatent avec bruit lorsqu'on les met dans le feu. 

P£terle (Mj., By.), s. f. — Action de p£ter. 
Ex. : 11 n'en fait "(Peine pkerie ! 11 a toujours 
ben mange" des musiciens ! 

Peterole (Sp.), s. f. — Canon de bois fait 
d'une branche de sureau. Jouet d'enfant. 
Syn. de Faquoire, PHoire, Ciquoire. \\ Lg. — 
Digitale pourpr^e. V. Petereau. 

Pete-see (Mj., By.), s. m. — Individu de 
caractere raide, de manieres cassantes. V. 
Raidard. 

Petetre (Mj., Lg.), adv. — Peut-£tre. 
Prononc. P'tete. Syn. de Vanquiers, Van- 
ters. 

Ptteux, se (Mj., Lg., By.), adj. q. — 
Couard, peureux, lache. Ex. : 11 s'est sauvE 
comme ein peteux. Syn. de Tire-a-cul, Caleux. 
II Confus, quinaud. Ex. : id. — Syn. de Coi- 
raud. V. Jaub. Citation. || Nom que les mari- 



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PETIER — PETIT-PINEAU 



107 



niers de Montjean appliquent sp^cialement 
a ceux de Saint-C16ment-des-Lev6es, aux- 
quels ils ont fait la reputation de se nourrir de 
haricots. V. Croquants, Pyriers, Pirriers. 

PMer (Mj ), s. m. — Sorte d'osier tres 
cassant. P.-e. le mSme que Pkereau. 

P^illc (Mj., Lpm.), s. m. — V. Putille. 

Pelion, Petionne, Petioane , pron. pe- 
quionne a My. — Adj. q. Petit, petiot. 
Hist. — Villon, Grand Testament : 

« Pourquoy larron me faiz nommer? 

« Pour ce qu'on me voit escumer 

« En une petiote fuste (barque)? 

« Si corame toy me pense armer, 

« Comrae toy empereur je feusse. » 

Petion (Li., Br.). — Un petion, — petit 
lessivier, petite panne. 

Peti-peta (Mj., By.), adv. — A petits pas 
menus et presses. S'emploie apres : aller, 
marcher. || Mj. — Phi-pita, qui embrassera 
ca ? — Invite caressante aux baisers. Enfan- 
tin. 

Petit, e (Mj., Lg., By.), adj. q., s. m. — 
Faire son petit, — se faire petit, humble. !| 
Ein petit, — un peu. Ex. : Je voudrais ein 
petit d'eau. Le fr. remploie en ce sens dans la 
loc. : Petit-a-petit. || Mener par des petits 
chemins, — malmener, poursuivre avec 
acharnement, surtout au fig. V. Charreyer. \\ 
Mettre dans le petit pot, — d^biner qqn. || 
Etre dans ses petits souliers, — etre gene\ 
angoisse\ soucieux. N. Ceci rappelle l'Escar- 
pin, une des tortures usitSes autrefois. || 
Ein petit d'aide fait grand bien. || Le si 
petit que, — le peu que. Ex. : Pour le si 
petit que j'en ai, je vous le c£derai ben. Le 
si petit que n'on gangne, c'est toujours $a. 
(Mj., Lg.) — Si petit ce qu'oul est, les 
cheintres, $a donne tout de meme dequ6 
faire pattre. || Petit ou grand, — peu ou prou. 
Ex. : Et toujours il t&chera d'agricher 
queuque chouse, petit ou grand. || Le petit, le 
maltre, au jeu de boules. Syn. de Bourgeois. 

Hist. — o Toujours pleines... Tune d'un petit 
d'eau de plomb... l'aultre. » (Rab., P., n, 16, 
156.) — « AUez, ne vous trouvez jamais devant 
moy, car si ce n'estoit pour un petit, je vous ferois 
couper bras et jambes. » (Rab., P., n, 21, 169.) — 
« Ouy, respondit-il, c'est que tu t'ostes un petit de 
devant mon soleil. » (Amyot, Alex.-le-G., 12.) 

— a La levre aussi qui s'enfloit ein petit 
* Par sa rougeur me donnoit appetit. » 

(J. DC Bell., Trad, de C. Gallus. p. 160.) 

— « Je ne s^aurois rien perdre que la peine 
« Et ung petit de jaune de ma bourse. » 

(G.-C. Bucher, 125, 221.) 

Petit bois (Mj., Lg., Sp., By.), s. m. — 
Verge de bois qui se^pare deux carreaux de 
vitre d'une fenetre. 

Pttit-eaillon (Lg.), s. m. — Mauvaise 
herbe commune dans les r^coltes, a petites 
fleurs jaunes ; fleurit en juin-juillet. C'est le 
Galium verum. On lui attribue des vertus 
curatives contre le verin, c.-a-d. contre les 
Eruptions cutan^es. Batard nomme le Ga- 



lium verum : vrai caille-lait, caille-lait 
jaune. II faut p.-e\ comprendre Cailloux, — 
qui fait cailler. 

Petit ctrre (Sp.), s. m. — Marelle. Syn. de 
Semaine, Tire-poil. V. F.-Lore, jeux, vn. 

Petit-devoir. — « En 1582, les malades de 
l'Hospice Saint-Jean devaient etre en bonne 
volonte* de faire leur Petit-devoir, c.-a-d. leurs 
P&ques. (M6n.) 

Petit -dien (Lg.), s. m. — Bille a jouer. 
Syn. de Marbre, Canette. 

Petite-Egiise. — V. au Folk-Lore, xix. 

Petite molene (Mj.), s. f. — Linaire 61a- 
tine, ou velvote ; petite scrofularin^e a tiges 
rampantes et a feuilles veloutees, tres 
commune dans les champs et les jardins. — 
V. Details de la lettre de M. Morandeau. 
F. Lore, xiv. 

Petite-Rate (Z. 132). — Norn d'un ancien 
cimetiere d' Angers. — II 6tait situe* dans 
Templacement circonscrit aujourd'hui par 
les rues Dupetit Thouars, Jean Bodin, 
avenue de Contades, ligne du chemin de fer. 
Mais d'ou venait cette denomination? 

Petite sante (Mj.), s. f. — Personne mala- 
dive. 

Petite-veronique (Lg.), s. f. — Petite 
herbe tres commune sur les talus des che- 
mins. La famille rappelle un peu celle du 
lierre terrestre, ou Herbe de Saint- Jean ; 
mais la plante est heaucoup plus petite et 
n'appartient pas du tout a la meme famille. 
La fleur, d'un bleu de lin, a 4 p^tales et seu- 
lement 2 examines, avec 1 seul style. — 
Serait-ce la Veronica Jiederaefolia de Ba- 
tard? 

Petit fait (Mj., By.), s. m. — Personne de 
peu de valeur physique ou intellectuelle. 

Petit foin (Mj.), s. m. — VarieHe" de chi- 
cor6e a feuilles tres flnement d6coup6es. 

Petit-gilet (Mj.), s. m. — Gilet ordinaire ; 
vehement sans manches qui se porte sous le 
veston. N. Par opposition a Gilet-rond. 

Petit grille (Lg.), s. m. — Enfant ma- 
lingre. Syn. de Chat-grille, Chivrille. 

Petit-habit (Mj., By ), s. m. — Scapulaire. 

Petit-houpet. — « En juillet, *— On dort 
un petit houpet». Petite quantity petit espace 
de temps. 

Petit houx. — V. Houdin. 

Petit-Jean (Mj.), s. m. — Le mort, ou jeu 
supptementaire, aux cartes, spe'cialement 
au jeu de mouche. On l'appelle aussi Jean. 
Ex. : J'ai point de jeu, mais je prends Petit- 
Jean. 

Petit muguet (Lg.), s. m. — V. Muguet. 

Petit-pineau (Mj.), s. m. — Nom d'une 
espece de prune, assez semblable a la mira- 
belle. 



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108 



PETIT-SABOT — PEU 



Et. — De que le pineau, com me le fruit lui- 
mdme, est tout petit. 

Petit-sabot. — Lotus corniculatus ; k 
cause de la forme de son fruit ou de ses 
graines. (M&n.) 

Petits-filos (Sp.), s. m. — Nom que se 
donnent a eux-m&nes les membres de la 
Petite-Eglise. Syn. de Dessidents, Camisards. 
V. Folk-Lore, xix. 

Petoehe, s. f. — Souche 6mond6e ; syn. 
d'6monde, ragole, espies. (MAn.) || Chandelle 
de r&sine. V. Pitichie. C'est la pStillarde, la 
bien nomm^e. Cf. Esprit, Oribus. 

Petoire (Sa., Sp., By.), s. f. — Canon de 
sureau. Syn. de Ciquoire, Piterole, Faquoire. \\ 
Auv. — Lieux d*aisance. Syn. de Chiette, 
Chiotte. || By. Po6toue>e. 

Petoo (Sp.), s. m. — HSte, en vie de cou- 
rir. Ex. : Vela le peton qui le prend. — 
Pkonner. || Cf. Pke-plte. \\ Petit pied 
d'enfant ; terrae de caresse. Employe" par 
Rabelais, P., in, 3. || By., Sal., id. 

Petonnant (Z. 122). — Presse\ pressant. 

Petonner (Mj., By., Sal.), v. n. — Pietiner, 
marcher k petits pas, comme font les enfants 
et les vieillards. || Se donner beaucoup de 
mouvement. || Auv. — S'amuser k des riens, 
t&tillonner, veHiller. Syn. de Nigeoter, Pitas- 
ser. || Sp., v. a. — Poursuivre, pourchasser. 
V. Peton. Courir apres qqn, peu fort. 

Petonton (Z. 134 e , Q.), s. m. — Grande 
occupation. Syn. Petintin. Cf. Pke-pite. || 
Mj. — Interpellation caressante aux petits 
enfants. Ex. : Queun petit petonton ! SaprSe 
petonton ! Syn. de Bidaine, Marie -trois- 
chausses, etc. V. Pequionquion. 

Petone. — Doubl. masc. de Pitoire. V. 
Pitard. 

Petoafler (Mj.), v. n. — Pouffer, 6touffer de 
rire, avoir le fou rire. 

Petougnard (Lg.), adj. q. — T&tillon, 
exigent et grognon. De Pitougner. 

Petongner (Lg.), v. n. — Se montrer 
t&tillon, exigeant et grognon. || V6tiller. 
Doublet de Pitonner, Pitouner ; syn. de ce 
dernier. 

Petouiner (Sal.), v. n. — Etre en petintin, 
petonton, — faire grand tapage, grande 
exhibition pour peu de chose. 

Petonnard (Lg.), adj. q. — Tatillon, qu* 
manque de decision. Syn. de Fred-au-cuL || 
Difficile k satisfaire, hargneux. Syn. de 
Hargndux, Harguignoux, Raga$oux, Rechi- 
gnoux, Rechignoux. Malcommode, Bliche, Gri- 
biche, Griche-midi, Hergne, Marguerine. V. Pi- 
touner. 

Petonnee (Sar., Do.), s. f. — Tomber une 
pitounie, c.-a-d. rudement. V. Potanie, 
Pilar ie, Pitrassie, Tervirie, Pit and e. 

Petouner (Sp.), v. a. — V. Petonner, dont 
il a tous les sens. || Chg. — J'te vas pitouner t 



renvoyer, chasser, — en faisant du bruit 
avec les pieds, comme quand on crie apres un 
enfant : Attends, attends. . . en courant. . . 
sur place. || Craon. — Etre lambin, ne point 
avancer k l'ouvrage. 

Petonx (Lg.), s. m. — Pailiasson habituel- 
lement plac6 sur la pierre du foyer des 
fermes et sur lequel on pose son vizet ou 
pilar d (vulgo : s6ant) pour se chauffer le dos 
k la flamme. 

N. — Le pHoux n'est pas un pailiasson ordinaire 
de paille tressee. II ressemble a un fond de paillon 
ou de bourgne ; c.-a.-d. qu'il est forme d'un toron 
de paille cousu sur lui-meme en spirale avec de la 
ronce fendue. 

Petran (Lg.), s. m. — P6pin, — de poire, 
de pomme. Syn. de Poupin, Pipines. 

Pttras, Petras (Lg.), adj. q. et s. m. — 
Lourdaud, butor, Syn et doubl. de Poitras, 
Pitas. 

N. — P6tras. Bas-bret : p6tra, qui signifle : 
quoi ? Ce mot interrog., fr£quemment r£p£te\ 
aurait e^e* donn6 aux Bas-bretons, et, par suite, 
a tout homme lourd, peu degourdi. II (M. de la 
VUlemarqut), cite une chanson ou pitra est ap- 
plique aux Bas- Bretons : 

« C'est un petra 
« Que je tiens, que je m&ne, 
« Cest un petra 
t Que je tiens par le bras. 
« Tu danseras, bara, segal. 
« Tu danseras, vilain pgtra. » 
(Mangeur de seigle). De Montess., m. expli- 
cat. — Jaub. le croit der. de Empe'trer. 

Petrasseau, s. m. — Pousse ou git qui sont 
au pied des arbres. — LittbIs : p6treau. Syn. 
Chiasse, Jicton, Jiton, Guesson, Pilrot. Cf. 
Bidrasseau. 

Petrassee (Mj.), s. f. — Chute violente. 
Ex. : II a tomb6 par terre eine pitrassie. 

Et.' — Le doublet Patrassie indique que ce nom 
derive du fr. Patatras, pat. Patatrac, par suppression 
de la seconde syllabe. C'est ainsi egalement qua 
le syn. Berdaudie der. de Berdadaud. Syn. de Ter- 
viree, Pitarie, Potanie, Pitancie, Pitounie. 

Petrole (Lg.), s. f. — Huile mine>ale. Ex. : 
Je voudrais avoir de la pitrole. 

Petrot (Sar.), s. m. — Rejet tenant k la 
racine d'un arbre et devenant arbre k son 
tour. V. Pitrasseau. — Pour P6treau, dans 
LittrA. 

Petnfler (Segr.), v. n. — Respirer avec 
peine. (M4n.) Cf. Pitoufler. 

Pea, Pa (Mj., Lg., By.), s. m. et adv. — 
V. Poi. Peu. Ce mot s'emploie dans Texpress. 
Peu a peu, qui se prononce invariablement : 
peu-z-a-peu ; et dans : A pu pres, — k peu 
pres. — V. Petit. || Le si peu que, — le peu. 
Ex. : Le si peu que Ton en a, ca sert. Pour le 
si peu de preunes que gn'a.c'est pas la peine 
d'aller les abattre. || Pour si peu ! — Loc. de 
sens assez vague, qui s'emploie absolument 
comme r^plique moqueuse ; marque rincr^- 
dulite et qqf. la surprise. Ex. : Tu dis qu'i 
n'fait point fret k matin? Non, pour si peu 1 



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PEUCEILLER — PI 



409 



Correspond & : Allons done ! || Peu n'importe, 
— peu importe. || Assez bien. — Ex. : Com- 
ment que ca va par chez vous? — $& va 
peu-z-d-peu. — Cf. Petit a petit. || Lg. — Pour 
tant si peu que, — pour le peu que. 

Peaeeiller (Segr.), v. a. — Peuceiller un 
fruit, e'est le gater par la pression du pouce. 
Peuce, pour : pouce. Cf. Pouceier. 

Peucot (Segr.), s. m. — Pouce. V. Pouzot. 
Et. — Lat. — Pollicem. Bourgui, peuce ; xi« 
polz ; xm* pauch, pauc, pols ; xv 6 pousse. 

Pcnle (Chm., Z. 50), adj. q. — Qui se divise 
facilement, en pari, de la terre sans consis- 
tance, meuble, friable. 

Et. — LittbA, au mot Veule. Terre veule, terre 
l£gdre qui demande a etre amended avec de la terre 
Tranche, sans quoi ce qu'on y plante ne prend pas 
racine. — « Le son eu 6tait represents et cela des 
les origines de la langue, par les lettres ue. Dans la 
chanson d'Antioche, Graindor dit que la premiere 
meute, la premiere troupe rassembl£e par Pierre 
TErmite, souffrit de grands de"sastres : 
« La premeraine muette ot moult grant destourbier 
t Tous furent mors ou pris, qu'il ni ot recouvrier, » 

Les 6diteurs de textes du moyen age n'ont pas 
manque d'accentuer ces e... *C'est ainsi qu un 
rendez-vous de chasse construit a l'entr£e du Bois 
de Boulogne, et nomm£ le Chateau de la Meute, 
s'est transform^ de nos jours en Chateau de la 
Muette, parce que des gens qui croyaient savoir 
lire ont vu sur le papier : Chasteau de la Muete, 
a l'antiaue... La mSme faute de lecture a fait 
appeler Mons en Puelle une ville dont le nom veri- 
table est Mons en Peule, c.-a.-d. Mons en pdture, 
Mons in pabula. 

L'auteur inconnu de Baudoin de Sebour (partie 
in£dite) promet d'amener son r6cit : 
« Jusqu'au biau roy Philippe, qui tant ot de renom, 
« Qui dessous Mons en Peule tendit son pavilion. » 

La Chronique de Saint- Denis, sur ran 1304, 
4crit : Mons en Peure, par la substitution des li- 
quides 1 et r. (G6nin., Ricr. phil., i, 60, sqq.) 

Une terre peule est done une terre que la herse, 
la charrue ont ameublie au point de la require en 
poussidre propre a recevoir les graines fourragdres, 
graines trls tenues, qui ne germaient pas dans une 
terre tres forte. — Dottin ; dk Mont. ; meme 
sens. Du lat. Pabulum. 

Peapeiller (Lg.), s. m. — Peuplier. Pat. 
norm. Peupdlier et Pup61ier. V. Leiard. 

People (Mj., By.), s. m. — Nourrain, 
petits poissons, menu fretin destin6 a repeu- 
pler un 6tang. 

Pear, Per (Lg.), pr6p. — Pour. J* irons 
vous faire vier peur rire. || Par. Ex. : Faut 
passer per Saint-Aubin peur aller a la Gam- 
berttere. V. Pour, Par, 

Peftr (Mj., By., Z. 203), s. f. — Peur. — 
N. Eu se prononce tres long, comme dans le 
fr. eux. Avoir peur a, — redouter. Ex. : J'ai 
grand peur a la getee pour demain matin, — 
je crains bien la gel6e. — J'ai ieu grand 
peur au petit gars ! || Qqf., avoir a — de. 
Ex. : II a ieu grand peur a ta jument. || Ellipt. 
— Peur de, — par crainte de. || Se r6veiller 
en peur, — etre terrifte en s'6veillant, a la 
suite d'un mauvais reve. — Syn. et d. de 
Pou. Pefo bleue, — grand peur. 



Penrne (Lg.), s. f. — Prune. Syn. et d. de 
Preune ; mot vieilli. — Berry : preugne, 
preune, peurne. 

Penrnier (Lg.), s. m. — Prunier. Syn. et 
d. de Preunier. Mot vieilli. 

Peurrler (Sa.), s. m. — Bout de corne ou 
morceau de bois creus6 quele faucheur porte 
suspendu a la ceinture, sur la hanche, sur le 
dos, ou plutdt entre les jambes, et dans 
lequel il met sa pierre a aiguiser la faux, 
trempant dans Teau. — Syn. de Couiller, 
Couer. N. Pour Pierrier, Perrier. 

Peu-z A-peu (Mj.), loc. adv. — Peu a peu. || 
Assez bien. 

P£vre (Lg.), s. m. — Gazon, herbe d'un 
pr6. 

Et. — Ce mot important, auquel semble tenir 
Pivet, Pivette, vient a mon avis du lat. Pabulum. 
(Alors, a rapprocher de Peule.) Cf. Apevrer, Dk- 
pevrer. 

Phanomie (Mj.), s. f. — Physionomie. 
Ex. : II a eine vraie bonne phanomie. — Corr. 
du mot fr. || By. Philomie. 

Pharmaeerie, s. f. — Pharmacie. || By. 
Phoermacerie, pboermacien. 

Ph6be\ — Erreur au sujet de ce mot. V. 
Folk-Lore, n. 

Phermaclen, s. m. — Pharmacien. 

Philippine (bonjour). — V. Folk-Lore, ii. 

Phine (Lr., By.), s. f. — Dimin. famil. du 
pr6n. Josephine. Syn. de Fifine. 

Phorien (Mj., By.), s. m. — Pr6nom 
d'homme. C'est Symphorien, par apocope 
de la premiere syllabe. V. Bastien. Ce pr6n. 
6tait autrefois tr6s commun a Mj., paroisse 
qui a pour patron saint Symphorien. II est a 
peu pr^s bors d'usage. Syn. de Sy phorien. 

Phormacerle (Mj., By.), s f. — Pharmacie. 
Cf. Princeresse, Mairerie. On dit aussi : 
Phormacie. 

Phormacien (Mj., By.), s. m. — Pharma- 
cien. 

Phosphate (Mj.), s. f. — Phosphate de 
chaux employ 6 en agriculture (tribasique). 

N. — II me souvient d'avoir une fois tenu conver- 
sation avec un fermier de Saint-Germain-des-Pres, 
3ui se louait des bons efTets qu'il avait obtenus 
e la farfare sur T herbe de ses prairies. J'avoue 
que j'eus qq. peine a deviner quel pouvait etre cet 
engrais. Or, mon interlocuteur 6tait un jeune homme 
de 35 ans au plus, sachant lire et 6crire. On voit 
par la combien nos paysans aiment a deflgurer les 
mots. (R. O.) 

Phoslque (Lg.), s. f. — V. Physique. 

Physique (Mj., Lg., By.), s. f. — Sorcellerie, 
magie. || Prestidigitation. || Pas d'autre sens. 

Et. — C'est le mot fr. d6tourn6 de son sens. 
Pour les campagnards, tout ph^nomene inexpli- 
cable est de la pnysique ou du magie, mot synon. 
V. Phusique. Sourcelage, Bleu. 

PI l , adv. — Puis, qui veut dire : ensuite 



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110 



pi - PIC 



C'est done a tort que beaucoup disent : Puis 
ensuite. 

Pi * (Do., SI.), s. m. — Pic. Instrument de 
forme particultere pour bScher la vigne, 
forme* de deux brocs ; tandis que le terouer a 
deux lames. . ., t§te courte et petit manche. 
— Dimin. de pique. (M6n.) 

Et. — Lat. picum, devenu : pi, puis, par reaction 
<ttym., pic. La forme pi s'est conserved dans Pivert. 
(Darm.)- 

Plac ! (Mj., By.), interj. — Exprime le 
bruit que fait un corps solide en tombant 
dans la boue. On dit aussi Fiac ! Doubl. de 
Floe/ 

Place (Li., Br., By.), s. f. — Place. — 
Recule-te* don, que j'balaie ma piace. 

Pifiehea-gauehe (Mi., By.), s. m. — Petite 
bouche, celui qui fait le de*goute* et mange du 
bout des dents, qui pignoche. V. Pidcher. 

Pl&eher (Mj., By.), v. a. — Macher. Corr. 
de Midcher, que Ton dit aussi. 

Pi&ehonner (Vr., Mj., By.), v. a. — Ma- 
chonner. Frequent, de Pidcher. (Test macher 
longtemps et du bout des dents, qqch. qui 
ne passe pas, qui ne plait pas. V. Gorgeonner. 

Pl&erean (Mj.), s. m. — Tache, Sclabous- 
sure. Syn. de Vhser&e. 

Et — Pour Plaquereau, dim. du fr. Plaque. Un 
piacreau est une 6claboussure, une tache de ma- 
ture visqueuse qui s'est plaquta sur un ohjet, un 
vehement. 

N. — De Montesson : Se dit, par onomat., des 
obiets mous qui s'£crasent, s'aplatissent ou re- 
aillissent par fragments quand ils retombent par 
terre, apres qu'on les a jeUs en Pair : « £a qui a 
piacrk comme une bouse. » 

Piacree (Cho., By.), s. f. — Application 
d'une substance mi-solide, mi-liquide, sang, 
boue, ordures, sur un mur, — de peinture sur 
un pan talon. — V. Piatrie. 

Pifierouelle (Li., Br.), s. f. — Pie griSche ; 
sorte de petite pie qui niche dans les haies. 
V. Pie en guerouelle. Syn. de Pie-creuse. 

Pl&llle (Lg.), s. f. — Individu quia Phabi- 
tude de qu6mander. Ex. : Queune grande 
pidille ! 

Et. — On Pa tir6 de : pie. P.-d. de : pipilare, 
gazouiller (Lrrr.). 

Plalller (Mj., By.), v. a. — Qu6mander a 
qqn. || Qu6mander qach. || En pidiller a une 
femme, — lui faire aes propositions amou- 
reuses. || D'ou : piaillard, qu^mandeur. || 
Sal. Demander avec instance sans avoir 
besoin, — terme de m^pris. 

Piard (Lg.), s. m. — Sorte de pioche qui 
n'a qu'une seule pointe. 

Hist. — < Le suppliant faignist qu'il alast querir 
une piarde et une sarpe, de quoy il avait a beson- 
gner. » (J. J., 191, p. 71, an. 1454.) 

Piarre (Lg.), s. m. — Pierre, nom propre. 
Syn. de Pelaud. 

Piasse (By.), s. f. — Petite pie ou pieau. 



La- pie commence par piasser. (Mix.) — 
Petite picasse? || By. Petite fille bavarde. 

Plat (Z. 171, By.), s. m. — II faut dire 
Piat, pour plat, et non piate. || Cela depend 
des localites ; a Mj., les vieux diraient : 
piate. 

Piatree (Seg., By.), s. f. — Pour : platen ; 
plein un plat, ou piat. (MAn.) || By. Eine 
grand discree piatrie, ou plat^e. Pour P/atr6e. 
V. Discri. 

Plan. — V. Pieau. 

Plauder (Mj.), v. n. — Piauler, piailler, en 
pari, des petits oiseaux, papier. || By. Piauler, 
pioler. 

Et. — Corr. du mot fr., par substitut, du d a PI, 
c. dans Miauder. — P.-6. forme de : piailler ( Lrrr. ; 
— Piau, petit de la pie. (L. C.) 

Piaulard, s. m. — Celui qui se plaint tou- 
jours. || By. Pron. Piolard. 

Hist. — « Pioller, piailler. * Par la vertus, dist 
frere Jean, si encores je te oy pioller,... je te 
gualleray en loup marin. » (Rab., iv, 89. L. C.) — 
Pioleur, qui piaule, en pari, des oiseaux. — L. C. 

Piautre (Sar., By., Sal., Bl.), s. f. — V. 
Peautre. Le gouvernail d'un bateau. — Virer 
la piautre en galarne, ou en inar. 

PIMer (By.), s. m. — Partie grasse du pore 
qu'on fait fumer et qui sert a graisser les 
souliers, les outils. || Cest la verge. V. 
Bibier et PubSyer. 

N. — Dans L. C. pible. 

Pibole (Cho., Sp.), s. f. — Biniou, flute. 
Syn. de V&ze. || Toupie. V. Eckabot, Moine y 
Pifre, Pibot. || Ce serait surtout le biniou, 
quoique se disant de plusieurs instruments. 
(Cho.) V. Buffer, Turluter. Cf. Pibroch. — 
On prononce qqf. Tibole. || Lrm. Petite flute 
en m6tal ou en bois, instrument de musique 
fabriqu6 d'une facon rudimentaire. 

Hist. — « Au son des vezes et piboles, des guogues 
et des vessies, des joyeux pifres et tabours. • 
(Rab., P., iv, 36.) 

< Je m'assis sur le muguet 

« Nau, nau, 
« En jouant de mon flageolet, 
« Et mon compagnon Huguet 

« Nau, nau, 
« Repondit de sa pibole. » 

(Noels ang. , p. 27.) 

Piboler (Sp., Lrm.), v. n. — Jouer de la 
pibole. 

Plbolet (G.), adj. q. — Grand, mince 
comme une pibole. 

Pibot (Smm.), s. m. — Toupie. Syn. de Pifre, 
Echabot, Moine. Corr. de Pibole. 

Pic (Mj., By., My.), s. m. — Hoyau, — 
outil dont se servent le vigneron, le labou- 
reur pour remuer la terre, becher les pommes 
de terre, etc. V. Pi*. \\ Sa. Fig. Paysan. Syn. de 
Ddbre, Chasse-pie, Castaud, Crdnier, Cope- 
choux, V ire-bouse, Pahourd, Piiois. Avoir Pair 
pic, — mal tourne. 



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PICAILLONS — PlCOUILLER 



111 



Hist. — « — Ce pic h double point© et & court 
manche dont le vigneron bSchait les vignobles. » 
[La Trad., p. 35, 1. 40.) — Et. — Orig. oeltiq. — 
B. bret., pik ; kimry, pig, points. 

PleAUions (Mj., Lg., By., Sal.), s. m. pi. — 
Argent comptant || Avoir des picdillons, — 
avoir des 6cus. Monnaie, quibus. Syn.^de 
Ronds, Plpltes, Monacos, Galette. — Pat. 
norm. Picouaillons. 

N. — Petite monnaie, en Savoie, - demi liard. 

Pleasst (Ag.), adj. a. — Etre picasst de 
verette, — Stre marque de petite ve>ole. 

N. — Celtiq. pika, piquer. — De m§me picocer, 
picot (epine) ; picote (petite verole), picote. 

fleasser (Sal.), v. a. — Tracasser, disputes 
etre desagr^able. Syn. Dagoter, Harguigner. 

Pickeries (Br., By., Z. 183), s. f. — Tour- 
ments, ennuis ; querelle, noise. Syn. de 
Chactaille, Ckahail. Propos aigres-doux. 

Et. — Der. du fr. Piquer, par l'intermediaire 
du verbe Picasser. 

Ncasses (By.). — Pointes. — V. Picasse- 
ries, Picasser. 

Piche (Mj.), s. f. — Pichet. N. Ce mot est 
de la lang. des mariniers, ils boivent a la 
piche. 

Picbelln (Mj., Lpos., By., Sal., Pc, Li., Br. 
Sar.), adj. q. — Douillet, trds sensible a la 
douleur physique ; pleurnicheur ; qui se 
plaint pour rien. Syn. de Pignaud. Rappro- 
cher Pignard, Ouignard ; Pangl. to pine ; 
Tall, zu peinen. || Sal. Craintif, lache. 

Plchenette (Sal.). — Ribotte. Avoir une 
pichenetu. Syn. Muffee, Bardie, etc. 

Picher (Mj., By.), s. m. — Pichet. Cette 
or thogr. est indiq[uee : 1° par fc de>. Picherke ; 
l u par le doub. Pichoir ; 3° par la langue angl. 
qui nous l'a empruntS et en a fait Pitcher. || 
Moque, a cidre. V. Pichet. 

Et. — B. L. Bicarium, picarium : a. f. picher. 
(Litt.) — On le fait venir de : beccum, bee (cf. 
1'angl. beaker, gobelet, et pitcher, cruchon) a 
cause de la forme en bee de ces gobelets. — (D r 
A. Bos.). — Celt, pic, pointe, d'ou : pichier, vase a 
bee... (Malv.) 

Hist. — Partonop., f° 139 : 
« Dementres me faites livrer 
« Deux beaus pickers de beau vin cler, ^ 

« S'en donnerai Tun a mon Ills. » — L. C. 

Pkheree (Mj., Lg., Sar., By.), s. f. — Le 
contenu d'un picher. 

Pichet (Sar., Sal., Lrm., By.), s. m. — Pot 
a l'eau. V. Picher. || Cruche. || Au Pichet 
rouge, — enseigne. 

N — Mesure pour le sel, pour le grain (L.C.) — 

Hist < Un pichet de terre, vous appelez cela un. 

pot a l>au. » (Noel du Fail. Propos rustiques.) 
Jacb. 

Ffehien (SI.), s. m. — Vesse, champignon.. , 
(Mfcs.) — De Montesson donne Pidchien, — j, cu 
Agaricus procerus de |j.d< 

tllPi 



agaric 61eve\ Alors 
Batabd. V. Pies de chiens. 



Piehoir (Mj.), s. m. — Pichet ; moins usite* 
que le doubl. Picher. 

Pichon (Lg.), s. m. — Tige florale des 
plantes bisannuelles. Ex. : J'aJlons attendre 
pour serrer les naveaux tardis qu'ils sejiont 
en pichons. Cf. Repichon. 

Piehonner (Lg., By.), v. n. — Monter en 
tige, en pari, d'un navet, d'une betterave. 
Ex. : On fait manger les navisseaux quand 
ils pichonnent. Cf. le provenc. Pitcnoun, 
petit. Cf. Repickonner. 

Piehte ! (Mj., By.), interj. — Bernique ! 
Exprime la d6convenue, le doute, ie refus. — 
A rappr. de 1'angl. Pish ! fi ! 

Plcocher (Mj., By., Sal.), v. a. — Picoter, 
becqueter. || Fig. — Manger grain a grain, — 
des raisins. Dimin. du fr. Piquer. Syn. et d. de 
Pigocher. 

Hist. « Une poule sur un mur, 
•j « Qui pigocait du pain dur. » 

(La Trad., p. 361,1. 25.) 

Picot, picote (Lg., Sp.), s. m. — Renon- 
cule, pied de coq. Corr. de Pied coq. || (Mj.) 
Corne de pioche. De>. du fr. Pic. Syn. de 
Cornon, Pique, Piochon. || Rigole, rigolet, 
petite rigole que l'ouvrier des ardoisieres fait 
au pied de la ptece a abattre ; coupe horizon - 
tale ayant la profondeur et la longueur des 
morceaux a detacher. (Men.) 

Picote (Sp., Tim., By.: Lg.), s. f. — Petite 
v6role. Syn. Varette, Virette. || Sp. — Aigre- 
moine. || Pt. — Bugrane, arrSte-boeuf, ononis 
spinosa. Syn. de Arquebcsuf, Equiopereau. || 
Lg. — Outil des tailleurs de granit, plus 
commun6ment appele* Boucharde. 

Et. — De>. du fr. Picoter, piquer. Pour l'aigre- 
moine on sait que les fruits de cette plante sont 
munis de piquants recourbes, au moyen desquels 
ils s'attachent aux vfitements. » — Hist. « Picota, 
morbus variolarum, gallice petite virole, non raro 
picote dicitur, quod faciem punctis diformet. » 
D. C, v° Picota. — « L'ung avoit la picote, l'autre 
le tac. » (Rab., P., iv, 52.) 

Picote (Lg., By., Ag.), part. pas. — 
Marqu6 de petite ve>ole ; gr£le\ Syn. de 
Varette, Laidain, Mirode. On dit : Picote* de 
ve>ette. V. Picasst. 

Hist. — xv° s. — Vers cites par M. Nisabd. 
« Car comme moy tu deviendras en poudre, 
« Tout picote comme est un deel a coudre. » 

|| Lg. Le Picote, — surnom de A. 

Picoter (Cho., Mj., By.), v. a. — Manger 
grain a grain, — une grappe de raisin ; ou 
qqch., par petites parties ; la poule picote le 
ble\ V. Pigocher. || V. a. et n. Repiquer un 
jeune plant, piqueter. — V. PicoU, de 
ve>ette. 

Picotin, s. m. — Norn vulg. de Parum 
vulgare, ou gouet. (Men.) Syn. Giron. \\ Mj. 
— Sobriquet d'un cordonnier. 

Pieoailler (Lg.), v. n. — Patauger. Syn. 
dePatouiller, Pitroiller ; probablement corr. 
dei.ee dernier mot, plutdt que de>. du fr* 
iquer. 



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112 



PICRAS — PIED 



Pieras (Ag.), adj. q. — Qui a un mauvais 
caractere. || Mj., Sal. Qui a la voix aigue\ 
V. PicraU 

Picrassage (Mj.), s. m. — Crierie. 

Pierasser (Mj., By.), v. n. — Pousser des 
cris aigus. 

Et. — Semble derive du fr. Piquer. C'est ainsi 
qu'on dit : Eine voix pique rue, pour : Une voix 
percante. Toutefois ce mot pourrait avoir du rapport 
avec Pie-garre. Rapprocher du fr. Picrate, par 
curiosity. 

Plerat, Pieras (Sar., By., etc.), s. m. — 
Hargneux, d'une humeur difficile, qui a la 
voix aigre. Taquin. — On l'Scrit Piqueras, 
Pikra. || Mj. — Criard, pleurnicheur. 

Piere (Mj., By.), s. m. — Ce mot, ^ui n'a 
pas de sens precis pour ceux qui l'emploient, 
est tr£s couramment employe dans la com- 
parison proverb. : Sale" comme du picre, — 
c.-a-d. extremement sale*, un potage, par ex. 

— J'ai entendu prononcer Pigre (By.). 

Et. — II est pour moi (Ft. O.) indubitable que 
ce mot est 1'angl. Pickles, conserves aiimentaires. 

— Cf. Picrate, — le grec pikrog, amer. Dottin : 
pek (r), — acide, qui resserre les levres et les gen- 
cives, — aigre, une voix pecre. 

PIcra, ae (Mj.), adj. q. — V. Piqueru. 

Pic ton (By.), s. m. — Petit vin, boire un 
coup de picton. — Je prendre Piqueton, de 
Piquette, de>. de piquer, a cause du gout 
acide de cette boisson. 

Pidle\ piguie" (Mj.), s. f. — Pitie. || En 
pidii, ioc. adv., d'un air piteux, pi toy able et 
compatissant, affects. Ex. : 11 ergardait son 
mal aussi en pidU ! || Qui implore la commise- 
ration. — Ex. : Vendre la pidii ben char, — 
se donner un air pitoyable, doleat. — Lat. 
Pietatem. || By. Pron. PiquiL 

Pidoneer (Tim.), v. a. — Flagorner, cher- 
cher a se concilier par des flatteries, ou en 
excitant-la pitie. Syn. de Filouser. V. Pidoux. 

Pidonx, oase (Tim., Mj.), adj. q. — Qui 
parte d'une voix douce et pieurarde ; dolent, 
maupiteux. 

Et. — Corr. du fr. Piteux, par adoucisse- 
ment du t en d, comme dans Pidii, et substitution 
du suff. oux a eux, comme dans Mardoux, Foiroux, 
Graissoux, Morvoux. || Plaintivement ; — Pietou- 
samen, dans Mireille. { 

Pie (Mj., By.), s. f. — V. Ragace. Prendre la 
pie au nid. — loc. proverb, et ironiq. — Ex. : 
II cray ait ben prendre la pie au nid ! — il 
croyait bien avoir fait une bonne affaire. || 
Sp. — Pie batarde, — espece de pie qui fait 
son nid dans les arbres bas ou mSme dans les 
haies. Elle passe pour apprendre facilement 
a parler. || Pie buissonniere, d'un beau bleu, 
plus petite que la pie commune. By. || Auv. 
— Pie folle, '— la m£me que la pr6c6d. || 
Mj., Soupe a laoie, — vin sucre* dans lequei on 
met tremper des morceaux de galette a la 
fouie encore tout chauds. || Eine pie, tant pis ; 
pies deux, tant mieux ; pies trois, manage. || 
Adj. q. Dont la peau pr^sente des bandes 
blanches tranchant sur un fond sombre. 



Ex. : Pois pies ; patades pies. || Mj. La Pie, 
Sobriauet d'un vieux mineur, dont le profil 
rappelle celui de cet oiseau. 

Pie (Soupe a la) (By.). — Soupe au cidre. 
V. Rotie, Galette. Les soupes au vin ou au 
cidre se servent dans des bols. 

Pleau (By.), s. f. — La peau. V. Piau, 
meilleur. 

Hist. — « Et sur ces cercles gietent piaus de 
moutons que Ton appelle piaus de damas... » 
(Joinvillb, Hist, de S. Loys, ch. 51.) 

Ptece (Mj., By.), s. f. — Bonne pi&ce, — 
se dit par antiphrase, d'un mauvais garne- 
ment. — Ex. : Ah ! la bonne piece que n'y a 
la dedans ! — Te vela, te\ bonne piice ! || 
On dit aussi : Mauvaise piice. || Donner la 
piece tape*e, — d. un bon pourboire. Simple- 
ment D. la piece, — un pourboire. || Piece de 
bfites, — tSte de b£tail. Ex. : Ilsont 40 piices 
de bdtes dans la farme. || Fu. — Pieces, — 
archets. Branches laiss6es pour porter du 
fruit. — En ce sens, il faut 6crire P/esse (pi 
mouill6) ou Piesse. || (Lg.) Etre pres de ses 
piices, — §tre tr6s int6ress6. Syn. de : Etre 
pres de ses int6r£ts. || Etre a ses pieces, — §tre 
pay6 d'apres l'ouvrage fait, et, par ext., 
vivre a son compte, 6tre a son pouilloux. || 
Sal. Champ entour6 de haies. 

PWeln (Tc, Tr., Z. 138), s. m. — Dimin. 
de Pilce a l'oing. Morceau de drap ou de 
toile enduite d'oing ou graisse d'andouille et 
sur laqueile les fendeurs d'ardoises graissent 
leurs ciseaux pour fendre. || On dit de qqn 
de malpropre : C'est un piicin, c.-a-d. il est 
sale comme la Piece & Voing. 

Piecot, Picot. — Pour Piedcot, pied-coa, 
pied de coq. Renoncule des champs. — V. 
Pied-cot. Ranunculus repens, de Bat., Vulg. 
Bassinet, Pied de poule, Pied court, Piedcot. 

Ple-erease (Mj.), s. f. — Pie grteche. Syn. 
de Pie-mar age, Pie- gar re, Pie en gueroueUe, 
Pidcrouelle. V. Percharie et Pignar^che dans 
Jaub. — Ainsi nomm6e probable ment parce 
qu'elle creuse les troncs des arbres pour 
y chercher des vers ? — Non. Simple cor- 
rupt, de Pie-gri6che, comme Pidcrouelle. || 
By. — La pie grieche n'est pas un pic. Une 
espece, la plus grande, est garre, comme 
la pie. Dans ma jeunesse, Tid6e de grieche 
comportait l'id^e de grincheux. » II y a une 
pie-gri6che par la, l'entends-tu qui jure, qui 
grinche ? » Et on la voyait bientot qui sem- 
blait fach6e d'etre derange* e. 

Pled (Mj., By.), s. m. — Faire au pied 
comme a la jambe, — ne produire aucun effet, 
aucune impression, dtre indifferent ou inef- 
ficace. || Fig. — N' avoir ni pieds, ni pattes, — 
Stre absurde, ne rimer a rien. || Sp. — Etre en 
pied, — r6gner, §tre dominant, en parlant 
d'une opinion, d'un usage, d'une maladie. — 
Jouir d'une certaine influence, autorite\ Ex. : 
II est ben en pied la dedans. — Etre persona 
grata. || Donner ein coup de pied, — aller, se 



A 



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PIED D'ALOUETTE — PIEDS-NUS 



113 



rendre. — Ex. : J'ai donn6 ein coup de pied 
jusqu'a la vigne. || Donner des coups de pied 
dans la lune, — faire des pataques. || Y a 
du pied, — ii y a de quoi faire, il y a gras ; 
y a du bon, cela proraet, cela va bien. N. 
Cette loc. est d'importation tres r^cente. || 
Aller de son pied, — aller a pied, p^destre- 
ment. || Etre ben kpied, — £tre bon marcheur. 
|| Ou : tres ingambe. || Se tirer des pieds, — 
s'esquiver, filer a l'anglaise, fuir. Syn. de 
se tirer des flutes, se carapater. \\ J'y vas 
du pied, de mon pied, — (Z. 150) tout de 
suite. || Lever le pied, — disparaltre apres 
faillite. Syn. de : Lever le pont. || Se raettre 
d'ein pied d'ein genou devant qqn, — se 
mettre a genoux devant lui. N. Cette curieuse 
expression est en usage au Lg. et a Tim. 
aussi bien qu'a Mj. || Pied de vent, — 
nuage de forme tres allonge^, qui passe 
pour indiquer la direction du vent qu'il fera 
le lendemain. || Pied de roi, — pour : pied- 
droit. || Avoir six pieds sans branches, — 
etre tres grand, en pari, d'un homme. f| 
Donner du pied, — incliner une echelle, et, 
au fig., donner une certaine influence, une 
certaine autorite\ || Pied du nez. — le fond 
des fosses nasales et le voile du palais. Ex. : 
J'ai 9a enfl6 dans le pied du nez, 9a me g£ne 
ben. Syn. de Chdssijiau. || A pied dret, — a 
pic, en pente raide, abrupt. || Y a pas pied, — 
marque le refus ou l'impossibilite\ || J'ai 
pique dessetrois pieds de chou-poume. || 
Lg. En pied de biche, — en biseau. N. Les 
braconniers prelendent reconnaftre dans une 
haie une musse qu'a franchie un lievre de celle 
par ou a pass6 un lapin : ce dernier, d'un coup 
de dents, coupe rac (perpendiculairement a 
l'axe) les branchettes qui le gdnent, tandis 
que le lievre les coupe en pied de biche. A 
verifier. 

Pied d'alouette. — Delphinium cultive. 
Done, Delph. Ajacis, de Bat. 

Pied de cire, ou gateau de cire. — II 
semble, en effet, mont6 sur un pied. 

Pied coil n (a) (Lg.), loc. adv. — Se dit 
dans : Prendre ou chausser ses sabots a pied- 
colin ; mettre au pied droit celui du pied 
gauche, et reciproquement. 

Pied-cot, ptecote (Mj.), s. m. — Pied de 
coq, renoncule bulbeuse, dite aussi : Pied de 
corbin. V. Piecot. Syn. de Picot, Pied-court. 

Pied-court (Pell.), s. m. — Sorte de renon- 
cule. Syn. de Pied-cot, Picot. 

Et. — C'est une corr. de ce dernier mot, lui- 
meme corr. de Pied de coq, lequel seul presente 
un sens plausible. — A cause de la division de sa 
tige. 

Pie dean, s. m. — Locality situ^e a Jallais, 
ou s'est 6teinte dans les dernierer, ann6es 
du xix e s. la famille des de Mailly de Mont- 

I jean. 

i Et. — Probablement du lat. Podium aquae. 
Cf. Pue ( Jaub.) et Pi. — C'est ainsi qu'on prononce 
4 Mj., mais je crois que Torth. omcielle est Pi6- 



douault. C'est celle du Diet, de C. Port. — Ce qui 
modifierait l'etymologie. 

Pied-f At (Mj.), s. m. — Sorte de cornouilier 
sauvage, — ou de nerprun a 6corce rouge. 
Syn. de Buret. Serait-ce le Cornus sanguinea 
de Bat. 

Pied-de-griffon. — Ellebore fcetida, et pied 
de lin. (M&n.) — Helleborus fcetidus, Bat. 

Pied-de-groile. — Coronille bi^arr^e. (MfeN.) 
Coronilla varia. Bat. 

Pie-de-licge (Mj.), s. m. — Solide poteau 
fix6 dans le sol qui forme le fond d'une 
riviere en amont d'une porte et auquel les 
bateliers fixent une amarre sur laquelle ils se 
halent au moyen d'un treuil pour franchirla 
porte. 

Et. — Corr. de Pieu-de-liage. V. Liage. 

Pled-de-perdrix (Mj.), s. m. — Renoncule 
a tiges dress^es et feuilles ^troites, qui est 
je crois, la renoncule des champs, — ranun- 
culus arvensis. 

Pied-de-pigeon. — Geranium rotundifo- 
Hum. (Bat.) 

Pied-de-poulain, s. m. — Tussilage. (M6n.) 
Le Tuss. pas d'ane, de Bat. Tuss. farfara ? 

Pied-ponrri (Ag., By.), s. m. — Jeu de 
marelle. Syn. de Chaudron, Pisse-gogue. — 
Ainsi nomm6 parce qu'il se joue a cloche- 
pied. 

Pied-roget (Mj.), s. m. — V. Pied-rougeU 
Hist. — « Testament de Gabriel Bouvery, 
evdque d' Angers, portant legs a... l'abbaye de 
Saint- Nicolas de sa chapelle « composee de cha- 
suble de sattin roge, d'un calice, etc. » (1572. — 
Inv. Arch.,E, 195,1.) 

Pied rouget, ou rouge ; pr. roujete (Lg., 
Mj.), s. m. — Persicaire, sorte de polygon^e 
tres commune dans les terrains d'alluvion de 
la Loire, a tige grosse comme un tuyau de 
plume, haute d'un a deux pieds et rougeatre. 
Syn. de Sauleau, Pouzi, Pied-roget, Mor- 
cheneau. || Potentille quintefeuille. Syn. de 
Harbe b\Voie. 

Et. — Du fr. Pied et de Rouget, dimin. du fr. 
Rouge. La persicaire et la potentille ont des tiges 
rougeatres. 

Pled-de-veau. — Arum vulgare, a cause de 
la forme des feuilles. (M6n.) Bat., id. Picotin, 
Grand Giron. 

Pied-de-vent (Mj., Sp., By.), s. m. — Nuage 
allonge et £troit, dont la direction annonce 
celle du vent aui regne dans les regions 
supe>ieures de 1 atmosphere. || Lg. — En- 
semble de nuages allonges et paralleles, 
mais que la perspective fait paraltre dispo- 
ses en 6ventail. 

Pieds-nus (Li., Bv., Br., Mj.), s. m. — 
« Elle mange sa salade toute pieds-nus, — 
sans ceufs dedans. || By. II vaudrait mieux 
dire : toute seule. A Angers, on la mange avec 
beaucoup de choses, viande rdtie, fromage, 
haricots, ceufs durs, etc. Je crois que c'est 

11-8 



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114 



PlfiE — PlfiS 



une facon tout angevine de manger la 
salade. V. F. Lore, xn. 

Piee > (Lg., Chx., My., Li., Br., Mj., Sal.), 
s. f. — La pluie. Syn. de Pieue. II convien- 
drait d'6crire P/ee (pl mouilte). Cf. P\on, 
Plesse, Pleume, etc. — « La piee n'est point 
cheyante, cette ann6e, — c.-a-d. il y a des 
nuages et il ne pleut pas. (Clip.) — La piee 
chait, chet (tombe). 

N. — Ce mot, qui se prononce d'une seule syl- 
labe, est encore usite, mais il a beaucoup vieilli. 
C'est un doubl. du mot fr. par mouillage de l'l. 

Piee * (Ag., By.), s. f. — Personne de mau- 
vaises mceurs, de mauvais caractere ; — 
rosse, animal use" ou souffreteux ; — enfant 
chelif. — Se dit qqf. sans injure. J'ai entendu 
un neveu, a une noce, dire : R'gard' don 
m'n oncle ! La pihi6e, comme i danse ! 

N. — S'ecrit aussi Pihiie, PiyL || Charogne, ani- 
mal crev£. (Ghl.) — Moisy donne : Pihoue (piher *, 
bohemienne, rddeuse), femme de mauvaise vie. 

Pie-garre (Lg.), s. f. — Tapage, boucan. 
Ex. : II fait la pie-garre. || Chanter la pie- 
garre a qqn, le disputer. — Cf. Jaub., a 
Aspijare. Je le rapprocherais de Pie-en- 
guerouelle. (A. V.) — Avec raison ; la pie 
garre a du etre la pie grieche, fameuse par le 
tapage qu'elle fait. (R. O.) 

Pie-en-guerouelle, s. f. — Pie-grieche ; 
corr. de Pie en colere, en querelle, ou en cour- 
roux. V. Pidcrouelle, Pie-creuse. 

Pieiller (Lms., Z. 195, Fu., Z. 196), v. a. — 
Plier. V. PXeyer. , 

Pie-marage (Lg.), s. f. — Pie-grieche. Syn. 
de Pie-creuse. 

Et. — JTresJe>idemment, ce mot est unTdoublet 
du Berr.|Pignareche, qui a le mSme sens. V. Jaub. 

— Sansjcela on pourrait croire que Marage est pour 
Ramage. — Et cependant cf. Maragouiner. 

Plepoo (Mj., Lg., By.), s. m. — Pourpier. 

Et. — Pulli pedem, pied de poulet. Cf. Pied de 
coq. « On prononce, en Anjou, Piepou, par corr. 
au lieu de Piepoul, de pes pulli, dit MAnaqe. » — 
II yja la un exemple remarquable et evident de ces 
metatheses de syllabes, communes dans le patois, 
et que j'ai indiquees pour GobUr, Egobleaux^ 
Maupoyer, etc. — Le bret. emploie dans le m€me 
sens : Pipoul, forme sans doute empruntee a notre 
patois. — Cf. Joubarbe, barbe de Jupiter. 

Pierrail (Mj.), s. m. — Pierre cass£e, cail- 
loux, macadam. — Pour Pierraille. D. C. 
Perreia. 

Pierrailleux (Lg.), adj. q. — Caillouteux. 
Syn. de Pierrotu. — Rocailleux. De>. de 
PierraiL || Dont la pulpe renferme des 
nodules ligneux et durs. Se dit d'un fruit. 
Syn. de Guermeilloux, Pierreux. 

Pierre (Mj., By.), s. f. — Pierre de fouyer, 

— plaque du foyer. Ex. : Alle 6tait a br&iller 
toute seule sus la pierre du fouyer. — Syn. de 
Poiron. 

N. — II est clair que, primitivement, la plaque 
du foyer etait formee d'une pierre plate. Avec les 
progres de l'industrie, les plaques de fonie ont 



par tout remplac6 les simples pierres ; mais, chose 
curieuse, on appelle ces nouvelles plaques : pierres 
de fonte. 

|| Pierre de sucre, — morceau de sucre. 
Ex. : Mets done dessetrois pierres de sucre 
dans la tisane. (Les Parisiens se tordent en 
entendant ce vocable angevin.) V. Crotte \\ Jeter 
des pierres dans le jardin de qqn, — lui lancer 
des allusions malignes. || Jeu de la pierre, ou 
de la pierrette. Jeu d'enfant. (M6n.) — V. 
Pierrette. 

Pierre i-algulser. — V. Pain de seigle. 

Pierre chande (Mj.), s. f. — Pierre calcaire 
ou pierre a chaux. 

Et. — Le mode de preparation de la chaux, la 
causticite de cette substance, l'effervescence qui 
accompagne sa combinaison avec I'eau, ont amene 
tout naturellement cette confusion entre les mots 
chaux et chaud, aux assonnances d'ailleurs iden- 
tiques. ' 

Pierre levante (Tf., Lg.), s. f. — Partie 
superficielle de la roche granitique qui, 
decomposed par Teau des pluies, se d^tache 
sous Taction du soc. 

N. — Pour les paysans et m£me pour des gens 
qui devraient Stre plus instruits, la pierre levante 
n'est nullement du granit decompose, mais bien 
du granit en voie de formation, de la Pierre-qui- 
pousse. V. au Folk- Lore, in. 

Pierre-de tonnerre (Mi.), s. f. — Me^orite, 
a^rolithe, debris de bolide. — V. au Folk- 
Lore, in. 

Pierrei (Lg.), s. m. — n. pr. — Dim. de 
Pierre. Syn. de Pelaud. 

Pierrette (Mj., Lg.), s. f. — Jouer a la 
pierrette, — jouer aux osselets. Le jeu se 
joue, en effet, le plus souvent avec de petites 
pierres. V. Pierre, jeu ; F.-Lore, vn. V. Pingres. 

Pierreux (Mj , By ), adj. q. — Se dit d'un 
fruit, surtout d'une poire, dont la chair ren- 
ferme des granules ligneux, durs sous la 
dent. Syn. de Guermeilloux, Pierrailleux. 

Pierrier (Cho.), s. m. — Fusil a pierre. 
Sens different du fran$. 

Hist. — Pres du petit bois a Bremond ou que 
furent massacres nos parents. J'ayons aussi 
conserve deux vieux pierrien avec quoi ils se sont 
battus. {La VendSe cathol., 31 mars 1907, 1,6.) 

Pierriere (Tim.), s. f. — Carrtere de 
pierres. Doubl. et syn. du montj. Perriere. 

Hist. — « Paris est environne de toutes parts de 
pierrtires que le peuple appelle par corruption 
carrieres. » (Pasq. — Rech. histor.) — Ltttr£. 

Pierrot, pierrote (Mj., By.), s. m. — Pierre, 
pr6nom. || Pierrot' vaut ben Margot\ — les 
deux se valent. Se dit en mauvaise part. || 
Pleutre, paltoquet. Ex. : C'est ein Pierrot, 
vela tout. — Syn. de PignouL Cul, Plat-cul. \\ 
Individu quelconque, un indifferent. || Lg. — 
Nigaud. Syn. de Jeannot, Nicodime. 

Pierrotu (Sa.), adj. q. — Pierroteux, 
caillouteux. Syn. de Pierrailleux. 

Pies, s. f. — V. Chier ou Cheoir. (MAN.) 



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Plfi-SAINT-BONNET — PIGEON 



115 



Pie Saint-Bonnet (le) (Mj.), s.. m. — Le 
Puy-Saint-Bonnet, commune des Deux- 
Sevres, limitrophe du Maine-et-Loire. 

N. — Ce point re m am u able a toujours et£ connu 
de reputation jusqu'a Mj., d'autant qu'il est situe 
sur la route de Cholet a Saint-Laurent-sur-Sevres, 
qui fut jadis un lieu de pelerinage trds frequente. 
D'autres disent : le Puissant-Bonnet. G'est une 
corr. de Puy Saint en Puissant. 

Pies de chien (Z. 153, Ti.), s. f. — Oreilles 
de chien ; champignon. — V. Pis-de-chien. || 
Oreilles. Se dit ironiquement par allusion a 
cette esp^ce de champignon qui ressemble a 
des oreilles de chien. — Dans la liste des 
champignons de Batard, p. 379, je trouve le 
Telephora auriculaire. Y a-t-il du rapport? 

N. — « Pie de chien. — Champignon de moisis- 
sure. Jean Rousson dit : nid de chien. J'ai toujours 
entendu le mot enonce comme je l'ecris ; cepen- 
dant, il faudrait p. -3. dire : pisse-de-chien, pare© 
qu'on rencontre souvent ce champignon au pied 
des arbres, des murs, etc., et autres lieux souilles 
par les chiens. » (De Mont.) || « Pidou, pidoux, — 
pis d'oue, poitrine d'oie, p.-e\ pied d'oie, pied 
large. — Pisse de chien, champignon qui pousse sur 
le bois pourri. » (Evkillb.) 

Pi esse, et non Piece (Mj., Tim.), s, f. — 
Brin d'aub£pine ou de prunellier que Ton 

f)lie et attache a un brin voisin pour fermer 
es trous d'une haie fralchement coup6e. || 
Brin de sarment taille* long sur un cep et que 
Ton plie soit en couronne sur le cep, soit en 
long sur un fil de fer. 

Et. — Ce mot est pour P/iesse, comme P/on est 
pour Plion, du fr. rlier. — V. Piesser. — Lat. 
Plexus, entrelacement. Cf. Plessis-les-Tours, etc. 

Please r, et non Ptecer (Mj., Lg., Tim.), v. 
n. — Fermer les trous d'une haie en pliant et 
attachant aux brins voisins des brins d'aube*- 
pine ou de prunellier laiss^s debout de dis- 
tance en distance. Cest ainsi que Ton opere 
partout au midi -de la Loire ; tandis qu'au 
nord, les haies, 6tablies sur de hauts talus, 
sont entterement rashes a T6poque de 
l'abattage. V. Piesse. Syn. de Former. Cf. 
Plisser, Fesseter. 

Pitter (Z. 171, Q., Br.), v. n. — Pleuvoir. — 
Et mieux Pieuter, pour Pleuter. (By.) Syn. 
de MouiUer. D6r. mal form6 de Ptte. Devrait 
s'6crire P\kier, 1 mouille\ 

Piston (Lg.), s. m. — Sentier. Syn. de 
Rout in, Voyette, Trutie. — Cest le mot fr. 
pris dans un sens special. 

Pietrir (Pell.), v. n. — D6pe>ir. Syn. de 
Alinoter. De>. du fr. Pietre. 

Et. — A. fr. (Pielre) peestre ; proprement : a 
pied, pedestrem. Doubl. P6destre. 

Piette, P/ette (Lg., Fu.), f. s. — Fil de 
fer, osier, lame de fer blanc qui sert a raccom- 
moder un sabot fendu. V. Feurquiau. \\ 
Demi-cercle de fer ou de fil de fer dont on 
garnit le dessus d'un sabot taupe pour l'em- 
pecher de se fendre. Cf. Plon, Piesse ou 
Piesse, Piesser ou Plesser et Pliette. 

Et. — Ce mot (car les deux orthogr. repr6- 



sentent la m£me prononciation) est le doubl. de 
Pliette, du v. Plier. 

Pietter (Lg., Fu), v. a. — Garnir d'une 
piette ou pionnette le dessus d'un sabot. Cf. 
rangl. to Plait, tresser. 

Pieu (Mj.), s. m. — Fig. Lit. Syn. de Por- 
tefeuille, Plumard. || Battre les pieux, — 
autre sens. — Avoir une toux violente. V. 
Cahuter. P.-e\ parce que, agit^e par les quintes, 
la tete fait le mouvement du « mouton » a 
enfoncer les pieux. 

N. — Au premier sens, ce mot, qui est devenu 
d'un usage tres courant dans toute la region, paratt 
avoir 6te imports des garnisons. On en a mSme 
derive le v. se Pioter, — se coucher, que j'ai entendu 
a Tim. Cest de l'argot, plutot que du patois. — Ex : 
II va etre temps de se mettre dans le pieu. V. Ver- 
sailles, Schlof. V. Piou. 

Pieue (Lg.), s. f. — Pluie. On dit aussi : 
Pike. Ex. : Le vent tire a la pieue. — II fau- 
drait sans doute 6crire Pleue. 

Pieu mas (Jum.), s. m. — Pieds. — Trainer 
les pieumas, — marcher en tralnant les pieds. 

N. — On compare les pieds a des ailes, garnies de 
pieumes, ou plumes. Un p/umas est une aile d'oie 
servant a epousseter. Cf. Ailerons, Abattis. Un 
danseur, dans un bal... public, dira : Mamzelle 
veut-elle accepter mon aileron, ou mon abattis. 

Pleumer, v. a. — Plumer. Cest la prononc. 
pat. de P/eumer, pi mouille*s. 

Pleune (Li., Br.), adj. q. — Pleine. La 
buse (busse) est pie une. — P/eune, pi mouil- 
16s. 

PIf (Mj., By.), s. m. — Nez, et surtout 
grand nez. Ne se dit que par ironie. Syn. de 
Piton. Le meme que Pifre. Du reste, on pro- 
nonce souvent ainsi. 

Pifre (Lg., Tim., Lrm.), s. m. — Toupie. 
Syn. de Echabot, Moine, Cldbot. \\ Nez. V. Pif. 
Gros nez, bourgeonne*. 

Hist. — Gros homme enfle" de ventre et de visage: 
« Vous §tes a ce.que je vois, ce gros piffre de Por- 
tugais qui a gaigne tous les jours 1' argent du roi. » 
(Sully.). L. C. 

Pifrls (Lg.), s. m. — Diarrh^e printa- 
niere des moutons, produite par Vabus de 
l'herbe nouvelle. V. au Folk-Lore, xiv. 

Et. — Pour : Pivris, ou Pevris, der. de Pevre. Cf. 
aussi P'wet. 

Pigarrele (Lg.), adj. q. — Bigarre\ bariol6. 
Se dit surtout de la robe des animaux. Syn. 
de Garre, Bigarrole, Tap ink, , TaponnA. Dou- 
blet du 2 e . 

Pigagse (Lg.), adj. q. — Marque* de blanc 
et de noir. Se dit du pelage d'un animal. 
Et. — Du lat. Pica, pie. 

Pigeon (Mj.), s. m. — Melange .d'eau-de- 
vie et d'eau sucr^e, dans la lang. des four- 
neliers. Syn. de Canard, Fil en trois. \\ Lg. 
Interpellation caressante des mdres a leurs 
enfants. Syn. de Colin, Loup, Chat, Roi, 
Cane, Bijou. 



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116 



PIGEONNEAU — PILE 



Pigeonneau (Lpos., Tr., Z. 138), s. m. — 
Gercure produite aux mains des masons par 
Paction corrosive de la chaux. Syn. de 
Partissure. || V. Pichon, Gdlure. Semble etre 
pour Pechonneau, dimin. de Pichon. 

Pigeon-vole. — V. aii Folk-Lore, vn. 

Piger (Mj., Lg., Sp., Vn., By.), v. a. — 
Pincer, prendre sur le fait, surprendre. || 
Tromper, attraper. — Syn. de : Chopper, 
Arquepincer, Encancher. Le me* me que le fr. 
Pieger. — « J'vas ben V piger ! || Piger le 
rocher, — ou abattre la roche. (Men.) 

Et. — Piege vient de : pedica, proprement : lien 
aux pieds. (Litt.). — Pige, pied servant a mesurer ; 
piger, pteger, mesurer au pied. Bourgogne (L. C). 
Favbe dit : Piger ; piquer ; creuser ; plonger une 
fourchette dans un plat pour prendre un morceau... 
Du celtiq. pigel, pikel, pique ; pigella, piocher, etc. 
= Peut-§tre d6r. de piege, poix, pix, picis. Employ^ 
en cette acception dans cette pnere de Saint- 
Hubert, recueillie a Bengy-sur-Craon, par M. Ri- 

BAULT DE LaNOARDIERE : 

a Que l'bon Dieu m'garde en ce moment 

« Et de l'esprit et d'la sarpent, 

« Du chien iou, du loup enrage\ 

« Du pige qui peut pas s'approcher 

« Ni de moi, ni d'ma compagnie. » (Jaub.) 

Pignade, s. f. — Plusieurs enfants pleu- 
rant ensemble. V. Pigner. (Men.) 

Plgnard, e (Mj., By.), adj. q. — Pleurard, 
pleurnicheur. Syn. de Ouisnard. V. Pigner. |j 
J aequo t-pignard, — appellat. ou interpeliat. 
un peu ironique, que Ton adresse a un indi- 
vidu qcque, a un indifferent, que Ton ne peut 
ou que Ton ne veut pas appeler autrement. 
Syn. de Jacoteau. « Te vela, t6, Jacquot- 
Pignard ! Syn. de Jaquedale, Nicolas Balzeux. 

Pigne, adj. q. (Segr.). — Syn. de tachete, 
mouchete. En picard : ajuste, arrange. 
(MEN.)Cf. Piguenoti. 

Pigner (Mj., By., Sal.), v. n. — Pleurer, 
pleurnicher. Syn. de Ouigner, Brdiller, Che- 
micher, Brizer, Buyer, Bichoiller. || Grincer, 
en pari, d'une roue de brouette mal graiss^e, 
d'une portequicrie sur ses gonds, de souliers 
qui ouignent. — Ex. : As-tu bentout fini 
(Tpigner? — C'est l'angl. to Pine ; all. zu 
Peinen. 

Hist. — V. a, Ouignard. 

Pignocher (Mj.), v. n. — Trainer une vie 
souffreteuse et maiadive. Ex. : Qui pignoche, 
vivoche, — celui qui est maladif vivote long- 
temps. V. Vivocher. Syn. etd.de Pignocher. 

— On dit aussi : Qui pignote, vivote. || By. 
On dit Pignoter. || Sal. Pignocher, — ne 
prendre que du bout des levres, manger avec 
repugnance. A Mj., Mignocher, en ce sens. 

Et. — Alteration de ftpinocher, sous l'influence 
de Peigner. — Manger de l'£pinoche = prendre 
garde aux aretes ; de : t^pine (a cause des nageoires 
de ce poisson). (Dabm.). — Epinocher. Ce mot 
s'emploie encore pour : Manger en petite quantity. 

— Aujourd'hui on dit plutdt Pignocher. II signi- 
fiait autrefois, en general, s'amuser aux choses peu 
importantes:« S'arrester en si peu de temps, c'est 
6pinocher en l'histoire. » {Lett, de Pasq. n, 599.) 
L. C. a Epinocher. Toutefois Cf. Peignaud. 



Pignon (Mj.), s. m. — Coiffe pointue. 

Pignoter (Ag.). — V. Pignocher, Pignocher. 

Pigmiaf (Mj., By.), s. m. — Pleutre, 
pied-plat, paltoquet. Syn. de Plat-cul, Muffle, 
Pierrot. — Cf. Pagnoufe ; Jaub., Suppl. 

N. — « Chez les cordonniers, le mattre s'appelle 
pontife, Touvrier gniaf, et Papprenti pignouf. (Lor. 
Labch.). 

Pignoufle, s. m. — Cordonnier. V. Pignouf, 
note. Homme sans education. A Longue, un 
pignouf. (Men.) 

Pigoeher (Lg.), v. a. — Becqueter. Syn. et 
d. de Picocher. — V. au Folk-Lore, vi, 9, 
la formulette : Une poule sur un mur. || 
Action de retirer une epine a Taide d'une 
epingle. (Men.) || By. On dit plutdt Epi- 
gocher. 

Pigonrner (Bl.), v. a. — Taquiner. Parait 
etre un doubl. de Bigourner. Cf. Becher 
qqn. 

Plgouyer (Mg.), v. a. — Picorer ; prendre a 
droite et a gauche. Syn. Picocher. 

Pigre (Pell., By.), s. m. — Ne s'emploie 
que dans la loc. : Stale comme ein pigre. 

N. — C'est le montj. et le Saint-Paulois : picre 
II est a noter que dans une locality comme dans 
1'autre, personne ne sait actuellement ce que peut 
bien etre un Picre ou un Pigre. 

Pigriers, s. m. — Enveloppe des semences 
des legumineuses. Syn. de Bogues. (By.) 
Men. — Doublet de Piqueriers. 

Pigrogner, v. a. — Tracasser un petit 
mal. Syn. de Pigoeher. (Men.) 

Pigroliers, s. m. — Ouvriers qui se sont 
formes seuls a i'abattage des pierres et n'ont 
pas re$u la consecration du guetrage. Autre- 
fois, un ouvrier d'a-bas ne pouvait hanter 
un pigrolier, ou bien ii etait condamne par 
ses camarades a Tamende d'un pot de vin, 
amende destinee a le reblanchir. . . (Men.) 

Plguener (Z. 149, Br.), adj. q. — Parsemer 
de points plus fonces que le fond. V. Pigue- 
noter. Tiqueter, moucheter. 

Piguenoter (Mj., Lms., Z. 196), v. a. — 
Pointiller, moucheter, tacheter. || Part. pas. 
— Piguenoti, — tachete, mouchete, tiquete. 
Dimin. irr6g. de Piquer, Picoter. Pour : 
piquenote. V. Garelle. 

Pihiee, pi-yee(Mj., By.), s. f. — Charogne, 
Syn. de Prd, Digane, Guigane, Brunette, 
Quirie, Pimonterve. \\ Rosse. || S'emploie 
comme terme injurieux pour invectiver qqn. 

N. — Ma bisaieule, ne'e en 1780, morte en 1877, 
disait toujours Piv&e (R. O.). 

Pile (Mj., By.), s. f. — Voiee de coups. Syn. 
de Roustie. || On dit : Recevoir eine pile ; une 
personne qui marche sur vos pieds les pile ; 
on pile sur un insecte, on recrase. || Mortier 
en bois demi-circulaire, servant a piler la 
filasse broyee ou teiliee. || Lg. — Mortier, 
vase de bois d'ormeau, dans lequel on pile le 



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PILEE — PINCE-ALOUETTE 



11: 



mil. Le mot est franc., dans des sens voisins. 
V. Piler. 

Hist. <Les pilons et la pile 

< Ne Ttenez pas a guile (fourberie) 

« Le van et le ratel. » 
Et. — Lat. pila, pour pisla, de pinsere, broyer. 
(Estillement du Vilain, xn 6 siecle.) 

Pile> (Cho.), s. f. — Sorte de gavote des 
environs de Cholet. 

Hist. — « La gavotte, ou pilie, que Ton n'execu- 
tait qu'au son de la veze (biniou) ou du violon, 
consistait a sauter tous ensemble et 2 a 2, a gam- 
bader et a se demener en tous sens jusqu'a 6puise- 
ment complet. » (Deniau, Histoire de la V., I, 58.) 

Filer (Mj., Lg., Sal.), v. a. — Piter du 
poivre, — marcher lourdement, comme une 
personne vieille ou fatigued. || Marcher sur, 
— II m'a piU sur le pied. Et, au fig. : Ne faut 
pas illi piler sus le pied ! || Piler du boeuf, — se 
blesser au derriere, se meurtrir les fesses en 
montant a cheval. On dit aussi : Avoir du 
boeuf a la mode. || Ti., Dt. — Venir piler sus 
le gdpier de qqn, le frequenter, le gener par sa 
presence. (A. de P., 28 juil. 1907. Une vieille 
histoire.) V. Pile. 

Et. — Au l er sens se dit de ce que les pieds elant 
tres endoloris et ecorches par la marcne, 1'allure 
est saccadic — Lat. Pilare, de pilum, pilon. 

Pille (Sp.), s. f. — S'emploie dans la loc. : 
Faire la pille, donner la chasse. 

Et. — L. pilare (ital. pigliare) prendre, voler, 
piller. Li mouille suppose une forme Pileare. 

PHIee (Bl., Sal.), s. f. — Salete. V. Pike, 
Pihike. Animal d^goutant. 

Piller (Mj., By., Sal.), v. a. — Exciter a 
mordre, un chien. Ex. : lis ont pilU leux 
chien sus moi. Vepres de Beausse, F.-Lore, ix : 
« En passant pres du moulin 
« Le meunier a pilli son chien. » 

|| Msm. Attaquer, battre, mordre, en par- 
lant d'un chien. 

Hist. — Un chien inconnu entra dans la cour du 
moulin et pilla le chien de la maison. (A. de P., 
10 mars 1907, 4, 1). 

Pilie-volsin (Mj.), s. m. — Syn. de Vouge. 

Pilon (Mj.), s. m. — Jambe de bois. || 
Cuisse de volaille. By., etc. 

Pilonner (Mj., By.), v. a. — Piler long- 
emps. De piler, pilon. Syn. de Piloter. 

Pilorl. — Nom d'une place a Angers. 

Hist. — « Place du Pilory, a Angers, a cause d'un 
poteau qui est au haut de cette place auquel on 
attache a un carcan ceux qui sont condamnez a 
dtre mis au carcans. » (Manage.) 

Pilotage (Mj.), s. m. — Action de piler 
longtemps. || R^sultat de cette action, capi- 
lotade. || Ptetinement. — V. Piloter. 

Piloter (Mj., Lg., By.), v. a. — Piler long- 
temps. || V. n. Ptetiner. Dimin. et frequent, 
de piler. || Battre un terrain en marchant 
dessus a petits pas r6p6tes. Cf. Lavoter, pour 
la d&inence. — Pat. norm, pilacher. 



N. — Pilloter, enfoncer des pilots, pieux (L. C.) 

PHuier. — Pour Pulluler. 

N. — Le peuple est tres ports a alte>er les mots 
qu'il ne comprend pas et a les rapporter a d'autres 
qu'il comprend. J'ai entendu moi-meme ce mot : 
<Ja pilule ! — Provient de ce qu'une simple bou- 
lette de substance, chez le pharmacien, s'allonge 
de plus en plus sous le rouleau ou la regie, pour 
§tre d£bit£e en nombreuses pilules, nom men 
plus connu. Cf. Ovragie. 

Pimont (Lg.), s. m. — Grosse pierre a 
aiguiser les faux. 

N. — On ne s'en sert plus, et le mot est presque 
oublie ; mais on emploie toujours les petits queux, 
appeles autrefois et aujourd'hui encore ; lambar- 
dines. Le rapprochement de ces deux mots m'avait 
sugger^ qu'ils devaient 6tre pour Pi^mont et Lom- 
bardie. J'ai fait une enqueue a ce sujet, mais je n'ai 
pas obtenu de rensiegnements bien precis. On se 
rappelle seulement qu'autrefois les pierres a aigui- 
ser ^taient toujours vendues par des mar- 
chands ambulants. C^taient tres probablement des 
Savoyards. (R. O.) 

Pimonterle (Ag.), s. f. — Chose 6cceurante. 
» Queune petite pimonterie I » dira-t-on a 
une enfant d^goutante de malpropreU. 

Plmouche (Mj.), s. f. — Gramin6e qui res- 
semble en plus petit a Tivraie-jaucoux, sorte 
de ray-grass. 

Pi mousse. — V. Pimouche'. 

Pimpenaa ncaa (Lg.), s. m. — Anguille 
adulte, de la grosseur du petit doigt. Peut- 
§tre pour Pimpreneau, qui serai t un doublet 
masc. du fr. Pimprenelle. 11 faut remarquer 
que, dans le langage des poisssonniers, le frai 
est g6ne>alement>compar6 aux feuilles des 
iplajrtes.tCt.lTalle'cleJaurier. V. Pimperneaux. 

Pimperneaux, s. m. — Sorte de petites 
anguilles. Cf. Civelle. 

Et. et Hist. — a Pipernella : » Icellui Jaquiet 
prist cent et demi d'anguilles et quatre ou cinq 
cents piperneaux ou environ, lesquelles anguilles 
et pinperneaulx pouvoient valoir en tout quinze 
francs. » (1398). — Quatre cent de pippreniaulx 
telx que on dit de coiivent... le cent de pippreniaulx 
xxx solz, et pippreniaulx que on dist de maisnie, 
chascun cent pour xviij solz (1421). — Cf. l'adj. 
pinpernel, dispos, 16ger, alerte (D. C.) — « Petit 
enfant — pempernelle, pimprenelle. » (de Mont.) 
— « Le poisson : sparus. » (Borel). — « Pimprenelle, 
jeune fllle 6veillee, fringante, eVaporee. — Cela 
viendrait de ce que Therbe appelee pimprenelle 
6"chaufTe le foie, si Ton en croit les mSdecins, r6jouit 
le coeur et donne de la vivacite. Je ne doute pas non 
plus que ces jeunes anguilles, dont parle Jules Sca- 
ligner contre Cardan, 226, et sur 1' Histoire des 
Animaux d'Aristote, p. 217, n'aient 6te" nommSs 
pimperneaux de la tegerete de leurs mouvements 
et de leur fretillement continuel. » (B. de la Mon- 
noye.) 

Pince (Mj., By.), s. f. — Pincettes. Ex. : 
Donne done la pince, pour outer cet6 fume- 
reau-Xk. — 11 6tait sale qifon ne Tarait pas 
pris aver la pince. \\ Chaud de la pince, — 
paillard. Syn. de Vessier, Chien, Chenassier, 
Fumellier, Marrainier, Pulassier. V. Pinccs. 

Pince-alouette (Sa.), s. f. — Syn. de Louette. 



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118 



PINCE-BEC — PIOCHON 



N. — II faudrait p.-e. ecrire Pince a l'ouettc, ou 
Pince a louette? 

Pince-bec (Lg., By.), s. f. — Pimbeche, 
mijauree. Syn. de Pince- jesses. 

Et. — Elle est evidente ; mais je signale que ce 
mot a donn£ le fr. PimbSche, dont l'orig. est incon- 
nue, dit Hatzfeld. Cf. Bechie, EbcM. 

Pince-cul (Mj.), s. f. — Syn. de Pince- 
jesses. || Sp. — S. m. — Lieu-dit, a l'intersec- 
tion de la route de Sp. a Coron et de la route 
strategique de Vihiers a La Plaine. || Tim., 
Lieu-dit, a Pinters, de la route de Tim. a 
Cholet et de celle de Mazieres a NuaillS. 

Pince -f esses (Mj., Lg., By.), s. f. — Ni- 
touche, pecque, mijauree. Syn. de Pince-cul, 
Picusse. 

Pince-nez (Mj.), s. m. — Tord-nez, garrot. 

Pincenoter (Mj.), v. a. — Pincer legere- 
ment et a plusieurs reprises ; faire des piche- 
nettes ; essayer de saisir entre le pouce et 
Tindex des objets menus. 

Et. — De : pincer. Le nom de Pichenette en 
derive p. e\ a son tour. — Cf. Piguenote. — Pour 
Pincoter. 

Pincer (Mj., By.), v. n. — En pincer pour, 
— etre tres amateur, tres partisan de. Ex. : 
II en pince pour cete fumelle-la; — il en est 
entiche. 

Pinces (Mj., By.), s. f. — Pincettes. V. 
Pince. 

Hist. — « Tous les ustensiles d'un usage jour- 
nalier : balais, pelles, pinces, faux, rateaux, que 
sais-je? » (P. Leroux-Crsbron, Souvenirs, p. 70, 1. 1 

|| On en prend plus avec le nez qu'avec 
des pinces, — dit-on d'une mauvaise odeur. 

Pincette (Mj., By.), s. f. — Ne s'emploie 
que dans la loc. : Tenir a la pincette, — tenir 
du bout des doigts, peu solidement. V. 
Pince. 

Pincrer (Tim., Nu.), v. a. — Regarder, 
observer. — Parait avoir la m£me origine 
que le provenc. Espincha, lat. Adspicere. 

Hist. — « Espinchas ! » regardez. Mireille. 

Pine (Mj., Lg., By., Sal.), s. f. — Pomme de 
pin. Der. du fr. Pin ; lat. pinus, teminin. — 
Esp. Pina, meme sens. 

Et. — L. pinea ; cf. pigne ; m§me sens et pignon, 
amande de la pomme de pin. 

Pineau (Cho., Lmy.), s. m. — S'emploie 
dans l'express. : Pierre de pineau, — gres 
commun dont on fait du macadam et qui sert 
eussi dans la construction. || Lg. — Amande 
de la pomme de pin, ou pine. N. C'est le sens 
unique au Lg., et sans doute, vu l'etymol., 
c'est le sens primitif du mot. A Mj., Sal. et 
ailleurs, ce sens est oublie et le mot a pris 
la significat. de noyau, parce que l'amande 
de la pine est dure comrae un noyau de prune. 
|| Raisins pineaux. Dits ainsi dc la pomme de 
pin, a cause de leur forme. 

Hist. — « Car noter que c'est viande celeste, 
manger a dejeuner raisins avec fouace f raise he 



memement des pineaulx, des fiers, des muscadeaulx 
(Rab., i, 175.) — « O lacryma Christi ! c'est de la 
Deviniere; c'est vin pineau : d le gen til vin blanc ! 
et par mon arae ce n'est que vin de tafetas. > 
(Rab., I, 29.) — V. Pineaux. 

Pineaux (Mj., By.), s. m. — Noyaux. — 
Ex. : Quand on mange des pruneaux, faut 
pas avaler les pineaux. (Bg.) — II mange ses 
ce.'ises pineau et tout. Syn. Querniau. N. 
Pineau en ce sens est inconnu au Lg. || Sorte 
de cepage ainsi appel6 parce qu'il donne un 
grain dur et ressemble par sa forme et sa 
grosseur a un noyau de cerise. — V. Pineau. 

Piner(Mj.),v.n. — Semoucheter,setiqueter, 
se consteller de petites taches de moisissures, 
en pari, du linge, du papier, des meubles, etc. 

Pinger (By.), v. n. — Plonger. V. Apien- 
ger. Syn. et d. de Punger. V. IAge. 

Pingres, s. f. — « On appelle, en Anjou, le 
jeu des pingres ce qu'on appelle a Paris le 
jeu des osselets. » (Manage, qui renvoie a 
Rabelais, iv, 14, et au-chap. des jeux de 
Gargantua, i, 22.) V. Pierrette. 

Pinier (Chpt.), s. m. — Prele. Syn. de 
Cceur hanke, Tire-hanhe, Quoue de poulain, 
Quoue de rat, Ginetrole. \\ Lg. — Grand arbre 
resineux, a tete 6tal6e en parasol, que Ton 
voit se dresser isolement au milieu des cam- 
pagnes de la region et qui n'est ni le pin com- 
mun, ni le sapin. — Pin parasol ? 

Et. — De ce que la plante, au premier sens, res- 
semble a un pin, ou pinier lilliputien. — Pinus 
pinea; fournit les pignons doux. (Litt.) 

Pinger on (Lg.), s. m. — Pinson, petit 
oiseau. 

Et. — P.-6\ du celtiq. kimry, pine, geai et pin- 
son ; bas-bret pint. — B. L. pincionem. 

Plnson-bontonnier, ou bontonnier (Mj., 
Sp.), s. m. — Sorte de pinson aui de>ore, au 
printemps, les boutons des arbres fruitiers. 
Syn. de Casse-bouton, Eboutonneux, Parse 
a grous bee. 

Pinter (Mj., By.), v. n. — Chopiner, boire 
beaucoup. Du fr. Pinte. Syn. de Gobelotter. 

Et. — De pinte, mesure pour les liquides. Celle 
de Paris valait un peu moins que le litre (0 1. 931). 
— BL. pinta, marque (de pingere) par l'analojrie 
entre une marque et une mesure. 

Hist. — xn« La Rose, v. 6851. 
« N'est nus (nul) qui chascun jor ne pinte 
t De ces tonneaus ou quarte ou pinte. » 

Pinnie (Mj., By.), s. f. — Pilule. Cf. 
Panetoty Cane$on. 

Pioche (Lg.), s. f. — Sorte de marteau des 
tailleurs de granit, dont les deux tdtes se 
terminent en pyramides carrees tres aiguSs. 

Et. — B. L. piocus (1268). Scheleb y voit une 
contraction de : pioche, de>. de pic ; cela est pro- 
bable, car de : picasse, sorte de hache, on avait fait 
piasse. (Litt.) 

Piochette (Mj., By.), s. f. — Petite piocbe, 
binette, serfouette. Syn. de TerHcheU 

Piochon l (Mj.), s. m. — Petite pioche, 
serfouette. 



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PIOCHON — PIQUE 



119 



Hist, — « Arrivasmes en rile des Ferremens. . . 
et viaraes grand nombre d'arbres portans mar- 
roches, piochons, serfouettes, faux, faucilles. » 
(Rab., P., v, 9.) 

Nochon 1 (Z. 155, By.), s. m. — Petite 
t§te de chou vert. Syn. de Bichote. V. Zigz, 155. 

EL — Ce mot viendrait-il de piochon, pioche. . . 
parce que ces especes de choux doivent 6tre 

kinia ? 

Ptehonner (Mj.), v. a. — Biner, piocher a 
petite coups, ou avec une pioche tegere. 

PWle (Nom.), s. f. — Fille. « Ces gens-la 
avaient ben des quSniaux, mais n'y avait que 
des piolles. — Qu'en feront-ils, de toutes ces 
petites piolles? Des ouvrieres? Y en a d6ja 
pus que de pratiques dans le bourg. 

N. — Peut-on rapprocher ce mot du lat. 
Puellae? — A Noyant, une m&re, parlant de 
sa piolle, ne dit pas : Marie, Celine, mais : 
Ct& Marie, c'te* Celine. Syn. Fumelle, Pissouse, 
DrSliire. 

fiefltmer (Jum., Lg.), v. a. — Eplucher. 
< On va piommer des potterres (pommes de 
terre) ; pour : pieumer, pron. pat. de p/eumer. 
:i By. Pieumer, plutflt Ptommer, pour : 
plumer, peler. 

Men (Sp.), s. m. — Esp6ce de jonc, petite 
et dure. Pour : Plion, de>. de Plier. V. Plon. 
Cf. Piesse. || Fu. — Cest 1'osier. 

Et — Pleyon. Osier menu avec lequel on at* 
tache les vignes et les branches d'arbres. — De : 
plier ; norm, plion. 

Pieieer (partout), v. n. — Dormir, rou- 
piller. V. Taper de Vceil. 

Et — Lob-Larchet le tire de piau, lit ; piausser. 
V. Pieu, Piou. 

Plennette (Lg.) f s. f. — Fil de fer, ou 
bande mince de fer dont on renforce le dessus 
d'un sabot taupe. Syn. de Archau, Ptite. — 
Der. de Plon, pour : Plonnette, pi mouiltes. 

Ptot > (Sp.), s. m. — Bouche ouverte. Syn. 
de Ganache, Fergane, Freu. Ex. : Ren que ca 
que tu tends le piot ! 

Ptol * (Chg.), s. m. — Pioche. 

Ptoi (Lg.) t s. m. — Lit. Ex. : Je vas me 
mettre dans le piou. — Syn. de Pieu, de Mj. 

N. — II est tres remarquable qu'au Lg., ou Ton 
connatt tres bien et ou Ton cmploie regulidrement 
le mot Pieu dans son sens fr. on ne confond jamais 
ce mot avec le vocable Piou. Cela semble indiquer 
que ce dernier a son identite elymol. distincte, 
*t que le Mj. Pieu, au sens de lit, en est une corr. 
Mais quelle est l'etymol. ? 

Flpe (Mj.), s. f. — Fut de deux barriques. 
On n'en voit plus, et le mot seul s'est conserve. 
Us mariniers disent encore : Eine pipe de 
chaux, — deux barriques, ou cinq hecto- 
litres. || Mj., Lg. — De toutes les pipes, — de 
tons les genres, de toute espece. Syn. de 
Orine, Nation. || Casser sa pipe, — mourir. 

Et — L. pipare, crier, piauler. La serie des sens 
est : musette, puis tuyau ; pipe a fumer, puis pipe, 
B*ure de liquide, pipe, tonneau. — Ail., pfeif j 



angl., pipe ; isl., ptpa ; dan., pibe ; gall, et ecoss., 
pib, viennent des langues lat. (Litt.) — 4 hectol. 
chaux (de Mont.). — « En avons veu qui se don- 
noient a cent pipes de vieux diables. (Rab., P., n, 
Prol.) 

« Avant le jour plein de clarte divine 
« Nous ne tastions ny la pipe angevine 
« Ny ton vin bordelais ... « 

(Amad. Jam., p. 28.) 

Pipte (Mj., By.), s. f. — Le contenu d'une 
pipe. — Ex. : II m'a chin6 eine pipke de 
tabat ! 

Piper (Fu., By., Mj., Lg.). — Fumer la 
pipe. || Fu. — Souffler dans une feuille de 
lierre a la pipe*e. I| Ouvrir la bouche pour 
parler. « II n'a pas pipe, souffle* mot. 

Piperie (Mj.), s. f. — Grand cercle, pour 
pipes et tonnes. V. Pipe. Cf. Busserie. 

Pipe! (Tim.), s. m. — Le diable. Syn. de 
Grattaud. Ex. : II ira chez Pipet \ (t muet). || 
Sal. « Tourne le feuillet, tu verras Pipet. » 
Se dit pour les livres de sorcellerie. De piper, 
tromper. Cest le Trompeur. V. Michant. 

Pipette (Mj.), s. f. — Petite pipe. Ex. : Si 
on fumait eine pipette? 

Pipi l (Mj.), s. m. — Oiseau, en g£ne*ral. 
Terme enfantin. Onomat., du p^piement de 
l'oiseau. || Baiser, b6cot. « Tu nras fait ein 
pipi mouilte. — De*r. du bruit des levres. || 
Oiseau, mulet, — ce qui sert a porter le mor- 
tier aux poseurs de pierres. V. Cossarde. 

Et. — « Lat. pipiare, pipier, come poussins ou 
pijons. » — D. G. 

Pipi * (Mj., By.), s. m. — S'emploie dans la 
loc. enfantine : Faire son pipi, — pisser, uri- 
ner. Syn. de NSnais, Pissette. Redoublement 
de la premiere syll. du v. francais. 

Pipie (By.), s. f. — Pour P6pie. Ce poulet a 
la pipie. 

Et. — B. L. Pepita, — lat. pituita, pituite, qui 
Iui-m§rae vienC p.-§. du v. gr. ptuein, cracher. 
(Litt.) Syn. de Poupie. 

Pipique (By.), s. f. — Une 6pingle. Terme 
enfantin. De piquer, avec redoubl. de la 
1™ syll. 

Pipitre (Mj., By.), s. m. — Pupitre ; 
lutrin. 

Et. — Lat. pulpitum. estrade. — Hist « Entre 
la chere et le grand pipiltre dudit cuer. » (1610. — 
Jnv. Arch., E, in, 426, 1.) — « Dans le cours de la 
presente annee le ptpitre du cceur a 6t6 fait. » 
(1745. — Inv. Arch., S, s, E, 170, 2, h.) 

Pipoo (Sp.), s. m. — Pourpier. Corr. de 
Piipou. 

Pipoox (By.), adj. q. — Qui fume la pipe 
avec exc£s. Syn. Fumier, Fumereau. 

Pique (Mj., By.), s. f. — La profondeur a 
laquelle s'enfonce une pelle, une b£che. 
Ex. : lis ont fonc6 a deux piques -de pelle. — 
Du fr. piquer. || Regarder qqn dans la pique 
de PcBil, — le regarder droit dans les yeux, 
dans le blanc des yeux. — N. II faudrait 
p.-e\ e*crire Ta-pic. (Z. 157. Ti., masculin.) || 



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120 



PIQUff — PIRE 



Lg. — Piquant. Syn. de Burgue, Piqueron, 
Ardeillan. || Barbe piquante (Tune cereale. || 
Pointe de pioche. Syn. de Cornon. || Une pique 
de poisson, une arete. (Do.) Syn. Balle, Boise, 
|| Chausse trape. — V. Clochette. (M£n. ) || Le bee. 
L'avoir tourne dans le Pays haut, le N. (Z. 
153, Ti.) Le coq du clocher a la pique (pointe 
du bee) dans le pays-haut, — le bee tourne 
vers PE. || Bl. — Des canetins sont a la 
pique (Pa pic, ici, evidemment) quand ils 
plongent le croupion en Pair, pour chercher 
des vers. — N. Faire la mitre, dans le Bor- 
delais. || Discorde. 

Et. — Forme femin.de Pic. Pour mesurer, on se 
servait de la pique, a preuve qu'on s'est servi de la 
lance. « Les fosses estoient porfonds de plus d'une 
lance. » (Boucic, i, 14.) — G.-C. Bucher, 137 : 
« Mais, par nos piques et discordes. » 

Pique (Mj.), part. pas. — HerissS, en pari, 
du poil. Avoir le poil piquk est un symptdme 
de maladie, surtout chez les bovides. 

Plque-boeufs (Li., Br.), s. m. — Un labou- 
reur. Cf. Vire-bouse, Castaud, Pitois. 

Hist. — « Le pique-bceuf ne se haste pas trop de 
respondre, il parte a ses boeufs. » (Desperr., 
Contes, 71.) Syn. de Bouer. 

Piquegneue. — Chausse -trape. V. Char- 
don-benit. 

Pique-madame (Lg.), s. m. — Plante qui, 
d'apres la description qu'on m'en a faite, 
serait le Geranium herbe-a-Robert. Bat., id., 
et Persil marsigouin. Syn. Perce-poche. 

Piquer (Mj.), v. a. — Recueillir sur une 
pelle des cailloux, de la chaux, etc., deposes 
a terre. || Piquer ein soleil, ou ein feu, — deve- 
nir tres rouge, de confusion ou de honte. On 
dit aussi : Piquer ein fard. — N. Je n'ai 
jamais entendu dire : Piquer ein soulL C'est, 
a mes yeux, une preuve que cette loc. est 
d'introduction recente. || Piquer ein somme, 
— faire un somme. || Piquer barre, — se din- 
ger. Ex. : II a piquk. barre sus le Mesnil. || 
Se piquer le nez, — boire et s'enivrer. Le nez 
devient rouge. || Planter. — Ex. : Faut que je 
pique de la laitue. — By. 

Piqueras (Z. 136 ; Ti., Q., By., Mj.), adj. 
q. — Criard, percant, desagreable. || S. m. 
Enfant dont les cris percent les oreilles. — 
V. Piquerasser ; de : piquer. Cf. Piquereau, 
piquerie. Doit s'ecrire par que et non picras. 

Plquerassage (Mj.), s. m. — Cris aigus et 
r6pet6s. V. Piquerasser. '■< 

Piquerasser (Mj., By.), v. n. — Crier avec 
une voix percante. Syn. de s'Equerzeler 
s' Eterzkler, s' Ecogailler. Du fr. Piquer. 

Piquereaux, s. m. — V. Picot. Renoncule 
des champs. (Men.) 

Plquerette (Mj.), s. f. — Vinaigrette, 
sauce piquante. || Mets accommod^ a cette 
sauce. Poisson bouilli dans Peau (oignons, 
6chalottes), puis mange a Phuile et au 
vinaigre (ou au beurre). 

Piqueriees (Bg., By.), Piqueriers (Lue), 



s. m. — Ne s'emploie qu'au plur. — Balles ou 
glumes des cereales. Syn. de Bailie, Ventin, 
Gobier. Der. du fr. Piquer. || Guertes. 

Pique-a-Rome. — Jeu d'enfants. V. au 
Folk-Lore, vii, — Et Piqueromme, dans 
Ch. Nisard, Curiosites, 98-9. 

Piqueron (Mj., Lg., Bg., Li., Br., By., 
Sal.), s. m. — Dard, aiguillon, piquant. Syn. 
de Burgue, Pique, Ardeillan. — Dard "de 
Pabeille, de la guepe. || Epine du groseiller. ij 
Langue des reptiles. 
Hist. — « Celuy ne pille des ruchettes 

« Le miel, qui craint que les avettes 
« Le poignent de leurs piquerons. » 

(Amad. Jam., p. 254.) 
« La rose au piquerons menus 
« A bon droit se donne a Venus ; 
« Puisqu'en tous amoureux services 
« Sans peine on ne vient aux delices. » 
{Id., p. 273.) 

Piqueru, e (Mj.), adj. q. — Aigu, piquant, 
percant. Ex. : Queune voix piqueron qu'il a ! 
|| Piquant, herisse de pointes. Ex. : Cete 
bourge de H6tron-la est-il pourtant piqueru \ » 

Piquet 1 , piqu6te (Mj.) (By., t muet), s. m. 
— Eter', ou Rester comme ein piquet, — 
Stre ou rester raide, immobile. || Fig. — 
Faire le piquet, — tomber la t£te la premiere. 
Ex. : Prends garde de faire le piquet dans 
Peau. — On dit en fr. : Piquer une tele, mais 
seulement dans ce sens special de : se jeter 
dans Peau. Dans notre patois : faire le piquet 
a un sens absolument general. V. Bousiquet. | 
Faire le piquet, — faire un tour complet sur 
soi-meme, en posant la tele par terre, les 
jambes passant directement au-dessus. |t 
Planter ein piquet, — c'est lorsqu'un vendeur 
sur fait par trop sa marchandise sans vouloir 
rien raoattre de ses pretentions, lui pro- 
mettre d'un air serieux un prix legerement 
infeneur a celui qu'il demande, mais bien 
supeneur a la valeur reelle, et le laisser la- 
dessus. (Mj., Lg.) || Arracher ein piquet. — 
Retrouver de sa marchandise un prix egal 
ou supeneur a celui que le premier acheteur 
avait offert par derision. — C'est la suite du 
precedent et sa contre-partie. 

Hist. — « Elle avait mis une robe grise de voyage 
une voilette blanche, un chapeau rond orne d'un 
piquet de coquelicots. » (R. Bazin, La Saroelle 
bleue, 47.) 

Piqueton (Mj., Bv.), s. m. Petit piquet. || 
Vin un peu vert. fix. : Veins done gouter a 
noutre piqueton. Du fr. Piquette, a cause du 
gout acide et piquant. Syn. Sigournet. 

Et. — Piqueton etant un dimin. de : piquet, 
piton en vient peut-etre. 

Piquot (Lg., By.), s. m. — Petite saillie, 
petite *?raiiulation. Quand on a la peau 
(chai.) de poule, toute la peau est couverte de 
piquots. — De : piquer. 

Pire 1 (Li., By., Br.), s. f. — Mou de veau. 
(Lu£.) — Fressure (Z. 149.) Cceur et pou- 
mons de pore. || Avoir la pire entorse et le 
jabot de travers* — - se dit pour : un horn me 



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PIRE — PIS 



121 



maladif, et, au fig., pour un homme de mau- 
vaise humeur. (M£n.) — Se dit aussi ironique- 
ment en pari, d'un homme qui se plaint sans 
motif. — V. Pirre. 

Et. — Pis : partie infe>ieure du ventre du boeuf 
dans toute la longueur du dessous de l'animal. 
L. Pectus, pectoris. (Litt.) — Hist. « Pendant que 
la m£nagere surveillera la soupe a la pi re, prepa- 
rera le flip (grog chaud, St.-P.) ou les chataignes. » 
(Anj. hist., n, 3°, 594, 33.) 

Pire * (Mj., By.), ad. — Compar. de mau- 
vais. « II est cor ben pus pire ! C'est cor ben 
pus pire apres ! — Le pus pire ; c'est pire que 
pire, — c'est ce qu'il y a de pire. » || Pour : 
pis. Tant pire pour li ! — Lat. pejorem. 

Pire 8 (Lg.), interj. — Sert a appeler les 
oies. Ex. : Pire / pire / — Syn. de Pirou ! 

Plrette (Sp., By.), s. f. — Oie, et surtout 
Jeune oie. Forme temin. de Piron. — Pat. 
norm. Perette. || V. Guet. (M4w.)|| By. Mar- 
cher en pirette, les pieds en dedans. 

Et. — P.-S. une autre forme de Pierrot, nom 
transports a un animal, ce qui est frequent. (Lnr.)? 

Plrgatoire (Lg., By.), s. m. — Purgatoire, 
forme vieillie. Syn. etd.de Purcatoire. 

PIrll. — Jeu d'enfants. V. Piaue-d-Rome- 
Folk- Lore, vn. || Sal. Cest la tranche de 
m 10 aiguis^e aux deux bouts, qu'on fait 
pirouetter avec une branche de m 50. V. TibL 

Piron (Mj., Sp., Lg., Sal.), s. m. — Javelle, 
brassee de bl6 coupe. — Mettre le bl6 en piron 
(Mg., My.), c.-a-d. par poignees mal alignees, 
aussi tot qu'il est coupe. Syn. Oison. || Jeune 
oie. — On dit d'un ecervele, d'un enfant tur- 
bulent : II est comme ein piron fou ! — Si les 
jeunes gens veulent faire la loi aux personnes 
ag6es, on leur repond par le prov. : C'est 
done a present les pirons qui menent les oies 
aux champs? » V. Pirette. — By. Cf. Biron, 
Jaub., Suppl. || Mj., Lpm. — Nom de fa- 
mille. || By. — Toute petite oie. Garde ce nom 
jusqu'apres les ecots ; prend le nom d'oie 
quand ils commencent a croiser, etant deve- 
nus des pennes. || Sar., Chg. — Id. || By. 
Canard croise, dont les pennes sont assez 
longues pour que les ailes se croisent sur le 
dos ; ils peuvent alors commencer a voler. 

Et. — P.-e\ de Pierre, L. Petrus ; ital. Pietro. 
Les hommes ont souvent donn£ des noms de saints 
aux animaux. V. Fouquet, Perroquet, Renart, 
Sansonnet, Guillemot. (Litt.) — Toutefois, cf. 
Birer, bolter. V. Virer, Birail et Biron. A cause de 
la d-marche des oies. (Jaub.) — Hist. : 
« Mieux vault nous taire 
« Quand j'entendis pirons et canards, 
« Gens ignorants et bavards. » 

(Affiches d'Ancers, 1822, n° 168. — MfcN.) 

Plronne. — Fem. de Piron. (Sar.) 

Plronoee (Li., Br.), s. f. — Une pironnke. 
Petit tas de ble dans le champ. V. Piron. 

Pironner (Sal.). — Mettre en petits tas 
(pirons) le ble fauche. 

Pirotes (Lg.), s. f. pi. — Grande liliacee 
qui pousse par touffes enormes sur les co- 
teaux rocheux des bords de la Sevre. C'est le 



mSme que les Aleis de Sp. — Les caracteres 
sont les suivants : Feuilles etroites et longues, 
a demi plie*es longitudinalement, fleurs en 
bouquets terminaux, portees sur une hampe 
de 1 m. et plus et couvrant cette hampe sur 
une longueur de m 30 a m 40 ; calice tres 
petit ; 6 petales blancs avec une rayure me- 
diane longitudinale jaunatre ; 6 etamines 
hypogynes, elargies en lames a la base. — 
Syn. de Jalet, Lunon, Nunon, Nunu. C'est 
Tasphodele. (Morandeau.) 

Pirou ! (Sp.), s. m. et interj. — Cri par 
lequel les femmes appellent leurs oies pour 
les reunir et les faire rentrer. Corr. de Piron. 

— Syn. de Pire I 

Pirre (Mj., Lg., By.), s. f. — Poumons des 
mammiferes. Ex. : Eine pirre de veau. — 
Pour intimider les enfants, on menace de leur 
manger la pirre au vinaigre. — Syn. de 
Foies. — V. Pire. \\ Avoir la pirre seche, ou 
secque, — avoir soif. || Au Lg., on designe 
sous le nom de pirre to us les visceres rouges. 
On distingue la pirre molle (poumons) et la 
pirre dure (foie, rate, etc.) || Lg. — Travailler 
a pirre quervee, — travailler au-dessus de ses 
forces. — Cet article complete celui de 
Pire K 

Et. — V. Pire. — Hist. « Par sternomantie : 
par ma foy, tu as le pictz assez mal proportionne\ » 
(Rab., P., in, 25, 276.) — N. Ce n'est pas tout a 
fait notre Pire, ou Pirre ; ici, c'est la poitrine. — 
« Les religieux furent serviz au disner, d'entrde de 
table, d'ugne teste de veau avecques ung ventre, 
deux roignons, et ungne poitrine, troys oyssons, 
farcys d'ugne pise de veau, avec les deux foys des- 
dits veaux. » (Inv. Arch., H, Suppl., 57, 2.) 

— « As-tu la Dire en torse 

« Le gezie de coutey, ou Den la male bosse? » 
(Saint Long, Amours de Colas, p. 2. — Favbe.) 

Pirriere (Mj.), s. m. — Nom que Ton donnait 
jadis, par de>ision, aux mariniers, parce qu'ils 
se nourrissaient des bas morceaux de bouche- 
rie. Cf, Peteux. 

N. — 11 y a toujours eu inimiti£ entre les paysans 
riverains de la Loire et la gent des mariniers. 
Ceux-ci traitaient les premiers de Castauds ; les 
paysans traitaient les seconds de Mariniasses et de 
Pirriers. On peut afllrmer que la faute premiere en 
6tait aux mariniers, qui, tres d£daigneux de toutes 
les autres professions, et sifrtout de Tagnculture, 
consideraient les gens de la campagne comme une 
race infdrieure et taillable a merci. 

Piruites (Segr., By.), s. — Perdrix et le 
chant de ces oiseaux, par onomat. (M6n.) 

Pirvoler (Mj.), v. n. — Etre projete tres 
loin, passer en volant, en tournoyant, en 
pari. d'un obj. Ianc6. — Lat. Pervolare. Syn. 
de Verder. 

Hist. — « la jouoit : Au (lux. . ., au pirevollet. » 
(Rab., G., i, 22, 43.) — Est-ce le jeu du Pique a 
Rome, du Tibi ? — Oui. et du Pirli = pirvolit. 

Pis l , adv. — Plus mauvais, plus mal. 
Dans la loc. : Ce n'est pas pis que neuf, — 
ce n'est pas pire, moins bon que si c'elait 
neuf ; done, c'est aussi bon. C'est comme 
neuf. 



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122 



PIS-DE-CHIEN — PITANCHE 



Pis f (Mj.), conj. — Puis. — V. Pi K 

Pis-de-chien (Sa.), s. m. — C£pe, sorte de 
champignon. — V. Pies de chien. 

Pisque (Mj., By.) conj. Puisque. 

Pisqu6re (piskere) (Mj.), conj. — Puisque. || 
On dit fort bien : Pisqulre que. Cf. Pacequkre, 
Clquire. || Elliptiquement : Pisque\ pisque*re, 

— puisqu'il en est ainsi. Ex. : Je ne le ferai 
pas, pisqulre ! 

Et. — C'est Pisqu6, avec addition de r, forte- 
ment accentue\ pour consonne d'appui finale. Cf. 
Eyour ; le fr. Velours, etc. 

Pissard (By.), s. m. — Enfant pissant au 
Mt. « Saint M6dard — Est un grand pis- 
sard. » Prov. (M6n.) 

Pissat-d'&ne. — V. Lait de couleuvre. 
(M6n.) 

PIsse (Mj., Lg., etc.), s. f. — Urine. 

Piss6e (partout), s. f. — Action de pisser. 
Ex. : A va faire sa piss be. Syn. Dalle, Dri- 
nk. || Jet d'urine ou d'un liquide qcque. || 
Fig. — Pluie, ond6e, averse. || Pissle de chat, 

— ou de grenouille, — petite averse insigni- 
fiante. || Quantity d'urine lache*e en une seule 
fois. 

. Pisse-gogue (Lg.), s. m. — Jeu de marelle, 
celui qui est appele* ailleurs : Pied-pourri, ou 
Chaudron. V. Victoire. 

Pisse an lit (Mj., Lg.), s. m. — Pissenlit. 
Syn. Cocu, Cochet. Ne se dit qu'en plaisantant, 
aMj. 

Pissenlit (Mj., By., Lg.), s. m. — V. 
Cocu, Cochet. Manger les pissenlits par la 
racine, — dtre mort et enterre\ V. Folk- 
Lore, in. Bat. Taraxacum dens leonis. 

Pisser (Mj.), v. n. et a. — Pisser de vol6e, — 
lacher de Purine involontairement, a force de 
rire, d'Stre battu, etc. On dit : II n'en piss a it de 
votee, — en pari, d'un homme qui tt'est plus 
mattre de lui, tant il est furieux. || Pisser son 
malheur, — pisser apres avoir perdu au jeu. — 
AWer pisser, lorsqu'on perd au jeu, dans 1 espoir 
de faire tourner la chance. || Sp., v.n. — Avoir 
son ar£te supe>ieure surplombant sur l'inte- 
rieure, en pari, d'une pierre de parement. 
C'est le contraire de Battre. || Commencer a 
s'6couter pisser, — a 'avoir des id6es sexuelles. 
|| Faire pisser le sang, — au fig., dSgouter, 
faire suer, porter sur les nerfs, agacer. Syn. 
de : Faire suer, ou chier. II me fait pisser le 
sang, avec ses manures. || Mj. — II ne 
pisse pas loin, — il n'a pas d'influence. || Ne 
pas pisser raide, — n'&tre pas fier, ou : n'en 
pas mener large. [| II n'en pissera pas plus 
raide, — cela ne lui r^ussira gu6re, ne lui 
portera pas profit. — Se dit proverbialement 
de qqn qui vous a joue* un mauvais tour. Cf. 
Crotter. || Lg. — Quand il tombe une 16gere 
averse, on dit : C'est les mouches qui pissant. 

— Cf. Pissle de guernouille. || Au jeu de boules, 
quand le couvreur n'a pas pousse* le Mattre 
assez loin, on s'6crie : C'est-y un coup, $a? 
on pisser ait dessus ! 



Hist. — t Je m'en vais done, dit-il, pisser mon 
malheur. » (Rab., G., i, 38.) — « Mais ses m6de- 
cins le secoururent tres bien, et avec force drogues 
lenitives et diuretiques, le firent pisser son mal- 
heur. b (Rab., P., n, 33.) — « Y eut plusieurs 
autres grandes parol les dittes entre eulx ; entre 
lesquelles le suppliant envoya pisser icellui 
homme. » (1465. — Deja !!) D. C. 

Pisserie (Mj.), s. f. — Action de pisser. 
Cf. Chierie, Tousserie. 

Pisseton (Mj.), s. m. — Braguette. || Ou 
Piston? 

Pissette (Ag.), s. f. — Terme enfantin, 
syn. de Pipi : Allons, b6be*, fais ta pissette. 

Pisseur (Mj.), s. m. — Celui qui pisse. Ne 
s'emploie guere que dans la traditionnelle 
scie. V. Folk-Lore, x. 

Pissoire (Mj.), s. f. — Urethre. 

Pissot (Lg.), s. m. — Urine. Syn. et dim. 
de Pisse. 

Pissotiere (Mj., By.), s. f. — Urinoir. 

Pissouse (Mj., By.), s. f. — Sorte de rai- 
nette, de couleur jaun&tre. Syn. de Arnette, 
Graisset. || Sp. — Appellation injurieuse par 
laquelle on designe les personnes du sexe 
feminin. Syn. de Fumelle, Piolle. (Lg., Mj.) 

Pi880ux, se (Mj., Lg.), adj. q. — Pisseux. || 
Jument pissouse, — jument revive, qui rue 
en langant des jets d'urine. || Pissouse. || 
Nom que Ton donne ironiquement aux Jugeux 
d'eau (Mj.). || Trou dans le pied d'une lev6e, 
par ou jaillit un filet d'eau au moment d'une 
mondation. Syn. de Renard, Guerlet. || Temps 
pissoux, — pluvieux. Syn. Mouillassoux. \\ 
Terre pissouse, — tr6s impr6gn6e d'eau. Syn. 
de Aguia, AgXate (aguyate). || Lg . — Soulail 
pissoux. — soleil voile* par la brume. Signe de 
pluie. || By. Un vehement pissoux, dont la 
couleur a change^ par endroits. Enfant dont 
les langes sentent l'urine, ou encore viennent 
d'en Stre salis. 

Pistache (Mj., By.), s. f. — Sorte de pas- 
tille, melange de gomme arabique et de 
r^glisse. || Fig. — Soul6e. On dit : Avoir ou 
attraper eine pistache, — §tre ivre. Syn. de 
Cuite, Soulle, Cuvle, Biture, Culottle, etc. — 
Allusion au visage verdatre de r ivrogne qui 
alecceurmalade.(LoR. Labchey.)V. Pitanche. 

Piston (Mj., Ag., By.), s. m. — Protection, 
recommandation, n^potisme. C'est une ptece 
importante de la machine a vapeur. || Ouver- 
ture. (Li., Br.) Le piston d'un cotillon, sa 
fendure. — V. Pisseton, mieux orthographie. 

Pistonner (Ag., Mj., By.), v. a. — Proteger, 
recommander. 

Pitanche (Ag., By.), s. f. — Ivrogne. 
Quelle pitanche ! — quel ivrogne ! — Tu bois 
comme une pitanche. Cf. Pistache, Pitoche. 

Et. — Dout. — Darm. derive ce mot du rad. de 
PitU (pour Pitance), au sens de : pi6t£. La pitance 
donn£e aux moines elaft, le plus souvent assuree 
par des fondations pieuses. — Hist. « Je, Oauchiers 
de Thorote... ay donne en pure et perdurable 



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PITAUD — PLACER 



123 



aumone au couvent de Saint-Eloy de Noion un muy 
de blei a pitanche. . . a penre chascun an a la feste 
de saint Martin ivernal au Plessis devant dit. 
(1256. — D. C.) 

Pitaud (Po.). — Cultivateur. V. Biquart. Cf. 
Pilois. Syii. Pahourd. 

Pitaude (Craon), s. f. — Fille, domes- 
tique de ferme. 

Et. — Le Duchat y voit une derivation de pes, 
pedis, et une signification analogue a nteton. — 
Schelkr v voit une forme de Pataud. — P.-e\ 
a rapprocher de piteux, = qui a Pair a la fois 
malheureux et gauche. Du lat. : pietosum, pieux, 
qui a suivi le dSveloppement de sens de : pietatem, 
pitie\ (Darm.) — « Faisant la r6ve>ence a la 
pitaude. » (Brant., D. G., n, 207.) — Paysan qui 
servait dans l'infanterie. — L. G. 

Pitoche (Sp.), s. f. — Boue, bourbier, 
patrouillis. Corr. de Pitoil. 

Pitoil (Mj.), s. m. — Patrouillis, boue, 
bourbe, fange dans laquelle on patauge. — 
Voisin de Patouille et doub. de Pitroil. V. 
Pitoche, Patouil, Maffier, Faigne. 

Pltols (Ag., Lg., By.), s. m. — Putois. — 
J'avons eu Ypitois ; il a saign6 nos poules. || 
Lg. Fig. Paysan. Designation ironique tir6e 
de I' animal. Syn. de Pampre, Ddbre, Cos- 
laud, Ckasse-pies, Virebouse, Crdnier, Pique- 
bceufs. Syn. etd.de Pitaud. 

Et. — Lat. Putacius, de : putere, puer, a cause 
que cet animal est tres puant. — Pat. norm. Pitu. 

Piton (part.), s. m. — Grand nez et pointu. 
Syn. de Piffe. || Mj., Lme. — Nom de famille. 
|| Se derisser le piton, — se casser le cou. 
(Bg.) 

Et. — Se rapporte a 1'esp. Pito, petit morceau 
de bois pointu. (Litt.) 

Pitroil, pi-tro-ille (Sp.), s. m. — Patrouillis, 
boue, salet6, bourbier, fange. De>. de Pi- 
troiiler. Syn. de Pitoil, Patouil, Patouille, 
Maffier, Gassoil, Gassouil. V. Patrouiller, 
Faigne. 

Pitroiiler (Sp., Lg.), v. n. — Patrouiller, 
patauger. || Etre boueux, en pari, d'un che- 
min. Syn. de : Patouiller, Patacher, Pague- 
necher, Ganacher, Picouiller, Poquerasser. 

Et. — Ce mot est un doubl. du fr. Patrouiller et 
du pat. Patouiller. Tous ces verbes, ainsi que le fr. 
Patauger, de>. du fr. Patte. En resume, ce nom a 
donn£, tant dans le pat. que dans le fr. class i que, 
les de>iv. suiv. : 1° Patauger ; 2° Patouiller, Pa- 
touille, Pitoil, Pitoche ; 3° Patrouiller, Patrouillis, 
Pitroil, Pitroiiler, Pitroilloux. — On voit que les 
mots de la 3 6 famille sont ceux de la 2 e avec un r 
6penth6tique. 

Pitrolileox, ease, — oux, ouse (Sp.), adj. 
q. — Boueux, fangeux. De>. de Pitroil Syn. 
die Patouilleux, Poquerassoux, Gassoilloux, 
Gassouilleux, Ganouilloux, Gadroilloux. 

Pitroailie (Q., M., Z. 136), s. f. — Boue ; 
flaques d'eau ; salete\ ordure demi-liquide. 
Syn. et d. de Patouille, Pitoil, etc. 

Pltrouilieux (id.), adj. q. — Boueux. 

Pituite, piquite (Mj.), s. f. — Pituite* Cf. 
QuileflEcuit, Tuile, Etui, 



Pivare, ee (Mj., By.), adj. q. — Mouchete\ 
marqu6 de plusieurs couleurs qui tranchent 
les unes sur les autres. Se dit du plumage ou 
du pelage d'un animal. — Bigarre\ aubere. 

Et. — De>. irr. de Pivart. 

Pivart (Mj., By.), s. m. — Pic vert. Corr. 
du mot fr. || Lg., Tim. Nom que Ton donne 
ironiquement aux sabotiers. 

Hist. — « De laquelle usent les Pics-Mars (vous 
les nommez Pivars.) » (Rab., P., iv, 62. — Picus 
viridis. 

PIvee (Fu., Mj.), s. f. — Forme ancienne de 
Pihee. Oh ! la discre* pivee ! — Oh ! la sacr6 
pihi£e ! Juron adouci. 

Plvef, piv^te (Mj.), s. m., et : 

PIvette (Lg.), s. f. — Petite herbe fine et 
rare qui repousse dans un pre apres la fau- 
chaison, jeune regain. — Cf. Pevre. V. 
Totane. 

Pivetter (Mj., Lg.), v. n. — Se couvrir de 
gazon fin, repousser du regain. De Pivet. 

Pivoter (Mj., Lg., Cho., Ag.), v. n. — Faire 
beaucoup de marches, d'exercices. Lang, des 
troupiers. — Un pere de famille me disait, en 
pari, de son jeune fils : Et puis, vous savez, 
s'il ne marche pas, faut le faire pivoter I 

Pivrl, s. f. — Vesce et Voisce. (MAN.) 

Place, sou vent : piace (Mj., Lg., By., Sal.), 
s. f. — Le sol d'une chambre, carrelage d'une 
piece qcque. — Ex. : II s'est routed dans la 
place. — Les marraines ont lav6 la place. || 
Mettre tout par les places, — faire de grands 
prSparatifs pour recevoir qqn. || En place ! — 
loc. ellipt. — Sautez hors du lit, levez-vous ! || 
Par places, — par endroits. || La place 
d'armes, — la poitrine. || En place, loc. adv. 

— a la place, en remplacement, au lieu. Ex. : 
Reste done la, en place d'aller veiller. — 
Donne-moi le tieun, je te donnerai le mieun 
en place. \\ Dans la place, — m. ss. || Ne tenir 
ni en lieu ni en place, — ne pouvoir rester 
tranquille. || Reste en place, loc. adv. — Net. 
Ex. : Je te l'ai bais6 reste en place. \\ Emploi, 
en g6ne>al, fonction ,surtout de domestique. 
Ex. : u Sa fille est en place, qui gangne de bon 
argent. On dit aussi : En condition. || Maison 
ou un domestique est placed — Ex. : II a 
d6ja fait trois places. || Une place de pre\ — on 
dit aussi : Un jeu de pr6, pour un petit pre\ un 
pr6 en forme de hachereau, etc. (Do.) M6n.) 

Et. — Rac. la mfime que Plat. 

Hist. — « Bonnet ressembloit un lutin 

« Qui va, qui tourne, qui tracasse 
« Toute la nuict parmy la place. » 
(J. du Bell., Jeux rustiq., 309.) 

— a G6ne>alement, Pint^rieur de la maison poi- 
tevine est propre, malgr^ les irr£gularit6s de Ja 
place en terre battue. » (La Trad., p. 40, 1. 7.) 

Placer (Mj., By.), v. a. — Etablir dans une 



PI. — Remplac6 par pi. Pianche, Piancher, 
Pianter, Piume, etc. (By.) 



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124 



PLACEUR — PLACir 



ferme. Ex. : II a place son a!n6 dans sa ferme ; 
ils sont parsonniers. — C'est eine fille placle, 
alle est bonne a prendre. N. Souvent, on 
mouille l'l : Piacer. 

Piaceur (Lg., etc.), s. m. — Industriel qui a 
achet6 a forfait le droit de location d'un 
foiral, d'une place de marche. 

Piaeit 1 , placite, Ptacitre (Mj., Lg., By.)' 
s. m. — Place, lieu d^couvert et d6barrass6 
d'obstacles. — De Place. Ex. : Vela ein beau 
placit } pour jouer aux marbres. || Sal. Id., 
devant une Sglise. 

Hist. — « Le vendredi 29, la croix de mission a 
et6 plantee dans le placitre devant l'eglise. » 
(1758. — Inv. Arch., E, in, 200, 1.) — « Rentes 
foncieres a la Peleriniere en Saint-Barthelemy, rue 
des Forges, au placitre Saint- Maurille. » (1257. — 
Id., G, 44, 1.) — « Au mois d'octobre 1603, v6n6- 
rable et discret messire Mathurin Pouppe, pr£tre..., 
a est6 assassine et tu6 en sa maison pres le plas- 
sistre de Saint-Maurice. » (Id., S, s, E, 213, 1, m.) — 
« Data mense Martio anno XXIII, regnante 
Lothario rege, in placito publico Andegavensis civi- 
tatis... » (974. — Id., S, H, 19, 2, m.) — « Pla- 
citre. « Le parvis de l'eglise (cathedrale), ou ce 
qu'on appelle vulgairement le placitre, etait an- 
ciennement, comme celui de Saint-Maurille, 
presque entierement occupe par un eimetiere... » 
(Anj. hist., 6* an., n° 6, p. 575.) — « L'autre place 
qui le joint, nommee le placitre de terre, etait 
ainsi appelee pour la distinguer de la premiere. . . » 
(Ibid.) — En note : C'est actuellement la rue du 
Parvis-Saint-Maurice. 

Note philologique. — De tous nos vocables 
patois, celui-ci peut §tre considere comme le plus 
venerable par la haute antiquite a laquelle les 
documents ecrits nous permettent de le faire 
remonter ; il est aussi des plus interessants au point 
de vue philologique ; enfin, il paratt etre en usage 
a peu pres dans tout PAnjou. Pour ces diverses 
raisons, je crois devoir lui consacrer ici une 6tude 
speciale et d^taillee. 

A l'examen superflciel, on serait tente d'y voir 
un deriv6 — un peu extraordinaire comme forme 
— du fr. Place; sa signification presque identique 
semble en faire une sorte de diminutif. Or — et ceci 
est bien fait pour nous mettre en garde une fois 
de plus contre les inductions etymologiques pre- 
matures — j'ose afifirmer qu'il h'y a aucun rap- 
port d'origine entre le vocable fr. Place (lat. pop. 
Plattia) et notre mot Placite, qui vient du lat. 
Placitum. (Voir a l'Historique la citation : Data 
mense. . .) 

Je lis encore dans l'ouvrage de M. Louis Hal- 
phen, op. cit., p. 109, en note : « En 1040, Geoffroi 
Martel tient un grand plaid : « Anno millesimo XL 
ab incarnatione Domini nostri Jesu Christi, habuit 
Gauzfridus comes, Fulconis comitis filius, cum 
fidelibus suis generale placitum apud Andegavam 
civitatem. . . » 

De ces textes, peut-on inferer qu'aux x° et xr 3 s., 
le mot Placitum avait le sens de : place, parvis 
d'eglise, que nous attribuons a notre vocable 
Placitel Nullement. Lisons M. Halphen, loco 
cifato : « En outre, en dehors des cadres adminis- 
tratifs regulicrs, bien des personnes ont coopere 
a l'administration du comte ou a la direction des 
affaires. Sous ce rapport, il faut faire une place a 
part aux fideles du comte, c.-a-d. h ceux de ses 
vassaux ou memo de ses agents qui vivaient dans 
son entourage ou qu'il lui a plu d'appeler aupres 
de lui dans telle ou telle circonstance, ou enfin qui 



venaient, en vertu des obligations feodales, lui 
faire le « service de cour ». Jamais sans eux 
Foulque Nerra ou Geoffroi Martel ne prennent une 
decision. Ce n'est pas qu'ils jouent toujours un 
rdle bien actif ; parfois, ils sont de simples U- 
moins ; mais, parfois aussi, le comte les consulte, 
s'assure de leur acquiescement. . . » Ce passage, ou 
je me suis permis de souligner trois mots impor- 
tants, definit bien exactement le Placitum de 
l'epoque feodale : c'etait une reunion de fiddles 
qu'il avait plu au suzerain de convoquer pour leur 
faire part de ses projets, de ses resolutions. Le mot 
avait gard6 son sens litteral, puisqu'il vient du 
lat. Placere ; c'est egalement celui de Plaid, tel 
que l'emploie Halphen, et qui en est le doublet 
francais. 

Mais, tout naturellement, le sens de Placitum 
passa a un autre tres voisin, celui de : pro jet, 
resolution. Or, avant de devenir Plaid, le lat, 
Pl(ac)itum s'etait d'abord transforme en Ploit, mot 
qui n'existe plus, de meme que Explicitum a 
donne Exploit. (V. Esploter et Applets.) La forme 
transitoire Ploit s'est mu6e a son tour dans deux 
directions differentes : 1° en Plaid, comme Droit en 
Drait ou Drt, ou comme Doigt en De" ; 2° en Plot, 
de mSme que Exploiter est devenu Esploter, ou que 
(Comploiter) a donne Comploter. Ce vocable Plot, 
nous le reverrons tout a l'heure. 

Mais continuons d'abord d'dtudier les change- 
ments de signification de Placitum et de ses derives. 
II passe au sens de : reunion ou assemblee, soit 
dehberante, soit de justice, car les assises des 
fiddles presidees par le comte constituaient sou- 
vent un tribunal devant lequel avaient 4 compa- 
raltre les justiciables. Cette double acception est 
celle du derivd Plaid, racine du fr. Plaider. II est 
devenu l'angl. Plea = plaidoyer, qui, chose 
curieuse, a aussi le sens de : excuse, defaite, pre- 
texte, ce qu'il plait de dire, — par lequel il se rap- 
proche de son prototype Placitum. 

La signification de celui-ci s'etendit encore. 
Comme les plaids feodaux se tenaient ordinaire- 
ment sur le parvis d'une eglise et souvent a Tissue 
d'un office religieux, le Placitum devint non seu- 
lement rassemblee mdme des fideles du comte, 
mais aussi la place ou ils etaient reunis. C'est exac- 
tement le contraire de ce qui s'est produit pour le 
fr. Cour : la Curia, domaine du suzerain, est deve- 
nue la Cour des vassaux, en se confondant, il est 
vrai, avec la Conors. Quoi qu'il en soit, nous 
voici arrives au sens de notre vocable angevin 
Placite, celui des derives de Placitum qui, par sa 
forme, se rapproche le plus de l'original latin. 
Mais, en meme temps, nous retrouvons Plot. 

Qu'est-ce que ce mot, qui n'existe ni dans le 
fr. classique, ni, que je sache, dans le patois ange- 
vin? C'est un mot anglais, presque certainement 
importe d'Anjou, comme bien d'autres, par les 
Plantagenets. Et que signifie-t-il ? D'abord : 
piece de terre, surtout petite piece, petit carre de 
terrain ; c'est a peu pres le sens de notre Placite. 
Puis : projet, plan, complot, — et nous retombons 
sur un des sens de Placitum. N'est-ce pas frappant? 
Ainsi, ce que les regies de la phonetique nous 
avaient revele au sujet de la filiation de ce vocable 
se trouve confirme par ses diverses acceptions. 
Dois-je ajouter que Plot a de nouveau franchi le 
Canal et qu'il nous est revenu dans le franc, 
technique avec les applications de l'dlectricite? 
Tous les praticiens connaissent le plot, petite 
plaque ou petit bouton metallique servant de 
contact pour la prise du courant electrique. Meme. 
dans les grandes installations — celles, par ex., 
des tramways a conducteurs souterrains — on a 
vu le plot, se souvenant sans doute de son origine. 
se livrer, dans les rues de Paris, a toutes les 



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PLACREAU — PLANCHE 



125 



frasques du bon plalsir incontrdlable et foudroyer 
indistinctement chevaux et pistons. 

Enfin, il est un mot fran£. que je crois pouvoir 
encore rattacher a cette mgme famille de mots : 
c'est le mot Plaid, manteau. Hatzpeld, comme 
tous les lexicologues, est persuade que nous l'avons 
emprunte* aux Anglais. Je le pensais aussi, jusqu'au 
jour ou je l'ai retrouve" au Lg., dans une vieille 
chanson patoise. Comment serait-il venu la 
d'Angleterre ? Pendant la guerre de Cent-Ans, 
apporte* par les archers anglais qui occupdrent si 
longtemps le Poitou? La these est soutenable, et 
j'ajoute que, dans ce cas, Plaid serait un mot 
anglo-saxon importe* en Grande- Bretagne des pays 
scandinaves et se rattachant au russe Plastche, 
qui a le me me sens. Mais je soupconne fort que 
Plaid, loin de nous venir d'Angleterre, a plutfit fait 
le voyage inverse et qu'il n'est autre que Plaid, — 
Placitum. Mais comment ce dernier a-t-il pu pas- 
ser au sens de manteau? D'une fac^on toute 
simple : on peut admettre, sans grand effort d'ima- 
gination, que les seigneurs et fiddles qui se ren- 
daient au Placitum ou Placid du suzerain devaient 
porter, comme une sorte d'uniforme, un « manteau 
de cour » qui en prit le nom. II y a des choses plus 
extraordinaires dans l'histoire des vocables. 

On trouvera ci-dessous, r^sum6e en un tableau 
synoptique, toute cette discussion au sujet du 
mot Placitum et de ses derives francais, anglais et 
patois : 



Placitum 

Bon plaisir, pr6texte 

Resolution, projet 

Assembled delibe>ante 

Assemble* e de justice 

Plaidoyer 

Parvis, place, cour 

Carre" de terrain 

Borne glectrique 

Manteau 



Fran$ . Patois Anglais 



Plu 



Plaid 
Plaid 



Plot 
Plaid 



Plaisu 



Placite 
Placite 
(Ploit?) 
P/aid 



Pleased 

Plea 

Plot 

to Plead 
Plea 

Plot 
Plot 
Plaid 



(N. — Avec le me>ite, je laisse a M. R. Onillon 
la responsabilit6 de cette Dissertation. A. V.) 

Pl&creau, pron. qqf. piacro (Mj.), s. m. — 
Plaque etalee de matiere demi-fluide, ecla- 
boussure. V. Pldcrer. — Je prefererais : 
Plaquereau. 

Plaeree (By.), pron. 'qqf. piacree. V. 
Pldcreau. 

Pl&erer, qqf. piacrer (Mj., By.), v. a. — 
Appliquer, plaquer ou Staler une .matiere 
demi-fluide. 

Et. — Corr. du fr. Plaquer, par allong. de la 
1™ syll. et epenthese d'un r, comme dans le fr. 
Patrouiller. V. Pitroiller. 

Plafond (Mj., By.), s. m. — Fig."— Llinte- 
rieur du crane, la cervelle. On dit d'un indi- 
vidu un peu toque : II a eine araignee dans le 
plafond. 

Plaint (Mj., Lg., By.), s. m. — Plainte, 
^emissement. Ex. : II m'etait 6vis que 
j'entendais comme ein plaint qui venait du 
be>iandier. 

Et. — Du lat. Planctus, doubl. du mot fr. et du 
prov. Planh. 

Hist. — « D'une avision qu'ele vit 

« Jeta un plaint, si tressailli. » {Rou.) 



— f Si qu'a mes plaincts, un jour les Or6ades, 
« Faunes, Sylvains, Satyres et Dryades 
« En m'escoutant jetterent larmes d'yeux. » 
(Marot, 3, Opuscule.) — Borel. 

Plaint, plainse (Mj.), part. pas. — Plaint, e. 
Ex. : Je ne m'en se jamais plainse. — On dit 
de mehne : Etreinse. 

Plaire (Mj., By.), v. n. — N. L'express. si 
usitee : S'il vous plait, est devenue, ou plutot 
est restee en patois : Si vous plait. On a 
m§me contracts en : Siou plait. 

Hist. : 
t Mais, si vous plaist ung peu vous courtoysir 
« Et avec nous venir jouer et rire. » 

(G.-G. Bucher, 64, 116.) 

Plaisu (Mj.), part. pas. — Plu, du v. 
Plaire. A vieilli. Cf. Nuisu, Cuisu. 



Plait II? (By.) — Se dit a une personne 
pour lui faire repeter ce qu'elle vient de dire, 
parce qu'on ne Pa pas entendue. Ellipse, pour: 
Vous plait-il de repeter? V. Plaire. — Aux 
personnes avec qui on ne se gSne pas, on dit 
simplement : Hein? 

Plan (Mj., By.), s. m. — Projet. — Moyen. 
Ex. : N'y a pas plan, — il n'y a pas moyen, 
c'est impossible. — Ou : Y a plan. — Ex. : 
C'est ca le plan pour illi arriver ; c'est le vrai 
plan, — c'est juste ce qu'il y a a faire. || Tirer 
des plans sus la comete, — §tre songeur, se 
livrer a des speculations irrealisables. 

Et. — Les uns le tirent de plan, d'autres de 
plant. 

Planche (Mj.), s. f. — Faire la planche, — 
caresser la chevre et le chou. || Sp. — Faire 
eine planche, — faire une sottise, une impo- 
litesse, user de mauvais procedes a Pegard de 
qqn. Par ex. : Des parents rapproches ne vous 
invitent pas a leurs noces : « Ah ! bon, dira- 
t-on, ils nous font la planche, mais je passe- 
rons dessus. — C.-a-d. : Nous leur rendrons la 
pareille.Cette curieuse express, et celle qui lui 
fait pendant sont en usage au Lg. comme a 
Mj.||Partout. Passerelle rustique sur un ruis- 
seau. La Planche de Moze? || La Pomme- 
raye. — La Planche au prdtre, lieu-dit, a 
l'intersection de la route du Mesnil et du 
ruisseau qui descend vers Mj. — Doit rap- 
peler qq. souvenir historique. || Planche a 
pain. — Planche et souvent Schelle suspen- 
due horizontalement au plafond et sur 
laquelle on met le pain. — De la, sans 
doute, l'express. : Avoir du painsurla/>Za/ic/w?; 
— se dit d'une personne qui est a l'abri du 
besoin. || Planche a pain, — Personne seche et 
maigre. Hallebreda. C'est une injure grave. 
Mj. et Lg. et partout. || Mesure agraire pour 
les vignes. || Delai d'usage accorde au desti- 
nataire d'une marchandise voitur^e par ba- 
teau de Loire, pour la prise de livraison et le 
d^chargement. A Nantes, jusqu'a ces der- 
nieres annees, la planche etait de dix jours ; 
elle est maintenant reduite a cinq jours 
francs. — (J'y verrais la planche formant 
pont entre le bateau et le quai et servant au 
debarquement. Cf. les Echelles du Levant. 



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126 



PLANCHfilER — PLEIGE 



A. V.) || Sa. Individu faux et hypocrite. Syn. 
de Ficelle, Couteau a deux lames, Sac a diable, 
Porte a deux jeties. \\ Tim. — S'emploie dans 
la loc. : Aller planche, — aller librement, 
sans difficulty, sans heurts. Ex. : £a ne va 
pas planche. — Ce mot me semble £tre le 
meme que le subst. fr. Planche, c.-a-d. un 
ancien adj. voisin de Plan, lat. Planus. Cet 
adj. est res te dans Malplanche.V. Planchement. 

Et. — Lat. planca, mdme sens. — « Passerelle 
toute rustique, form^e d'une ou plusieurs planches, 
etablie pour les pistons sur un ruisseau, un cours 
d'eau, une rividre ; on y ajoute alore une main 
courante, d'un cdte\ ou des deux cdtes. (Guillem.) 

Hist. — « Pour le labour d'une demy planche de 
terre qu'il lui avoit laboured par plusieurs ann6es. » 
J. J., 206, p. 249, an. 1479. — L. C.) — « Le sieur 
recteur a encore dit au'il jouissait de la planche 
qui est a l'autel de Notre- Dame. » (Anj, hist., 
6 e an., n° 6, 610. — Ici, sans doute, tronc?) — Au 
sens de : Aller planche : Mireille, 70, 4 : 
« Vai plan, pichouno sorgo ! » 
(Va lentement, petit ruisseau. — Piano, Piano.) 

Plancheier (Mj.), v. a. — Labourer en 
planches, une terre, apres qu'elle a ete 
labouree a plat une premiere fois. — V. Plan- 
cher. Cf. Paviier, paver. 

Hist. — (Dans un autre sens.) t Item les diz 
habitans porront prendre terre es diz patiz. . . pour 
planchier ou faire planchiez. » (J. J. y 96, p. 75, 
an. 1364. — L.C.) 

Planchement (Lg.), adv. — Uniment, sans 
secousse. Ex. : £a ne va pas planchement. 

Piancher (Tim., Lg.), v. a. ou n. — Labou- 
rer en planches un terrain ; en general : reje- 
ter la terre vers l'interieur de Tespace que 
circonscrit le parcours de la charrue. Cf. 
Dlplancher. Syn. de Virelbcher. || Mj. — 
Flechir, c6der, reculer, caponner, filer doux. 
Syn. de Flancher, Caler, Caner. 

Et. — 2° sens. Laisser eri plan ? 

Pianche-terre (Ts.), adj. a. — Plat, en 

Earl, d'un pays. Ex. : Par la-bas, le pays est 
en plus planche-terre que par ici. || Lg. — A 
planche-terre, — de niveau. 

Pianehette (Lg.), s. f. — Plate-bande de 
jardin. Syn. de Lade. 

Planconniere (By.), s. f. — Sorte de pepi- 
niere. Mettre en nourrice des plants ou des 
plantes toutes venues qu'on veut conserver 
ou emp§cher de se developper davantage, 
c'est les mettre en planconniere. 

Plane, Piene (Mj., By.), s. f. — Outil de 
charpentier et de charron, dit aussi : Couteau 
a deux manches. Angl. Plane, rabot. Cet outil 
sert a rendre plan, plat. || By. Plene. 

Planer (By.), v. a. — Prononc. Piener, 
aplanir, ijaboter, travailler le bois avec la 
pline ; bois pien6. 

Pianni, s. m. — Separation demi-circu- 
laire s'entrecroisant, servant de separation 
dans les jardins. (Segre. — M6n.) 

Plantage (Lg., By.), s. m. — Plantation, 
Erection. Ex. : J'irai pas voir le plantage de 
quid calvaire ; j'en ai vu be de yin. 



Planter (Mj., Lg., By.), v. a. — planter ein 
piquet. V. Piquet. \\ Planter des rosiers, faire 
des dettes. — On cueille les roses d'abord ; 
puis viennent les epines. 

Plantes (By.). — Toute une etude inte- 
ressante seralt a faire sur Tappellation des 
plantes les plus communes par les paysans ; 
de la ramberge, de la grangeline, de la fre- 
nelle, des joes a mouche, du ciseau, etc., etc. 
— N. Elle est faite, en partie, dans ce Glos- 
saire. 

Planton, s. m. — Plant, de peuplier, de 
leard. (M6n.) 

Plaqueree (Z. 122, By.). — V. Pldcrce. 

Plat (Mj., By.). — De plat, loc. adv., — a 

Elat. || Dont Tabdomen est retire. Se dit des 
ceufs, des vaches qui ne sont pas soulis. — 
Les anciens mouillaient l'l, Piate. 

Piataine (Craon, Mj.), s. f. — Objet large 
et plat. Ex. : Alle avait des grands plataines 
de pois parchus qui n'taient gudre enviants. || 
By. Platine. || V. Platine. 

Piatde-cdtes (Lg.), s. m. — La masse des 
muscles abdominaux du bceuf. Lang, des 
bouchers. 

Plate-bande (Mj.), s. m. — Ex. : Vela-t-il 
ein plate-bande que illy a de la belle salade ! 

Plat-cui (Mj., By.), s. m. — Maroufle, 
pleutre, vil personnage, coquin, paltoquet, 
pied -plat. — Syn. de Pignouf, Pierrot, 
Muffle, Cul. 

Platene. — « Les pois sont en platine 
lorsqu'ils sont encore peu developpes, que la 
gousse est plate. » (M6n.) Ou Piataine. 

Plateree (Sa., By.). — Platee. 

Platine (Mj., By.), s. f. — Langue bien 
pendue. Ex. : II a eine bonne platine. — Syn. 
Pecot, Tapette, Losse. || By. — V. Piataine. 

N. — Cette express, se rattache au plat de la 
langue : « Villars ne s'etait pas contraint de dire, en 
parlant des puissances, que, s'il ne leur fall ait que 
du plat de la langue, il leur en donnerait tout leur 
soul. » (S. Simon, 201, 181.) — « Bavardage, belles 
paroles. « Ce n'est que du babil de moine qui 
donne du plat de la langue. » (Qui Patin.) Ijirafe. 

Piatir, v. a. — Aplatir. Les lingdres pla- 
tissent le linge. (M*n.) || By. Ce n'est pas tout 
a fait : aplatir, mais : rendre plat, uni, lisse, 
presque dechifTonner. Aplatir tient compte 
d'un effort pour rendre plat un objet qui ne 
Test pas naturellement. 

Piee, piee (Mj.), s. f. — Pluie. Vieilli. Syn. 
et d. de Pieue. D'ou Pieuver et Piever, pour 
Pleuvoir. V. Suppiem. du Gloss. 

Pleige, s. m. — Caution ; assignation. 

Et. — Semble de la m6me famille que Tanc 
fr. Plevir, garantir, engager, promettre. (Dabm.) — 
« Autrefois, en Anjou et en Maine, quand un sei- 
gneur avoit saisi la terre de son sujet, le sujet qui 
pretendoit que la saisie n'etoit pas juste pouvoit 
en demander main lev£e en donnant plege,et quand 
le seigneur ne vouloit point accorder la main 
levee, le sujet etoit en droit de s'appleger, et 



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PLEIN — PLEUVIASSER 



127 



V applegement qu'il formoit en ce cas eloit de refus 
de plege. (Laue.) L. C. |1 Angl. Pledge, meme 
sens. 

Plein, e (Mj., Bx.), adj. a. — Tres ivre. 
Ex. : II est plein comme ein boudin. Syn. de 
Rond, VerzeU, Paf, Zinguk, Nigi. \\ Tout plein, 
— beaucoup. Je l'aime tout plein. Illy a tout 
plein de monde. DeTargent? il n'n'a tout 
plein. || Tout fin plein, a tout fin plein, — 
tout a fait plein, d^bordant. || A plein, — 
en remplissant completement Touverture. 
Ex. : Le monde entraient a plein par la porte. 
— Varie : a plein, a pleine. Ex. : II ti de l'ar- 
gent a plein ses poches, ou : a pleines ses 
poches. || Vomir a plein cou, — a pleine 
gorge. || Causer a pleine tfite, — a tue-t§te. 
On dit aussi : a pleine la t&te. || A plein la 
main. — C'est des gens a plein la main, — 
de bonnes gens, tout ronds. — C'est ein gars 
a pleines mains, — un gaillard, un luron. N. 
Cela rappelle le moelleux d'une 6toffe que 
Ton palpe a pleine main. || En avoir son plein 
cul (d'une personne ou d'une chose), — au- 
tant qu'on en peut supporter, — ou faire. || 
Avoir ein plein baton a'eau, — avoir une pro- 
fondeur d eau assez grande pour que le baton, 
ou bourde, atteigne a peine le fond. || En 
avoir plein le dos, — d'une personne, ou 
d'une chose, — en §tre exc6de\ || Le plein de 
la lune, — le moment de la pleine lune. || 
En pleine de nuit, — en pleine nuit. || Pleine 
de, — f6cond6e depuis. . . — Ex. : Ma vache 
est pleine de cinq mois. || Couvert de. — II 
avait la figure toute pleine de sang. || Grouil- 
lant de. — II a la tSte pleine de pouees. || 
Plein de soupe. — Un gros plein de soupe. — 
Personne corpulente, qui semble ne songer 
qu'a son ventre, — et qui a une mauvaise 
conduite. 

Hist. — « La fumee dont etait pleine l'eglise, 
sort ait a plain la porte. » (1736. Inv. Arch., E. in, 61, 
1.) — « Pour a laquelle chose obvier, luy faisoit 
tout plein de beaux contes . (Rab., P., m, 28/ 
279.) — « Ce sera d'un beau petit enfantelet 
qu'elle sera grosse. Je l'aime desja tout plein et 
ja en suis tout assoty. » (Rab., P., n, 18, 253.) 

Pleoe (Mj., Lg.), s. f. — Plane, outil de 
charron. Syn. de Couteau a deux manches. V. 
Plane. 

Plener (Mj., Lg., By.), v. a. — Planer, 
polir avec la plane. 

Ple*Ir (By.), s. m. -— Plaisir. 

P/esse, pi-esse (Mj.). — Sarment taill6 
long a 6 ou 7 yeux au moins. V. Piesse. — 
Pat. norm. Pleyon, plion. — Branche couple 
a moiti£ dans une haie et que Ton rabat en 
travers sur la haie m£me. V. Plesser. 

P/esser (Mj., Lg.), v. a. — Plier et entrela- 
cer des branchages pour former une haie. N. 
Cf. l'angl. to Plait, plier, tresser. V. Piesse, 
Plessis. 

Plessis (By., etc.). — Un grand nombre de 
maisons, de fermes et de bourgs portent ce 
nom, ou seul, ou suivi d'un autre, distinctif. 
Le Ptessw-Grammoire. V. Pleyis. 



Et. — « De : plexicium, fait de plexum. Un 
plessis, c'est propreraent un pare entoure de haies 
bliees. » (Manage.) — V. Piesse. — « Plaisceis. 
Habitation delendue par des haies. « Ne maison, 
ne recet, ne plaisceis. » {Aiol, 4130.) — « Lancelot 
s'en va tant qu'il vient en une forest ou il y avoit 
plessis entour. » (Lancelot du Lac, n, f° 10.). 
(L.C.) — Le vx fr. avait le verbe Plesser, plier. 

Pleumage, souv. pieumage (Mj., By.), s. 
m. — Plumage. On trouve : pleumas, dans 
une chanson du xv 6 s. V. Pieumas. 

Plea me, souv. pieume (Mj., By.), s. f. — 
Plume. — Corr. du mot fr. par allong. de 
la l re syll., comme dans Leune, Preune. Ex. : 
La pieume en volait ! — En pari, de deux 
personnes qui se battent avec acharnement. 
— Hist. : 
Hist. : 
< II en a faict une pleumaire cousche. » 

(O. C. Bucheb, 47, 108.) 
< Congnaissant done ma pieume a son loz moindre. » 

{Id., 191, 196.) 
t Despece luy ses leigers aslerons (a Cupidon). 
« Et de leur pieume orne ta couche molle. » 

(Id., 147.) 

Plea me de cerf (Tim.), s. f. — Grande 
herbe qui pousse dans les bois et qu'on 
ramasse a fa fin de l'hiver, lorsqu'elle est 
seche, pour en faire des matelas. On la nomme 
aussi : Paleine, Guinche. 

Et. — Ainsi nominee parce qu'elle tient lieu de 
plume et qu'elle pousse la ou broute le cerf. — 
Ou parce qu'elle sert de litiere au cerf T — Sert a 
faire les Ballains. Les ballains ou ballines se font 
plutdt avec les balles d'avoine. 

Pieumee, qqf. pieum^e (Mj., By.), s. f. — 
Tripotee, rossee, vol^e de coups. || Action de 
se pleumer. Syn. de Roustie, Latrie, etc. 

Pieumer, pieumer (Mj., By.), v. a. — Plu- 
mer. || Peler. Ex. : Pieumer 6ne pomme. || 
V. r^f. Se battre. Ex. : I se sont pleumls. — 
Se dit, au fig., des personnes. Syn. de se 
Pelauder, se Bonder, se Pleutrer. 

Hist. — t II les faisait raire (raser) et plumer, 
comme cochons, la partie posterieure de la teste. » 
(Rab., P., v, 27, 538.) — Plume l'oignon, prend ce 
qui fait mestier (ce dont tu as besoin, ce qui peut 
servir.) Jette le reste. (J. du Bell., 262, Mo- 
return. ) 

Pieur (Mj., By.), s. f. — Ex. : Alle avait des 
qrousses pleurs qui illi couraient sus les 
joues. 

Pleurard, franc. — Saint M6dard, Grand 
pleurard. — V. Pissard. (MIsn.) 

Pleutrer (se) (Mj.), v. r6f. — Se renverser 
par terre en luttant ensemble ; se battre et se 
rouler en se tenant par le corps ; se terrasser ; 
se bousculer, se gourmer. 



Et. — Je ne crois pas que ce verbe ait qq. rap- 
m ort avec le fr. Pleutre, a moins que ce dernier 
h'en derive. A mon avis, il est plutdt pour se 



Pelotter. Je l'ecrirais : Peleutrer, car je le consi- 
dererais com. une sorte de frequentat. de se Pelau- 
der. (R. O.). Lat. Perluctare T 

Pieuvfasser, v. imperson. — Pleuvoir 
faiblement. Dictons : Quand il pleuviasse, il 



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iaa 



PLEYER — PLUMAS 



poumasse. — Autrefois, on disait dans la 
valine, quand on cultivait les feves : Quand il 
pleuvasse, il feuvasse. (M4n.) Syn. de Mouil- 
lasser. || By. Pleuvasser. 

P/eycr (Mj., Lg.), v. a. — Plier. Vieilli a 
Mj. 

Pieyure (Lg.), s. f. — Pli, endroit ou une 
chose se plie. Ex. : Les ouinces, c'est a la 
pieyure des doigts. — N. On prononce : pie- 
yure, ou : pte-yure. V. Pleyer. 

Pleyls (Pc), s. m. — Plessis. — On veut 
arracher une haie ; votre voisin vous dit : 
« Avec quoi done que vous clorez votre 
champ? » Avec un pleyis. — Branches ploye"es 
en formes d'arceaux. — Pleyon est une forme 
dialect, pour Ployon. 

P1I (Mj., Lg., By.), s. m. — Lev6e, aux 
cartes. Syn. de Levi. || Ne pas faire un pli, — 
passer sans difficult^. Ex. : Je te l'ai bais6 au 
palet, 5a n'a pas fait ein pli. 

Pile et Ploc, loc. adv. — Cahin-caha. 

Et. — Cette loc. est formee par le redoublement 
du mot Ploc, legerement altere dans la premiere 
partie, ainsi qu'll arrive toujours dans ces expres- 
sions. Cf. le fr. De brie et de broc. 

Et. — « Ploc, poil de vache ; poil, laine de rebut. 
(Lrrr.) Alors, p.-e\, tout, p&e-mdle, bourre et 
balle. 

Plice (Mi.), s. f. — Plie, sorte de poisson 
plat. On dit aussi : Puise. Les Angl. ont 
Plaice. — Peut s'ecrire Plisse. — Bret. 
Bleizen, meme sens. || By. Puise. 

Et. — L'anc. forme est : plals, du Um. ; plie en 

{>aratt une alteration. Plais tient sans doute au 
at. platessa, sorte de poisson plat. 

Pilette (Mj., Lg.), s. f. — Eclisse pour frac- 
tures, attelle. Syn. de Temple. — Angl. 
Splint. V. Leehe, Coinquer. \\ Fu. — Pliettes. 
Branches pliees en arceaux qu'on garnit de 
gluaux a la pipee au-dessus des allies qui 
partent de la loge. || By. Pleiette. || Sal. Petite 
tranche sou pie qui plie facilement. 

P/teser (Lg.), v. a. et n. — Tresser, clisser, 
faire un travail de vannerie. — Doubl. de 
Piesser ou Ptesser. Cf . Fesseter. 

N. — Hatzfsld ne sait a quel radical rapporter 
le fr. Clisser. Ne viendrait-u point de notre v. 
Piesser, Plisser? L'articulation forte, purement 
labiale, pi, a pu devenir facilement la labiale aspiree 
fl et donner la forme intermediate : Flisser. Cf. 
Ploc, Plouc, Flouc. De nombreux exemples prouvent 
que celle-ci serait devenue tout naturellement 
Clisser. Cf. Bidet, pour Riflet ; Cleau, pour Flau, 
ou Fleau ; Clomer et Cleumer, pour Flamber, etc. 

— Lrrr. le tire de ; pli. 

Pliure, s. f. — Arcure. (Mto.) 

Ploc ! ploc, ou pioc, interj. — Exprime le 
bruit que fait un corps tombant dans l'eau. 
V. Flouc. 

N. — On dit aussi Plouc, Flouc. Souvent on 
mouille l'l dans tous ces mots : Pioc, Piouc, Fiouc. 

— Angl. to Plash, eclabousser ; Splash, eclabous- 
sure; to Splash, patauger. 

Plom, s. m. — Osier. — V. Plon. __ 



I* MfcNAOB cite : plom, plomier. — Hist « Item, 
l'erbe des pres de Brio et la pescherie de la riviere 
d'Isme, les pleons et les soloies d'environ. » 
(1328. D. C.) 

Plomb, Ptee, Plisse (Vz.), s. m. — Tissu 
racineux de l'herbe que Ton enieve avec la 
terre ; pour deriver, par ex., un cours d'eau. || 
C'est Pelomb, Pelon, Pelee, Pelice. 

Piomber (Mj., By.), v. n. — Au jeu de 
Ligne ou de Saute-mouton, se laisser tomber 
lourdement, brutalement et les poings fer- 
mes, sur le dos du joueur qui est courts, au 
lieu de poser a plat ses mains et tegerement. 
Cela peut §tre dangereux.|| Infecter de qq. 
maladie honteuse. Ex. : II a 6t6 voir ses cou- 
sines, il s'est fait piomber. — Syn. de Avarier, 
Poivrer. 

N. — P.-e\ au 2 a sens, allusion aux reservoirs 
dans lesquels se d6versent, a Paris, les eaux sales 
de chaque etage et dont l'odeur est souvent infecte. 
(Lor. Larchey.) — Eau de plomb, mercure. de la 
le nom de plomb donne a la syphilis par fes gens 
du peuple ; elle se soigne, en e/let, par le mercure. 
Rabelais en parle : n, 159. (L. C.) 

Piombette (Mj.), s. f. — Morceau de plomb 
en forme d'olive perc^e suivant son axe, qui 
est enfll£ sur une ligne de fond et glisse le 
long, librement. By. Plomb, le plus souvent. 

Pion (Mj.), s. m. — Osier. || Brin d'osier. 
Fr Pleyon. N. Certains prononcent encore 
Pion, en mouillant PI. Cf. Plesse, Pike. Syn. 
de Ouster, Oisie y Prete. — Jaub. e"crit Pelon 
et le d6r. de Peler. A tort. 

Plongeot, plonjote (Mj., By.), s. m. — 
Plongeon. Syn. de Plungeot. 

Piongette (Mj.), s. f. — Sorte d'oiseau 
aquatique de couleur grise, moins gros que le 
canard, plus gros que la sarcelle. C'est p.-e. 
le m^me que la Poicheue. 

Plonniere (Mj.), s. m. — Oseraie. V. Ploru 
N. — En presence de la baisse des prix du 
chanvre, certains proprietaires ont pris le parti 
de se livrer a la culture de l'osier. II y a aujour- 
d'hui (1907) de nombreuses plonnieres dans le Sol 
de Loire et la Valiee de Mj. 

Plon-8ardlne (Mj.), s. m. — Espece d'osier. 

P/oaner (Lg.), v. a. — Nettoyer, racier, — 
des tripes, a Taide d'un brin d'osier repli6. 

N. — L'operation consiste, apres avoir retourne 
les tripes, a les pincer dans le pli d'un brin d'osier et 
a les y faire passer de force. C'est plus prompt, 
ma is peut-gtre moins sur que de les gratter avec 
un couteau sur une planchette. — Der. de Plcn t 
ou Plon. 

Ployer, v. a. — Employ^ a tort pour Plier. 
J'ai ployi mon linge. (Ag., By.) 

Plumard (Mj., Lg.), s. m. — Le lit. Mot 
d'importation r6cente, mais assez usite" par- 
tout. D6r. de Plume. Syn. de Pieu t Porte- 
feuille, Piou. 

Plumas, s. m. — Pour Plumeau. || By. 
PleumAs. 

Hist. — « Touffe de plumes que Ton mettoit sur 
les casques et sur la tete des chevaux *. < Ayans 



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PLUMASSE — POCRE 



129 



leurs plumas ou pennaches sur leurs salades. » 
(Math, de Coucy, Hist, de Ch. VII, 593.) 

No masse (Tim., Lg.), s. f. — Pelure d'un 
fruit. — De plumer. V. Pleumer. Syn. de 
Pelasse. Ex. : Vaut mieux des grousses pa- 
taches, paceque dans les petites gn'a trop de 
plumasse. 

Plnmejeau (Mj., Lpo.), s. m. — Nom de 
famiile. N. Ordinairement prononce Pleume- 
jeau. 

Planer (Li., Br., By.), v. a. — Peler. — 
Plumer une pomme. V. Pleumer. 

N. — « Plumer, — les pourceaux (Nuits de 
Straparole, i, 394), — les cheveux (Dbsch.), — la 
barbe, — une chastaigne. » — L. C. 

Piomet(Mj.,By.), s. m. — Avoir son plumet, 

— etre ivre. Syn de Pompon. \\ Lg. — Plu- 
raeau forme* d'une aile de volaille. V. Plumas. 

By. Pleumet. 

N. — Allusion a la couleur, souvent rouge, de 
cette partie de l'uniforme. (Lor. Larch.) 

Pluageot', plun-jote (Mj.), s. m. — Plori- 
geon. V. Plongeot, Plunger. 

Plaager (Mj., By.), v. n. et a. — Plonger. 
On dit aussi Punger. 

Plas-Jamate ! (By.) — Augmentatif de 
jamais ; au grand jamais. — Un beb6 gronde", 
apaise sa mere en lui disant, au milieu de san- 
glots : Pus jamais, maman, — je ne le ferai 
plus jamais. |, Mj., id. 

Mas sonvenl ! (Mj., By.) — Loc. signifiant : 
Certainement non. Plus souvent que j'irais 
illi dire ! 

Pa (Mj., Rg., By.), adj. q. — Pauvre. Ex. : 
Pop'tit loulou ! Doubl. de Pou, meme sens. 

PaMe (Tr.), s. f. — Chaufferette en terre. 
(Mtjr.) ? V. Marmotte, Gamotte, Gueux. 

Pocale (Segr.), adj. — Etre pocale, — mala- 
droit. Une personne pocale, — peu adroite de 
ses mains. — A rapprocher de Pouacre? 

X. — Pocaud, e, — adj. Manchot. De poque, » 
poche ou sac, parce qu'un bras coupe, dans la 
manche nouee d'un vehement, semble etre dans un 
uc. (Db Montess.) — Simple rapprochement. 

— Syn. de Poqueton, Podagre. Corr. de ce dernier. 

PaehaNer (se) (Mj., By.), v. ref. — S'eni- 
vrer. Syn. de s'lvrer. 

Et — Pochard, rempli comme une poche. 
(Lrrr.) — Qui a l'habitude de se pocher, de se 
battre. (Dklv.) 

Pacha (Mj., By.), s. f. — Au pus fort la 
poche, — c'est le plus fort qui l'emportera. || 
De sa poche, — a ses frais. Y §tre de sa 
poche, y perdre, dans une transaction, une 
vente. (| Poche aux puces. Syn. de Migailtere, 
Chaliire, FergdiUlre, Ferndillere. 

N. — Mai/vezin le tire du celtiq. Poc, enfler, 
etregros. 

Pachee (Mj., Lg., By.), s. f. — Le contenu 
dune poche, d'un sac. || Pochke de misere, — 
maisonnee ou regne la misere noire. V. Pocheu 
tec. (Test eine vraie pochie de misere, la 
dedans. 



Pocheiee (By.), Poeheitee (Mj.). s. f. — Le 
contenu d'une poche de vehement. Ne pas 
confondre avec Poch&e. Syn. de MalletUe. 
Ft. Pochette. Goujettee. || By. Pochette s'era- 
ploie souvent pour Pochee. Pochettke indique 
seul le contenu d'une pochette, d'une poche 
de vehement. 

Pochetier (Pell., By.), s. m. — Garcon meu- 
nier qui porte la farine a domicile et va y 
chercher le grain. Syn. de Porte-poches. — 
Fr. Poche, et plut6t Pochette. 

Poc he ton * (Mj. t By.), s. m. — Petite 
poche, petit sac. Syn. de Saqueton. \\ By. Id. % 
et grand filet long, en forme de sac, servant 
surtout au transport des canards. || Sal. 
Secouer le pocheton, — faire des reprimandes. 

Pocheton *, onne (Mj.), adj. q. — Gour- 
mand, goulu, goinfre. — Syn. de Happaud, 
Goulif, Goujat, Por chard. 

Et. — Cet adj. semble dtre le nom Pocheton pris 
au fig. II a la mSme rac. que le fr. Pochard. 

Pocheton nee (Mj., By.), s. f. — Le contenu 
d'une petite poche, d'un petit sac. || By. Le 
contenu d'un pocheton. II a porte au marc he" 
eine belle pochetonnie de canards. 

Pochetounee (Lg.). — V. Pochetonnie. 

Pochette (Mj., Lg., Li , By., Br.), s. f. — 
Poche de tablier, de vehement. Syn. de 
Goujette, Mallette, Profonde, Fouillouse. 

Pochon i (By.), s. m. — Petite poche desti- 
ned a mettre le linge des blanchisseuses. 
(Mto.) 

Pochon * (By.). — V. Amoure. — Partie dip 
canard , comprise entre le cou et le ventre. 
« J'ai ein beau canard noir, pochon blanc 
(ayant le pochon blanc), — bureau, corletU, 
pochon blanc (gris fonce\ tfite gris noir avec 
une collerette blanche et le pochon blanc). » 

Pochot, s. m. — Petit sac en toile dans 
lequel les bergers mettent leur pain pour la 
journe'e. (M6n.) 

Poerasser (By., Sal., By.), v. a. — Manier 
une chose malproprement , de maniere a ce 
que les pocres ou doigts soient marques. || 
EJmpeser avec exc^s ou avec salissure : « Ce 
linge est tout pocrassi. » Corrompu des mots . 
pois, empois et crasser. (Jaub.) — Non. Vient 
de Pocrer, est pour : pograsser, manier avec 
ses pocres (prononciation dure pour pogues, 
mains lourdes, d'ou pogasser) et indiquant le 
dugout, parce que ces mains designent de 
grosses mains, sales et maladroites. 

Pocrasson (Ag.), s. m. — Enfant mal- 
propre. 

Poere. — Pdcre (Lg., By.), s. f. — Main, 
surtout large et forte. Syn. et d. de Pogue. \\ 
Poigne. — II a la pdcre bonne. — Pour 
Pouacre. Se rapporte a Podagre, qui, en rea- 
lity, se dit des pieds ; chiragre se dit des 
mains. Mais on confond. || Ergot de coq, 
auquel on enleve l'ergot en partie, pour 
l'emp§cher de gratter. V. Pacri. \\ By. Au 

n-9 



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130 



POCRE — POICHE 



sens de pogne, j'ai entendu dire : il a du 
,pognon, et mSme du pongnon (de>iv6 de 
poing?). V. Pogler. 

P6cr6 (Lg.), part. pas. — Se dit dans : Ben 
pdcre, — qui a des mains larges et fortes. 
Cf. Pacre, Poquerk. 

Pdcrer (Lg.), v. a. et n. — V. Poquerer. 

Podagre (Mj., Lg. ), adj. q. — Maladroit, lour- 
daud. Syn. de Poltron, Pocale, Poquteon, Impo- 
pompe. || Sale, en pari, d'un enfant. Syn. de 
Pouacre, Bouijre. — Pas d'autre sens. On dit : 
Sale comme ein podagre et, simplement : 
Qu'ein p'tit podagre \ 

Podille, s. f. — Main (Ch,.) Veux-tu aller 
vitement te laver les podilles ! — Pron. souv. 
poghuilles. || By. Oui ; diminut. de pogue. 

Et. — Cf. le grec Pous, podos, pied ; par ext., 
main. V. Poguille. 

Podure (Mj.), adj. q. et s. m. — Enfant tur- 
bulent. Syn. de V if -argent, Jupitar. Cf. 
Ponmo ins. 

Et. — De l'adv. Peu ou point et du v. Durer. 
Litteralement : Qui ne dure point. 

Poele (Sar.), s. f. — Grande chaudiere ou 
bassin de 1 m. de diam&tre, profonde de m 25 
a m 30, en fonte ou en fer, ou Ton cuit la noix 
pour faire l'huile. 

Poelette » (Lg., Mj.), s. f. — Grand chau- 
dron dans lequel on fait bouillir le lessif. — 
C'est le mot fr. dans un sens special. || Lg. — 
Partie la plus creuse d'un 6tang, au voisi- 
nage de la bonde. || By. Grand chaudron 
i'airain dans lequel on faisait les rillauds. || 
Qqf., on y fait de la millere. 

Poelette ■ (Lg.), s. f. — Bouton d'or, fleur 
de renoncule. — C'est le meme que le pr6- 
c^dent, parce que les poelettes sont toujours 
faites en cuivre jaune. 

Poelier (Mj.), s. m. — Piece de bois trans- 
versale qui maintient invariable l'6carte- 
ment des bordages d'un bateau. 

Poeion. — Une queue de po6lon ou de 
poele. (Li., Br., By.) Melange a longue queue. 
|| Le poeion, petite poele, sert seulement a 
faire la bouillie pour les tout petits enfants. 

Poemcnt, Poiment (Br , Z. 183), s. m. — 
Paiement. — Ou encore Poiement, qui sup- 
pose le verbe Poyer, qui se dit en effet a Ght. 

Poerclr (By.), v. a. — Rendre mou, un 
fruit. Les enfants aiment a poercir une 
orange, 9a la fait poerjuter, et ils peu vent 
ainsi la sucer, ou la cibrer. Poercir ou Poersir, 
pour Press ir , presser, comprimer avec les 
doigts. Voir ce mot et Mougrir, Tuter. 

Poerjuter (By.), v. a. — Pour : perjuter, 
faire perjuter, faire sortir le jus par (per) un 
trou pratique" dans T6corce. V. Poercir, 
Mougrir. 

Poflcher (Nu.), v. a. — Manier sans pre- 
caution. Syn. de Pdtrigner, Pdgler. 
Et. — II conviendrait p.-e\ d'ecrire Pauficher, 



car ce mot derive probablement de Paufiche. Le 
sens serait : Traiter a coup de faurche. — 11 est 
vrai que Paufiche pourrait aussi s'Scrire Pdt-flche, 
car nous avons certainement les deux mots Pau et 
Pot. 

Poganee (Segr.), s. f. — Mauvais rata. On 
dit aussi Poganee. (M6n.) 

Pogasser (By.), v. a. — Prendre mala- 
droitement avec des mains sales. 

Pogier , Pdgler, v. a. (Mj . ). — Manier sans deli- 
catesse, maladroitement. Syn. de Pdtrigner, 
Poflcher, Pdguergner, Poignasser. \\ Porter les 
mains sur ce qu'on ne devrait pas toucher. — 
De Pogue. \\ By. Sens analogue a Pocrasser, qui 
fait Pocrassoux. Ploguer (le pogler ci-dessus), 
m6me sens. Veux-tu ben finir ! Voyons, sacr6 
gamin ! Quiens ! r'gard' 16 done comme i 
plogue ses poissons ! V m' d^goute. Veux-tu 
aller te laver les mains, sale petit plogard. On 
dit encore, m£me sens, poligrer et poligras- 
ser, — policrasser quand on veut exprimer 
davantage le dugout. 

Pognon l (Mj., Sp., By., etc.), s. m. — 
Argent, monnaie, quibus. Ex. : II a du 
pognon, — il est riche. — Syn. de Galeae, 
Picaillons, Monacos, Pipettes, Ronds. \\ By. 
Poigne. Syn. de Pongnon, Pdcre. 

Et. — P.-6. de : poing. Ce qui se prend dans la 
main, ou pogne. 

Pognon \ s. f. — Petite fille grpsse comme 
le poing ; petite chipie. (M£n.) || Mj. Pdgnon. 

Pogr6e (Sa.), s. f. — Trace que laisse sur le 
sol le pied d'un animal. Syn. de Sogrie. 
Doubl. de Poquerle. J'6crirais Poguer^e, de 
Pogue ou Poque. 

Pogue (Mj.), s. f. — Main. S'emploie en 
mauvaise part. Forme adoucie de Poque. 

If POguergner (Lg.), v. a. — Manipuler sans 
precaution, ou avec brutality tripoter sale- 
ment. Syn. de Pdtrigner, Pougriner, Pdgler. 

Et. — Pour Pogrigner ou Pocrigner. (Cf. Guergne, 
pour Grigne) ; d6r. de Pdcrer et de Pocre ou Poque. 
Le vocable montj. Pdtrigner paralt Gtre £galement 
une corrupt, de Poguergner. — Cf., toutefois, 
Potigner. (Jaub.) — « Pogriner ; salir a force de 
prendre et reprendre avec les mains sales, — tou- 
cher sans cesse. 

Poguilles. — V. Podilles (Mj.), s. f. pi. 
Mains ; dimin. de Pogues. Cf. Poques. S'em- 
ploie surtout au plur. — Cf. Socqudle. 

N. — On peut (ttablir le tableau synoptique sui- 
vant : 

Socque (fr.), — Socquille. 

Soque (inusit^). . . Sogree. 

Poque . . . Poquerie. 

Pogue, Poguille, Pogrce, Pogler, Peguiller. 

Pol (Lg.), s. m. et adv. — Peu. Vieilli. 

Hist. — « Aprds avoir bien a poinct desjeune. 
alloyt a Tecclise et luy portoyt on dans ung 
grand pdnier ung gros breviaire empantophle, 
pesant tant en graisse qu'en fermoirs et parche- 
min, poy plus, poy moins, onze quintaulx six 
livres. » (Rab., i, 21.) 

Poiehe (Lg.), s. f. — P§che, action de pe- 



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POICHER — POILLAUD 



131 



cher. Se trouve encore sur les levres de qqs 
vieillards. Pron. : pou^che. 

Poicher (Mj., Lg.), v. a. — Pecher. — 
Doubl. du mot fr. — N. Cette forme, encore 
usit6e au Lg., est presque hors d'usage a 
Mj. || Lg. — Absolument : Prendre l'eau ou la 
boue dans ses chaussures. Syn. de Embotter, 
s'Enaiver. 

Poiehette, s. f. (Mj.). — Sorte de molle- 
ton, ou oiseau aquatique voisin des sarcelles. || 
Oiseau de marais un peu plus gros qu'une 
sarcelle, gris, pattes palmers ; sorte de petite 
cane, vole tres vite et par bandes, tete rou- 
geatre, « a revenir comme » un molleton. 
Plonge beaucoup. 

Poichoire (Lg.), s. f. — Sac en filet, sorte 
de verveux a prendre les anguilles. Ex. : Les 
meuniers tendent des poiciwires dans les 
portages des moulins. De>. de Poicher. 

Poicre. — V. Pouacre. Regardant, int6- 
resse\ 

Poids (Mj., By.), s. m. — Poids de 6 kil. 625, 
ou 13 livres et quart, qui sert d'unite^ de mesure 
dans le commerce du chanvre. La filasse du 
chanvre se vend par poids, ou paquets de 
6 kil. 625. Tel est l'usage immuable ou, si Ton 
veut, la routine. || Fig. — N'etre pas de 
poids, — n'etre pas de taille a hitter ou a 
soutenir la comparaison. || A Lu6, le poids est 
de 7 kil. ; chanvre transform^ en filasse. 

Hist. — « La disme de Bdhuard 6toit poss£d6e 
autrefois par mes prddecesseurs, a raison de 
60 livres et douze poids de chanvre. 9 (1730. — 
Inv. Arch. E, II, 315, 2.) 

Poids et mesures usit6s en Anjou. — Ceux 
qui seraient curieux de les connaftre pourront 
consulter Bruneau de Tabtifume, Philan- 
dinopolis, chap, xn, page 539. 

Poignard (Sp.), s. m. — Mitaine de cuir 
garantissant la main droite de Touvrier qui 
pare les haies d'Gpines. Syn. de Pougnard, 
Babouin. — On prononce Pognard. || Un 
brochet gros comme le poing. (Men.) 

Poignasser (By.), v. a. — Saisir et manier 
malproprement un objet. Syn. Pogler. 

Poigoe, Pogne (Lg.), adj. q. — Gourd, 
engourdi des mains. Syn. de Grappe, En- 
gourdSli. || Fig. — Maladroit, gauche. Syn. de 
Poqueton, Pocale. 

Et. C'est le fr. Poigne, pris comme adjectif. 

Poignee (Mj., By.), s. f. — Poignee de 
chambe, de lin, — paquet, botte de brins de 
chanvre ou de lin li6s ensemble, et ayant au 
moins de 20 a 25 centimetres de diametre. || 
Fig. — Poignee de chatains, ou chataignes, — 
secousse brusque et douloureuse que Ton 
ressent dans le creux de la main, lorsqu'on 
y tient un objet dont l'autre extr6mit6 recoit 
un choc violent. V. Chdtain. || Ciseau a 
fendre les ardoises. (Men.) 

Poigner (Ag.), v. n. — Syn. de Zogner. V. 
Bique tie. 



Poignet (Mj.), s. m. — A noter qu'on 
n'emploie guere ce mot seul; on dit regulie- 
rement : le poignet du bras. Ceci encore : 
Celui qui ne r>eut pas en tourer un de ses 
poignets avec la main opposed de manure 
aue le pouce joigne l'extr^mite* des autres 
doigts, celui-la mange du pain de faignant. II 
n'a pas une main de travailleur. 

Polgnetter (Mj.), v. a. — Moissonner a la 
faucille, en saisissant la paille par poignSes. 
Ge mode d'ope>er, qui 6tait a la mode il y a 
trente ans, est completement tombe* en d6- 
suelude ; maintenant, on raude les ce>6ales. 
De>. irr. de poignee, ou reg. de poignet. — 
Syn. de Pougnetter. || By. Poignetter le 
chanvre, le mettre par poign^es. 

Poignon. — V. Pognon. (Sp.). — Syn. de 
Picaillon, etc. 

Poll, poiye (Mj., By.), s. m. — Fig. Avoir 
un poil dans le creux de la main, — Stre pa- 
resseux. || Avoir le poil en relevant, — se 
he>isser, montrer de la mauvaise humeur. || 
Eter d'ein mauvais poil, — Stre de mauvaise 
humeur. || Eter du meme poil, — etre du 
meme acabit, se ressembler, s'entendre, 
s'accorder. || Avoir du poil au cul ou aux 
yeux, — se montrer brave, courageux, 6ner- 
gique, viril. || R6primande. Ex. : II en a recu 
ein poil ! — Syn. Savon, Abatage, Chasse, 
Galop, Suij. || Dictons : Etre (6et\ eter') d'ein 
mauvais (mouas), d'ein bon poil (non, a By.), 
— avoir mauvais ou bon caractere ; Stre mal 
ou bien dispose ; ^tre de mauvaise ou de 
bonne humeur. =r Poil de carotte, — che- 
veux roux ; ceux qui les ont de cette couleur 
sont r£put6s grognons et de mauvais carac- 
tere. || A poil, — tout 11 u ; in naturalibus. Syn. 
de : En peau. \\ Poil de bique, — melange de 
vin rouge et de vin blanc. || Tomber sur le 
poil a qqn, — lui tomber dessus, Tattaquer, le 
tattre, rinvectiver, — s'en prendre a lui. || 
Poil ragoillard. \\ Tout poil bonne bSte. (Mj.) 

N. — « Et que de tout piu bono besto. » — Et 
qu'(il peut) de tout poil (y avoir) bonne bete. » 
(Mireille, 110, 1.) 

Poif d'aspit (Mj.), s. m. — Syn. de Tan- 
chelette. 

Et. — Ce nom doit etre pour : pouee d'aspit. II 
faut remarquer que Poil se pron. Poueil, de la la 
confusion. 

Poll de bique (Mj.), — V. Poil. 

Poll de chat (Lg.), s. m. — Sorte d'herbe 
commune dans les pr6s et sur la lisiere des 
champs. Je crois que c'est une gramin^e, mais 
je n'ai pas vu la plante. 

Poll de jarc, jarque (Lg.), s. m. — Laine 
grossiere et entremdtee de poils rudes et pi- 
quants. On dit aussi simplement : Jarc. Syn. 
ae Jars. 

PoIIe et mele (Mj.), adj. — PSle-mdle. — 
Vieilli. Cf. Moitier, pour : metier; Foisse- 
mele. Les tres vieux aisaient : Poile et moile. 

Poillaod (Sa.), s. m. — Celui qui vit en 



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132 



POILLU 



POIRE 



concubinage. Syn. de Marlou, Marcou, Har- 
nicou. Cf. Pouilloux. 

Poiliu, poiyu (Mj., Lg., By.), adj. q. — 
Poilu, velu. Cf. Filoseille. 

Poiiragoulllard (Tim.), s. m. — Seve de la 
jeunesse, ardeur juvenile. Se dit surtout des 
animaux. Ex. : Noutre bouvard est dans son 
poil-ragouillard. L'expression a un peu 
vieilli. Syn. de Poil-rangoille. 

N. — Aux Epesses (Deux-Sdvres), on dit Poil-ra- 
goillard. 

Poil-rangoiile (Lg.), s. m. — La pleine 
vigueur de la jeunesse. Ex. : II ne se sent 
pas, il est dans son poil-rangoille. Syn. de 
Poil-ragouillard. N. Le son naturel de To est 
conserve^ : ran-go-iye. 

PoiI-taeh6 (Tr.), s. m. — Un des modeles 
d'ardoise marchande, de quality plutdt inf6- 
rieure. 

Poinchao. — V. Chardon. (M6n.) 

Poineon (Mj., By.), s. m. — Barrique de 
forme courte, employee surtout dans le Nan- 
tais. || Mj. — Etai vertical. Syn. de Sus-bout, 
Appouet, Abut, Pointeau, 

Et. — Incertaine. — Variantes : vx fr. : pon- 
chon, poQon, pochin, — possons, burettes? — 
Je vois un rapprochement au moins singulier avec 
poisson *, petite mesure de liquides. . . a La queue 
de vin, mesure et jauge de Dijon, contient 2 muids 
ou poissons ; le muid, 2 fillettes ; la fillette, 9 se- 
tters ; le setter, 8 pintes ; par ainsi la queue contient 
288 pintes. Done, le poisson, 144 pintes. » — 
GIsnin y voit une forme de pochon, qui, dans 
l'anc. lang., signifiait sac et de>ivait de poche. — 
II y a qq. apparence. (Litt.) — Darm. ne voit 
aucun rapport entre les deux mots. — Lor. Lar- 
chey : Poisson, verre. Du vx mot Pocon, tasse. 

Hist. — « Quittance, par Jean Aubert, batelier, 
de 92 6cus pour la livraison et conduite de bateaux 
et de six poincons de vin fournis audit sieur de 
Puicharic. » (1590. — Inv. Arch., E, n, 16, 1.) — 
o Et beurent si net qu'il n'y demeura une seule 
goutte des deux cent trente et sept poinsons. * 
(Rab., P., n, 28, 186.) — « Et versa trois ou quatre 
poinsons de vin qui estoient de reste. » {Id., ibid., 
n, 29, 189.) 

Poioeonnler (Mj.), s. m. — Morceau de 
bois qui termine une seine a chacune de ses 
extr6mit6s. V. au F.-Lore, n, Seine, un article 
curieux. 

Poine (Mj., Fu.), s. f. — Peine. Mot ar- 
chaKque. Cf. Moitier. Pat. norm, poin-ne. — 
V. Jaub., citat. 

Hist. — o Lucifer se desliera et sortant du 
profond d'Enfer avec ses furies, les poines et les 
diables cornus. » (Rab., m, 21.) — « Ung chascun, 
sous poine de la hart. » (Rab., G.) 

Poiner (Sp.), v. a. — Oppresser. 

Et. — Du lat. Poena, grec po'inoc. Doubl. de 
Peiner. 

By. Prononc. Poiner, Po£ne. 

Potnoox (Mj.), adj. q. — Penaud, d^confit, 
humilie\ maupiteux. Syn. et d. de Penoux et 
du fr. Penaud. Cf. Jaub., a Peneux. — N. A 



Chateau -Gontier, Faible se pron. Feuble ; je 
me sens feuble. 

Et. — Comme le fr. Penaud, ce mot vient du lat 
Poena, ou du fr. Peine, Peiner, que les anciens du 
pavs prononcaient Poine, Poiner. Cf. Voiroux. — 
Hist. Voir Rab., P., in, 28, 278. 

Point * (Mj., By.), s.!m. — Point de cou- 
ture, — ligne de points de tricot qui s'e*tend 
longitudinalement a la partie poste>ieure 
d'un bas et qui imite la couture ; mailles a 
Tenvers. || Boucle, ou anneau de corde, Gxe* 
a Yencoure, sur le pourtour de la voile, et a 
laquelle s'attache une bouline, une Scoute, etc, 
|| Prendre ses points et ses mesures, — prendre 
ses mesures, ses precautions. || Maille de tri- 
cot. — Ex. : Alle a laiss£ 6chapper ses points 
de sus sa broche. — V. Point *. 

Et.- — Punctum, d'un v. pungere, piquer. Un 
point, — une piqure (cf. Ponction), done, une petite 
quantity ce qui en explique l'emploi comme 
negation. 

Point *, adv. de n6g. — Trop sou vent em- 
ploy6 en Anjou pour : pas ; les Parisiens nous 
plaisantent a ce sujet. — On intercale 
(Pc, etc.) sou vent un n apres point devant 
une voyelle : II n'est point-n-k eux. || Mj., 
Ti., Dt, By.) Point en tout, — point-n-en 
tout. Point du tout. || Point-fin, — s. m. Niais, 
nigaud. Syn. de Begaud. Hue ! le vilain 
point-fin ! 

N. — Une jeune personne devant aller passer 
qqs jours a Paris, chez des amis, ses parents lui 
recommanderent : Surtout, n'abuse pas du mot : 
point ! — Un jour, elle faisait de la tapisserie et, 
comme on lui demandait a quoi elle travaillait, 
elle r^pondit, avec la conviction d'eviter un pidge : 
o Je fais des pas de tapisserie. » 
« Souvent, la peur d'un mal nous conduit dans un 

pire.s 

Pointard (Mj., By.), s. m. — Sorte de ca- 
nard sauvage. V. Canard. De la cat^gorie des 
menus : digeon, molleton, bisieux, rouget, etc. 

Pointe (Sp.), s. f. — T§te. S'emploie en ce 
sens dans la loc. : Cul par sus pointe, — cul par 
sus t§te. || A la pointe de midi. || Fonc6e : 
pointe fonc6e, outil des ouvriers des ardoi- 
sieres, dont le fer est rectangulaire, tandis que 
la pointe de banc est celui dont la pointe 
forme un angle retenu par Tangolis, ou che- 
ville aiguis6e en biseau, placed sur le manche 
de l'outil, mais en deca du fer. (MAn.) 

Pointeau (Mj., By.), s. m. — Morceau de 
bois vertical, servant de support. Syn. de 
Sus-bout, PoinQon. Ce mot appartient a la 
langue des mariniers. Cf. angl. Pointel, objet 
dresse en pointe. 

Pointe d'epee (Sp.), s. f. — Laiche ou 
carex. Syn. de Ciseau. On s'en sert pour 
rempailler les chaises. 

Poirassc (Tim.), s. m. — Poirier sauvage. 
Egrasseau. — De>. p6jorat. de Poire. || Lg. 
Mauvaise petite poire. Syn. de Poirucke. 

Poirassier (Sp.), s. m. — Syn. de Besi- 
quier. 

Poire, s. f. — Parmi les anciennes poires, il 



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POIRE DE AH! MON DIEU ! — POISON 



133 



y avait, a Mj., les poires : d'Oignon, — de 
Demi-sargent, — de Hola-mon-Dieu ! ou 
Oh-lela-mon-Dieu ; celles-ci, rouges de chair, 
ce qui faisait croire a celui qui y mordait 
qu'il saignait des dents ; — de Saint-Quentin, 
de Frisquelande, de Grain d'eau, d'Ichelette, 
de Livre, etc. — A Bourgneuf, les poires : 
de Coup-d'ceil, de Barne, de Gronche. || 
Poire d'atticoche, — action de lutiner, de pro- 
voquer en riant ; agaceries. || Faire sa poire, 
— poser, prendre des airs avantageux ou pin- 
ces. V. Merde, Gourme, Pente. 

Poire de Ah ! mon Dien ! — V. F.-Lore, iv. 

Poireau (Mj.), s. m. — LiliacSe a fleurs 
bleues, commune dans les terres argileuses, et 
surtout sur les cheintres, le long des haies. 
Cest, je crois, une scille. (Beta cycla.) N. Le 
pat. n'emploie ce mot que dans ce sens. V. 
Pourke. 

Poires de eh lots, t muet (Lg.), s. f. plur. — 
Fruits de la bardane ; la plante elle-meme. 
Syn. de Poires de ehiottes, Poires de vallbe. 

Poire de ehiottes (Sp.), s. f. — Voir le pre- 
cedent. 

Et. — Fruit ainsi nomine 1 sans doute parce qu'il 
est commun dans les endroits incultes, oti se platt 
la bardane et qui servent de... buen retiro aux 
villageois. V. Chiotte. 

Poire -enchere (Lg.), s. f. — Folle enchere. 
Ex. : Cest moi qui en porte la poire-enchere. 

Et. — II n'est guere admissible que le mot : 
poire soit une corr. de : folle. Je crois plutdt que 
Poire enchere est pour Pire enchere. 

Poire d'oisean (Tim.), s. f. — Cenelle, fruit 
de Taubepine. Syn. Poire de ouihoui. 

Et — La forme du fruit rappelle celle de la poire, 
qui est de la m§me famille botanique, et les oiseaux 
s'en nourrissent l'hiver. 

Poire de Ouihoui (Mj., By.), s. f. — Ce- 
nelle. V. Poire d'oiseau. 

Et — Ainsi nomm6e probablement parce que 
ces fruits sont tout petits, ne sont que des ouis- 
ouis. Cf. Out. 

Poire de valiee (Mj.), s. f. — Fruit hSrisse' 
de la bardane, qui s'accroche dans les che- 
veux et aux habits. Syn. de Poire de chiots, 
ou ehiottes. || Lappa officinalis, — par ironie. 
(Mfa.) 

Poiron (Lg.), s. m. — Plaque de fonte, et 
autrefois, pierre plate, dressed verticalement 
contre le mur au fond de l'atre. || Dans la 
region de Sp., e'est un nom de famille. || Lg. 
Plate-bande, dans un jardin, planche de terre 
le long d'un mur. 

N. — Cest le meme que le Poiron de cheminee 
ci-dessus, qui a pass 6 par le sens : plate-bande dc 
fenetre, de porte. Le mot Pal&tre, qui a ce dernier 
sens, sign i fie aussi : plate-bande de fraisiers, etc. 

Et — L. Petronus (perron), de : petra. — Pour 
Pierron, de>. de Pierre. Cf. Peurrier et le fr. Per- 
ron, qui en est le doublet 

Poirre (Sp.), s. m. — V. Perre. Cf. Poi- 
nowx. 



Poiruehe (Mj.), s. f. — M6chante poire* 
Dimin. pejorat. Syn. de Poirasse, Poquille. 

Pols (Mj., By.), s. m. — Pois sans parche ; 
sans parchemin. || Pois a la miche mollette. 
Syn. Pois-ragout. V. Miche. || Sp. — Pois sucre, 
— sorte de pois tres sucre\ le meme que le 
pr6c6dent. || Pois de mai, — haricot. Syn. de 
Feuvctte, Mougette. On en cultive, entre autres 
especes, celles dites : pois flageolet ; pois coco ; 
pois pigeon; pois noble; pois busson. || Les 
vrais pois sont dits : pois ronds. || Pois de 
terre, — varied de pomme de terre. Cest la 
vitelote. Cf. Po de terre. || Pois-Heuv. — pois 
de senteur, pois de Milan. 

Pois a erapaud, s. m. — Jarzeau, luzeau, 
luset des pr6s, jerzeau, vesce. . . (M£x.) 

Pois-Joli (Mj.), s. m. — Sorte de fourrage 
des prairies naturelles. — Cest une petite 
16gumineuse a fleurs roses, d'une odeur tres 
vive et tres agre*able, commune dans les 
terres des valines de la Loire. Cest une Gesse, 
comme la Jagnerotte, mais diflterente de 
celle-ci. || Vulg. Pied de pigeon. (M£n.) Bat. 
Geranium rotundifolium. N. Une legumineuse 
n'a pas de rapport avec un geranium. (R. O.) 

Pois (am) lievre(s), S. m. — Syn. de Lu- 
zeau. || Vulg. Lathyus aphaca. (MfcN.) 

Pois-mignon (Lg.), s. m. — Haricot blanc 
que Ton mange sec. Syn. de Feuvette, Mou- 
gette. 

Pois-a-la-paresseuse (Mj.), s. m. — Haricot 
a rames. Syn. Pois rtmards. 

N. — Pois vient de pisum ; poids, de pondus ; 
poix, de pix, picis. De la l'epigramme suivante 
contre le nomme* Maupoi : 

« Sive malum pisum, malus aut pilus, aut mala 

(pix es, 
t Sive malum pondus, res mala semper eris. » 

(B. DB LA MOKXAYE.) 

Pols-pigeon (Mj.), s. m. — Sorte de haricot. 

Pols-quarantaine (Mj.), s. m. — Sorte de 
haricots qui sont bons a cueillir quarante 
jours apres avoir et6 sem6s. |j Lg. Pois a la qua- 
rantaine. 

Pois-ragont (Lg.), s. m. — Vari6t6 de pois 
a grains tres gros et tres sucr6s. Syn. de 
Pois-sucre, Pois a la miche- mollette. 

Pois-remards (Mj.), s. m. pi. — Haricots a 
rames. V. Rimer, Rente. 

Poiser, v. a. et n. — Peser. Cf. Poine. Mor- 
toiser. Ce mot, employe" jadis par les vieillards, 
est maintenant desuet a Mj. — Cf. angl. to 
Poise ,meme sens. — On connatt T^pitaphc de 
Villon. V. Peser. 

Poison (Mj., By.), s. f. — \e va pas manner 
de <?a, e'est de la poison. || Fig. — Personne 
ou bete meVhante. Ex. : Jo pense que le 
diable la fait, cet^ poison de fumelle-la ! — 
Syn. de Drogue. \\ Femme de mauvaise vie. 

Et. — Cest le fr. Poison, avec le genre de 1'ori- 
ginal latin, Potionem. Du reste, ce mot avait 
encore le genre f. au xvr 3 s. — Poison n'a signifte 



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134 



POISSAT — POMPANER 



d'ab(.rd qu'un breuvage, puis, a la longue, s'est 
particularise et a signifie un breuvage malfaisant. 

Hist. — « Son mari, vieillard, luy donna une 
poison de laquelle elle languit plus d'un an. » 
(Brant., D. G., Disci, 15, 2.) 

— « Mort violente, en froyde poison close 

o Me vint ferir. » (G.-C. Bucher, 250, 239.) 

— « Environ ce temps deceda par poyson a luy 
baillee le redouble roy et empereur Charles le 
Chaulve. » (J. de Bourd., Chron., i, 163.) 

— « Et Ton ne meet le cas remedyable 
« Pour amortir leur infecte poeson. » 
(Ch. Bourd., P. Faifeu, Epit., p. 4.) 

Poissat, s. m. — De poix : Arctum (?) 
lappa. On fait, a Segre\ des tisanes avec ce 
fruit, ainsi qu'avec celui du bougre ; on en 
met 9 graines, pour boire pendant 9 jours. 
(M£n.) 

Poisser (Sal.). — Pouesser. — Coller 
(francais). Un enfant vient de casser une 
assiette. On lui conseille de rapprocher les 
morceaux et on ajoute : Grache dessus et 
prie le bon Dieu que ca pouesse. A Mj. : et prie 
le bon Dieu qu'il geie. 

Poisson (Tim.), s. m. — Fig. — Sorte 
tfbchelon ou bchalon primitif que les paysans 
fabriquaient eux-memes et fixaient sur 
Tavant et l'arriere de leur charrette, pour 
maintenir les chargements. II consistait en 
une forte branche d'arbre bifurqu^e en V, 
dont les deux branches venaient s'encastrer 
dans le charretis, le tronc commun 6tant en 
Tair. Le tout ressemblait vaguement a une 
queue de poisson. Les harasses actuelles ne 
sont que des poissons plus proprement faits 
|| (Mj., By.) Teigne, larve de lepidoptdre qui 
ronge le papier On reserve le nom de teigne a 
celle qui ronge les 6tofTes ; je ne crois pas que 
ce soit la meme. || Pour la maniere de bauger 
le poisson. V. F.-Lore, n. 

Poissoux, ouse (Mj ), adj. q. — Poisseux. || 
Boueux, en pari, des chemins. — Cf. Pissoux. 

Pois-dc-terre (Mj.), s. m. — Espece de 
pomme de terre precoce et de forme allonges. 
C'est la vitelotte. Syn. de Victor, Navette. — 
N. Ne serait-ce pas une forte contract, de 
Pomme de terre? Gf. Po-de-terre, Pts de terre. 

Poit (Lg.), adv. — Point. Ex. : J'ou sais 
poit, — je ne le sais pas. N. Qqf., on fait sentir 
le t final. Pron. pout ou pouete. Cf. Be. 

Poite-de-loup, poueHe, s. f. (Mj.). — Re- 
noncule rampante dite aussi : bassinet, ou 
bassin d'or. || Mj. — Espece de pomme qui 
est la reinette grise. 

Et. — Pour Patte de loup, poite etant une corr. 
du fr. patte, ou plutot Pied, lat. pedem. 

Hist. — « Acceptez au moins une pomme. Elle 
est bonne, c'est une patte de loup... Elle sourit 
en entendant ce mot, patte de loup... elle dit : 
« Ce mot-la n'est pas de Paris, on ne l'emploie 
qu'en Vendee. » (R. Bazin, La reinette grise. — 
Annales, p. et 1. n° 910, p. 357, col. 2.) 

Poitras, pouee-tra (Ag., By., Mj.), adj. q. et 
s. m. — Balourd, lourdaud. Syn. Pahourd. 
|| Rustre, rustaud. Syn. de Poqueton, Pai- 



san, Petas, Petras. Cf. P6trat, Jaub. SYcrit : 
Poetras, Pou^tras. || Sal. Id. Paysan en retard, 
Pic. Parler poitras. 

Poitrine (Mj.), s. f. — S'en aller de la poi- 
trine, — mourir de phtisie. || Maladie de 
poitrine, — pe>ipneumonie contagieuse. — 
Pron. pou^trine. 

Poitriner, (Pc), v. n. — Appuyer les 
cartes, en jouant, contre sa poitrine, pour 
empe'eher les voisins de les voir. 

Poivrer (Mj.), v. a. — Fig. — Infecter de 
qq. maladie honteuse. Syn. de Saler, Plomber. 

Police, s. f. (Mj.. By.). — Absolument : 
L'heure de la fermeture des cabarets. Ex. : 
II ne s'est enall6 qu'a la police. 

Poltron (Mj.), s. m. — Gauche, maladroit. 
Ex. : Que t'as done ponmoins Tar poltron 
pour pouiller des gants ! — C'est-il poltron, 
ein homme, pour faire ein ovrage de femme ! 
— Syn. et p.-e. corr. de Poqueton. Syn. de 
Impopompe, Podagre, Pocale. 

Poitroune (Li., Br.), s. f. — T'es eine pol- 
troune y Pocale. 

Pomeniquer, v. n. — Pourrir. Quand on 
emploie de Tomeau (ormeau) pour faire une 
barriere, ca pomknique rapidement. — Faut 
abattre ce chene-la, l s'en va pomknique. 

Et. — Corr. evidente de poumon, pulmonique ; 
le peuple dit : pomon. 

Pommage (Mj.), s. m. — Cru de pommes a 
cidre. Ex. : Dans le Morbihan, le pommage 
vaut mieux que du cout6 de Redon. 

Pommasser, v. n. — Rejeter des morceaux 
de pommes en pari, du cidre qui fermente. 

Pomme-boudee (Sar.), s. f. — Pomme cuite 
au four. V. Debise. 

Pommee, s. f. — Marmelade faite avec la 
pomme. Vx fr. Pommke de cidre. (MfeN.) 

Pommerasse, s. f. — Aristoloche. V. Rate- 
laine. (M£x.) 

Pommensc, s. f. — Ann^e venteuse, annee 
pommeuse. V. Hannetonneuse. (M£n.) et By. 

Pomme de valine, s. f. — Putput (?) 

(MfiN.) 

Pompane (Lg.), s. f. — Espece de trompe 
rustique,munied'un pavilion en forme d'enton- 
noir, fait avec des lani£res d'6corce de saulo, 
que Ton fabrique au printemps, lorsquela 
seve monte. (V. Jaub., a Cornadouelle). — 
N. J'ai vu de ces instruments a Mj., mais je 
ne leur y connais pas de nom particulier. On 
dirait : un Toutouf, un Poupouf. 

Pompanelle (Mj.), s. f. — Petite personne 

Sui s'estime beaueoup, qui fait des embarras. 
a dit, insejparablement : Mademoiselle la 
pompanelle. De>. de se Pornpaner. 

Pompaner (se); (Mj.). v. re7. — Se carrer. 
Et. — Der. du lat. Pompa, fr. : pompe. — Se 
pavaner (qui ne vient pas de Paon, pavonem, 
mais de la danse appelee Pavane). — Se panaden 



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POMPE — PONNIR 



135 



Hist. — « Aille se pomper Lullie Pauline avec sa 
robbe toute couverte d'emeraudes et margue- 
rites. « (Rab., P., v, 42, 571.) — « Ainsi me suis-je 
accoustre\ non pour me guorgiaser et poniper, 
mais pour le gr6 du malade, lequel je visile. » 
(Rab., P., iv, A mons. Odet, p. 343.) 

Pompe (Mj.), adj. q. — Spongieux, absor- 
bant, poreux. || Bien divis^e et soulev^e, en 
pari, de la terre cultiv^e. — De>. du fr. Pom- 
per. 

Pomper (Mj., By.), v. n. — Boire d'autant, 
avec exces, pinter. Syn. de Soiffer, GobelotUr, 
Cigaler, Siroter, Sitrer. Ex. : 
Pompons la goutte, 
Pompons la souvent, 
Envoyant faire fout'e 
Ceux qui n'sont pas contents. 

Pompetie (Mj., Lg., By.), adj. <j. — Ivre, 
pris de boisson. Syn. de KmecM, Guer- 
nette, VerzkXk, etc. V. Ripompette. 

Et. — De pomper, au sens de : boire largement, 
comme avec une pompe. — N. Les Parisiens 
disent : Etre pompette, Avoir son pompon. On dit 
aussi : Boire comme un pompier. 

Pompon (By.), s. m. — Avoir son pompon, 
etre ivre. Syn. de Plumet. || Autre sens : A 
moi le pompon ! — a moi la victoire, la pre- 
miere place. 

Et. — Douteuse. — P.-e\ de la couleur rouge. 
Cf. Plumet, Cocarde. Cependant, Rabelais parle 
de : « nez purpura, a pompettes. » (n, 1.) 

Poneeau (Sp., By.), s. m. — Coquelicot* 
Syn. de Moine. De la couleur de sa fleur. 

Etym. — Deux proposers : 1° « Lat. fictif : 
punicellus, dimin. de : puniceus, rouge, de : puni- 
cus, id., proprement : phe"nicien, a cause ae la 
pourpre fabriqu^e par les Ph6niciens. (Cf. panciau.) 
(Litt.) — 2° Pour paonceau, de>. de : paon ; 
proprement : petit paon. Cf. Coquelicot, petit coq. 
(Darm.) A choisir. 

Ponehinee (Ag.), s. f. — Selle. Ex. : II en a 
fait une ponehinee ! — pour exprimer qu'un 
individu vient, apres un bon repas, de se sou- 
lager d'une facon abondante. — Cf. Colom- 
bin. 

Pond (Jum., Mj., By.). — Part. pas. de 
Pondre. Ex. : La poule jaune a pond deux 
ceufs de resstee. V. Ponnu. V. Leune. 

Pondre (Mj.), v. a. — Figured — Chier. 

N. — Ce verbe, trds irr6g., a conserve* dans qqs- 
unes de ses formes celles de son original latin, 
Ponere. II se conjugue de la mani6re suivante : 
Ind. pres. : Je ponds, tu ponds, il ou a pond : 
je ponons, v. ponez, ils ou a ponent. — Imp. : 
Je ponais. — Passe" ind. : J'ai pond. — Pas. ante>. : 
J'ai ieu pond. — P.-q.-p. : J'avais pond. — Fut. : 
Je pondrai. — F. ant. : J'arai pond. — Cond. pr. : 
Je pondrais. — C. pas. : J'arais pond. — Imper. : 
Ponds, ponons. ponez. — Subj. pres. : Que je 
pone. — Subj. pas. : Que j'aie pond. — Inf. pr£s. : 
Pondre. — Pas. : Avoir pond. — Part. pres. : 
Ponant. — Pas. : Pond. — N. Qqf., et surtout a 
Sp., on emploie le part. pas. Ponu. On dit : Les 
poules ponent ; alle ont pond, ou ponu. 

Hist. — « C'est pour faveur que les elements 
portent aux alcyons, oiseaux sacr£s a Thdtis, qui 
pour lore, ponent et esclouent leurs petits lez le 
rivage. » (Rab., P., v, 6.) 



Ponent. — V. Pondre. (By.) 

Poneuse (Mj., By.), s. f. — Pondeuse. Ex. : 
C'est eine poule qu'iHait vrai bonne poneuse. 

Pongeons (les) (Chpt), s. m. pi. — Nom de 
vastes pr6s situes au midi de la Boire de 
Champtoce\ ou Rdme, et qui s'Stendent 
jusque vers Ingrandes. 

Et. — Probablement pour Plongeons (cf. 
Punger), parce que ces pres, tres bas, sont souvent 
inondes. 

Ponhut (Gn.), s. m. — Sorte de rainette a 
ventre jaune. Syn. de Graisset, Clouc, etc. 
Ex. : Quand les ponhuts chantent, il fait bon 
aller a la peche. — N. L'h est tres fortem. 
aspire\ 

Ponmoins (Mj.), adv. — Pourtant. Ex. : 
C'est ponmoins ben ielle que j'ai vue. || 
Enfin. — Ex. : II est ponmoins arrive" 1 — 
Pour : pas moins, ou plutdt point moins. 

Et. — Ellipse. (II n'en est) pas moins (vrai) ; 
cependant, n^anmoins. 

Hist. — « Leur protection est un porte bonheur 
dans une famille. — Pas moins, reprit le grand 
Luneau, en hochant la t6te, elles ne vous ont pas 
gar6 des voleurs. » (G. Sand, Les demoiselles. 
Annales p. et 1., n° 946, p. 91, col. 1, au bas.) 

Ponne, Panne. — V. Jk.de, Panne. Cuve a 
couler la lessive. 

N. — Ponne, panne ; terrasse, terrasson ; po- 
nettes, terrasses. Receptacle pour les vases a lait. 
{ LaTrad.,p. 44,1. 21. ) 

Ponnee l , subst. verb, de Pondre. — Syn. 
de Tralce, grande quantity d'enfants. A 
Amiens, pondoe>e. (Men.) 

Ponnee *. — V. Paunie. 

Ponnent. — 3 e p. plur. ind. pr. de Pondre. 
(Lue\ By.) « Les poules ponnent a c't'heure. » 
(Pron. poune, et non ponnant.) 

Hist. — Le p£re Jean-Louis veut pas nous don- 
ner des ceufs de Paques. II dit que les poules ne 
ponnent pas. {La Vendie cathol., 31 mars 1907, 1, 
6.) 

Ponner. — V. Pondre. Beaucoup de formes 
verbales autorisent cet infinitif, inusite. V. 
Ponnir. 

Hist. — « Ho ! oh ! vous aurez menti, je ne 
ponnerai pas. » (BfeR. de Verv.) Men. 

Ponnet, ette (Tim.), adj. q. — Petit et 
rable\ Syn. de Double, Amare, Tapon. 

N. — Dans le Petit Journal du 29 novembre 
1906, p. 3, c. 4, je lis : Theatre de l'Ath^nee : La 
Ponette, comddie en 4 actes, de MM. Louis Atvtus 
et Paul Ftjchs. L' heroine est une jeune fille £lev6e 
en pleine ind^pendance, d'apres le compte rendu, 
qui precise dans les lignes suivantes : « Tous (les 
visiteurs) veulent voir la ponette — c'est ainsi qu'ils 
appellent Blanche pour sa franche £nergie et ses 
allures vigoureuses... » L'un des auteurs serait-il 
angevin ? Cf. le fr. Poney. 

Ponniller, v. a. — Prendre avec le poing. 
(Men.) Cf. Poignasser, Peguiller. 

Ponnir. — Pour : pondre. V. Ponner. Part, 
pas. Ponnu. Mais on dit : La poule a pont ou 
ponnu. 



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136 



PONNU — POPOTER 



Ponnn, ue (Sp., By.). — Part. pas. de 
Pondre, pour Pondu. Pron. po-nu. Le pat. 
norm, dit pon-nu. 

Hist. — « Mais, de man doit Pantagruel, ces 
beaux oiseaux icy une fois avoles, retoument-ils 
jamais plus au monde ou ils furent ponnusl » 
(Rab., P., v, 5.) — o Les cocques des deux oeufs 
jadis ponnus et esclos par L6da. » (Rab., P., v, 
10, 504.) — G.-C. Bucher, 130, 158 : 

Ce sont des oeufs ponnus entre deux lunes. 

Ponolre (Segr.), s. f. — Endroit ou se 
trouve l'oeuf destine a faire pondre. || Mj. — 
Oviducte. || By. — Ponnouere. Toute la par- 
tie ventral e poste>ieure (poule, cane, oie) : 
les oies ont eine grousse ponnoulre. 

Ponsaere (Lg., Tim.), s. m. — Plante qui 
pousse le long des ruisseaux et dont la ratine 
est tres v6n6neuse. C'est tres probablement 
la m&me que le Pipk, ou Pain-feu (Penfeu). 
Bat. CEnanthe crocata. 

EU — Si Ton tient compte de la confusion, tres 
fr^quente dans la region, entre les sons an et on, 
il est tres vraisemblable que Ponsaere est pour 
Painsacre, ou Pansacre, du lat. Panem sacrum. Le 
rapprochement s'impose alors avec Pain-feu. 

Ponsard (Mj., Lg.), s. m. — Enfant ou 
homme pansu, ventru, bedonnant. « Grous 
ponsard ! » gros pansu. Syn. de Ponsier, 
Vizier, Beillu, AbeillaudL || Le ponsard, — 
l'estomac, la panse, la poche stomachale — 
surtout des ruminants. On Tappelle aussi le 
Port-Girault. || By. Pansard et Pansu. 

Et. — Pour Pansard, du fr. Panse. 

Hist. — « Car les uns enfloient par le ventre. . . 
et de ceste race nasquit sainct Pansard et Mardy- 
gras. » (Rab., P., n, 1.) 

Ponse (Mj.), s. f. — Panse, bedaine. Syn. 
de Bcille. 

Ponsee (Mj.), s. f. — Ventre^. Syn. de 
Bourrie, Tabarinke, Tambarinke. De>. de 
Ponse. 

E. — Doubl. de Pansee, du fr. Panse, mais avec 
un sens different. Tient a Ponsard. 

Poiisler (Lg.), s. m. — Individu ventru, 
pansu, bedonnant. Syn. de Ponsard, Vizier, 
Beillu. Pour : Pansier, du fr. Panse. 

Pont * (Mj., By.), s. m. — Solide comme ein 
pont de paille, — peu solide. || Piece d'StofTe 
qui, naguere, se relevait et s'abaissait au 
devant de la braguette, pour Touvrir et la 
fermer. Elle avait la largeur de la partie ant6- 
rieure du pantalon et se fixait vers la ceinture 
au moyen de trois larges boutons appelSs 
tibis. La mode des culottes a pont a disparu. 
Et. La manoeuvre du pont rappelait celle d'un 
pont-levis. || Lever le pont, — d^camper fur- 
tivement, detaler, filer. Qqf., simplement : 
s'en aller. — En fr., on dit : Lever le pied. || 
Passer le pont. (Segr.) Faire banqueroute. 

Hist. — « Les deux coins du pont de leur culotte 
(pour me servir de leur langage) restaient ordinai- 
rement rabattus. » (Deniau, Hist, de la V., i, 55.) 
— l^es deux culottes de drap pareil a celui de la 
veste seront a pont-levis et doubles de bonne 
toile. (Uniforme des Volontaires de Maine-et-Loire» 



1792, Revue de VAnj., t. LIV, p. 207.) fl Aujour- 
d'hui encore, dans certaines parties de la Bretagne, 
les elegants portent des ponts dont la partie supe- 
rieure est beaucoup plus etroite que le bas et qui 
se fixent a la ceinture de la culotte par deux 
tibis. 

Pont * (Mj., Lg., By.), — Pondu. 

Hist. — « Castor et Pollux, de la cocque d'un 
ceuf pont et esclos par Leda. » (Rab., C, i, 7, 16.) — 

N. Dans la forme Pond, le d vient de Pondre ; 
dans la f. Pont, le t vient du lat. Positum. 

Pontage (Mj.), s. m. — Ensemble des tra- 
vaux de menuiserie qui recouvre comme d'un 
toit les bateaux actuels des mariniers. Ce 
dispositif, inconnu des anciens, ne remonte 
pas a plus de cinquante ans. V. Galiote, Hi- 
loire. 

Pontile, s. m. — Gniaf, par ironie. 

Ponton (Mj., By.), s. m. — Bateau, embar- 
cadere pour le service des bateaux a vapeur. 
Sens special. 

Pontonnier (By.). — Petit pieu fourchu 
qu'on plante a l'arriere du futreau pour sup- 
porter le baton servant de faltage a la cabane 
et supports en avant par les jopettes. 

Pont de Se>. — Ponts-de-C6. 

Et. — L'explication par Ponts de Cesar est, je 
pense, abandonee. Pont de S6e signifie sans doute 
Pont sur la S6e ou le S6e? — comme on dit Pont 
Brionneau, etc. — Hist. « Deux bouteilles de verre 
ache tees 10 sous au Pont de See. » Comptes de 
manage de Jeanne de Laval. {Anj. hist., i T " an., 
n* 5, mars 1901, p. 530.) — Pontem Sagiaci 
(1127). (Inv. Arch., H. 16, 2, b.) Pontem Seii. 
(Id., 17, 2, h.) Non, pour ce dernier. V. Avant-pro- 
pos, xvn (1). 

Ponts-libres (Les), s. m. pi. — Nom ofliciel 
des Ponts-de-C6 pendant la Revolution. 

Hist. — Le 24 flor6al an VIII, on trouve un 
certificat de residence pour Francois Careau, 
« natif de Saint-Laurent-du-Mothay, prStre, cur^ 
de Saint-Maurille des Ponts libres, dits Ponts-de- 
Cez. » (Ab. All., N. s. Mj., 307.) 

Pope "(Lg.), s. m. — Poup6e, b£be\ Ex. : 
Frais comme ein petit pope. Cf. Popon. V. 
Potet. 

Popon, onne (Lg.), s. m. et f. — Poupon, 
onne. 

Popote (Mj., By.), s. f. — Soupe faite avec 
du pain longtemps bouilli dans Teau. Syn. 
Mitonnce, Panade. 

Et. — Ce mot pourrait etre une onomatopee 
tirant son origine du bruit que fait cette sorte de 
soupe en bouillant. P.-e\ aussi s'est-il forme par 
reduplication du fr. Pot. — II de>iverait alors de 
Popoter. 

|| Faire sa popote, faire soi-meme sa cui- 
sine. || Bigote, trop minutieuse dans ses devo- 
tions. — N. On dit alors plutdt Bobote. 

Popoter (Mj., By.), v. a. — Caliner, mijo- 
ter, cajoler, dorloter. Syn. de Mitonner. V. 
Popote. Soigner avec exage>ation, bourrer de 
chatteries. || Qqf. : Papoter, bavarder, par 
confusion avec Boboter. De>i de Popotei 



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POPULO-OTS — PORSIR 



137 



Popnlo-ots, s. m. (Sp., By., etc.). — En- 
fants, marmaille. Ne s'emploie guere qu'au 
pluriel. Syn. de Queneau, Quenasse, Queniau, 
Drdle, Race, Maminot. 

Et. — Lat. populus. — Hist, t Populot. Enfant 
gras et potele\ « Deux populots tenant une come 
d'abondance. » (Gloss, de VHist. de Paris, m, 
p. 550, B.) 

Poqnaneer (Mj.), v. a. — Manipuler. || Se 
livrer aux travaux du manage et sp6cialement 
de la lessive. On dit aussi : Potiquancer. — 
de : Poque. 

Poque (Mj., By.), s. f. — Main, avec le sens 
pe" joratif ; main sale, main grosstere, main 
maladroite. — On dit plus souvent Pogue et 
les deux mots s'emploient au pluriel, surtout. 
— A rapprocher ae l'angl. Paw, patte ; — 
Pounce, serre, grille. 

Poquer (Sar., By.), v. n. — Lancer un 
objet droit au but, sans le faire rouler, — au 
jeu de billes, par exemple, sans rctoliner, 
comme on dit. V. Poquette. 

N. — Dans le jeu de boules rondes, on jette sou- 
vent la boule en Fair de telle manure que, retom- 
bant a terre, pres du but, elle reste en place, sans 
rouler. Dans le jeu de boules de fort, cela ne se fait 

i'amais, bien entendu ! — Dans certains jeux de 
►illes, il s'agit d'introduire, en po quant, un nombre 
de billes convenu dans un trou creuse\ le long d'un 
mur, d'un arbre. — Et alors on peut voir la le 
mot Poche, poque. Poquer, ce serait Empocher. — 
Hist. « II eust trouve une des poques ou sacs ou 
ledit sel avait 6te" mis. » (J. J., 145, p. 371, an. 
1393. — L. C.) 

Poquerassage (Mj.), s. m. — Action de 
patauger. || Patouillis. — V. Poquerasser. 

Foquerassle (Mj.), s. f. — Empreinte d'un 
pied dans la boue. || Trace laiss^e par des 
chaussures boueuses. 

Poquerasser (Mj.), v. n. — Patauger, pa- 
trouiller. Syn. de Patouiller, Patroiller, 
Pitroiller, Patocher. De>. de Poque, pris dans 
le sens de Pied, patte, qui est son sens propre. 

Poquerassoux , ouse (Mj.), adj. q. — 
Boueux, fangeux. Se dit d'un chemin. Syn. 
de Patouilleux, Pitroilloux. 

Poqnert (By., Lg.), adj. q. — Crache\ au 
sens de : Tres ressemblant. Ex. : C'est sa mere 
toute poqueree. — V. PacrL N. — Le vrai sens 
est : models. Emprunt6 au travail du sculp- 
teur poquerant la glaise. 

Poqner6es (Mj., By.), s. f. — Traces ou 
empreintes de mains sales. S'emploie surtout 
au plur. Doubl. de Pogries. 

Pdquerer (Lg.), v. n. — Jouer, lutter a qu 
a le plus de force dans le bras. 

N. — Pour cela, les deux adversaires se placent 
en face l'un de l'autre de chaque cdte d'une table 
sur laquelle ils appuient leurs bras droits coude a 
coude, les avant-bras verticaux. Puis ils s'em- 

f>oignent la main droite, paume contre paume, 
es doigts entrelactfs. II s'agit, sans relever le 
coude, de coucher sur la table l'avant-bras do 
l'adversaire; — De>. de Pt*<*ae % Poque* 



Poqueter. — V. Poquer. (Pell., By.), v. n. — 
Au jeu de boule de fort, c'est d^poser sa boule 
presque a ses pieds en la lancant. Contraire 
de : jouer de porte-jeu. \\ V. Porte-feu, pour 
meilleure explication. 

Poqueton, onne (Mj., By.), adj. q. et s. m. 
et f. — Lourdaud, maladroit, peu d&icat. 
Syn. de Podagre, Impopompe, Pogue. || By. 
Pes mains poquetonnes, 

Poquette, s. f. — V. Poquer. — Ajouter, 
au jeu de billes : II consiste a jeter un nombre 

Eair de billes dans ce trou en forme de poche. 
( e joueur gagne quand il y a un nombre pair 
de billes dans le trou ; il perd si ce nombre est 
impair. 

Porehail. — V. le suivant. 

Porehal (Mj.), s. m. — BeHail d'esp&e 
porcine. On dit aussi Porehail. 

Porehard (Lg.), adj. q. et s. m. — Gour- 
mand, goinfre, pochard. Syn. de Pocheton, 
Goulif, Happaud, Goujat. 

Et. — Tres evidemment de>. du fr. Pore. — 
Paratt §tre la forme primitive du fr. Pochard, que 
Hatzfeld derive de Poche. 

Poree (Cho.), s. f. — Faire la porke de qqn, 
le mal arranger aupres d'un autre, en faire un 
rapport d&savantageux. J'vas faire ta porke. 
Faire sa pork* contre qqn. || Lg. Porr6e, le 
meme que Pourrke. 

Et. — Je n'ai rien trouve*. Portrait? ! 

Poreillon (Le\ Vh.), s. m. — Gochon de lait. 
Syn. de Laiton. 

N. — C'est le mot employe dans les communi- 
cations envoySes de ces deux villes et inse>6es a la 
rubrique : Marches, dans VA. de P., 21 juill. 1907. 

Porgalle (By.), s. f. — Poursuite, chasse. 
Mon chien a foutu une porgalle au grand chat 
jaune ! Ah ! il te l'a porgalU I V. Porgaller, 
Pourgaler. 

Porgalier (By.), v. a. — Poursuivre, chas- 
ser, Pergaler. 

Poriehinelle (Lg.), s. m. — Polichinelle. 

Porillon, s. m. — Porillon de la Chande- 
leur. Vulg. Galantine, Perce-neige, Faux- 
natcisse. (MfeN.) 

N. — Porion. Narcisse des bois ou des pres. Lat. 
Porus, poireau. (Lrrr.) || By. Narcisse double des 
bois ; prononc. pourillon (Po). Le perce-neige 
s'appelle Violette de Chandeleur, ou simplement 
Chandeleur. 

Porr6e (Lg., By.), s. f. — Poireau. Syn. et 
d. de Pourrie. V. Poree. 

Porrette (Lg.), s. f. — Plant de poireau. 
Syn. et d. de Pourrette. 

Porslr, Porcir (Z. 152. — Pell., By.), v. a. — 
Presser, peser, comprimer, assouler. — Pour : 
Pressir, doubl. du fr. Presser. V. Poercir. 

By. Pron. poersir, presser, comprimer. Faut 
jamais porsir ein fru (fruit), ca le ferait pourrt, — 
5a Tempecherait, ou Popposerait, de se garder. 
« Ton petit clou (bouton env'lim6, envenime) est 
mur, 6tete-le (percer ou Scorcher legdrement la 



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138 



PORT — PORTE-JEU 



peau blanche au-dessous de laquelle se trouve un 
peu de pus) et porsis-\e (poersis), — ou : porcis 
dessus, pour le faire poerjuter (perjuter, sortir le 
us), et ca n'sera ren, va. » V. Percir. 

Port (Mj., By.), s. m. — Bac. — V. Char- 
rilre. 

Portable (Mj.), adj. q. — Que Ton peut 
porter. Ex. : Queun grous daubier de que- 
neau ! il n'est pas portable. || Mettable, en 
pari, d'un vetement. Ex. : T'as des chausses 
qui ne sont pas portables. 

Portage (Lg.), s. m. — Ensemble des voie s 
d'un moulin k eau, portes de la chauss6e pa r 
ou passe l'eau. Ex. : II a tombe dans le por- 
tage du moulin, et il a ben failli s'y neyer. 

Portail, s. m. — Plancher mobile qui, fer- 
mant la bouche du puits, recoit le bassicot 
pour le dechargement des ardoises. (Petit 
Courrier du 15 octobre 1903.) 

Portal (Mj., By.), s. m. — Portail. Cf* 
Bestial, Medal, Vitral. Syn. Portau. 

Hist. — « Entre la porte de l'dglise et le portal a 
sortir dudit cimetiere. » (1615. — Inv. Arch., E, 
in, 426, 2.) — « Qui est du cost6 droit pour sortir 
de la citt6 pour aller vers le portal Toussaint. » 
(1629. — Id., S, E, sup. A, 70, 1, 33.) 

Portatif (Mj., Lg., By.), adj. q. — Portable, 
qui se porte bien. Se dit surtout des vete- 
ments. 

Portau (Lg.), s. m. — Portail. Doubl. du fr- 

Porte (Mj., By.), s. f. — Barrage Stabli sur 
certains cours d'eau (Mayenne, Loir, Sarthe) 
et permettant de passer d'un bief a l'autre. || 
By. — Porte mariniere, laissant passer un 
grand bateau ; et Portisseau, petite porte. 

N. — Ces barrages sont des sortes d'6cluse 8 
rudimentaires et m3me primitives. lis sont cons- 
titute par des pieux de section carree, appeles 
aiguilles, plantes verticalement et tangentielle- 
ment dans le courant et maintenus a leur partie 
supe>ieure par une double poutre transversale.sous 
laquelle passent les bateaux. II faut lever ces pieux 
un a un pour permettre ce passage. La d£nivella- 
tion atteint souvent un mdtre. V. Aiguille, Pie de 
liege. 

|| Etre a la porte de, — a la veille de, sur le 
point de. S'emploie toujours en mauvaise 
part. || Portes de derriere, — arriere-pensees, 
iaux-fuyants. Ex. : Avec moi, n'y a point de 
portes de derriere. || Tim. — Porte a deux 
jet^es, — hypocrite. Syn. de Ficelle, Couteau 
a deux lames, Sac a diable. || Absolument : 
Aller aux portes. — Mendier. || Trouver la 
porte debout, — ferm^e. Syn. de Visage de 
bois. || Prendre la porte. — sortir. 

Porte-banniere, s. m. — V. au Folk-Lore, 
xi d, Oger. 

Portebols (Lg.), s. m. — Larve dont les 
pfccheurs se servent comme appat. Syn. de 
Ver d'eau. || By. Ou Charch£f6 (charge-faix), 
ou chalibert, chalubert. Ce n'est pas un ver. 
V. au F.-Lore, n, Chalubert. 



Porte -ehapelle (Tim.), s. m. 



Montants 



du metier de tisserand places vers l'endroit 
ou se tient l'ouvrier. V. Chapelle. 

Porte a eol (Cho., Che\, Sf.). — Closerie 
porte a col, et porte a cou ; exploitation faite 
sans bceufs. (MfeN.) || Lg., loc. adj. Se dit 
dans : Borderie porte a cou, — closerie de 
petite etendue, ou les b&tes de somme sont 
rares et ou le transport des r£coltes, surtout 
des fourrages verts, se fait souvent a dos 
d'homme. C'est un terme de droit coutumier : 
les usages qui r^gissent les borderies porte-a- 
cou ne sont pas les m§mes que pour les 
grandes fermes, notamment en ce qui 
concerne les fumiers, les fourrages sees et 
I'ensemencement des terres lors de la sortie du 
bordier. V. Borderie. 

Ported (Tim.), s. f. — Trente-deux fils 
consecutifs de chatne. Les tisserands montent 
leurs pieces et supputent par portles. Une 
piece pour mouchoirs de quatre a la page 
comporte de 90 a 100 portees. \\ Lg. — 
Ovaire d'un animal femelle. Langue des m£- 
geilleurs. — N. Ce n'est pas la matrice. V. 
Mere. Ex. : Pour castrer ine tr6e, on illi 6te 
les pontes. || Sal. Distance qu'on peut fran- 
chir en poussant une canette (bille) avec le 
pouce. « Ma portee, ma dkcoulinke, Catout. * 
Expressions des joueurs de canette ; droit 
au'ils ont de lancer leur bille avec le pouce, 
ae faire une dScoulinee, c.-a-d. un passage en 
pente jusqu'a la bille de Tadversaire. Catout. 
enlever tous les obstacles entre les deux 
canettes. 

Porte faineant, s. m. — Sorte de siege 
consistant en une forte toile soutenue par 
deux barres en bois, plac6 a gauche d'une 
charrette, vers la naissance du brancard, un 
peu en arriere. Le conducteur peut s'y 
asseoir et, de la, diriger son attelage. — II ne 
faut pas s'y endormir ! Syn. Faignante. 

Hist. — Dimanche dernier 9 juin, M. P..., 
messager a Pouance, s'est blesse - grievement... 
en tombant du porte- faineant de la charrette 
qu'il conduisait. {Petit Courrier du 14 juin 1907.) 

Portefeuille (Mj., By., Sp.), s. m. — Lit. — 
Je vas me fourrer dans le portefeuille. Syn. de 
Pieu, Piou, Plumard. || Mettre ein lit en porte- 
feuille, — replier le drap interieur en rame- 
nant vers la tete du lit le bout qui est au 
pied et le rabattant par dessus le bord des 
couvertures. C'est une farce qui se joue par- 
fois aux jeunes martes. — Tres usit£e dans 
les casernes. 

Porte-gaban. — Vx mot ang. 

Hist. — 1653, 9 novembre, parrain de Pierre 
Maunoir, noble homme Pierre Maunoir, sieur de 
Rol£e, « porte-gaban du Roy de sa grande escurie. > 
(Inv. Arch., n, E, S, 275, 1.) 

Porte-Jeu (de) (Pell.). — Jouer de porte- 
jeu, a la boule de fort ; c'est lancer sa boinV 
un peu loin avant qu'elle touche terre. 
Contraire de Poqueter. — Directement, sans 
employer les bandes. Ex. : Faut prendre 
cete boule-la de porte-jeu. V. Charge. (R. 0.) 



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PORTEMANTEAU — POSSIBLE QUE 



139 



— Aux Ponts-de-Ce", le sens differe. C'est 
jouer de facon a ne pas d6passer le Maltre. 
Le couvreur joue, forcSment, toujours de 
porte-jeu. — Quand le Mattre est pres de la 
planche, il y a deux manieres de l'approcher. 
On peut jouer plus fort que jeu, de facon a 
frapper la planche et a §tre renvoyS par 
celle-ci ; ou bien tout naturellement, directe- 
ment, avec la force suffisant pour approcher 
le Maltre, comme votre jeu vous y porte. C'est 
cette seconde facon que nous appelons : 
De porte feu, au Cercle de la Paix. (Cela me 
rappelle une anecdote. Un jeune stranger 
ayant 6te" introduit dans notre Cercle, ou il 
fut cordialement accueilli, Scrivit plus tard a 
son introducteur. II terminait en disant : 
« Vous remercierez bien ces Messieurs de votre 
Rond. ») 

Portemanteau (Mj.), s. m. — Petite ar- 
moire dans laquelle on suspend les vStements. 
|| By. C'est le Basset. || Mj. — Le basset est 
trop bas pour servir de porte-manteau. 

Portement (Mj., Lg.), s. m. — S'emploie 
dans la loc. : Demander le portement, — s'in- 
former de la sante\ comment on se porte. — 
V. Jaub., Citation. — Syn. de Comportance. 

Hist. — « Envoye presentement de par luy 
entendre Testat et portement de son filz. » (Rab., 
P., rv, 3, 360.) 

Porte mine (Sa.), s. f. — Noce, bombance- 
Syn. de Bombe, Dkvarine, Berdindaine, 
Cigale, Dkvanirade, Riole, Trlnoche. 

Porte-nouvelles (Mj., By.), s. m. — Rap" 
porteur. Syn. de Porte-paquet, Porte-venette, 
Porte-et-va-quirir. 

N. — Les enfants chantent a ceux qui font les 
nmouchards le refrain traditionnel : 

« Porte-nouvelles ! 

« Six chandelles ! 
« Mange de la marde a pleine ecuelle. » 
By. — D'oii cette parole de la facteur (la femme du 
facteur, qui lui aide a distribuer la correspondance 
dans le bourg) : Dans le bourg, on m'appelle la 
Porte-nouvelles, mais ca m'est egal, je ne les rap- 
porte pas. — Le refrain n'est pas le mSme partout. 

Porte-paquet (Sp.), s. m. — D6noncia- 
teur. Syn. de Porte-nouvelles, etc. 

Portepit (By.), s. m. — Porc-6pic. 

Porte poehes (Mj., Sp.), s. m. — Garcon 
meunier sp^cialement charge* d'aller chercher 
ou porter a domicile les poches de ble" et de 
farine. Syn. de Pochetier. 

Porter (Mj., By.), v. a. et n. — Porter sus 
son dos, sus son 6chine, — supporter avec 
impatience, §tre agac6 par qqn. || Porter son 
bois. V. Bois. || Porter la folle-enchtre. || Porter 
a la tete, — attaquer le cerveau. Se dit non 
seulement du vin, mais aussi des maladies. || 
Porter au cceur, — donner des nauseas, causer 
un demi-^vanouissement. Se dit d'un mets, 
d'une boisson, d'une blessure. D'autres fois, 
au contraire, la meme expression signifie : 
ravigoter, relever le cceur. || Porter l'age, — 
paraltre vieux. || Porter du coup. V. Coup. || 



Porter le vin, la boisson, — ne pas s'enivrer 
facilement. || Porter l'eau, — etre alcoolique 
et colore, en pari, du vin. 

Porteux (Mj.), s. m. — Ein porteux de 
soupe, — un valet, au jeu de cartes. 

Porte-et-va-querir (Sa.), s. m. — Mouchard, 
colporteur de m^disances et de calomnies. 
Syn. de Porte-nouvelles, Porte- venette, Porte- 
paquet. 

Porte-venette (Sa.), s. m. — Mouchard. V. 
Venette, Porte-nouvelles, etc. 

Port-Girauit, s. m. — Nom d'un lieu-dit 
de la commune de Saint-Georges-sur-Loire. 
C'est un village situe" sur la rive droite de la 
Loire, au bout des ponts de Chalonnes, le long 
de la lev6e des Alleuds, a Mj. || Mj. Estomac, 
et surtout estomac de pore Syn. de Pon- 
sard. 

Et. — Je crois que, dans ce sens, cette denomina- 
tion n'est qu'un jeu de mots amen6 par une vague 
ressemblance avec le vocable Giron, qui s'emploie 
parfois avec la m^me signification. 

Portillon, s. m. — Petite porte basse. 

Portion (Mj., By.), &. f. — Potion. Confu- 
sion avec le francais. 

N. — a Une bonne femme demandera une por- 
tion a pioneer (dormir), pour : une potion opiacee. » 

Portoire et Pertoire, s. f. — Baquet 6vas6 
servant a transporter la vendange sur les 
chevaux. (Sar.) || Lue\ — Baquet a vendange 
porte" par deux hommes. || Portouers. Vais- 
seau de bois, ovale ou rond, pour porter la 
vendange au pressoir. (Revue de VAnjou, 
aout 1883.) By. Portoue>e, et mSme Poer- 
touere. || Sal. Pertouere. || Mj., Pertoire. 

Hist. — « Les portoires, ordonnance valable. » 
(Rab., v, 75.) — « L'unzieme... une portouere 
d'or, faicte a la mo7.ai'cque. » (Rab., P., iv, 1.) — 
« Au Peru, ils couroient sur les hommes, qui les 
chargeoient sur les 6paules a tout des portoires. »> 
(Mont., Ess., n, 22.) 

Portrait (Mj., By.), s. m. — Faire tirer son 
portrait, se faire tirer en portrait, — faire faire 
son portrait. || C'est ein vilain portrait, — 
c'est une laide figure. Se dit ironiquement 
d'un individu qui est laid. || Ablmer son por- 
trait, — se blesser au visage, en tombant. 

Portraiture (Do., By.), s. f. — Portrait, 
mais surtout en photographic « Donne-moi 
done ta portraiture. » 

Hist. — « Fut apres apporte le corps, ensemble 
la portraiture par les serviteurs de Pautel du choeur 
jusques dans la chapelle. » (Mathieu de Coucy, 
Hist, de Ch. VII, p. 738. L. C.) 

Portugal's. — (Est-il vrai qu'il y ait eu une 
colonie de Portugais aux Ponts-de-C6 pen- 
dant pres de deux cents ans? Je n'en vois 
trace nulle part.) V. F. Lore, xix. 

Pos, s. m. (Segr.). — Repos. Endroit ou 
l'-animal a cornes se repose. Abr6v. du fr. 

Hist. — « Pos ; repos, terme de pratique ; ces- 
sation de poursuites. » {Anc. Cout. de Bretagne.) 

Possible que (Mj., Lg., By.), loc. ellipt. — 



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POSSIR — POT 



II est possible que, cela se peut que. \\ Au 
possible, — tres, fort, extrSmement. On dit 
aussi : A l'impossible. 

Possir. — V. P or sir, 

Poste (Mj., By.), s. m. — Faire ein poste, 
son poste, — occuper un poste, remplir les 
fonctions. 

Poster (Mj., Z. 142, By., Li., Br.), v. a. — 
Poursuivre, chasser, pourchasser, charrier. 
Ex. : Attends, je te vas poster ! || V. n. Courir 
vite. — V. Pourgaler, Pergaler. 

Et. — C'est : poursuivre d'un train de poste* 
(Jaub.) 

Postilion (Mj.), s. m. — Fig. Envoyer des 
postilions, — lancer, en parlant, des goutte- 
lettes de salive. V. Dragee. || Petit morceau 
de papier enfil6 sur la corde d'un cerf- volant 
et que le vent fait monter vers celui-ci. || Mj. 
— Facteur de la poste, pikton. V. F. Lore, 
xix, k Postilion. Vieilli. 

Pot, Pdt, Post, Pau, x, lx (Z. 74, 75, 76, se 

dit partout), s. m. — Perche servant de ci- 
viere pour porter du foin. V. P archie Syn. 
Galeaux. — Pdt. Perches servant k porter 
un cercueil. On dit : Pdt-aux-morts. || Sal. 
Dormir comme un pot ; prononcer : pau. 

N. — Lorsqu'il se produit un deces dans une 
ferme un peu eloignee de chemins praticables, qui 
permettraient a la civiere en usage de venir prendre 
le defunt, void comment on procede : Dans une 
forel, et avec l'agrement du proprietaire (dans 
l'espece et depuis un temps immemorial, la fa- 
mine de M. Gontard de Launay, de qui je tiens ce 
renseignemenl), on va couper un soliveau de 0,15 
a 0,20 c. de diametre ; on enleve l'ecorce, on le 
polit. Puis on le passe dans deux courroies qui cein- 
turent le cercueil a la tete et aux pieds. Alors, deux 
hommes, de mdme taille, enlevent sur leurs epaules 
la biere et la transportent jusqu'au lieu ou attend 
la civiere. 

Etym. — Mais d'ou vient le mot Pot? Meme ra- 
cine que le mot poteau, pour : posteau ; anc. fr. 

f>ost ; lat. postern, jambage de porte. — Hist. On 
it : « Post et chevron », dans Rutebeuf. — « Icel- 
lui Roullant se muca et tapy derriere un pillier ou 
post de bois. » (1387). — « Patibulaires a deux et 
trois posts, d (Nouv. Cout. ginir., iv, 410.) 

— « Et Sanson a saiche (secou<§) le post 
t Qui sa force avait recouvree ; 

« La maison alia crevantee. » (Desch., f° 507.) 

— « Adoncq il trepigna tant des pieds qu'il rom- 
pit le bout de son berceau, qui toutes fois estoit 
d'une grosse poste de sept empans en carre\ » 
(Rab., P., ii, v, 31. — L. C.) 

N. — A Montjean, il existe une tradition d'apres 
laquelle le lit de la Loire etait autrefois traverse 
presque en entier par une puissante « batterie de 
pieus » ou digue de pilotis, dans la region des Ver- 
nettes et de la Vacherie. Des anciens m'ont affirm^ 
avoir vu des pots qui provenaient de cette digue et 
qu'il doit en exister encore beaucoup sous le sol de 
la grande tie et peut-etre dans le lit du Grand- 
Bras. II n'y a rien la d'invraisemblable. car il est 
certain que le lit de la Loire a varie bien des fois 
depuis la periode historique et meme a des dates 
recentes ; et il est d'ailleurs evident que la Grande- 
Ile s'est formee par la soudure de nombreux Hots 
reunis par des alluvions. 

La digue en question devait amener l'eau aux 



moulins que possedaient les seigneurs de Mj. et qui 
etaient situes au lieu dit le « Moulin-a-1'Eau », au 
pied du coteau du Couvent ou de Belle-Vue. 

Ces moulins ont ete achetes et detruits par les 
Ponts et Chaussees, vers 1850. Mais alors, de me- 
moire d'homme, ils n'etaient plus alimentes que 
par le petit bras de la Loire ou Boire du Moulin. 

Ces iaits ne sont interessants qu'au point de vue 
de Thistoire locale, qui n'est pas le ndtre. Mais, a ce 
sujet, j'entends relever un fait connexe qui me pa- 
ratt presenter de l'inter£t a notre point de vue 
special. 

II existe, dans la vallee de Montjean, entre la 
Grand- Maison et le Port d'Ingrandes, un village 
ou un lieu dit appele la Tete des Pots. Pour moi, ce 
nom indique que la devait se trouver l'origine, 
l'extremit6 amont d'une digue de pilotis, l'amorce 
d'une batterie de « pieus », telle que celle dont j'ai 
parte plus haut. (R. O.) 

Mais ce mot se trouve aussi orthographic Pan. 
Est-ce le mfime mot sous deux formes? Le sens est 
le meme, Torigine differe. Pau vient de Palus, pal : 
et Pot de Postern. Cf. Imposte. — En Bourgogne et 
en Berry, on dit un Pau. Dans : Pdt-aux-Morts, on 
prononce fortement le t. 

— Sourd comme ein pot, tres sourd. N. 
Dans cette locution, To se prononce bref, d 
tort, par confusion du mot Pot avec le fr. Pot. 
— Syn. Galeau. 

N. — Ce mot est le me*me que 1' anglais Post et la 
racine des noms francais Poteau, Potence, qui de- 
vraient prendre l'accent circonflexe. — Ce qui 
demontre cette origine jusqu'a l'evidence, c'est 
l'existence de la locution citee plus haut, laquelle a, 
dans la langue anglaise, sa traduction litterale : 
Deaf as a post, sourd comme un poteau. Les deux 
mots, ayant le mdme sens, se confondent. (R. O.) 

Hist — « Cela fait, print un gros pau, et dist a 
Pantagruel et aux aultres : Messieurs. . . » (Rab., 
P., ii, 27.) — N. Le contexte indique clairement 
que le mot Pau signifie : perche. Or. cette ortho- 
graphe en ferait purement et simplement un dou- 
blet du fr. Pal. Al devient facilement : au ; Paume 
vient de palma, paupiere de palpebra. Pal fait au 
plur. des Pals ou des Paux. 

— On nom me Paux ces longues aiguilles 
d'ardoises que Ton place au bout des rangs 
de vignes en guise de pieux de bois et que Ton 
tire de Roc-Epine, de Saint-Jean-des-Mau- 
vrets, de La Poeze, ou meme un peu de 
Tr61aze\ 

a Et m5me, a titre de renseignement (ajoute mon 
correspondant), je vous conflerai que Sorges. dont 
je suis originaire, est un pays de pautiers (apprentis 
ardoisiers). » — Je cherchais un lien entre les pau- 
tiers et les paux ou pots de pierre qui me semblent de 
la meme famille. Est-oe que le pautier n'aurait 
point debute par extraire.ou par travailler les paux 
ou pots de pierre, avant de fendre, polir et rondir la 
belle ardoise fine, besogne qui demande plus 
d'adresse et d'experience? 

— A Baug6, il existe une rue nominee le Pau 
brute. Et M. M. . .d, qui me communique ce rensei- 
gnement, dit avoir lu que c'est une abreviation de 
poteau. C'est la que Ton brulait les heretiques, atta- 
ches a un poteau, lors des guerres de religion. 

N. — D'un Etat des rues et places de la ville de 
Bauge, il resulte que la rue du Pau brule(c.-a-d.du 
pieu brOle) — ces derniers mots inscrits entre pa- 
rentheses — deliberation du 20 aout 1817 — re- 
pond bien a cette explication. — On peut aussi lire 
dans les Archives de par temen tales (G. 1811, car* 



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POT — POTfiE 



141 



ton) : Cures et Fabriques : Rentes sur le lieu du 
Pau brute (1633-1717). 

— Locut. curieuse : Cosser, frapper en pous- 
sant. Cosser des paux (enfoncer des pieux), 
loc. figured appliqu^e a la personne qui s'en- 
dort et laisse tomber sa t&te comme si elle 
devait s'en servir en guise de maillet pour 
enfoncer un pau. (Guillem.) V. Pot *. 

Hist. — « Messsieurs les cardinaux, depeschez 
leurs bulles, a chacun un coup de pau sur les reins. » 
(Rab.,P., n, 30, 194.) — « A JacquetChaumart,ser- 
gent royal, la somme de 10 s. t. pour ses paines. . . 
d'avoir ... este..., au lieu du Vergier querir et 
faire araener d'illecq en ladite ville un cn^in de boys 
a frapper les paulx pour la cldture d'icelle ville... » 
(1484-5. — C. Port. /m\, 185.) — Post. « A 
Jehan Passin, charpentier, pour avoir mis an por- 
tal Saint- Nicollas hors icelluy un post pour atta- 
cher colliers a mettre les jureurs et blaspn^mateurs 
du nom de Dieu, valant 14 solz. » (1527-1537. — 
Id., 188.) — « Le suppliant print un grand pau, vul- 
gaument appel6 prodelh. » {J. /., 196, p. 277. — 
1470.) L. C. — « Frairescheurs qui ont d^parti la 
succession a eux avenue, n'y peuvent mettre n'y 
asseoir bournes. . . ; bien y peuvent mettre paux et 
enseignements. » (Cout. d'Anj., art. 353, 6. 243.) 
« Proces verbaux contre Jean Hyais et Boullon, 
qui « ont battu des paux gros comme la cuisse dans 
la riviere. » (Inv. Arch., E.) — « II fallut armer le 
pont d'une liaison de mast de navires, deffendus 
encore de plusieurs paux que les Italiens appellent 
sleeks ... » La Cubne. V° Estacade. 

Pot *, pote (Mj.), s. m. — Pot gras, — pot- 
au-feu. || Sp. — Mettre dans le petit pot, — 
d6crier qqn, en dire tout le mal possible, le 
discrSditer. || (Lg.) Gasser les pots, — laisser 
aller sa tete de droite et de gauche, comme fait 
une personne qui dort, assise sur une chaise. 
— N. Cette loc. a vieilli ; cependant, on dit 
encore tres bien a un enfant qui s'endort : Va 
done casser ton pot dans ton lit. V. Pot l ; 
Cosser les pots. Je pr^fere cette derniere expli- 
cation. || Mj., Pot a couler, — pot dans lequel 
on coule et on conserve le lait. Au Lg., 
Pot a tirer. || Mj. — Son beurre ne sent que 
le pot, — ses affaires vont mal. || Jeu d'enfants. 
V. Poquer, poquette. F.-L., VII. 

Et. — Littbb 1'explique par le lat. Potus, 
boisson, le contenu pour le contenant. — Je pr6- 
fere Malvbzin. Rac. celtiq. Pot, enfler, etre gros ; 
d'ou : pot, vase, proprement, chose grosse. — Un 
f£m. * pota, ou potta, 6gal a boda, pour : bota, de 
t boude », tevre ; pote, mfime sens de levre ; de>. : 
potin, comme>age. V. Pot, 3. — Doigts pots, gros, 
done, maladroits ; main pote, — et poteke. 

Pot ', pote(Sp., Mj.), s. m. — Moue, action 
d'avancer la levre infe>ieure. S'emploie dans 
la loc. : Faire son pot, — faire la moue, 
comme il arrive aux enfants qui boudent ou 
qui ont envie de pleurer. Syn. de Lippot, 
Michard, Meugnot, Pateugne. — Gf. Tangl. to 
Pout, faire la moue. 

Et. — V. Pot, 2. 

Potable (Mj., By.), adj. q. — Passable, 
sortable, admissible, par extension, en pari, 
de toute autre chose que de l'eau, etc. 

Pot-a-eolle (Mj., By.), s. m. — Nom que 
Ton donne par derision aux menuisiers. || 
Saligaud, sagouin. Syn. de Pouacre. 



Potage (Mj., Lg.), s. m. — Plat que Ton 
prepare avec les legumes du pot-au-feu. || 
Fig. Gater le potage, — gater les affaires. £a 
va gater le potage. On dit aussi : G&ter la 
sauce. En pari, d'un incident facheux qui 
vient se mettre a la traverse d'une affaire ; 
d6sagr6ment, contraries. — By., id. 

Potager-ere (Mj.), adj. q. — Cuiller pota- 
gere, cuiller a pot. Louche. 

Potaingot, s. m. — Surnom d'un fondeur 
detain. (MtN.) 

Potaison, s. m. — Pour : pitance. A Lon- 
gu6, on donne aux gorinas une potaison. On 
dit aussi : potation. Syn. Boire, Boiras. 

Potanee (Ag., By.), s. f. — Chute p^nible 
et rude. Tomber une potanee. V. PktaAe. 

Potard (Ag.), s. m. — Eleve pharmacien. 

Potasse (Mj.), s. f. — Pas d' autre se*ns que 
Carbonate de soude. Syn. de Cristau. 

Potasser (Ag., By.), v. a. — Etudier avec 
ardeur, piocher, un examen, une matiere. 
Ex. : Je potasse ma g6om6trie. 

Potation (Lu6), s. f. — Nourriture cuite et 
semi-liquide pour les pores. V. Potaison. 

Hist. — t Le suppliant d'une part et Drouet 
Ferrant d'autre, desevans de leur sens et bon 
m^moire par leur trop grand potation. » (/. J., 
104, p. 375, an. 1373.) — Ici, il a le sens 6tymol. : 
action de boire. 

Pot-bouille (Lg., By.), s. m. — Cuisine, 
manage. Syn. de Potembouille. Faire son 
pot-bouille, e'est §tre seul pour faire sa cui- 
sine et son manage. — II fait lui-mSme son 
pot-bouille. 

Pote * (Tim.), s. m. — Maladie du nez 
auauel le mouton est sujet. || Lg. — Maladie 
de la bouche du mouton, se manifestant par 
une Eruption de pustules et des ulcerations 
aux levres. || Lg. — Petit pied, peton. Syn. de 
Patton, Ex. : Chanson enfantine : 

a Ferre, ferre, mon petit chevau, 

« Pour aller demain a la chaux ; 

« Ferre, ferre mon petit potS, 

« Pour aller demain a Cholet ; 

« Ferre, ferre mon petit tutut, 

« Pour aller a Montaigu. » 

Pote * (Li., Br.), s. m. — Un potk, e'est le 
contenant d'un pot, un pichet. line pot6e, le 
contenu. 

Poteau (Mj.), s. m. — Petit trou creuse* a la 
surface du sol. Dimin. de Pot. || On dit aussi 
un poquet, ou trou dans lequel on s£me les 
haricots. (Li., Br.) C'est p.-e. la prononciat. 
du t de potk, — tet. 

Potfce (Mj., By.), s. f. — Le contenu d'un 
pot. Ex. : Eine crue de Vienne, e'est eine 
potie d'eau renvars^e. Proverbe. || Pot-au-feu, 
compose" de bceuf et de legumes destine" a 
faire la « soupe grasse ». N. Les m6nageres 
y ajoutent jusqu'a 17 esp&ces « d'ingr6- 
dieins », muscade, clous de « ge>ofle », oignons 
bruits, etc., etc. 



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142 



POTEMBOUILLE — POTRE 



N. — On dit : Eveill6 comme une potie de souris ; 
il faudrait dire : comme une p or tie, totality des 
petits que les femelles des animaux quadrupddes 
portent et mettent bas en une fois. (Jaub.) — 
Hist. « On porte, sans rien dire, aux pauvres-gens 
d'a cdt6, un reste de fricot ou une bonne potke 
de lait. » (C. Leboux-Cesbron, Souvenirs.) 

Potembouille (partout), s. m. et f. — Cui- 
sine, manage. S'emploie dans la loc. : Faire le 
patembouille. Syn. de Pot-bouille. 

Potence (Mj., Lg., By.), s. f. — Roue 
comme potence, — tres ruse\ || Piece placed 
k la partie supe>ieure d'une chemise d'homme 
ou d une blouse, sur la poitrine et les epaules. 
Ainsi nomm^e, sans doute, parce qu'eUe sou- 
tient la partie froncSe qui y est suspendue. 

Et. — Lat. potentia, puissance, et de la : appui, 
baton, b6quille, et, par compar. avec la forme, 
gibet. — Dans : rou£ comme potence, il y a probable- 
ment un jeu de mots, un rapprochement entre le 
supplice de la roue et celui de la potence. 

Potenne (Mj.), s. f. — Ouverture longue et 
6troite, pratiquee en t£te du m&t, au-dessous 
du capelage, et dans laquelle se loge la poulie 
de Yetague. N. P.-e. une alte>at. du fr. Po- 
terne? 

Poterean (Mj.), s. m. — Petit pot. 

Po-de-terre (Auv., My.), s. m. — Pomme 
de terre, patate. Syn. de Patade, Patache. 
Pat. norm. P§ de terre. — Contraction 
assez bizarre. — Cf. Pols de terre. 

Potet (Lg.), s. m. — Personne ne sait, ou du 
moins n'a pu me dire, ce gue c'est qu'un 
potet ; mais tout le monde dit couramment : 
Frais comme in petit potet, — en parlant d'un 
enfant joufllu, potele. V. Pope. || Fu. — 
Encrier de plomb. « II a perc6 mon potet. 
Je n'ai plus d'encre dans mon potet. — Petit 
pot. 

N. — Voir Beantome. Capit. fr. t I, 335, au sens 
de petit pot. 

Pot-gras (Mj., Lg., By.), s. m. — Pot-au- 
feu, Potie. 

Potiehee (Mj.), s. f. — Le contenu d'un 
grand pot, d'une potine. Syn. de Potinee. Du 
fr. Potiche, que, cependant, le patois ignore. 

Potier (Mj., By.), s. m. — Souche ou che- 
valet installe k la porte de la maison et por- 
tant de longues chevilles sur lesquelles la 
fermiere met ses pots k lait k s'egoutter. 

Pdtier (Ti.), s. m. — Mauvais ouvrier. 
« Cet ouvrage est fait en potier. » V. Pau, 
Pautier. || Ce mot semble exprimer la pr6fe- 
rence marquee des perrayeux pour les Chi- 
rubins et leur manque de bienveillance pour 
les pautiers. 

Potigner (Lg.), v. a. — TrSpigner, fouler 
aux pieds, pietiner. Syn. de Piler, Piloter, 
Pilonner. Probablement corrupt, de Patiner, 
Pietiner. 

Potine, po-qui-ne (Mj., Lg.), s. f. — Grand 
pot de gres dans lequel on conserve le lard ou 
le beurre sate. Saloir. II est vernisse k l'inte- 



rieur et muni d'un couvercle plat. On y 
conserve aussi les fruits sees, les pruneaux. 
Quand il contient du lard, il prend le nom de 
Charnier. Cf. Saloux. \\ By. On y fait de la 
boisson, de marc, de fruits, etc., alors il est 
perc6 d'un trou, tout en bas, sur le cdte\ dans 
lequel on met une canelle ou quenelle. On 
pro no nee Potine. (By.) 

Potinee, po-qui-n6e (Mj., By.), s. f. — Le 
contenu d'une potine. Syn. de Potichle. 

Potiner (Mj.), v. n. — Faire du tapage. 

Potinenr (Mj., By.), adj. q. — Tapageur. 
De>. de Potin, mot devenu francais. Syn. de 
Chie-brut. 

Potiqnaneer (Mj.), v. a. — Manipuler. i| 
V. n. Vaquer aux soins du manage, faire la 
lessive, laver la vaisselle. — Syn. de Poquan- 
cer, Policrasser, Poligrasser. 

Potiron, s. m. — (Mj., Sp., Tim., Lg.), || 
Gros champignon comestible, a large chapeau 
gris&tre, dont les bords, lorsquMl se d^veloppe, 
restent adherents au pied ; la partie d6chiree y 
forme un petit bourrelet que Ton appelle la 
bague ; pour les amateurs, c'est le signe dis- 
tinctif de Tespece. Ce champignon, qui nait 
dans les journees brumeuses ae Pautomne, est 
Tagaricus procerus. — Breton, id. — Cf. J attb., 
k Poitron. 

Hist. — « S'il fiantoit, e'estoient potirons et 
morilles. » (Rab., P., iv, 32, 412.) — « Poiron 
delachait une a une les oreilles, qu'il portait enfilees 
comme on enfile les ootirons; il les faisaitrdtir sur le 
gril, et, lorsqu'elles etaient cuites, il les mangeait. > 
(H. Bourgeois, Hist, de la Gr. Guerre, p. 96.) 

Potironde-graee (Cho.), s. f. — Champi- 
gnon, qqf. de m 20 de diametre. || Ths. — 
II est veneneux. 

Potlronnee (By.), s. f. — Soupe au potiron. 
N. Au sens francais. 

Potironner (Sal.), v. n. — Se dit d'un 
homme qui passe son temps k la maison a 
faire l'ouvrage des femmes. 

Pot-lonbe, s. m. — Renoncule &cre, 
ptecot jaune, patte de loup, picot, macrier, 
piquereau. (Men.) || Bat. Ranunculus repens : 
Bassinet, Pied de poule, Pied-court, Piedcot. 

Poiographe (Ag., By.), s. m. — Photo- 
graphe. 

Poton (Segr.), s. m. — Homme inhabile a 
faire un ouvrage. Cf. Poqueton. 

Pot-poulard. — V. Froment. (Men.) 

Pot-pourri (Mj.), s. m. — Cancan, delibe- 
ration, discussion. Ex. : lis en ont fait tout 
ein pot-pourri. Syn. de DUiberi, Dicis, 
Raffut. 

Pdtre. — V. Peautre. 

Hist. — « Piece justificative de Rene* Passin, 
charpentier, « pour avoir mis une sablere et une 
potence a porter une poltre. » (1557. — Inv. Arch., 
S, s, H, 58, 1, 26.) — N. Poltre, ou poutre est ici 
une pidce de charpente. Est-ce de la que vient 
notre pdtre ou peautre de bateau?. Peut-Stre, et 
alors if faudrait adopter la premiere orthograpbe 



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POTRELLE — POUfiE 



143 



Malgr^ tout, je pre7ere la seconde, qui est celle de 
Rabelais, pour des raisons phon6tiques, qui 
priraent tout, et malgrg l'incertitude ou je reste de 
l'etymologie. (R. O.) 

Potrelle (Tim.), s. m. — Espece de cham- 
pignon. V. Badrelle, Potiron. Genre bolet ou 
cepe. 

Potriau (Tim.), s. m. — Ouvrier potier ou 
marchand de poterie (de Vezins). — De 
Potier. 

Potrigner (Mj.), v. a. — Manier, manipu- 
ler maladroitement, sans precaution. Syn. de 
Pogler, Poguergner, Pougriner, Poligrasser. \\ 
Sal. Toucher avec des mains sales, de maniere 
a laisser des traces. Pdficher, Poguergner. Cf. 
Jatjb., a Potigner : a Tripoter. Potignat, 
boue 6paisse, bourbe. » — Cf. Patter et Pa- 
touiller. 

Pott* i (Lg.), s. f. — Pied. Ex. : 
« Tu t'endors, barbote ! 
« Tu tomberas dans le feu ; 
« Tu bruleras ta potte 
« Et tes petits yeux bleus. » 
{Berceuse familiere aux mamans.) Doubl. de 
Patte. 

Potte*, s. f. — Grosse levre. V. Pot, 2. 

Potterre. — V. Pode terre. (Jum., Li.) 

Pottier. — V. Potier. 

Pottlne. — V. Potine. 

Pot * tirer (Lg.), s. m. — Pot dans lequel 
on trait les vaches. 

Pou i (Mj., Lg., By.), s. f. — Peur. Ex. : 
J'ai yu grand pou. N. Ce mot a beaucoup 
vieilli a Mj., et ne se dit gu^re qu'en plaisan- 
tant. Toujours tres usit6 au Lg. || Lg. — 
Vivre en pou et en crainte, — vivre dans les 
transes. — Pat. norm. Pu. || Do. — Cet 
enfant a pou. — 11 a yu pus d'pou que d'mau. 

— Lat. Pavorem, paour. Syn. Frousse. 

Hist. : 
« Qui es-tu, dy, qui m'enflammes? — Amour. 
« Qui te product en moi ? — Plajsant figure. 
« Qui te nourrist? — C'est espe>ance et paour. 
(G.-C. Bucheb, 104, 142.) 
— « Assis debout, entre asseurance et paoure. » 
(Id., 132, 159.) 

Pon 2 (Mj., By.), adj. q. — Pauvre, avec 
une nuance de pitie\ Ex. : Queune pou petite 
fille ! N. On dit aussi : P6 y Pau «. || By. 
Quenne pou . . . 

Hist. : 
« Et laid suys devenu, vieulx, triste et poure aussy, 
* Pour beau, jeune, gay, riche. Amours m'a mis 

ainsy. » 
(G.-C. Bucheb, 49, p. 109.) 

— a Nous avons peut-dtre bien eu tort de l'6par- 
gner, dit ing^nument Tun des Vend6ens, mais 
Vpau p'tit bougre 6tait tout jeune et demandait 
grace. » (H. Bourgeois, Hist, de la Gr. Guerre t 
p. 120.) 

Pon " (Mj.), v. a. — Pou, ou Pout, t muet, 
est une forme vieillie de Peut. On dit encore : 
On fait bien ce qu'on pout. 

Hist. — «...Emporto ce que pdu. » (Elle em- 
porte ce qu'elle peut. — Mireille, 422, 1.) 



Pouft (Lg.), s. m. — Peu. Ein poud, — un 
peu. Forme archaique et desuete. V. Poi. 

Pouacre (Mj., By.), adj. q. et s. m. ou f. — 
Saligaud. || Mauvais ouvrier, qui gache 
l'ouvrage. Syn. de Bouifre, Podagre, doubl. 
de ce dernier. || Econome, interesse 1 . 

Et. — De Podagre, evidemment. Se>ie : Ro- 
gneux, sale ; tres avare, avarice sordide. — Hist, 
t Quatorze en furent ladres, dix et huit en furent 
pouacres. » (Rab., n, 16, 156.) — R. O. cite : « Une 
costellete de poarc frais, 20 den. » (1457. Inv. 
Arch., H, Suppl., 54, 1.) Et ajoute : « Ceci me donne 
l'6tymol. de Pouacre : Poarc, pore. » — Je prelere 
celle de Littbe. A. V. 

Poualer (Ti., By.), v. a. — Couvrir de 
taches irrSgulieres. Cf. Poueler. 

N. — Se dit lorsque la lessive s£chant trop len- 
tement et se trouvant de nouveau mouiltee par une 
averse, il se produit sur le linge de grandes taches 
jaun&tres : « Ma bu£e ^tait fini blanche, mais 
depuis qu^ques iours il ne fait que de berrouasser, 
ca Toppose de secher. Je l'avais ben 6par6e hier de 
resstee, mais c'te nuit il a tomb6 une ous6e, c'a 
tout fait poualer mon fait. — Le b!6 pouale t comme 
le linge. 

Pou d'aspie (Sp.), s. m. — Syn. de Tan- 
chelette, Poueil-cTaspiV. 

Pou asses (Craon), s. f. pi. — Enfants, 
marmots. Pour couasses? V. Queneau. 

Pouce (Mj., By.), s. m. — Biser ou Sucer 
son pouce, — ne rien recevoir alors que Ton 
attendait quelq. ch. || Avoir mal au pouce, — 
> etre sans argent. C'est surtout le pouce que 
Ton emploie pour compter de Targent. || 
S'en aller ein pouce ou cul, Tautre a Toreille, — 
S'en aller tout d^conflt, piteux, penaud. || 
Avoir le pouce casse\ — comme : Avoir mal 
au pouce. || Et le pouce ! — et le reste ! — 
« £a coute vanti6 pus de six francs? — Oui, et 
le pouce », — sans compter le reste. || Lu6. — 
Ancienne mesure, souvent usit6e encore. 

Poaeeier-eyer (Mj.), v. n. — C6der sous la 
pression du pouce, en pari, d'un fruit mur. 
Pouce, vx fr. Peuce. Cf. Peucellier. 

Pond re, poude (Mj., Lg.), s. f. — Poutre. 

Et. — Poutre. L'a. fr. avait poultre, jument, du 
B. L. puletra, poledra. C'est de la, d'apres Diez, 
que vient poutre, ainsi dite parce qu'elle soutient, 
comme une cavale. De mdme, un che valet est dit 
de : cheval. (Cf. Chevre, chevron, baudet. . .) Diez 
ajoute qu'en allem. Polter, qui signifie un chevalet 
de torture, vient aussi de poledrus. Enfln on peut 
ajouter qu'OuDiN, dans son Dictionn., rend en 
ital. poutre par trave, polledra grande, et que les 
charpentiers se servent du mot Chevalement pour 
designer une poutre maitresse a cheval sur deux 
autres. || Prononciat. molle pour Poutre et Pou- 
trelle, ci-dessous. 

Pondrelle (Mj., Lg.), s. f. — Poutrelle. V. 
Poudre. 

Pon6 (Lg., Lrm.), s. m. — Puits. V. Cita- 
tion, a Ceinturer. 

Ponee (Mj , Lg , Li , Br., My., Cho., Sar., 
By., Ta, Z. 159: etc.), s. m. — Pou. Syn. de 
Grenadier, Loup, Loulou. || Charcher des 



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144 



POUfiGNE — POUILLERIE 



poukes dans la tSte, — chercher pouilles, dis- 
pute. N. Cest bien chercher la petite b§te. — 
Doubl. de Poueil. — Pat. norm. Poue\ || 
Autres syn. : Groulaud, Guin. 

Et. — Lat. Pediculus ou Peduculus, dim. de 
Pedis. 

Hist. — « . . . Durant que la m6nagere, sur le 
seuil accroupie, guette sa chevre fromagere en 
escarmouchant contre les poufos de son enfancon. » 
{Hist, du px temps, p. 250.) 

Pouegne (Z. 141, Tr., By.), s. m. — Peigne. 
Sale pouegne ! — Injure. || Ou Poigne. Cf. 
PokmenU 

Poueil (Lg.), s. m. — Pou. Cest la forme 
premiere du montj. Pouke. || Puceron. Ex. : 
Y a des poueils dans la salade. — Aux merles 
en cages, on apprend a siffler : 

i Tue tes poueils, pouilloux, 

« T'en as des petits et des grous. » 

Pooeil d'aspit, et non Poil (Mj.), s. m. — 
Syn. de Etanchelette. A Sp., on dit Pou 
<T aspic. Cf. Pouee, Poueil. V. Poueil au vi- 
pire. 

Ponellde-grain (Lg.), s. m. — Charancon. 

Pooeil-an-vlpere (Lg.), s. m. — Insecte 
appele* ailleurs Poueil d'Aspit, Tanchelette, 
ou Etanchelette. 

Poneille (Li., Z. 150), s. m. — Poil. — II est 
de mauvais poueille, aujourd'hui ; — il n'est 
pas commode, il est mal disposed || Le 
poueille, les cheveux. — Je pr6fere PoueiL By. 
id. 

N. — Au xi« s., peil; xn* s., pels, pox. — Lat. 
pilus. 

Pouel (Li.), s. m. — Poil. — Autre graphie 
et autre prononciation. 

Pontic, pouee-le (Mj.), adj. q. — Lache, 
peu serre\ peu dense, 16ger, mou. 

Poueier (Mj., Sa., By.), v. n. — Se couvrir de 
taches bleues, en pari, du linge que Ton ne 
soigne pas bien pendant la dessication, apres 
l'avoir passe au bleu. V. Poualer. Le bleu 
s'^tale par plaques. Syn. de Moiner. 

Pouenier (Tc, Z. 159), s. m. — Syn. et d. 
de Pinier. 

Pooere (Li., Br., By.), s. f. — Mauvaise 
prononc. de Poire. — V. Observ. a Oi. 

Ponesan (Bl., By.), s. m. — Paysan. 

Pooesser (Sal.), v. n. — Coller, comme la 
poix. (Aussi, je prei&re Poisser ; mais la pro- 
nonciation differe.) 

Ponesson (By.), s. m. — Poisson. V. 
Observ. a OL 

Poues-de-terre (Bg.), s. m. — Pommes de 
terre. V. Po-de-terre, Pouerrc. 

Pooetlot, Poltiot (Tc, Dt.), adj. q. — 
Petit. 

Pouetras (BL, By.), s. m. — Un rustre. 

Pont (Mj., By.), s. m. et adj. q. — Gras, 
gros, replet, bouffi. Ex. : Queun grous pouf ! 



II a des jouea comme les fosses d'ein pauvre 
homme. V. Pouffi. On dit aussi Bouffe. \\ 
Faire ein pouf, — est franc. — V. Rosier. 

Ponffl, ie (Mj., By.), adj. q. — Bouffi, 
replet. || A moitie" pourri, 6chaufTe\ en pari, 
du bois. Syn. de Moumi, Coussonnt ; rendu 
spongieux par la pourriture (le bois). — 
Doubl. du fr. Bouffi. 

Ponfflasse (Mj.), s. f. — Femme de mau- 
vaise vie. Syn. de Putasse, Pupute t Diane, 
Paunaise, Gouine, Grue, Roulure. 

N. — Litte>alement : Personne grosse, lourde, 
pansue, — par ext, terme de m^pris. Cf. Pou- 
piasse. 

Pougnard (Lg.), s. m. — V. Poignard. 

Pod g nee (Lg., Sp.), s. f. — Poignee. || Lg. 
PougnU de chaud, — grande chaleur. Ex. : 
II en fait ine pougnie de chaud ! — Cf. 
Ousie. || Lg. — Pougnle de sottises, — 
averse d'injures. Ex. : II m'a foutu ine pou- 
gnle de sottises. || On dit d'une chose mal 
arrang^e, en d&ordre, ou donn6e malhonne^ 
tement : « Arrang6e, donnee comme une 
pougnie de sottises. » (Jaub.) 

Pougnet (Lg., J\m., Sp.), s. m. — Poignet 
N. On dit presque toujours : Le pougnet 
du bras. 

PougneUer (Lg.), v. a. — Couper a petits 
coups de faucille du fourrage ou des c£r6ales 
que Ton saisit par poignecs. — Syn. et d. de 
Poignetter. 

Poogriner (Segr.), v. a. — Ternir par la 
pression, un objet, un fruit. Cf. Pdtrigner, 
Pdguergner. 

Ponillaneer (Mj.), v. a. — VStir chaude- 
ment, emmitoufler. Augment, de Pouiller. 
Cf. Hoquetonnk. 

Pooillard, s. m. — Petite perdrix cpii ne 
vole pas encore (partout). || Sp. — Adj. q. et 
s. — Ladre, chiche, homme peu g6ne>eux. 
Syn. de Pouilleux, Crasseux. De Pouil. Cf. 
Pouacre. 

Pouiller (partout), v. a. — VGtir, habiller. || 
Mettre un habit, ses bas, des gants. Cf. 
Dejpouiller. || V. r6f. Se pouiller, s'habiller, etc 
|| Ex. : Viens, que je te pouille ta chemise ; 
attendez que je pouille ma culotte. || Pouiller 
les ailes d'un moulin, — les garnir de toile ou 
en 6tendre les planches. || Baton pouilll, — 
personne grande et maigre. || Syn. de Haner. 

Et. — D6pouiller vient du lat. De + spoliare, 
de spolium, racine sanscrite Spar, separe?, arracher. 
Pouiller signifie le contraire, mettre, vfitir. 

N. — Ce verbe, un des mieux formes et des plus 
usites de notre patois, n'a pas eu l'heur d'obtenir 
ses entrees dans la lang. fr. classique, bien qu'on y 
ait ad mis son compost : D6pouiller. 

Hist. — « ... Les uns all ant pouiller leurs beaux 
atours. » (Hist, du vx tps, p. 139.) — V. Casse- 
pierre pour une citation. 

Pooillerie (Mj., By.), s. f. — Grouillement 
de poux. || Rassemblement de pouilleux, de 
mis^reux. || Misere physique et morale, 



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POUILLEUX — POULETTE-AU-BON-DIEU 



145 



abjection, crapule. || Syn. de Meillauderie, 
MciUaudage, Halosserie, Grimbolerie. — De 
Poueil, pou. 

Hist. — « Seigneur, ne pensez pas que je l'aye 
mis au colliege de pouiUerie qu'on nomme Mon- 
tagu. » (Rab., G., i, 37, 72.) 

Ponillenx, ease (Mj.), adj. q. — Fig. — 
Ladre, chiche, avare. Cf. Pouillard. 

Hist. — « lis (les Espagnols) sont ors et pouil- 
leux et moult envieux sur le bien d'autruy. » 
(Froiss., xi, 141.) 

Pooillonx, oose (Mj., Lg., By.), adj. q. — 
Pouilleux. — Doubl. du mot fr. Cf. Pissoux, 
Morvoux. || Pingre, ladre. Syn. de Crasseux. \\ 
S. m. Se dit dans : Eter ou se mettre a son 
pouilloux, — £tre ou se mettre a son compte. 
Syn. de A ses croutes. Cette locut. est usitee au 
Lg. V. Gueroue-bouilli. 

N. — Ce mot me semble avoir la plus etroite 
parente avec le fr. Pouill6, (Hat des biens d'un 
eveche\ C'est, je crois, un jeu de mots sur ce vo- 
cable et l'adj. Pouilloux, une de ces ironies inci- 
sives, quoique discretes, familieres au g6nie de nos 
pdres. D'un mot, le paysan raillait sa propre mi- 
sere, sa pouillerie, compared aux richesses de ses 
seigneurs spirituels. (R. O.) Mon collaborateur a 
herite de l'ironie incisive de ses ancgtres, cela se 
voiL Mais « Jacques Bon horn me ne connatt, pas 
me* me de nom, les Pouillts. » (A. V.) Riposte. — 
J'estime, au contraire, qu'il les connaissait fort 
bien de reputation. Maintes fois, mes ancetres, 
tenanciers, ont du faire la montrSe de leurs terres 
pour la revision du pouille. Du reste, a cette epoque, 
les choses d'Eglise, y compris le latin de cuisine, 
etaient des plus familieres a nombre de paysans. 
V. SacacorU. (R. 0.) 

Ponlllnre (Mj.), s. f. — Toile de l'aile des 
moulins a vent. De : Pouiller. 

Poults (By., Sa., Ma., Lue, Z. 205), s. m. — 
Vieilli. 

Ponlaille, s. f. — Volaille. 

Hist. — « Car il (Charlemagne) mangeoit la 
qu arte par tie dung mouton, ou deux poulailles. » 
(J. de Boubd., Chr., 40 *.) 

Poulailler (Lg.), s. m. — Coquetier ; mar- 
chand d'oeufs et de poules. Syn. de Coquassier, 
CoconUr. 

Hist. — « Nus (nul) ne puet estre poulaillier a 
Paris, se il n'achate le mestier du roy. » {Liv. des 
Mitten, 128.) — « Les poulaillers pouvoient 
vendre toutes sortes de marchandises, excepte la 
cire en ceuvre, ou poisson d'eau douce. » (Ordonn., 
iv, 491.) 

Ponlaillerie (Lg., By.), s. f. — Basse-cour, 
poulailler. Syn. de Joucailler, Volailler. 

PoQlaillere (Mj.), adj. q. — S'emploie dans 
la loc. : Poule poulailUre, — couveuse qui 
eleve des poussins. || Lg., s. f. Femme qui 
soigne la volaille. 

PodUId (Mj., Lg.), s. m. — Etalon. Ex. : 
lis ont mene leux jument au poulain pour la 
faire garnir. V. Etalon. || Instrument en forme 
d'echelle qui sert de plan incline pour charger 
et decharger des futs. || Instrument forme 
d'un levier articute sur un support qui sert a 
soulever l^gerement une voiture dont on veut 



demonter les roues. — N. Encore un nom 
d' animal de somme donn^ a un objet destin6 
a porter. Cf. Poutre, Chevalet, Mulet, etc. 
By., id. || Gonflement des ganglions ingui- 
naux. || Faire ein poulain, — jeter bas son 
cavalier. || Mj., Ecouf., etc. — Nom de 
famille. N. Deux Poulain, l'oncle et le neveu, 
furent notaires a Mj. de 1790 a 1840 (circa). || 
Avoir son poulain. (Vr.) Etre asthmatique. 

N. — Oh ! Monsieur, disait une femme tres 
grosse et peu alerte et qui s'£tait cass6 une jambe 
peu de mois auparavant, ca n'est pas bien surpre- 
nant, je suis si gouesse, depuis que j'ai mon pou- 
lain ! J'6tais bien seche dans le temps, mais, 
depuis que j'ai mon asthme, je suis devenue 
gouesse. — Mon correspondant suppose que avoir 
son 'poulain est employ^ par analogie a l'6tat de la 
jument qui ne peut sounder, ni courir, quand elle 
porte son poulain. I/expression s'emploie pour une 
jument poussive : on dit qu'elle a son poulain. — 
« Sauf le respect que je vous dois », on a du appli- 
que r, par analogie, la m^me expression a la femme 
asthmatique et dire, quand elle est gtaee : elle a son 
poulain ». L'explication est admissible. 

Et. — L. pullus, petit d'un animal qcque ; 
contr. de puellus, dimin. de puer, enfant. — Au 
sens de gonflement, parce qu'il fait marcher les 
jambes 6carte>s, d-marche compared a celle du 
jeune poulain. — xm 6 , xiv 8 s. — « Deux poulains 
a deschargier vin. » {Bibl. des Charles, 1872, 
p. 361.) — « Par le poulain, on descend le vin a la 
cave ; par le jambon en l'estomach. » (Rab., G. t 
i, 5.) — Schelbr, pour le 2* sens, prendre : pusu- 
lanus, issu de : pusula, forme accessoire de : 
pustula. Ce type a r^gulierement pu produire : 
pouslain, poulain. 

Poulaut (Mj.), s. m. — Nom caressant que 
Ton donne parfois a un enfant. — Cf. Jaub. — 
Je prefere Poulot. 

Ponle (Sp.), s. f. — Jeu de cartes tres ana- 
logue au matador. Syn. de Mktk. 

Et. — a Les mises de tous les joueurs (billard) 
sont pour un seul gagnant (p.-e. par allusion au 
coq, qui prend toutes les poules). Darm. — ? 

Pooleginle, s. f. — Reunion d'enfants, 
compares avec les petits poulets autour de 
leur mere. (Men.) 

Poule grasse, s. f. — Grageline. Lampsana 
vulgaris. (Men.) 

Poulet-de-perriere (Tr.), s. m. — Fromage 
de calembert commun, entour6 de jonc. Les 
perrayeux le trouvent aussi bon que le pou- 
let. || By. C'est le Canard aux joncs d' Angers. 

Poulette (Mj., Lg., By.), s. f. — Ampoule 
produite par une pression ou un frottement 
trop fort et trop prolonge. Ex. : J'ai des 
poulettes aux pieds. Ex. : Je se* tout bgravb a 
force de marcher, je ere ben que j'ai des 
poulettes. Syn. Hor poule. — Pat. norm. Pu- 
lette. — N. P.-e. une abreviat. de Ampou- 
lette, du fr. Ampoule. 

Poolette-au-bon-Dien (Lg.), s. f. — Cocci - 
nelle, bete a bon Dieu. — En Norm., le roi- 
telet. 

N. — Les enfants, lorsqu'ils s'emparent d'une 
coccinelle, la font monter le long de leur index en 

H-10 



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146 



POULIEAU — POUPELIER 



disant : Vole, vole, vole, ma petite poulette au bon 
Dieu, sus la maison d'£cole ! 

Poulieau (Mj.), s. m. — Sorte de poulie. 
Terme de marine. 

Et. — Germ. ; a.-sax. pullian, tirer ; angl., to 
pull, guinder. — Pouliot. a En Norm., piece de 
bois mobile ou tourniquet, plac6e a l'extr£mit6 

f)oste>ieure d'un chariot ou d'une charrette, sur 
aquelle s'enroule une grosse corde-qui maintient la 
charge. » (Litt., Suppl.) 

routine (Lue\ By., Mj.), s. f. — Poulain 
femelle. — On dit mieux : Pouliche. 

Pouloehe (Mj., By.), s. f. — Pouliche, pou- 
line. 

Poultron (Lg.), adj. q. — Poltron. 

Poume, Poumier (Mj., By.). — Pomme, 
Pommier. 

N. — Parmi les vieilles especes de pommes, il y 
avait, a Tim., celles de Malapias et de Cul-de- 
mulet. || Pomme d'Adam, — la saillie du larynx, 
en avant du cou. — N. Je ne sais plus ou j'ai lu 
qu'un etymologiste breton expliquait les deux 
mots Adam et Eve comme il suit : Eve, avalant 
la pomme, aurait crie A tarn (ca m'6trangle), et 
Adam lui aurait r6pliqu6 : Eva (bois). || Poume 
d'arrosoir, — pommelle. || C'est comme des 
pn-tmes ! — Exclam., n'y comptez pas, n'en 
croyez rien. — Cf. Des nefles ! 

Poome-d'agaeia (Lg.), s. m. — Pomme sau- 
vage. N. Agacia est ici pour : Egrasseau, qui s<* 
prononcait Egrassia. 

Poume-deehgne (Mj.), s. f. — Excroissance 
qui se produit sur les branches du chene et 
qui, d'abord molle et spongieuse, durcit et se 
retracte en se dess^chant, pour devenir la 
canette. || Fig. — Varied de f raise. 

Ponmele (Mj., Lg., By.), adj. q. — Pom- 
mele. 

Poumentage (Chx.), s. m. — Tout ce qui se 
mange avec le pain. 

Et. — Pulmenz, nourriture. Saint Bernard, fai- 
sant allusion au mercenaire qui gagne sa vie a 
travailler, lui fait tenir ce discours : a Apres ce ke 
iu ai laboreit me donet om lo pain en poes, et le 
boyre en mesure, et les pulmenz en nombre. »(Saint 
Bernard, Serm. fr. manuscr., p. 273.) — Pulmen- 
tum, mdme sens. (Plaute, Horace, — pulmenta- 
rium), viande, ragout, fricot, mets. Syncope, pour: 
pulpamentum, chair, viande des animaux. — Pulpa, 
chair, partie maigre de la viande, d'ou vient : 
pulpe, des fruits. — Moisy : Toute espdee de mets 
en bouillie ou cuit dans une sauce. 

Poume-poire (Mj.), s. m. — Hermaphro" 
dite. Syn. de Blret. 

N. — Fille perdue, qu'on ne peut qualifier 
exactement d'aucun des titres de fille, de femme, 
ni de veuve. (Jaub.) 

Poumer (Mj.), v. n. — Pommer. || Grossir, 
s'enfler, devenir obese. On dit d'une femme 
enceinte : « A c'mence a poumer. 

Poumeraitier, ere (Mj.), s. m. et f. — Habi- 
tant de la Pommeraye. V. La Poumeraye. 

Pounieraye (la), s. f. — La Pommeraye, 
bourg situe* a 3 kil. et demi au sud de Mj. 



Poumette (Mj.), s. f. — Pommette. 

Poumier (Mj., Lg., By.), s. m. — Pommier. 
Poumier d'amour, — petit arbuste d'orne- 
ment, a fruits rouges. 

Poumon (Tim.), s. f. — Pommette de la 
joue. N. On sait que le poumon, Organe de la 
respiration, est la Pirre, ou les Foies. — De 
Poume. 

Poumonique (Sp.), s. f. — Pulmonaire, 
plante. Syn. de Cocou-bleu> Su$on. — Pat. 
norm. Pemonique, poitrinaire. 

Et. — Corr. du fr. pulmonique. Ce nom pat, 
comme le nom fr., est du aux proprtetes bechiques 
de la plante. 

Ponm-poura (Mj.), s. m. — Sobriquet d'un 
vieux roulier des mines de Mj., qui, en trente 
ans (1862-1892), roula a lui seul presque tous 
les d^combres qui forment la levee du Moulin 
a l'eau au Roucher. Le brave homme avait 
suivi sa vraie vocation, car son veritable nom 
6tait Roulier. 

Et. — Onomatop6e. Poum-poum fit bien des 
fois entendre son surnom par les froides matinees 
d'hiver, en recrachant la bise glaciale qui souffle 
ferme au pied des rochers du Cou vent 

Pouner (Cho.), v. a. — Pondre. 

Poupa (Mj., By.), s. m. — Papa. V. Mou- 
man. Cf. Papa, Pepd. 

Poupart, s. m. — Enfant joufllu, gros et 
gras. 

Et. — A. fr. Poupe, mamelle, qui vient proba- 
blement du latin popul. puppa (u Dref), lal. class, 
pupa (u long), petite fille. Cf. Poup6e. — Diez 
compare le meme transport d'id6e, mais en sens 
inverse, de l'ital. zita, jeune fille, de Tall, zitze, 
mamelle. (Litt.) 

Poupeau (Mj.), s. m. — Houppe ou poi- 
gn6e de fllasse que Ton attache sur la que- 
nouille. 

Et. — Poupde, paquet d'^toupes dont on garnit 
le fuseau. V., du reste, Poupart. 

Poup6e (Mj., Lg., By.), s. f. — Le mSme que 
Poupeau. — R. O. tire ces deux mots de 
Houppe, pour Houpeau. — Je pr^fere 
LiTTRfe. V. Poupelier. 

Hist. — « Paroles rioteuses se meurent (murent) 
entre laditte .Tehanne et une sienne voisine... 
pour une pounee de lin. » (J. 7., 151, p. 9, an. 
1396.) 

|| Linge dont on entoure un doigt malade. 
V. Deillot. || Lrm., Lg. Rebattre la poupie, — 
ressasser, redire la meme chose. 

Poupelard, s. m. — Patisserie. 
Et. — Piece de menue patisserie, petrie au 
beurre, lait et jaune d'ceiifs. — Hist. R. de 

COLLERYE : 

« Ung bon past6 de venaison 

« Accompagn^ d'un poupelain 

« Vauldroit mieux sans comparaison 

« Pour enfans de bonne maison 

« Que les finesses Pathelin. » — L. C. 

Poupelier (By.), s. m. — Pron. Poupo&ier. 
Filassier, qui transporte la teille de chanvre 
en fllasse tres fine, pr§te a filer et la dispose 



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POUPELIN — POURCHAS 



147 



en poupkes (sortes de paquets tres longs, faits 
de facon que la filasse ne soit pas froiss^e et ne 
s'emmele pas lorsqu'on voudra en faire un 
poupieau au bout de la quenouille — qu'no- 
ille). V. Boubline. Cf. Poupee. || Se dit pour les 
bateliers qui conduisent les tuffeaux. Mj. Tuffe- 
lier. 

Poupelin. — a On appelle ainsi, en Anjou : 
1° un petit enfant ; 2° une sorte de fromage. » 
(MAnage.) V. Poupelard. 

Poupeline (Mj., By.), s. f. — Popeline. Cf. 
Pourceline. 

Et. — Papeline. P.-6\ parce qu'elle se fabriquait 
a Avignon, qui etait terre pa pale. (Litt.) 

Poupette (Tim.), s. f. — C'est le Nombril de 
V6nus, Umbilicus pendulus. Sorte de petite 
plante elatee en toufTes sur la terre, a feuilles 
grasses, rondes et creus^es en godets. P.-e. 
pour Pipettes, a cause de la ressemblance des 
feuilles avec des pieces de monnaie. 

Poupifis (By.), s. f. — Poup6e grossiere que 
se fabriquent elles-m§mes les petites filles. 
V. Poupuisse, Poupiner. Syn. Colin. 

Poupiasse (Ag.), s. f. — Fille de joie. Syn. 
et d. de Pouffiasse. || By. Petite fille gaie, 
rieuse, aimant a poupiner. 

Poupiau (Segr.), s. m. — Filasse demi- 
fine. Cf. Poupelier, Pouple. (Men.) 

Pouple (Mj., By.), s. f. — P6pie, maladie 
des oiseaux. 

Ponplllon (Mj., By.),S. m. — Petite houppe 
de filasse. V. Poupeau. 

Poupin (Pell., Mj., By.), s. m. — Pepin. 
Syn. de Pitran, Pipines. || Cotillon. Relever 
le poupin, pour : donner le fouet. (Segr.) On 
dit aussi : relever le poupin a qqn, || 
remettre a sa place. (Men.) Enlever le ballon. 

Poupine (Ag.), adj. q. — Fralche et jouf- 
flue comme celle d'un beau poupon. Se dit 
de la figure. || V. F.-Lore, i, 64. 

Poupiner (By.), v. n. — S'amuser avec des 
poupkes, surtout avec des poupkes ou pou- 
pids qu'elle confectionne elle-m£me. Se dit 
d'une petite fille. Syn. de Catiner. 

Ponple (Mj.), s. m. — Tremble. Arbre de la 
famille du peuplier. — Lat. populus (tremula). 

Hist. — « Qui engendra Gayoffe, lequel avait 
les c. . . de peuple. » (Rab., P., n, 1.) 

Poupon (Mj., By.), s. m. — Luron, gail- 
lard. Ex. : Y a ein fameux poupon la-dedans, 
dam ! || Individu, paroissien. — C'est ein 
vUain poupon, — un vilain monsieur. 

N. — Autre forme de poupin. V. Poupee. 

Pooponner (Mj., By.), v. a. et n. — Dor- 
loter, soigner un petit enfant, le caresser. 
Syn. de Dorner. || Etre enceinte. On dirait 
que votre femme pouponne? 

Pouponniere (Sg.), s. f. — Petite bonne 
d'enfants. (Men.) 

Poupouue (Sp.), s. f. — Pouponne. Syn. 
et d. de Poponne. 



Poupoute l (Mj.), s. m. — Crapaud. Ono- 
matop^e tiree du chant de l'animal. || Instru- 
ment de musique en cuivre. || Avoir les mains 
ou les yeux cojnme des poupoutes, — les 
avoir enfles par le froid ou a force de pleurer. || 
Lg. — Panade claire pour les petits enfants. 
Doubl. du fr. Popote. Cf. Jaub., a Papoue. 

Poupoute * (Lg., Sp.), s. f. — Oiseau, la 
Huppe. Corrupt, de Pupute. \\ By. Puput 
et pupute. 

Pouponter (Mj., By.), v. n. — Soufiler dans 
un instrument de cuivre, dans une come, etc.; 
en un mot, dans tout instrument ou le son 
est produit directement par les vibrations 
des levres. Cf. Toutouter. — Onomatop^e. 

Pouque, s. f. — Poche. Pouquette, po- 
chette. 

N. — Proverbe : 

« Quand il pleut le jour saint Marc, 
« II ne faut ni pouque, ni sac. » 
C.-a-d., ni poche, ni sac ; la recolte sera mauvaise. 

Hist. — « Le cuida ferir d'un sac selon le lan- 
gage du pals (de Caux) appelle' pouque. » (/. /., 
124, p. 244. an. 1384.) 

Pour (Tim., Lg.), prep. — Par. — Ex. . 
J'emportions a manger pour les champs. — 
N. La confusion des deux mots est de to us les 
instants a Tim. ; au Lg., c'est pire encore. 
Ainsi : on va a Cholet pour le train ; on 
fait le tour pour la Colonne. || (Mj., By.) 
Suivie d'un mftnit., cette prep, forme une 
phrase elliptique a signification admirative. 
Ex : Pour mentir ! — comme il ment ! — 
Queu chemin pour descendre raide ! || Pour 
sur ! — assur^ment, certainement. || Pour 
de vrai, — c'est veritable. — Ou encore : 
Jouer aux billes pour de vrai, — c.-a-d. 
que le gagnant garde les billes gagnSes. 
— Oppos6 a : Pour de rire, — jeu ou il les 
rend. || En pour, — en retour. Je veux ben te 
donner des pleumes, mais qu6 que tu me don- 
neras en pour? — pour cela, en retour, en 
^change. || Etre pour, — sur le point de. 
J'6tais pour partir, quand alle est arrived. || 
Etre pour, — travauler pour le compte de. 
Quand $a serait pour mourir, — quand je 
devrais mourir. || Quant a, pour ce qui est de. 
Ex. : Pour $a, je veux ben. — Pour illi 
c^der, je ne illi c^derai point. 

Hist. — « Quand il a H6 pour mourir, il m'a pla- 
ced chez la mdre de M lto Ang^lique. » (Marcelle 
Tinayre, La maison du picM, in, 23.) 

Pourcelet, s. m. — Petit pourceau, por- 
celet. Syn. de Porcillon, Laiton. 

Pourceline (Mj., By.), s. f. — Porcelaine. 

Hist. — Nacre de perle. « Une petite pierre de 
pourceline, entaillie a VI petits ymages, garnie 
d'or. » (Inv. de Ch. V, an. 1380. — L. C.) 

Pourehas (Mj.), s. m. — Aptitude ou pro- 
pension a 6conomiser, a Harder. On dit d une 
personne Sconome, qui ne laisse rien perdre : 
Alle est d'ein bon pourehas. Ou encore : 
Savoir se procurer les choses utiles. De>. de 
Pourchasser. Syn. de Perchas. — L'a est tres 
bref. 



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148 



POURCHASSER — POUS 



N. — Hatzfbld donne ce mot comme vieilli ; 
il est d'un usage courant a Mj. 

Pourehasser (se) (Mj.), v. r6f. — S'occuper 
activement de ses affaires. — Cest le mot fr. 
dans un sens special. — P.-£. s'Epourchasser ? 

Hist. — Employ^ comme r6fl6chi au xr 5 s. 
{Chanson de Rol.) — Au xm« s., au sens de : se 
pourvoir. « Et se porchaea de viande cil qui mes- 
tier en ot (en eut besoin). — Villehabd., 64. — 
Litt. 

Pourelai, s. m. — Le pour rial, les pour- 
ciaux ; comme le Bestial. Syn. Porchail. 

Pouree (Ag.), s. f. — Poireau. 

Pourgaler (By.), v. a. — Chasser, pour- 
suivre, presser. Je vas aller le pourgaler. Syn. 
et d. de Pergaler, Porgaler, Pringaler. || by. 
Poergaler. 

Pourlonger (Mj.), v. a. — Faire trafner en 
longueur. Ex. : Tu fais ca pour pourlonger le 
temps. Doubl. du fr. Prolonger. 

Hist. — « I/es vint et trois livrees de rente 
deseur dites et les amendes, se on de7aloit, cil 
Thomas et si hoir sont tenu a faire paier et venir 
ens sans coust et sans pourlongement. » (Cartul. 
de Saint- Jean de Laon, an. 1265. — L. C.) 

Pourmener (Lg.), v. a. — Promener. 

Pour mentor (Mj.), v. n. — Manager, 
6pargner, economise?. Le mot a vieilli. — On 
dit encore proverbialement : « Pourmente, 
Cholastique ! » — Cest p.-S. la rac. de 
Poumentage, employ^ a Chx. 

Pouronx (Lg.), adj. q. — Peureux. Cf. 
Pou, peur. Syn. et d. de Pouvreux. 

Pourpre, s. f. — Pour Croup. (M£n.) 

Hist. — « Scarlatine maligne et petite verole : 
« Seignelay mourut fort brusquement d'une ma- 
niere de pourpre. » (Saint- Simon, ix, 275. — 
Dabm.) 

Poorque (Mj.), conj. — Est souvent suivi 
de que Ex.: : Pourquk que tu me dis ca? 
(Adverbe interrog.) A moms qu'il ne soit a la 
fin de la phrase. || By. Id., et : Fourqui m'as-tu 
dit ca? 

N. — « J'voudrais ben savoir la raison pour- 
quoi. — Absolument. — « Ce qu'il (le singe) fait, 
est tout conchier et deguaster, qui est la cause 
pourquoy de tous recoipt mocqueries et baston- 
nades. » (Rab., G., x. — Jaub.) 

Pourree (Mj.), s. f. — Poireau, porreau. || 
Fig. Faire la pourrle de qqn, — conter ses 
fredaines a qui de droit. V Porree. || Le bret. 
a Pour, m§me sens. 

Hist. — t Mangeoit choux et chioit pourrie. » 
(Rab., G., i, 11.) — « Tu me reproches mon poil 
grisonnant et ne consideres point comment il est 
de la nature des pourreaux, esquelz nous voyons la 
teste blanche et la queue verde... » (Rab., P., 
in, 28, 277.) — « II (le bl6) a est6 si rare que le 
peuple a este contrainct de manger jusques aux 
tron de choux et paurite. » (1662. — lnv. Arch., 
E, n, 165, 2.) — « J. DU Bella Y, Moretum, 261 : 
c Le rouge oignon son app£tit dontait 
« Et le pourreau bien teillant. . . » 

Pourrette (Mj.), s. f. — Poireau. Dimin. 
moins usit6 de Pourrie. N. L'esp. Porreta 



signifie : Feuille verte du poireau. — Angl. 
Porret, echalote. Syn. de Porrette. — Pat. 
norm. : Pouurette. 

Pourri (Mj., By.), part, pas. — Pris adver- 
bialement, marque le superlat. : Pourri mur, 

— extrfimement mur. — Cf. Bourbb gras. \\ 
Fig. — Tres pluvieux. Ex. : Cest ein temps 
pourri. || Annul^e par une carte d'egale 
valeur. Se dit d'une carte au jeu de trot. || 
Celui qui reste le dernier a la fin d'un jeu. |j 
Jeu de Pied- pourri. V. au Folk- Lore, vn. 

N. — Dans : II est pourri bon, pourri riche, 
s'explique par compar. avec les fruits, quand ils 
sont bons et mflrs a en 6tre pourris. 

Pourrlail (Lg.), s. m. — Pourri de chdne. 
Syn. de Tabac-de-chene. 

Pourriasser (Mj.), v. n. — Commencer a 
pourrir. 

Ponrrlr (Mj., Lg.), v. a. et n. — Au jeu de 
trut : Pourrir eine carte, — repondre a la 
carte jou^e par une carte d'egale valeur. 

Pourrlture (Mj., By.). — Fig. — Canaille, 
racaille. 

Poursulver (Mj., Lg., By.), v. a. — Pour- 
suivre. Cf. Suiver. 
Hist. : 

« Que la grand grace en ton corps admirable 
t Ne me fait point poursuyvir ta mercy. » 
(G.-C. Bucher, i, 78.) 

Pourtant ! (Mj.), interj. — Eniln, tout de 
meme. Ex. : « Te vela pourtant ! » 

Pourtifagne (Mj.), s. f. — Corr. de Pour- 
tifdille. 

Pourtlfaille (Mj.), s. f. — Boustifaille, nour- 
riture, provende, victuaille. — Qqs-uns 
disent : Bournifaille, d'autres : Boustifaille. 

Pourveu que (Mj.), loc. conj. — Pourvu 
que. Cest Fane, forme franc. — On ajoute 
souvent un s paragogique : pourveus que. 

Hist. — « Des injures, dis-je, et deshonneur ils 
ne se soucient, pourveu qu'ils ayent escus en gib- 
beciere, voire fussent-ils tous breneux. » (Rab., 
P., v, 15, 511.) — Se trouve dans Montaigne, 
Amyot. 

Pons l (Sa.), s. m. — Menues pailles et 
glumes de c6r6ales que s6pare le tarare. On 
dit aussi Barbillon. Syn. de Gobier, Ballier, 
Ventin, Venailles, Piquiriers. 

Et. — Du lat. pulsum, pouss6, chass^ par le vent, 
ce serait le meme que le franc. Pouls. (R. O.) 

— « Pousse, — Poussiere de certaines sub- 
stances. B. L. Pulverem avait forme* Pourre ; 
Pous ne peut venir que du nomin. Pulvis, contre 
les regies. I.e provenc. et le catal. ont Polsos, pou- 
dreux. — Cest le d^chet de tolerance accord^ au 
vendeur (2 ou 3 %). — Hist. « Poux ; Epillons 
separ^s du tuyau sous le fl^au du batteur : « De la 
vendition des pailles, poux et fourrages apparte- 
nants a ladite granche. » (1422. — - L. C. — N. E.) 
V. Poussiirer. Etymol. 

Pons " (Sa.), s. m. — Pousse, asthme du 
cheval. — Doubl. masc. du fr. Pousse. 

N. — IjIttrA, 4* sens. — t Pousser a signing : 
respirer p^niblement. — Cf. Poussif . — Cette mala- 



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POUSfiE — POUVRE 



149 



die est caracterisee par l'essouflement, par le batte- 
ment des flancs, et particulierement par une inter- 
ruption de l'inspiration, de maniere qu'elle se fait 
en deux temps. 

Peosee (Tim.), s. f. — S'emploie dans la 
loc. : Boire a la pouske, — mode de boire et de 
s'enivrer prestement, qui consiste a poser le 
pouce sur la bouteille au niveau du liquide 
et a marquer d'avance la quantity de vin, ou 
meme d'eau-de-vie que 1 on avalera, etant 
en tend u que ce niveau devra descendre au- 
dessous du pouce du buveur. — Der. de 
Pouser, plutot que de Pouce, a ce qu'il me 
semble. Cependant cf. Pouzi, Pouzot. 



Peoser (Mj.), v. a. — Poser. 
Clous. 



Cf. Chouse, 



Hist — « Pour Stre pousie et assise... en la 
chapelle Nostre-Dame dudit prieure. » (1359. — 
/*«% Arch., 47, 2.) 

Peaslnlere (Lg.), s. f. — Les Pleiades, cons- 
tellation. || By. Poussiniere. 

Et — Ainsi dites parce qu'elies semblent une 
Poussiniere, un nombre de Poussins. L. Pullice- 
nus, dim. de Pullus. 

Peassaint (Mj.), adj. verb. — Ne se dit que 
du temps. V. Poussant. 

Poussant, c (Mj., By.), adi. verb. — Chaud 
et humide, qui fait pousser les plantes, active 
la vegetation. Ex. : II fait ein temps poussant, 
ou pons saint. || Qui pousse vigoureusement, 
en pari, d'une plante. Syn. de Venant. 

Peassarder (Mj., By.), v. a. — Pousser, 
bousculer. Syn. de Crapousser, Paufrer. Du 
fr. Pousser. 

Poasse (Mj., By.), adj. q. — Moisi, couvert 
de moisissures. Syn. de Lame, Mudi, Voiri, 
Heurdri, etc. 

Paasse-eaft, s. m. — Verre d'eau-de-vie 
que. Ton ajoute au cate. II y a ensuite la 
Kincette, la Sur-rincette, etc., etc. Ce n'est 
plus du cafe a l'eau-de-vie ; c'est de l'eau-de- 
vie au cafe. On dit aussi Bain de pied, parce 
que le liquide, debordant la tasse, baigne le 
pied de celle-ci, en se repandant dans la 
soucoupe. || Lg. — Pousse-cafi de la Renau- 
diere, — verre de vin blanc. 

N. — Je ne puis affirmer qu'il s'agisse de la 
commune de ce nom. II y a, au Lg., une ferme 
ainsi nommee. 

Paassee (Mj., By.), s. f. — Avance. S'em- 
ploie ironiquement : fa me fait eine belle 
poussle ! V. Jambe. 

Paasser (Mj.), v. a. — Pousser le sabot, — 
Avoir une chute de matrice avec saillie du col 
au dehors. Se dit des vaches. || Absolument : 
Pousser hors, — pousser a l'ecart un bateau 
qui touche la rive. By., id. || Pousser des 
colles, des carottes, — mentir. V. Carotte. \\ 
Pousser eine chanson, — chanter. || Se pous- 
ser du col, — se pavaner, prendre des airs 
importants, orgueilleux. || Pousser de la 
monnaie, — procurer de l'argent. || Pousser 
la crainte, -— intimider* || Mj., Sp. Pousser 



ein rat, ein preunier. || By. — Se couvrir de 
nuages (en pari, du temps) venant de l'Ouest. 
C'est la Bute de Nantes. (V. F.-Lore, xvi). 
« J'allons avoir de l'eau avant vingt-quatre 
heures, la mar pousse. » 

Pousslerer (Mj.), v. n. — Etre poussiereux ; 
6mettre de la poussiere. Se dit des routes, 
du foin, etc. — V. Pous. 

Et — Selon Schbleb, representerait le lat. 
Pulsum, chose frappee, trituree, moulue ; le pat 
vosg. et lorr. Chpusa, — Xpuse, est Expulsum. 

Poussleroux (Mj., By.), adj. q. — Pou- 
dreux, poussiereux. Cf. Poissoux, Pissoux, 
Morvoux, etc. 

Poussolr, poussoue (Sa.), s. m. — Gros 
bout d'une hart, que Ton introduit dans la 
boucle pour serrer le fagot. Syn. de Pouzier. \\ 
Lg. — Tige de bois qui sert a pousser les 
balles d'un canon de sureaii. — Syn. de 
Faquoir. \\ Fu. — C'est le manche, garni d'un 
bourrelet qui sert de piston dans le jouet 
d'enfant qui s'appelle : Flute, Chiquoire. V. 
Bonde. 

Pouteau (Mj., By.), s. m. — Poteau. — 
N. Le poteau est un trou. Der. de Pot. — 
Pouteau der. de P6u 

Pouvere (Mj., By.), adj. q. — Pauvre. 

N. — II est a remarquer que Tadj. ne prend cette 
forme, a inflexion caressante, que lorsqu'il s'em- 
ploie pour marquer la commiseration. Ex. : Mon 
pouvire gas, que t'as grand mal ! — Dans le sens 
de : indigent, on emploie le mot fr. Ex. : Cete 
pouvere bonhomme-la, il est ben pauvre ! 

Pouvertt (Mj., By.), s. f. — Pauvrete. Ex. : 
C'est misere et pouverti. — R. Ce mot a 
vieilli. V. Pouvlre. — Angl. Poverty. — Se 
rapproche plus du lat. Paupertatem. Doubl. 
de Pauverd. — Pat. norm. PauvertaS. 

Pouvertoox, ouse (Mj.), adj. q. — Pauvre, 
indigent. V. les precedents. 

Poovlr, pouvi (Sp.), v. n. — Pouvoir. 
Vieilli. 

Et. — D'une forme lat. Potere, premier e long, 
au lieu de posse, justifie par le B. L. poteret, pour 
posset ; potebat, pour poterat, etc. — La forme 
anc. est : pooir. — ix* s., savir et podir, savoir et 
pouvoir. (Serments de Strasb.) 

Pouvraliloux, ouse (Lg.), adj. q. — Syn. 
de Cendrdilloux. Sablonneux et maigre, en 
pari, d'un terrain. 

N. — Les terres pouvraillouses, uniquement 
formers de debris de granit, et a peu pres depour- 
vues d'ar^ile, ne sont q^ue trop communes sur les 
coteaux de la Sevre. S'imbibant tres difficilement 
a la piuie, mais s^chant, en revanche, des le pre- 
mier coup de chaleur, elles ne sont propres qu'a la 
culture du seigle et du ble noir. l^es navets memes 
y r^ussissent rarement 

Pouvre (Mj., By.), adj. q. — Pauvre. 

Hist. : 

« Pouvre je suys, et n'ay que lui envoye 

« Dont elle feist compte de trois pruneaulx. * 
(G.-C. BUCHER, 46, 107. V. 26, 94: 218, 216: 61, 114) 
— « Moult ai d'amis, mais pouve sont li don. » 
(Vers d'une chanson composee par Richard- 



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150 



POUVRE — PRECIMI 



Cceur-de-Lion. — J. Bodin, t. I, p. 317. — Rech. 
hist.) 

— « Pour ce que ung nomine" Franczois de La 
Orue, qui est ung pouvre gentilhomme puisne\ et 
n'a que tres peu. » (1406. — Inv. Arch., E, 159, 1.) 

— « II veut que le reste de ses biens soit employ^ 
c a marier paouvres filles ou Ton verra l'aulmonne 
estre bien employee, a pouvrea honteux, et autres 
ceuvres de piete\ » (1528. — Id. — G, 51, 1.) 

Pouvre (Mj., By.), adj. q. invar. — Pauvre, 
malheureux. Autre forme de Pouve>e ; 
s'emploie dans le m£me sens. Par abr6v., on 
dit aussi Pou. Mon pou petit gars ! — Cf. 
angl. Poor. 

Pouvrete (Mj.), s. f. — Pauvre te. 

Hist. . 

« Doulx et plaisant jadis me fust l'elude, 
« Mais pouvrete dure et espouvantable 
« Me faict trouver 1'escole austere et rude. » 
(G.-C. Buchkr, 161,177.) 

— « Je pense qu'il lui coustera bon, dont il se 
passast bien, en la pouvretd ou il est. » (Rab., 
lettre A M. de Maillezais, 611.) — « Le pals est si 
endommaige et cheu en si grant destraice et 
pouvretS que plus n'y ha. » (1321, Inv. Arch., 
H, Sup., 1,2.) 

Pouvreux, euse (Auv., Z. 146), adj. q. — 
Peureux, ombrageux. Ne se dit que des che- 
vaux. V. Aparcevant. Syn. et d. de Pouroux. 
Lat. Pavorem. 

Poux. — V. Pous. 

Poiiy (Jum.), s. m. — Le puits. V. Pouits. 

Pouze, Pouzai (Lg.), s. m. — Persicaire. 
Syn. de Sauleau, Pied-rouget. 

Et. — Du fr. Pouce, parce que la feuille est mar- 
quee d'une tache noire que Ton compare a l'em- 
preinte d'un pouce. Cette 6tymol. m'a 6te" donn£e 
spon tankmen t par l'indig^ne qui me nommait la 
plante. Syn. de Morchenau. 

Pouzler (Mj., Lg.), s. m. — Le boat d'une 
hart, ou rdrte, oppose a la boucle, et que Ton 
engage dans celle-ci pour Her le fagot. Syn. 
de Poussoir, Mdgnan, Mdillant. 

Pouzot, pouzote (Mj.), s. m. — Le pouce. 
Terme enfantin ; s'emploie sans article. Syn. 
Pouqoi, Peucot, — N. Pour les b6b6s, les 
doigts sont : Pouzot, Lichepot, Longie, Mala- 
chie et le petit Riquiquit. 

Poyer (Mj.), v. a. — Payer. || By. Po6-yer. 

Hist. — « Poye* pour cause de la pouvrete des 
pouvres gens. » (1441. — Inv. Arch., S., s., H, 
52, 2, 19.) 

P'pa (By.), s. m. — Papa. Comme M'man, 
pour Maman. Mj., id. 

Pr& (Mj., By.), s. f. -- Mechante bete, 
p6core. S'adresse comme injure aux animaux 
et parfois aux personnes. Ex. : Grand pro, ! 
a' n'affilera pas ! || Au plur. Menus debris de 
toute sorte que, pendant les inondations, 
I'eau eharrie et depose sun tous les points de 
sa ligne d'affleurement. Syn. Lenfoue. || Lue. 

— Rosso, — Mauvaise bSte, ou mSme femme. 
|| Pat. norm. Pra, mauvais cheval. V. Pimon- 
terie. 

Et Prd est le fr. Proie, comme Cld et Vd 



sont les noms Cloie ou Claie et Voie. I>es debris que 
rejette l'eau sont une proie pour certains animaux, 
et parfois pour l'homme, qui, de tout temps, a 
exerce le droit d'^pave. Les cadavres d'animaux 
sont au nombre de ces debris, et les brunettes 
n'elaient, jadis, que trop communes dans les eaux 
de la Loire. De la le sens que j'ai indiqu£ le pre- 
mier et qui, logiquement, n'est que le second. 
A Mj., on traite un animal de Prd comme a Sp. on 
le traite de Quirte. Dans les deux cas, l'invective 
signifie proprement : charogne. (R. O.) 

Et. et Notes. — « Praeda (proie), on a dit 
Prada. » (D. C.) — c Pras, s. f. Se dit d'une fille 
de mauvaise vie : « C'est une pras ! » Ou bien 
encore d'une femme qui n'a pas de tenue, qui se 
neglige, qui est sale, fain^ante. » (Orai*?.) — Pr&e 
(pra). Personne detestable de caractdre, mechante. 
C'est le mot : proie employe" comme injure. On est 
vite porte a comparer une mechante personne a la 
nourriture des oiseaux de proie, laquelle consiste, 
ordinairement, en viandes gate*es, charogne, etc. — 
Came, mauvaise bdte, animal use\ » (Daonet.) — 
Memes explicat. dans Dottin, de Montesson ; 
cependant, ce dernier le tire de pravus et renvoie 
a Raynouard, Prau. Malvezin : Ne peut venir de 
praeda que pour le sens. 

Prairayer, v. a. — Travailler dans les prai- 
ries, les pr6s. (Men.) 

Pratique, pra-qui-que (Mi , By.), s. f. — 
Pratique, usage. || Client. || Clientele. |! Fig. — 
Viveur, noceur, d6bauche\ Ex. : Ce gars-la, 
c'est eine grande pratique. Syn. de Souane. 

Et. — Lat. practica ; d'un mot grec : capable de 
faire. 

Prau (Sim.), s. m. — Dindon male. (Men.) 

Pre (en) (Lms., Z. 196). — Pres de. Mauvaise 
graphie de Empres. 

Preambules (Ag., By.), s. f. pi. — Explica- 
tions qui n'en finissent plus. « As-tu bentout 
fini tous tes pr&ambules? » Sens un peu diffe- 
rent du francais. 

PrecGder (Lu6). — Absolument : Mourir 
avant qqn. 

Hist. — t S'il vient (Ren6 Chardon, homme de 
labour) a les prMder (ses maltres), ils s'obligent a 
le faire inhumer. » (R. de ia Perr., Lue\ 2** part, 
p. 85.) 

Prechement (Vm., By.), s. m. — Preche, 
predication, sermon. 

PrScher l (Mj., Mg.), v. n. — Pe>orer, dis- 
courir. || Tf., Lg. — Causer, converser. Ex. : 
J'6tions tous deux a pricker a la cloie <lu 
champ. || Precher la vie de St H6b6tant, — 
ennuyer les gens de ses discours. By., id. \\ 
On dit proverbialement d'un viveur qui donne 
de bons conseils : C'est le diable qui preche 
la Passion. || A Tc, on pron. Precher, 6 
ferme, assez bref. || Pat. norm., id. 

Preeher » (Fu., Z. 196), s. m. — Parler, 
langage. Ex. : Je ne comprends ren a son 
precher. 

PrScheur (Lg.), adj. q. — Causeur. Ex. : 
A n'est pas precheuse, mais a n'est pas pus 
sotte qu'ine autre. 

Precimi, le (Z. 137, 134, Q., By., Do., Mj.) r 
adj. q. — PrecipitS, subit, impr6vu, qu 



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PRECIPITER — PREPOSITION 



151 



laisse peu de temps pour se retourner. || 
Rapproche\ en pari, du temps. (Q.) 

Et. Hist. — « Cipricimi. Ce mot est compost de 
quatre mots, ci-pris, ci-mis, comme qui dirait : 
en ce lieu pris, en ce lieu pendu. » R. Estienne, 
Gr. fr., p. 87. — Gy. — Se disait pour : maintenant. 
De ia cette expression : cy pris, cy mis, pour : sur- 
le-champ, sans perdre un moment : 

a Et commanda que tout souldain 
a Cy pris cy mis on chappelast 
a Cinq ou six douzaines de pain 
« Et que bientost on se hastast. » 

(Villon, Rcpucs fr.) 
— « Pour parler plein, elle se delivra, ci prins, 
ci mins apres cette derniere course, d'un tres 
beau fils. » (L. XI, 29* now. — N. E. — L. C.) 
V. Press imi. 

freeipiter (Mj., By.), v. a. — PrScipiter 
qqn, le hater, le faire se hater. 

Pre4asser (se) (Segr.), v. r6f. — Corr. ew'i- 
dente de se Prelasser. 

Et. — Montuone a dit : se prelater, marcher 
comme un prelat, L. praelatus. 

Pre> (Mj., Lg., By.), s. f. — Prairie. Forme 
femin. du fr. Pre\ || Sal. Grande prairie non 
divis6e par des haies. 

Et. Hist. — Pre, au masc, repres. Pratum ; 
pree, au fem., represented plur. neutre Prata, sui- 
vant Tusage de la langue, qui, du plur. des noms 
neutres faisait des fern. sing. — Noms de lieux : 
Pree-vallee, etc. 

Pr6c (Mines de la) (Chi.), s. f. — Mines de 
houille, situ^es dans les vastes prkes ou prai- 
ries qui s'<Hendent entre le grand bras de la 
Loire et le Louet. 

N. — Elles appartinrent longtemps a M. de 
Las-Cases. Un fait historique important s'y rat- 
tachc. Lorsque M. de Las-Cases voulut faire creu- 
ser le premier de ces puits, tous les ingenieurs qu'il 
appela furent arrtHes par une difficulty alors invin- 
cible i il fallait, pour trouver le roc, traverser une 
epaisse couche de sables aquiferes. C'est a cette 
occasion que l'ingenieur Triger inventa le foncage 
par caissons a air comprime, qui a fait un si beau 
chemin dans le monde. Cet inventeur de genie 
devrait avoir sa statue a Chalonnes. (R. O.) 

Hist. — « Plan d'un accroissement de greve. 
joignant et attenant a la pree des Gatineaux, 
paroisse de Rochefort. » (1708. — lnv. Arch., 
H, i, p. 153, 1.) — « Sepulture de Ouillaume 
Rocher, trouve mort dans la pree d'Aloyau et 
au'on dit avoir ete etoufTe par la ohaleur. » (Id. -— 
1707. — S, E, sup. A., 123, 1, b.) — N. Ailleurs : la 
pree de Loiau (1723. — E, n, 199, 1.) 

« L'honneur des champs et des prees. » 

(J. DU BELLAY, Ode pastorale, 134.) 

Prefen, s. m. — V. Sanguin cornouiller. 
(M6n.) Bat. I'appelle Bois punais. 

Pre me, Preume, — Pour Premier. Abrevia- 
tion dont se servent les enfants dans leurs 
jeux : Preume, Seg, Dergn, Avant dergn, pour : 
je demande a jouer le premier, le second, le 
dernier, l'avant-dernier. Cest k qui pronon- 
cera ces mots le premier. By., id. 

Premier (Mj., By.), adj. num. ord. — Loc. 
adv. — En premier, — tout d'abord. Ex. : 
J'ai cru en premier que c^tait ielle. — Et 
mfcme absolument : .Qu'est-ce que nous 



mangerons premier? (Tg.) — Voir Du Bel- 
lay, Defense, p. 10, ch. v. || Dans le premier, 
— meme sens. || Dans le premier que, — dans 
les premiers temps que. Ex. : Dans le premier 
que j'avons ieu noutre jument, a n'Stait 
point mechante. || De premiere, — parfai- 
tement, admirablement. Ex. : II te l'a bais6 
de premiere. \\ Etre de premiere, — de qua- 
lit6 parfaite. On dit proverbialement : C est 
de premilre, comme les marmottes a Ces- 
bron. — Ce Cesbron 6tait un riche Spicier de 
Mj., mort il y a quinze ans, qui, en chinant, 
allousait de la sorte ses marmottes. || £a va 
de premiere, — tres bien. Ellipse d'un mot : 
facon ou autre. || By. Id., et m§me Lumero 
d'promiere (bien accentue), plus que parfai- 
tement. || Premier que de, — avant de (Lg.). 
Hist. — (A la suite d'un coup de foudre). « Ont 
estez plus d'un moys premier que d'en estre 
guery . . . » {lnv. Arch., E, S., s., 385, 2.) 

Premier de Tan. — Souhait usuel de bonne 
ann6e : Je vous souhaite eine bonne ann6e, 
eine bonne sant6 et le paradis a la fin de yos 
jours. (By., etc.) || A Mj. - Id., mais : eme 
parfaite sante\ 

Prend-maln (Mj., Lg.), s. m. — Asperule a 
grandes feuilles, plante de la famille des 
rubiginSes, a feuilles opposes deux a deux. 
Ainsi nomm6e parce que ses feuilles ru- 
gueuses s'attachent a la peau. Syn. de Herbe 
a la chlvre, Herbe au sang. 

Prendre (Mj.. By.), v. n. et a. — Absolu- 
ment : Manger, boire, avaler. Ex. : J avons 
ein bon petit gorin, il prend ben. || Prendre 
racine, s'enraciner. Ex. : All' aura ben du 
mal a prendre, ta girouftee. || Juger, estimer, 
croire. Ex. : Je ne l'ai pas ben connue, mais 
j'ai pris que c^tait ielle. — De loin, j'ai 
pris que c'etait ielle, mais, apres, j'ai ben 
vu que je m'etais trompe\ || Commencer. 
Ex : Leux pre" prend d'empar icit jusque-la. || 
Absolument : Epouser. Ex. : Pisqu'il Ta 
enguernousie, il devrait ben la prendre. \\ 
Prendre son rire, ou son ris, — se mettre a 
rire. (Gf. La Fontaine, VOurs et les deux 
Compagnons : tenir son vent, retenir sa res- 
piration.) || Prendre sa decampe. \\ Prendre en 
bien, en mal, — prendre en bonne, en mau- 
vaise part. || Prendre au grous. V. Grous. \\ be 
prendre, — agir, travailler. Ex. : Cest em 
petit gars qui se prend ben. 

Preneux (Mj., By.), s. m. — Preneur. || 
Epouseur. Ex. : A trouve pus de galants que 
de preneux. 

Prepare* (Mj., Lg., By.), s. m. — Ne s'em- 
ploie qu'au pluriel. PrSparatifs. Ex. : J ayions 
fait de grands prepares pour les recevoir. — 
lis en font des prepares pour recevoir a 
nocee ; tout est par les places. — C est le 
part, pass., employe" comme subst. || Part, 
pass. Ex. : Le forment est ben prepare, — la 
r6colte s'annonce bien. 

Preposition (Z. 179), s. f. — Proposition. 
Ex. : Se faire la preposition, — se proposer 
de faire qqch. 



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152 



PRfiS — PREVAIL 



Prts (Mj., By.), loc. adv. — Pr6s a pr6s, 
tres pr6s Tun de l'autre. Ex. : Tas plants tes 
choux ben pris a pris. Tes ceps sont trop 
pris a pris, || Eter pris de ses inte>§ts, — 
§tre inte>esse\ || Avoir la tSte pris du bonnet, 

— §tre vif, irascible. || Mj., Lg. — Adj. q. 
invar. — Proche. Ex. : (Test nous pus pris 
voisins ; je sommes ben pris parents. || Pas 
pres. — Pas a beaucoup pr6s. Ex. : J'n'avons 
pas pris tant de grain que Tan dernier. 

Presarver (Mj., By.), v. a. — Preserver. 

Presquement (Mj.), adv. — Presque. Cf. 
Tandiment. 

Et. — Presque= pres que ; — pres que cent ans, 
pres de cent ans, et puis les deux mots se sont 
agglutines. (Schel.) 

Pressant (Lg.), adj. verb. — Presse, vif, 
alerte. Ex. : II n'est pas pressant, le gars ! Syn. 
de Dimarrant. 

Presse (N'y a pas) (Mj., By.). — Se dit 
a propos d'une chose d&agre'able ; personne 
ne se pr6sente, ne s'empresse a la faire. || 
Presse. — jeu d'enfants. V. Folk-Lore, vn. 

Presser (Mj., Lg., By.), v. n. — Avoir 
hate, avoir 'un besoin urgent de. Ex. : Je 
pressons de partir. Syn. de Chomer. 

Presses (Lue\, By., Mj.), s. f. — Ne s'em- 
ploie qu'au plur. — Armoire. — Le mot a 
vieilli. || Etre dans les basses presses, — §tre 
accroupi tres bas ; §tre tres bas dans ses 
affaires ; §tre dans le 36 e dessous ; £tre a fond 
de cale. — Cette loc. a vieilli, mais elle est 
encore en usage. — Cf. l'angl. Press, — 
armoire, placard. 

N. — Presse (garde-robe, Shkrw et Palsgr), 
s. f. Espece d'armoire basse (sa hauteur excede 
rarement t ra 50), a 2 vantaux, au-dessus desquels 
sont 2 tiroirs. Ce meuble ne se rencontre guere 
maintenant que dans les campagnes. Comme il 
est depourvu de tablettes. on y suspend des vOte- 
ments. (Moby.) 

Presseur (Ag.), s. m. 

Hist. — « V. Ch. presseur en confection, et. . . » 

— Publications de mariage. (A. de P., 15 sep- 
tembre 1907, 3, 2). 

Press! mi. — V. Pricimi.{ — Ex. : J'ai pas 
pu prendre le train, c'6tait trop pressimi, — 
trop presse\ le temps m'aurait manque*. 
(Do., By.) 

N. — En Saintonge : Pris su mis. — Poitou, id. — 
Chose prise aussitdt que mise. 

Prestimonie. — Vx mot ang. 

Hist. — « Mathurin Lefort, prestre, chappelain 
de la prestimonie de l'6cole desservie en l'6glise de 
Corze". . . » (/m\ Arch., t. Ill, E, S., s., 268, 1.) — 
Suivant du Cange, e'est un be"n6fice avec quelque 
charge ; en cela, il differe du benefice simple, qui 
n'a aucune charge ; on peut entendre par prestimo- 
nie un revenu annuel destine a nourrir un pretre 
sans aucun titre ecclesiastique. V. Du Canoe, 
Praestimonium. 

Presumatlon (Lg.), s. f. — Pr6somption, 
supposition. 

Et. — Deriv6 tres regulier du fr. Pr&umer, qui 
lui, est mal formal 



Pr6t (Mj.), s. m. — Etat, disposition de 
celui qui est pre"t. — Ex. : Crais-tu que je vas 
attendre ton pret ben longtemps? 

Pr€te (My., Mj.), s. f. — Osier, et surtout : 
osier fendu. Syn. de Plon, Oisie. || S. m. 
Mauvaise pron. de PrStre. 

Hist. — « Preste. — Branche d'osier refendue, 
servant a lier les cercles des tonneaux. a {Revue 
d'Anjou, — aout 1883.) — Au 2" sens : « Pretes 
sont gens. » Prov. norm. Les prf'tres sont exposes 
a i'erreur et aux de7 alliances. » (Moisy.) 

PrWf (Mj., By.), s. m. — C'est ein prete 
pour ein rendu, — se dit d'une riposte. 

Pretendu (Mj., By.), s. m. — Fiance*, futur 
6poux. || Pr^tendue, fiancee, future Spouse. \\ 
Mattresse. Syn. de Bonne. 

Prefer (Mj.:. — Absolument : En preter, — 
avoir des complaisances coupables, en pari, 
d'une femme. Ex. : A passait pour en preter. 
V. Beurre. 

Premier l (Mj.), s. m. — Petit outil de bois 
qui sert a fendre en trois les brins d'osier, ou 
pretes. 

Premier * (le) (Mj.), s. m. — Norn d'un pre\ 
au quartier des Ouches, au bord d'un petit 
ruisseau, pr£s de Montauban. Cest le terrain 
que j'ai vu vendre le plus cher, 540 fr. la bois- 
setee de 6 ares 60, vers 1890. 

Et. — Ce nom semble indiquer qu'il y eut 14 
une Oseraie. — V. Prete. 

Preu (Lpz.), s. m. — Pre*. 

Prenm. — V. Prem. Cf. Cateprome. 

Preune (Mj., By.), s. f. — Prune. Cf. 
Leune, Pleume (Li., Br.) 

N. — A signaler, parmi les anciennes especes de 
prunes, celles de : Monnoir, Blourde, Mars- 
violette, Petit- pineau, Sainte- Catherine. Syn. et d. 
de Peurne. 

Hist. — o Les bleds et autres fruictz feurent si 
rares que le sourceneau de preunes feut vendu 111. 
10 s. » (1661. — lnv. Arch., S., s., E, il, 165, 1, b.) 

Preunelie (Mj., By.), s. f. — Prunelle. Syn. 
de Pruneau. || By. On prononce plutdt : 
Prenne, prennelle, prennelier, prennier, 
comme Lenne, pour lune. 

Preuneliier (Mj.), s. m. — Prunellier. V. 
E pine- noire. 

Prennier (Mj., By.), s. m. — Prunier. || 
Sp. — Prennier d'ane, — espece de prunier 
qui donne de grosses prunes noires. || Sp. — 
Fig. — Pousser ein preunier, ou ein preunier 
d'ane, — bouder, pleurnicher. Syn. de Pous- 
ser ein rat. Syn. et d. de Peurnier. 

Preuve (Mj., By.), s. f. — A preuve que, — 
la preuve que, — ce qui le prouve, e'est que. 
V. Jaub. 

Prevail, ou Pervall (Tim., Sp.), s. m. — 
F£te patronale, assemble, kermesse. Syn. de 
Frairies. 

Et. — Favre le tire du celt, prad, prairie, et 
vad, plaisir. — Assembled champ A tre, foire de 
gagerie. Vi Pe'rvaili Priveih _^ un ^^j __ : 



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PRfiVALOIR — PRO 



153 



Pre?aUir (Mj., By.). — Se faire prevaloir, 

— primer, se flatter. Ex. : II dit ca pour se 
laire prlvaloir. 

Prevell, Parvell (Cho.), s. m. — Lieu ou 
plusieurs communes continent. Au parveil de 
La Seguiniere. N. Cependant V. Prevail. 

Et — Probablement de pre", avant, et veille ou 
teillee. (Litt.) — De pervigilium, dit Manage. — 

Hist.: 

« Je fus ainsi quelque espace de temps, 

< Avec bergers me donnant du bon temps ; 

< Qui sont ioyeux, et n'ont d'autre sommeil, 
« Quand le bruit court, que trouver le Preveil. 
« La ou se voit de Oastines les perles 

« Plus plaisantes et rejouies que merles, 
c Tant bien dansant au son des cornemuses. » 
[(Jacq. du Founxoux, Poitou.) Menage. 

Priement (Mj., By.), s. m. — Invitation 
instante. Ex. : N'y a pas besoin de priement, 

— n'insistez pas ; Nanni, Marcit ! 

Mer (Lg., Mj., By.), v. a. et n. — Inviter. 
Ex. : Prier des noces. — N. Mais on dit : 
Avartir d'un enterrement. || Lg. — Prier le 
bon Dieu, — se dit d'un cheval qui tombe sur 
les genoux. 

Prieux (ML Lg.), s. m. — Celui qui invite 
4 des noces. Ex. : J'avons des prieux de noces. 
Syn. et d. de Prioux. 

Primaad-e (Lg.), adj. q. — Precoce. — 
Syn. et der. de Prime, Jouaneu || Mj. Celui qui 
est en avance dans son travail. Inusite, sauf 
dans un proverbe. F.-Lore, xvn. 

Prlmaate (Chi., By.). — Primeur. (Men.) 

Prl«e (Mj., By., Ag.), adj. q. — Precoce, 
hatif, qui est mur de bonne heure. Syn. de 
Primaud, Jouanet. || Matinal, qui arrive t6t. || 
s. f. La prime, — la premiere heure. || A la prime, 

— de bonne heure, dans la saison. Ex. : 
J'arai des pois a la prime. — Le commence- 
ment de la saison. Ex. : Les patades, c'est 
bon k la prime. || Priority, anteriority. Ex. : 
La prime vaut deux. Prov. || Primaute 
(Mj., Lg.). Precocity ce qui se fait en pre- 
mier lieu, Favance. 

Hist — 2* quinzaine (de septembre). Recolte 
des poromes de terre primes. 

{Bulletin de la Soctttf industrielU etagricoledAg., 
septembre 1907, 343). 

Prime d'anglalse. — Prime donnee a tout 
ouvrier qui (tepasse la tache qu'il doit ac- 
complir dans la facon de cette sorte d'ar- 
doise, qui est la plus difficile a faire. (Z. 141.) 

Prlno d'abord (By.). — Premierement. 
Le 2« mot, fr., est la traduct. du premier, qui 
est latin. II y a done \k une tautologie. Tres 
usite. On ajoute meme : et d'une. j| Mj., id. 

Princeresse (Mj.), s. f. — Princesse. Syn. 
de Princese. 

Prineese (Mj., Lg.), s. f. — Princesse. 
Syn. de Prineeresse. Se dit jusqu'aux Sables- 
d'Olonne. 

Prieelpal (Mj.). — » M. le principal. C'est le 
pain. Cf. M. Hardix 



Principe (Mj., By.), s. m. •— Regie de 
conduite, habitude. Ex. : C'est ein mauvais 
principe qu'il a la d'engueuler le monde 
quand il est soul. || Du premier principe, — 
tout d'abord. Ex. : Du premier principe, je 
ne comprenais point ce qu'il voulait me dire. 

Pringaler (Lg.), v. a. — Pourchasser, sur- 
tout a l'aide d'une gaule ; chercher k eflfarou- 
cher. Syn. etd.de Pergaler, Pourgaler. 

Et. — Probablement pour Perringaler, der. de 
Ringale. (R. O.) 

Prins (Mj., By.), part. pas. — Pris. Ex. : 
Je l'ai prins comme je l'ai mins, — je l'ai 
retrouv6 ou je l'avais mis. N. Qqs vieux di- 
saient encore ainsi il y a cinquante ans. C'est 
le vx fr. — Pat. norm., id. 

Hist. — « Dont au mesme instant lad. Bridault 
fut prinze et minze prisonniere. * (1618. — Inv. 
Arch., S.,s., E, 196, 1, m.) 

Priole (Mj.), s. f. — Prieure. Ex. : La 
prioli de Cheteaupanne (Chateaupanne). 

N. — Ce mot, que Ton prononce a Montjean : 
p^riole, se retrouve a St- Aug., et tou jours au femin. 

— II est probable qu' autrefois on le faisait indifTe- 
remment des deux genres, comme Comte, Duche. 

Hist — « Vendent a Robert de la Plesse, 
« prioul de Qoyz, tote lor partie et lor porcion de 
terrage, de deisme de bl6 et de vin. » (1296. — 
Inv. Arch., H. I, 54, 2.) — « Ce sont les demaignes 
et les rentes et les revenues appartenant au prioulU 
de Change-aus-Moines. » (1300. Id., ibid., 66, 1.) — 
« Une pyece de terre arable... au f£ (fief) de la 
priousH de Meral. » (1295. — Id., 8., H, 267, 2, b.) 

— « Frdre Eudes, prioul jadis dou dit prioult, 
avoit find des dites chouses o homme de bon m£- 
moere nostre chier pdre. . . Ce fut done a Laval. . . 
en Tan de grace mil troys cenz et un. » {Id., ibid., 
272, m.) — c Marie Kainfs, damoiselle de la nation 
anglaise, passant par cette paroisse, est accouchee 
a la prieurte. » (1658. — Id., S., E, 29, 1, b.> 

Prfoux, Prieux (Lgi), s. m. — Celui qui 
prie, qui invite, aux noces. Ex : J'avons ein 
prieux de noces. Prieux se dit a Mj. 

Prise (Mj., By.), s. f. — Prise de corps, — 
lutte, et, au fig., syn. du suivant. || Fig. — 
Prise de bee, de corps, — altercation, dis- 
cussion aigre, echange de gros mots ; rixe. || 
Eter d'eine grande prise de, — en prendre 
avec exces, se montrer tres avide de. 

Prisoux, Prise ux (Lg., By.), s. m. — Celui 
qui prise, — du tabac. — N. Priseux se dit 
aMj. 

Priver (Ag., By.), v. a. — Apprivoiser. N. 
A Mj., Appriver. \\ Mj. Faire souflfrir d'une 
privation. Ex. : Qsl me prive ben de ne jamais 
les voir. 

Prlvolee (Lg.), s. f. — S'emploie dans la 
loc. adv. : A la privolee, — au hasard et avec 
force. Ex. : Je l'ai jet6 a la privoUe. Pour : 
pirvoUe, de>. de Pirvoler. 

Pro, s. m. — Profit utility. 

Et. et Hist. — t Preu. C'est un vx mot inusite 
qui signifle : profit, utility... II vient de Tital. : 
pro, m. s. et qui a 6t6 fait par contraction, de : 
profeetus* 6e mot Pro s'est aussi dit en fr., et nous 



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154 



PROCAUTION - PROU 



disons encore aujourd'hui : Pro vous fosse, pour 
dire : Bien vous fasse. Et, en Anjou, les enfants, 
apres les Graces qui se disent a la fin du disner et 
du souper, disent : pro fasse mon pere et ma mtre. » 

(MANAGE.) 

« Et ce ne fu de rien son pro. » 
(Plainte du roi d'Anglet. contre le cte de Leicester.) 

— Prod (prodesse?) : 

« Mult grant prod i aurez. » {Pol., 699.) 

— Prou, « Prou vous fasse » est un salut aue l'on 
fait.au sortir de table aux convtes, en sounaitant 
que ce qu'ils ont mange leur profite ; proficiat. 

« Item quand serez invite 
« De disner en lieu ou en place, 
« Vous, pour le benedicit£ 
a Direz a chacun, prou vous fasse. * 
(Am. rendu cordel., 573. — L. C.) 

— « Bon prou vous fasse. » La Fontaine. Le D r A. 
Bos fait venir de prod-esse les 3 sens : 1° profit, 
utility ; 2° preux, vaillant ; 3° assez, suffisant, 
beaucoup. — Prod — est, il est pro, il est utile. 

Proeaution (Mj., By.), s. f. — Precaution. 
Etre de proeaution, — £tre precautionneux, 
avoir de la pr^vovance. Cf. Profet, pour Pr6- 
fet. 

Proeautionner (se) (Mj., By,), v. ref. — 
Se munir. Ex. : Je m'6tais procautionnk d'ein 
b^ton. || Retenir. — lis s'elaient procau- 
tionnis d'eine voiture. 

Proees, s. m. — On envoie un proces, pour : 
On fait adresser par le juge de paix une invi- 
tation de comparaitre, ou une assignation. 
(M£n.) Mj. Relever ein proces, — en appeler. 

Procession (Mj.), s. f. — Dans : La langue 
m'en va en procession, — j'en ai une fringale. 

— Syn. de : Je les vois courir. On dit, par 
ex. : Les fraises, je les vois courir ! — j'en ai 
une fringale. 

Proehe (Mj., By.), loc. prep, dans : Au 
proche de, — aupres de, dans le voisinage de. 
|| Pr6p., pres de. Ex. : C'est proche Le Mesnil. 

Procheun-eune (Mj., By.), adj. q. — Pro- 
chain. Ex. : Ce sera pour le mois procheun, 
pour l'ann6e procheune. 

Proeheunement (Mj., By.), adv. — Pro- 
chainement. 

Prodnlre (Mj., Lg.), v. n. — Profiter, se 
d^velopper, grossir, — en pari, d'un animal 
ou d'une plante. 

Professions. — On dit : un homme de 
pierre, pour : un tailleur de pierre ; un homme 
de bois, pour : un charpentier, etc. (M£n.) 

Profet, Profecture (Mj.). — Prefet, Pre- 
fecture. Corr. des mots fr., par confusion 
avec le mot Prophete. — J'ai entendu : Nul 
n'est profet en son pays. Cf. Proeaution. 

Profit (Mj.), loc. adv. — A profit, — tres, 
fort, extremement. Ex. : Alle est sale & 
profit, cet6 Marie-trois-chausses-la ! 

Profonde (Mj., By.), s. f. — La profonde, 
poche de vehement considered comme ser- 
vant de bourse. Syn. de Fouillouse, Mallette, 
Pochette. Ce vocable, tire" de 1* argot, se dit en 
plaisantant. 



Profiter (Lue\ By.), v. n. — Crottre, deve- 
nir robuste, prendre de Tembonpoint. « Nout' 
petit gas a ben profitk c'printemps ; e'est pas 
comme nout 1 grain, i n y profite pas. — Qqf., 
proufiter. 

Progres (Mj.), s. m. — Succes. S'emploie 
en ce sens dans la loc. : Faire ein joli progres, 

— r6ussir. Se dit surtout par antiphrase et 
ironiquement. 

ProII (Tim.), s. m. — Fort morceau de bois, 
de 2 m 50 a 3 m de long, qui sert a rattacher 
le joug avec l'avant de la charrue, en passant 
entre les boaufs. II recoit la tratoire ou ire- 
toire et porte la prouillere. C'est le meme 
organe qui s'appelle ailleurs, et meme a Tim., 
Croc. On pro nonce en une seule syll., en don- 
nant a To le son qui lui est propre. Syn. et 
d. de Proueil. 

Prftiilere (Lg.), s. f. — V. Prouillere. 

Promener (Mj., By.), v. a. — Pourchasser, 
poursuivre, au pr. et au fig. || Malmener, 
faire souffrir. Ex. : II avait eine maladie qui 
te l'a promeni ! 

Promenenx (Mj.), s. m. — Promeneur. 

Promettre (Mj., By.), v. a. — Certifier, 
assurer. Je vous promets que c' est ben vrai ; 
je vous promets que e'est pas moi qu'a fait 
ca. || Fig. — Promettre le beau temps, — par 
antiphrase, faire des menaces. || Promettre 
pus grous de beurre que de pain, — faire des 
promesses exage>6es, que Ton ne pourra pas 
tenir. || En promettre, — faire des menaces. 

Promler-ere (Mj., By., Z. 203), adj. num. 
ord. — Premier. V. ce mot. || De promiere, — 
de premiere quality, supe>ieurement, Ex. : 
C'est eine bete de promise. — Faire ein repas 
de promiere. (L. M.) || En promier, — au 
d6but, en commencant. || Du promier abord, 

— tout d' abord, premierement. 
Propos discordants. — V. F.-Lore, vn. 
Propous (Mj., Lg.), loc. adv. — A propous, 

— a ce sujet. Cf. Repous. 

Prepouser (Mj., Lg.), v. a. — Proposer. 
Cf. Appouser, Repouser. 

Hist. — « Sans au probleme propousc repondre. » 
(Rab., P., iv, 11,376.) 

Proprio (Mj., Lg.), s. m. — Le proprtetaire. 

Prostarner (Mj., By.), v. a. — Prosterner. 

Protestations (By.), s. f. pi. — Presta- 
tions. Cf. Almentations. 

Proto (Lg.), s. m. — Mercure, vif-argent. 
Ce mot est du langage des anciens megeil- 
leurs ; les jeunes gens ne le connaissent plus. 
V. F.-Lore, in, Proteau. 

Prou (Lg., Sar., My., Le., By.), adv. — 
Assez, suflisamment, — et non : beaucoup, 
comme en fr. — Tant que e'est prou, — taut 
que e'est assez. || Sal. — « C'est barchoitse 
pour celui qui en a prou ! » — Belle affaire 
pour celui qui en a beaucoup ! 



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PROUEIL — PUANT 



155 



Hist. — « Prou d'appellez et peu d'eluz. » 
Beaucoup. (Marg. de la Marg., f. 88. — L. C.) 

ProneM (Sp.), s. m. — Ptece de bois sus- 
pendue par Yomblette, au court-berton, et qui 
sert pour l'attelage de la charrue. Aujour- 
d'hui, on l'appelle plus souvent Croc. V. 
ProU. 

N. Le Proueil, ProU, PervoU ou Croc, comme, on 
l'appelle plutdt main tenant partem t, est une sorte 
de timon secondaire que Ton relie au timon prin- 
cipal au moyen d'une chatne appel£e prouillire, 
toutes les fois que Ton attelle une seconde paire de 
boeufs. Pour pr£ciser, chaque paire de bceufs a son 
proueil qui separe les deux parsonniers. 1j& proueil 
est une simple barre de bois, grossierement cha- 
pustt (faconneNe) a la ferme. A sa partie ante>ieure 
il porte 3 chevilles d'attelage ; une en avant, mobile, 
souvent en fer, le Tapon ou Atteloire ; deux plus 
en arriere, le Tratoire, Tatoire ou Tritoire, puis la 
Retresse ou Retraite, celle-ci fixe et qui supporte 
l'effort des bceufs lorsqu'ils reculent. A son extr6- 
raite* post£rieure, le ProueU porte une dernidre che- 
ville, fixe, £galement et appelee au Lg. Cheveillan, 
qui retient 1 omblet ou anneau de la prouUlere. — 
V. Pervoil et surtout ProU, d'ou ce mot semble 
derive 1 . 

EL — Prodehl, prodial. — V° Prodelada, sorte de 
palonneau. — C'est la corde qui sert a attacher le 
bceuf ou la vache ad prodeUam, ou au trait. (D. C). 

Pronllltre (Sp., Lg.), s. f. — Longue 
chatne d'attelage, attached a l'extr^mite* ant6- 
rieure d'un Croc ou Proueil, au moyen du 
Tapon, de la Tratoire et de la Retresse, et a 
i rextremite* poste>ieure d'un autre Croc, au 
mo ven du CheveUlon. Syn. de Hardier, Quou&re. 
!' V. Citation a PerrUre. || Tim. — ProuiUhe 
de marche, — corde qui rattache en dessous 
un pennon a l'extr^mite* libre d'une marche, 
dans le metier de tisserand. — De>. de Proil. 
! l Une grosse chatne. 

N. — II paratt qu'autrefois ce lien £tait une 
simple hart d'osier ou de chSne. Ce fait, rapproche* 
de cet autre, que la prouillere de charrue a du etre 
primitivement une boucle ou une hart de chdne 
indique assez que le sens propre du mot prouillere 
est celui de hart. Serait-ce le latin provincularia ? 

Hist — « Une corde qu'on appelle Prouliire qui 
sert a faire tirer chevaux a la charrue. » (J J. 191, 
p. 266, an 1457. — L. C). — « Sepulture de Rend 
Fouqueau « ay ant 6te tue" par accident d'une 
prouillere a la perrtere de la Masse ; lequel elait 
tessier de son metier. » (1723. — Inv. Arch., S.s., 
E.191,2,h.). 

Pronillet (Mj.), s. m. — Gros oiseau de 
marais, de la taille d'une cane ; pattes courtes 
non palmers ; long bee comme celui d'une 
becasse. Passe en hiver par bandes de deux ou 
trois. Fait entendre une sorte de sifllement. 
*£asuble. » 

Frtnf, proute (Mj.), interj. — Exprime le 
bruit d'un pet. Onomatope'e. 

Frtater (Mj.), v. n. — P6ter, lacher un 
vent avec bruit. Syn. de Truter. 

Fronvable (Lg.), adj. q. — Probable. 

Frovarbe (Mj., By.), s. m. — Proverbe. || 
Sur le 1« mars. Z. 136. Quince\ — Et Folk- 
lore, xvn. 



Provence (Lg.), s. f. — Pervenche. De>. 
du lat. Provincia. Doubl. du fr. et de Pro- 
vince. — Vinca minor. 

Provinage (By.), s. m. — En fr., Provi- 
gnage. 

Et. — L. propaginem, qui devait donner : pro- 
vain ; de propagare, fixer en avant ; sens primitif, 
replanter ; de 14, planter des rejetons et multiplier. 

— N. Les Angevins disent : prouain (MfcNAOE.) 

Province (Sp.), s. f. — Pervenche. Syn. dc 
Parvenche. — Cf. l'angl. Periwinkle. 

Et. curieuse. Lat. Pro-vincere, vaincre, a cause 
qu'elle vainc les maladies. Croyance popul. 

Proyer, s. m. — Bruant. || By. — Ce n'est 
pas le bruant, mais un oiseau de la famille des 
ortolans. II a m£me une excroissance de I'os 
palatin qui ressemble a une dent. 

N. — Les habitants des campagnes d£signent 
ainsi le bruant (nomm6 aussi tri-tri) d'apres son 
cri, tri-tri, ou ils ont cru reconnattre « prie, prie », 
je prie, je demande, expression vive du sentiment 
qui Fanime, surtout a cette epoque, et des lors ils 
l'ont design 6 sous le nom de proyer, du vx mot fr. 
proier, « prier, fatiguer de ses demandes ». Cette 
habitude a du frapper d'autant plus ceux qui en 
etaient temoins, que, lorsque le temps de la nidifi- 
cation est passe\ le proyer renonce a son cri. . . Ce 
qui rend cette 6tymoi. encore plus plausible, c'est 
que le proyer est appele* par difterents auteurs : 
preyer, prier, aussi bien que t+rits, d'apres les di(T6- 
rentes nuances de son cri (Buffon). — Abb6 Vijt- 
cklot, 320. 

Prune d'amas (Fu.). — V. Amont noir. 

Prnnean (Lg.), s. m. — Prunelle des haies. 

— Syn. de Preunelle. || II est riche comme 
Pruneau. V. Folk-Lore, v. 

Prune-de-goret (Lg.), s. f. V. BrandoiUe. 

Prunift (Lg.), s. m. — Forme vieillie de 
Pruneau. 

Prnntemps (Mj.), s. m. — Printemps. V. 
Juun. 

Pruntete* (Lpm.), s. f. — Fourrages nou- 
veaux. Ex. : Je illi avons fait manger de la 
pruntetL Syn. de Vari, Verdure, Vardeur. 

Et. — Ce mot se rattache au pat. Pruntemps, 
dont il semble dtre un derive" assez mal forme\ 

Prnsslen (Mj.), s. m. — C'est le derriere. 
Syn. de Pltard, Penard : o II est tombe* sur 
son prussien. » 

N. — Ce mot date de la premiere invasion des 
Prussiens en France. Nos voisins des bords de la 
Spr6e auraient tort de s'offusquer de Fidentifica- 
tion. Comme Fa remarau6 je ne sais quel philo- 
sophe, rlous prodiguons les honneurs au Prussien, 
puisque c'est lui que nous faisons tou jours asseoir 
le premier. (R. O.) || Allusion aux dysenteries 
qui d^cimerent Farm^e prussien ne pendant Fin- 
vasion de 1792. (Lor. Larchey). 

Psa a metier (Mj., By.), s. m. — Psautier, 
de Psaume. 

Pu (Mj., By.), s. m. — Peu. Ne se dit que 
dans : A pu pr^s, — a peu pres. Mais cette 
prononciat. est invariable. 

Pnant (Mj., By.), adj. q. — Desagr^able, 
poseur. 



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156 



PUBfiYER — PUPUTE 



Pubeyer (Lg.), s. m. — Urethre du pore 
male, et annexes. Syn. de Bibier. \\ Id, — d'un 
animal m&le qcq., taureau, cheval. etc. — 
N. Le mot a vieilh. V. Pibier. 

Et. — L. pubis, pubes, proprement : poil follet, 
que Ton rattache a une racine : pu, engendrer, 
nourrir. 

Publier (Mj., By.), v. a. — Absolument : 
Publier les bans de mariage de . . . Ex. : lis 
se marient bentout ; ils sont publiis de di- 
manche. Syn. de Bannir, Bancher. 

Puce (Mj.), s. f. — Poche aux puces. — V. 
MigailUre. || Secouer ses puces, — danser. || 
Secouer les puces k qqn., — le secouer, le 
houspiller. By., id. j| La Puce. (Mj.) Sobri- 
quet de P. . ., — petit cordonnier du Rivage, 
qui v6cut et mourut dans la peau d'un grin- 
galet. || By. — II fait noir comme piau de 

fmce ; qqs-uns disent : comme cul de puce, — 
a nuit est profonde. 

Puelne (Pell., By.), s. f. — Farce, malice, 
taquinerie, espieglerie. 

Pueinler (Pell.), adj. cj. — Farceur, taquin, 
espiegle. Syn. de Adelaisi. 

Pneon (Lg., By.), s. m. — Puceron. De 
Puce. Syn. et d. de Puzon. 

Pue (Tim.), s. f. — Chacune des lames 
d'acier dont Tensemble constitue le rout ou 
rot du tisserand. || On donne aussi ce nom aux 
dents d'une sorte de peigne qui sert k monter 
la piece de toile sur le metier, en s6parant 
les fils de chafne par porters. || Lg. — Dent 
de herse, de houe k cheval. 

Puer (Mj., By.), v. n. — Puer au nez, — 
re'pugner, en pari, des choses ; inspirer de 
l'aversion, Stre odieux, en pari, des personnes. 
— N. La 3« pers. du sing, du pr6s. de 1'indic. 
prend un t, que Ton fait toujours sonner for- 
tement : £a put' (putte). 

N. — Cette derniere forme s'explique. Lat. 
putere ; autrefois on disait : puer ou puir. [| Pas 
a Ag. ni a By. 

Pufine (Mj., By.), s. f. — Merde, excre- 
ment humain. Syn. de Jdille. V. Jaub., k 
Fin, in fine. 

Pulse (Mj., Bv.), s. f. — Plie, poisson plat. 
V. Plice. 

Puls-ensulte. — Incorrection, tres usit6, 
puis veut dire : ensuite. |j Mj., id. et Pis apres. 

Puissant, e (Mj., By.), adj. q. — Gras, 
replet ; mastoc. Ne s'emploie que dans ce sens 
figure. N. La Fontaine : o Un boeuf est plus 
puissant que toi. » 

Puissant-Bonnet (le) (Mj.). — V. Pie- 
Saint- Bonnet. 

Pulantie (Bl., Mj., Sal.), pulanquie. — By. 
Pulantt. — Puantise, puanteur. || Pourriture, 
objet pourri et puant. || Fig. S'adresse comme 
injure aux animaux et meme aux personnes. 
Syn. Prd, Querree. 

Et. — Pour Puantie, de>. de Puant, part, pres* 
de Puer. Pour l'l £penth6tique, cf. Coulouctte. 



Puoals-e (Mj.), adj. q. — Qui a une odeur 
forte ou infecte. || Qui peut avoir sur la sant£ 
une influence nuisible. Se dit d'une maladie, 
d'une blessure, d'une piqure d'insecte. || 
Malsain, d616tere. || Vicieux et mechant, en 
pari, d'une pers. ; mauvais, nuisible, en pari, 
des choses. Sal. || Insensible au mal. Syn. 
LacLre. || By. Bois punais. Bat. Cornus san- 
guinea. 

N. — C'est le fr. Punais, que le pat. n'emploie 
jamais dans son sens pro pre, malgre le de>. Punai- 
aerie. 

Et. — De mSme rac. que putere, puer ; forme 
Active, putnacem. Hist. .* 

« Vaisseaus mauvais 
« Fait vin punais, 
« Ce dit li vilains. » 
(Prov. du Comte de Bret., f° 114). L. C. 
— « V^role t'a, et dehors et dedans, 

< Si fort meng£ mesmement ton grand nez, 
« Qu'ores tu es de tous les regardans 
« Nomm6 camus, pourry, puant, punais. » 
(G. C. Bucheb, 179.) 

Punaiserie (Mj.), s. f. — Grande absinthe 
sauvage, tres commune aux bords de la 
Loire. 

Et. — Ainsi nomm6e parce que Todeur forte de 
cette plante paralt punaise ou desagreable a cer- 
taines personnes. 

Pungeot', punjote (Mj.), s. m. — Plongeon. 
Corr. de Plungeot. 

N. — « Pungeau. Seau pour puiser de l'eau. — 
Oiseau qui plonge dans l'eau et qui reparait a 
une certaine distance (poule d'eau, gr£be). 

Punger (Mj.), v. n. et a. — Plonger. Corr. 
de Plunger. \\ Punger les choux dans le pot, — 
les immerger quand l'6bullition les en 
Emerge. 

Punir° (Mj., By.), v. a. — Contrarier, 
vexer, mortifier. Ex. : £a Pa ben puni que tu 
ne Payes point pri6 k tes noces. || Affecter, 
humilier, peiner, d^piter. 

Punissable — 1 nul — (Mj., By.), adj. q. — 
Vexant. 

Pupan de eitrole <Cho.), s. m. — PSpin de 
citrouille. V. Poupin, Pkpines, Pkiran. 

Puput', t sonore (Mj., Lg., Lu6), s. f. — 
Huppe, oiseau. V. Poupoute. Cf. l'angl. Puet, 
Pewet, id. 

Et. — « Lat. Upupa, vx fr. puputz, qui serait une 
onomatope'e du chant de cet oiseau. (Gdill.). «» 
Oiseau dont le nid fait de crotin sent tres mauvais, 
comme l'oiseau mfime. — Puer. — R6duplicat de 
la prem. syllabe (de Montess.) || Sal. — Mot imi- 
tatif de son cri. 

Hist. — « Diable, que ne me conseilles-tu aussi 
bien de tenir une esmeraulde, ou la pierre de 
hyenne sous la langue T ou me munir de langues de 
puputz et de coeurs de ranes verdes. » (Rab., P., m, 
25). 

t Cette espdee fidelle 
« Va payer son tribut, 
« Le Cigne et la Puput 
« Volent d'un mGme z£le. » 

Noels angevins, p. 81. 

Pupute (Mj.), s. f. — Femme de vie der£- 
gl6e» Syn. de Poufiasse, Diane, Poupiasse, etc; 



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PUQUE — PUTER 



157 



Et. — Form6 du vx fr. Pute, radic. de Putain, 
par redoubl. de la prem. syll. = L. puta, jeune 
fllle : putus, jeune garcon, — d'abord pris en bonne 
part. N'a, par lui-mdme, aucun sens delavorable. 
Aucun rapport avec Pancien adj. put, de putidus. 

Hist. — « Ainsi que je connais beaucoup de 
dames portans certains noms de notre christia- 
nisme... qui sont coustumierement sujettes a 
estre puttes. (Brant, D. G., i, 22, 23.) 

Puuue (Mj., By., Sp.), adv. — Plus. Ex. : 
Char ami des croutes, puque je te vois, puque 
tu me dSgoutes. Se dit souvent. || Sp. — S'em- 
ploie a la fin des propositions. Ex. : Mes poules 
ne pounent puque. — C'est l'adv. Plus, Pus, 
auquel s'est ajout^e indument la conj. Que, 
qui suit ordinairement l'adv. 

Pureatoire (Mj., By.), s. m. — Purgatoire. 
Cf. Fatique. Syn. et d. de Pirgatoire. 

Hist. « El fu de purcatoire, dont l'Escriture dit 
* Que d'un pechi6 mortel c'on fait en faus delit 
a Li covient vn anz estre, ainz qu'ele s'en acquit. » 
{Chantepleure, ms de St-G., fol. 104. — L. C.) 

Pureau (Lg.), s. m. — Eau que Ton retire 
d'une pur6e qcque. |1 Specialement : Eau dans 
laquelle on a iait bouillir des chataignes. || 
Purin. — Syn. de Jigourit, Jigourk, Juin, 
Suint, Pus, Purot. 

Et. — Lat. purare, rendre pur (Litt.) = A. v. — 
Purer, presser (des legumes) pour en faire sortir le 
jus ou la pulpe. Plutdt le lat. purare, suppurer, que 
purare, purifier (Daem.) = Purare, decouler, 
degoutter. La pur£e est le coulis que Ton obtient 
en ecrasant des pois, etc., et en faisant passer et 
purer la bouillie a travers un sas. 

Puree (partout), s. f. — Misere com- 
plete, circonstance d^sastreuse, affaire d6- 
goutante. || D6nuement. || Chose dSgoutante. 
— Syn. de Dkgoutation. 

Et. — C'est le mot fr. pris au fig. 

Purer (Mj., Lg., By.), v. a. — SSparer un 
solide d'un liquide. Ex. : Je vas purer les pois, 
les epinards. || D6barrasser d'un excellent de 
liquide, par dScantation ou par expression. 
V. Pureau. — Pat. norm., id., suinter. || 
By. On dit plutdt Egoutter. 

Puresle (Mj., By.), s. f. — Pleur6sie. — 
Bret. Purusi. 

Hist. — « Et qu'il estoit mort d'un purisy faux 
et sourd qu'il avait gagne a la bataille de Dreux. 
(Brant, D. G. V. 296, 5.) 

Puret° (Lg.), s. m. — Petit bouton puru- 
lent. Syn. de Puron, Brosson. 

Forger (Mj.), v. a. etr6f. — Fig. Soulager. || 
Se purger, dire ce que Ton avait sur le cceur. 

Puron (Mj;, By.), s. m. — Bube, pustule, 
bouton, petit abces. Syn. de Brosson, Bou- 
roille, Bouffie, Puret. 

Et. — Lat. pus, puris, tumeur pleine de pus. 

Puronne (Mj.), adj. q. — Couvert de pus- 
tules, de boutons. Syn. de PuroU. 

Purot (Chpt.), s. m. — Le purin. V. Pureau. 

Purote (Lg.)> adj. q. — Couvert de petits 
boutons purulents. Syn. de Brossonni, Bros- 
fount, Puronne. — De purot. 



Purotin (Lg.), s. m. — Individu besogneux. 

— Mot d'importation recente. V. Puree. 

Pus l (Lg.), s. m. — Purin. Syn. de Suint, 
Juin, Gigourit, Gigouri, Pureau, Purot. 

Pus » (Mj., By.). — V. Ein. || Adv. — Em- 
ploy6 devant un adj. et sans complement, il 
forme une sorte de superlatif. Ex. : II est pus 
sot ! || De pus, — autrement. S'emploie en ce 
sens dans les loc. telles que les suivantes : II 
n'est point fach6 de pus ; je ne s6 point las, de 
pus, — c.-a-d. : II n'est pas autrement fache* ; 
je ne suis pas autrement las. || Pus souvent ! 

— Marque le refus. Pus souvent que je illi 
preterais de T argent ! || Pus jamais. — Je 
ne le ferai pus jamais, petite mere, dit un 
b6b6 menac6 (?) d'une correction. || Pus pirc. 
C'tait cor ben pus pire apres. || Tant pus que 
y en n'a, tant mieux qu ca vaut. — By., id. 

Pusde-tabae ! (Mj., Lg.), interj. r - Ono- 
mat. par laquelle on repr&ente le cri de la 
caille, ou courcaillet. 

Put > (Mj., Lg.), v. n. — 3 e pers. du sing, 
ind. pr£s. de Puer. On y fait toujours forte- 
ment sonner le t. Ex. :l\ put(e) comme ein 
daim. V. Puer, pour l'explicat, et Puter. 

Hist. — t Dont dist Pantagruel : a ... Au 
diable soit le mascherabe tant il put / » (Rab., 
P. n, 6, 126). 

« L'anti Bacus, le cruel vinicide, 

« Qui ne souffrit verre oncques plain ou vuide, 

« Je tais son nom, car il put trop au vin. » 
(G. C. Bucher, 248, 237.) 

— <c Vous le soufTrez et voyez bien les maulx 
« Que vous avez tant longz et anormaulx, 
« Depuis le temps de leur meschante secte, 
« Que 1'air en put et la terre se infecte. » 

(Ch. BoURDlGNft, Pierre Faifeu. Epit. aux 
Angev., p. 3.) 

Put » interj. (Mj., etc.). — Bah ! Bast ! 
Doubl. de Buh \ Bouk ! But ! 

Hist. — € Pendant le repas, quelqu'un de la 
maison lui dit : Vous allez vous faire tuer ! — Bah! 
Putt ! fit-il en souriant. » (Deniau. Histoire de la 
V., V. 562, aux notes). 

Put ass e (Mj.), s. f. — Prostitute, putain, 
catin. Syn. de Pupute l , Poufiasse, Peau t 
Peau-de-chien, Paunaise, Diane, Poupiasse. 

Et. — V. Pupute 3 . Scheler n'admet pas : puta, 
putus, u bref, qui eitt donn£ : pou, poue, et mieux : 
peu, peue, et non pute. Admet putidus, u long. On 
a vu plus haut que ce mot avait devie de son sens 
primitif, com. Garce, encore usite au sens honnfite, 
en Normandie. I<e mot Fille ne se prend-il pas en 
mauvaise part( 

Putasserie (Mj., Sp.), s. f. — Genre de vie, 
conduite de Putasse, paillardise. Syn. de 
Chenasserie, Chiennerie. 

Putassier (Mj.), adj. q. et s. m. — Homme 
paillard, de mauvaises mceurs. Syn. de Ves- 
sier, Chien, Chenassier, Fumellier, Foudil- 
leur, Saillant, Marrainier. 

Pute (Lg.), adv. — Plus. Ex. : Je n'en veux 
pute. Doubl. de Pus, Puque. 

Puter (Li., Br.), v. n. — Puer. fa pute t — 
$a sent mauvais. 



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158 



PUTILLE — QUAND ET 



Putille (Mj., Lpm.), s. m. — Village de La 
Pommeraye situe" a la limite S.-E. de Mj. II 
tire son nom d'un ancien manoir seigneurial 
du xvii e s., dont les ruines, entoure*es de 
douves, s'y voient encore. D'apr&s Vabb6 
Allard (Notes sur Mj.), les seigneurs de 
Putille avaient droit au titre de Roi d'Yve- 
tot. N. Qn prononce p6tille. 

Et. — L'abb£ Allard derive ce mot de Puteolus, 
auquel il donne le sens de Puy, Eminence. Mais il 
faut vraiment beaucoup de tonne volont£ pour 
voir un puy quelconque dans le plateau assez bas 
qui formait jadis le domaine de PStille et dont le 
chateau occupe mSme la partie la plus declive. 
J'admettrais Puteolus, mais comme dimin. de 
Puteus, puits. (R. O.) — Puy vient de Podium. 

Putout (Mj., By.), adv. — Plus tdt. Ex. : 
Alle est arrived ben putout que je ne l'atten- 
dions. || Plutdt. Ex. : J'aimerais ben mieux 
je sais pas qu6 putout que de illy aconsentir. 

Et. — Compose des adv. pat. Pus et Tout, ou 
:orr. du fr. Plus tdt, Plutdt. 

Putput*, s. f. — Pomme de valine ou Da- 
tura, a cause de son odeur vireuse, nausSa- 
bonde. (M£n.) Syn. Guillebogue. 



Puy-d'Esviere (Sp.), s. m. — Ferme de la 
commune de Saint-Paul-du-Bois, sur les col- 
lines, au N. W (21 m d'altitude), ou le Layon 
prend sa source. 

Et. — D. de Aive, eau. Cf. Daviere, Esviere. V. 
Eau. Puy, du lat. Podium. j 

Puzon (Lg.), s. m. — Puceron. || Par ext., 
tous les petits insectes qui s'attaquent aux 
plantes cultivSes, tels que : bruches, cos- 
sons, etc. Syn. de Cotisson, Artison, Saillon. 
— Cf. Pidzon, Jaub. — Pat. norm. Puchon. 

Pyramid* (Mj., By.), s. f. — Plante d'or- 
nement a fleurs bleues et parfois blanches, 
que Von cultive en pots et dont la tige florale 
porte une quantity de ramuscules qui forment 
dans leur ensemble un cdne de m 60 et sou- 
vent beaucoup plus de hauteur. N. On pro- 
nonce sou vent Py ramie. || Sorte de campa- 
nule qu'on cultivait avec succes aux Ponts- 
de-Ce* tout particuli&rement. Bat. Campanula 
pyramidalis. 

Py ramie (Mj.), s. f. — V. Pyramids Cf. Piri> 
tonie. 



OBSERVATIONS 

(Priere de chercher aux lettres C et K les mots 
qui ne se trouveraient pas ici.> 

Prononciation. — A Montjean, le qu, devant i 
en general, et souvent m§me devant e (dans 
acquet, qu#ter, p. ex.) a un son special, comme 
ecrasd et mouille entre la langue et le palais. Ce 
son est identique a celui du t place dans les memes 
conditions. V. au T. — Or, il paratt bien qu'il en 
6tait de mdme a Angers au xvr 3 siecle, si j' v en juge 
par l'exemple suivant : 

« On prie pour les debits 
« De ceux du Purgatoire ; 
« Par Messe et Oraisons. 
« On prie le Roi de gloire 
« Les titer de prisons ... » 

{Noels ansevins, p. 28.) 
Titer est ici pour Quitter. V. Tie, thie, quie. Qui 
= a peu pr£s qu'chi ; ou ti ; tranquille, trantille, 
trantchille, dans la region de Cho. et du Lg. 

— Muet a la fin de certains mots : Coq d'Inde 
= Codinde. 

Permutation. — Remplace le g dans fatigue, 
fatiguer = fatique, fatiquer. 

V. les notes particulieres a Qui, Querche, Quernon, 
Querver, Quiarce, Quielle, Quiendre, Quiner. 

Qua (Lg.), pron. relat. et interr. — Quoi. 
Syn. de Qui. Ex. : Y a b6 de qua manger. — 
Vieux. — Cf. Ma, Td, Sa. || Prononc. ke et 
kou6 (Mj., By.), kae (Po.), koue. (Gn.). 

Qu&crotte (Bl.), s. f. — Le crane. V. au C. 

Quadrette (Mj., By.), s. f. — Sorte de 
jeu de cartes qui se joue a quatre. 

Hist. — « On ouvrait la table a jeu et Ton faisait 
une quadrette. » (Jean Aicard, Tata. Annates p. 
et /., n<» 911. 384, 2.) 



Quagnoehe, s. f. — T§te. V. au C. 

Qua!, ou Qu6, pron. pers. — Quoi. Avoir de 
quai, — §tre a Paise (s. e. se suflire.) V. Qua. \\ 
Ce mot, au sens de : construction 61evee le 
long d'un cours d'eau, se prononcait jadis 
Quaye (caille). Lpc. 

Qualifier. — V. Couaillii. 

Quand (Mj.), conj. — Quand c'est que. — 
Ex. : Quand c'est qu'il l'a su, il y a t6 tout de 
suite. || Lg. — Quand que. — Ex. : Quand 
que j'ai su ca, j'ai ben ri. — By., id. 

Quand et, Quant et, Quant ft (Mj.,La.,etc.), 
locut. prGpos. — Avec. — Ne s'emploie guere 
que devant les pron, personn. Ex. : Tu vas 
venir quand et moi ; je vas aller quand et li. — 
N. phil. — Cette locut., qui a beaucoup 
vieilli, signifle logiquement : En m§me temps 
que. V. Anc, Jaub. — « Tu vas venir te pro- 
mener quand et moi, mon petit gars », me 
disait encore ma bisaieule maternelle, vers 
1860. (R. O.) — J'eoris comme nos anciens 
auteurs, mais je remarque que les Italiens 
disent dans le meme sens : Acanto a n^e, et 

Sue, d'autre part, les Normands disent : 
►kante et lie", avec elle. — N. Se prononce 
souvent : Quateme. (Sar.) La M kante ; Po., 
on dit 6 ou au ; au ma6 ; By., avek moue\ et 
quant 6 me\ le long de moi. 

Et. — Hist. — M£nage signale cette expression : 
Quando et ego. — Ce qui indiquerait un d ; cette 
lettre s'est souvent durcie en t. — « Et avoit deli- 
gemment, Pce-il a ce que rien n'y fust distribue ine- 
grdement, ne plus a Tun qu'a l'autre de ceux qui 
mangeoyent quant et luy. » (Amyot, Vie a" Alex, 
le Grand). — « Depuis la mort d'icelluy due de 



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QUANT - QUATERPtiE 



159 



Conan, les Bretons ne guerroy^rent plus le pays 
d'Anjou, et demoura te conte Foulques en paix 
auant a eux. » (J. de Bourd., C. L. i, 217). « Celui 
jour, 30 avril, ale a Tours quant et Messeigneurs 
maistres Ouillaume d'Estouteville et Yves de 
C^peaux. » (1418. Inv. Arch.) — « Le vin a sa 
v£rite quant etsoi ; c'est fait, il ne prophetise rien. » 
(B. dr Verville, M. de p., n, 173. — « Vendu bras 
et tHe aux Anglois, il avait quant et eux pill6 et 
fait d£gats de tous cdtte. » {His to ires du vieux 
temps, p. 54). — « La, tout y venait ! l'une quant et 
sa quenouille. a {Id. 251.) 

Quant (Tim.). — Adj. dans cette locution : 
A toute heure et quant, a tout instant. Ex. : 
II recoit de l'argent a toute heure et quant, il 
ne sarait raanquer que de s'enr6chir. — Et 
non pas : quand. Comme on dit encore : 
Toutes et quantes fois. 

Quarantaine (Mj.), adj. q. invar. — Se dit 
de certains haricots et d'une espece de giro- 
ftee qui fleurissent une quarantaine de jours 
apres le semis. — (Test plutdt un nom en 
apposition. || Lg. Pois a la quarantaine. Cf. 
Jaub., a Quarantain. 

Quarante (Sp.), adj. num. — Se dit dans : 
Declarer quarante, — faire entendre un chant 
particulier a l'6poque des amours, en parlant 
du jars. 

Qua ran tin (By.), s. m. — Corde pour tirer 
la senne a terre. (Test un lace ; le lace se passe 
en bandouliere portant sur une seule 6paule. 

Qoarlage. s. m. — Vieux mot qui, propre- 
ment, signifie : Charroi, voiture, conduite de 
bagage par chariot, mais qui, au fig., se prend 
dans le sens familier pour tout le tracas, 
toute la suite d'une affaire. Syn. et d. de 
Charreyage ; p. e\ aussi de Haria , Harias. 
Syn. de Chahail, 

Hist. — « Charles de Bordigne, pretre an^evin, 
rh. 9, de sa l£gende de maltre Pierre Faijeu, lmori- 
me> Tan 1532 "a Angers, a dit : 

c Mais il survint un autre quariuge 
t Quar la fillet te eut soudain un enfant. » 
Et, ch. 43 : 

« Voyez comment, faisant tels quariages, 
e Souvent on est tromp4 ds manages. » 
(Citations de B. de la SIonnoye dans son Glos- 
saire des iV oils Bourguignons, V° Cairiaige. 

Quarre (Sa.), s. f. — AriHe, angle diedre 
d'un solide. — Doubl. et syn. du montj. 
Quiarre. Rac. du fr. Equarrir. — C'est le fr. 
Carre. || Jaub. : Les quatre quarres d'un 
mouchoir, — autre sens. 

Qoarree. — V. par un C. — « Les mari- 
niers de la Loire cUsignent ainsi le foyer ou 
Ton fait la cuisine dans les bateaux. » 
(Men.) 

Quarroi. — V. C. — Carrefour. 

Hist. — « II y a aussi plusieurs places publiques. 
Les principales sont . . . le quarroi de la Turcie . . — 
(Description de la ville d? Angers par Barthelemy 
Rooer, 1674. Cite* dans YAnj. hist., l re an., n° 1.) 
— Cf. Pangl., Square. — C'est le croisement de 
Quatre chemins ; Quadrivium. — Carouge, nom 
de lieu pres de Geneve ((D r A. Bos.) — «... tous 
furent d'accord pour lui enseigner. . . comme quoi 
le ruffian, aprds avoir travers6 les danses, ne man- 



quait pas une fois d'aller passer au quarroi des deux 
chtmes-creux, en tirant par le cot6 du Bois-de-la- 
Cave. » (Histoires du vieux temps, v. 263.) 

Quart (Lue\ Mj., By.), s. m. — Petit ton- 
neau ; une demi-barrique, 110 litres. Jadis, 
le quart du muid, qui valait deux barriques. 

Quart age, s. m. (Mj.). — Cercle pour petits 
futs, pour quarts. 

Quartaut-taud (Mj., By.), s. m. — Petit 
fiit d'une soixantaine de litres ; le quart de la 
barrique. Syn. de Boustaud, Mistaud. || Seau 
en bois muni d'une anse en corde, dont les 
mariniers se servent pour puiser de Teau par- 
dessus le bord de leur bateau. 

Hist. — « Et ledit recepveur envoia qu6rir pour 
eulx a Dou6 quatre quartaux de vin blanc, chacun 
quartau de cent onze pintes. p (1430. Inv. Arch., 
H. i, 227, 2.) — Le prieur de Saint-Martin de 
Mont jean devait au tenancier de cette terre (Le 
Plessis au bceuf. ou Plessis au pin, paroisse de La 
Pommeraye) deux quarteaux de vin et deux 
feuill^es de pain aux fe 4 tes de Paques, de la Tous- 
saint et de Noel, 1530). Abbe Allabd, N. s. Mj., 
p. 154. 

|| Lg. — Demi-d6calitre. Syn. de Mesure. 
C'est le quart du boisseau, ou double-deca- 
litre. 

Quarte (Lme., Lpm.), s. f. — Ados, planche 
6troite de terre formSe de deux billons seu- 
lement. || P6riode ou se>ie. (Lu6.) V. Carte. 

Quartelle. — Petit jardin carre\ (Men.) 

Qnartier, quarquier (Mj., By.), s. m. — 
Faire faire quartier (a une piece de bois 
6quarrie), dans le langage des charpen tiers, 
c'est la rouler d'une face sur la face voisine, 
lui faire faire un auart de tour. || Quartier de 
vigne, — 4 boisseUes.|| 24 ares 31 centiares, 
variable suivant les communes. (Men.)|| Lue\ 
— Morceaux ou tranches de fruits dess6ches 
au soleii. || By. Quarquiez. || Mj. — Membres, 
surtout gros. Ex. : Alle en a des quartiers, 
cet6 grousse trouille-la! || D6virer les quartiers 
a qqn, le renverser. 

Quasi -borgne (Lg.), adj. q. — Bigle, qui 
louche. Syn. de Caliborgne, Calorgne, Bignole. 

Et. — II ne faut voir dans ce mot qu'une corr. 
de Caliborgne, lequel est le vrai mot, ainsi que le 
prouve l'existence de Calorgne. 

Quasi ment. — Est devenu frangais. — N. 
Cela me rappelle que les personnes un peu 
collet mont& demandent, chez le boucher, un 
Quasi de veau pour : un cul de veau, par 
defence. || N. Le quasi n'est pas le cul. I^e 
cul de veau, ou indkeence de veau, est la 
partie de P animal qui contient la queue ; le 
quasi, ou ka*zi, est la partie comprise entre les 
rognons et le cul, et un boucner a qui on 
demande un k&zi n'entame pas le cul. By. 

Quasi -non, Quasi -oui. — Presque non, 
presque oui. (Men.) 

Quat-a-moi (Mg., By.), — Autre prononc. 
de Quant a moi, Quant et moL 

Quaterp£e (Mj.), s. m. — Amphibien 



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160 



QUATRE — QUfi 



commun dans les eaux des mares et des fos- 
ses. Cest, je crois, le Triton. — Cest aussi, et 
souvent, le Sourd, ou salamandre, appele" 
ailleurs : Verimoire. V. Fi-de-quatre-ipies, 
Quatre-ipies. 
Et. — Cor. du fr. Quatre-pieds. 

Quatre (Mj., By.), adj. num. — En avoir, 
en tenir ou en retenir pour ses quatre sous, — 
en avoir une dose sumsante, de coups ou de 
maladie ; 6tre sale" a fond. || Habilfe, foutu 
comme quatre sous, — tres mal mis. || Le 
couvent des quatre sabots, — la vie conju- 
gate, le mariage. On dit : Quatre sabots sour 
le lit, deux tetes sus Portlier. || Faire des 
Quatre a la page. (Tim.) V. Page. || Sp., Lg. — 
A quatre, — en desordre, sens dessus dessous. 
Syn. de : En pagaie. Ex. : Tout est a quatre, 
chez nous. — Gf., en fr. : Faire le diable a 
quatre (personnages, dans les MystSres de la 
Passion). — Syn. : en Parmanence. \\ Quatre 
sous, — sujet de conversation d&icat. On dit 
ironiquement : « II n'a point ieu le temps de 
me parler de ces quatre sous-la. By., id. 

Quatre-epees, s. f. — Salamandre. Pro v. : 
I flambe des yeux comme un quatre-ipies qui 
gueche. (Brissac.) Pour : Quatre pieds. V. 
Quaterpie, Fi-de-quatre-ipies. 

Quatre -en-goule (Mj.), s. m. — Norn d'une 
sorte de petites poires ou besis. 

Et. — Ce mot pittoresque exjprime bien la peti- 
tesse du fruit qu'il designe. (En Bret., on dit -. 
Quatre pour une embrassade. C. du Nord.) || By. 
On dit des poires de Sept en gueule,pour des petites 
poires de rousselette ou de muscadet, et non de 
Dezi. 

Quatre- moulines (Pont de). — V. F.-Lore, 
xi, a. 

Quatrepes (Li., Br.), s. m. — Petite b§te 
d'un gris vert qui se trouve dans les puits. — 
La mime que Quaterpies, etc. 

Quat'zyeux (Mj.), s. m. pi. — Lunettes. 
Ex. : Je vas prendre mes quat'zyeux pour illy 
voir pus clar. Syn. de Berniques. 

Quaye (Lpc), s. m. — Quai. Vieille pro- 
nonciation — justified par l'6tymol. 

Et. — BL. Caium {Charte de Philippe Auguste). 
Du celt. : Kimry, Kaa, haie, barriere ; b. bret. — 
Ka6, haie et quai (Lrrr. — D. C). Hist. — « Quail. 

< A la charge que lesditz de Nantes feront faire a 

< Teurs despens et frais ledit quail de pierre de 
« taille, garni de boucle et de pillory. » — Quay. 
« lis trouverent (a l'Escluze) une nef appareillee 
et l'acheterent a leurs deniers, et se de*partirent et 
vinrent arriver au quay de Londres. » (Fboiss., 
Buch., II, p. 206. — L. C). 

Que l (Mj., By.), conj. — Ou. Ex. : Cest ein 
endrait <jru'il passe belle chouse de monde. — 
N. Cette loc. est elliptique ; elle est pour : ou 
que, qui s'emploie habituellement. Ex. : Cest 
ein endroit ou qu'il passe ben du monde. 
Remarquons qu'u est logique de faire suivre 
l'adv. ou, comme tout autre adv., de la conj, 
que. — Cest dans le moument ^u'il est mort. 
— ou il est mort. — Y a des mouments qru'il 
est mieux. || Elliptiquement. — Au point que. 



fa 



— Alle ont ri jru'alle en araient pisse* dans leux 
chausses. — U est rouge 'qu'il en est violet. || 
Si j'^tais que, — si jNHais que de. Ex. : Si 
j'^tais que ielle, je voudrais vivre de mes 
rentes. || Suit a peu pres toujours les adv. plus 
et moins. Ex. : Des trous a ma culotte? pus 
que y en a, moins que ca pese. V. Puque. \\ 
Suit toujours Pasque, Pisque, Pourqui. Ex. : 
Pisqu6 que tu n'en sas (sais) de ren, pourque 
que tu dis ca? — Pasque* que ca me dit. || Se 
place apres nombre de pronoms et d'adverbes, 
surtout comparatifs et interrog. : Qui, Coben, 
Putout, Mieux, etc. Ex. : Pus tout que ca sera 
fait, mieux que ca vaudra. || Puisque, car. — 
Ex. : T'es done ladre, que tu ne te trouves pus! 
|| Se met devant les n&gat. pour les renforcer. 
Que non ! Que non pas ! Que nenni ! Que 
nenni point ! || Que non pas, sert souvent de 
relatif apres le comparatif. Ex. : II est pus 
fort que non pas son fr6re. || Sp. — Comme. — 
Ex. : II est haut que ca, — comme ca. || Lg., 
id. II avait in baton a marotte qui £tait grous 

ue le pougnet du bras. || Que le diable, que 
"a deve, — tant que le diable, tant que la 
deve, beaucoup, 6norm6ment. 

Que f (Mj.), pron. relat. — A qui, auquel. 
Ex. : Cest le sieun que vous illi avez donne* 
ein calot, — e'est celui a qui vous avez donne* 
un morceau de pain. || Mj. — Elliptiquement, 
dans certaines loc, pour : ce que. Ex. : Y 
ara ^u'ara, — il y aura ce qu il y aura. || 
Que... y, — auquel. Ex. : A ma fait tout ein 
remmanchement que je n'y ai ren compris. 
By. || Que son, — dont le. Ex. : Cest Phomme 
que son gas s'est neye" Taut' jour. By. || S. m. 

— Aux enfants on promet, pour se moquer 
d'eux : « ein petit ren tout jaune emmanche' 
dans n'ein que ». V. QuL 

N. — S'emploie souvent expl^tivement. 
Ex. : D'ou done que vous arrivez? Si j'e'tais 
que de vous. Voila pourquoi que je suis venu. 
Qu6 que e'est? — Et pour : dont. Les papiers 
que j'ai besoin. (P. Eudel, Voc. blais.) 

Qu* l (Mj., By.), pron. relat. et interrog. — 
Le m§me que le pr6c6dent, plus T accent 
Quoi, que. Ex. : Que que tu dis? || S'emploie 
le plus souvent avec De, ou D6de. Ex. : 
De que? D6de que? — Quoi? || Avoir de*de qui 
faire, — §tre a raise. || Sp. — Avoir de qui, — 
id. || Que" faire que, — pourquoi. — Ex. : 
Qui faire que tu illi dis ca? || Sp. — Faire de 
que\ — impressionner pSniblement. Ex. : (Ja 
m*a ben fait de qui d apprendre qu'il 6tait 
mort. || Rester la comme ein qui,, — rester 
bouche b6e, d'un air abasourdi ou quinaud. || 
S. m. Quantity. Ex. : Ein petit qui de 
couenne, un petit morceau. || Qui done 
que n'y a? Qu'est-ce qu'il y a done? — Que 
qu'e'est done qu'ca? — Qu'est-ce done que 
cela? — N. Quand on ne dit pas Xitixa !!! 
Voyez-vous la tete d'un stranger, devant 
cette horreur? — Qu6 est intermediate entre 
Que et Quoi. — By., id. 

Qn$ f (Zig. 179, Cz.), adj. d6monstr. — 



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QUfiAU — QUENAU-EAU 



161 



lui hardes, — ces hardes ; Quk junesse, — 
:ette jeunesse. Syn. et d. de Quel. 

Quia a (Jb., Jls.), s. m. — Moule a courber 
es tuiles. Syn. de Cosse. 

Quegnarder (se), v. re*f. — Se livrer a la 
paresse. V. Acaignarder (s'). 

Quegnlaud, s. m. — Prononc. de Queneau. 
Enfant, gamin. By. 

Et. — Quenaille. P.-G. autre prononc. de Canaille, 
>u bien du v. Quener, vagir (Lm.). 

Queiller (se) (Spr., By.), v. r6f. — Manoeu- 
vrer le gournd, de maniere a diriger l'avant du 
bateau du cdte* oppose au gourna. Ce mot est 
de la langue des Varannas, et, quand ils sont 
en bateau, on les entend sans cesse dire : 
Queille-t6 done ! Serre-te 1 done ! — Se serrer 
est 1'oppose" de : se Queiller. || By., — id. 

Et. — Probablement derive du vx mot Qu6 ou 
QuU', cul, maintenant oublie a Mj., et dans la 
Varanne, mais que j'ai retrouve au Lg. Se queiller, 
ce serait : detourner le cul du fOtreau. 

Quel, quelle (Lg.), adj. d6m. — Ce, cet, 
cette. Ex. : II est tojous be* fou, quel homme! 
— Syn. et d. de Queu, Quid. Cf. ital. Quello. || 
Cho. — Prononc. Qu'heul, avec forte aspi- 
ration. 

Quellr, kli (Li., Br.), v. a. — Cueillir. 
Quelir de la chambe, — cueillir du chanvre. 

Quelle la (Lg.), adj. d6m. fem. — Celle-la. 
Syn. de Cetelle-la. — De quelle, fern, de Quio, 
et de la. 

Queilela (Lg.), pron. d6m. plur. — Ceux-la. 
Syn. de Ceuse-lh, Che-ld. || Celles-la. Syn. de 
Cellesb-lb. — N. Ce pron. est des deux genres. 
C'est le plur. de Quiou-la. 

Qu'elies yvlennent (Mj.), s. m. — Sobri- 
quet que porta, pendant tout le temps de son 
apostolat, a Mj., Tabb6 B. . . C'6tait un pro- 
pos qu'il avait tenu en arrivant dans la loca- 
lity 

Quern able, kmah6e (By.), s. f. — Aller 
a la quemahie, ou comahee, prononc. Kmah6e, 
peche dans les grandes eaux avec une senne 
speciale, pourvue en son milieu d'un morceau 
tr6s large formant une longue poche. La 
b&Ulce s'essive au bateau, en pleine eau. 

Quemande, s. f. — Corde ou cable qui 
retient un bateau au rivage. (Men.) — II le 
commande? || A Mj., Commande. || By. 
Depuis ce mot jusqu'a Quement, la pronon- 
ciation est abr£g6e pour Commande, etc., 
Cmande. 

Quemandement, s. m. (Mj., By.). — Com- 
mandement. 

Quemander (Mj., Lg., By.), v. a. — Com- 
mander. 

Quemanter (se), v. r6f. — S'informer. V. 
Guementer. (Lue\ etc.) V. Quementer. 

Quemeneement (Mj., By.), s. m. — Com- 
mencement. 



Quemeneer (Mj., By.), v. a. — Commen- 



ces 

Quement (Mj., By.), adv. — Comment. 
N. Est ordinairement suivi de que. Ex. : Je 
sais pas quement que ca s'est fait. 

Quementer (se) (Sar., My., By.), v. ref. — 
Se pr6occuper, s'inquteter. Cf. Se Guementer, 
pour l'6tymol. 

Hist. « Je viens deja de dire que ni Tun ni l'autre 
ne se quimentait beaucoup des gloire et a vantages 
de la seigneurie. » (En note : Se quementer et m$me 
se gunmen ter. . . de Quement, — comment. Se 
demander le comment.) — Histoires du vx tps, 
p. 84. — Nous signalons seulement cette etym. — 
« Toutefois, au para van t que de se departir d'ici- 
bas, maltresse Febvre, jetant vives larmes de 
laisser derridre elle un pauvre petit cherubin de 
fillette qui se gutmentait encore quasiment apres la 
mamelle. . . » (Id., 376,7). 

Quemoineement , Quemoineer (Mj.). — 
Commencement, commencer. Vieux. — Et 
mSme Coumoincement, Coumoincer. 

Quemode, kmode (Mj , By ), adj. — Com- 
mode. || Point quemode, loc. adv. — pas du 
tout. 

Quenaille, s. f. — Jeune enfant, marmaille. 
Syn. Quenasse, Races, Couasses. 

Et. — « Du celtiq. Kenaw. — M. Bouchkrie 
fait deriver ce mot du Saintongeois Quener, vagir. 
se plaindre. 

c O sont de mauvaise quenaille. » 

(Genie Poitevinerie ; Edit, de 1605). 

« Les puces et les poux et telle autre quenaille. » 
(Math. Regnier, Sat. a.) 

Cf. La Fontaine : L'enfant et le Maitrc d'ecole : 
«... qu'il faille 

« Toujours veiller a semblable canaille. » 

( Citat. de Eveille ). — Du celtique kenaw, 
enfant (Favre). — Femin. de Queniau. = Canis 
alligatio, rassemblement de chiens (Reqnier, 
p. 52. Note n<> 39). 

Quenaiiles (Mj.), s. f. pi. — Tenailles. Pat. 
norm. Quendles. 

Quenassage (Mj.), s. m. — \ En fan tillage. 
Syn. de Quenasserie. V. Quenasser. 

Quenasse (Mj., Lg., Lrm.), s. f. — Enfant, 
en mauv. part. || Au plur., Marmaille. — 
C'est le mot Quenau et le sufT. pejor. asse. || 
Cho. — Oh ! la bougre de quenasse ! Y s'en 
sont tertous venus boit^s jusqu'ou j'nou 
(mouiltes jusqu'aux genoux). — Syn. et d. 
de Queniasse; syn. de Quenaille. — Pat. norm. 
Qu6nale. || Lrm. et Quenies. 

Quenasser (Mj.), v. n. — S'amuser comme 
ein quenau ; faire des enfantillages. 

Quenasserie (Mi.), s. f. — Amusement 
d'enfant, enfantillage. Syn. de Quenassage. 
|| Marmaille. 

Quenau-eau (Mj., Lg., Sal., By.), s. m. — 
Enfant, marmot, mioche. — Syn. de Drdle, 
Races, Affiau, Maminot, Gosse, Gonse, Lou- 
piot, M6me, Moutard, Mousse, Couasse, 
Pouasse, Moustot, Ganafiat, Marmousin, Na- 
fiot. || On m'a envoys de Champtoceaux cette 

n-U 



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162 



QUENAUDE — QUfiQUE 



phrase : Le queneau est nisse ; — le poupon 
pleure. — ? 

Et. — Cf. Pall. Kinde. V. QuSner. 

Quenaude, s. f. — V. Quenottes. — Dent, 
terme enfantin. 

Et. — Quenotte, a. f. Quenne, ou Cane ; de 
l'island. Kenna, machoire. — D. G. donne : Quen- 
neya, kence, coup sur la joue (Litt.). — On dit 
aussi Cacaude. Syn. Caque, Caquine. 

Qu'en dira-t-on (Mj., Lg.), s. m. — On dit, 
racontars, commentaires. Syn. de Diton. Ex. : 
Je me fous du Qu'en dira-t-on ; les qu'en 
dira-t-on, on met 9a sour la semelle de ses 
sabots. 

Quenees (Lrm.). — V. Quenasse. 

Quenelle (Mj., Fu., By.), s. f. — Cannelle 
ou Cannette. || Tuyau de bois que Ton fixe 
dans le cos de la panne pour faire Scouier le 
lessif. Syn. de Anche. || My. — Clef de bar- 
rique. || Lg. — Grosse bobine sur laquelle on 
enroule le fll pour les tissages m^caniques. La 
quenelle est une tres grosse Spelle. 

Et. — C'est le mSme sens que le Mj. Quenelle, d. 
du fr. Canelle et der. du fr. Canne. C'est, en eflet, 
sur des morceaux de roseaux que Ton a d'abord 
fait des bobines de fll. 

Quener (Lg.), v. n. — Reculer, avoir peur. 
V. Caner, Caler ; Flancher, Plancher. 

N. « G6mir par suite d'efTorts ou de soufTrance, 
vagir, se plaindre. En vx fr. le mot Quenaux desi- 
gnait les mendiants, les gueux qui g6missent pour 
apitoyer les passants (Eveill£). 

. Quenette (Lg.), s. f. — Meche de laine ou 
de poil agglomer6e par la sueur ou la fiente. 

Et. — Paralt voisin du fr. Cadenette. P. e., ce- 
pendant, tient plutdt a Quenouille, a cause de 
Aqueneilli. Cf. ce mot et Aquenetti, AqueteilU. 

Queneutre, kneutre (Tim., Lg.), v. a. — 
Connaitre. — Vieilli. Syn. et d. de Conneutre. 

Quenia (Lg.), s. m. — Enfant. Doubl. de 
Queneau ou Quenau. Voir, pour les Syn. : 
Quenau. 

Quenlasse (Cho.,^Mj., By.), s. f. — V. 
Quenasse. 

Qu6niasser (By.), v. n. — V. Quenasser. 

Queniasserie (By.), s. f. — V. Quenasser ie m 

Qtienian-ot. — V. Queneau. (Lu6, Li., Br., 

Mj.) 

N. — Jaubebt : Caniau. Marmaille, canaille, 
bande de petits-enfants turbulents et criards . 

« Faites done taire ces caniaux. » Der. com: 
canaille, du lat. Canis. Renvoie a Queniau. — M. 
P. Elie Gbasset (Cho.) rattache aussi ce mot a 
chien, canine. — Une chiennerie est une grande 
abondance d'enfants ou Taction de vivre dans une 
promiscuity degoiUante. 

Quenichon (Mj.), s. m. — Piquet de bois 
recouvert de filasse et formant un tampon 
avec lequel on bouche la quenelle ou cannelle 
d'une panne. 

Et. — Dimin. irr. de Quenelle. 

Quenillee (Z. 118, By.), s.y. — Espdce 



d'herbe dont les feuilles plates couvrent l'eau 
des 6tangs. || By. N'est-ce pas la canetille? 

Qnenion. — V. F.-Lore, v. 

Quenollle (Lg., By.), s. f. — Quenouille. 
Syn. et d. de Quenongle. N. Pron. Que- 
no-ye. 

Quenongle, gl mouille a l'italienne, s. f. 
(Lg.). — Quenouille. Forme vieillie. On dit 
plutdt, maintenant, Qubnoille. 

Et. — Hatzfeld derive le fr. Quenouille du lat. 
popul. Conuc (u) la, dimin. de Colus. II a da avoir 
pour ce faire d'excellentes raisons contre lesquelles 
je ne saurais songer k m'61ever. Cependant, si Ton 
re marque que les anciens prononcaient tou jours 
Qu^noille ; si Ton se rappelle au'une variety de 
roseau porte ce m£me nom ; si Ton tient compte 
de l'ancienne forme cit6e plus haut, on est port6 
a croire que les vocables Quenouille, Quinoille, 
Quinongle pourraient se rattacher au lat. Canna, 
par un dimin. hypothetic. Cannuncula (R. O.). — 
Le nom du roseau ne viendrait-il pas de Quenouille ? 

Que -non -pas. — Negation renforce*e. By. 
Qucnot, Quenian. — V. Queneau. 
N. — La Cubne : Cagnot. Petit chien. On dit 
encore Quenot dans qqs provinces. 

j>4Quenotte (By.), s. f. — Dent, et surtout : 
petite dent d'enfant. V. Quenaudes, Ca- 
caudes. 

Qnenoulile (Mj.), s. f. — Massette, ou 
Roseau de la Passion. Ne pas confondre avec 
l'arundo-donax, souvent appele* Roseau a 
quenouilles. — Ainsi nomm6s a cause du 
chaton cylindrique. Typha latifolia, Bat., 
Masse d'eau, Quenouille. || L'6pi merae d'une 
sorte de roseau commun dans les marais et les 
6tangs. Cet 6pi est cylindrique et form6 d'une 
bourre noir&tre a la surface. || Tige de bois 
recouverte de foin et de terre glaise, qu'on 
place sur les planchers, ou quenouille des ter- 
rassiers. (M6n.) 

i"- Quenouilier 1 (Tim., By.), s. m. — Morceau 
de ruban qui embrasse le baton de auenouille 
et se fixe, au moyen d'une 6pingle, a l'epaule 
d la fileuse. Syn. de Chambriire. V. Que- 
nouillire. 

Quenoniller 2 (Lg.), v. a. — Chercher a 
d6gager, a Paide du repoussoir, Pcesophage 
d'un ruminant engoue\ || Badigeonner l'ar- 
riere-gorge au moyen d'une quenouillette. 

Qucnoniliere (Tim., By.), s. f. — Meme 
sens que Qucnouiller* . ||Sp., Tim. — Ruban qui 
entoure en hdlice le poupeau de filasse et le 
fixe sur le baton de quenouille. 

Qnenouillette (Mj., By.), s. f. — Petit mor- | 
ceau de bois envelopp^ de linge a une de ses 
extr^mites, dont on se sert pour soigner 
les maux de gorge, du nez. 

Queque (Mj., Lg., Br., Z. 183, By.). — ■ 
Pour : Quelque. On dit : Quique chouse, — J 
quelque chose. — Quequ'uny Quiquefois. V. 
Queuquc, Quet\ V. F. Lore, 1, refrain : N'dis 
ren, 69. 



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QUfiQUfiE — QUERTER 



163 



Hist. — « Que Ton crut pour quSque temps etre 
mort. » (1626. — lnv. Arch., S. E. Ill, 385, 2,m.) 

Quequee (Mj.), s. f. — Charogne. Syn. de 
Querie, Digane, Guegane, Pihie, Quequeille. 

Quequeille (Sa.), s. f. — Charogne. Syn. 
de Quiquee, Querree, Cargne. || Viande. || Fig. — 
Rosse, haridelle, bGte tres raaigre. Ex. : Deux 
grandes quequeilles de vaches. 

Querboise, adj. — Etat d'un individu qui 
s'est fait une blessure en tombant et dont on 
ignore la gravity. (Segr.) Men. — A rappr. 
de Ratiboise\ argot. 

Querche (Mj., Fu.), s. f. —Creche. 

Et. — C'est le mot fr. avec melathese de l'r telle 
qu'elle se produit regulierement dans tous les mots 
qui renferment la double articulation : Br, Cr, Dr, 
Fr, etc. — Syn. et d. de Guerche. 

Qoercir (Mj., By.), v. n. — Mourir, pe>ir, 
crever. (Z. 145.) Syn de Carpdiller, Terzeler, 
TerbUir, Claquer, Obir. Pat. norm., id. 

N. Cressi, part, de l'inus. Cressir. « C'tabre est 
cressi, » Jaub. 

Qutree, Querrfe (Sp., By.), s. f. — Cha- 
rogne. Syn. Prd, Cargne, Qukquke, Quiqueille, 
Brunette, Pihee, Pivke, Pimonterie. \\ Qualifi- 
cation injurieuse dont on gratifie parfois les 
personnes et les animaux. — Se rapproche 
du lat. Caro, carnis. — Angl. Quarry. || 
Animal en putrefaction. || Qqf., simplement : 
Maigre, cheHif. « Queune petite quMe ! Syn. 
de Miserite, ChivriUe, Chenille, Queriee. || Bg. 
— Chien creve* qui flotte sur l'eau. 

Querbit (il). — II criait. By. 

Qutrianees (Z. 145. Mj.), s. f. pi. — Menus 
grains, d^chets que s^pare le criblage. — 
Corr. de Ecrkiances. Syn. de Hot ton, Cochk, 
Bougrain, Gratleilles. || Sar. Mauvaises gre- 
nailles. — Cf. Crancer, Jaub. || J'y verrais un 
derive de Cvibler, Cribiances. A. V. 

Queriatolre (Mj.), s. f. — V. Queriature. 

Queriature (Mj., By.), s. f. — Creature. 
Mot vieilli. V. le precedent. — L'un et 
Fautre mot, mais celui-la surtout, ne s'em- 
ploient guere que par maniere de plaisan- 
terie. Pat. norm., id. 

Qulrtee, s. f. — Chose ch^tive. V. Queree. 
Querir, kri (partout), v. a. — Chercher. 
Et. — Quaerere, querre (Litt.). Cf. Pain-querre, 
N. — II y a une nuance entre Qu'rir et chercher. 
Qu'rir indique que Ton sait ou est la chose ou la 
personne dont on parle : « Va dont qWri ton pere 
qu'est dans le champ. » — Quand on dit : Va done 
chercher ton pere», on ne sait pas oti il est. » (Comte 
de Safin aud). 
— On le conjugue comme Requerir. 
Hist. 

« Et alors le roi de Secille 
c Affln tou jours de la paix querre 
« Fianca et donna sa fine 
« Au feu roy Henry d'Angleterre. » 
(Mariage a" Henry VI et de Marguerite a" An jo u. — 
MfeN.) — « Ou co ffre on quist, mais V argent n'y 
fust plus. » (On cheroha dans le coffre). — Ch. 
Boubd, P. Faifeu, p. 76.) 



— «... Faifeu comme est notaire 
« Tost s'est leve\ dist : aultre cas ne quiers. » 

— « Ce qu'ilz feront, aultre chose ne querrent 

— « Pareillement ses amys en requirent 

« Des offlciers d'Angers, qui soubdain quirem 
« Tout le moyen de luy faire service. » 
(lb., Ibid., pp. 81, 85, 94.) 
— « Je m'en vais cri la demoiselle, r^pondit la 
servante. Et elle disparut comme elle etait venue. 

— Qu'entend-elle par ces mots : je vais cri, deman- 
da Liane? — Je vais querir, expliquai-je. » (Ch. 
Deslys, Liane, p. 332.) 

Quernaillere (Lg.), s. f. — Cahute, taudis, 
logis delabre\ Syn. de Cabourne, Cahurne, 
Taudioh. Paraft etre de la famille du Mj. 
Quernon. 

Querneau (Sa.), s. m. — Stalle dans une 
6curie ou une stable. Syn. de Quernon. On a 
le prov. : £a chauffe dans le querneau, — il y 
a de la bisbille, le torchon brule. V. Querniau, 
Quernis, Quernon. 

Et. — Ce mot, comme Quernon, dont il est le 
doubl., vient du fr. Cerner, avec le c dur. 

Querner (Z. 141.), v. a. —C'est detailler 
les gros blocs d'ardoise en morceaux plus 
petits qui sont les repartons. (Tr&.) 

Quernette (Sal.), s. f. — Petit coin. 

Querniau (Lg.), s. m. — Noyau. Ex. : J'ai 
aval6 ein querniau de peurne. Syn. de 
Pineau. 

Et. — Paralt £tre une forme plus dure de Cer- 
neau. |] V. Querneau. II Partie r6servee au petit 
veau dans l'etable. (Men. — Segr.). V. Quernis, 
Quernon. 

Quernis (Lg.), s. m. — Petite stalle isolee 
dans une Stable. Syn. de Quernon, Querneau, 
Querniau. Meme rac, fr. Cerner. 

Quernon (Lg., Sp., Mj.), s. m. — Petit 
enclos dans une 6curie ou une stable pour 
isoler un animal ; stalle. Syn. de Renforme, 
Renformis, Querneau, Querniau, Quernis. — 
Cette stalle est formed de claies ou de 
planches. 

Et. — V. Querneau. Le c est prononce a la nor- 
mande. V. Raquemot. 

Querre, v. a. — Querir, chercher. C'est une 
forme vieillie de Que>ir, analogue a Courre, 
pour Courir, et qui ne s'emploie que dans 
la loc. : A pain querre. Lat. Quaerere. 

Querree (Sp.), s. f. — Charogne. V. Queree. 
Syn. de Quequee, Quequeille, Pihee, Pivle. 

Querter (Mj , By.), v. a. — Nipper, attifer, 
habiller, mettre. Ex. : En vela-t-il ieun qui 
passe qui est ben querte ! — Syn. de Trifler, 
Apprdiller, Toiletter, Artifdiller. || V. r6f. se 
Querter. — Querte. Elegant, bien mis. Un 
enfant est bien ou mal querti (queurtS), 
attite. V. Corter, Kerter. 

N. — De Montesson renvoie a AccrGter, v. a. — 
Orner, parer. Creter c'est, 6videmment faire la 
cr£te. D. C, au mot Cresta, lui donne le sens de 
peigner, mais comme express, popul. de : maltraiter. 

— « Vrayment, tu es bien accreste a ce matin. » 
(Rab., G. 25). — AccresU a la mode anticque. • 



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164 



QUERTOIRE— QUfiTIER 



(Rab., P., II, 1.) — Peut-Stro mdme racine que le 
fr. Accort, accorte ? 

Qaertoire (Lir.), s. f. — Couvercle d'une 
marmite. Corr. de Coiirtoire. || Fu. — La 
Quertoue>e est la fermeture, en terre cuite, 
de la gueule du four. EUe a deux poign^es. 
Syn. Bouche-four. 

Qnertn (Bl.), adj. q. — Plein. V. GuerpL 

Qnernean (Mj.), s. m. — Nodule de pierre a 
chaux impure, qui n'a pas 6t6 d6compos6 
par la cuisson. x 

Et. — Pour Cruau, dimin. du fr. Cm. 

QueryfiiHer (Sp.), v. n. — Crever, mourir. 
Syn. de Carpdiller et de>. pejor. de Querver. 

Quervaison (Mj., Lg., Sp., By.), s. f. — 
Crevaison. Corr. du mot fr. Action de crever, 
de mourir. Syn. de Querve, Mouroire, Mou- 
roir, Quervasse. Ex. : II est a la quervaison, — 
il est malade a mourir. V. Querver. 

Qnervir* (Mj., By.), s. m. — Individu 
souffreteux, malingre. De Querver. 

Qnervasse (Lg., By.), s. f. — Se dit dans : 
Eter a la quervasse, §tre tr6s malade, malade 
a mourir, mais non mourant. Dans ce dernier 
cas, on dit : Eter a la quervaison ou au mou- 
roir. Doubl. du fr. Crevasse. 

Querve (Sp., By.), s. f. — Crevaison. S'em- 
ploie dans la loc. : Etre a la querve, — §tre 
malade a mourir. Syn. de Quervaison, Mou- 
roire. V. Querver. 

Querve (Mj., By.), part. pas. — Donnant 
a Tadj. suiv. le sens du superlatif. Querve* las, 
— a demi mort de fatigue. On dit aussi : 
Mort-las. || Querve soul, — ivre-mort. || 
By. — Nous ne signalerons plus cette m£ta- 
these de l'r : Terpasser, terpigner, berrouette, 
que>ier, ervo^nir (revenir), etc. || Dans : 
Regarde done, querve, comme e'est fait ! 
(Segr. — M£n.) Ce mot semble une interject. 
(TStonnement, de blame. 

Quervee (Fu.), s. f. — Grande quantity. 
M. Pucbllb a entendu dire a sa grand'mere : 
Une quervee du Marilais, par allusion au 
temps ou ce lieu attirait une grande foule. 

Querver (Mj., By.), v. n. — Crever, perir, 
mourir. A noter l'expression : II en a mang6 
tout son querve soul, — c.-a-d. a en crever. 
V. QuervL \\ Querver la faim, — crever la 
faim. || Querver la paillasse a qqn, le tuer. || 
N. Je me rappelle avoir souvent entendu dire, 
a Saumur, dans mon enfance, a qqn qui refu- 
sait de croire a une affirmation : Crois ou 
Querve / Cela doit §tre un souvenir des an- 
ciennes guerres de religion et des dragon- 
nades. Un Dragon pouvait dire a un Hugue- 
not : Crois ou Querve ! — L'expression s'est 
conserved, mais, Dieu merci, a 1 6tat de plai- 
santerie. 

Qnervure (Sp.), s. f. — Crevasse aux 
mains. Syn. de Partissure, Pigeonneau. 

querieler (Mj.), v. n. — Crier d'une voix 



haute ou percante. C'est probablement un 
de>. du fr. Cr6celle. — Syn. de s' EquerziUr, 
s'Eterzeler. 

Querzine (Mj., Sal.), s. f. — Eau qui 
inonde les valines protegees par des levies et 
qui provient des ruisseaux dont le d^verse- 
ment dans la Loire ne peut plus avoir lieu 
pendant les crues, en raison du niveau plus 
61ev6 du fleuve. — Pat. norm. Quertine, crue 
d'une riviere. 

Et. — Ce mot est pour Cresine, par m£tath. de 
Pe et de l'r, et de>. de Crattrc. 

Qa&sas (Mj.), s. m. — Nanan, friandises, 
plat d&icat. Ex. : C'est ca du bon quessas ! 

Et. — II est probable q. ce mot derive du fr. 
Cuire, pour Cuissas. V. Quessere, qui confirme. 

Qnesse (Mj., Lg.), s. f. — Cuisse. N. Cette 
forme, a Mj., est k peu pres d6suete. || Fu. V. 
Cartelle. 

Hist. — Dans la relation que l'evdque Guillaume 
Lemaire a laiss£e de son entree solennelle a Angers, 
en 1291, il est dit que : En arriere se trouvdrent 
Hugues de Blou, a droite, et Jean de Beaumont, 
seigneur de Gratequesse (Gratecuisse). (Abb* 
Allarp, TV. s. Mj., 92). 

Qnfesere (Lg.), s. f. — Une des deux moi- 
ttes d'un pantalon. Syn. et d. de Cuissiere. 

Qnession, Question (Mj.), s. f. — Au plur. 
Difficulty, chicanes. Ex. : lis ont ieu des 
quessions ensemble. Syn. de Distinguo. « Je 
ne veux pas avoir de questions avec li, il est 
trop mal commode. 

Quet \ qaette (Lg., Fu.), adj. dem. — Ce, 
cette. Ex. : Y ara du foin queue ann£e. N. 
Le masc. paratt peu usite\ ou plut6t il passe 
inapercu. Le plur. est Ques. a II est venu ques 
jours-ci. » 

Quet*, qaette, Pour : quelque. t Je vas te 
dire quette chouse », pour : quelque chose. |, 
Fu. — Quet veux-tu ? Je veux quequ'ehouse. 
— T'aras des abernotes. 



Quet * (By.). — Pas, negation, en breton. 
N'entends quet % berzounet, — vous respondent 
les Bretons, dans un jargon mi-francais, mi- 
breton, quand on leur adresse la parole. Cette 
locution a passe\ par plaisanterie, dans le lan- 
gage du peuple, avec le sens : "Je ne comprends 
pas, c'est du breton (au lieu de : je suis bre- 
ton). 

Quet * (Fu.). — Se pro nonce Quet d'echappe 
ou Que d'elchappe, pour : Coup d'6chappe ! 
Exclamation qui, prononce*e a temps par le 
joueur (de billes, par ex.), lui donne le droit 
de recommencer. II perd ce droit si l'adver- 
saire est plus prompt a la lancer. 

Qnftteau (Sal.), s. m. r— Petit tas de 5, 7, 
9 gerbes dans le champ. V. Quinteau. 

Qnetler l (Mj.), s. m. — Variel6 d'osier 
assez liante et forte pour qu'on en ait fait 
des cercles de barrioues. || Mot. — Grosse 
souche creuse sur le bord d'un fosse*. (Mix.) 
V. Quetier *. 



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QUETIER — QUI 



165 



Quetier *, s. m. — « EspSce de refuge ser- 
vant aux animaux dans les campagnes. Lat. 
quies, quietis : locus quietis. » (Union de 
VOuest, 1877, n° 303. — Cite par M£n., qui 
ajoute : Osier ou luisettes.) (Sar., Sgl., Chi.) 
V. Quetier K 

Queton, s. ra. (My.). — Baquet servant aux 
vendanges. (M£n.) V. Portoire. 

Qnetonner (Sar.), v. n. — BSgayer. V. 
Haquetonner, Blguer. 

Qnet' -qnet' (Etre en). — Etre inquiet, a 
la recherche de. De quaerere, chercher. (M£n.) 
A rapprocher de Guetter? Queter? 

Queue 1* (Lg.), pr. dem. f. — Celle-la. 
V. Quiou-ld. Syn. et d. du Mj. Cette~l&. — Je 
ne sache pas que le masc. existe. 

Qnen, adj. conj., exclam. et interrog. — 
Pour Quel. (Mi. et partout). — Doubl. de 
Queul, Queun. Ex. : Queu conte nous fais-tu 
la? Queu diable ! || Adj. d£m. Ce, cet. Ex. : 
II est harass^, queu chien. — Syn. et d. de 
Quid. || Queu mazette, en vela du fait' ! — 
Sapristi, en voila des affaires. || Queu matin ! 

— au sens de : Pas possible ! || Exprime sou- 
vent 1' admiration : Queu diable ! Queu grand 
gars ! — N. On dit plus souvent Queun. 

Queue, s. f. — V. Quoue. || Sp., Lg. — 
Mancheron de charrue. || Habit a queue, a 
queue de paisse, a queue de morue, — habit 
de cere'monie. 

Queue de ehieo. — Cre telle. Cynosurus 
cristatus, plante. Bat. 

Queue de paisse (Mj.), s. f. — Habit. Syn. 
de Queue de pie. 

Queue de pie (Mj.), s. f. — Habit. On dit 
plus souvent Queue de paisse. || Lg. Nom que 
Ton donne parfols a la coiffe longeronnaise. 
Syn. de Dormeuse. 

Queue-de-poelon (un) (Li., Br., By.), 
femin. a Mj. — Sorte de melange a longue 
queue. — N. On dit aussi Queue de poele. 
(Pell.) Syn. Sonnette. 

Queue de-rat (Mj., By.), s. f. — Tabatiere 
en 6corce de cerisier, dont le couvercle se tire 
au moyen d'une laniere elroite de cuir, figurant 
assez bien la queue d'un rat. || Fteole des pr6s, 

— Syn. de Quoue de rat. || Petit sarment laisse" 
au cep taill£ en Enfolie. (Lue\) 

Queue-de-renard (Lg.), s. f. — Mauvaise 
plante connue dans les champs. On la cultive 
comrae plante d'ornement et elle a donne 
par la culture la crSte de coq. || Achillea 
mille feuilles, herbe au charpentier. Syn. de 
Herbed Saint- Joseph. || Melampyrum arvense, 
Bat. 

Queugne (Lg.), s. f. — Petite fille, gamine. 
Syn. de DrolUre. — Sorte de f6min. de 
Queneau. 

Queul, e (Mj.), adj. conj., interrog., exclam. 
et admirat. -=»■ Syn. de Queun. Doubl. de 
Queiu 



Queun-e (Mj.), adj. interr. — Quel, quelle. 
Ex. : Je sais pas queune heure qu'il est. — 
Faudra te guimanter queun jour qu'il vein- 
dra. — Je sais pas queun homme que c'est 
que ca. — N. Est ordinairement suivi de 
que. || Adj. admirat., Queune demande, 
Monsieur le Cur6 ! — Proverbe. || By. Se dit 
quern, quenne, et on dit : lequeul, laqueule, 
pour : lequel, laquelle. 

Queuque (Mj., By.). — Quelque. V. 
Auvec, et Jaub. Citat. || Queuqu'un, — 
quelqu'un. — N. On dit aussi : Qu6que, 
qu6qu'un — en mouillant le qu. — Pat. 
norm. Quiequ'un. || Fu. — Qu6te. 

Queuquefois, — fou6 (Mj., By.), adv. — 
Quelquefois. || Toutefois, cependant. Ex. : 
Si queuquefois il voulait. — On dit encore : 
Des fois qu'il voudrait. || Queuquefois que, — 
si toutefois, si par hasard. Ex. : Faut que 
j'aille a sa redevance, queuquefois qu'alle 
arriverait. — N. Les jeunes, les pinc6s pro- 
noncent : QuGquefois. 

Queuquepart (Mj., By.), adv. — Quelque 
part. || Peut-Stre. Ex. : II est queuque part 
onze heures. 

Queurtoire (Cho.), s. f. — - Couvercle de 
soupidre. V. Quertoire, Courtoire. 

Queut-e (Lg.), part. pas. — Cuit, e* 
Vieilli. 

Queuter l (By.), v. a. — QuSter, chercher, 
de cdte et d' autre. 

Queuter * (By., Z. 132), v. r6f. — S'effacer, 
se tapir, se cuter. V. Keuter. 

Qu£ ?e ! (Craon). — Exclamat. marquant 
Telonnement. A Mj., Te-vah f 

Qui (Mj., Tim., Lg., Sp.), pron. relat. — 
Qui, quoi, que. Ex. : Qui que tu dis? — Je sais 
pas qui qu'u fait. — Qui que ca me fait? N. 
En •frang., Qui, interrog., sert souvent de 
sujet : Qui a dit ca? Je ne sais pas qui a fait 
ca. — Dans les phrases de ce genre, notre 
patois, apres le qui interrogatif, ajoute un 
qui relatif, servant de sujet (Mj., By.) : 
Qui qui a dit ca? — Je ne sais pas qui qui a 
fait c,a. — C'est la une construction moins 
elegante, mais plus logique : Qui a fait ca? Je 
ne sais pas qui. Tim. Qui qui ous a dit? N. 
Qui interrog., dans notre patois, est toujours 
suivi de la conj. que, et le sujet pr6c6de le 
verbe, comme dans la construct, atfirmative. 



Qui, se prononce Qu'chi ou plutAt tchi (Tho.), 
attenud, de meme Di, Gui, Li (Cholet). Prononc. 
tr£s diflicile & noter : Dillon, D'hjion ; AiffuilK 
aig'hyille ; Guillon G'hiillon ; Anguille. Ang'hyille 
du gui, du gu*hji ; Lyon, — G'hyon. — [J Le son qui 
se rencontre dans toutes les occasions ou la lettre t 
est suivie dans la m§me syll. d'une diphtongue 
commengant par un i. Ainsi : amiti^, Chretien, 
Etienne, petiot, tien, etc., se pron. : amiquie, 
chrequien ou kerquin, Equienne, pequiot, quien. — 
« II n'y a office qui quienne, je sis votro sarviteur. » 
(MolIBBB, Medccin m. lui, II, 5): 



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166 



QUIAQUIASSE — QUINGHER 



— Dans certaines phrases, c'est le pron. 
conj. Qui, dont est suivi le pron. interr. Ex. : 
Qui qui est venu? — On dit aussi : Qui que 
c'est qui? qui c'est-i qui? (By.) — qui est-ce 
qui? — S'emploie le plus sou vent avec de. 
Ex. : De qui? — qui? — Ex. : Je sais pas de 
qui est ca, — je ne sais pas qui c'est. Cf. 
Quoi, Que. || A Sp., Qui s'emploie dans le sens 
de Quoi. Ex. : Qui que vous dites? — qu'est-ce 
que vous dites? || Qui s'entend. Formule 
dont on se sert pour se reprendre et expliquer 
un mot, c'est-a-dire. Ex. : J'irons vous v&r 
samedi soir. . . samedi matin, qui s'entend. || 
Qui touche mouille. Loc. prov. Dans certains 
jeux, cela veut dire que deux objets qui se 
touchent doivent etre considered comme 
6tant a la meme distance du but. — Ou bien, 
aux cartes, si on a joue" une carte, on ne peut 
plus la reprendre. || Mj. — S'emploie, pour 
insister sur l'id6e, dans la curieuse loc. sui- 
vante : La vela a gouler, goule qui ne goule ! 

— la voila qui cause et qui cause ! . . . — N. 
La locut. : Qui touche mouille, tres usit6e 
dans toutes les Mauges et jusqu'au Lg., n'a 
pas les sens qui lui sont attribu^s ici. On 
l'emploie proverbialement pour dire que le 
dernier venu qui accepte de boire dans un 
6cot doit payer sa quote-part aussi bien que 
les premiers. 

Quiaquiasse (Sp.), s. f. — Sorte d'oiseau 
ainsi nomine* a cause de son cri. — Gf. 
Cacasse, Cacassee. Cf. Jaub., a Quiaquia. — 
Le pat. a Cacosser ; le fr. Caqueter. 

Et. — Ce mot est probablement une onomat. ; 
toutefois il a un certain rapport avec Caqueter, et 
l'ital. Chiacherare, — jacasser, bavarder. 

N. — Litorne, oiseau du genre des grives. Jaub. 

Quiarce (Gho.), s. m. — Gercle. || Tim. 
V.Clarce, cl. mouill^. 

Quiarcer (Mj.), v. a. — V. Clarcer. 

Quiare (Z. 117), s. m. — Clerc, l'enfant de 
chceur. Syn. de Choreau. 

Quiarpu (Mj.), adj. q. — Membru ; qui a 
des formes anguleuses, une ossature tres 
marquee. Se dit des personnes, des membres, 
des os eux-me'mes. 

N. — P.-ii. faudrait-il ecrire Tiarpu ; la pronon- 
ciat. montj. ne permet pas de decider, et aucune 
etymol. plausible n'apparait pour me guider. = 
Trapu ? 

Quibaule. — V. Guibole. 

Quiche ! — Cri usite" pour arreter les bceufs. 
V. Chold, Cis. 

QuIe(Mj.),s. f. — V. Tie. 

Qute (Tim.), s. m. — Cochet, petit coq. 
Syn. de Coquereau. X. J'ai £crit comme on 
prononce, ne voyant pas l'origine de ce mot ; 
mais peut-eti-e est-ce Cle\ cl mouille\ || Lg. — 
Cul. — Avoir la paille au quit, — etre a 
peine sorti du nid. 

Quiclle (Pell.), s. f. — Barge de chanvre. || 
tiellc, qqf. quielle, pour : tas de chanvre mis 
rouir. 



Qulen (Lg.), s. m. — Chien. Forme vieillie. 
Doubl. et syn. de Che. — Pat. norm., id. || 
Le Quien. Lg. — Sobriquet de L. . . 

Quiendre. — Tiendre, tenir. Ex. : Je ne 
quiens pas de lui, — je ne depends pas de lui. 

— Quiens done mieux ta pleume ! 

Quier (Lg., Tim.), v. a. — Cueillir. Syn. 
de Clir, cl mouille\ 

N. — II faudrait ecrire Cler, doubl. par contract, 
de l'ancienne forme franc. Cueiller ; comme Clir 
Test du fr. actuel Cueillir. 

Quierre (Mj.), s. m. — Arete, angle dtedre 
d'un solide. Ex. : La poudre porte sur son 
quierre. Syn. de Quarre. — Paralt avoir la 
meme rac. que le fr. Equarrir. — C'est le fr. 
Carre. ! 

Quierreux (Pell.), adj. q. — Verruqueux T 
pirrreux ; se dit d'un fruit. Cf. Chiron. 

Quiet (Z. 145). — V. Quel, negation. 

Qulesse (Mj., Lg.), s. f. — Cuisse. N. Cette 
forme, a Mj., est & peu pr&s d^suete. — Pat. 
norm. Quieusse. V. Quesse. 

Quieu (Lg.), adj. et pr. d6m. — Ce, cet, 
cela. Le tern, est Quelle. — N. Ce mot a les 
deux formes Quieu et Quid, qqf. Quiou. || 
Pour Quel. (G.) V. Queu. 

Quifoin (Bl.). — Une personne lente. 

Quignognc (Sar.), s. f. — Renflement d'un 
baton a son extr6mit6, comme le Pen-bas 
breton. Syn. de Marotte. 

Quignon (By.), s. m. — Gros morceau de 
pain. Syn. Cargnon, Bigne, Pessee. 

Et. — L. Cuneus, coin a fendre le bois, — par 
assimilat. (Lrrr.). — Menage, id. d'apres sa forme. 

— Scheler dit : Cf. Chantcau, de Cant, coin, bord. 
Hist. 

« Robine tira de son sein 

« Un gros quignon buret (gris) de pain 

« Qu'elle avait fait de pure avoine. » 

(RONSARD. — GlTTLLEM.). 

Quilles (Mj., By.), s. f. pi. — Longues 
jambes. Syn. de Guiboles, Quibaule, Quiollc, 
Caramelles, Bipatons. || Longs coins sur les- 
quels les ouvriers frappent en cadence avec 
un lourd marteau de forme spe*ciale. 

Et. — Aha. Ke^il ; a. Kegel, objet allong^ en 
forme conique. quille. 

Quilioire, Quillouere, s. f. — Pour Couloire, 
qqf. Crilloire, a Dou6, pour : r6duit, demeure 
creusee dans le roc. (M6n.) 

Qui-m f a-dit-dit-i. — Locut. expletive (oh ! 
combien !) employee quand on rapporte les 
paroles de qqn : « Que quH'en penses? qui 
m'adit^it-i; j'ai-t-y yu raison? (Ag.,By.,Sp.) 

Quincher (Css.), v. a. — Pencber, une tasse, 
une cruche. — On dit aussi Guincher, Qui- 
ner. — Je vas te quincher — ou quiner — 
la tasse, la cruche. V. Quiner. 

N. — Mot int^ressant sur lequel j'insisterai. 

Et. et Hist. — « Guincher, v. n. pencher, e*tre de 
travers, de guingois : « Au-dessus force sableres 
(sablieres) et chevrons dont estoit enlev6 le beau 



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QUINDE — QUIO 



167 



f>ignon vers soleil couchant guinchant un peu sur 
e midy d'un cost* 4 . > 

(Noel du Fail. Baliverneries cTEutrapcl. » 

— « Quand il viendra devant le juge 
« Qui toutes choses prise et juge, 

« Et tout a droit sans faire tort, 
« Que riens ne guenchit ne estort (va de travers) 
{Roman de la Rose). 

— a En la teste le volt ferir, 

« Et Ysengrin sot (sut) bien guenchir. 

« A cette fois nel (ne le) toucha mie. » 

(Roman du Renard.) 

— Faire la guinche ; baisser la tete apres une 
mauvaise action. — Cf. Quincer, Quincher. — 
Quinter, aller de c6te\ pencher : « L'abe (arbre) 
quinte terjous du coflte qu'i veut cheir. » — « Ses 
vilains cheveux noirs quintant sur une oreille 
s'£taient dresses comme des crins. » (G. Sand. La 
Petite Fadette). — Quintis. Qui penche la tSte par 
infirmity. Sobriquet. (Toutes ces citat. sont 
extraites de Jaubert). - Scheler : Guingois. 
Inegalite\ obliquity ; du nordiq. Kingr, courbure, 
flexion, coin. Ce mot serait ainsi pour : quingois, et 
la termiriaison ois repr^senterait lejsuff. lat. ensis. 
« Daonet : Pencher d'un c6t6. — Favre : Pencher, 
Atre de travers. — Moisy : Guincher ; clignoter des 
yeux, regarder, les yeux a demi femes : to wink, 
to winche, se detourner, cviter, se reculer, d£vier. 
La forme ancienne est Guenchir : « Si li Syrien 
me metent en fuie, tu giicnchiras vers mei. » {Les 
Rois, p. 153.) Palsgrave, I wynke, clyngner (des 
yeux), guyngner. — Voc. du Berry : Gueucher. — 
Quinte\ qui est de travers. = Devellard : Guingoi. 
De travers, pour : de guignois, du v. guigner, qui 
vient de cuignier, en £crivant cuin a la picarde, 
pour : coin. Guigner, regarder du coin de l'ceil. = 
La Curne : « II ne quenchi ne a destre ne a senestre 
(non declinavit ad dexteram sive ad sinistram). — 
Wenkjan. — V° Guillator. Unde Glenchir et Guin- 
cher, pro Declinare. Se detourner, esquiver. 
(Ganchir). — « 1 equel moine persa la robe du sup- 
pliant tant seulement sans faire sang, pour ce qu'il 
se retray etse guincha du cop. » (1411 ). — Constans : 
Gandir" fuir, cviter. Guencheir, se detourner. 
Etymol. non latines. 



Quinde (Lms, Z. 196), v. a. 
tertir. 



Tiendre, 



Qninefourchette (Mj.), s. f. — S'emploie 
dans Fexpress. : Faire la quinefourchette, la 
culbute. — N. A rapprocher de Califour- 
chette, ou plutdt de Chine fourchu. 

Quinepeut (Sg., By., Ag.), s. f. — Coiffes 
tres simples, que Fon ne porte que parce 
qu'on ne peut en acheter de plus cheres. — 
Petit bonnet de campagne. || J'ai souvent 
entendu dire : G'est du qui-veut-qui-ne-peul, 
en pari, de gens qui vivent au-dessus de leur 
condition et sont mis demi-bien, demi-mal ; 
belle robe, bottines 6cul6es. 

Qulner. — V. Quincher — (Css.) Pour : 
Gliner, cl mouille*. — Pencher. 
e Bernard Foit, a pou enrage vis, 
« Tressaut la table, vers Garin se guenchit. » 
{Garin, II, 16. — Genin. Recrvat, 434.) 

Quinine (Mj., By.), s. m. — Sulfate de 
quinine et non la quinine meme. Ex. : Le 
mexlecin illi a enseignS du quinine. — N. Sou- 
vent, on prononce Quini. 

Qulnquets (Tim., By., etc.), s. m. — Yeux 



vifs. Ex. : Alle en a des quinquets dans la 
tele ! Syn. de Berlots. 

Quient, Quint (Sar., By.). — Un petit 
quient, un peu. — Ne serai-ce pas l'impgrat. 
du v. Quiendre, Tiendre, Tenir? — On dit : 
Un bon tiens vaut mieux que deux tu 
l'auras. 

Quintaux. — Tas de cinq. Des gerbes en 
quintaux. (Mg.) — Men. — V. Quinteau. 

Quinte, s. f. — Ville et d^pendances d' An- 
gers. 

Hist. — « La ville et quintes d'Angers, le dernier 
samedi, lesquelles Quintes sont cinq : Brain, La 
Haye-Jousselin, la Membrole, Saint-Georges et la 
Ville. » (Coutume d'Anjou, Menage.) V. Quintes, 
pour supplement. 

Quinteau (Mj., Lg., Ssl.), s. m. — Moyette, 
petit tas de cinq, et plus souvent de sept 
gerbes (qqf. m§me de 9, 11 et jusqu'a 
13 gerbes. Mj.) que Ton fait provisoirement 
dans le champ lorsqu'on craint la pluie. 
V. Quintaux. 

Et. — Der. du lat. Quintus, qui avait sans doute 
un diminutif Quintellus, d'ou le fr. Quintal, poids 
de Cinq-vingts. 

Quinte et quatorze (Mj.). — La syphilis. 
Si, en outre, on a le point, c'est complet ; on 
est : avarie\ Emprunte* du jeu de piquet, ou 
ces trois conditions font presque tou jours 
gagner une partie. Cf. Castapia. 

Quintes. — Supplement au mot Quinte, 
•ci-dessus. 

Hist. — o Avons voulu. dit la Charte de Louis XI 
que les maires et eschevins d'Angers puissent con- 
naitre les causes... intentees entre les habitants, 
fauxbourgs, banlieues et quintes d'Angers... » 
(Abbb Bretaudeau, p. 62.) — « Les comtes d'An- 
jou s'etaient, paratt-il, reserve autour de leur capi- 
tale, pour leurs chasses, cinq auartiers assez 6ten- 
dus, que Ton appelait du nom de quintes, en raison 
mSme de leur nombre sans doute. « Les comtes 
avaient, dit le jurisconsulte Ayrault, des viviers 
qu'on appelait Quintes, et ces viviers n'etaient 
autre chose que ^arennes ou pares pour chasser. » 
(En note : Vivaria comitum dicebantur Quinta et 
Vivaria ... ne sont autre chose. » Ayrault, 
Manuscr. 92't, p. 39. — Bibl. d'Ang. — Abbe Bre- 
taudeau, p. 66.) 

Qoinze reliqoe (Lu6). — Mot employe* 
dans les regiments, au jeu de loto, ou Pon 
agr6mente chaque nume>o d'un jeu de mots : 
« Quinze-relique, En faction dans une gu6- 
rite de m. . ., prononcent les troupiers, sans 
se douter que P6tymol. est Kaiserlick, soldat 
imperial. — Cf. Choumacre. 

Quid (Tim., Lg.), adj. d6m. Ce, cet. Ex. : 
II est ben joli quid petit gars. || Quel, devant 
une voyelle. Ex. : II est merchant, quel 
homme. || Le fern, est Quelle ; plur. Quels, 
quelles. || Pron. d6m. Celui. 

« Quand y vy quiou bel enfant. » 
(Quand je vis ce bel enfant. — Noels popftl.) 
C'est la forme masc. du pron. d^monstr. 
Quel, Quelle, employ^ sur toute la lisiere du 
Poitou. — Quid remplace Quel devant le* 



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168 



QUIOLLE — QU'RI 



consonnes. Ex. : II trotte vrai ben, quid 
chevau ! — Au Lg. Quid s'emploie comme 
pron. ctemonstr. dans le sens de : celui-la. Je 
citerai cette phrase typique et topique, saisie 
au vol : « Qui qu'oul est quid ? — qui est-ce 
celui-la? — V. Oul et Qui. — Syn. de Quiou, 
Quieu. 

Hist. — « Faut que j'assomme tchiS-ld sons faire 
de brit. » (H. Bourg, p. 26.) 

Qulolle (Mj.), s. f. — Quille, grande jambe. 
Syn. de Guibole, Gigue, Caramelle, Rale, 
Raloire. Franc. Quille. Doubl. de ce mot. 

Qulonqulon (Sal.), s. f. — Petite femme. 
Terme de m6pris. V. Pequionquion. 

Quioqaer (Li., Br.), v. n. — Glousser, 
chanter. « Via les poules qui quioquent. » Pour 
Cloquer ou Clouquer, avec cl mouille\ Cf. 
Clouc. Syn. Darasser, Dtrasser, Darainer, 
Quiaquiasser. 

QoJoter (Tim.), v. n. — Ciller, cligner de 
Tceil. Syn. de Berciller. — O bref. 

Et. — Pour cloter, avec 1 mouille\ dirain. ou fre- 
quent, du fr. Clore, lat. Claudere, clauditare ( ?) — 
Cf. Quiau, pour F16au, Quionner ou Quieumer pour 
Flamber, Pi6e, etc. 

Quloa (Lg.), adj. et pron. d6m. — V. Quid. 

Quion la, Quelle la (Lg.), pr. d<hn. — 
Celui-la, celle-la. || Souvent, on rgpete 
l'adv. la. Ex. : QuiouAk est moins beau que 
quelle-la-la. || On remplace aussi Quelle-la 
par Quette-la. 

pPQulqniou, s. m. (Sar.). — Petit chien. Syn, 
Cheneau, Thais. 

Qolter (Mj., By.), v. n. — Piauler. || Fig. 
Les oreilles me quitent, — j'ai des bourdonne- 
ments d'oreilles. Dans cette locut., on pro- 
nonce tou jours le mot comme il est 6crit ici. 

Et. — Doublet de Cutier. 

Quittaud (Lg.), adj. q. — Insouciant, 
apathique, qui se neglige. 

Quitte a (Mj., By.), loc. pre> — Sauf a. 
Ex. : II s'est raccorde\ quitte a se ref&cher. || 
De quitte et de net, — de revenant bon. Ex. : 
II a leu 9a de quitte et de net. 

Quitter (Mj.), v. a. — Oter, depouiller un 
vehement. Ex. : II avait quittb ses chausses 
pour gudcher. 

Qni-veut-qui ne-peut. — V. Qui-ne-peut. 

Quoeulier, adj. q. — Grand paresseux, 
faineant. A rapprocher de Coi, tranquille. 
(M6n.) Non. V. Couaillie, 

Quoi (Mj., By., etc.), pron. interrog. — S'em- 
ploie le plus souvent avec de. Ex. : De quoi? 
— V. QuL Cf. Qui. || Absolument : Avoir 
de quoi, ou de de quoi, — avoir du bien, de 
Taisance. On dit aussi : Avoir de quoi faire. — 
Cf. Avoir du quibus. || Quoi qu'i y a? Quoi qu'i 
gna? — Qu est-ce qnil y a? || Pour faire 
renter des mots mal entendus : De quoi? 
(s. e. s'agit-il?) || By. — Prononc. Quoue" ou 
Que\ || Mj. — id. || Lg. — QuouaL 

Hist. — lis trouvaient aux champs trop de 
quoii » (La Font: — L'hirondclU et les pet. oiseauxi) 



Quoineer (Br., By.), v. n. — Crier, en pari- 
de gonds rouiltes. V. Coincer, Coinquer, Coue- 
ner, Couiller, Couiquer, Couister. 

Quolque ea (Mj., Lg., By.), adv. — Malgre\ 
n6anmoins. — Ex. : Quoique ca, il n'a point 
gangne* son proems. 

Quoualllcr (Mj.), v. n. —V. Quouiter. 

Quouard (Mj.), s. m. — Queue. De Quoue. || 
Cimier. 

Quoue (Mj., By.), s. f. — Queue. — Fig. — 
Extr6mit6 d'une tie situ6e en aval. Ex. : Nous 
bateaux sont gar6s a la quoue de Tile Meslet ; 
La quoue du Pr6 de Tile aux Chevaux ; Pc. 

N. — Ce mot important a beaucoup vieilli ; il 
est remplace" presque g6ne>alement aujourd'hui 
par son syn. francais. Ainsi on dit : La queue d'une 
lie. Queue de poulain. Queue de rat. 

Et. — J'ecris. Quoue pour conserver la ressem- 
blance de ce mot avec son doublet fr. Queue ; mais 
il eut ete" plus simple et plus loqgiue d'e"crire Coue. 
En effet, les deux mots viennent du lat. Cauda, et 
si la transformation du C en Qu a etc" necessitee par 
la presence de la voyelle e dans le mot fr., la me" me 
raison n'existe pas pour le mot patois. Meme ob- 
servation pour les derives Couet, Counter. 

|| Arriere d'un bateau (Mj., By.) || Faire 
haut la quoue, — tourner bout pour bout sous 
Taction du courant, en parlant d'un bateau 
qui remonte et qui, des lors, presente Tar- 
rtere en amont. || Mj. N'avoir ni quoue ni 
pattes, — ni queue ni t§te. 

Quouede-llevre. — Vulg. Trifolium ru- 
bens. (M6n.) 

Quoue-de-poulain (Mj.), s. f. — Prele, 
plante de la famille des Equis6tac6es. Syn. 
de Cceur-hantte, Genetrole, Quoue-de-rat, Pi- 
nier. Le nom scientifiaue de la plante, 
Equiseta, a pr6cis6ment la m£me signific. : 
Queue de cheval. 

Quoue-du-pre (By.), s. f. — Pointe, angle 
des prairies k l'embouchure de la Maine dans 
la Loire. 

Quoue-de-rat', coue de rate (Mj.), s. f. — 
Syn. de Quoue de poulain. Prele. || F16ole des 
pr6s. On dit aussi : Queue de rat. — Syn. 
Racouet. 

Quouere (Lg.), s. f. — Chaine qui rattache le 
croc ou proueilk la charrue. Syn. de Prouillere. 

Et. — Dex. de Quoue, parce que cette chaine est 
comme la queue du proueil. 
^>Quoue-de-renard. — Vulg. Hippuris vul- 
garis et Erigeron canadense. (M±n.) Bat., 
Pin d'eau, pour V Hippuris. 

SQuouet', cou^te (Mj.), s. m. — Poignee de 
anvre, de filasse, — de teille. (By.) 
Et. — Dim. de Quoue, a cause de la ressemblance 
avec la queue d'un cheval. — Pat. norm. Quouette. 

Quoueter, Quou&ilier (Mj.), v. n. — Frap- 
per de la queue, en pari, des vaches. Ex. : 
Cete* pihi6e-la, a ne fait que de quouiter. 
Et. De>. de Quoue, par l'interm6d. du dim. 
Quouet. — V. Littr£. 

Qu'rl. v. a. — Querir, cherchen Va done 
le qu'ri. V: Querir: Jkx _ ,_ ^ ^ 



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R — RABAN 



169 



L~ OBSERVATIONS 

Pbononciatjon. — « C'est une rdgle generate 

2ue cette lettre ne se fait point sentir dans les 
nales muettes bre, ere, dre, fre, pre, tre, vre, des 
subst. cadre, sabre, etc., qui font cade, sabe, etc. et 
de Pinfinitif des verbes a finales semblables, 
craindre, fondre, ripondre, suivre, vivre, etc., qui 
font : crainde, fonde, etc. (Voy. a L, une particula- 
rity toute semblable. 

Ne se prononce pas non plus dans la plupart des 
infinitifs des verbes en :> ou en er ; courir se pro- 
nonce courL (V. ci-dessous le paragr. Retranche- 
ment.) 

Le d£faut de prononciation qu'on appelle gras- 
seyement est incoherent au francais du Nord. Afln 
de le dissimuler, nos aieux etaient alles jusqu'a 
supprimer dans beaucoup de mots cette lettre 
importune : ils disaient et nous disons encore chez 
nous : poller, pour parler. — On lit dans Ducange 
paUamentum, pour parlamentum. (V. GAnin, Ricr. 
phil., II, ch. r» r , au mot paller.) 

Intervkrsion. — Au commencement et dans le 
corps des mots, les syllabes bre, breu, ere, dre, fre, 
gre, pre, preu, tre, vre, se changent en ber, beur, 
auer ou queur, der, fer, ter, ver, guer, per, peur ; ex. : 
berteUe, beurvage, auersiller, derliner, guerlet, je 
peurnons. — Se fait souvent preceder par un e 
surerogatoire, comme fe*verier, etc. 

— Courpiere, pour croupiere, nerge, pour negre. 
— Pauvre, pouvre, pouvkre. — Venderdi, Bertelle, 
Querver. 

— fiquivaut souvent a ar : Aretourner. 

Permutation. — Remplace / dans carculer, 
mirancolie, coronel et p.-e. dans croche-pied. II se 
substitue tres souvent a s, et vice-versa. Ex. : 
C ha ire, pour chaise. 

Devient / ; diglinde : canthalide, pour cantharide; 
ciUbral, palvartir. — Remplace f : neur, pour neuf. 

Remplace / : reliere, rabourer, porichinelle. — 
Ou inversement : Collidor, pour corridor. 

EPENTHftsE. — R s'intercale dans : jardrin, jar- 
drinier, saufre, verrure, laiture, itendure, sardrine, 
calerchisse, chardron, mcrline, bertrelle. 

Retbanchement. — R disparaft a Sep., p. ex. : 
1° par syncope dans : pie, mee, jrke, rivi&e, maniee, 
mecredi, pour : pere, mere, frere, etc. — Paller, pour 
parler. 

— Abre abre = arbre ; dans la prepos. par : 
pacequi, pa le cul. Mele, mecredi, tu p alles. 

2° par apocope, dans certains mots ou la langue 
actuelle exige qu'il soit sonore, comme plaisir , sur° 
(pr6p.), tous les infinitifs en ir°, design es ou non 
par ce petit signe. 

3° Dans les infinitifs de certains verbes en er 
cette terminaison fait place a un e muet, comme 
dans arrache, fiche, monte, pour arracher, ficher, 
monter, etc., et, dans la plupart des autres, a un e 
ferm£ : aime a boire, pour aimer a boire — j'peux 
pas courre, ca me fait souffie (je ne peux pas courir, 
5a me fait souffler. — Chambellay.). 

Sur les bords de la Mayenne, k Neuville, p. ex., 
cet e muet devient eu : arracheu, monteu. A Sou- 
laire, plus qu'a Feneu, cet eu est long, alleu, parleu, 
mangeu ; mais, dans les substantifs, on dit : le 
bouche\ I'^pici^, qu'on prononce souvent : le bou- 
cheu\ I'epicieu a Neuville; 



Dans la campagne de Tiered, pas a la ville, on 
prononce encore eu ; on dira : chez nous, a Quiarccu. 
(Tierc6). 

Rft (Mj., By.), s. f. — Raie ou sillon trac6 
par la charrue. 

Et. — C'est le fr. Raie. Par sa forme, ce mot est 
analogue a CIA, Prd, Vd, La\ 

Rababln, s. m. — Nom vulg. de Toro- 
banche rameuse ; l'espece vulg. porte les 
noms de : asperge sauvage, pain de li^vre, 
pain de lapin. (Men.) 

R aba is (Mj., By.), s. ra. — Baisse des eaux 
d'une riviere. || Ne pas mettre les affaires au 
rabais, — exagerer. 

Rabale (Mj.), s. f. — Planchette fix6e en 
son milieu a un manche perpendiculaire a son 
plan et qui sert a ramasser les grains sur 
Taire, ou la braise dans le four. C'est une sorte 
de rateau plein. N. La rabale de four s'ap- 
pelle plus souvent Rouable. \\ Tim. Instru- 
ment aratoire qui n'est autre que le Vau, ou 
Veau de Mj., ou le Huau de Sa. Syn. Rabane. 
|| Les savonniers se servent, pour brasser leurs 
cuves, d'un instrument qu'ils appellent 
Redable et qui est exactement la Rabale. || 
Tc. — Grand rateau a foin. — Cf. Rabau. 

Hist. — « Avec belle saulce de raballe. » (C.-a-d. 
une belle roulee, frottee de coups. — Rab., P., II, 
12, 144.) — V. Rable. — « Boys. Rome print un 
instrument appel6 rabale, dont il frappale suppliant 
sur sa teste ; . . . et se avanca pour le ferir de ladite 
rabale. » (J.-J., 142, p. 57 r an. 1391. L. C). — Et. 
— Pour Redable, lat. Rutabulum, doublet de 
Rouable. 

Rabaleau (Lg., Tim.), s. m. — Instrument 
qui sert a tirer la braise du four. Syn. de 
Rouable, Rabalid. C'est une tige de fer montSe 
au moyen d'une douille sur un manche de 
bois et se recourbant ante*rieurement par une 
partie plate et courb^e en U. || Lg. — Petite 
rabale dont on se sert pour 6tendre la pate 
de mil dans le galettier. 

Et. — Dimin. de Rabale. V. Rable. 

Rabaler (Mj.), v. a. — Rateler au moyen 
de la rabale. Cf. Jaub. Raboler, Abaler. || 
Rabaler un noyer (Ths.). Le gauler, en faire 
tomber les noix. (Z. 137. — My., Sar.) 

Rabalets, s. m. — Chapeaux a larges bords 
et releves d'un seul c6te\ (Men.) 

Rabalifi (Lg.), s. m. — V. Rabaleau. Forme 
vieillie. 

Raban (Mj.), s. m.' — Corde fix6e au bor- 
dage, qui sert a maintenir la barre du gou- 
vernail dans la position qu'on lui a donnee. 
On dit en plaisantant : II est pris entre la 
vergue et le raban, — c.-a-d. : il n'est pas 
pris du tout. 

Et. — Du holland. raaband, cordage de vergue ; 
de raa, vergue, et band, lien: 



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170 



RABANE — RABERTAUD 



Babane (Lme., Lpm.), s. f. — Sorte 
(Tareau ou de veau k oreilles plus grandes. || 
Fu. — Charrue de bois pour faire la rdse. II 
Craon. — Grand r&teau k four, — & mains. || 
Corr. de Rabale. 

Rabassener (Mj.), v. a. — Egaliser le sol 
d'une galerie de mine. — La syll. bass se 
pron. tres brere. 

Rabat (Z. 145. — Mj., Bl., By.), s. m. — 
Tapage, vacarme, fort bruit. — Ex. : En 
font-Us ein rabdt ! N'y a gens de s' entendre. 
De>. de Rabdter. Syn. de Potin, Chahut, 
Bousin, Rahut, Chutrin. 

Et. — Manage le tire (a tort) du grec rabatteTn, 
f rap per, faire du bruit, a On appelle aussi Rabats 
les Esprits en Anjou. — On trouve, dans la biblio- 
theque de Saint- Victor, de Rabelais: La Momme- 
rie des Rabats et Lutins. » — «... faisoitla grimace 
durant le service, pour nous faire rougir ; se levoit 
tard, pour nous faire enrager ; faisoit le rabas toute 
la nuit, pour faire miracle. » (Bee. de Verv., M. 
dep.,1,90.) 

Rabat (Lg.), s. m. — Assemblage, panneau 
de planches formant imposte au-dessus du 
portail d'une grange. 

Rab&tage (Mj.), s. m. — Tapage, vacarme. 
Syn. de Rabdt. |j Fig. — Quantity insigni- 
fiante. Syn. Chidillage. V. Rabdter. 

Rab&to (Sp.), s. f. — Votee de coups. Syn. 
de Fldpie, Roustie, Ldtrie, Laudie, Digetee. || 
Fig. — Lecon severe. Foutre eine r abate, — 
morigSner ; verte r^primande (Tim.), semonce 
bien sen tie. Ex. : A te illi a foutu eine ra- 
bate ! Syn. de Savon, Poil, Suif, Galop, 
Abatage, etc. — V. Rabdter. 

Rabatee (Mj., Lg., By., Ssl., Br., Zig. 171), 
s. f. — Correction et coups infliges & un enfant. 
Syn. de Laudee, Ldtrte, Suie, Brulle, Rabdte, 
Roustie, Rdclke, Rosste. || Fig. — Morale, 
r^primande sever